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Prix Goncourt: les noms des quatre finalistes révélés

octobre 27, 2019

 

Les jurés, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust, ont annoncé le nom des écrivains qui figurent dans la sélection finale de la prestigieuse récompense littéraire.

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JOEL SAGET/AFP

Ils ne sont plus que quatre. Les jurés Goncourt, réunis à Cabourg à l’occasion du centenaire du prix remis à Marcel Proust pour A l’ombre des jeunes filles en fleurs, ont dévoilé ce dimanche 27 octobre leur troisième sélection. Cinq romans ont été écartés: Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur , P.O.L), Natacha Appanah (Le ciel par-dessus le toit , Gallimard), Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville-d’Avray , Arléa), Léonora Miano (Rouge impératrice , Grasset) et Hubert Mingarelli (La terre invisible , Buchet-Chastel).

Quatre auteurs concourent donc toujours pour le prix Goncourt. Parmi eux, Amélie Nothomb. Elle fait figure de favorite pour son roman paru chez Albin Michel, Soif dans lequel elle se glisse dans la peau du Christ. Serait-ce bientôt la consécration? Il y a tout juste vingt ans, l’auteur recevait le Grand prix du roman de l’Académie française pour son roman Stupeur et tremblements. En 2007, elle recevait le prix de Flore pour Ni d’Eve ni d’Adam. Et en 2008, le grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son oeuvre.

Autre favori, Jean-Paul Dubois pour son livre Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier). Olivier Rolin est lui aussi en lice avec son roman Extérieur monde, publié chez Gallimard. Enfin, Jean-Luc Coatalem avec La part du fils (Stock) est également dans la course alors qu’il figure sur la deuxième liste du prix Renaudot.

Qui succédera donc à Nicolas Mathieu lauréat l’an passé avec Leurs enfants après eux, (Actes Sud)? Verdict le 4 novembre. Une chose est certaine: les éditions Grasset et P.O.L ne décrocheront pas le Goncourt cette année.

L’écrivain Santiago H. Amigorena reste dans la course pour le Médicis, le Renaudot et le prix Décembre. Tandis que Natacha Appanah figure sur la deuxième liste du Prix Renaudot. Barbéris, quant à elle, est toujours en lice pour le prix Femina.

Le Figaro.fr par Alice Develey et Claire Conruyt

Prix Nobel alternatif de Littérature: Maryse Condé parmi les finalistes

septembre 3, 2018

 

Maryse Condé chez elle à Paris, en 2015. © Jacques Torregano pour JA.

L’écrivaine guadeloupéenne se dit très étonnée d’avoir été sélectionnée par cette institution éphémère, édifiée par des intellectuels suédois.

Pas de Prix Nobel de Littérature cette année. Mais Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne dont l’œuvre dessine avec brio les contours du monde noir, peut encore espérer une consécration d’envergure internationale. Ceci dit, elle sera d’un tout autre genre.

Et pour cause, l’académie suédoise, entachée par un scandale sexuel, depuis novembre 2017, ayant provoqué la défection de dix de ses sages sur dix-huit ainsi que le report du Prix Nobel à l’année 2019, a vu la création d’une Nouvelle Académie par des intellectuels suédois. Ces derniers ont mis sur pied le Prix Nobel alternatif de Littérature. « La Nouvelle Académie a été fondée afin de garantir qu’un prix littéraire international soit bien décerné en 2018, mais aussi rappeler que la littérature ne va pas sans démocratie, ouverture, bienveillance et respect », peut-on lire sur le site de l’institution alternative.

Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde

Les libraires suédois ont ainsi été invités à soumettre le nom d’auteurs qui mériteraient, selon eux, de remporter ce Graal 2.0 avant le 8 juillet. Résultat des courses : quarante-sept auteurs ont été sélectionnés avant que ce panel ne soit soumis aux votes des internautes du monde entier entre le 10 juillet et le 14 août derniers. Et l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, fait partie des quatre derniers auteurs en lice (citons le Japonais Haruki Murakami, la Vietnamienne Kim Thuy et le Britannique Neil Gaiman).

« Étonnée »

« Maryse Condé est l’une des plus importantes auteures francophones. Son œuvre a eu une influence significative dans les Caraïbes et sur le continent africain. Elle n’a eu de cesse de démontrer comment le colonialisme a transformé le monde, et comment ceux qui en ont souffert s’attelle à se réapproprier leur héritage », rappelle la Nouvelle Académie qui sera dissoute en décembre après qu’un jury composé d’experts (professeurs de littérature, éditeurs, etc.) statue le 12 octobre prochain.

« Je suis très heureuse de compter parmi les finalistes mais toute de même très étonnée », réagit Maryse Condé auprès de Jeune Afrique. « En France, je n’ai jamais eu le sentiment que l’on écoutait vraiment ce que j’avais à dire. Je suis habituée à être un peu marginalisée. Aussi, cela m’étonne que ce soit un pays tel que la Suède, un pays voisin de la France, qui estime que ce que je suis et ce que je dis est important. Si je remporte ce prix, je ne manquerai de remercier le peuple qui m’a toujours soutenu. Je parle de mes frères et sœurs de Guadeloupe. »

Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente

De Moi, Tituba, sorcière noire de Salem à l’épopée Ségou, de La Vie Scélérate à La Migration des Cœurs, Maryse Condé est définitivement l’une des écrivaines majeures de la littérature des Caraïbes et d’Afrique. Et que dire des différents témoignages de son existence que sont Victoire, les saveurs et les mots, La Vie Sans Fards ou Mets et Merveilles. La romancière de 81 ans y dépeint son existence au gré d’une écriture limpide et terriblement franche. Son dernier roman, Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, paru l’an dernier, rappelait que celle qui ne veut plus écrire garde un œil sur l’actualité. « Mon esprit reste au milieu des préoccupations du monde. Je suis à la fois recluse et présente », confiait-elle alors à JA, à l’occasion de la parution de ce dernier roman.

Si, depuis ses débuts en littérature, à l’âge de 40 ans, l’ancienne professeure de français à l’Université Columbia a remporté de nombreux prix (Prix de l’Académie française pour La Vie Scélérate, Prix Carbet de la Caraïbe pour Desirada, Grand Prix du Roman métis pour En attendant la montée des eaux, pour n’en citer qu’une infime partie), on ne peut que lui souhaiter ce Prix Nobel alternatif de Littérature, qu’elle mérite amplement.

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