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Développement du football : la Fifa inaugure le bureau Afrique centrale à Brazzaville

février 20, 2021

Gianni Infantino a procédé le 20 février au siège de la Fédération congolaise de football (Fécofoot)  à l’ouverture du bureau régional de développement de la FIFA pour l’Afrique centrale

Gianni Infantino au bureau regional de developpement de la FIfa /Adiac

L’ouverture dudit  bureau régional est l’aboutissement de l’accord de siège signé  le 29 novembre 2019 entre  le gouvernement congolais et la FIFA. Quinze mois après son premier passage à Brazzaville, Gianni Infantino a tenu ses promesses  en dotant Brazzaville d’un bureau stratégique qui sert, en effet, d’examiner les différents programmes de développement  soumis par les associations membres de la Fifa.

«  C’est important que nous soyons présents. La FIFA est une organisation qui se veut être à l’écoute des fédérations. Nous devons travailler ensemble …On a déjà commencé avec notre programme Forward, un programme qui aide  les fédérations et qui nous a permis de multiplier par cinq les investissements qu’on fait dans le football », a expliqué le président de la Fifa.

Gianni Infantino, qui veut faire plus pour l’Afrique, a  estimé que ce bureau régional  va aider toutes les fédérations de l’Afrique centrale et contribuer en même temps au   rayonnement  du  football africain.

Le président de la Fifa a aussi confirmé l’augmentation du nombre des sélections  africaines  lors de la phase finale de la  Coupe du monde 2026. Il passera de cinq à  dix  dont neuf seront directement qualifiés et le 10e  passera par les barrages.

Le président de la Fifa et le ministre des Sports et de l’Education physique procédant à l’inauguration/ Adiac

Jean  Guy Blaise Mayolas a exprimé toute sa gratitude au président de la FIFA et à ses collaborateurs qui ont œuvré pour l’installation du bureau régional pour l’Afrique centrale à Brazzaville. « Nous pouvons désormais dire que nous sommes plus proches de la FIFA et nos différents projets seront mieux examinés et connaitront un aboutissement heureux, pour un meilleur développement du football en Afrique centrale », a-t-il déclaré.

De son côté, Hugues Ngouélondélé  a remercié, au nom du  gouvernement,  la FIFA pour ses multiples  réalisations au Congo, citant notamment la  rénovation du Centre technique d’Ignié et l’installation des deux poules synthétiques.  

Le Congo aspire grâce à la réalisation et à devenir l’épicentre du football de la sous région Afrique centrale, a-t-il souhaité. Le ministre compte par ailleurs sur l’appui de la FIFA pour la réalisation d’un certain nombre de projets.   « Notre pays  prépare, en concertation avec l’ensemble du mouvement sportif, une série de textes visant à créer les conditions  idoines pour un  développement harmonieux du sport et sa valorisation.  Nous serons heureux de compter la Fifa parmi nos partenaires stratégiques; le football étant le sport roi », a  rappelé  le ministre. 

Avec Adiac-Congo par James Golden Eloué

[Tribune] Crise à la CAF : l’Afrique doit s’en prendre à elle-même, pas à la Fifa

février 2, 2021
Ahmad Ahmad lors de l’assemblée générale de la CAF, en février 2018, à Casablanca

Si la Fifa intervient dans les scandales qui éclaboussent la CAF, c’est d’abord parce que les Africains ne parviennent pas à gérer leurs propres affaires. Et discréditent ainsi l’ensemble du continent.

Il faut être sourd pour n’avoir pas entendu parler, ces derniers jours, des rebondissements – ou devrais-je dire des scandales – dont se nourrit la campagne pour l’élection, le 12 mars, du président de la Confédération africaine de football (CAF). Le Tribunal arbitral du sport vient de rétablir dans ses fonctions de président le sortant Ahmad Ahmad, mettant ainsi fin à la suspension de cinq ans de toute activité liée au football que lui avait infligée la Fifa pour des malversations financières présumées. Quarante-huit heures auparavant, précisément à cause de cette sanction, la candidature du Malgache à sa propre succession avait été jugée irrecevable par la commission de gouvernance de la CAF mais d’abord et surtout par… la Fifa.

Face à l’intervention de la Fifa, deux attitudes sont envisageables. On peut crier au paternalisme, car elle resserre son étreinte sur la CAF en la plaçant, de fait, sous tutelle. En effet, comment expliquer que cette instance censée être autonome, avec une commission d’intégrité chargée d’évaluer les candidatures, laisse la Fifa décider à sa place, sans aucune considération pour ses prérogatives, vidant ainsi ladite commission de toute sa substance ?

On peut aussi interroger la capacité des Africains à gérer leur football. En réalité, il importe surtout de savoir comment on en est arrivé là. Car ce qui se passe à la CAF n’a d’équivalent dans aucune autre confédération. Mais, il faut bien l’admettre, les Africains ont leur part de responsabilité. Si vous manquez de dignité, les autres vous manqueront de respect…

Plus opportunistes que convaincus

L’arrivée d’Ahmad Ahmad avait semblé marquer la fin de l’opacité dans la gestion de la CAF. On avait même parié sur l’émergence, dans cet environnement, d’un concept jusqu’alors inconnu, celui de « bonne gouvernance ». Pari risqué : façonnés dans le même moule que leurs prédécesseurs, les hommes censés incarner ce renouveau ont conservé les habitudes du passé. Et prôné un changement aux allures de slogan de campagne, d’ailleurs emprunté à la Fifa, qui, elle-même, n’avait pas réalisé sa mue de son plein gré mais sous la pression de la justice américaine.

La CAF n’a pas choisi non plus d’adhérer à un quelconque nouvel ordre. Celui-ci lui a été imposé sans qu’elle s’en saisisse pour évoluer. Pour preuve, ses chevaliers blancs, plus opportunistes qu’acteurs convaincus, se sont juste employés à crédibiliser leur campagne électorale. Eux qui avaient mis en avant l’exigence de transparence pour évincer Issa Hayatou auraient pourtant dû s’attendre à rendre des comptes.

LA GESTION PRÉCÉDEMMENT PEU ORTHODOXE ET OPAQUE DE LA CAF N’EST PLUS ACCEPTÉE

Longtemps, les présidents de la CAF comme ceux des différentes fédérations ont été perçus comme les propriétaires des instances sportives qu’ils dirigeaient. Hissés sur un piédestal, voire déifiés par les membres mêmes, ils étaient considérés comme incapables d’entendre la moindre voix discordante, la moindre proposition. Isolés de fait, ils sont devenus des potentats redoutés et ont pris, seuls, les décisions les plus contestables. C’est précisément du fait de leur incapacité à suivre les règles que se sont produits, à répétition, tant de scandales.

De même qu’en politique certains pays sont aujourd’hui pointés du doigt pour leur déficit de liberté – ce qui, il y a peu, était la norme –, l’idée de transparence, de strict respect des règles dans un monde qui se judiciarise, s’impose dans les esprits. Et la gestion précédemment peu orthodoxe et opaque de la CAF, à l’image d’un continent rompu aux petits arrangements, n’est plus acceptée. Tous ceux qui ont fait semblant de l’ignorer en paient aujourd’hui le prix.

Une incapacité à se prendre en main

La Fifa aurait-elle dû s’abstenir d’intervenir ? Il est peu souhaitable que la justice ait à faire irruption dans la sphère privée. La seule manière pour la CAF de l’éviter est de se montrer irréprochable, organisée et de porter à sa tête un chef consensuel. La Fifa ne s’invite pas à la CAF, ce sont les Africains qui l’y convient. Au vu du chaos qui y règne, elle finit par y faire ce qu’elle ne se permettrait nulle part ailleurs.

Dans un autre registre, c’est parce que nos autorités politiques osent l’indicible que l’ONU nous envoie ses forces. L’Italie change de Premier ministre tous les six mois. Lorsque la coalition au pouvoir ne s’entend plus, on dissout le gouvernement. Les Italiens sont ordonnés dans leur désordre. Si nous pouvions faire de même, notre linge sale serait lavé en famille.

Je n’en veux donc pas à la Fifa mais aux Africains, qui ne parviennent pas à gérer leurs propres affaires. Ils jettent l’anathème sur l’ensemble du continent, le discréditent, le fragilisent et freinent son évolution. Ce discrédit rejaillit sur la perception que les autres ont de nos États. Bien plus que sur le développement du football, la tutelle de la Fifa a des répercussions négatives sur l’Africain, dans son être même. Le football doit être un vecteur d’éducation et de communication. Or c’est par le football que les Africains sont infantilisés : à travers ce sport, on les place face à leurs insuffisances, à leur incapacité à se prendre en main.

Ceux d’entre nous qui crient à l’infantilisation seraient surpris du nombre de fois où la CAF a sollicité Zurich dans le règlement du moindre conflit. Comme si personne à Yaoundé, à Libreville, à Dakar ou à Abidjan n’était capable de dire le droit. Ils resteraient pantois de la voir se prosterner devant les envoyés de la Fédération internationale lorsque ceux-ci arrivent sur le sol africain.

Faire rimer football et éthique

J’ai appris du football une leçon essentielle : nous sommes tous soumis à des règles. L’arbitre est là non pas pour nous les imposer mais pour nous les rappeler. C’est sans doute là le sens de l’intervention de la Fifa. Efforçons-nous de suivre les règles, de les respecter et de les appliquer à tous et partout. Il faut que les Africains –  et les Européens – cessent de vouloir forger des règles spécifiques pour le continent. On ne peut pas prétendre à l’universel et militer pour des règles locales.

UNE PURGE POUR SAUVER LA CAF ? PAS NÉCESSAIREMENT

Une purge pour sauver la CAF ? Pas nécessairement. Il faudra en revanche arriver à faire rimer football et éthique, y croire, le marteler chaque jour. Que la CAF tende vers l’éthique doit être un combat de tous les instants. Le football n’est pas un îlot sacré. Il est le produit d’une société et il est géré par ceux-là mêmes qui, à sa tête, traînent des tares. Comment attendre de gens qui truquent le jeu politique qu’ils fassent montre d’un soudain sens de l’éthique lorsqu’il s’agit de football ? Pour que la CAF respecte les règles, l’ensemble des fédérations nationales qui la composent doivent être en mesure de les suivre. Ce défi n’est pas à relever par ce seul homme providentiel que serait le président de la CAF.

L’élection du 12 mars opposera des candidats au fait de ce qui s’est passé auparavant. Ceux-ci devront en tirer des enseignements pour leurs programmes. Surtout, ils devront eux-mêmes se fixer des limites, savoir qu’il y a des pratiques inadmissibles et des principes intangibles. Otages, de fait, de leurs électeurs, à eux de se constituer prisonniers de la vérité, en fondant leur campagne sur une nouvelle donne et en soulignant les risques encourus quand on s’affranchit des règles. Il est temps de sortir des scandales… et de redoubler d’attention.

Avec Jeune Afrique par  Joseph Antoine Bell

International Football

Michaëlle Jean nommée à la tête de la Fédération haïtienne de football

janvier 27, 2021
Michaëlle Jean va diriger la Fédération haïtienne de football jusqu’au 30 novembre 2022 au plus tard, sans possibilité de voir son mandat reconduit.

La Fifa a annoncé la nomination de l’ex-secrétaire générale de la Francophonie à la présidence de la Fédération haïtienne de football. Des fonctions qu’elle assumera jusqu’en 2022.

C’est à la suite d’un scandale que l’ancienne gouverneure générale du Canada s’est retrouvée à la tête de la Fédération haïtienne de football : son prédécesseur, le médecin Yves Jean-Bart, a été suspendu à vie pour agressions sexuelles sur mineures. La nomination – temporaire – de Michaëlle Jean a été annoncée le vendredi 22 janvier par la Fédération internationale de football association (Fifa).

Michaëlle Jean restera en fonction jusqu’au 30 novembre 2022 au plus tard, sans possibilité de voir son mandat reconduit. Elle devra notamment organiser des élections pour relancer l’institution avant l’année prochaine. La fédération était sous la tutelle de la Fifa depuis que Yves Jean-Bart avait été accusé d’agressions sexuelles répétées sur une dizaine de jeunes footballeuses.

Secrétaire générale de l’OIF

Née à Haïti en 1957, Michaëlle Jean avait fui la dictature de son pays d’origine pour rejoindre le Canada à l’âge de 11 ans. Son père, directeur d’un collège de Port-au-Prince, avait été arrêté et torturé par les Tontons macoutes du régime Duvalier.

Ancienne présentatrice phare de Radio-Canada, elle fut gouverneure générale de son pays entre 2005 et 2010, avant d’être nommée envoyée spéciale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en Haïti.

Un poste auquel elle avait renoncé en 2014 après avoir été choisie pour succéder au Sénégalais Abdou Diouf au poste de secrétaire générale de la Francophonie. Elle fut la première femme, non africaine de surcroît, à diriger l’institution en dépit d’une règle tacite qui réservait jusque-là le siège à un personnalité du continent.

Mandat critiqué

Sa candidature, soutenue notamment par le président français François Hollande, avait fini par faire l’objet d’un consensus après de longues négociations. Mais son mandat avait rapidement été terni par des critiques en interne : pas assez africaine, pas assez proche de certains chefs d’État du continent, Michaëlle Jean avait été poussée vers la sortie en 2018, ses pairs lui préférant Louise Mushikiwabo. L’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères avait alors pris ses quartiers au sein de l’institution en janvier 2019.

Le mandat de Michaëlle Jean avait également été entaché par des scandales financiers : la Canadienne avait été accusée d’avoir effectué des dépenses de plus de 350 000 euros pour rénover sa résidence de fonction à Paris, et d’avoir acquis un piano à queue pour plus de 13 000 euros.

Après avoir quitté le siège de l’avenue Bosquet, à Paris, Michaëlle Jean était revenue au Canada, où elle avait repris son travail auprès de la fondation créée avec son mari en 2010, qui soutient les jeunes à travers les arts.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Classement Fifa : la RDC descend à la 60e place mondiale

novembre 28, 2020

Les Léopards de la RDC

La Fédération internationale de football association (Fifa) a actualisé son classement mensuel pour le mois de novembre. Et la République démocratique du Congo a perdu une place au niveau mondial, quittant la 59e place en octobre pour la 60e en novembre 2020. Cependant, elle garde sa 11e position au niveau de l’Afrique. Ce petit décalage au classement est certainement dû aux deux derniers matchs contre l’Angola à Kinshasa le 14 novembre (nul de zéro but partout) et à Luanda le 17 novembre (victoire d’un but à zéro), en troisième et quatrième journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) reportée en 2022 au Cameroun.

Notons que le Sénégal (20e rang mondial) garde la première position continentale, devant la Tunisie (26e rang mondial), l’Algérie (31e rang mondial et championne d’Afrique en titre), le Nigéria et le Maroc (ex aequo au 35e rang mondial) qui ferment le top 5 en Afrique. L’Egypte est 49e rang mondial, devant le Cameroun (50e rang mondial), le Ghana (52e rang mondial), le Mali (57e rang mondial) et le Burkina Faso (58e rang mondial) clôturant le top 10.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

CAF : Ahmad Ahmad suspendu pour cinq ans par la Fifa

novembre 23, 2020
Ahmad Ahmad, ici en Égypte en juin 2019, a été suspendu de son poste de président de la Confédération africaine de football le 23 novembre 2020 par la Fifa.

Le président sortant de la Confédération africaine de football a été condamné à l’interdiction d’exercer toute activité relative au football pour cinq ans par la chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fifa. Ahmad Ahmad est notamment accusé de détournements de fonds.

Cela faisait plusieurs semaines que la menace d’une suspension par la Fifa planait au-dessus de la tête  d’Ahmad Ahmad. La décision est tombée sous la forme d’un communiqué publié sur le site de la Fédération internationale de football association (Fifa). Le Malgache Ahmad Ahmad, président sortant de la Confédération africaine de football (CAF) et vice-président de la Fifa, est suspendu pour une période de cinq ans de toute activité liée au football professionnel.

La chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante « a jugé Ahmad Ahmad coupable d’avoir enfreint les articles 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la Fifa, ainsi que l’article 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018 », détaille la Fifa.

Ahmad Ahmad a « manqué à son devoir de loyauté »

« L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités », précise le communiqué de la chambre de jugement de la Commission d’éthique, qui affirme avoir « établi » qu’Ahmad Ahmad « avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF. »

Il devra en outre verser une amende de 200 000 francs suisses (185 000 euros). Contacté par mail, le service de presse de la FIFA n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il avait été entendu pendant plusieurs heures, la semaine dernière, par la Commission d’éthique via une visioconférence. La décision de sa suspension lui a été immédiatement notifiée, avec effet immédiat. D’ici soixante jours, il recevra l’intégralité des motivations de la sanction.

À partir de ce 23 novembre 2020, il n’est donc plus le président de la CAF. Selon les statuts de celle-ci, c’est le premier vice-président, le Congolais Constant Omari qui dirige désormais l’instance. Ce sera le cas jusqu’en mars prochain, date de l’élection du président de la CAF, et qui aura lieu à Rabat.

Élu président de la CAF en 2017, Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat à la tête du football africain. Face à lui, quatre candidats s’étaient jusqu’à présent déclarés : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Augustin Senghor. Leurs dossiers seront examinés par les instances compétentes de la CAF, lesquelles communiqueront la liste des candidats autorisés à se présenter.

Ahmad Ahmad fera-t-il appel ?

Ahmad Ahmad, qui se remet de sa contamination au Covid-19 depuis son fief de Mahajanga, à Madagascar, « va bien », a assuré l’un de ses proches à Jeune Afrique. Avec ses avocats, il décidera dans les prochains jours s’il fait appel ou non de la décision de la Fifa. Un seul recours s’ouvre à lui : devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais un éventuel appel n’est pas suspensif.

Ahmad,  qui a décidé de garder le silence dans un premier temps, pourrait également communiquer à court terme, après avoir consulté sa garde rapprochée.

La CAF, face à cette situation inédite, s’est rapidement fendue d’un communiqué expliquant « prendre acte de cette décision qui met Ahmad Ahmad en position de ne plus pouvoir exercer ses responsabilités », s’inquiétant au passage « des conséquences sur sa réputation de cette longue procédure. » L’instance du football africain a néanmoins décider de maintenir le calendrier de l’ensemble de ses activités et programmes.

Plusieurs hypothèses sont désormais ouvertes. « Soit Ahmad Ahmad fait appel devant le TAS, sachant que la procédure peut se révéler longue, afin de pouvoir être candidat. Soit il décide de ne pas faire appel et de rentrer à Madagascar, expose le dirigeant d’une fédération africaine, contacté par JA. Il faut rappeler qu’il avait beaucoup réfléchi, et même hésité, avant d’annoncer sa candidature à un second mandat. Il s’est décidé parce qu’il est soutenu par de nombreuses fédérations. Il ne faut pas exclure qu’il accepte la sanction et se retire du monde du football. »

Un autre dirigeant de fédération, partisan d’Ahmad Ahmad, résume un sentiment assez largement répandu parmi les partisans de président de la CAF qui vient d’être suspendu : « Gianni Infantino (le président de la FIFA, ndlr) ne souhaitait pas qu’Ahmad soit candidat à sa réélection, car les relations entre les deux hommes sont très tendues. Il ne veut plus de lui à la tête du football africain. Cette sanction de la Commission d’éthique n’arrive pas par hasard… »

Les tensions au sein de l’instance étaient devenus récurrentes ces derniers mois. Licencié en avril 2019, le secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, avait ainsi envoyé une lettre à la Fifa dans laquelle il accusait Ahmad Ahmad de corruption et de harcèlement sexuel à l’encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

En juin 2019, Ahmad Ahmad a été brièvement placé en garde à vue et interrogé par la justice française, avant d’être remis en liberté sans poursuite. Il avait, à la même époque, demandé l’aide de la Fifa pour superviser une CAF fragilisée par plusieurs polémiques et des problèmes de gouvernance. La numéro 2 de la Fifa, Fatma Samoura, avait effectué un mandat de six mois en tant que « déléguée générale pour l’Afrique », mais celui-ci, qui visait à « apporter son expertise pour évaluer la situation et aider à accélérer la mise en place du processus de réforme en cours », n’avait pas été renouvelé quand il était arrivé à son terme, en février dernier.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Football – Côte d’Ivoire: la FIFA suspend son aide financière à une Fédération en pleine crise

mai 18, 2018
L’équipe de foot de Côte d’Ivoire à l’entraînement au Gabon, le 17 janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

La FIFA a annoncé ce 17 mai avoir suspendu « tout nouveau paiement ou virement en faveur de la Fédération ivoirienne de football (FIF) ». Une décision qui fait suite aux difficultés rencontrées par des auditeurs qu’elle a missionnés, en vue de vérifier une partie de la gestion de Augustin Sidy Diallo, président de la FIF.

Les choses sont allées très vite. Dans un courrier rendu public, contrairement à ses habitudes, dans ce genre de situation, la Fédération internationale de football association (FIFA) a décidé de suspendre « tout nouveau paiement ou virement en faveur de la FIF, protégés par la FIFA ». La crise au sein de la FIF, née de la volonté d’un groupe de clubs frondeurs d’exiger une assemblée générale à l’équipe conduite par Augustin Sidy Diallo, connaît un rebondissement inespéré par ceux à l’origine de la commande de l’audit.

Le 20 mars dernier, pour tenter de calmer les tensions au sein de la maison de verre de Treichville (Abidjan), siège de la FIF, la FIFA convoque les protagonistes à une série de rencontres à Zurich (Suisse). Les parties n’arrivent pas à s’accorder. Les dissidents remportent cependant une victoire : porteurs d’un rapport documenté sur de prétendus détournements de fonds gérés par l’équipe de Sidy Diallo, ils demandent et obtiennent que la FIFA commandite un nouvel audit de la FIF.

Des pans de la gestion de Sidy Diallo audités

Depuis ce 14 mai, les auditeurs sont à Abidjan. Après plusieurs malentendus alimentés par la presse, la FIFA a fini par réorienter la mission de ses auditeurs. Désormais, il n’est plus question d’un audit judiciaire, mais bel et bien d’un audit financier, alors que la feuille de route des auditeurs s’étend à d’autres programmes. Deuxième défaite pour la FIF.

« Le point sur lequel la FIF a émis des réserves depuis le début, quant au présent audit, est relatif au champ d’intervention de cet audit », explique Sam Etiassé, directeur exécutif de la FIF. En effet, la FIF aurait aimé que cet audit ne concerne que ses fonds alloués par l’instance suprême du football mondial, au titre de son programme de développement et d’investissement baptisé « Forward ».

Ainsi donc, la FIFA compte bien auditer plusieurs pans de la gestion de Sidy Diallo, à savoir les « règlement général des programmes de développement, règlement Goal, règlement du programme d’assistance financière de la FIFA, règlement performance, règlement programme challenger, règlement programme win-win et règlement projet ballon Adidas Goal ». Fait nouveau, l’audit va s’étendre à la gestion de Jacques Anouma, qui a dirigé la FIF de 2002 à 2011, date à laquelle Sidy Diallo a pris le relais.

Sanctions éventuelles de la FIFA

Une décision qui fait grincer des dents, aussi bien au sein de l’équipe actuelle, que de certains frondeurs qui étaient aux affaires pendant le mandat d’Anouma. En attendant, les auditeurs continuent leur mission qui s’achève le 25 mai prochain. D’ores et déjà, la FIFA a mis en garde la FIF contre d’éventuelles sanctions aussi bien contre des dirigeants que contre l’instance dirigeante nationale, enjoignant les responsables à « autoriser les auditeurs à accéder aux locaux et à tous documents précédemment requis ».

Un front ouvert contre la FIFA aurait de sérieuses conséquences sur le football ivoirien, déjà miné par une crise interne », commente le journaliste sportif Fernand Dédeh

Les réticences de la FIF, qui a toujours dit privilégier la transparence en matière de gestion, surprennent quelque peu les observateurs de l’actualité footballistique en Côte d’Ivoire. « La FIF gagnerait à ne pas développer une communication craintive et collaborer sereinement avec la FIFA. Un front ouvert contre la FIFA aurait de sérieuses conséquences sur le football ivoirien, déjà miné par une crise interne », commente le journaliste sportif Fernand Dédeh.

Ce n’est pas la première fois que la FIFA audite la FIF et suspend des décaissements en sa faveur. Ce qui est nouveau, c’est la médiatisation de l’audit consécutive à la crise du football ivoirien. En deux ans, c’est le troisième audit que commande Gianni Infantino, président de la FIFA.

En octobre 2016, la commission d’audit et de conformité de la FIFA, sur la foi d’un rapport d’audit qui pointait du doigt la gestion de Sidy Diallo, avait suspendu temporairement l’accès de la FIF aux fonds de développement qui lui sont alloués. La mesure avait été levée trois mois plus tard.

Jeuneafrique.com

Football Leaks: la Fifa enquête sur le transfert de Pogba à Manchester

mai 9, 2017

La Fifa a ouvert une enquête sur le transfert de Paul Pogba de la Juventus Turin à Manchester United, selon Mediapart. Une transaction sur laquelle Mino Raiola, l’agent du joueur, aurait touché 49 millions d’euros.

La Fifa a «demandé des renseignements à Manchester United» sur le transfert de l’international français Paul Pogba vers le club anglais, a indiqué mardi à l’AFP une source proche de la Fifa. Ces renseignements sur le transfert le plus cher de l’histoire, supérieur à 100 millions d’euros, de Pogba entre la Juventus Turin et Manchester United, ont été demandés au club anglais «il y a plusieurs semaines», a ajouté cette source, confirmant une information donnée mardi par le site français Mediapart. Il n’a pas été précisé par cette source à quels aspects du transfert la Fifa s’intéresse.

Mais selon Mediapart, des documents Football Leaks révèlent que l’agent de l’international français, Mino Raiola, «a perçu 49 millions d’euros sur ce seul transfert, grâce à un conflit d’intérêts hors norme : il était à la fois l’agent de la Juventus, de Manchester et du joueur». Au total, toujours selon Mediapart, Pogba a coûté «en réalité 127 millions d’euros à Manchester United dont 49 millions ont atterri dans les poches de Raiola, et seulement 78 millions dans les caisses de la Juve». Selon le site d’investigation, Raiola «ne semble pas avoir déclaré à Manchester qu’il travaillait aussi pour la Juventus», ce qui est interdit par la réglementation anglaise.

Véritable star du football mondial, Pogba à 24 ans, fait déjà figure de cadre de l’équipe de France.Passé par le Havre avant de partir une première fois à Manchester United, le milieu de terrain a éclaté à la Juventus où il a remporté quatre fois le titre de champion d’Italie avant d’être transféré en août dernier à «Man U» pour 105 M EUR plus un bonus de 5 M EUR, devenant l’un des joueurs les plus chers de l’histoire.

Lefigaro.fr

Football : la Fifa suspend le Mali

mars 17, 2017

La Fifa a suspendu la Fédération malienne de football, ce jeudi 16 mars 2017. © ENNIO LEANZA/AP/SIPA

La Fédération internationale de Football (Fifa) a suspendu ce jeudi la Fédération malienne de football (Femafoot). Cette décision fait suite au limogeage de ses dirigeants par le ministère malien des Sports le 8 mars.

La Fifa « a été mis[e] au courant des décision du ministre des Sports qui dissolvent le comité exécutif de la Femafoot […] Dans ses circonstances, le Bureau du Conseil a décidé de suspendre la Femafoot avec effet immédiat à compter du vendredi 17 mars 2017 », indique l’instance, dans un communiqué diffusé le jeudi 16 mars.

« Par conséquent, la Femafoot perd tous ses droits de membre », ajoute le document. Autrement dit, « aucune des équipes représentatives et aucun des clubs affiliés de la Femafoot ne sont désormais plus en droit de prendre part aux compétitions internationales et d’entretenir de relations sur le plan sportif avec les autres associations membres de la Fifa ».

La Femafoot et ses membres ne peuvent plus bénéficier des programmes de développement de la Fifa ou de la CAF.

Par ailleurs, « la Femafoot et ses membres ne peuvent plus bénéficier des programmes de développement de la Fifa ou de la CAF », précise le texte. La Fifa indique pour conclure que « la suspension ne sera levée que lorsque les décisions ministérielles auront été annulées et que le comité exécutif de la Femafoot […] aura été réinstallé ».

Ingérence des autorités maliennes

Cette décision fait suite au limogeage le 8 mars de dirigeants de la Femafoot décidé par le ministère malien des Sports, et justifié par « la persistance de la crise au sein du football ».

Cette décision avait été maintenue malgré la protestation de la Fifa, qui dénonçait l’ingérence des autorités maliennes dans les affaires sportives. Devant la presse, le conseiller juridique du département des sports, Amadou Diarra Yalcouyé, avait réagi en déclarant que le gouvernement ne reviendrait pas sur sa décision, ajoutant que la Fifa ne pourrait pas l’obliger à le faire.

Jeuneafrique.com avec AFP

Brésil: L’ancien président de la FIFA Joao Havelange est mort

août 16, 2016

Joao Havelange, en 2010. L’ancien président de la FIFA (1974-1998) est mort mardi 16 août, à l’âge de 100 ans.

Joao Havelange, en 2010. L’ancien président de la FIFA (1974-1998) est mort mardi 16 août, à l’âge de 100 ans. ? Bruno Domingos / Reuters / REUTERS
Président de la Fédération internationale de football (FIFA) durant un quart de siècle, de 1974 à 1998, le Brésilien Jean-Marie Faustin Goedefroid dit « Joao » Havelange est mort, mardi 16 août, dans sa ville natale de Rio de Janeiro, qui organise actuellement les Jeux olympiques. Agé de 100 ans, l’ex-empereur du ballon rond avait été hospitalisé, en novembre 2015, pour des problèmes respiratoires, puis en juillet, pour soigner une pneumonie.

Le destin de cet habile dirigeant au regard d’acier est intrinsèquement lié à l’expansion économique, aux turpitudes et autres scandales financiers de la FIFA, devenue, de son propre aveu, un « monstre » tentaculaire. Forte de 211 pays membres, l’organisation est notamment assise sur des réserves financières évaluées, en décembre 2015, à 1,34 milliard de dollars (1,19 milliard d’euros).

Légende noire

Fils d’un ingénieur belge arrivé au Brésil en 1913, Joao Havelange, né en 1916, foule les terrains de football avec le club carioca de Fluminense, dont il deviendra le président honoraire. Mais c’est surtout dans les bassins que le jeune homme se distingue. Il participe aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 comme nageur, puis à l’édition de 1952 à Helsinki en tant que joueur de l’équipe brésilienne de water-polo. De sa carrière de sportif, il tirera une santé de fer et une connaissance aiguë du microcosme des athlètes de haut niveau.

Diplômé en droit, le « docteur » Havelange devient, en 1948, directeur juridique à la Viacao Cometa, compagnie d’autobus qu’il dirigera durant cinq décennies, dont l’âge d’or coïncide avec la dictature militaire au Brésil (1964-1985). Dirigeant charismatique et homme d’argent, il a par ailleurs fondé Orwec, entreprise spécialisée dans les revêtements métalliques, et a siégé aux conseils d’administration de l’agence publicitaire MPM et de la compagnie d’assurance Atlantica Boavista. Ses liens troubles avec Castor de Andrade, parrain de la mafia à Rio, son train de vie fastueux et son luxueux appartement situé dans le quartier chic de Leblon alimentent notamment sa légende noire.

Président de la Confédération brésilienne de football (CBF) de 1958 à 1973, il voit la Seleçao de Pelé remporter trois Coupes du monde (1958, 1962, 1970) sous son mandat. Au congrès de la FIFA du 11 juin 1974, organisé à Francfort (Allemagne), il lorgne le trône de l’Anglais Stanley Rous, patron de l’instance depuis 1961. Il couvre alors les frais de déplacement de plusieurs fédérations votantes. Bénéficiant notamment du soutien des pays africains, asiatiques et sud-américains, il bat dans les urnes l’ex-arbitre britannique et prend le contrôle d’une organisation qui avait toujours été présidée par un Européen depuis sa fondation en 1904. L’une de ses premières mesures symboliques est d’exclure, en 1976, l’Afrique du Sud, alors plongée dans l’apartheid.

Durant son règne, Havelange arpente sans cesse le globe pour élargir les frontières du football, multipliant les programmes de développement en faveur des fédérations pauvres. « Lorsque je suis arrivé en 1974, la FIFA n’avait pas un sou dans les caisses, confiait le Brésilien au Monde, lors de son retrait des affaires, en 1998. C’était une vieille maison dont la politique économique manquait totalement de dynamisme. Avant d’être un amateur de football, je suis un administrateur. Administrer, c’est ne jamais manquer de ressources. »

« Un homme de fer »

Epaulé dès 1975 par le Suisse Joseph Sepp Blatter, directeur du développement de la FIFA puis zélé secrétaire général (1981-1998) de l’organisation, Havelange noue de juteux contrats avec les marques Adidas et Coca-Cola et réforme à tour de bras. Son long règne coïncide avec l’explosion des droits télévisés de la Coupe du monde et, par conséquent, des revenus de l’instance.

Joao Havelange, en 1996, entouré de Sepp Blatter (à gauche), qui est alors son bras droit à la tête de la FIFA, et de Nicolas Leoz (à droite), qui préside à l’époque la Confédération sud-américaine de football.

Joao Havelange, en 1996, entouré de Sepp Blatter (à gauche), qui est alors son bras droit à la tête de la FIFA, et de Nicolas Leoz (à droite), qui préside à l’époque la Confédération sud-américaine de football. STR / AFP

Le Brésilien crée notamment la Coupe du monde féminine, celles des moins de 20 ans et des moins de 17 ans, ainsi que la Coupe des confédérations. Il augmente (de seize à trente-deux) le nombre d’équipes qualifiées pour la phase finale du Mondial. Une expansion teintée de clientélisme qui conforte sa mainmise sur l’instance.

« Il faut faire du football un langage universel »

« C’est Monsieur Havelange, quand il m’a engagé, qui m’a dit : “Il faut faire du football un langage universel”. Parce qu’en 1975, on organisait du football seulement en Amérique du sud et en Europe. En Afrique très peu, en Asie très peu. Je me suis mis là-dedans et on a fait vraiment du football un langage universel », confiait Sepp Blatter au Monde, en décembre 2015.

Qualifié « d’autocrate » par ses adversaires, Havelange est réélu sans opposant à cinq reprises, se contentant de « consulter » son comité exécutif tout en verrouillant son royaume à triple tour. « Tout le monde tremblait devant son regard, son prestige et sa stature. C’était un grand seigneur, un soldat de son sport, c’est lui qui a fait la FIFA moderne et riche. C’était un homme de fer, du pouvoir total. Il a été l’architecte du maintien de son propre pouvoir », explique Guido Tognoni, ex-chef de presse de la FIFA (1984-1995) et ancien responsable du sponsoring.

A la séditieuse Union des associations européennes de football (UEFA) dirigée dès 1990 par le Suédois Lennart Johansson, il oppose sa vision universaliste du football et s’érige en défenseur des fédérations démunies tout en pourfendant « l’européo-centrisme ».

« Culture de la corruption »

En 1996, il annonce qu’il quittera le pouvoir à l’issue du Mondial 1998, organisé en France. A 82 ans, il lègue un immense empire, laissant en caisse, de son propre aveu, « 4 milliards de dollars ». En juin 1998, c’est son lieutenant Sepp Blatter qui lui succède après avoir battu dans les urnes Lennart Johansson. « En 1994, Blatter a essayé de massacrer Havelange alors qu’il lui devait tout, se souvient Guido Tognoni. Havelange a alors promis aux présidents des Confédérations continentales d’élargir le Mondial à 32 équipes pour rester en place encore quatre ans. Et il ne pouvait pas se débarrasser de Blatter car ce dernier connaissait tous les secrets d’ISL. »

ISL comme International Sport and Leisure, la société chargée de revendre les droits marketing des Mondiaux de 1982 jusqu’à sa faillite, en 2001. Créée par Hörst Dassler, le fils du fondateur d’Adidas, la compagnie ISL a versé des commissions et autres pots-de-vin colossaux (105 millions d’euros) à plusieurs dignitaires de la FIFA, dont Havelange, alors que les montants des droits télévisés explosaient. Cette affaire a été toutefois classée sans suite, en 2010, par le parquet du canton de Zoug (Suisse). Ce dernier précisait alors que la « procédure a été arrêtée car les accusés ont accepté de payer les 5,5 millions de francs suisses fixés par le procureur au titre de compensation ».

En 2011, à 95 ans, Havelange démissionne du Comité international olympique (CIO), dont il était membre depuis 1963. Selon la BBC, le patriarche aurait touché, en 1997, 1 million de dollars de pots-de-vin via ISL. En 2013, le nonagénaire est accusé par le comité d’éthique de la FIFA d’avoir reçu d’ISL plusieurs dizaines de millions de dollars de pots-de-vin. Il quitte alors son poste de président honoraire de l’instance mondiale, démissionnant à l’instar de son gendre Ricardo Teixeira, membre du comité exécutif de la FIFA et ex-patron de la CBF (1989-2012).

C’est après le départ du Brésilien que les turpitudes d’un règne rongé par une corruption endémique transparaissent. « Depuis l’intronisation de Havelange, la FIFA a la culture de la corruption », résume Guido Tognoni. « En 1998, Havelange a transmis en héritage cette culture à Blatter », ajoute le Sud-Coréen Chung Mong-joon, ex-vice-président de la FIFA (1994-2011), lui-même suspendu cinq ans par le comité d’éthique de l’organisation.

« Comme Blatter, Havelange était un gangster, mais il avait beaucoup de style », sourit Guido Tognoni. « Tu as créé un monstre », a dit un jour le Brésilien à son successeur. Réélu pour un cinquième mandat en mai 2015, Blatter a, contrairement à son mentor, connu une chute tout aussi rapide que vertigineuse. Il a été suspendu huit ans, en décembre, par son comité d’éthique, à l’instar de son ancien allié Michel Platini. Tout comme le patron français de l’UEFA, le Suisse, 80 ans, a vu sa peine réduite à six ans par le comité des recours de la FIFA en vertu des « services qu’il a rendus » au football. Lui qui est par ailleurs accusé par son ancienne organisation de s’être enrichi après avoir partagé, de 2011 à 2015, 80 millions de dollars « d’augmentations de salaire annuel, des bonus liés aux Coupes du monde et d’autres avantages » avec son secrétaire général français Jérôme Valcke (suspendu dix ans) et son directeur financier Markus Kattner.

Héritage douloureux au Brésil

L’Helvète doit être auditionné le 25 août, par le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, qui avait réduit en mai la suspension de Platini de six à quatre ans. Le 2 juin 2015, Blatter avait annoncé son abdication prochaine après que le FBI avait inculpé plusieurs dirigeants de la FIFA, accusés d’avoir touché 150 millions de dollars de dessous-de-table depuis 1991 et les dernières années du règne de Joao Havelange.

L’héritage de l’ex-patron brésilien de la FIFA est encore plus douloureux dans son pays natal. Ricardo Teixeira, José Maria Marin, président de la CBF de 2012 à 2015, et son successeur Marco Polo Del Nero : tous les dauphins et proches du « Docteur » ont été récemment inculpés par la justice américaine.

Désireuse d’enterrer un passé sensible et controversé, la FIFA avait préféré ne pas organiser de cérémonie officielle, le 8 mai, pour le centième anniversaire de son ex-monarque. Ce dernier avait toutefois reçu, à Rio, la visite de son ancien collaborateur Walter Gagg, directeur de l’instance et doyen de ses salariés. L’ex-assistante du « Docteur » Havelange, Marie-Madeleine Urlacher, a elle aussi fait le déplacement jusqu’au Brésil. Elu le 26 février à la présidence de l’organisation, le Suisso-Italien Gianni Infantino n’avait ainsi pas directement rendu hommage à son lointain prédécesseur. « Joao Havelange fait partie de l’histoire de la FIFA, soufflait-on alors en interne au Monde. Le président Infantino n’a pas travaillé avec lui, comme la majorité des actuels salariés de la FIFA. Havelange, c’était une certaine époque… »

En 2009, lors de la désignation de Rio comme ville hôte des Jeux olympiques d’été de 2016, il avait invité tous les membres du CIO à « venir y fêter » son centième anniversaire. Diminué, le patriarche n’avait pu assister à la cérémonie d’ouverture des JO, le 5 août dans sa cité natale. Prévu pour accueillir les épreuves d’athlétisme et de football, le Stade Joao Havelange avait sobrement été rebaptisé « Stade olympique » durant la compétition.

Lemonde.fr par Rémi Dupré Journaliste au Monde

Ethique : le président de la FIFA blanchi

août 5, 2016

Gianni Infantino, président de la FIFA, en février à Zurich.

Gianni Infantino, président de la FIFA, en février à Zurich. Ennio Leanza / AP
Le nouveau président de la FIFA, Gianni Infantino, n’a « pas violé le code d’éthique » de l’organisation, a estimé vendredi 5 août dans un communiqué la commission d’éthique de l’instance, qui a décidé de clore son enquête le concernant.

Les investigations portaient notamment sur des vols d’avion effectués par M. Infantino ainsi qu’un différend d’ordre contractuel entre l’Italo-Suisse et la FIFA, dont il est le président depuis le 26 février.

Les preuves rassemblées lors de l’enquête préliminaire « suggéraient au premier abord des cas de violations du code de l’éthique au vu de plusieurs vols effectués par M. Infantino lors des premiers mois de sa présidence », de questions de ressources humaines et « du refus de M. Infantino de signer le contrat spécifiant les conditions de sa relation de travail avec la FIFA », explique l’instance dans le communiqué.

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Pas de conflit d’intérêts

Début juin, des médias allemands avaient notamment affirmé que Gianni Infantino avait jugé le salaire que lui proposait la FIFA insuffisant et qu’il faisait l’objet d’une enquête de la commission d’éthique pour avoir demandé dans des courriels la destruction de l’enregistrement des minutes du dernier conseil de son instance, où la question de son salaire était évoquée. Selon les médias allemands, il risquait pour cela une suspension provisoire de quatre-vingt-dix jours.

La commission d’éthique avait démenti dans la foulée l’ouverture d’une enquête, et explique vendredi dans son communiqué l’avoir fait pour « s’assurer d’une procédure indépendante et impartiale ».

Lors de l’enquête formelle, « aucune situation significative de conflit d’intérêts concernant la position de M. Infantino à la FIFA n’a été identifiée », poursuit le communiqué, précisant que « les avantages dont a profité M. Infantino n’étaient pas considérés comme non conformes » aux régulations FIFA en vigueur.

Lemonde.fr avec AFP