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« Louxor », un film introspectif et mystique dans l’Égypte éternelle

juillet 21, 2021
Dans le film « Louxor », la réalisatrice britannique Zeina Durra raconte l’histoire d’une femme en quête de sens, qui revient dans cette ville et y retrouve un ancien amour.

La réalisatrice britannique Zeina Durra raconte l’histoire d’une femme en quête de sens, qui revient dans cette ville et y retrouve un ancien amour. Mais ce conte antique sonne un peu faux.

Le Nil, démesuré, s’affiche en vision panoramique. Nous sommes bien en Égypte, et la frêle silhouette d’une jeune femme se superpose à la cité, comme figée dans son glorieux passé : vestiges antiques, ceux du tombeau KV10 de la vallée des Rois ; hôtel au charme suranné, le Winter Palace, où fut annoncée la découverte du tombeau de Toutankhamon et où Agatha Christie écrivit Mort sur le Nil

L’héroïne, Hana (interprétée par la Britannique Andrea Riseborough), est encore jeune. C’est une médecin anglaise travaillant dans l’humanitaire, qui a vécu des traumatismes sur des terrains de conflits, à la frontière du Liban et de la Syrie, et qui a eu besoin de faire un break. Pourquoi à Louxor et non dans son pays d’origine ? On ne le saura jamais vraiment. Mais la présence dans la ville d’un ancien amant, Sultan (le Franco-Libanais Karim Saleh), y est sans doute pour quelque chose. Le quadra est archéologue, et, à travers lui, Hana peut aussi se connecter au passé glorieux de la Cité, aux messages que véhiculent ses symboles.

La greffe ne prend jamais vraiment

Sur les sites de fouilles, Hana semble en effet d’abord creuser en elle-même. C’est une femme qui cherche sa place dans un monde d’hommes, désirants. Une femme qui se pose des questions sur la maternité. Une femme en quête de sens, d’insouciance, qui espère peut-être renaître comme Râ, chaque matin, sur sa barque solaire. Certains personnages secondaires comme l’archéologue Salima (interprétée par Salima Ikram, une véritable égyptologue égyptienne, professeure à l’université du Caire) vont tenter de l’aider dans sa reconquête d’elle-même.

Hana est seule, blanche, c’est une étrangère ancrée dans le présent, et pourtant, la réalisatrice Zeina Durra veut nous montrer sa connexion de plus en plus profonde à l’Égypte éternelle et à son mystère. Hana fuit les Occidentaux riches et bruyants de son palace, s’amuse des cars de touristes chinois, et cherche dès qu’elle peut à converser avec les locaux : chauffeurs de taxi, conducteurs de bateaux, archéologues…

Paradoxalement, la greffe que la réalisatrice souhaite mettre en scène ne prend jamais vraiment. La taiseuse et nacrée Hana semble toujours comme posée dans les décors grandioses de la ville. Elle garde une certaine distance avec les autochtones, même lorsqu’elle a l’occasion de parler avec eux. L’Égypte actuelle, ses crises à répétition, son oppression sécuritaire, ses désordres économiques, n’apparaissent jamais à l’écran. On ne croit pas non plus vraiment à l’histoire qui la relie à Sultan : il est question d’une rivale qui disparaît trop rapidement. Les querelles des anciens amants sonnent un peu faux… Surtout, cette romance qui semble devoir rythmer le récit manque singulièrement de densité. Comme pour une rapide visite guidée d’un beau monument, le film, bien que sincère et parfois touchant, reste ainsi malheureusement en surface.

Louxor, de Zeina Durra, 1h27, sortie en France le 21 juillet.

Film « Louxor »

Avec Jeune Afrique par Léo Pajon

Congo-7ème art : Ndzobi, le nouveau film de Mike Yombi

juillet 20, 2021

Ndzobi, un film de 1h15 dont l’histoire retrace les principes spirituels de la vie au village, est une autoproduction. Il a été présenté officiellement le 17 juillet à Brazzaville en présence des cinéastes congolais. 

Photo : Mike Yombi au milieu de deux acteurs et du modérateur lors de la présentation officielle du film « Ndzobi » (crédit photo/ ADIAC)

« Ndzobi » retrace l’histoire de l’acteur principal Mike Yombi qui quitte son village natal Akwa après son initiation pour aller refaire sa vie ailleurs. En effet, lors de son initiation à Akwa, Mike Yombi découvre beaucoup de mystères qu’il ignorait et qu’il n’a pu supporter. Raison pour laquelle il quitte Akwa son village natal pour aller à Kellé où il décide de s’installer et refaire sa vie. 

A Kellé, Mike Yombi tombe amoureux de Walé Okassi, la fille du chef du village. Malheureusement, beaucoup de conditions pires qu’à Akwa son village natal lui sont imposées autour de cette union. Mike Yombi n’a pu non plus supporter les principes qui lui sont imposées à Kellé. « L’histoire tourne autour du mystère Ndzobi, voilà pourquoi ce film porte le titre de Ndzobi », explique Mike Yombi.

« Ndzobi » est le premier film que Mike Yombi met sur le marché. Cependant, en termes de production, « Nzobi » est le cinquième film après : Mboka (un travail collectif) ; Sacrilège ; Ngwe ; Mbako ; puis Ndzobi qu’il vient de lancer officiellement sur le marché national.

S’agissant de la production de ce film, des exemplaires et du prix d’achat, Mike Yombi, dit : « Le pays n’ayant pas de producteurs, j’ai décidé de produire ce film moi-même. Le but étant de le faire répandre sur tout le territoire national d’abord, puis l’international ensuite. Ndzobi a été tiré à plusieurs exemplaires et le tirage continue ».

Acteur de cinéma, Mike Yombi annonce déjà les couleurs de sa prochaine production intitulée « Mon Rêve- le destin exceptionnel d’un enfant de la brousse ».

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Cinéma : ce festival de Cannes aurait pu être celui de l’Afrique

juillet 19, 2021
Le cinéaste Spike Lee, président du jury du festival de Cannes 2021.

Malgré le grand nombre de films africains sélectionnés sur la Croisette, deux seulement ont obtenu des prix. Même si chacun a retenu, à sa façon, l’attention des festivaliers.

De retour sur la Croisette après une année 2020 zappée pour cause de pandémie, le festival de Cannes de ce mois de juillet, disposant de deux années de production pour choisir sa sélection, s’annonçait comme un cru exceptionnel. De l’avis général, ce ne fut pas le cas, du moins pas au niveau espéré. Malgré la qualité ou l’originalité de certaines des œuvres présentées, dont la Palme d’or, qui est allée de façon peu surprenante par les temps qui courent à un film réalisé par une femme mais aussi de façon assez surprenante à un film trash et même gore, le très beau et très dérangeant Titane de la jeune Française Julia Ducournau.

Ce qui était vrai en général l’était aussi pour l’Afrique et l’on s’attendait, au regard de la quantité des œuvres sélectionnées et de la qualité de leurs auteurs, de la présence aussi au sein du jury de la Sénégalaise Mati Diop, à un festival 2021 exceptionnel pour l’Afrique. Là encore, on a quelque peu déchanté.

Deux films africains en compétition

À l’annonce de la sélection officielle du festival début juin, on avait en effet pu se féliciter de voir arriver en compétition pour la Palme d’or deux films africains – une première depuis l’origine de la manifestation -, réalisés de surcroît par deux cinéastes de grand renom : le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun pour Lingui-Les liens sacrés et le Marocain Nabil Ayouch pour Haut et fort – Casablanca beats.

Or, si les deux auteurs ont été ovationnés par le public de l’immense salle Lumière après la projection de leurs œuvres, Haroun bénéficiant même d’une accolade peu conventionnelle du président du jury Spike Lee, ils sont repartis bredouille après l’annonce du palmarès. Non pas qu’ils aient démérité, comme le prouvent les critiques souvent favorables que ces deux films ont obtenues dans les médias internationaux présents à Cannes, mais parce qu’il y avait assurément des œuvres plus achevées, plus fortes ou plus originales pour séduire les jurés.

Lot de consolation pour Nabil Ayouch ?

Reste qu’au total, toutes sélections pour Cannes confondues, il y avait, un petit record, six films africains projetés sur la Croisette. Deux ont obtenu des prix, il est vrai moins prestigieux que ceux décernés par le jury officiel mais néanmoins convoités. L’Égyptien Omar El Zohairy, petit barbu un peu timide quand on l’approche, a réussi un coup de maître pour son premier film, Feathers (« Les plumes »). Avec cette histoire très originale, souvent drôle et même déroutante malgré son sujet dramatique – disons, pour ne pas en dire plus, qu’il raconte ce qu’il se passe dans une famille déshéritée d’une banlieue glauque du Caire quand le chef quelque peu tyrannique de la famille se retrouve transformé en poule par un prestidigitateur -, Omar El Zohairy a conquis La Croisette et repart avec à la fois le grand prix de la Semaine de la critique et le prix du premier film du très exigeant jury de la presse internationale.

Quant à Nabil Ayouch, il y a fort à parier qu’il a perçu comme un lot de consolation le prix du « cinéma positif » décerné des mains de Jacques Attali pour Haut et fort. Mais il a du être satisfait des raisons invoquées, à juste titre, pour le couronner : « Un film qui tourne autour de la notion d’éveil des consciences, celles des jeunes Marocains, et qui se veut au service des générations futures ».

L’AFRIQUE ÉTAIT EN TOUT CAS FORT BIEN REPRÉSENTÉE LORS DE CETTE ÉDITION SI PARTICULIÈRE

Les quatre autres films africains présents à Cannes, tous de grande qualité, ont retenu chacun à leur manière l’attention des festivaliers. En raison de leur originalité (en particulier l’ovni Neptune frost, sorte de comédie musicale afrofuturiste truffée de dialogues anti-impérialistes de la Franco-Rwandaise Anisia Uzeyman et de son époux américain Saul Williams, présenté à la sélection de la Quinzaine des réalisateurs), de leur beauté formelle (qu’il est beau le désert du Niger filmé par Aïssa Maïga dans le documentaire sur les effets du réchauffement climatique Marcher sur l’eau, présenté en séance spéciale dans la sélection officielle), de leur interprétation et de leur gravité (tourné à Djibouti, La femme du fossoyeur, premier film du Somalien installé en Finlande Khadar Ayderus Ahmed, traite sans pathos d’un problème terrible, un risque mortel pour la femme en attente d’opération d’un couple très amoureux en raison d’un système de santé défaillant, grâce à une mise en scène très réussie) ou encore de leur approche subtile et courageuse d’une réalité complexe (Une Histoire d’amour et de désir de Leyla Bouzid, son deuxième film qui a eu l’honneur de clôturer la Semaine de la critique).

Si l’on ajoute le succès remporté par des films d’auteurs de la diaspora africaine (par exemple le superbe Freda de Gessica Généus célébrant le courage des femmes d’Haïti et le très énergique Bonne mère de Hafsia Herzi sur une « mère courage » de Marseille), on comprendra que l’Afrique était en tout cas fort bien représentée lors de cette édition si particulière du plus grand festival de cinéma de la planète. D’autant plus, ce qui est prometteur, qu’une bonne partie des œuvres citées ont été tournées par de jeunes cinéastes, souvent auteurs ici de leur premier long-métrage. Ils sont donc loin d’avoir fini de nous épater.

Avec Jeune Afrique par Renaud de Rochebrune

Leyla Bouzid : « Filmer le corps de l’homme arabe, quoi de plus politique ? »

juillet 14, 2021
La réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid au festival de Cannes 2021

Avec « Une histoire d’amour et de désir », présenté en clôture de la Semaine de la critique à Cannes, la réalisatrice tunisienne s’intéresse à « la première fois », du côté masculin. Rencontre sur la Croisette.

En 2015, son premier long métrage, le trépidant « À peine j’ouvre les yeux », sur le vécu de la jeunesse tunisienne lors des dernières années du règne de Ben Ali, a connu le succès en France comme en Tunisie et dans bien d’autres pays. Aujourd’hui, Leyla Bouzid vient pour la première fois au festival de Cannes pour présenter « Une Histoire d’amour et de désir ». Qui aura l’honneur d’être projeté en clôture de la Semaine de la critique, la plus ancienne des sections « parallèles » de la manifestation avec ses soixante ans d’existence.PUBLICITÉ

Ce second film de la cinéaste tunisienne, une femme qui vient de dépasser le milieu de la trentaine, que l’on pourrait croire frêle mais dont l’énergie et la détermination en imposent, ne risque pas de passer inaperçu. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que son auteure n’a pas eu peur de s’attaquer à un sujet rarement abordé au cinéma en général et dans les cinématographies arabes en particulier. Les spectateurs pourront s’en rendre compte en France début septembre et en Tunisie à l’automne, date prévue de sa sortie en salles.

Le film raconte en effet comment un jeune homme, l’étudiant français d’origine algérienne Ahmed, est attiré par une jeune femme, la Tunisienne Farah, juste arrivée à Paris. Tous deux fréquentent les bancs de la Sorbonne où ils ont choisi, elle volontairement et lui par erreur, un cours de littérature arabe qui se trouve consacré aux écrits érotiques du XIIe siècle. Comme son titre ne le cache pas, le récit convoque largement autant le désir que l’amour éprouvés par les deux tourtereaux et ne tente pas d’esquiver la rencontre des corps. Qui ne se produit pas très rapidement puisque le timide Ahmed, déjà choqué au début par ce qu’on lui enseigne, fait tout pour tenir à distance une envie de passer à l’acte qu’il pense interdite par sa culture malgré les encouragements de celle qu’il convoite, une femme libérée.

La fragilité des hommes, leur difficulté à affronter « la première fois » en matière sexuelle, voilà un sujet peu traité sur les écrans. A fortiori par une femme cinéaste qui réussit à opposer au fameux « male gaze » (regard masculin) sur la sexualité féminine, un classique dans le septième art, une sorte de « female gaze » sur la sexualité et le désir masculins. Mais le film, jamais vulgaire, jamais simpliste, permet de croiser d’autres thèmes. En témoignent les réponses à nos questions de Leyla Bouzid, rencontrée au bord de l’eau sur la Croisette à la veille de la projection « officielle » de son film.

Jeune Afrique : Le premier film sélectionné à la Mostra de Venise, le second, aujourd’hui, dans le plus grand festival de cinéma du monde, à Cannes. Un pas de plus ?

Leyla Bouzid : Il ne faut pas comparer. Cette année, à cause de la pandémie, Cannes est un festival très particulier, celui de la reprise du cinéma. Avec beaucoup plus de films que d’habitude. Et une grande attente de la part des réalisateurs. Pour ma part, le film aurait pu être prêt, même si cela aurait supposé de le terminer dans un délai très, très court, pour Cannes 2020, si le festival avait eu lieu. Et donc pour Venise 2020. Mais j’ai décidé d’attendre. Ce film a été tourné en France et son contenu, la résonance de son sujet, ont à voir avec ce qui se passe dans la société française. Donc j’avais envie que sa première projection se passe dans un festival français. Et Cannes, avec son aura, avec la présence massive des médias français, était évidemment l’idéal. Mais Venise, qui a été un tremplin pour « À peine j’ouvre les yeux », a été une expérience très belle.

C’EST JUSTEMENT LE FAIT DE POUVOIR FAIRE CE QUE JE VOULAIS QUI COMPTAIT

On dit souvent qu’on est surtout attendu au tournant avec le second film. Plus question d’indulgence, surtout si le premier a eu du succès. De quoi vous inquiéter ?

Je me suis surtout beaucoup interrogée au tout début de l’écriture du projet : est-ce que les Tunisiens allaient me reprocher de faire un film qui se passe en France, et en langue française ? Par ailleurs, d’aucuns avaient l’air de penser que proposer un portrait intime d’un jeune homme maghrébin après mon premier film, cela manquait d’ampleur. Ces réactions ne m’ont pas paru justifiées. De toute façon, le succès d’ »À peine j’ouvre les yeux » n’avait pas été immense. Le résultat – 100 000 entrées en France, 50 000 en Tunisie, une sortie dans une vingtaine de territoires, 45 prix gagnés ici et là – n’était pas écrasant. Mais c’était une belle carte de visite, qui a permis que l’on s’intéresse à la suite et qu’on la finance. Alors, même si certains se sont dit : « Quoi ! elle peut faire ce qu’elle veut et elle fait ça ! », c’est justement le fait de pouvoir faire ce que je voulais qui comptait.

Était-il nécessaire pour vous de faire un film très différent du premier, aussi bien s’agissant du sujet – la Sorbonne, la littérature du XIIe siècle, on est loin de la jeunesse survoltée sous Ben Ali – que la façon de le traiter, beaucoup plus sage, y compris d’un point de vue esthétique ?

Il s’agit quand même, dans les deux cas, d’un récit d’émancipation. Mais j’avais en effet conscience de devoir aller, avec ce film très différent, vers une mise en scène plus formelle, plus esthétique, pour raconter l’histoire de ce jeune garçon. Dans « À peine j’ouvre les yeux », le film déployait une énergie très forte, celle de la jeunesse, là, ce qu’il y avait à déployer, c’était la sensualité. Donc plus de caméra à l’épaule, mais un cinéma autre, avec un travail plus important sur la couleur, et surtout sur la musique puisque j’ai fait là appel à une musique originale.

Une musique surprenante, très contemporaine…

L’idée de cette musique instrumentale, parfois dissonante, était très présente, je ne sais pas pourquoi, dans ma tête. J’avais demandé, au départ, à un ami saxophoniste un morceau particulier qu’on devait entendre quand les personnages se croisent dans la rue. Ce morceau, qu’on entend dans le film, m’a saisie, il m’a semblé être comme une voix d’Ahmed, quelque chose qui émanerait de lui. Alors j’ai voulu qu’on le décline pour créer une bande originale et cela a été très fructueux : j’ai l’impression que la musique est une sorte de double d’Ahmed, l’expression de son intériorité. Je ne sais pas si lui écouterait cette musique, mais en tout cas elle parle de lui.

J’AI ENVIE D’INVITER CES JEUNES-LÀ À L’AMOUR ET AU DÉSIR

Autre grande différence avec le premier film, il n’est pas question de politique…

Oui … et non. L’ancrage politique d’ »À peine j’ouvre les yeux » était direct puisqu’on évoquait les années Ben Ali. Et j’avais écrit ce film à la fin de mes études, habitée par l’énergie de la révolution de 2011. Avec l’envie de filmer une Tunisie qui n’avait guère été représentée, celle des dernières années avant cette révolution. Là je filme autre chose, un garçon qui s’éveille à l’amour et au désir. Et je pense en vérité que c’est encore plus politique – filmer est d’ailleurs toujours politique. Filmer le corps de l’homme dit arabe, le désir d’un jeune homme certes français mais qui se revendique d’origine maghrébine, de cette culture, quoi de plus politique? J’ai envie d’inviter ces jeunes-là à l’amour et au désir.

Vous dites : un film sur l’émancipation sensuelle d’un jeune homme. Mais il y a deux personnages principaux. Et le plus fort, celui qui permet cette émancipation, c’est Farah, la femme. En le caricaturant, on pourrait résumer le film ainsi : une heure et demi pour voir une femme décoincer un homme arabe…

Si on considère l’intérêt porté aux personnages, la mise en scène, on est en permanence avec Ahmed, qui est de tous les plans. On n’est jamais dans le point de vue de Farah. Même si celle-ci joue un rôle moteur, c’est Ahmed qui porte la problématique du film. Et si vous voulez résumer le film comme vous le faites, pourquoi pas. Mais en fait, je crois que ce n’est pas seulement Farah en tant que femme qui fait évoluer Ahmed, c’est aussi grâce à des textes, ceux de la littérature, grâce à sa découverte de la langue arabe à laquelle il va avoir accès en demandant à son père de lui traduire un poème. L’éducation sentimentale et charnelle d’Ahmed ne passe donc pas que par Farah, cette tunisienne belle, intimidante et sensuelle.

JE VOULAIS FILMER LA BANLIEUE COMME UN SIMPLE LIEU D’HABITATION, UN LIEU NON CONFLICTUEL, UN REFUGE POUR AHMED

La très libre Farah, est-ce Leyla Bouzid ? On se pose d’autant plus la question que dans votre premier film, il y avait également une Farah…

On m’a plusieurs fois posé la question. Même ma mère m’a demandé si je mettais au monde une fille, si je comptais l’appeler Farah. Mais non, ce n’est pas un prénom particulier pour moi. Si ce n’est que Farah, cela veut dire joie et cela correspond au personnage dans mes deux films. Alors, s’agit-il quand même d’une sorte d’alter ego ? Possible, mais ce n’est pas moi. J’aurais peut-être voulu être comme cela, mais je ne suis pas aussi fonceuse. Et je n’ai pas rencontré d’Ahmed au cours de ma vie.

Leyla Bouzid (au centre) reçoit le prix Muhr lors de la cérémonie de clôture du festival du film international de Dubaï, le 16 décembre 2015

La part d’autobiographie est-elle donc très réduite, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer ?

En effet. Même si je me suis inspirée de moments de ma vie. J’ai commencé par des études à la Sorbonne, j’ai rencontré beaucoup d’amis d’origine algérienne, et nombreux étaient ceux qui étaient timides. Mais sans que cela implique des relations amoureuses. Cela m’a surtout permis de me documenter, notamment sur les questions liées à l’identité maghrébine. Mais, même au-delà de la culture arabe, je voulais m’intéresser aux premiers émois d’un garçon, à cette « première fois » qui ne va pas de soi pour tant de jeunes hommes, un sujet très peu représenté au cinéma. Ou alors seulement sous forme de comédie, genre « 40 ans et toujours puceau ». Alors même que le thème de la virginité féminine a été rabâché avec tout son lot de clichés. La fragilité masculine, la difficulté des hommes à répondre à leur assignation à la virilité, à être des moteurs dans les relations amoureuses, leur non-certitude par rapport aux émotions, il me semblait important d’en rendre compte.

Même si Ahmed habite chez ses parents algériens hors de Paris, on a l’impression de voir une sorte d’anti-film de banlieue au sens habituel du terme. Une volonté de se démarquer du genre ?

Je voulais filmer la banlieue comme un simple lieu d’habitation, un lieu non conflictuel, qui est un refuge pour Ahmed. Notamment en la filmant avec une caméra qui est posée, avec des travellings, que ce soit à l’extérieur ou dans l’espace de la maison. Car ce lieu ne charrie pas de grandes interrogations pour le personnage, c’est à Paris qu’il n’est pas à l’aise, qu’il cherche sa place, qu’il est fébrile.

Une opposition Paris-Banlieue. Il y a aussi une opposition France-Tunisie : paradoxalement, c’est la Tunisienne à peine arrivée du Maghreb qui est libérée et le Français, le Franco-Algérien, qui ne l’est pas du tout. Une façon d’aller à l’inverse de l’idée reçue à ce sujet ?

Je voulais montrer le fossé qui existe entre ces deux types de personnages. Ceux qui arrivent de Tunisie pour poursuivre leurs études en France sont probablement d’une classe sociale un peu bourgeoise, ou en tout cas de la classe moyenne supérieure. Ils n’ont pas de problèmes d’identité. Et ils se trouvent en face de ceux qu’on appelle les deuxième ou troisième génération d’origine maghrébine, coupés malgré eux de la culture arabe, dont l’identité s’est fabriquée, le plus souvent en opposition, même pas au sein de la famille mais au lycée et dans le climat qui règne en France autour de l’identité arabe. Du coup, la façon dont ces Français d’origine maghrébine revendiquent leur identité ne correspond pas du tout à ce que vit la jeunesse arabe dans les pays arabes.

Un problème d’identité, sur fond d’ignorance mémorielle comme le soulignait le rapport Stora, difficile à surmonter, donc ? Surtout pour un jeune homme d’origine algérienne ?

On m’a demandé pourquoi je n’avais pas choisi un Tunisien pour le rôle du jeune homme. Il fallait en effet qu’Ahmed soit d’origine algérienne et non pas tunisienne. L’Algérie et la France portent en elles une histoire plus douloureuse et plus complexe. De plus, avec les années noires, les personnes immigrées venues d’Algérie ont été souvent complètement coupées de leur pays d’origine, au point de ne plus vouloir jamais y retourner, comme le père d’Ahmed. D’où des problèmes de transmission, une absence de mémoire, de discours sur ce qui s’est passé. Ce qui rejoint effectivement la problématique du rapport Stora. Quand je suis arrivé en France, j’ai découvert qu’on n’étudiait quasiment pas, ou très, très peu, la période la colonisation dans les cours d’histoire. Alors qu’en Tunisie, c’est pendant trois ans au programme. Je ne vois pas comment on pourrait résoudre en France les problèmes liés aux immigrations africaines si on continue à ignorer tout un pan de l’histoire. La guerre d’Algérie, bien sûr, mais aussi tout le reste doit être mis au programme, pendant au moins une année.

JE CRAIGNAIS QUE L’ON M’ACCUSE DE TRAHISON AVEC CE FILM

Votre film, construit autour de la sensualité mais qui évoque et montre aussi des rapports charnels et en particulier le corps des hommes, pourra-t-il être vu en Tunisie et dans le monde arabe sans susciter de polémiques ?

Je n’en sais rien. J’ai simplement essayé d’aller au plus juste, et au plus près de mon sujet. Sans aucune volonté de provoquer. Et au cœur du film, il y a surtout cette culture arabe du moyen-âge qui est une culture de la sensualité. Le distributeur tunisien qui a déjà vu le film avec son équipe et quelques autres m’a paru enthousiaste, sans s’interroger outre-mesure. Et tous m’ont dit que mon film était extrêmement tunisien. Ce qui m’a fait très plaisir puisque je craignais, je vous l’ai dit, qu’on m’accuse de trahison avec ce film.

Un film, surtout avec le personnage de Farah, qui participe d’un combat féministe à l’heure de Me too ?

En fait, il y a quelque chose de marrant à ce sujet. Dès mes premiers courts métrages, pendant les débats, on me disait toujours : « Leyla Bouzid, vous êtes féministe ! » Mais c’était alors sinon une insulte, du moins un mot réducteur et en quelque sorte une accusation. Aujourd’hui, c’est le contraire. On ne peut plus ne pas être féministe, il faut le revendiquer. Dans les deux cas, ce n’est pas ma manière d’aborder les choses. J’essaye, je viens de le dire, d’être simplement au plus juste vis à vis du sujet que je veux aborder au cinéma. D’échapper aux clichés. La revendication féministe, je ne sais pas trop quoi en faire en fin de compte.

Vous faites un film qui prône une certaine libération des mœurs alors même que cela ne semble pas être ce qui a le vent en poupe dans le monde arabe où l’influence des islamistes ne se dément pas…

Peut-être. Mais moi, notamment en accompagnant la sortie d’« À peine j’ouvre les yeux », je me suis rendue compte que je ne parlais pas seulement dans ce film de la jeunesse tunisienne énergique et qui veut s’émanciper. En Égypte, au Liban et ailleurs, j’ai vu des jeunes qui sont eux aussi dans la modernité, très connectés. Seulement, dans les pays arabes, ces jeunes, contrairement à ceux qui prônent l’autre dynamique, n’ont pas la parole.

Faudra-t-il encore attendre six ans pour voir votre prochain film ?

J’ai cette fois un projet assez avancé, une histoire qui se passera en Tunisie, à Sousse. Un sujet plus frontalement politique et différent des deux premiers. Il n’y aura pas de femme dans l’histoire ! (rire) Tout devrait aller cette fois plus vite, le film existera si tout va bien d’ici à deux ou trois ans. Depuis la sortie de mon premier film, il y a eu la pandémie qui m’a fait perdre un an et puis j’ai été maman. Un vrai problème pour une femme réalisatrice. Ce qui heureusement n’a fait que ralentir les choses, sans les arrêter comme cela aurait pu être le cas.

Avec Jeune Afrique Renaud de Rochebrune

Afrique du Sud: un pasteur se trompe de fichier sur son PC et projette un film porno lors du culte

décembre 28, 2017

 

 

C’est le dernier scandale que viennent de vivre les paroissiens d’une église de réveil en Afrique du Sud. En plein culte de Dimanche, le pasteur qui a voulu faire visionner à ses fidèles des témoignages s’est trompé de ficher et a projeté plutôt un film porno qui a ému l’assemblée.

La nouvelle supercherie des pasteurs Africains consistent de nos jours à diffuser des témoignages des fidèles ayant fait fortune grâce à leurs miracles. L’évangile ne se limite plus à partager la parole divine, mais à exposer la réussite sociale des uns comme des autres.

Cette mode tient aussi surtout en compte la guérison des patients grâce au pasteur qui est élevé au même rang que les apôtres de Jésus Christ. Le pasteur Mwekega Julius de l’église Believe to Jesus de Pretoria a commis la plus grosse bourde de sa carrière en voulant montrer à l’assemblée sa puissance divine sur la base des témoignages.

Il a cliqué sur un ficher différent de celui qu’il pensait sur son ordinateur, et c’est une vidéo pornographique que les fidèles ont visionné sur les écrans plats installés dans son église.

Un épisode qui a étonné plus d’un membre de cette église, pourtant très aveuglé par leur pasteur. L’église est réputée avoir en son sein des femmes dont les nouveaux nés n’ont pas de géniteurs reconnus. Le pasteur Mwekega serait-il le véritable père de tous ses enfants ?

Star-infos.com par Stany Franck

États-Unis: mort de Tobe Hooper, le réalisateur de « Massacre à la tronçonneuse »

août 27, 2017

Los Angeles – Le réalisateur américain Tobe Hooper, auteur du film culte « Massacre à la tronçonneuse » et l’un des grands noms du film d’horreur, est décédé samedi à l’âge de 74 ans, selon des médias américains.

Joues rebondies, lunettes ovales finement cerclées et sourire, Tobe Hooper, n’avait pas la tête de l’emploi pour faire peur mais son « Massacre à la tronçonneuse » (« Texas Chain Saw Massacre ») a révolutionné le genre et l’a rendu célèbre à plus de 30 ans à peine.

Le long-métrage est présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1975 mais interdit en raison de son extrême violence dans plusieurs pays dont la France et le Royaume Uni, un pays où il ne pourra être vu que 25 ans plus tard.

Les interdictions donnent au film une aura particulière, mais c’est aussi le style de Hooper qui séduit le public.

Délaissant les zombies et les fantômes, le réalisateur opte pour un cinéma très réaliste et parvient à créer chez le spectateur un niveau d’angoisse rarement égalé. Violence, souci du détail et bande-son glaçante y contribuent pleinement.

L’histoire raconte le sort funeste de cinq jeunes gens tombés en panne d’essence au Texas et partis frapper à la porte d’une ferme isolée. Dans ce recoin rural de l’Amérique, ils tombent sur une famille de dégénérés et vont être les victimes de « Leatherface », un homme au masque en peau humaine.

Entre les mains de ce personnage, tronçonneuse mais aussi marteau, pioche ou croc de boucher vont devenir des instruments de mort.

Tourné pour seulement 300.000 dollars, « Massacre à la tronçonneuse » fut un succès et le film indépendant le plus profitable des années 70, affirme Variety. Tobe Hooper en fera une suite, sortie en 1986, sans parvenir à rééditer son coup de maître.

Entre temps, le réalisateur a creusé la veine du film d’horreur avec « Le crocodile de la mort » (1977) et « Massacre dans un train fantôme » (1981) et surtout « Poltergeist » en 1982, produit par Steven Spielberg et rapidement en haut du box-office.

Par la suite, au cinéma, le succès ne sera plus au rendez-vous. Dans les années 1990, le réalisateur travaille beaucoup pour la télévision. En 2013, il avait tourné son dernier long métrage aux Emirats arabes unis (« Djinn »), un film d’horreur en langue arabe qui n’était finalement sorti qu’en DVD.

Né à Austin (Texas), Tobe Hooper avait été professeur avant de démarrer sa carrière de cinéaste. Il s’était ensuite installé à Los Angeles. Il est décédé dans la ville californienne de Sherman Oaks et la raison de sa mort n’est pas connue.

Romandie.com avec(©AFP / 27 août 2017 17h18)                                            

Cannes: un Suédois rafle la Palme d’or à la surprise générale

mai 28, 2017

Le réalisateur suédois Ruben Ostlund Palme d’or du 70e Festival de Cannes avec « The Square », le 28 mai 2017 / © AFP / Valery HACHE

Enorme surprise à Cannes: la Palme d’or a été attribuée dimanche au film suédois « The Square », réalisé par Ruben Ostlund, une comédie féroce qui tourne en dérision le monde de l’art et de la bonne société.

Ostlund apporte à la Suède sa troisième Palme, après les deux récompenses glanées par Bille August, pour « Pelle le conquérant » en 1988 et « Les meilleures intentions » en 1992.

Dans « The Square », l’acteur danois Claes Bang incarne un conservateur d’un musée d’art contemporain, qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Son univers bascule soudainement avec le vol de son portable et de son portefeuille alors qu’il porte secours à une femme. Un subterfuge des voleurs.

« C’est un film formidable et une équipe formidable », s’est exclamé sur la scène du Palais des festivals Ruben Ostlund, qui a reçu son prix des mains du président du jury Pedro Almodovar et de Juliette Binoche. Son film avait été ajouté à la dernière minute à la compétition.

Dans son film, un des rares à avoir fait rire aux éclats les spectateurs, notamment avec une scène de préservatif, Ruben Ostlund a voulu dénoncer par le sarcasme les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés et SDF.

Alors que « 120 battements par minute » du Français Robin Campillo et « Faute d’amour » du Russe Andreî Zviaguintsev faisaient figure de favoris, « The Square » s’est démarqué dans une sélection où la noirceur a prédominé.

– Grand prix pour ‘120 battements par minute’ –

Robin Campillo a tout de même récolté le Grand Prix pour son film coup de poing sur les combats de l’association Act Up dans les années Sida.

Dans ce film, il restitue les opérations spectaculaires d’Act Up, des jets de poches de faux sang aux débats pour décider des actions à mener… Mais il montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house musique, qui donne son titre au film.

Autre surprise: alors que son film avait été accueilli tièdement, la réalisatrice américaine Sofia Coppola a remporté le Prix de la mise en scène pour « Les Proies », son remake du film éponyme de Don Siegel (1971), qui raconte l’irruption d’un soldat blessé (Colin Farrell) dans un pensionnat de jeunes filles dirigé par Nicole Kidman dans l’Amérique de la guerre de Sécession.

Reine de Cannes cette année avec deux films en compétition, Nicole Kidman a reçu un Prix spécial pour la 70e édition du Festival.

« Faute d’amour » d’Andreï Zviaguintsev a obtenu le Prix du Jury, pour son histoire sur la disparition d’un enfant qui ne supporte plus les disputes de ses parents qui se battent pour ne pas le garder.

Dans ce film âpre, le cinéaste, déjà récompensé du Prix du jury en 2011 pour « Elena » et du scénario en 2014 pour « Léviathan », dépeint une société russe individualiste et déshumanisée.

Auteur d’une performance époustouflante dans « You Were Never Really Here » de Lynne Ramsay, l’acteur Américain Joaquin Phoenix décroche le Prix d’inteprétation masculine. A 42 ans, il est consacré pour sa partition tout en intensité dans le rôle d’un vétéran de l’Irak, traumatisé, mutique et ultra-violent, qui doit exfiltrer une adolescente d’un réseau de prostitution.

« C’est un prix tout à fait inattendu. J’ai renvoyé mes souliers vernis », a déclaré un Joaquin Phoenix visiblement surpris, chaussé de baskets en toile sur la scène. « Je reste sans voix. »

– Neflix bredouille –

L’Allemande Diane Kruger a remporté le Prix d’inteprétation féminine pour sa performance dans « In The Fade » du Germano-Turc Fatih Akin. Elle y incarne Katja, une femme allemande qui décide de se venger de terroristes néo-nazis qui ont tué dans un attentat son mari, un ancien trafiquant de drogue d’origine turque, et son fils de six ans.

Lynne Ramsay, réalisatrice britannique de « You were never really here », a elle partagé le Prix du scénario avec le Grec Yorgos Lanthimos (« La mise à mort du cerf sacré »).

Dans son thriller horrifique, le réalisateur grec met en scène Steven (Colin Farrell), un brillant chirurgien qui prend sous son aile un adolescent perturbé, dont le père est mort des années plus tôt sur sa table d’opération.

A noter parmi les grands perdants Netflix, pour la première fois en lice pour la Palme avec deux films, et dont la présence avait créé la polémique.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 21h09)

Cinéma : Michel Gohou et Digbeu Cravate, citoyens d’honneur du Gondwana

avril 5, 2017

Le duo Michel Gohou et Digbeu Cravate, derrière les lunettes de soleil. © cinedoc films

Hommes de main sans scrupule, toujours prêts à servir le plus offrant, dans « Bienvenue au Gondwana », Michel Gohou et Digbeu Cravate incarnent à l’écran un duo inquiétant et irrésistible qui accompagne étroitement les observateurs internationaux.

Si le duo ivoirien fonctionne si bien, c’est que les comiques se connaissent de longue date. Ils ont collaboré pour de nombreux sketchs et sont depuis peu les vice-présidents (avec Charlotte Ntamak) de Mamane pour son Parlement du rire sur Canal+ Afrique.

Le film ? « C’est un moyen de nous faire connaître dans le monde entier, assume Digbeu. Mais nous étions aussi fatigués de voir des acteurs qui imitent les Africains et parlent de nous sans connaître les réalités. » « Ce scénario nous a plu parce qu’il parle de sujets forts, enchaîne Gohou.

Le film va venir renforcer la popularité des comiques sur le continent.

De ces hommes politiques africains qui vantent leurs hôpitaux et vont se faire soigner en Europe, des gens qui n’arrivent pas à manger dans des pays pleins de richesses, de la Françafrique, dont on ne s’est toujours pas débarrassé… »

 

Le film va venir renforcer la popularité des comiques sur le continent. Anecdote croustillante, pendant le tournage, Gohou est amené à entrer dans un poste de police. Des passants qui assistaient à la scène, à Abidjan, ont cru qu’il était vraiment incarcéré et se sont massés devant le commissariat en scandant : « Libérez Gohou ! »

Jeuneafrique.com par

Cinéma: Pas facile de tourner une scène de sexe

novembre 15, 2016

 

Brad Pitt et Marion Cotillard ont dû préparer une chorégraphie en vue d’une scène de sexe torride pour le film «Alliés». Un travail plus sérieux qu’il n’y paraît.

 

 

Pour éviter de se sentir complètement ridicules devant les caméras, Brad Pitt et Marion Cotillard ont dû préparer une scène un peu particulière dans une fausse voiture pour les besoins du film «Alliés» – qui met en scène une résistante française et un officier américain spécialisé en espionnage. Il s’agit en fait d’une chorégraphie musclée censée simuler une scène de sexe torride entre les deux acteurs.

«Une fois la chorégraphie mise en place, cela vous donne une certaine liberté car vous n’avez plus à penser « Oh, qu’est-ce que je vais faire ensuite? Est-ce que je lui grimpe dessus? »», a expliqué Marion Cotillard à WENN. «C’est une situation trop bizarre. Avec Brad et le réalisateur Bob Zemeckis nous nous sommes assis dans une fausse voiture avec deux sièges et on a explosé de rire. Je crois qu’on avait besoin d’évacuer les sentiments de malaise. Une fois calmé, on a pu travailler: « Tu vas faire ça, ensuite je serai sur toi, et puis tu vas m’embrasser, etc ».»

Robert Zemeckis a admis de son côté qu’il était content d’avoir préparé la scène en avance et de ne pas avoir demandé à ses acteurs principaux de se lancer sans répétition.

«Chorégraphier ce genre de scène à l’avance est vraiment crucial. C’est exactement comme faire un numéro de danse. C’est une question de mouvement et de rythme. Tout ça devient une danse à la fin», a souligné Robert Zemeckis.

Le film sortira au cinémas le 23 novembre. (Le Matin)

Lematin.ch (Créé: 15.11.2016, 13h54)

Le film d’animation « Ma vie de Courgette » distingué à Francfort

octobre 19, 2016

 

« Ma vie de Courgette » a été primé à la foire du livre de Francfort en tant que meilleure adaptation cinématographique internationale 2016. L’œuvre d’animation du valaisan Claude Barras est inspiré du roman du Français Gilles Paris « Autobiographie d’une Courgette ».

L’Américain Tom Ford a pour sa part obtenu un prix pour son thriller « Nocturnal Animals », une adaptation du roman « Tony et Susan », de l’auteur américain Austin Wright, indique mercredi la Foire dans un communiqué.

Le directeur de la manifestation Juergen Boos explique que les deux réalisateurs ont su transmettre le message des écrivains de manière congénitale. Ils sont restés admirablement fidèles aux sentiments transmis dans les livres.

La date de la cérémonie de remise du prix sera connue ultérieurement. La Foire du livre de Francfort distribue le prix de la meilleure adaptation cinématographique internationale depuis 2004.

Plusieurs distinctions
Après avoir notamment cartonné au festival d’Annecy (F), reçu le prix du public en tant que meilleur film européen au Festival international du film de San Sebastian (E) et s’être fait remarquer à Cannes, « Ma vie de courgette » représente la Suisse dans la course aux Oscars. C’est en janvier 2017 que l’on saura si le film réalisé en »stop-motion » (image par image) figure dans la liste des nominés.

Cette œuvre raconte l’histoire d’un petit garçon, Courgette, envoyé dans un orphelinat après la perte de ses parents. Sa nouvelle vie se transforme en un parcours initiatique à la découverte du partage, de la camaraderie, de l’empathie, mais aussi du sentiment amoureux.

Romandie.com avec(ats / 19.10.2016 12h31)