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Mondial 2014 : Alex Song demande pardon, les médias demandent des têtes

juin 21, 2014
Song

Alexandre Song

Le défenseur camerounais Alexandre Song, expulsé lors du match contre la Croatie en Coupe du monde de football (0-4), mercredi dernier à Manaus (Brésil) suite à un acte flagrant d’antijeu sur un adversaire, vient de présenter ses excuses au public à l’heure où les médias du pays crient vengeance contre la sélection.

«Je suis très triste, j’ai le sentiment d’avoir laissé tomber mon pays et de m’être laissé emporter. C’était un geste vraiment stupide et je suis sincèrement désolé. Si je pouvais faire n’importe quoi pour revenir en arrière, je le ferai. Je vous demande pardon», déclare-t-il dans une vidéo.

Et d’expliquer comment ses enfants ont été déçus en voyant l’image de ce coup de coude gratuit, tout en espérant que le Seigneur ainsi que le public le pardonnera.

Mais l’acte de contrition du joueur aura du mal à consoler un public qui crie à la haute trahison et une presse qui réclame des têtes.

Dans son «autopsie d’une déroute», le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune pointe des joueurs «qui se sont constitué une espèce de syndicat» et «bien joué leur rôle de groupe de pression dans les vestiaires» : «L’affaire des primes, l’histoire du drapeau lors du match d’au revoir à Yaoundé, le blocage au moment du départ pour le Brésil… l’attestent à suffisance. A moins d’une semaine d’un Mondial, les footballeurs parlaient surtout argent et même politique.»

Il y a ensuite ce sélectionneur étrangement absent, simple spectateur lors des fameuses transactions en coulisses, qui a tranquillement regardé les préoccupations extra-sportives ruiner la sérénité de son groupe, obstiné dans ses choix malgré les insuffisances avérées de certains éléments de son dispositif.

Pour Mutations, c’est «la débâcle de trop». Le journal exige des «décisions courageuses» pour cette énième déculottée, avec notamment un assainissement de l’environnement du football camerounais, des sanctions appropriées contre les joueurs de la sélection ainsi que la mise en place d’un véritable système professionnel.

Et, alors que le tri-hebdomadaire Le Soir évoque «une humiliation en mondovision», que Le Jour décrit une ambiance qui sent le souffre et que La Météo estime que tous les acteurs du football camerounais sont «coupables» de la déculottée au Mondial, Le Messager s’écrie : «Quelle honte !»

Apanews.net

Cameroun : quand Roger Milla appelle à « tabasser » le sélectionneur étranger

mai 15, 2013
Roger Milla est ambassadeur itinérant du football camerounais depuis 2001. Roger Milla est ambassadeur itinérant du football camerounais depuis 2001. © AFP

Dans une interview accordée au quotidien camerounais « Le Messager », Roger Milla, l’ancien attaquant des Lions Indomptables, a tenu des propos d’une rare violence à propos de la probable arrivée d’un sélectionneur étranger.

Qu’il s’appelle Volker Finke, Raymond Domenech ou Antoine Kombouaré, le futur sélectionneur étranger du Cameroun est prévenu. « Dites à cet entraîneur qui s’apprête à débarquer au Cameroun de rebrousser chemin sinon nous allons le tabasser avant de le refouler chez lui. Nous ne pouvons pas accepter ces ennemis du pays », a lâché l’ambassadeur itinérant du football camerounais, Roger Milla, dans un entretien au Messager, paru le 13 mai.

« Milla est sanguin, il n’a pas vraiment tendance à réfléchir à ce qu’il dit. Mais là, c’est grave, car il lance ouvertement un appel à la violence, tout en faisant preuve d’un vrai racisme », accuse Pierre Lechantre, l’ancien sélectionneur des Lions que l’ancienne idole du foot africain n’a jamais ménagé.

Éjecté du banc camerounais en septembre 2012, Denis Lavagne, n’est guère surpris par l’outrance de Milla. « « Il dérape souvent. Cette fois ci, il est allé encore plus loin, et c’est navrant. On peut se demander s’il n’est pas un peu xénophobe ou raciste… Mais son intérêt à lui, c’est que la sélection n’obtienne pas de résultat, qu’il prenne la présidence de la fédération afin de nommer un coach qui sera sous son influence. »

« Inacceptable »

Mais en multipliant les interventions pour défendre son ami Jean-Paul Akono, dont les jours à la tête des Lions sont comptés, l’ancien attaquant du Tonnerre Yaoundé « perd de sa crédibilité, juge Adel Amrouche, le sélectionneur algérien du Kenya. C’était un grand joueur, et quand on prend de l’âge, on est supposé mûrir. Lui, c’est tout le contraire. Un entraîneur, c’est un citoyen du monde. Appeler à la violence et tenir des propos racistes, c’est carrément inacceptable. »

L’ancien international camerounais Romarin Billong condamne lui aussi la sortie médiatique de son compatriote mais n’accrédite pas la thèse du racisme. « Je pense que Milla a une réaction de protectionnisme, qu’il préfère qu’on donne leur chance à des entraîneurs camerounais, ou qu’Akono soit maintenu. Mais il est allé trop loin. Tous ceux qui ont les compétences pour aider le football camerounais sont les bienvenus. » Et Pierre Lechantre de s’interroger sur la position de la présidence de la République. « Je ne pense pas que M. Paul Biya apprécie ces déclarations pleines de violence, alors que des Français ont été kidnappés au nord du pays en février et libérés, en partie grâce au chef de l’État… »

Jeuneafrique.com par Par Alexis Billebault