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Gabon – Football : avarie d’avion, joueurs manquants, absence de maillots…. Les folles galères des Panthères

juin 11, 2022

La sélection gabonaise a vécu des moments particulièrement agités avant ses deux matches qualificatifs pour la CAN 2023 en RDC (1-0) et face à la Mauritanie (0-0). Des péripéties consécutives à l’incarcération du président de la fédération dans le cadre d’une enquête pour abus sexuels commis par un entraîneur.

Lors des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021 entre le Burkina Faso et le Gabon, au stade Omnisport de Limbé, le 23 janvier 2022. © CHARLY TRIBALLEAU/AFP

S’il ignore ce qu’ont récemment vécu les Panthères du Gabon, un observateur lambda admettrait que les résultats de la sélection nationale lors des deux premières journées des qualifications pour la CAN 2023 sont plutôt honorables, à commencer par la victoire en RDC, le 4 juin (1-0). Mais ce résultat, combiné au match nul obtenu face à la Mauritanie (0-0), quatre jours plus tard à Franceville, a des airs d’exploit, quand on découvre ce qu’il s’est passé durant les jours qui ont précédé le déplacement à Kinshasa.

Atterrissage d’urgence à Barcelone

Patrice Neveu, le sélectionneur français du Gabon, a sans doute vécu un des moments les plus surréalistes de sa carrière. Les Gabonais, qui venaient d’effectuer un stage de quelques jours en Île-de-France, devaient rallier Kinshasa par un avion privé le jeudi 2 juin. « Alors que nous étions en plein vol, le pilote nous a annoncé qu’il devait atterrir d’urgence à Barcelone pour un problème technique. Quand vous apprenez cela, c’est très angoissant, car c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas », explique-t-il.

Le dysfonctionnement est assez important pour que les joueurs et leur staff soient débarqués. « On a trouvé un hôtel, à quarante-cinq minutes de l’aéroport. Puis la compagnie aérienne devait nous envoyer un autre avion le vendredi. » Mais l’appareil n’est jamais arrivé, alors que le match était prévu le lendemain, le 4 juin, à 17 heures, au stade des Martyrs à Kinshasa.

La journée du 3 juin se déroule sans qu’aucune solution n’apparaisse clairement. Alors que la menace d’un forfait se profile, la fédération gabonaise demande à son homologue congolaise de reporter le match au dimanche. « Impossible », répond celle-ci, en expliquant que les Léopards doivent s’envoler vers le Soudan aux alentours de minuit le samedi. « Le vendredi soir, nous sommes donc tous allés nous coucher. Mais à 2 heures du matin, on est venu me réveiller en me demandant de prévenir au plus vite les joueurs, afin de prendre un vol régulier à 4 heures du matin », poursuit Neveu.

Sept joueurs sur le carreau

Sauf que le bus qui doit emmener la délégation gabonaise n’arrive pas. Dix-sept joueurs, dont deux qui étaient blessés, accompagnés notamment du sélectionneur-adjoint, trouvent des taxis pour aller à l’aéroport. Mais le sélectionneur, une partie du staff et sept autres joueurs n’en trouvent pas assez rapidement. Résultat, dit Neveu : « Quand nous sommes arrivés à l’aéroport, l’avion était déjà parti. »

De son côté, la Confédération africaine de football (CAF) fait décaler le coup d’envoi à 21 heures, après avoir reçu le compte rendu du pilote concernant les problèmes techniques l’ayant obligé à se poser d’urgence en Catalogne. Mais Neveu et le reste de la délégation, après avoir espéré pouvoir rejoindre Kinshasa, doivent se résigner. « Nous sommes rentrés le samedi à Paris et avons regardé le match sur internet. » Le Gabon, avec seulement quinze joueurs valides, parvient à s’imposer grâce à un but de Shavy Babicka (20 ans), son premier en sélection.

Les heures qui suivront cette victoire presque miraculeuse ne seront pas plus sereines. La délégation partie de Kinshasa arrive à Libreville le dimanche 5 juin dans la soirée, après un vol de plus de sept heures, les « Parisiens » atterrissent dans la capitale gabonaise le lundi en fin de journée. Mais certains dirigeants de la fédération gabonaise (Fegafoot) veulent que tout ce joli monde s’envole sans tarder pour Franceville, où doit avoir lieu le match face à la Mauritanie, le 8 juin. En off, ils arguent qu’ils souhaitent éloigner les internationaux de Libreville, où les tentations sont grandes.

Les joueurs s’opposent à cette idée, préférant rester à Libreville le lundi soir pour se reposer et partir le mardi matin. Finalement, l’instance, en concertation avec le gouvernement et Patrice Neveu, décale le vol vers Franceville, d’une durée d’un peu plus d’une heure, au mardi matin.

Pas de maillots

Dans le Haut-Ogoué, les Panthères sont reçues le 7 juin par le président Ali Bongo, en visite dans la province. Le chef de l’État a même prévu d’assister au match qui les opposent le lendemain aux Mauritaniens au stade de Franceville (ancien stade Rénovation). Mais le jour du match, un autre contretemps attend les joueurs gabonais, avant le coup d’envoi, quand ils pénètrent dans leur vestiaire.

Ces derniers constatent que les maillots du match ne sont pas dans les casiers, où il n’y a que les tenues d’entraînement. Ce seront donc ces maillots qui seront utilisés… avec les numéros de chacun des joueurs inscrits au feutre. Certains joueurs sont même obligés d’enfiler des maillots trop grands ou trop petits.

« La Fegafoot est totalement désorganisée. Depuis le mois de mai et l’incarcération du président Pierre-Alain Mounguengui [dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels commis sur des mineurs par un entraîneur], les problèmes s’accumulent. Les joueurs sont exténués face à ces multiples problèmes organisationnels. C’est un miracle qu’ils parviennent à avoir des résultats », souffle un proche de la sélection nationale.

Les deux prochains rendez-vous auront lieu au mois de septembre face au Soudan. « J’espère que je n’aurais qu’à m’occuper du terrain, de mes joueurs, et pas du reste. Je suis fier de ce que font les joueurs, mais quand on rencontre tous ces problèmes, je ne peux pas monter trop haut mon niveau d’exigence », conclut Neveu.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Football : Sénégal, un champion en chantier 

juin 10, 2022

ANALYSE. Sur la route du Mondial 2022, les éliminatoires de la CAN 2023 sont pour le champion d’Afrique une occasion de se recalibrer. Une tâche ardue. 

Le Senegal de Sadio Mane est detenteur de la CAN.
Le Sénégal de Sadio Mané est détenteur de la CAN.© SEYLLOU / AFP

La route vers la CAN 2023 a démarré pour le champion d’Afrique, les deux premières journées de qualification venant clôturer une saison historique. Avec quelques interrogations à résoudre à quelques mois de la Coupe du monde. Fini les célébrations de la CAN et des barrages, place aux prochaines échéances, qui arrivent très vite.

Des victoires sans panache

Alors que le Sénégal met un terme à sa saison 2022-2023 sur une bonne entame de la défense de son titre avec les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2023. Une première victoire sur le score de 3-1 face au Bénin, avec un triplé de Sadio Mané, dont deux buts sur pénalty et une victoire hier face au Rwanda, dans un match qui devait se dérouler à Kigali, qui en raison de stades non conformes aux normes internationales, a délocalisé son match… à Dakar, au Stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. Une aubaine donc pour le Sénégal, qui a enchaîné deux matchs à domicile et éviter un long déplacement vers l’Afrique de l’Est. Une victoire dans un match sans relief arraché sur un nouveau pénalty de Sadio Mané au bout du temps additionnel. Trois buts sur pénalty en quatre matchs, dans ce qui est l’un des groupes les plus abordables de ces éliminatoires, de quoi tirer la sonnette d’alarme ? « C’est un match de fin de saison, j’ai senti mes joueurs fatigués, émoussés. C’est bien de savoir gagner dans la difficulté. Les garçons n’ont jamais abdiqué, ils ont continué à travailler. En réalité, on a pu avoir cette occasion-là qui nous permet de gagner 1-0. Nous sommes très satisfaits sur le plan comptable », a déclaré Aliou Cissé en conférence de presse.

Bien évidemment, le fait qu’il s’agisse de la fin de saison a son importance, lorsque l’on prend en compte le lourd calendrier auquel certains joueurs ont été confrontés (dont bien évidemment Sadio Mané). Ceci atténue forcément les circonstances du contenu proposé. Mais n’était-ce donc pas une opportunité de réaliser une rotation afin d’expérimenter de nouvelles options ? La victoire finale à la CAN, suivie du match de barrages pour le Mondial a permis à Aliou Cissé d’être renforcé dans ces certitudes avec une option de jeu en 4-3-3, et une autre en 4-2-3-1, avec Sadio Mané positionné en soutien de l’attaquant de pointe, utilisé lors du match retour du barrage face à l’Égypte. Toutefois, le domaine dans lequel le sélectionneur des Lions doit encore avoir des manques à combler concerne les solutions de rechange, notamment aux postes d’arrière latéral gauche et de milieux offensifs. La dépendance envers l’arrière gauche Saliou Ciss (meilleur latéral de la CAN), Sadio Mané ou Ismaïla Sarr, revenu tout juste de blessure en demi-finale de la CAN (et qui l’a peut-être payé à son retour en club), s’est accentuée et devient une sérieuse interrogation pour les Lions. D’autant plus que le début de la CAN passée, sans relief, rappelle également qu’il y a un travail à accomplir dans ce sens. L’équilibre entre la préservation de la bonne vie de groupe et les performances individuelles de chaque joueur est essentiel, chaque élément doit avoir la capacité de répondre présent si le besoin s’en ressent.

Occasion manquée

Alors que les dates internationales s’étendant du 30 mai au 14 juin, et que ses deux matchs amicaux ont été joués le 4 et le 7 juin, le Sénégal avait l’opportunité d’ajouter un ou deux rencontres amicales afin de pouvoir mieux explorer les différentes options avec, s’il le faut, une équipe remaniée. Pourtant, la Fédération avait pour envie d’organiser un match amical entre les dates du 11 et 13 juin, si possible contre une équipe sud-américaine était envisagée, afin de mieux appréhender l’affrontement à venir face à l’équipe d’Équateur (tombeur du Nigeria 1-0 le vendredi 3 juin passé). Le Brésil, était considéré comme un potentiel adversaire, mais en raison de la tournée asiatique des Auriverde (matchs contre la Corée du Sud et le Japon), il n’était pas possible de dénicher la Seleção pour un match de prestige au stade de Diamniadio. Puis, il a finalement été décidé de ne pas organiser de match amical : « La FSF informe l’opinion publique qu’elle a décidé de surseoir à l’organisation d’un match amical international durant la fenêtre FIFA du 30 mai – 14 juin 2022. […] Cette décision a été prise pour permettre aux joueurs internationaux sénégalais pressentis d’aller en vacances plus tôt que prévu afin de pouvoir bénéficier d’un temps de repos convenable avant de reprendre compétitions en clubs à partir de septembre 2022 puis avec notre équipe nationale pour la préparation et la participation du Sénégal au prochain tournoi final de la Coupe du monde de la Fifa prévu au Qatar. »

D’après le journal local RECORD, la FSF a même été approchée par la Fédération algérienne de football pour un match amical, option qui a été rejetée, car d’après une source le Sénégal n’y voyait pas son intérêt. À défaut d’affronter une équipe sud-américaine, il aurait été possible par exemple, d’utiliser ne serait-ce une équipe africaine pour faire face aux Lions, à l’image de la Gambie qui a reçu le Soudan du Sud au Stade Lat Dior de Thiès (victoire 1-0) en raison de la non-homologation du stade de Banjul, ou du Mali, qui n’a pas réservé de date pour un match amical après les éliminatoires, pour organiser une rencontre amicale de plus. Une liste alternative aurait ainsi pu être confectionnée, permettant à des cadres de partir en vacances, et afin de permettre à certains joueurs d’avoir l’occasion de jouer et donner un aperçu de leurs potentialités, d’autant plus que le prochain regroupement, qui aura lieu en septembre prochain, comptant pour les 3e et 4e journées d’éliminatoires de la CAN sera le dernier avant la Coupe du Monde. « Cette préparation pour la Coupe du monde, on ne l’a pas encore commencée. C’est ça la vérité… La meilleure chose à faire au mois de septembre pour aider les cinq pays africains qui se sont qualifiés, c’est carrément d’arrêter les éliminatoires de la CAN 2023. Et pouvoir donner enfin la possibilité aux pays africains de préparer cette Coupe du monde, sinon on ne pourra jamais la préparer comme il le faut ! » s’est désolé Aliou Cissé à ce sujet.

Un marché des transferts très important à venir

Avec l’ouverture du mercato estival, plusieurs joueurs manquant de temps de jeu en club auront des décisions à prendre en vue de la saison prochaine. En effet, avec une Coupe du monde 2022 se déroulant exceptionnellement en pleine saison, entre la mi-novembre et la fin décembre, les joueurs ne disposeront pas de suffisamment de temps de préparation dont les sélections bénéficient habituellement en fin de saison. Il s’agira donc d’une Coupe du monde où pour être en forme optimale, la préparation de pré-saison ainsi que le temps de jeu dès l’entame de la saison seront des facteurs plus importants que d’habitude pour les joueurs. Les cas d’importants joueurs de la sélection comme Abdou Diallo (PSG), Nampalys Mendy (Leicester) ou encore Bouna Sarr seront essentiels de la quête d’être dans les meilleures conditions possible au mois de novembre. Aux joueurs se retrouvant dans cette situation de trouver l’environnement qui convient pour résoudre ce problème, pour le bien de la sélection.

Avec Le Point avec par Abdoulaye A. Sall

France-Football : Mbappé reste au Paris Saint-Germain la saison prochaine

mai 21, 2022

Selon les informations du quotidien « L’Équipe », l’attaquant a décidé de prolonger avec le club de la capitale.

Il reste. Après un long feuilleton, le joueur Kylian Mbappé a décidé de prolonger son contrat avec le Paris Saint-Germain, comme l’affirme L’Équipe, samedi 21 mai. Selon le quotidien sportif, le contrat n’aurait pas encore été signé par la star du ballon rond, mais les conditions du contrat seraient néanmoins établies. Mbappé devrait rester trois années de plus dans le club parisien, sauf changement de dernière minute.

Pour les dirigeants du PSG, cette signature devenait primordiale pour ne pas laisser filer son joueur vedette. En effet, le contrat initial liant Mbappé à son club arrivait à échéance le 30 juin prochain. Sans reconduction, il aurait pu quitter la France pour rejoindre le Real de Madrid – qui le courtisait également – sans que ce dernier club ait à investir un euro. Chose que l’état-major parisien ne pouvait accepter, puisqu’en 2017 l’achat du petit prodige de Bondy avait coûté 180 millions d’euros au PSG. Une somme record. Le 15 mai dernier, lors de la remise des trophées UNFP, Kylian Mbappé avait expliqué que son choix était « quasiment fait », sans pour autant révéler sa décision.

Selon les informations de RMC Sport, le joueur parisien aurait appelé lui-même le président du club espagnol du Real de Madrid afin de lui annoncer son refus de franchir les Pyrénées. À la suite de cette prolongation, l’organigramme du PSG devrait être profondément remanié. Mauricio Pochettino, actuel entraîneur de l’équipe, pourrait ne pas être renouvelé dans ses fonctions la saison prochaine. En effet, le contrat signé lors de son arrivée à Paris court jusqu’au 30 juin 2022. Une année en option était prévue dans les accords signés entre lui et le club.

Une « insulte au football », selon les Espagnols

Quelques heures après l’annonce par la presse de cette prolongation à Paris, le président de la Ligue professionnelle de football espagnole, Javier Tebas, s’est insurgé contre la décision de Kylian Mbappé. Dans un tweet, il a considéré que ce choix était « une honte pour le football ». « Ce que le PSG est en train de faire pour prolonger Mbappé grâce à de grosses sommes d’argent, après avoir enregistré des pertes de 700 millions d’euros ces dernières saisons et alors qu’il a une masse salariale de 600 millions d’euros est une INSULTE au football », a-t-il écrit sur Twitter

Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi « est aussi dangereux que la Super Ligue », a ajouté Javier Tebas dans une allusion au projet présenté par douze grands clubs européens l’année dernière. Le PSG et Tebas s’étaient trouvés dans le même camp, aux côtés de l’UEFA, pour faire échouer cette tentative. Le PSG espère obtenir la signature du champion du monde de 23 ans, courtisé assidument par le Real Madrid, afin de l’annoncer avant la fin de la journée de samedi, ont précisé des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse.

Dans le même temps, la maire de Paris s’est félicitée de la décision de Kylian Mbappé dans un message très court accompagné d’une photo annonçant la prolongation du joueur au PSG. « Super ! ! ! » a-t-elle déclaré. Le tout accompagné de deux émoticônes aux couleurs du club de football. Le départ ou non du joueur originaire de Bondy (Seine-Saint-Denis) était devenu une question quasiment politique, ces derniers mois, selon plusieurs médias. En effet, en coulisses, le chef de l’État a multiplié les échanges avec le joueur, même durant la campagne présidentielle, pour le pousser à rester à Paris.

Par Le Point avec AFP

Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue

mars 10, 2022
Abramovitch sanctionne par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue
Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue© AFP/Ben STANSALL

La vente du club anglais de football de Chelsea se trouve suspendue par les sanctions annoncées jeudi par le gouvernement britannique contre son propriétaire russe Roman Abramovitch, en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine.

Le propriétaire du club de Premier League (1e division anglaise) figure parmi sept riches et influents Russes proches du Kremlin ciblés jeudi par Londres.

Roman Abramovitch, 55 ans, avait jusqu’à présent été épargné par la vague de sanctions prises par le Royaume-Uni.

Il subit désormais un gel de ses avoirs, une interdiction de transactions avec des particuliers et des entreprises britanniques et une interdiction de voyager.

Première conséquence: la vente du club de Chelsea qu’il avait annoncée la semaine dernière anticipant de possibles sanctions, est en suspens.

Pour tempérer l’impact, le gouvernement a publié « une licence autorisant la poursuite d’un certain nombre d’activités » pour Chelsea qui pourra continuer à jouer des matchs et payer ses joueurs.

Cette licence n’autorise pas la vente du club mais le gouvernement pourra examiner une demande en ce sens, à une condition: « En aucun cas Roman Abramovitch ne pourrait tirer profit de cette vente », a déclaré un porte-parole du gouvernement. L’exécutif « est ouvert à la vente du club, mais cela nécessiterait une autre licence et des discussions avec le Trésor et d’autres ministères », a-t-il ajouté.

Chelsea a déclaré vouloir demander au gouvernement britannique de modifier la licence pour que le club puisse « fonctionner aussi normalement que possible ».

L’opérateur de téléphonie mobile Three a quant à lui annoncé la suspension de son partenariat avec le club, à qui il a notamment demandé la suppression « jusqu’à nouvel ordre » de son logo des maillots des joueurs et des abords du stade.

Le match prévu jeudi soir contre Norwich City se déroulera comme prévu, a annoncé la Premier League.

« Sang sur les mains »

Les autres oligarques sanctionnés jeudi sont le milliardaire et fondateur du géant de l’aluminium Rusal Oleg Deripaska, le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft Igor Setchine, le président de la banque VTB – la deuxième plus grosse banque de Russie – Andreï Kostin, le PDG de la société énergétique Gazprom, Alexeï Miller, le président du poids lourd du pétrole et du gaz Transneft, Nikolai Tokarev et le président du conseil d’administration de Bank Rossiya Dmitri Lebedev.

« Les sanctions d’aujourd’hui montrent une fois de plus que les oligarques et les kleptocrates n’ont pas leur place dans notre économie ou notre société. Avec leurs liens étroits avec (le président russe Vladimir) Poutine, ils sont complices de son agression », a déclaré dans un communiqué la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss. « Ils ont le sang du peuple ukrainien sur les mains. Ils devraient baisser la tête de honte. »

Roman Abramovitch a acheté Chelsea en 2003 pour 140 millions de livres (168 millions d’euros). Plusieurs acquéreurs potentiels se sont récemment manifestés, même si le prix de 3 milliards de livres (3,6 mds d’euros) que semblait espérer Abramovitch aurait été difficile à atteindre.

Avant de se résoudre à vendre, il avait essayé de sauver ce qui pouvait l’être en confiant fin février la gestion au quotidien du club aux six administrateurs de sa fondation caritative.

Il avait aussi promis que le « produit net » de la vente serait versé à une fondation au profit de « toutes les victimes de la guerre en Ukraine ».

Le gouvernement britannique a estimé la richesse de Roman Abramovitch à 9,4 milliards de livres sterling (10,7 milliards d’euros).

Hormis Chelsea, M. Abramovitch détient des participations dans le géant de l’acier Evraz – dont le cours de l’action a chuté jeudi à Londres avant d’être suspendu par l’autorité des marchés. Il détient aussi des parts dans la société russe Norilsk Nickel, spécialisée dans l’exploitation et la transformation du nickel et du palladium.

Un des autres oligarques sanctionnés, Oleg Deripaska, dont la fortune est estimée à deux milliards de livres, possède un portefeuille immobilier de plusieurs millions de livres au Royaume-Uni.

Ces sanctions s’inscrivent dans une série de mesures de représailles prises par le gouvernement britannique pour toucher l’économie russe, le Premier ministre Boris Johnson promettant d’être « impitoyable dans la poursuite de ceux qui permettent le meurtre de civils, la destruction d’hôpitaux et l’occupation illégale d’alliés souverains ».

Londres a déjà sanctionné plus de 200 des personnes, entités et filiales les plus importantes de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Par Le Point avec AFP

Football : l’Afrique sur la touche ?

février 20, 2022

Journaliste spécialisé sur l’Afrique subsaharienne, il s’occupe particulièrement de l’Afrique centrale, de l’Union africaine et de la diversité en France. Il se passionne notamment pour les grands reportages et les coulisses de la politique.

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, lors du tirage au sort des affiches du 3e tour des éliminatoires de la zone Afrique pour le Mondial 2022 au Qatar. © Ayman Aref/NurPhoto via AFP

Le monde du ballon rond – devenu une véritable industrie du divertissement – est en pleine réorganisation. Si le vieux continent tente de s’imposer dans la guerre larvée qui se joue, son voisin africain ne peut se contenter du rôle ingrat de pourvoyeur de joueurs.

Ramener la périodicité du Mondial à deux ans, contre quatre actuellement : tel est le projet que nourrit le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Gianni Infantino. Une réforme qu’il pourrait soumettre le 31 mars prochain à Doha, au Qatar, lors du 72e congrès de la Fifa. L’Union des associations européennes de football (UEFA) et la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) y sont opposées. Quant à la Confédération africaine de football (CAF), sa ligne n’est pas éloignée de celle définie au siège de la Fifa, à Zurich.

Belle opportunité financière

Il faut dire qu’à sa tête trône désormais le Sud-Africain Patrice Motsepe, un puissant homme d’affaires sud-africain proche du patron italo-suisse du football mondial, que l’entraîneur français Claude Leroy critique pour son rapport à l’argent. « Je l’ai rencontré à plusieurs reprises : il ne parle pas de notre sport, il ne parle que de fric. »

LES RECETTES ESCOMPTÉES DU MONDIAL SE HISSERAIENT À 4,4 MILLIARDS DE DOLLARS SUR QUATRE ANS SI LA COMPÉTITION SE TENAIT TOUS LES DEUX ANS

De fait, la réforme est présentée comme une belle opportunité financière. À chacune de ses 211 fédérations membres, la Fifa promet 19 millions de dollars (16,8 millions d’euros) supplémentaires par cycle de quatre ans si elle parvient à doubler la fréquence de la Coupe du monde à partir de 2024. Pour étayer ses prévisions, l’organisation a engagé le cabinet Nielsen, lequel a prédit que les recettes escomptées du Mondial se hisseraient à 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) sur quatre ans, grâce à l’augmentation de la fréquentation des stades, aux droits TV et au sponsoring.

Guerre intestine

L’étude élude cependant les effets de cette inflation des matchs sur la santé des joueurs, de même qu’elle ne dit mot sur ce que les championnats nationaux  y gagneraient. En revanche, un projet concomitant vise à limiter la fréquence de la Coupe d’Afrique des nations, qui ne se jouerait plus que tous les quatre ans.

Une guerre larvée et intestine est donc en cours, qui oppose de puissantes entités. Dernière escarmouche, une polémique opposant d’une part les clubs européens réticents à libérer les joueurs africains et, d’autre part, les fédérations nationales des pays qualifiés pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Cameroun.

IL EXISTE UNE HIÉRARCHISATION DES COMPÉTITIONS ET, DANS CE CLASSEMENT DONT L’ARGENT EST L’UN DES CRITÈRES, LA CAN COMPTE POUR DU BEURRE

C’est dorénavant clair : il existe une hiérarchisation des compétitions et, dans ce classement dont l’argent est l’un des critères d’appréciation, la CAN compte pour du beurre. Un point de vue qui met d’accord UEFA et Fifa.

Dans la construction de l’industrie mondialisée du football, le continent est une fois de plus cantonné au rôle ingrat de pourvoyeur de matière première. Il a même cédé une part de sa souveraineté. Entre Fifa et CAF, la vassalisation s’est opérée sans combat.

Entre la Fifa et la CAF, la vassalisation s’est opérée sans combat. Pour être certain d’être élu et réélu à la tête de la Fifa, Gianni Infantino contrôle l’instance, mais pas seulement. Il s’assure aussi la loyauté des 54 pays membres africains, à qui il fait miroiter les fonds Forward de son organisation – argent perfusé à des fédérations exsangues au titre du développement du football, mais aussi, et surtout, pour la constitution d’une clientèle électorale.

Zurich a convaincu Motsepe de la pertinence de lancer une Super Ligue africaine réunissant les vingt meilleurs clubs du continent. Une telle compétition, estime-t-il, pourrait rapporter 2,5 milliards d’euros sur cinq ans, alors qu’une idée similaire portée par une douzaine de grands clubs européens a récemment été rejetée sur le vieux continent. Si cette Super ligue devait voir le jour en Afrique, « elle enrichirait les plus riches et appauvrirait les plus pauvres », affirment ses détracteurs.

Alors que le paysage du ballon rond est en pleine mutation, les Africains hésitent à y prendre pleinement part. Il ne devrait pas être question pour eux d’importer des idées d’ailleurs mais de lutter pour imposer les leurs, afin de faire prévaloir leurs intérêts.

Georges Dougueli

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

Fraude sur l’âge dans le foot : en Suède, l’« affaire » Silas Nwankwo

février 8, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Le physique du footballeur nigérian et sa présentation dans un jeu vidéo laisse supposer qu’il aurait dissimulé sa vraie date de naissance. Les réseaux sociaux s’enflamment…

Quand il n’y a plus d’actualité footballistique, il y en a encore. Et quand un cas flagrant de fraude sur l’âge d’un footballeur laisse penser que la leçon est retenue, d’autres apparaissent de façon récurrente. Quelques jours après la clôture de la phase finale camerounaise de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), c’est le club suédois de Mjällby AIF qui alimente l’actualité du ballon rond africain.

Le 4 février, à grand renfort de chiffres, Hasse Larsson, directeur sportif de l’équipe de la ville de Sölverborg, présente sa nouvelle recrue nigériane, notamment sur Twitter : « 35 », le nombre de matchs de championnat joués par Silas Nwankwo en D1 nigériane, la saison passée ; « 19 », ses buts et « 8 », ses passes décisives au cours de ces confrontations – ce qui fait de lui le meilleur buteur du championnat ; « 2025 », l’échéance de son contrat au Mjällby AIF. Mais c’est un autre nombre qui interpelle les twittos, à la vue du faciès du footballeur dans son maillot noir et or : « 18 », son âge présumé…

Bronca sur les réseaux sociaux

Pour certains, les aspérités de son visage laissent imaginer un âge bien différent. L’internaute Doxell Jó Mut est catégorique : « C’est un mytho, c’est minimum 40 ans ce visage ». Faussement naïf, BangUijo rétorque : « 18 ans de carrière non plutôt ? ». Enthousiaste, Dr.E décrète : « Dorénavant j’ai 10 ans. » Manifestement blasé, @melschistad affirme que la question n’est plus de savoir si le joueur venu du club de Nasarawa United a 18 ans, mais « depuis combien d’années il a 18 ans ».

Deux dates de naissance

Si l’évaluation d’un âge sur simple photo est somme toute relative, et si les procès d’intention sont légion dans le domaine concurrentiel du foot, un autre élément vient troubler les sceptiques. D’après des captures d’écrans rapidement diffusées du jeu « Football Manager 2021 », Silas Nwankwo serait né le 11 juin 1996, ce qui lui conférerait l’âge de 25 ans et 7 mois. Certes, le fameux jeu de management sportif est réputé pointilleux et son édition 2022 affirme, cette fois, que le footballeur serait né le 12 décembre 2003. Il n’aurait alors que 18 ans et 2 mois, âge effectivement retenu par ses nouveaux employeurs suédois. Le journaliste Rasim Reiz promet une enquête approfondie…

Sur le continent des « né vers » où les parents mettent parfois du temps à déclarer les accouchements, les supercheries à la date de naissance ne sont pas une nouveauté. Dans le domaine du football, la suspicion est telle que des sites internet comme Vudaf publient des tops récurrents des « footballeurs africains qui ont l’air plus vieux que leur âge ». En 2020, le directeur de la West African Football Academy, Karel Brokken, a soutenu que « 95 % des joueurs africains trichent sur leur âge ». L’ancien milieu de terrain international Guirane N’Daw a renchéri en déclarant « [avoir] triché sur [s]on âge, comme 99 % des joueurs sénégalais ». Selon lui, « en Afrique, le joueur qui ne diminue pas son âge ne pourra pas être professionnel ».

Si de nombreux acteurs du ballon rond s’accommodent de cette fraude persistante au rajeunissement artificiel, la Confédération africaine de football (CAF) a commencé à estimer les âges osseux par des tests IRM, avant certaines compétitions de mineurs.

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Sénégal – Violences dans les stades : les navétanes victimes de leur succès ?

décembre 19, 2021
Lors de la finale des navétanes de Mbour, en 2015. © Moussa Diallo via Youtube

Suspendu à Dakar en raison d’affrontements entre supporters, ce tournoi de football amateur et très populaire est l’enjeu d’intérêts politiques et occultes. Peut-il vraiment être réformé ?

Les « navétanes » reprendront-elles à Dakar ? Ce tournoi de football amateur, qui se déroule en marge des ligues professionnelles, a été suspendu le 7 décembre dans la capitale sénégalaise par Matar Bâ, le ministre des Sports, en raison de violences répétées. La veille, des affrontements entre supporters et policiers avaient fait au moins deux morts et une trentaine de blessés dans le stade Ngalandou-Diouf, à Rufisque. S’y tenait une demi-finale opposant l’ASC Thiawlène à l’ASC Guiff. Deux équipes de quartiers dont les supporters sont connus pour leur fanatisme.

MACKY SALL AVAIT DÉNONCÉ SUR TWITTER « UNE SPIRALE DE VIOLENCES QUI [DEVAIT] IMMÉDIATEMENT CESSER »

Dès le coup d’envoi, la tension était palpable. Le match a basculé vers la fin de la deuxième période après que l’ASC Guiff a pris l’ascendant en ouvrant le score sur un penalty contesté. Impuissants, les préposés à la sécurité n’ont pu empêcher une foule surexcitée d’envahir la pelouse et de saccager le stade pourtant remis à neuf il y a trois ans. « Il y avait déjà eu des bagarres avant que le match ne commence, raconte un témoin basé sur place. Les organisateurs n’ont pas eu le discernement de l’annuler. »

Fin novembre déjà, à Guédiawaye, en banlieue dakaroise, la destruction d’une partie du stade Amadou-Barry après des échauffourées entre supporters à l’issue d’une rencontre avait poussé le préfet à suspendre la compétition au niveau départemental. Face à ces multiples incidents, le président Macky Sall avait dénoncé sur twitter « une spirale de violences qui [devait] immédiatement cesser », tandis qu’au Parlement, plusieurs députés appelaient à une grande réforme de cette compétition dont les enjeux dépassent le simple cadre récréatif.

Le club le plus titré du pays

C’est en 1969, avec la réforme du sport initiée par Lamine Diack, alors commissaire aux Sports sous Léopold Sédar Senghor, que le phénomène prend de l’ampleur. « À l’époque, les équipes de football étaient beaucoup trop nombreuses. Et l’élite sportive était très dispersée. Il fallait fusionner les associations sportives », rappelle Alioune Diakhaté Mbaye, docteur en sciences sportives et auteur de l’ouvrage Les Sports navétanes au Sénégal, publié en 2017 aux éditions L’Harmattan.

NAVÉTANE EST UNE FRANCISATION DU MOT WOLOF NAWET, QUI VEUT DIRE « HIVERNAGE »

Cette restructuration a notamment permis la création du Jaraaf de Dakar, le club de football le plus titré du Sénégal, né de la fusion entre Les Espoirs de Dakar et le Foyer France Sénégal. « Ces fusions ont marqué la renaissance du football sénégalais. Mais la réforme a laissé sur le carreau beaucoup de jeunes footballeurs qui se sont finalement repliés sur les équipes de quartier », déplore Alioune Diakhaté Mbaye.

Au début, les tournois se déroulaient durant trois mois, pendant les vacances scolaires et universitaires, entre juillet et septembre. Ce qui coïncidait avec la saison des pluies, d’où le nom de navétane, une francisation du mot wolof nawet, qui veut dire « hivernage ».

Mais très vite, l’engouement suscité par les équipes contraint l’État à encadrer le phénomène en créant, en 1976, l’Organisation nationale pour la coordination des activités de vacances (Oncav), à laquelle doivent s’affilier toutes les associations sportives et culturelles de quartier ainsi que leurs joueurs. La structure compte aujourd’hui plus de 8 000 équipes de navétanes, dont 600 uniquement à Dakar.

LES ENJEUX SONT DEVENUS BEAUCOUP PLUS IMPORTANTS, LES MATCHS DRAINENT ÉNORMÉMENT DE MONDE

Aujourd’hui, le calendrier des très populaires navétanes s’est rallongé et chevauche la rentrée scolaire. « Avec ce grand nombre d’équipes, les enjeux sont devenus beaucoup plus importants. Les matchs drainent énormément de monde », souligne Mamadou Koumé, journaliste sportif. Entre 2 000 et 3 000 supporters en moyenne. « Certains matchs se jouent même à guichets fermés. Ils attirent plus de spectateurs que les rencontres du championnat professionnel », affirme Daddy, joueur de navétanes de 29 ans dont le rêve de devenir professionnel a été brisé par un agent peu scrupuleux. Plusieurs gloires sénégalaises y ont d’ailleurs fait leurs premiers pas, à l’image d’El Hadj Diouf, Tony Sylva, Ousmane Sène, Jules Bocandé ou de footballeurs en train d’émerger, comme Diafra Sakho ou Cheikh Ndoye.

Très grande opacité

Avec des billets vendus entre 500 et 2 000 F CFA, les recettes au bout d’une saison (qui peut durer jusqu’à six mois, de juillet à janvier) se chiffrent en plusieurs dizaines de millions de francs CFA partagés entre l’Oncav, qui organise les matchs, les gestionnaires de stades et les municipalités. En 2020, les phases nationales, qui regroupent les champions des différentes régions du pays, ont généré environ 80 millions de F CFA (120 000 euros). Mais seul un faible pourcentage revient aux équipes elles-mêmes. « Les fonds sont gérés dans une très grande opacité. On ne sait pas comment l’argent est redistribué », dénonce Mamadou Koumé, également auteur de Sénégal – la saga de l’équipe nationale de football, sorti en novembre aux éditions L’Harmattan. Contacté par Jeune Afrique, Amadou Kane, président de l’Oncav et actuel vice-président de la Fédération sénégalaise de football, n’a pas répondu à nos sollicitations.

LES POLITIQUES S’INTÉRESSENT BEAUCOUP AUX NAVÉTANES

De fait, les équipes doivent compter sur les dons et le mécénat d’opérateurs économiques mais surtout d’acteurs politiques pour exister. « Les politiques s’intéressent beaucoup aux navétanes, parce que c’est un phénomène massif. Pour avoir une base politique dans un quartier, il faut s’appuyer sur les navétanes. Et l’opposition comme le pouvoir veulent les contrôler », assure Alioune Diakhaté Mbaye.

Ascension politique

Un grand nombre de personnalités ont bâti leur ascension politique au Sénégal en sponsorisant les équipes de leur commune. À commencer par Matar Bâ, le ministre des Sports et actuel maire de Fatick, qui a présidé l’Oncav entre 2008 et 2011. Ou encore comme Abdoulaye Saydou Sow, ministre de l’Urbanisme et actuel président de la ligue de football amateur, également passé à la tête de l’Oncav. Il dirige l’AS Kaffrine, club phare de la région du même nom, qui évolue aujourd’hui en national 1 après avoir longtemps été une équipe de navétanes.

À Keur Massar, à l’est de Dakar, Daddy attend avec impatience la reprise de la compétition, mais la saison pourrait être définitivement arrêtée si de nouveaux incidents étaient enregistrés. « L’attachement des populations aux équipes est extrêmement fort. Mais les violences constatées ces derniers jours dans les stades ne diffèrent pas de celles de mars 2021 dans les rues [après l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko], estime Alioune Diakhaté Mbaye. Beaucoup de ces jeunes viennent de quartiers défavorisés où sévit le chômage. Ce sont des personnes qui se défoulent à la moindre occasion parce qu’elles n’ont pas de perspectives. »

Avec Jeune Afrique par Mawunyo Hermann Boko

Gabon : le pays abrite-t-il le plus grand scandale de pédophilie de l’histoire du football ?

décembre 17, 2021
Patrick Assoumou Eyi, ancien entraîneur de l’équipe des moins de 17 ans du Gabon, est aujourd’hui directeur technique de la première ligue du pays. © DR

Une enquête du quotidien britannique « The Guardian » révèle des accusations de viol à l’encontre de Patrick Assoumou Eyi, ex-sélectionneur de l’équipe gabonaise des moins de 17 ans. Plusieurs centaines d’enfants auraient été abusés et des personnalités de la Fédération gabonaise de football seraient impliquées.

L’enquête n’en est encore qu’à ses prémices. Mais, selon l’un de ses auteurs, le journaliste Romain Molina, ce pourrait être « la plus grosse affaire de pédophilie de l’histoire du football ». D’après les témoignages recueillis par The Guardian, qui a publié le récit le 16 décembre, Patrick Assoumou Eyi est accusé d’avoir « violé, formé et exploité » de nombreux garçons, alors qu’il était sélectionneur des moins de 17 ans du Gabon, jusqu’en 2017, puis directeur technique de la Ligue de l’Estuaire, poste qu’il occupait encore avant la parution de l’enquête.

Une victime présumée résume les accusations : « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui. C’était la condition pour rester dans l’équipe nationale. […] “Capello” [son surnom] a violé tant de garçons qu’il allait parfois à la campagne pour en trouver de nouveaux. Il profitait de leur pauvreté. […] C’est la réalité du football gabonais depuis des décennies, mais personne ne peut arrêter le système. Les prédateurs sont trop nombreux… »

La Fegafoot impliquée ?

Deux autres victimes présumées ont également affirmé que Patrick Assoumou Eyi les avait maltraitées alors qu’elles avaient moins de 18 ans et fréquentaient l’Académie Club de Libreville, située à Akanda, entre 2017 et 2019. Un ancien joueur a quant à lui déclaré que l’entraîneur attirait les jeunes garçons chez lui et qu’il avait rebaptisé son domicile le « jardin d’Eden ».

La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) était-elle au courant des soupçons pesant sur l’ancien sélectionneur ? Toujours dans The Guardian, un ancien responsable de la Fegafoot a affirmé qu’il avait tenté de faire part de ses préoccupations concernant des allégations d’abus sexuels lors d’une réunion du conseil d’administration en 2019. Il assure avoir ensuite été démis de ses fonctions. La Fegafoot nie cette version des faits et a précisé dans un communiqué n’avoir « jamais enregistré de plaintes relatives à un acte de cette nature ».

Une enquête ouverte par le ministère des Sports

Les victimes présumées ont quant à elles expliqué ne pas avoir contacté la police au Gabon par manque de confiance à l’égard des autorités. En revanche, une plainte a été déposée par la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro), le syndicat mondial des joueurs. « Nos enquêtes préliminaires ont donné des preuves cohérentes de témoins crédibles qui parlent tous d’une pratique continue et bien ancrée consistant à forcer les jeunes joueurs à avoir des relations sexuelles comme condition préalable aux opportunités de football », écrit le syndicat dans cette plainte consultée par The Guardian.

« On parle de plusieurs centaines de jeunes joueurs abusés, a expliqué Romain Molina sur Twitter. Patrick Assoumou Eyi n’est que le premier de la liste. Nous publierons un prochain volet des abus sexuels sur jeunes footballeurs au Gabon avec le nom d’autres prédateurs impliqués dans les hautes sphères du football gabonais. » Ce 17 décembre, le ministre des Sports a annoncé la suspension provisoire de Patrick Assoumou Eyi et l’ouverture d’une enquête à la suite des témoignages révélés par le quotidien britannique.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Le Canada poursuit sa quête d’une place au mondial avec un gain contre le Costa Rica

novembre 13, 2021

EDMONTON — L’équipe nationale masculine du Canada poursuit sa quête afin de décrocher une place à la Coupe du monde de soccer 2022 au Qatar. Un but de Jonathan David a procuré aux Canadiens une importante victoire de 1-0 sur le Costa Rica, vendredi soir, au stade du Commonwealth d’Edmonton.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le but marqué à la 57e minute de jeu a permis au Canada de faire un pas de plus vers son objectif, en plus de faire exploser de joie les 48 806 partisans présents.

«L’atmosphère était électrique, absolument électrique, a souligné l’entraîneur-chef John Herdman après la partie. À chaque moment important du match, les partisans étaient derrière nous.»

David a été vif pour récupérer un ballon échappé par le gardien Leonel Moreira dans la zone de réparation et l’envoyer au fond du filet.

Avec ce gain les hommes de Herdman viennent solidifier leur troisième place au classement du tournoi de qualification de la CONCACAF. Avec ses 13 points, le Canada a maintenant deux points d’avance sur le Panama et seulement un point de retard sur les États-Unis et le Mexique au sommet.

«Nous sommes à un point de la première position et l’on sait quelles sont nos ambitions», a commenté le latéral gauche Sam Adekugbe, identifié comme le joueur du match par Herdman.

Le Canada est toujours invaincu en sept parties, avec trois victoires et quatre verdicts nuls. Le top-3 du tournoi à huit équipes ira directement au mondial.

Le Costa Rica (1-4-2), pointe au cinquième rang avec six points en sept matchs.

Quelques minutes avant le but de David, Tajon Buchanan était passé bien près d’ouvrir la marque quand sa bicyclette a battu Moreira, mais le ballon est allé frapper la barre horizontale.

En première demie, les Canadiens ont menacé à la 15e minute lorsqu’un coup de pied de coin d’Alphonso Davies a fait son chemin à travers le groupe de défenseurs du Costa Rica pour finir son parcours sur la barre horizontale.

Ce match marquait justement le retour à la maison de Davies, le fils prodigue. L’attaquant du Bayern Munich et grande vedette internationale revenait à Edmonton, la ville où il a grandi, pour défendre les couleurs de son pays.

Tout au long du match, il s’est retrouvé étroitement surveillé par deux ou trois joueurs costaricains dès qu’il s’approchait du ballon. Il a tout de même eu quelques occasions de faire mouche, dont à la 66e minute lorsqu’il a pu prendre un bon tir, mais le ballon est passé au-dessus du filet.

Lorsqu’on lui a demandé si son joueur vedette avait tenté d’en faire trop, le coach Herdman s’est porté à la défense de son attaquant.

«La première chose que les partisans veulent voir, c’est Phonzie avoir le ballon, a-t-il répondu. La deuxième chose qu’ils veulent le voir faire, c’est dribler. Je ne vais puis lui enlever ça.»

«Dans une soirée comme celle-là, laissez-le vivre son moment», a-t-il ajouté.

Herdman s’attend tout de même à ce que Davies connaisse un bien meilleur match mardi face au Mexique.

Cette semaine, Davies avait confié qu’il aurait «un peu de papillons», mais qu’il chasserait rapidement la nervosité pour se concentrer à récolter les trois points associés à une victoire. Il pourra dire «mission accomplie».

La meilleure chance du Costa Rica est survenue à la 34e minute quand Youstin Salas y est allé d’une volée qui a forcé le gardien Milan Borjan à plonger pour effectuer l’arrêt.

«On a entrepris le match avec un plan pour gagner, a commenté l’entraîneur-chef du Costa Rica Luis Fernando Suarez par l’entremise d’un interprète. Ce qu’on doit améliorer, c’est notre attaque. On a manqué nos chances quand on avait le ballon.»

Appelé comme remplaçant à la 82e minute, Iké Ugbo a effectué ses débuts sur la scène internationale avec le Canada. Ugbo a représenté l’Angleterre chez les U17 et les U20, mais a déclaré la semaine dernière son intention de représenter le Canada chez les seniors.

Le Canada recevra le Mexique, mardi, toujours à Edmonton.

Avec La Presse Canadienne

Football : la justice espagnole veut l’incarcération de Lucas Hernandez

octobre 13, 2021

Il est reproché au défenseur international français de ne pas avoir respecté une mesure d’éloignement imposée après une rixe avec sa compagne en 2017.

La justice espagnole a ordonne l'incarceration du lateral de l'equipe de France Lucas Hernandez.
La justice espagnole a ordonné l’incarcération du latéral de l’équipe de France Lucas Hernandez.© FRANK HOERMANN/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP

L’information diffusée mercredi 13 octobre par l’Agence France-Presse vient confirmer celle communiquée par le quotidien espagnol As. La justice espagnole a ordonné l’incarcération du latéral de l’équipe de France Lucas Hernandez. Il est reproché au défenseur international français du Bayern Munich de ne pas avoir respecté une mesure d’éloignement imposée à la suite d’une rixe avec sa compagne, qui s’était déroulée en 2017. L’annonce a été faite par le Tribunal supérieur de justice de Madrid.

Lucas Hernandez, champion du monde 2018 et vainqueur de la Ligue des nations avec les Bleus dimanche contre l’Espagne, devra se présenter le 19 octobre devant un tribunal de Madrid afin que l’ordonnance d’incarcération lui soit notifiée. Il aura, après cette audience, dix jours pour entrer « volontairement » en prison. Mais, selon le tribunal, l’ancien défenseur de l’Atlético Madrid a déjà fait appel de la décision et pourrait éviter la prison si son recours était accepté. En Espagne, les peines de prison inférieures à deux ans ne sont généralement pas appliquées sauf s’il s’agit d’une récidive, auquel cas l’incarcération est exigée même si la peine est très courte.

La première condamnation de Lucas Hernandez dans cette affaire remonte à février 2017. Le défenseur avait alors été condamné, tout comme sa compagne, à 31 jours de travaux d’intérêt général et à une mesure d’éloignement et d’interdiction d’entrer en contact durant six mois pour des violences conjugales mutuelles. Seulement quatre mois plus tard, le joueur et sa compagne avaient été interpellés à l’aéroport de Madrid-Barajas alors qu’ils revenaient de vacances. Le footballeur avait été retenu quelques heures en garde à vue par les forces de l’ordre pour ne pas avoir respecté la mesure d’éloignement imposée en 2017, avant d’être remis en liberté. Jugé pour non-respect de la mesure d’éloignement, il avait été condamné en 2019 à six mois de prison. Sa compagne n’avait en revanche pas été arrêtée à l’aéroport car la mesure d’éloignement ne lui avait pas encore été notifiée officiellement à ce moment-là. Elle n’était donc pas en tort.

Par Le Point avec AFP