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Cameroun anglophone: un fonctionnaire tué et un préfet blessé

mars 23, 2018

Yaoundé – Un fonctionnaire camerounais a été tué et un préfet blessé jeudi dans une attaque imputée à des séparatistes anglophones dans la région du Sud-Ouest anglophone au Cameroun, a appris l’AFP de sources concordantes.

Le représentant du ministère en charge des questions foncières dans le département du Lebialem (Sud-Ouest) « a été tué » dans une attaque visant un convoi administratif, a affirmé un responsable d’une ONG de défense des droits de l’Homme basée dans la région.

Le préfet du Lebialem, Zacharie Ungithoh, a été blessé dans cette attaque, a-t-il ajouté.

Ce bilan a été confirmé à l’AFP par des sources sécuritaires. Le gouvernement camerounais n’a ni confirmé, ni infirmé l’information.

Le préfet et son équipe se rendaient dans un village de la région pour « faire une évaluation des dégâts causés par l’incendie, supposé criminel, de la maison d’un ministre » lorsqu’ils ont été pris pour cible par des séparatistes anglophones présumés, a expliqué le responsable de l’ONG.

Des élections sénatoriales doivent se tenir dimanche au Cameroun et par crainte de possibles troubles, la circulation a été partiellement interdite à certains véhicules ce week-end dans divers secteurs du Sud-Ouest.

Les autorités locales ont demandé à la population « le strict respect » de ces interdictions et l’ont appelée à « rester calme et vigilante ».

La situation sécuritaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones du Cameroun, s’est considérablement dégradée depuis plusieurs semaines, avec des actions d’éclat imputées à des séparatistes.

Un Tunisien a été tué dans le Sud-Ouest mardi lors d’une opération de l’armée visant à libérer quatre otages – deux Tunisiens et deux Camerounais – kidnappés le 15 mars par un groupe armé actif dans la zone, selon la télévision d’Etat. Le gouvernement a déclaré de son coté que le Tunisien avait été « assassiné par ses ravisseurs ».
Samedi, un haut fonctionnaire de l’administration camerounaise avait été enlevé avant d’être libéré lundi. En février, un sous-préfet et un responsable régional du ministère des Affaires sociales dans le Nord-Ouest avaient également été kidnappés dans cette région. Aucune information n’était disponible sur le sort des deux hommes.
Les séparatistes anglophones qui sont en lutte pour l’indépendance du Cameroun anglophone ont demandé aux représentants de Yaoundé, ainsi qu’aux forces de sécurité et de défense, de quitter leur territoire, les qualifiant de « forces d’occupation ».

A mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes séparatistes apparaissent, tandis que les autorités réduisent au minimum leur communication sur ce conflit qui oppose depuis trois mois l’armée et les séparatistes.

(©AFP / 23 mars 2018 12h24)                                            

« La vie est vraiment dure », confient les Téhéranais

janvier 1, 2018

Une Iranienne dans la fumée de gaz lacrymogène lors de manifestations à l’université de Téhéran, le 30 décembre 2017 / © AFP / STR

Même si Téhéran est peu touchée par les manifestations contre le pouvoir qui agitent depuis jeudi plusieurs villes d’Iran, les habitants de la capitale se plaignent de leur situation économique et réclament des actes au gouvernement.

« La vie est vraiment dure, les prix élevés nous étranglent. Mon mari est fonctionnaire mais son salaire est loin d’être suffisant pour que nous puissions joindre les deux bouts », explique Farzaneh Mirzaie.

Cette femme de 42 ans et mère de deux enfants explique que la plupart des membres de sa famille travaillent dans une fabrique de tapis à Kashan, à 250 km au sud de Téhéran, mais qu’ils ont tous perdu leur emploi récemment.

« Le propriétaire de l’usine ne pouvait plus se permettre d’acheter du fil pour fabriquer ses tapis et il a viré tout le monde. Comment vont-il survivre? », se demande-t-elle.

Cette histoire est symptomatique des difficultés économiques que traverse l’Iran, un pays qui tente de se remettre de longues années de mauvaise gouvernance et de sanctions économiques internationales paralysantes.

Dimanche soir, le président Hassan Rohani a réagi aux manifestations, qui ont fait 12 morts et conduit à l’arrestation de centaines de personnes, en expliquant que les Iraniens devaient avoir le droit de s’exprimer mais sans recourir à la violence.

« Il dit que c’est possible pour les gens de manifester mais nous avons peur de parler. Même là, j’ai peur de vous parler », assure à l’AFP Sarita Mohammadi, une enseignante de 35 ans.

– ‘Nous devrons payer’ –

Beaucoup de Téhéranais sont néanmoins rebutés par la violence des manifestants qui ont attaqué des banques, des bâtiments administratifs et des symboles du régime.

Sara, une étudiante de 26 ans vêtue du traditionnel tchador, adhère à la ligne gouvernementale selon laquelle les protestations sont « guidées depuis l’étranger ». Mais elle a le sentiment qu’elles ont été provoquées par « les difficultés économiques des gens ».

« Je ne suis pas du tout pour les manifestations dans lesquelles les biens publics sont vandalisés », abonde Shiva Daneshvar, femme au foyer de 55 ans. « Si certains cassent des fenêtres, nous devrons payer (leur réparation) plus tard. »

Pourtant, chacun comprend la frustration en germe au sein de la société iranienne.

« Je pense que les gens n’aiment pas vandaliser et incendier les lieux mais c’est leur seule façon de faire entendre leur voix », justifie Nasser Khalaf, 52 ans, employé d’une compagnie pétrolière, qui dit avoir deux fils au chômage.

Certains estiment que la nation n’a pas été récompensée après avoir enduré des décennies de difficultés – la révolution de 1979, huit ans de guerre avec l’Irak dans les années 1980 et les sanctions internationales, partiellement levées après l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

« Après 40 ans (de République islamique, ndlr), ils ont réalisé que toutes ces épreuves (…) étaient vaines », estime Arya Rahmani, un infirmier de 27 ans. « Je travaille mais je vis dans la crainte d’être renvoyé demain ».

– Trump ‘dans son palace

Le soutien affiché du président américain Donald Trump aux manifestants fait sourire à Téhéran.

Ces tweets sont « inutiles », lâche Arya. « Trump vit dans son palace et moi ici, je suis arrêtée. Que peut-il faire? ».

« Cela aurait été mieux qu’il ne soutienne pas les protestations », surenchérit Nasser, qui estime également que le soutien aux manifestants de la part de groupes d’opposition basés à l’étranger n’est pas une bonne chose.

Beaucoup d’Iraniens nourrissent une profonde méfiance envers Trump après sa décision de leur interdire l’entrée aux Etats-Unis, à l’instar d’autres pays musulmans, dans un décret visant à prévenir l’entrée de « terroristes » selon Washington.

« Le gouvernement devrait améliorer la situation des gens à un niveau tel que Trump n’oserait plus dire quoi que ce soit », relève Mirzaie, femme au foyer, qui déplore notamment que l’Iran ne parvienne pas à exploiter tout son potentiel économique.

« Notre pays vaut de l’or », assure-t-elle. « Mais nous ne tirons vraiment pas profit de ce qu’on a. »

Romandie.com avec(©AFP / 01 janvier 2018 18h29)                

Fonctionnaire américaine condamnée pour avoir refusé le mariage gay

septembre 3, 2015

En refusant obstinément d’appliquer la nouvelle loi permettant le mariage gay aux États-Unis, Kim Davis, une simple fonctionnaire du Kentucky, est devenue l’égérie de millions d’Américains. Mais la chrétienne évangélique a été condamnée jeudi à la prison.

« Ce tribunal ne peut accepter que l’on désobéisse volontairement à ses décisions légales », a martelé le juge David Bunning, cité par les médias. Il infligeait ainsi un nouveau revers judiciaire à la greffière.

La greffière du comté de Rowan, dans le Kentucky, avait assumé sans vagues, durant plus d’un quart de siècle, la routine des tâches administratives. D’abord comme adjointe, puis reprenant le poste occupé par sa mère.

Ces derniers jours, la photographie de la femme de 49 ans, aux longs cheveux tombant jusqu’aux reins, n’a pourtant pas quitté la une de la presse nationale. Et Mme Davis a prouvé que son profil apparemment falot cachait une détermination de fer.

Cela, précisément depuis que la Cour suprême des États-Unis a légalisé fin juin le mariage des homosexuels dans tout le pays, une victoire emblématique pour le président Barack Obama. Quelques heures seulement après cette décision historique, Kim Davis entrait en résistance.

Délivrer un certificat de mariage à des personnes de même sexe « violerait » mes convictions religieuses, a-t-elle assuré. Dans son esprit, l’échelle hiérarchique est simple: Dieu est au-dessus, Washington et ses lois humaines en dessous.

« Aucun a priori »
La fonctionnaire, qui affectionne les amples jupes descendant jusqu’aux chevilles, n’est pas la seule à avoir adopté une telle posture de défi. Mais c’est elle qui est devenue le symbole de ce combat éternel aux États-Unis, opposant modernité et conservatisme, suprématie du droit et libertés religieuses.

Confessant avoir « remis (sa) vie entre les mains de Jésus-Christ », Kim Davis s’est rallié de très nombreux soutiens dans la galaxie des groupes religieux conservateurs américains. Elle affirme n’avoir aucun a priori contre les homosexuels.

« Je n’ai aucune animosité envers qui que ce soit et ne véhicule aucune mauvaise intention. Pour moi, il ne s’agit pas d’un problème concernant les gays ou les lesbiennes. Il s’agit du mariage et de la Parole de Dieu. Cela relève de la liberté de culte, protégée par le Premier amendement » de la Constitution, se défend Mme Davis.

« Pas de certificat aujourd’hui »
Au coeur de la tempête médiatique où elle est plongée se trouvent aussi deux hommes: David Moore et David Ermold se sont présentés cet été au bureau d’état civil du comté de Rowan, prêts à convoler en justes noces.

Le couple a pris soin d’enregistrer le refus qu’ils se sont vu opposer par Kim Davis, dans une vidéo consultée des centaines de milliers de fois. D’autres couples ont fait la même démarche, cette fois entourés d’une nuée de journalistes, essuyant de Mme Davis la même fin de non-recevoir.

« Nous ne délivrons pas de certificats de mariage aujourd’hui », affirme posément la rondelette greffière du comté, dans une des vidéos consultables sur internet. « Au nom de quelle autorité? », lui demande alors quelqu’un. « Au nom de l’autorité de Dieu », répond-elle calmement.

MM. Moore et Ermold, avec un autre couple d’homosexuels et deux couples d’hétérosexuels, ont porté l’affaire devant la justice. Tour à tour, un tribunal de district fédéral et une cour d’appel ont donné tort à Kim Davis. La femme a alors saisi la Cour suprême, qui l’a également déboutée lundi dernier. Elle a finalement été écrouée jeudi.

Jeuneafrique.com