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Cop 26 : 150 millions de dollars pour le bassin du Congo

octobre 30, 2021
Collectif de ministres de l'Environnement et de chercheurs pour la défense du bassin du Congo

Le parc national d’Odzala-Kokoua, dans la région de la Cuvette-Ouest, dans le nord-ouest de la République du Congo. © Education Images/Universal Images Group via Getty Images

Deuxième « poumon du monde », le bassin du Congo pourrait être un allié de poids dans la lutte contre le réchauffement climatique. À condition que sa sauvegarde devienne une priorité à la fois pour les responsables politiques, les scientifiques et les bailleurs de fonds.

La deuxième plus grande étendue de forêt tropicale de la planète se trouve en Afrique centrale, dans le bassin du Congo. Il assure la subsistance de quelque 80 millions d’habitants dans la région et les précipitations que ses forêts génèrent, jusqu’au Sahel et sur les hautes plateaux éthiopiens, font en outre vivre plus de 300 millions d’Africains ruraux. Ces forêts, qui abritent différentes espèces animales, dont les éléphants de forêt, les gorilles des plaines, les chimpanzés et les bonobos, jouent également un rôle essentiel dans la régulation du climat de la planète.

Mal loti

La pérennité de tels services vitaux, tant pour l’homme que pour la planète, n’est pas garantie, eu égard au changement climatique rapide et au développement en cours dans la région. La capacité de la forêt tropicale à absorber du dioxyde de carbone diminue à mesure que les températures augmentent. Bien qu’elle soit plus lente qu’ailleurs sous les tropiques au cours des dernières décennies, la déforestation a entraîné la perte de plus de 500 000 hectares de forêt primaires rien qu’en 2019. Un phénomène appelé à s’intensifier si rien n’est fait, si de nouvelles politiques ne sont pas envisagées.

Pourtant, les forêts tropicales d’Afrique centrale mobilisent beaucoup moins l’attention des milieux scientifiques et des pouvoirs publics que celles d’Amazonie et d’Asie du Sud-Est. Ainsi, entre 2008 et 2017, le bassin du Congo n’a reçu que 11 % des flux financiers internationaux destinés à la protection et à la gestion durable des forêts dans les zones tropicales, contre 55 % pour l’Asie du Sud-Est et 34 % pour l’Amazonie.

Même comparé au reste du continent, le bassin du Congo apparaît lésé. Un exemple :  financé par le Royaume-Uni,  le Future Climate for Africa (FCFA) a investi 20 millions de livres sterling (27 millions de dollars américains) dans la modélisation panafricaine et dans quatre projets axés sur l’Afrique orientale, occidentale et australe. Rien dans le bassin du Congo ou en Afrique centrale.

ENTRE 2008 ET 2017, LE BASSIN DU CONGO N’A REÇU QUE 11 % DES FLUX FINANCIERS INTERNATIONAUX DESTINÉS À LA PROTECTION DES FORÊTS DANS LES ZONES TROPICALES

Les répercussions de cette négligence sont visibles dans la sixième évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2021 : l’Afrique centrale était l’une des deux seules régions du monde (avec la pointe sud de l’Amérique du Sud) à ne pas disposer de données suffisantes permettant aux experts d’évaluer, dans son rapport 2021, les tendances passées en matière de chaleur extrême.

L’exemple brésilien

Nous sommes un groupe de ministres responsables des forêts de la région et de scientifiques évoluant sur le terrain et qui conseillent les gouvernements. Ensemble, nous appelons à une initiative pour la science du climat dans le bassin du Congo. Elle comprendrait un programme de recherche évalué à 100 millions de dollars d’une durée de dix ans, lié à un fonds distinct de 50 millions de dollars destinés à former des ressortissants du bassin du Congo en vue de l’obtention d’un doctorat scientifique. Un tel financement transformerait notre compréhension de ces forêts majestueuses, fournissant une contribution cruciale aux décideurs politiques pour les aider à adopter des politiques visant à contrer les crises environnementales imminentes de la région.

Il existe un précédent. Au milieu des années 1990, la recherche sur les forêts tropicales de la région amazonienne était limitée et essentiellement menée par des scientifiques étrangers. Officiellement lancé en 1998 et dirigé par des Brésiliens, le programme d’expérimentation biosphère-atmosphère à grande échelle en Amazonie, connu sous le nom de LBA, a représenté un effort de 100 millions de dollars pour dix ans. Il a révolutionné la compréhension de la forêt amazonienne et de son rôle dans le système terrestre.

Le LBA a nécessité six années de mesures intensives et a couvert la climatologie, l’hydrologie, l’écologie et la biogéochimie sur une superficie de 550 millions d’hectares. Il comprenait 120 projets et 1 700 participants, dont 990 Brésiliens. L’un de ses plus grands héritages a été la création d’une nouvelle génération de chercheurs brésiliens. Deux décennies plus tard, le Brésil est désormais largement reconnu comme le premier pays au monde pour la surveillance des forêts tropicales et est à la pointe de la science des forêts tropicales.

En terre inconnue

À cheval sur huit nations, le grand bassin du Congo couvre quelque 240 millions d’hectares de forêts contiguës. Le simple fait d’échantillonner cette vaste région relève de la gageure. Y accéder nécessite souvent des journées de voyage en pirogue et de longues randonnées à travers la jungle humide, rythmées par la pataugeoire dans les marécages. À cela s’ajoute un préjugé omniprésent : travailler dans la région du bassin du Congo est périlleux, face aux risques d’instabilité politique, de maladies inconnues ou d’animaux dangereux. En réalité, sur une large partie de l’Afrique centrale, les risques sont similaires à ceux de la forêt amazonienne ou des écosystèmes de savane d’Afrique de l’Est.

Ces différents défis peuvent être surmontés. Coécrits par plusieurs d’entre nous, des articles publiés ces dernières années soulignent à quel point la région est importante et peu étudiée. En 2017, le plus grand complexe de tourbières tropicales au monde, d’une superficie de 14,6 millions d’hectares au cœur du bassin du Congo, a été cartographié pour la première fois. Ce travail a radicalement changé notre compréhension des réserves de carbone dans la région. En mars 2020, un consortium international a montré que les forêts tropicales humides d’Afrique absorbent chaque année la même quantité de carbone que celle émise chaque année par l’utilisation de combustibles fossiles sur l’ensemble du continent africain dans les années 2010.

LES FORÊTS TROPICALES DU BASSIN DU CONGO SERAIENT PLUS EFFICACES POUR RALENTIR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE QUE CELLES D’AMAZONIE

En décembre 2020, il a été démontré qu’une baisse drastique de 81 % de la production fruitière pendant trois décennies dans une zone forestière du Gabon coïncidait avec le réchauffement climatique et s’accompagnait d’une diminution de 11 % des éléphants de forêt, en partie tributaires de ces fruits pour leur alimentation. Et en avril, la première évaluation régionale de la composition des communautés d’arbres en Afrique centrale a été publiée, étude qui cartographiait les zones vulnérables au changement climatique et aux pressions humaines.

Dans l’ensemble, les données étonnamment récentes (bien que quelque peu limitées) suggèrent que les forêts tropicales du bassin du Congo sont plus denses en carbone, plus efficaces pour ralentir le changement climatique et résister à ses effets que les forêts tropicales amazoniennes. Mais nous ignorons comment les sécheresses croissantes, les températures plus élevées, l’exploitation forestière sélective et la déforestation pourraient interagir – une équation à plusieurs inconnues qui comprend la possibilité d’une réduction des précipitations dans le Sahel et les hauts plateaux éthiopiens. Il y a quelque 2 500 ans, de vastes étendues de forêts du bassin ont été perdues pendant une période de stress climatique. Les chercheurs ne sont toujours pas parvenus à expliquer cet événement, ni à évaluer la probabilité de sa répétition.

On sait peu de choses sur la région car la science est insuffisante en Afrique centrale. Curieusement, les chercheurs ne comprennent toujours pas les principes de base expliquant pourquoi différents types de forêts se retrouvent là où ils sont dans le bassin du Congo. Les modèles climatiques pour cette région sont médiocres, en raison non seulement de l’interaction complexe des influences des océans Atlantique, Indien et Austral mais aussi du manque de données climatiques locales. Sans plus de données et plus de spécialistes, il est impossible de faire des prévisions fiables des réponses de ces forêts aux changements du climat et de l’utilisation des terres.

Enthousiasme, financement et leadership

Il est urgent d’investir dans la science fondamentale pour combler ces lacunes. Une initiative scientifique sur le climat du bassin du Congo devrait se concentrer sur trois problématiques essentielles : comment le bassin du Congo fonctionne-t-il actuellement en tant que système intégré ? Comment les changements en matière d’utilisation des terres et de climat affecteront-ils sa fonction ? Dans quelle mesure les différentes options de développement sont-elles durables ?

Ces thématiques soulèvent des questions plus spécifiques auxquelles les politiques devront répondre, en particulier si les pays ambitionnent d’atteindre l’objectif de zéro émission de dioxyde de carbone à l’horizon 2050. Parmi ces questions, la quantité de carbone stockée dans la végétation et les sols. Ces quantités et d’autres doivent être déclarées, conformément aux engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat de 2015. À l’heure actuelle, la plupart des pays d’Afrique centrale s’appuient sur des valeurs par défaut, qui pourraient se révéler très fausses. Selon un récent article sur les forêts de montagnes africaines très proches des bords du bassin, par exemple, les valeurs de stockage de carbone mesurées étaient 67 % plus élevées que les valeurs par défaut.

UNE INITIATIVE SCIENTIFIQUE NE FONCTIONNERA QUE SI ELLE RENCONTRE L’ENTHOUSIASME DES CHERCHEURS ET LE SOUTIEN ACTIF DES PAYS CLÉS DU BASSIN DU CONGO

Une initiative scientifique ne fonctionnera que si elle rencontre l’enthousiasme des chercheurs, si ces derniers font preuve de leadership et si elle bénéficie du soutien actif des pays clés du bassin du Congo, ainsi que de l’adhésion des bailleurs de fonds. Nous envisageons trois étapes pour atteindre ces objectifs.

Premièrement, les scientifiques de la région du Congo devraient organiser un atelier avec les architectes et les participants du LBA pour évaluer les leçons de la région amazonienne. Cette coopération sud-sud construirait un cadre dirigé par des scientifiques pour répondre aux questions de recherche cruciales.

Deuxièmement, une réunion de responsables politiques et de conseillers de la région faciliterait les discussions sur les questions politiques pertinentes que les scientifiques pourraient étudier. Celle-ci serait dirigée par le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon et la République du Congo – les quatre nations menant le plus de recherches dans la région. La réunion aiderait à obtenir le soutien politique des ministères responsables des forêts, de l’environnement, de l’eau, du climat, des sciences et des universités.

Troisièmement, les partenaires devront développer un programme scientifique global acceptable pour les bailleurs de fonds. Un tel programme inclurait probablement l’intensification de nombreux efforts déjà en cours, mais dont la portée est actuellement insuffisante ou dont le financement n’est pas fiable. Cela accélérerait les progrès scientifiques.

Par exemple, une poignée de sites de terrain établis existent déjà dans le bassin du grand Congo, notamment dans le parc national de la Lopé, au Gabon, et dans la réserve de biosphère de Yangambi, en République démocratique du Congo. Ces « super-sites » sont des stations de terrain sophistiquées avec du personnel à temps plein qui collecte des ensembles de données fiables et sur le long terme concernant la végétation, les animaux et l’environnement physique, voire les flux de gaz à effet de serre à Yangambi. Mais les sites sont trop peu nombreux, et ils s’appuient sur les efforts héroïques des champions locaux. Il devrait y avoir une douzaine d’emplacements dans toute la région, avec un financement cohérent pour soutenir des projets de recherche complexes.

De même, le Réseau d’observation des forêts tropicales humides africaines (Afritron), créé en 2009, suit chaque arbre dans des parcelles d’échantillonnage permanentes pour estimer le bilan carbone des forêts non perturbées. Bien que cet observatoire soit passé de ses 40 sites d’origine en Afrique centrale à plus de 200 aujourd’hui, ceux-ci ne couvrent que 250 hectares sur un total d’environ 240 millions d’hectares. Il s’agit d’un échantillonnage très clairsemé à partir duquel tirer des conclusions régionales.

Nouvelles opportunités

Pendant ce temps, le Forest Global Earth Observatory (Forestgeo), créé en 1990 pour comprendre comment les forêts tropicales maintiennent un nombre aussi diversifié d’espèces d’arbres, n’a établi que quatre sites en Afrique centrale en trente ans, dont aucun au centre du bassin. Il y a un besoin évident d’expansion.

Enfin, la campagne de terrain aéroportée AfriSAR 2016, une collaboration entre la National Aeronautics and Space Administration (Nasa), l’Agence spatiale européenne et l’Agence gabonaise d’études et d’observation spatiales, a montré comment combiner différents ensembles de données pour cartographier soigneusement les types de forêts et leurs stocks de carbone dans le parc national de la Lopé au Gabon. Ce modèle pourrait être reproduit ailleurs dans le bassin.

 CENT MILLIONS DE DOLLARS ASSURERAIENT LE CHANGEMENT RADICAL NÉCESSAIRE À LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET OFFRIRAIENT DES OPPORTUNITÉS AUX JEUNES AFRICAINS

Tous ces travaux nécessiteront de lier théorie, observations, expérimentations et modélisations. Il devrait attirer une diversité d’experts internationaux de premier plan pour se concentrer sur l’Afrique et fournir une formation aux ressortissants du bassin du Congo. Un programme de recherche de 100 millions de dollars offrirait de nouvelles opportunités et des options de carrière indispensables aux scientifiques africains. L’investissement lié de 50 millions de dollars, axé sur le développement des talents, pourrait produire environ 200 doctorats décernés par les principales universités du monde entier. Cela créerait une nouvelle génération de scientifiques, y compris de futurs dirigeants, en Afrique centrale. Le programme de formation assurerait le changement radical nécessaire à la capacité scientifique et offrirait des opportunités aux jeunes chercheurs africains qui ont actuellement du mal à concourir pour des bourses internationales, lesquelles sont souvent remportées par des étudiants d’Asie ou d’Amérique du Sud.

L’argent bien dépensé

Ce programme scientifique de 150 millions de dollars sur une durée de dix ans a besoin d’investisseurs. On pourrait envisager de combiner les fonds des gouvernements qui ont fait d’importants investissements forestiers et scientifiques dans le bassin du Congo par le passé, notamment la Belgique, la France, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne. Les alternatives incluent les agences des Nations unies, les fonds internationaux pour le climat et les organisations philanthropiques privées.

Un tel programme devrait figurer parmi les priorités des bailleurs de fonds, compte tenu des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Ceux-ci incluent le renforcement des capacités pour une planification et une gestion efficaces liées au changement climatique (ODD13), l’augmentation des ressources financières pour conserver et utiliser de manière durable la biodiversité et les écosystèmes (ODD15), l’augmentation du nombre de chercheurs dans les pays à faible revenu et l’augmentation de la recherche et du développement (R&D).

Le financement mondial de la R&D s’élevait à 2 200 milliards de dollars en 2019. Ainsi, investir 150 millions de dollars sur une décennie pour mieux comprendre et protéger la deuxième plus grande étendue de forêt tropicale au monde est modeste. Par comparaison, le coût total prévu par le gouvernement américain pour le projet du génome humain était de 2,7 milliards de dollars, et l’Agence spatiale européenne dépense environ 500 millions de dollars pour ses satellites scientifiques plus grands et durables. Les 100 millions de dollars que la LBA a apportés à l’Amazonie dans les années 1990 équivalent actuellement à environ 160 millions de dollars.

Autonomiser les populations locales

L’investissement dans la science sera rentabilisé plusieurs fois. Considérez simplement le rôle des forêts en tant que réservoirs de maladies zoonotiques. Une meilleure gestion des forêts réduit le risque d’épidémies, sans parler de pandémies. Certains pourraient objecter que les interventions directes dans l’aide au développement sont plus urgentes que l’investissement dans la science climatique et écologique. Cependant, ces fonds sont généralement indépendants et ne se font pas concurrence. En outre, la vieille formule « mettre fin à la pauvreté » ou « protéger l’environnement » ne s’appliquent plus : les Africains souffriront de manière disproportionnée si les températures ne sont pas limitées conformément à l’accord de Paris. Cela doit inclure la protection des forêts du bassin du Congo.

Des efforts supplémentaires pourraient aider à soutenir les objectifs du programme scientifique du bassin du Congo. Il y a notamment un manque de modèles économiques qui montrent comment les forêts sur pied peuvent devenir plus précieuses que les paysages convertis. Leur développement soutiendrait les décisions politiques visant à maintenir le couvert forestier.

Plusieurs efforts sont également en cours pour améliorer la gestion des forêts qui visent à autonomiser les populations locales, à augmenter les revenus et à protéger l’environnement. Il s’agit notamment du transfert des décisions de gestion des terres aux populations locales, par exemple par le biais de la foresterie communautaire, et de la création de produits finaux à haute valeur ajoutée à partir d’une exploitation forestière sélective plutôt que de dépendre de l’exportation de bois brut non transformé. Une nouvelle initiative scientifique pourrait évaluer diverses approches pour comprendre ce qui fonctionne le mieux.

Nous savons si peu de choses sur les forêts majestueuses d’Afrique centrale. Une initiative sur la science du climat du bassin du Congo réduirait notre ignorance collective. Le manque d’investissement est l’obstacle à la sauvegarde de ces précieux écosystèmes. Surmontez cela et l’avenir du deuxième « grand poumon vert » de la Terre sera plus radieux.

Liste complète des signataires

Lee J. T. White, ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan Climat et du Plan d’affectation des terres, Gabon. Eve Bazaiba Masudi, ministre de l’Environnement et du Développement durable, République démocratique du Congo. Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune sauvage, Cameroun. Pierre Hélé, ministre de l’Environnent, de la Protection de la Nature et du Développement durable, Cameroun. Arlette Soudan-Nonault, ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, République du Congo. Rosalie Matondo, ministre de l’Economie forestière, République du Congo. Ifo Suspense Averti, professeur-assistant, Université-Marien-Ngouabi, République du Congo. Corneille E.N. Ewango, professeur, Université de Kisangani, République démocratique du Congo. Alfred Ngomanda, directeur du Centre national de la recherche scientifique et technologique (Cenarest), Gabon. Bonaventure Sonké, Professeur, Université de Yaoundé I, Cameroun. Simon L. Lewis, professeur, University College London and University of Leeds, Royaume-Uni.

Avec Jeune Afrique par Collectif de ministres de l’Environnement et de chercheurs pour la défense du bassin du Congo

Canada: Journée de fermeture pour 500 organismes communautaires du Québec

octobre 25, 2021

MONTRÉAL — Se disant à bout de souffle, plus de 500 organismes communautaires de partout au Québec seront fermés lundi, dans l’espoir d’alerter les élus sur leurs besoins.

© Fournis par La Presse Canadienne

Cette journée est la première d’une série d’actions et de fermetures ponctuelles pour les organismes, qui doivent culminer en une vague de grèves, de fermetures et d’interruptions d’activités lors de la semaine du 20 février 2022.

Les organismes dénoncent ce qu’ils qualifient de «long historique de sous-financement chronique, de mauvaises conditions de travail et d’atteintes à leur autonomie».

Par communiqué, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome se dit choqué qu’aucune mention du milieu communautaire n’ait été faite dans le discours inaugural du premier ministre François Legault mardi dernier.

Au lendemain de ce discours, à l’initiative du gouvernement, une motion a été adoptée visant à reconnaître l’apport de l’ensemble des organismes communautaires autonomes à la transformation sociale et économique du Québec, mais le réseau souhaite voir des actions concrètes.

« Le gouvernement de la CAQ s’était engagé lors des dernières élections à mieux soutenir les organismes, mais nous attendons toujours. Nous sommes un maillon essentiel du filet social. La journée d’aujourd’hui représente un premier coup de sifflet pour la CAQ et annonce une série de fermetures et d’actions qui s’échelonneront jusqu’à l’adoption du prochain budget», a indiqué la coordonnatrice du Réseau québécois de l’action communautaire autonome Caroline Toupin.

Les organismes d’action communautaire autonome demandent le respect de leur autonomie, un investissement supplémentaire récurrent et indexé de 460 millions $ pour financer adéquatement la réalisation de leur mission d’ici le budget 2022, ainsi que des gestes concrets pour la justice sociale.

Avec La Presse Canadienne

Mode congolaise : Le manque de formation qualifiante freine le développement de ce secteur

décembre 4, 2020



Le manque de formation qualifiante constitue un frein au développement de la mode congolaise, car c’est en se formant que les jeunes peuvent se perfectionner, a fait savoir, le 2 décembre à Brazzaville, la styliste et fondatrice de la marque ‘’Néné ngala business’’ (NNB), Mme Néné Ngala Mbea Oko.

Outre la formation, le manque d’accompagnement financier et de structures pouvant aider les jeunes stylistes ne favorise pas la mise en valeur du génie des stylistes et designers congolais, a-t-elle dit au cours d’une interview exclusive accordée à l’Agence congolaise d’information (Aci), prélude à la 3ème édition de la ‘’Black fashion night’’.

«Il n’y a pas d’accompagnement au Congo. Si je me suis développée, c’est parce que j’ai évolué dans d’autres pays, et j’ai eu quelques aides qui m’ont permis de me former. Il faut que l’État nous aide», a-t-elle fait savoir. Ainsi, elle a souligné la détermination des jeunes dans la mode, malgré le travail qui reste encore à faire par rapport à l’évolution du métier dans d’autres pays africains. «Je me rends compte que les gens sont fainéants au Congo. Ils se lancent dans la couture juste pour avoir de quoi manger et il leur manque la passion», a fait constater Mme Mbea Oko.

«Il faut qu’on donne à la jeunesse congolaise l’envie d’entreprendre»

Parlant de l’entrepreneuriat, elle a suggéré aux autorités de donner à la jeunesse l’envie d’entreprendre, car ce sont les entreprises privées qui contribuent au développement d’un pays. «Il faut qu’on donne à la jeunesse l’envie d’entreprendre en améliorant les conditions, à savoir l’amélioration du climat des affaires et l’accompagnement financier, parce que les jeunes ont peur d’entreprendre», a signifié la styliste.


Reconnaissant la place du Congo dans la ‘’sapologie’’ au niveau mondial, elle a déploré le fait que les congolais plébiscitent d’autres stylistes qui sont déjà connus. A son avis, pour que les créations locales soient davantage connues au niveau mondial, il est nécessaire que les stylistes congolais améliorent leurs collections pour inciter les ‘’sapeurs’’ du pays à les promouvoir.

«J’ai fait un sondage pour chercher à savoir pourquoi les Européens ne mettent pas souvent le pagne. Ils m’ont fait comprendre que nos pagnes sont souvent trop colorés. Pour eux, ces pagnes sont très jolis pour les Africains. Après cela, j’ai trouvé mon style qui se base sur les mélanges de tissus et de pagnes, car c’est ce qui les intéresse», a-t-elle confié.

De son côté, le responsable de la boutique d’habillement ‘’Homme’’ et créateur de la marque ‘’Mobali’’, M. Olivier Caspar, envisage de faire de sa marque typiquement congolais une référence africaine. A propos de la ‘’Sape’’, il a reconnu la place du Congo au niveau international. «Je trouve que les sapeurs de Brazzaville sont plus classe que ceux de Paris», a-t-il dit.

Les défis à relever

Pour que les stylistes, designers et couturiers congolais parviennent à faire des collections de haute gamme, il est nécessaire que les gouvernants les accompagnent. «Il y a beaucoup de choses à revoir. Il y a un désespoir chez les jeunes. Les gouvernants doivent se rendre compte que la jeunesse est en perte de vitesse», a fait entendre Mme Mbea Oko.

Vue d’un mannequin.

Ainsi, pour permettre le rayonnement de la mode congolaise au niveau international, elle envisage de doter le pays d’un grand centre de formation des métiers de la mode, d’où sortiront des stylistes qualifiés. «J’aimerais avoir un jour une grande structure pour former les jeunes parce que ce sont les enfants qui m’intéressent le plus, car lorsque j’apprenais la couture, il y avait beaucoup d’enfants et j’avais remarqué que ces derniers avaient du génie», a-t-elle dit.

Pour y parvenir, Mme Mbea Oko a appelé les autorités à créer des usines de fabrication de tissus au Congo pour faciliter le travail des artisans de la mode. Selon elle, parmi les obstacles, il y a également le manque d’électricité stable qui ne permet pas à ces stylistes de travailler avec des machines modernes.

«Jusqu’à aujourd’hui, les couturiers utilisent  des machines archaïques. C’est ce qui fait que nos enfants ne décollent pas, alors que de l’autre côté, les choses changent au fil des années», a-t-elle conclu.

Quant au président fondateur de ‘’Lyon Dynasta Agency’’, M. Lionel Djimbi, il a fait savoir que la mission de son agence est d’être, dans les jours à venir, l’une des entreprises qui va redorer la culture locale, en mettant en valeur les stylistes, les mannequins et les designers congolais. «Au Congo, on fera toujours quelque chose de grand», a-t-il souligné.

Avec Sacer-Congo par Stany Fracnk et (ACI/Grace Dinzebi)

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

novembre 23, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors normes, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

23 novembre* : Le procès de Nicolas Sarkozy débute et durera jusqu’au 10 décembre. Jugé pour « corruption » et « trafic d’influence », l’ancien chef de l’État risque une peine de dix ans de prison et une amende de un million d’euros.

11 novembre 2020 : Dans un revirement spectaculaire, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takkiedine revient sur ses accusations dans une interview accordée à BFM TV et Paris Match : « Je confirme que ceci n’est pas vrai. [Nicolas] Sarkozy n’a pas eu de financement libyen pour la campagne présidentielle. [Mouammar] Kadhafi ne pouvait le faire parce qu’il ne le faisait jamais. »

« Depuis sept ans et demi, l’instruction n’a pas découvert la moindre preuve d’un quelconque financement illicite. L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m’a remis d’argent, jamais il n’y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 », a réagi de son côté l’ancien président français.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux, l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée. »

24 septembre 2020 : Rejet par la cour d’appel de Paris de la majorité des recours déposés par Nicolas Sarkozy, ses ministres Claude Guéant, Éric Woerth, Brice Hortefeux, et l’intermédiaire Alexandre Djouhri. Ils contestaient la validité de l’enquête sur les soupçons de financement de sa campagne par la Libye. Seul le motif de violation du code électoral a été partiellement annulé. Cela relance l’essentiel des investigations lancées huit ans plus tôt. Les protagonistes se sont pourvus en cassation.

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri pour neuf chefs d’accusation, dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

*Cet article a initialement été publié le 24 octobre 2020. Nous le publions à nouveau à l’occasion de l’ouverture du procès.

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

octobre 24, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. JA résume une affaire aux multiples rebondissements et qui dure depuis presque dix ans.

C’est le dernier épisode en date d’une saga qui dure depuis près de dix ans : le 16 octobre, l’ex-président français Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors-norme, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

17 mars-15 avril 2021 : Dates prévues du procès de Nicolas Sarkozy pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Dans le cadre de l’affaire dite Bygmalion, il lui est reproché d’avoir plus que doublé le plafond des dépenses de campagne autorisées, par un système de double comptabilité et de fausses factures via des meetings organisés par le prestataire Bygmalion. Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir engagé des dépenses supplémentaires en réclamant de nouveaux meetings alors que son budget avait déjà dépassé les limites.

23 novembre-10 décembre 2020 : Date prévue du procès des « écoutes » dans lequel Nicolas Sarkozy doit comparaître avec son avocat, Thierry Herzog.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée ».

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant par le tribunal correctionnel de Paris. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri, pour neuf chefs d’accusation dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

Canada-Québec: Cri du cœur pour sauver neuf églises dans la MRC des Chenaux

juin 25, 2020

Une campagne de financement sera lancée d’ici quelques jours pour soutenir les neuf églises de deux paroisses dans la MRC des Chenaux.
© FRANÇOIS GERVAIS Une campagne de financement sera lancée d’ici quelques jours pour soutenir les neuf églises de deux paroisses dans la MRC des Chenaux.
SAINTE-GENEVIÈVE-DE-BATISCAN — La santé financière des églises de la région n’était déjà pas très reluisante avant le début de la pandémie de COVID-19. Avec le confinement des derniers mois, la situation est devenue encore plus alarmante. C’est pourquoi les paroisses de Sainte-Élizabeth et de Saint-Laurent-de-la-Moraine, qui regroupent neuf municipalités de la MRC des Chenaux et autant d’églises, lancent un appel à l’aide aux citoyens pour tenter de les sauver.«Depuis le 13 mars, il n’y a aucun revenu qui rentre. La campagne annuelle (dîme, contribution volontaire ou capitation) a été annulée, puisque la plupart de nos bénévoles ont plus de 70 ans. Les quêtes le dimanche ou lors des funérailles, il n’y en a plus», résume René Beaudoin, historien et président d’assemblée des deux Fabriques.

Quant aux revenus qu’apportent les baptêmes et les mariages, il faut aussi faire une croix dessus: nombreuses sont les cérémonies religieuses qui ont été annulées ou reportées à l’an prochain en raison de l’interdiction des rassemblements intérieurs et extérieurs.

Les Fabriques ont bénéficié de la prestation canadienne d’urgence (PCU) pour payer les quelques employés mis au banc en attendant qu’un semblant de vie normale reprenne. Mais cette aide gouvernementale ne permettra pas de chauffer les églises, de les éclairer et d’en payer les assurances, ce qui coûte en moyenne 30 000 $ annuellement, par bâtiment.

Résultat: les caisses sont vides et le président d’assemblée ne voit pas comment les neuf églises pourront payer des frais qu’il leur était déjà difficile d’assumer en temps normal. Or, sachant que la situation financière de nombreuses églises était déjà problématique, René Beaudoin estime que cette nouvelle tuile qui leur tombe dessus raccourcit nettement leur espérance de vie.

«Avant la pandémie, la perspective était de trois à cinq ans pendant lesquels on n’aurait pas à s’inquiéter, avec ce qu’on avait comme argent et comme perspectives de dons. Mais là, c’est réduit de un à cinq ans», prévient-il.

Pour tenter de sauver les meubles, les deux Fabriques lanceront sous peu la campagne de financement Adoptez une église. Les résidents de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Saint-Prosper, Saint-Stanislas, Batiscan, Champlain, Saint-Luc-de-Vincennes, Saint-Maurice et Saint-Narcisse recevront donc sous peu une lettre par la poste pour participer à cette campagne.

«On n’a pas fixé d’objectif pour chacune des communautés. Ce qu’on espère, c’est aller chercher au moins le même montant que les années précédentes, soit 15 000 à 25 000 $ par communauté. Ce dont on rêve, c’est d’avoir assez pour payer les frais fixes, qui varient entre 30 000 $ et 49 000 $ par communauté», indique M. Beaudoin.

René Beaudoin

© OLIVIER CROTEAU René Beaudoin
Il sera possible de retourner un chèque aux Fabriques par la poste, de le déposer dans une enveloppe au presbytère de chaque municipalité ou encore de faire un don par virement bancaire en ligne.Choix difficiles en vue

Même si cette campagne devait permettre aux églises de payer leurs frais fixes cette année, René Beaudoin ne se fait pas d’illusions sur l’avenir de plusieurs d’entre elles. Il enjoint à nouveau aux Fabriques de constituer des comités chargés de penser à leur futur. Est-il possible de conserver la vocation religieuse de leur lieu de culte ou doivent-ils plutôt lui trouver une nouvelle fonction, quitte à le vendre?

«Il faut arriver à enlever nos lunettes roses et vraiment regarder la réalité en face. Il y a des paroisses qui ont dit au Diocèse: “on n’a pas de problème, on a de l’argent dans des placements qu’on peut aller chercher”. Mais en allant chercher de l’argent dans la réserve, ça n’assure pas la longévité», prévient-il.

L’historien suggère aux communautés de penser plus tôt que tard à des alternatives qui permettraient de préserver le bâtiment, même si c’est pour être vendu à un propriétaire privé ou à une Municipalité.

«La pandémie risque d’accélérer les fermetures d’églises. Et pour celles qui ont des projets pour céder l’église, en attendant que ça se concrétise, il faut quand même payer les factures pour que la bâtisse ne se détériore pas parce qu’elle n’est pas chauffée pendant l’hiver. Si la collectivité ne contribue pas financièrement dans l’immédiat, c’est sûr que ça hypothèque des projets», affirme M. Beaudoin.

Initiative reportée

Une journée de réflexion sur l’avenir des églises en Mauricie avait eu lieu en novembre dernier, à Trois-Rivières. Une centaine de participants avaient alors pu entendre des présentations de divers intervenants sur la situation du patrimoine religieux et avaient participé à un atelier de type tempête d’idées pour trouver des idées de projets pour des églises. Une seconde journée devait avoir lieu à la fin du mois d’avril, mais en raison de la pandémie, l’activité a bien entendu été annulée.

«On devait donner un certain nombre d’exemples de ce qui peut se faire avec les églises, des exemples de démarches et de comment mettre en place des comités avec les personnes intéressées dans les municipalités», résume M. Beaudoin.

L’idée de tenir une telle activité n’est pas reléguée aux oubliettes, mais M. Beaudoin, qui avait contribué à organiser et à animer la première journée de réflexion, ignore pour le moment quand elle pourra avoir lieu et sous quelle forme.

Les Fabriques doivent se préparer à la vente de leur église s’il n’est plus possible financièrement de conserver sa vocation religieuse, prévient René Beaudoin. Sur la photo, l’église Sainte-Marie-Madeleine, qui a été vendue à un promoteur privé. Le projet de ce dernier se fait toutefois encore attendre.

© FRANÇOIS GERVAIS Les Fabriques doivent se préparer à la vente de leur église s’il n’est plus possible financièrement de conserver sa vocation religieuse, prévient René Beaudoin. Sur la photo, l’église Sainte-Marie-Madeleine, qui a été vendue à un promoteur privé. Le projet de ce dernier se fait toutefois encore attendre. «J’en suis à me poser la question sur ce qu’on va faire», indique-t-il.
Avec Le Nouvelliste

Côte d’Ivoire: l’Allemagne va financer la première centrale solaire

octobre 3, 2018

Abidjan – L’Allemagne va financer à hauteur de 40 millions d’euros la première centrale solaire en Côte d’Ivoire, pays qui ambitionne de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 11% d’ici à 2020, a annoncé mercredi son ambassade à Abidjan.

D’une puissance de 37,5 MWc(mégawatt-crête, la puissance électrique maximale), la centrale solaire de Boundiali (Nord) va bénéficier d’un financement de 27 millions d’euros par la KfW (Banque de Développement Allemande) et d’une contribution de 9,7 millions d’euros de l’Union Européenne, souligne un communiqué de l’ambassade d’Allemagne à Abidjan.

L' »accord de partenariat » ivoiro-allemand a été signé entre l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Michael Grau, la directrice générale du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Ingrid-Gabriela Hoven, et le ministre ivoirien de l’Economie, Adama Koné.

Cette signature de contrat de financement intervient quelques semaines avant la visite du président ivoirien Alassane Ouattara en Allemagne le 30 octobre, à l’occasion du sommet du G20 pour les investissements (G20 Investment Summit).

En 2017, l’Allemagne a accordé à la Côte d’Ivoire un prêt de 100 millions d’euros pour des projets d’infrastructures et d’appui aux réformes afin « d’attirer les capitaux privés et créer des emplois ».

La Côte d’Ivoire, leader dans le secteur de l’électricité en Afrique de l’Ouest, a consommé à peine un mégawatt d’énergie solaire en 2018, alors que le pays vise une consommation de 11% provenant des énergies renouvelables d’ici à 2020, selon l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (AIENR).

La fourniture d’électricité de la Côte d’Ivoire (2.000 MW) est assurée à hauteur de 75% par l’énergie thermique et le reste par les barrages hydro-électriques.

Première puissance économique d’Afrique de l’Ouest francophone, la Côte d’Ivoire dispose actuellement d’un réseau de 5.000 km de lignes à haute tension et d’une puissance installée de 2.200 mégawatts.

Le gouvernement mise sur un programme de développement de son réseau et ambitionne d’atteindre la barre des 4.000 MW en 2020 et 6.600 MW en 2030, et de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 16% en 2030.

Plusieurs projets sont en préparation, comme la construction de plusieurs centrales à biomasse Biokala, développées par le groupe agro-industriel ivoirien Sifca et le français EDF. Ces centrales doivent être alimentées par les résidus de palmiers à huile du groupe Sifca.

Romandie.com avec(©AFP / 03 octobre 2018 15h18)                                                        

France/Campagne de Macron: enquête sur des soupçons de financement irrégulier par la métropole de Lyon (source proche)

juin 25, 2018

Lyon – Une enquête préliminaire a été ouverte en France pour des faits présumés de financement irrégulier après une plainte d’élus de droite dénonçant le rôle joué par la ville et la métropole de Lyon (est) en faveur de la campagne électorale du président Emmanuel Macron, a-t-on appris lundi de source proche de l’enquête.

Cette enquête, ordonnée vendredi par le parquet et confiée à la police judiciaire, vise des faits présumés de détournements de fonds publics, financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, évoqués dans une plainte contre X déposée par Philippe Cochet, président du groupe Les Républicains (droite) à la métropole de Lyon, et son homologue pour la ville, Stéphane Guilland.

Tous deux avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi le procureur de la République après plusieurs mois d’opposition sur le sujet avec l’exécutif local de La République en Marche, le parti de M. Macron.

Selon leur plainte, « des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon », que dirigeait l’actuel ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, auraient été « indûment détournés et mis à disposition » du futur président de la République qui sera élu en mai 2017.

« Il n’y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit. La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l’opposition locale tente d’alimenter depuis plusieurs mois. La collectivité a eu l’occasion de leur répondre dans le détail à plusieurs reprises », avait-on rétorqué dans l’entourage du ministre la semaine dernière.

L’enquête devrait notamment se pencher sur une importante réception organisée le 2 juin 2016 à l’Hôtel de Ville de Lyon, où M. Collomb avait reçu le ministre de l’Économie d’alors, Emmanuel Macron, deux mois après le lancement d’En Marche!. La plainte concerne également Jean-Marie Girier, ancien chef de cabinet de M. Collomb à la métropole de Lyon, qui a joué un rôle actif dans la campagne de M. Macron avant de rejoindre le ministère de l’Intérieur.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 13h42)                                                        

Sarkozy mis en examen: retour sur un « Kadhafiasco »

mars 28, 2018

 

L’ancien président français, sur le plateau de la chaîne TF1, le 22 mars 2018 © Nicolas Messyasz/SIPA

Mis en examen le 21 mars, Nicolas Sarkozy nie farouchement avoir bénéficié des largesses du « Guide » libyen. Retour sur une idylle qui a tourné à l’aigre.

Nicolas Sarkozy a raison. Quand il dit « c’est la France, c’est la fonction de président de la République qui est en cause », il reconnaît – à son corps défendant – que sa mise en examen peut déclencher le plus gros scandale de la Ve République française. Le candidat Sarkozy a-t-il reçu plusieurs millions d’euros de Mouammar Kadhafi, l’ancien numéro un libyen, pour financer sa campagne victorieuse de janvier-mai 2007 ?

Ce 21 mars, après une garde à vue de près de quarante heures, le juge français Serge Tournaire a estimé qu’il disposait de suffisamment d’indices graves ou concordants pour mettre en examen l’ancien président français pour « corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens ».

Vous êtes mon ami et mon frère. Je vais vous aider

Sarkozy-Kadhafi, c’est Duel au soleil, le western de King Vidor : l’histoire d’un coup de foudre qui se termine par une lutte à mort. En octobre 2005, lors d’une première rencontre à Tripoli, les deux hommes voient tout de suite leur intérêt à bien s’entendre. Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, révèle à son hôte qu’il va se présenter à la présidentielle de 2007. « Vous êtes mon ami et mon frère. Je vais vous aider », lui répond le « Guide ». Sans plus de précisions.

« Ce type est siphonné »

En juillet 2007, deux mois après son élection, Sarkozy – via son épouse de l’époque, Cécilia – réussit à convaincre Kadhafi de relâcher les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien arrêtés huit ans plus tôt à Benghazi. En décembre 2007, lors de sa fameuse visite officielle à Paris, le Libyen s’épanche : « Vous savez, mon frère Sarkozy, j’ai bien changé. J’ai fait beaucoup d’erreurs dans ma vie. J’ai été nationaliste, j’ai été socialiste, j’ai été terroriste. J’ai décidé d’en finir avec tout cela et de me tourner vers l’avenir. » Et Nicolas Sarkozy de répondre : « Excellence, vous avez eu le courage de faire ce geste de pénitence, c’est la voie de la sagesse. » Sortez les mouchoirs…

Avec Kadhafi, j’ai eu droit à un scandale par jour. Il nous a tout fait, c’était insupportable

Dès les mois suivants, les choses se gâtent. En avril 2008, le président français confie à son homologue égyptien, Hosni Moubarak, à propos de la visite de décembre : « Ce type [Kadhafi] est siphonné. Avec lui, j’ai eu droit à un scandale par jour. Il nous a tout fait, c’était insupportable. » Surtout, comme le révélera plus tard Béchir Saleh, le directeur de cabinet du « Guide », ce dernier ne respecte pas les promesses de contrat qu’il a faites à Sarkozy. Résultat, en mars 2011, lorsqu’il tente une dernière médiation à l’Élysée avant que l’aviation française frappe les colonnes blindées libyennes, Saleh pose une seule question à Sarkozy de la part de Kadhafi : « Pourquoi me fais-tu cela ? » Réponse du Français : « Parce que tu te moques de moi. »

Sept mois plus tard, le 20 octobre 2011, après le bombardement de son convoi par l’Otan, le leader de la Jamahiriya est capturé par des rebelles, près de Syrte. Est-il alors lynché par un simple milicien ou tué par un agent secret français ? Le mystère demeure. Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré la guerre à son ex-ami pour effacer toute trace des turpitudes passées ? L’accusation semble incroyable. Mais de tous les dirigeants de l’Otan qui ont fait la guerre à Kadhafi, Sarkozy a été celui qui, quelques années plus tôt, entretenait la relation la plus complice avec le dictateur libyen.

Pas de document ?

Risque-t-il un procès, voire la prison, pour financement illicite d’une campagne électorale par un régime étranger ? Attention, on n’en est pas là. « Chacun devrait être prudent, avertit l’intéressé. J’ai été mis en examen dans l’affaire Bettencourt [du nom de la milliardaire Liliane Bettencourt, soupçonnée un temps d’avoir financé la même campagne], puis j’ai eu un non-lieu. […] Mouammar Kadhafi avait l’habitude de tout enregistrer, de tout photographier. Il n’y a pas un document, pas une photo, pas un compte. Il n’y a pas le plus petit commencement d’une preuve. »

Pas de document ? En avril 2012, le site Mediapart a publié une lettre officielle libyenne attestant d’un accord de financement à hauteur de 50 millions d’euros – un document dont l’authenticité fait débat, il est vrai. Le juge s’appuie aussi sur une demi-douzaine de témoignages.

Dans ce thriller où certains témoins risquent toujours leur vie – Béchir Saleh a été blessé par balles le 23 février en Afrique du Sud –, le spectre de Mouammar Kadhafi hante la scène. Face à ce qu’il appelle « l’enfer de la calomnie », Nicolas Sarkozy trouve une nouvelle jeunesse et se bat comme un lion. Mais il joue très gros.

Jeuneafrique.com par

La Banque mondiale ne financera plus l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019

décembre 12, 2017

Paris – La Banque mondiale arrêtera de financer après 2019 l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz, a-t-elle annoncé mardi à l’occasion du sommet climat de Paris.

L’institution multilatérale souhaite ainsi « aligner sur les objectifs de l’accord de Paris » les financements qu’elle accorde aux Etats, a-t-elle expliqué dans un communiqué.

Si de plus en plus d’acteurs financiers affichent leur volonté de se désengager du charbon, énergie la plus polluante, la Banque mondiale est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz.

Toutefois, dans certaines « circonstances exceptionnelles », la Banque pourra continuer de financer des projets dans le gaz « dans les pays les plus pauvres où il y a un bénéfice clair en terme d’accès à l’énergie », et à condition qu’ils ne soient pas en contradiction avec les engagements de ces pays dans l’accord international de Paris sur le climat, signé en 2015.

En 2016, les financements de la Banque mondiale dans l’industrie pétrolière et gazière ont représenté près d’1,6 milliard de dollars, soit moins de 5% de la totalité des financements accordés la même année.

Les financements dans l’exploration et la production comptaient eux pour environ 2% du portefeuille de la Banque, qui affirme être « en ligne » avec son objectif de dédier 28% de ses prêts à la lutte en faveur du climat d’ici 2020.

Par ailleurs, à partir de l’an prochain, l’institution, qui est la plus importante banque multilatérale du monde, publiera tous les ans les émissions de gaz à effet de serre des projets qu’elle finance dans les secteurs les plus émetteurs, comme l’énergie, a-t-elle encore annoncé.

Elle va également généraliser la prise en compte d’un prix interne du carbone dans ses futurs investissements.

La Banque mondiale est la co-organisatrice, avec l’ONU, du sommet climat qui se tient à Paris ce mardi.

L’objectif de ce rendez-vous, initié par le président français Emmanuel Macron, est de renforcer la mobilisation de la finance mondiale, privée et publique, pour lutter contre le réchauffement climatique.

De nombreux experts (associations, économistes) ont appelé ces derniers jours à supprimer les subventions aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) afin de pouvoir financer le développement des énergies renouvelables et ainsi limiter le réchauffement climatique sous les 2 degrés, objectif de l’accord de Paris.

Romandie.com avec(©AFP / 12 décembre 2017 15h27)