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Football : Cristiano Ronaldo quitte Manchester United

novembre 22, 2022

Le club anglais Manchester United annonce le départ du joueur portugais. Un départ décidé « d’un commun accord, avec effet immédiat ».

Cristiano Ronaldo quitte le Manchester United d'un commun accord avec le club.
Cristiano Ronaldo quitte le Manchester United d’un commun accord avec le club.© RICARDO LARREINA / Spain DPPI / DPPI via AFP

Manchester United a annoncé dans un communiqué le départ de Cristiano Ronaldo. Une décision prise « d’un commun accord, avec effet immédiat », précise le communiqué du club anglais publié mardi 22 novembre, alors que le joueur portugais est actuellement au Qatar pour la Coupe du monde. « Le club le remercie pour son immense contribution au cours de ses deux passages à Old Trafford, marquant 145 buts en 346 apparitions, et lui souhaite, ainsi qu’à sa famille, un bel avenir », ajoute Manchester United à propos du départ de la star portugaise de 37 ans, qui a pourtant vivement critiqué son entraîneur et ses dirigeants dans un entretien à la chaîne TalkTV.

« Tout le monde à Manchester United reste concentré sur la poursuite des progrès de l’équipe sous la direction d’Erik ten Hag et sur le travail en commun pour obtenir des succès sur le terrain », conclut le club.

«Ce ne sont pas mes amis »

Dans un entretien accordé au présentateur anglais Piers Morgan sur TalkTV, diffusé en plusieurs parties mi-novembre, la star portugaise avait affirmé à propos de son entraîneur Erik ten hag : « Je n’ai pas de respect pour lui parce qu’il ne montre aucun respect pour moi. »« Pas seulement l’entraîneur, mais deux ou trois autres types autour du club. Je me sens trahi », avait ajouté le quintuple Ballon d’or. Il s’est également attaqué aux propriétaires de Manchester United, la famille Glazer, qui « ne se soucient pas » du succès sportif de leur équipe, et avait aussi égratigné ses anciens coéquipiers Wayne Rooney et Gary Neville, qui l’ont critiqué : « Ce ne sont pas mes amis. »

Après un premier passage (2003-2009) couronné de succès avec trois titres en Premier League et une Ligue des champions remportés sous la direction d’Alex Ferguson, Cristiano Ronaldo est revenu chez les Red Devils lors de l’été 2021. Mais la non-qualification de son équipe en Ligue des champions à l’issue de la saison 2021-2022, puis son temps de jeu réduit ces derniers mois ont compliqué son deuxième passage à Manchester. Les récents propos cinglants de CR7 contre son club ont précipité le divorce.

Vendredi dernier, Manchester United avait annoncé avoir « enclenché des mesures appropriées » en réponse aux attaques de son joueur vedette. La star portugaise avait assuré de son côté que son conflit ouvert avec son club « n’ébranlerait pas » sa sélection durant le Mondial 2022, qu’elle entame jeudi contre le Ghana.

Par Le Point avec AFP

Football : Brice Samba sera probablement en coupe du monde avec l’Équipe de France

octobre 24, 2022

Les chances pour les congolais de voir Brice Samba endosser le maillot des Diables rouges semblent s’éloigner. Après la blessure de Mike Maignan forfait pour le mondial, le choix du franco-congolais Brice Samba qui a le vent en poupe en championnat, semble acté pour le remplacer.

Arrivé au RC Lens l’été dernier en provenance de Nottingham Forest où il avait brillé de mille feux, Brice Samba fait sensation chez les Sang et Or, au point que son nom figure déjà sur le carnet de Didier Deschamps au nombre des potentiels gardiens.

Brice Samba peut jouer la Coupe du monde avec l’équipe de France et l’hypothèse n’est pas à exclure.

Récemment noté par les journalistes du journal L’Équipe, le portier d’origine congolaise est devenu le meilleur gardien de Ligue 1 avec une note moyenne de 6,27 par rencontre, loin devant le Rennais Steve Mandanda (5,56) et le Nantais Alban Lafont (5,55).

Brice Samba garde une constance dans les buts et s’impose en dernier rempart et il le prouve à chaque match sur le terrain.

Mike Maignan, le gardien du Milan AC et doublure d’Hugo Lloris chez les Bleus est blessé au mollet depuis le 22 septembre. Il aurait fait une rechute qui pourrait l’empêcher de jouer la Coupe du monde.

Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, pourrait appeler Brice Samba en cas de forfait de Maignan. Ce qui est du reste confirmé car les soins et la récupération sortent des clous du délai pour le mondial, pas avant 2023.

Agé de 28 ans, Brice Samba, est né le 25 avril 1994 à Linzolo en République du Congo. Le gardien de but du RC Lens est le fils de Brice Samba, ancien gardien international congolais.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Football : Kanté, blessé, pourrait être forfait pour le Mondial au Qatar

octobre 14, 2022

Le milieu récupérateur a fait une rechute à sa blessure aux ischio-jambiers, compromettant sa participation à la Coupe du monde avec l’équipe de France.

N'Golo Kante pourrait bien etre forfait pour la Coupe du monde au Qatar qui debute en novembre. Il serait un grand absent pour l'equipe de France, d'autant plus que son compere habituel au milieu de terrain, Paul Pogba, est lui aussi incertain.
N’Golo Kanté pourrait bien être forfait pour la Coupe du monde au Qatar qui débute en novembre. Il serait un grand absent pour l’équipe de France, d’autant plus que son compère habituel au milieu de terrain, Paul Pogba, est lui aussi incertain.© LINDSEY PARNABY / AFP

«  Ce ne sont pas de bonnes nouvelles », a dit vendredi l’entraîneur de Chelsea, Graham Potter, à propos du milieu français N’Golo Kanté dont la blessure à une cuisse pourrait compromettre sa présence au Mondial, selon le quotidien L’Équipe. « Il doit voir un spécialiste ce week-end. C’est une rechute, ce ne sont pas de bonnes nouvelles, mais je ne peux pas vous en dire plus à ce stade », a ajouté Potter.

Alors que la liste du sélectionneur Didier Deschamps est prévue pour le 9 novembre, le quotidien sportif L’Équipe présente le forfait de Kanté pour la Coupe du monde au Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022 comme acquis. Deschamps, à Nice vendredi, dans le cadre d’une visite du musée des Sports n’a pas voulu commenter l’état de santé de ses joueurs blessés comme Paul Pogba et donc N’Golo Kanté. « J’ai des nouvelles, a-t-il lancé. Chaque chose en son temps. Certains joueurs ont des soucis et des blessures. Espérons que tout ira dans le bon sens. Il y a encore du temps pour avoir plus de certitude. »

Kanté, qui évolue chez les Blues depuis 2016, a été amoindri par des blessures à répétition au cours des deux dernières années. Le milieu récupérateur n’est plus apparu sur un terrain depuis le 14 août dernier, lors d’un derby en Premier League face à Tottenham. Il avait été essentiel au succès de la France en Russie lors de la Coupe du monde 2018 et serait un grand absent pour l’équipe de Didier Deschamps.

Par Le Point avec AFP

Football : gros chèques, salaires en hausse… le point sur les transferts des principaux joueurs africains

septembre 11, 2022

Le mercato estival s’est révélé particulièrement animé pour plusieurs joueurs africains. Avec la Ligue des champions et la Coupe du monde qui s’annoncent, leur valeur pourrait encore évoluer.

Sadio Mane, Pierre-Emerick Aubameyang et Achraf Hakimi, respectivement jouers du Bayern Munich, de Clesea et du Paris Saint-Germain. © MONTAGE JA : Marco Canoniero/Shutterstock/SIPA ; David Ramos/GettyImages via AFP ; Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

On s’attendait à un été européen particulièrement chaud. Il le fut, et pas seulement d’un point de vue climatique. En cette année de Coupe du monde qui se déroulera du 20 novembre au 18 décembre au Qatar, et pour laquelle cinq sélections africaines (Maroc, Tunisie, Sénégal, Ghana, Cameroun) sont qualifiées, plusieurs joueurs en ont profité pour changer d’air. Les montants des transferts se sont révélés élevés, les niveaux de rémunération aussi. Même un joueur comme l’Égyptien Mohamed Salah (30 ans), qui ne participera pas à la Coupe du Monde, a vu son sort s’améliorer à Liverpool.

Le capitaine des Pharaons est en effet aujourd’hui le footballeur le mieux payé de l’histoire des Reds, au sein desquels il est devenu un élément essentiel. Buteur et passeur multirécidiviste ces dernières années, l’Égyptien gagnait jusqu’alors 1 million d’euros par mois. En fin de contrat le 30 juin 2023 et en position de force pour négocier une prolongation, l’ancien joueur de l’AS Rome a touché le jackpot, puisqu’il empochera désormais 1,6 million d’euros mensuels, sans compter les primes. Désormais lié à Liverpool jusqu’au 30 juin 2025, sa valeur marchande est aujourd’hui estimée à 90 millions d’euros. Son ancien coéquipier en Angleterre, le Sénégalais Sadio Mané, 30 ans également, a quant à lui décidé de quitter les bords de la Mersey pour le Bayern Munich, le meilleur club allemand.

Salaire en or pour Salah et Mané

Dans l’opération, Liverpool a récupéré un chèque de 32 millions d’euros, correspondant à l’indemnité de transfert d’un joueur acheté 36 millions d’euros en 2016 à Southampton. Mais c’est incontestablement le champion d’Afrique en titre qui a réalisé la meilleure opération. À Liverpool, le Casamançais ne gagnait « que » 6,1 millions d’euros par an, un montant auquel venaient s’ajouter des primes juteuses.

À Munich, où il passera les trois prochaines années de sa vie, il émargera à 20 millions d’euros brut annuels, soit 1,15 million d’euros versé à la fin de chaque mois sur son compte en banque. Son compatriote et coéquipier au sein des Lions de la Teranga, Kalidou Koulibaly (31 ans), a lui aussi vu ses gains bondir, à la faveur de son transfert de Naples (Italie) à Chelsea (Angleterre) pour 38 millions d’euros, une somme substantielle pour un défenseur ayant dépassé les 30 ans. « S’ils font une bonne Coupe du monde, Mané et Koulibaly, qui viennent de changer de club, ne pourront pas demander une augmentation avec le Bayern et Chelsea. Mais ils pourraient s’en servir pour négocier de meilleurs contrats avec leurs sponsors », explique Vincent Chaudel, président de l’Observatoire du Sport Business.

À Naples, Koulibaly touchait 6 millions d’euros par saison. Aurelio de Laurentiis, son président, avait même envisagé, avant l’offensive des Anglais, de lui offrir à partir de la saison 2022-2023 le plus gros salaire du club. À Londres, ses émoluments ont fait un bond de 4 millions d’euros par an. Dans le vestiaire londonien, Koulibaly a retrouvé l’attaquant gabonais Pierre-Emerick Aubameyang (33 ans), acheté par Chelsea 14 millions d’euros au FC Barcelone.

Aubameyang, fin négociateur

Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’ex-capitaine des Panthères du Gabon – il a mis un terme à sa carrière internationale en mai dernier – a su faire fructifier son patrimoine. Fin janvier, il avait quitté Arsenal, un autre club de Londres, pour s’engager au FC Barcelone. Arsenal lui versait un salaire mensuel de 1,7 million d’euros. Pour l’encourager à faire ses valises, les dirigeants anglais lui avaient signé un chèque 8,4 millions d’euros, correspondant à ses salaires jusqu’à la fin de la saison 2021-2022.

Aubameyang, qui était sous contrat jusqu’au 30 juin 2023, aurait dû toucher 20,4 millions d’euros lors de sa dernière saison chez les Gunners, une somme économisée par ses ex-employeurs. À Barcelone, où il a globalement donné satisfaction sportivement, son salaire était de 400 000 euros par mois (du 1er février au 30 juin), mais devait passer à 1,5 million d’euros à partir du 1er juillet, selon la presse catalane. Il semblerait qu’il touchera cette somme à Chelsea.

Mahrez, Ziyech, Hakimi, des contrats en béton

Enfin, parmi les footballeurs africains les plus à l’aise financièrement, on retrouve l’Algérien Ryad Mahrez (31 ans), dont la valeur marchande est estimée à 35 millions d’euros, et qui perçoit à Manchester City (Angleterre), un confortable salaire annuel de 7,2 millions d’euros hors primes.

C’est un peu plus que l’attaquant marocain Hakim Ziyech (29 ans), dont la rémunération est de 6,1 millions d’euros par an à Chelsea. Celui qui devrait retrouver la sélection marocaine lors de la Coupe du monde, après une fâcherie avec Vahid Halilhodžić, l’ex-sélectionneur des Lions de l’Atlas remplacé par Walid Regragui, ne veut pas baisser son salaire, alors que le Milan AC, Tottenham et l’Ajax Amsterdam, son club formateur, aimeraient le recruter (sa valeur est estimée à 28 millions d’euros). Lyon garde également un œil sur le Marocain, en vue du mercato hivernal.

Son compatriote Achraf Hakimi (23 ans) est quant à lui assuré de rester au Paris Saint-Germain cette saison. On le comprend : avec un salaire mensuel de 865 000 euros, assorti de quelques bonus, le défenseur, acheté 60 millions d’euros (+ 11 millions de bonus) en juillet 2021 est un des joueurs les mieux rémunérés par le PSG.

« Si un joueur fait une belle Coupe du monde, en plus de briller en Ligue des champions et dans son championnat, et que la fin de son contrat approche, il pourra être en position de force pour négocier une prolongation, avec une augmentation de salaire importante. Et les clubs, pour repousser la concurrence, réagissent en général très vite pour garder leur joueur », conclut Vincent Chaudel. L’excellente santé financière des clubs où évoluent ces joueurs peut leur permettre de faire quelques folies…

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Coupe du Congo de football : AS Otohô et les Diables noirs convoitent le trophée

août 9, 2022

Sans surprise, la finale de la Coupe du Congo 2022 mettra aux prises le 14 août le champion du Congo à son dauphin.  L’AS Otohô-Diables noirs est le remake de  la finale de la Coupe du Congo  2018 au cours de laquelle les  Diablotins s’étaient imposés devant l’AS Otohô.

Les maladresses des Aiglons ont propulsé les Diables noirs en finale/Adiac 

L’AS Otohô s’est qualifiée pour la finale en battant l’Interclub au stade annexe de Kintélé 3-1.   Kader Bidimbou, Roland Okouri et Jaurès Ngombé ont confirmé l’avance que l’équipe championne du Congo avait prise lors du match aller (2-0) au stade Marien-Ngouabi à Owando.

L’AS Otohô disputera sa troisième finale de la Coupe du Congo avec l’ambition de remporter le trophée qui  manque à son palmarès. En 2018 lors de sa première finale, elle s’était inclinée 3-5 aux tirs au but après un score de 0-0 au temps règlementaire. En 2019, elle a subi le même sort devant l’Etoile du Congo.  Pour la troisième tentative, la tâche ne sera pas aisée face à l’équipe la plus titrée de la compétition. Les Diablotins qui  courent derrière leur 9e consécration après 1989, 1990, 2003, 2005, 2012, 2014, 2015 et 2018. « Nous sommes dans une équipe à pression. Quand nous arrivons à cette étape, nous pensons à ceux qui nous soutiennent et on ne se permet pas de s’éliminer à cette étape. Si vous regardez les archives en 2018, nous avions battu en finale l’AS Otohô à Brazzaville. Les années se sont passées. L’AS Otohô a pris le dessus sur nous au championnat. Mais l’équipe de Diables noirs s’est revêtue d’un autre habit. Une finale ne se joue pas mais elle se gagne. Nous allons en finale pour gagner la coupe », a assuré Clément Massamba, le coach des Diables noirs après la qualification contre le Club athlétique renaissance aiglons (Cara).  

Après leur courte victoire 1-0 au match aller, les Diablotins se sont contentés d’un nul blanc le lundi pour se qualifier pour la finale. Au cours de ce match, les Aiglons se sont procuré de meilleures actions du match mais ils ont pêché par le manque de réalisme. Lors de ces 22 dernières années, les Diables noirs ont disputé huit finales pour six victoires et deux défaites.  Les jaune et noir auront à cœur l’envie de prendre leur revanche sur l’équipe qui les avait battus au championnat 1-2 après le nul de 2-2 à l’aller.

Avec Adiac-Congo par James Golden Eloué

Gabon – Football : avarie d’avion, joueurs manquants, absence de maillots…. Les folles galères des Panthères

juin 11, 2022

La sélection gabonaise a vécu des moments particulièrement agités avant ses deux matches qualificatifs pour la CAN 2023 en RDC (1-0) et face à la Mauritanie (0-0). Des péripéties consécutives à l’incarcération du président de la fédération dans le cadre d’une enquête pour abus sexuels commis par un entraîneur.

Lors des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021 entre le Burkina Faso et le Gabon, au stade Omnisport de Limbé, le 23 janvier 2022. © CHARLY TRIBALLEAU/AFP

S’il ignore ce qu’ont récemment vécu les Panthères du Gabon, un observateur lambda admettrait que les résultats de la sélection nationale lors des deux premières journées des qualifications pour la CAN 2023 sont plutôt honorables, à commencer par la victoire en RDC, le 4 juin (1-0). Mais ce résultat, combiné au match nul obtenu face à la Mauritanie (0-0), quatre jours plus tard à Franceville, a des airs d’exploit, quand on découvre ce qu’il s’est passé durant les jours qui ont précédé le déplacement à Kinshasa.

Atterrissage d’urgence à Barcelone

Patrice Neveu, le sélectionneur français du Gabon, a sans doute vécu un des moments les plus surréalistes de sa carrière. Les Gabonais, qui venaient d’effectuer un stage de quelques jours en Île-de-France, devaient rallier Kinshasa par un avion privé le jeudi 2 juin. « Alors que nous étions en plein vol, le pilote nous a annoncé qu’il devait atterrir d’urgence à Barcelone pour un problème technique. Quand vous apprenez cela, c’est très angoissant, car c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas », explique-t-il.

Le dysfonctionnement est assez important pour que les joueurs et leur staff soient débarqués. « On a trouvé un hôtel, à quarante-cinq minutes de l’aéroport. Puis la compagnie aérienne devait nous envoyer un autre avion le vendredi. » Mais l’appareil n’est jamais arrivé, alors que le match était prévu le lendemain, le 4 juin, à 17 heures, au stade des Martyrs à Kinshasa.

La journée du 3 juin se déroule sans qu’aucune solution n’apparaisse clairement. Alors que la menace d’un forfait se profile, la fédération gabonaise demande à son homologue congolaise de reporter le match au dimanche. « Impossible », répond celle-ci, en expliquant que les Léopards doivent s’envoler vers le Soudan aux alentours de minuit le samedi. « Le vendredi soir, nous sommes donc tous allés nous coucher. Mais à 2 heures du matin, on est venu me réveiller en me demandant de prévenir au plus vite les joueurs, afin de prendre un vol régulier à 4 heures du matin », poursuit Neveu.

Sept joueurs sur le carreau

Sauf que le bus qui doit emmener la délégation gabonaise n’arrive pas. Dix-sept joueurs, dont deux qui étaient blessés, accompagnés notamment du sélectionneur-adjoint, trouvent des taxis pour aller à l’aéroport. Mais le sélectionneur, une partie du staff et sept autres joueurs n’en trouvent pas assez rapidement. Résultat, dit Neveu : « Quand nous sommes arrivés à l’aéroport, l’avion était déjà parti. »

De son côté, la Confédération africaine de football (CAF) fait décaler le coup d’envoi à 21 heures, après avoir reçu le compte rendu du pilote concernant les problèmes techniques l’ayant obligé à se poser d’urgence en Catalogne. Mais Neveu et le reste de la délégation, après avoir espéré pouvoir rejoindre Kinshasa, doivent se résigner. « Nous sommes rentrés le samedi à Paris et avons regardé le match sur internet. » Le Gabon, avec seulement quinze joueurs valides, parvient à s’imposer grâce à un but de Shavy Babicka (20 ans), son premier en sélection.

Les heures qui suivront cette victoire presque miraculeuse ne seront pas plus sereines. La délégation partie de Kinshasa arrive à Libreville le dimanche 5 juin dans la soirée, après un vol de plus de sept heures, les « Parisiens » atterrissent dans la capitale gabonaise le lundi en fin de journée. Mais certains dirigeants de la fédération gabonaise (Fegafoot) veulent que tout ce joli monde s’envole sans tarder pour Franceville, où doit avoir lieu le match face à la Mauritanie, le 8 juin. En off, ils arguent qu’ils souhaitent éloigner les internationaux de Libreville, où les tentations sont grandes.

Les joueurs s’opposent à cette idée, préférant rester à Libreville le lundi soir pour se reposer et partir le mardi matin. Finalement, l’instance, en concertation avec le gouvernement et Patrice Neveu, décale le vol vers Franceville, d’une durée d’un peu plus d’une heure, au mardi matin.

Pas de maillots

Dans le Haut-Ogoué, les Panthères sont reçues le 7 juin par le président Ali Bongo, en visite dans la province. Le chef de l’État a même prévu d’assister au match qui les opposent le lendemain aux Mauritaniens au stade de Franceville (ancien stade Rénovation). Mais le jour du match, un autre contretemps attend les joueurs gabonais, avant le coup d’envoi, quand ils pénètrent dans leur vestiaire.

Ces derniers constatent que les maillots du match ne sont pas dans les casiers, où il n’y a que les tenues d’entraînement. Ce seront donc ces maillots qui seront utilisés… avec les numéros de chacun des joueurs inscrits au feutre. Certains joueurs sont même obligés d’enfiler des maillots trop grands ou trop petits.

« La Fegafoot est totalement désorganisée. Depuis le mois de mai et l’incarcération du président Pierre-Alain Mounguengui [dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels commis sur des mineurs par un entraîneur], les problèmes s’accumulent. Les joueurs sont exténués face à ces multiples problèmes organisationnels. C’est un miracle qu’ils parviennent à avoir des résultats », souffle un proche de la sélection nationale.

Les deux prochains rendez-vous auront lieu au mois de septembre face au Soudan. « J’espère que je n’aurais qu’à m’occuper du terrain, de mes joueurs, et pas du reste. Je suis fier de ce que font les joueurs, mais quand on rencontre tous ces problèmes, je ne peux pas monter trop haut mon niveau d’exigence », conclut Neveu.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Football : Sénégal, un champion en chantier 

juin 10, 2022

ANALYSE. Sur la route du Mondial 2022, les éliminatoires de la CAN 2023 sont pour le champion d’Afrique une occasion de se recalibrer. Une tâche ardue. 

Le Senegal de Sadio Mane est detenteur de la CAN.
Le Sénégal de Sadio Mané est détenteur de la CAN.© SEYLLOU / AFP

La route vers la CAN 2023 a démarré pour le champion d’Afrique, les deux premières journées de qualification venant clôturer une saison historique. Avec quelques interrogations à résoudre à quelques mois de la Coupe du monde. Fini les célébrations de la CAN et des barrages, place aux prochaines échéances, qui arrivent très vite.

Des victoires sans panache

Alors que le Sénégal met un terme à sa saison 2022-2023 sur une bonne entame de la défense de son titre avec les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2023. Une première victoire sur le score de 3-1 face au Bénin, avec un triplé de Sadio Mané, dont deux buts sur pénalty et une victoire hier face au Rwanda, dans un match qui devait se dérouler à Kigali, qui en raison de stades non conformes aux normes internationales, a délocalisé son match… à Dakar, au Stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. Une aubaine donc pour le Sénégal, qui a enchaîné deux matchs à domicile et éviter un long déplacement vers l’Afrique de l’Est. Une victoire dans un match sans relief arraché sur un nouveau pénalty de Sadio Mané au bout du temps additionnel. Trois buts sur pénalty en quatre matchs, dans ce qui est l’un des groupes les plus abordables de ces éliminatoires, de quoi tirer la sonnette d’alarme ? « C’est un match de fin de saison, j’ai senti mes joueurs fatigués, émoussés. C’est bien de savoir gagner dans la difficulté. Les garçons n’ont jamais abdiqué, ils ont continué à travailler. En réalité, on a pu avoir cette occasion-là qui nous permet de gagner 1-0. Nous sommes très satisfaits sur le plan comptable », a déclaré Aliou Cissé en conférence de presse.

Bien évidemment, le fait qu’il s’agisse de la fin de saison a son importance, lorsque l’on prend en compte le lourd calendrier auquel certains joueurs ont été confrontés (dont bien évidemment Sadio Mané). Ceci atténue forcément les circonstances du contenu proposé. Mais n’était-ce donc pas une opportunité de réaliser une rotation afin d’expérimenter de nouvelles options ? La victoire finale à la CAN, suivie du match de barrages pour le Mondial a permis à Aliou Cissé d’être renforcé dans ces certitudes avec une option de jeu en 4-3-3, et une autre en 4-2-3-1, avec Sadio Mané positionné en soutien de l’attaquant de pointe, utilisé lors du match retour du barrage face à l’Égypte. Toutefois, le domaine dans lequel le sélectionneur des Lions doit encore avoir des manques à combler concerne les solutions de rechange, notamment aux postes d’arrière latéral gauche et de milieux offensifs. La dépendance envers l’arrière gauche Saliou Ciss (meilleur latéral de la CAN), Sadio Mané ou Ismaïla Sarr, revenu tout juste de blessure en demi-finale de la CAN (et qui l’a peut-être payé à son retour en club), s’est accentuée et devient une sérieuse interrogation pour les Lions. D’autant plus que le début de la CAN passée, sans relief, rappelle également qu’il y a un travail à accomplir dans ce sens. L’équilibre entre la préservation de la bonne vie de groupe et les performances individuelles de chaque joueur est essentiel, chaque élément doit avoir la capacité de répondre présent si le besoin s’en ressent.

Occasion manquée

Alors que les dates internationales s’étendant du 30 mai au 14 juin, et que ses deux matchs amicaux ont été joués le 4 et le 7 juin, le Sénégal avait l’opportunité d’ajouter un ou deux rencontres amicales afin de pouvoir mieux explorer les différentes options avec, s’il le faut, une équipe remaniée. Pourtant, la Fédération avait pour envie d’organiser un match amical entre les dates du 11 et 13 juin, si possible contre une équipe sud-américaine était envisagée, afin de mieux appréhender l’affrontement à venir face à l’équipe d’Équateur (tombeur du Nigeria 1-0 le vendredi 3 juin passé). Le Brésil, était considéré comme un potentiel adversaire, mais en raison de la tournée asiatique des Auriverde (matchs contre la Corée du Sud et le Japon), il n’était pas possible de dénicher la Seleção pour un match de prestige au stade de Diamniadio. Puis, il a finalement été décidé de ne pas organiser de match amical : « La FSF informe l’opinion publique qu’elle a décidé de surseoir à l’organisation d’un match amical international durant la fenêtre FIFA du 30 mai – 14 juin 2022. […] Cette décision a été prise pour permettre aux joueurs internationaux sénégalais pressentis d’aller en vacances plus tôt que prévu afin de pouvoir bénéficier d’un temps de repos convenable avant de reprendre compétitions en clubs à partir de septembre 2022 puis avec notre équipe nationale pour la préparation et la participation du Sénégal au prochain tournoi final de la Coupe du monde de la Fifa prévu au Qatar. »

D’après le journal local RECORD, la FSF a même été approchée par la Fédération algérienne de football pour un match amical, option qui a été rejetée, car d’après une source le Sénégal n’y voyait pas son intérêt. À défaut d’affronter une équipe sud-américaine, il aurait été possible par exemple, d’utiliser ne serait-ce une équipe africaine pour faire face aux Lions, à l’image de la Gambie qui a reçu le Soudan du Sud au Stade Lat Dior de Thiès (victoire 1-0) en raison de la non-homologation du stade de Banjul, ou du Mali, qui n’a pas réservé de date pour un match amical après les éliminatoires, pour organiser une rencontre amicale de plus. Une liste alternative aurait ainsi pu être confectionnée, permettant à des cadres de partir en vacances, et afin de permettre à certains joueurs d’avoir l’occasion de jouer et donner un aperçu de leurs potentialités, d’autant plus que le prochain regroupement, qui aura lieu en septembre prochain, comptant pour les 3e et 4e journées d’éliminatoires de la CAN sera le dernier avant la Coupe du Monde. « Cette préparation pour la Coupe du monde, on ne l’a pas encore commencée. C’est ça la vérité… La meilleure chose à faire au mois de septembre pour aider les cinq pays africains qui se sont qualifiés, c’est carrément d’arrêter les éliminatoires de la CAN 2023. Et pouvoir donner enfin la possibilité aux pays africains de préparer cette Coupe du monde, sinon on ne pourra jamais la préparer comme il le faut ! » s’est désolé Aliou Cissé à ce sujet.

Un marché des transferts très important à venir

Avec l’ouverture du mercato estival, plusieurs joueurs manquant de temps de jeu en club auront des décisions à prendre en vue de la saison prochaine. En effet, avec une Coupe du monde 2022 se déroulant exceptionnellement en pleine saison, entre la mi-novembre et la fin décembre, les joueurs ne disposeront pas de suffisamment de temps de préparation dont les sélections bénéficient habituellement en fin de saison. Il s’agira donc d’une Coupe du monde où pour être en forme optimale, la préparation de pré-saison ainsi que le temps de jeu dès l’entame de la saison seront des facteurs plus importants que d’habitude pour les joueurs. Les cas d’importants joueurs de la sélection comme Abdou Diallo (PSG), Nampalys Mendy (Leicester) ou encore Bouna Sarr seront essentiels de la quête d’être dans les meilleures conditions possible au mois de novembre. Aux joueurs se retrouvant dans cette situation de trouver l’environnement qui convient pour résoudre ce problème, pour le bien de la sélection.

Avec Le Point avec par Abdoulaye A. Sall

France-Football : Mbappé reste au Paris Saint-Germain la saison prochaine

mai 21, 2022

Selon les informations du quotidien « L’Équipe », l’attaquant a décidé de prolonger avec le club de la capitale.

Il reste. Après un long feuilleton, le joueur Kylian Mbappé a décidé de prolonger son contrat avec le Paris Saint-Germain, comme l’affirme L’Équipe, samedi 21 mai. Selon le quotidien sportif, le contrat n’aurait pas encore été signé par la star du ballon rond, mais les conditions du contrat seraient néanmoins établies. Mbappé devrait rester trois années de plus dans le club parisien, sauf changement de dernière minute.

Pour les dirigeants du PSG, cette signature devenait primordiale pour ne pas laisser filer son joueur vedette. En effet, le contrat initial liant Mbappé à son club arrivait à échéance le 30 juin prochain. Sans reconduction, il aurait pu quitter la France pour rejoindre le Real de Madrid – qui le courtisait également – sans que ce dernier club ait à investir un euro. Chose que l’état-major parisien ne pouvait accepter, puisqu’en 2017 l’achat du petit prodige de Bondy avait coûté 180 millions d’euros au PSG. Une somme record. Le 15 mai dernier, lors de la remise des trophées UNFP, Kylian Mbappé avait expliqué que son choix était « quasiment fait », sans pour autant révéler sa décision.

Selon les informations de RMC Sport, le joueur parisien aurait appelé lui-même le président du club espagnol du Real de Madrid afin de lui annoncer son refus de franchir les Pyrénées. À la suite de cette prolongation, l’organigramme du PSG devrait être profondément remanié. Mauricio Pochettino, actuel entraîneur de l’équipe, pourrait ne pas être renouvelé dans ses fonctions la saison prochaine. En effet, le contrat signé lors de son arrivée à Paris court jusqu’au 30 juin 2022. Une année en option était prévue dans les accords signés entre lui et le club.

Une « insulte au football », selon les Espagnols

Quelques heures après l’annonce par la presse de cette prolongation à Paris, le président de la Ligue professionnelle de football espagnole, Javier Tebas, s’est insurgé contre la décision de Kylian Mbappé. Dans un tweet, il a considéré que ce choix était « une honte pour le football ». « Ce que le PSG est en train de faire pour prolonger Mbappé grâce à de grosses sommes d’argent, après avoir enregistré des pertes de 700 millions d’euros ces dernières saisons et alors qu’il a une masse salariale de 600 millions d’euros est une INSULTE au football », a-t-il écrit sur Twitter

Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi « est aussi dangereux que la Super Ligue », a ajouté Javier Tebas dans une allusion au projet présenté par douze grands clubs européens l’année dernière. Le PSG et Tebas s’étaient trouvés dans le même camp, aux côtés de l’UEFA, pour faire échouer cette tentative. Le PSG espère obtenir la signature du champion du monde de 23 ans, courtisé assidument par le Real Madrid, afin de l’annoncer avant la fin de la journée de samedi, ont précisé des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse.

Dans le même temps, la maire de Paris s’est félicitée de la décision de Kylian Mbappé dans un message très court accompagné d’une photo annonçant la prolongation du joueur au PSG. « Super ! ! ! » a-t-elle déclaré. Le tout accompagné de deux émoticônes aux couleurs du club de football. Le départ ou non du joueur originaire de Bondy (Seine-Saint-Denis) était devenu une question quasiment politique, ces derniers mois, selon plusieurs médias. En effet, en coulisses, le chef de l’État a multiplié les échanges avec le joueur, même durant la campagne présidentielle, pour le pousser à rester à Paris.

Par Le Point avec AFP

Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue

mars 10, 2022
Abramovitch sanctionne par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue
Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue© AFP/Ben STANSALL

La vente du club anglais de football de Chelsea se trouve suspendue par les sanctions annoncées jeudi par le gouvernement britannique contre son propriétaire russe Roman Abramovitch, en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine.

Le propriétaire du club de Premier League (1e division anglaise) figure parmi sept riches et influents Russes proches du Kremlin ciblés jeudi par Londres.

Roman Abramovitch, 55 ans, avait jusqu’à présent été épargné par la vague de sanctions prises par le Royaume-Uni.

Il subit désormais un gel de ses avoirs, une interdiction de transactions avec des particuliers et des entreprises britanniques et une interdiction de voyager.

Première conséquence: la vente du club de Chelsea qu’il avait annoncée la semaine dernière anticipant de possibles sanctions, est en suspens.

Pour tempérer l’impact, le gouvernement a publié « une licence autorisant la poursuite d’un certain nombre d’activités » pour Chelsea qui pourra continuer à jouer des matchs et payer ses joueurs.

Cette licence n’autorise pas la vente du club mais le gouvernement pourra examiner une demande en ce sens, à une condition: « En aucun cas Roman Abramovitch ne pourrait tirer profit de cette vente », a déclaré un porte-parole du gouvernement. L’exécutif « est ouvert à la vente du club, mais cela nécessiterait une autre licence et des discussions avec le Trésor et d’autres ministères », a-t-il ajouté.

Chelsea a déclaré vouloir demander au gouvernement britannique de modifier la licence pour que le club puisse « fonctionner aussi normalement que possible ».

L’opérateur de téléphonie mobile Three a quant à lui annoncé la suspension de son partenariat avec le club, à qui il a notamment demandé la suppression « jusqu’à nouvel ordre » de son logo des maillots des joueurs et des abords du stade.

Le match prévu jeudi soir contre Norwich City se déroulera comme prévu, a annoncé la Premier League.

« Sang sur les mains »

Les autres oligarques sanctionnés jeudi sont le milliardaire et fondateur du géant de l’aluminium Rusal Oleg Deripaska, le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft Igor Setchine, le président de la banque VTB – la deuxième plus grosse banque de Russie – Andreï Kostin, le PDG de la société énergétique Gazprom, Alexeï Miller, le président du poids lourd du pétrole et du gaz Transneft, Nikolai Tokarev et le président du conseil d’administration de Bank Rossiya Dmitri Lebedev.

« Les sanctions d’aujourd’hui montrent une fois de plus que les oligarques et les kleptocrates n’ont pas leur place dans notre économie ou notre société. Avec leurs liens étroits avec (le président russe Vladimir) Poutine, ils sont complices de son agression », a déclaré dans un communiqué la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss. « Ils ont le sang du peuple ukrainien sur les mains. Ils devraient baisser la tête de honte. »

Roman Abramovitch a acheté Chelsea en 2003 pour 140 millions de livres (168 millions d’euros). Plusieurs acquéreurs potentiels se sont récemment manifestés, même si le prix de 3 milliards de livres (3,6 mds d’euros) que semblait espérer Abramovitch aurait été difficile à atteindre.

Avant de se résoudre à vendre, il avait essayé de sauver ce qui pouvait l’être en confiant fin février la gestion au quotidien du club aux six administrateurs de sa fondation caritative.

Il avait aussi promis que le « produit net » de la vente serait versé à une fondation au profit de « toutes les victimes de la guerre en Ukraine ».

Le gouvernement britannique a estimé la richesse de Roman Abramovitch à 9,4 milliards de livres sterling (10,7 milliards d’euros).

Hormis Chelsea, M. Abramovitch détient des participations dans le géant de l’acier Evraz – dont le cours de l’action a chuté jeudi à Londres avant d’être suspendu par l’autorité des marchés. Il détient aussi des parts dans la société russe Norilsk Nickel, spécialisée dans l’exploitation et la transformation du nickel et du palladium.

Un des autres oligarques sanctionnés, Oleg Deripaska, dont la fortune est estimée à deux milliards de livres, possède un portefeuille immobilier de plusieurs millions de livres au Royaume-Uni.

Ces sanctions s’inscrivent dans une série de mesures de représailles prises par le gouvernement britannique pour toucher l’économie russe, le Premier ministre Boris Johnson promettant d’être « impitoyable dans la poursuite de ceux qui permettent le meurtre de civils, la destruction d’hôpitaux et l’occupation illégale d’alliés souverains ».

Londres a déjà sanctionné plus de 200 des personnes, entités et filiales les plus importantes de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Par Le Point avec AFP

Football : l’Afrique sur la touche ?

février 20, 2022

Journaliste spécialisé sur l’Afrique subsaharienne, il s’occupe particulièrement de l’Afrique centrale, de l’Union africaine et de la diversité en France. Il se passionne notamment pour les grands reportages et les coulisses de la politique.

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, lors du tirage au sort des affiches du 3e tour des éliminatoires de la zone Afrique pour le Mondial 2022 au Qatar. © Ayman Aref/NurPhoto via AFP

Le monde du ballon rond – devenu une véritable industrie du divertissement – est en pleine réorganisation. Si le vieux continent tente de s’imposer dans la guerre larvée qui se joue, son voisin africain ne peut se contenter du rôle ingrat de pourvoyeur de joueurs.

Ramener la périodicité du Mondial à deux ans, contre quatre actuellement : tel est le projet que nourrit le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Gianni Infantino. Une réforme qu’il pourrait soumettre le 31 mars prochain à Doha, au Qatar, lors du 72e congrès de la Fifa. L’Union des associations européennes de football (UEFA) et la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) y sont opposées. Quant à la Confédération africaine de football (CAF), sa ligne n’est pas éloignée de celle définie au siège de la Fifa, à Zurich.

Belle opportunité financière

Il faut dire qu’à sa tête trône désormais le Sud-Africain Patrice Motsepe, un puissant homme d’affaires sud-africain proche du patron italo-suisse du football mondial, que l’entraîneur français Claude Leroy critique pour son rapport à l’argent. « Je l’ai rencontré à plusieurs reprises : il ne parle pas de notre sport, il ne parle que de fric. »

LES RECETTES ESCOMPTÉES DU MONDIAL SE HISSERAIENT À 4,4 MILLIARDS DE DOLLARS SUR QUATRE ANS SI LA COMPÉTITION SE TENAIT TOUS LES DEUX ANS

De fait, la réforme est présentée comme une belle opportunité financière. À chacune de ses 211 fédérations membres, la Fifa promet 19 millions de dollars (16,8 millions d’euros) supplémentaires par cycle de quatre ans si elle parvient à doubler la fréquence de la Coupe du monde à partir de 2024. Pour étayer ses prévisions, l’organisation a engagé le cabinet Nielsen, lequel a prédit que les recettes escomptées du Mondial se hisseraient à 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) sur quatre ans, grâce à l’augmentation de la fréquentation des stades, aux droits TV et au sponsoring.

Guerre intestine

L’étude élude cependant les effets de cette inflation des matchs sur la santé des joueurs, de même qu’elle ne dit mot sur ce que les championnats nationaux  y gagneraient. En revanche, un projet concomitant vise à limiter la fréquence de la Coupe d’Afrique des nations, qui ne se jouerait plus que tous les quatre ans.

Une guerre larvée et intestine est donc en cours, qui oppose de puissantes entités. Dernière escarmouche, une polémique opposant d’une part les clubs européens réticents à libérer les joueurs africains et, d’autre part, les fédérations nationales des pays qualifiés pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Cameroun.

IL EXISTE UNE HIÉRARCHISATION DES COMPÉTITIONS ET, DANS CE CLASSEMENT DONT L’ARGENT EST L’UN DES CRITÈRES, LA CAN COMPTE POUR DU BEURRE

C’est dorénavant clair : il existe une hiérarchisation des compétitions et, dans ce classement dont l’argent est l’un des critères d’appréciation, la CAN compte pour du beurre. Un point de vue qui met d’accord UEFA et Fifa.

Dans la construction de l’industrie mondialisée du football, le continent est une fois de plus cantonné au rôle ingrat de pourvoyeur de matière première. Il a même cédé une part de sa souveraineté. Entre Fifa et CAF, la vassalisation s’est opérée sans combat.

Entre la Fifa et la CAF, la vassalisation s’est opérée sans combat. Pour être certain d’être élu et réélu à la tête de la Fifa, Gianni Infantino contrôle l’instance, mais pas seulement. Il s’assure aussi la loyauté des 54 pays membres africains, à qui il fait miroiter les fonds Forward de son organisation – argent perfusé à des fédérations exsangues au titre du développement du football, mais aussi, et surtout, pour la constitution d’une clientèle électorale.

Zurich a convaincu Motsepe de la pertinence de lancer une Super Ligue africaine réunissant les vingt meilleurs clubs du continent. Une telle compétition, estime-t-il, pourrait rapporter 2,5 milliards d’euros sur cinq ans, alors qu’une idée similaire portée par une douzaine de grands clubs européens a récemment été rejetée sur le vieux continent. Si cette Super ligue devait voir le jour en Afrique, « elle enrichirait les plus riches et appauvrirait les plus pauvres », affirment ses détracteurs.

Alors que le paysage du ballon rond est en pleine mutation, les Africains hésitent à y prendre pleinement part. Il ne devrait pas être question pour eux d’importer des idées d’ailleurs mais de lutter pour imposer les leurs, afin de faire prévaloir leurs intérêts.

Georges Dougueli

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli