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A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

avril 24, 2021
A propos du nom ‘’Diables-Noirs’’ de l’un des clubs de football du Congo

Dieudonné ANTOINE-GANGA

L’équipe de football ‘’Diables-Noirs’’ de l’arrondissement 2 Bacongo de la ville de Brazzaville, la Verte, aura 71 ans en juin prochain. Plus qu’un demi-siècle d’existence !
Pour la petite histoire, les Diables-Noirs sont nés des cendres des clubs Olympic de Bacongo et Association sportive de la Mission (ASM) en 1939. Suite au différend que les dirigeants du club avaient eu avec les prêtres de la Paroisse Notre-Dame du Rosaire de Bacongo, messieurs Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo alors dirigeants du club, donnèrent, le 23 juin 1950, le nom de ‘’Diables-Noirs’’ à l’équipe. Ce qui fut considéré comme un crime de lèse-majesté, voire comme un défi par les prêtres missionnaires. Ces derniers ne comprenaient pas que l’équipe de football, née de leurs ‘’entrailles’’ soit affublée de ce nom de diables de surcroît noirs.
Au fond, Dominique Nzalakanda et Boniface Massengo n’avaient, par cet acte, qu’officialisé le surnom de ‘’Diables-Noirs’’ dont les avaient gratifiés à Léopoldville (Kinshasa), quelques jours plus tôt, les Léopoldvillois émerveillés par le jeu des Diables-Noirs jouant seulement à 10, au Stade Reine Astrid. Ce match qui avait lieu en nocturne, avait opposé les Diables-Noirs au club Léopoldvillois Dragon. Ce dernier était jusque-là invincible en nocturne. En effet, ce fut la première fois que Dragon, avec son ballon blanc surnommé Loulou, fût battu.
D’autre part, il sied de signaler que c’est grâce à la bienveillante médiation de Monseigneur Paul Biéchy, alors vicaire apostolique de Brazzaville, et de l’abbé Fulbert Youlou, alors vicaire à la paroisse Saint François d’Assise de Brazzaville, que les prêtres missionnaires acceptèrent de ne plus avoir emprise sur le club ASM, devenu Diables-Noirs.
Les ‘’Diables-Noirs’’ demeurent l’un des clubs, le plus populaire du Congo. En 71 ans bientôt d’existence, ils ont remporté plusieurs titres de champion de la FAC (Fédération athlétique congolaise), de la sous-ligue de Brazzaville. Ils furent aussi les premiers champions du Moyen Congo en 1953, et premiers et derniers champions de l’AEF (Afrique Equatoriale française) aux dépens du FC Mocaf Tempête de Bangui, de l’Oubangui-Chari, actuelle République Centrafricaine. Comme ils furent aussi les tout-premiers champions de la jeune République du Congo, en 1961, aux dépens de l’AS Cheminots de Pointe-Noire.
Les ‘’Diables-Noirs’’ fournirent à l’équipe nationale du Congo, de joueurs talentueux tels que Boniface Massengo ‘’Professeur’’, Ange Baboutila ‘’Fantomas’’, Etienne Massengo ‘’Elastique’’, Clément Massengo ‘’Fu Manchu’’, Sangou ‘’Deladanse’’ (qui marqua au Stade Eboué, l’unique but contre les amateurs qui avaient battu la sélection euro-africaine de Brazzaville de France par 9 buts à 1 dans les années 1950), Dominique Nganga ‘’Poison’’, Joseph Mantari ‘’Défoufou’’, Adolphe Bibanzoulou ‘’Amoyen’’, Léopold Ndey ‘’Ziboulateur’’, Jean-Marie Loukoki ‘’Kopa, tombeur de Reims’’, Robert Ndouri ‘’Piantoni’’, Germain Makouezi ‘’La Flèche’’, Maxime Matsima ‘’Yachine’’, Jean-Chrysostome Bikouri ‘’Biskirou, la fusée congolaise’’, Germain Dzabana ‘’Jadot’’, Alphonse Niangou ‘’Yaoundé’’, Jonas Bahamboula-Mbemba ‘’Tostao’’, etc.
Enfin, le Gouverneur général Félix Eboué fut l’un des supporters dans les années 1940, de l’ASM, l’ancêtre des Diables-Noirs qui furent entraînés à partir de 1950, tour à tour, par deux européens, Jean Isabey et Aimé Brun. Ils pratiquaient à l’époque un jeu limpide, aéré, avec des passes précises à la ‘’Brésilienne’’. Un véritable spectacle ! Ce qui leur valut le surnom de ‘’Brésiliens du Congo’’. Au temps du Moyen Congo, pendant la colonisation, les Diables-Noirs étaient l’unique équipe de football qui eût livré des matches contre le club européen de Brazzaville, ‘’CAB’’.
Pour mémoire, les Diables-Noirs battirent au Stade Eboué l’AS Police par 20 buts à 0 et Rennaissance-Aiglons par 8 buts à 0.
Bon vent, chers Diables-Noirs !

Avec Lasemaineafricaine par Dieudonné ANTOINE-GANGA

Can U20 : les enfants des stars du football sur les traces de leurs pères

février 26, 2021

Tel fils, tel père, dit-on. Il n’est parfois pas simple d’assumer le nom de famille de son père surtout lorsque ce dernier a marqué positivement l’histoire et a suscité beaucoup d’admiration. Heureusement, les enfants de certains joueurs comme Eto’o, Jang, Tchato et autres se sont démarqués avec les U20 du Cameroun lors des matchs de groupe de la Coupe d’Afrique des nations (Can U20) qui se déroule en Mauritanie.

Photo1: Eto’o et son fils Étienne

Les Lionceaux indomptables du Cameroun ont fait un sans-faute en phase de poules de cette 22e édition de la CAN avec trois victoires en autant de matchs joués (six buts marqués et un encaissé). Mais certains jeunes footballeurs dans cet effectif camerounais attirent la curiosité du grand public. Il s’agit notamment de Milla Kevin Prince, Etienne Eto’o Pineda, Sunday Jang Junior et Enzo Tchato Mbiavi.

Buteur à seulement six minutes à la suite de deux touches de balles, Etienne Eto’o, fils  de la légende du football camerounais, Samuel Eto’o Fils marque bien ses débuts en match officiel avec le Cameroun. De quoi susciter de l’émoi et même des larmes au moment de la célébration de son premier but avec le Cameroun. Après la rencontre, l’attaquant du Real Oviedo en Espagne a exprimé son émotion. « C’est un rêve de pouvoir marquer dès mon premier match officiel avec l’équipe nationale », a dit le jeune homme de 18 ans, auteur d’un doublé et d’une passe décisive, dans une vidéo diffusée par la Fédération camerounaise de football. « Je me suis dit : « frappe avec ton cœur » et je ne pensais pas que cela allait rentrer aussi tôt, presque sur le premier ballon que j’allais toucher. J’étais très ému, je pensais à ma famille et au peuple camerounais », a-t-il ajouté.

Resté sur le banc lors des deux premiers matchs de cette CAN, le fils de Samuel Eto’o a peut-être gagné sa place de titulaire pour les quarts de finale avec cette performance. Le numéro 10 de l’équipe du Cameroun U-20 a impressionné tout le monde pour sa prouesse avec les U20 du Cameroun contre le Mozambique en inscrivant un doublé puis a fait une passe décisive.

Photo2: Les footballeurs Isaac Drogba, Étienne Eto’o Pineda et Timothy Weah

Grace à ces performances, les internautes souhaitent ainsi perpétuer la rivalité footballistique qui a toujours opposé Samuel Eto’o à Didier Drogba puisque certains comparent déjà Etienne Eto’o à Isaac Drogba. Ce dernier connaît, en effet, un début de carrière modeste dans son club, Folgore Caratese , une équipe de D4 italienne. «Ces deux jeunes ne sont pas obligés de devenir des légendes comme leurs pères. Nous serions heureux s’ils devenaient de grands footballeurs de classe mondiale, mais s’il vous plait laissons les faire tranquillement leur bonhomme de chemin sans aucune pression », a déclaré un internaute.

 Auteur des deux premiers buts camerounais dans cette compétition contre la Mauritanie et l’Ouganda, Sunday Jang Junior (18 ans), pensionnaire d’Eding FC de la Lekie, est le fils de Sunday Jang, ancien international camerounais qui a été de l’expédition de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 1996, en Afrique du Sud. Mais, contrairement à son père, ex-sociétaire d’Olympique de Mvolye, qui jouait au poste de milieu de terrain, Sunday Jang Junior joue en avant-centre. D’ailleurs, il a été sacré meilleur joueur et meilleur buteur qualificatif pour la CAN Mauritanie 2021.

Le défenseur Enzo Tchato Mbiayi, pensionnaire de Montpelier HSC en France, titularisé le 20 février pour la première fois sur le côté gauche de la défense contre la Mozambique, est bel et bien le fils de Bill Tchato, champion d’Afrique 2002 avec les Lions indomptables seniors du Cameroun au Mali.

Contrairement à Sunday, Eto’o et Tchato, le jeune Milla Kevin Prince, sociétaire de Renaissance de Ngoumou, club de Ligue 2 au Cameroun, n’a aucun lien de parenté avec Roger Milla, une autre légende du football camerounais. Mais beaucoup de rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux qu’il serait un des fils ou même petit-fils du « vieux Lion Indomptable », affaire à suivre. Ils sont nombreux les jeunes joueurs qui sont actuellement en train de suivre les pas de leur distingués géniteurs. Dans les différents championnats, les enfants des footballeurs africains impressionnent déjà. En commençant par Timothy Weah, l’enfant de Georges Weah jusqu’à Leroy Sané, en passant par  Noah Fadiga, les exemples sont légion.

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

[Tribune] Crise à la CAF : l’Afrique doit s’en prendre à elle-même, pas à la Fifa

février 2, 2021
Ahmad Ahmad lors de l’assemblée générale de la CAF, en février 2018, à Casablanca

Si la Fifa intervient dans les scandales qui éclaboussent la CAF, c’est d’abord parce que les Africains ne parviennent pas à gérer leurs propres affaires. Et discréditent ainsi l’ensemble du continent.

Il faut être sourd pour n’avoir pas entendu parler, ces derniers jours, des rebondissements – ou devrais-je dire des scandales – dont se nourrit la campagne pour l’élection, le 12 mars, du président de la Confédération africaine de football (CAF). Le Tribunal arbitral du sport vient de rétablir dans ses fonctions de président le sortant Ahmad Ahmad, mettant ainsi fin à la suspension de cinq ans de toute activité liée au football que lui avait infligée la Fifa pour des malversations financières présumées. Quarante-huit heures auparavant, précisément à cause de cette sanction, la candidature du Malgache à sa propre succession avait été jugée irrecevable par la commission de gouvernance de la CAF mais d’abord et surtout par… la Fifa.

Face à l’intervention de la Fifa, deux attitudes sont envisageables. On peut crier au paternalisme, car elle resserre son étreinte sur la CAF en la plaçant, de fait, sous tutelle. En effet, comment expliquer que cette instance censée être autonome, avec une commission d’intégrité chargée d’évaluer les candidatures, laisse la Fifa décider à sa place, sans aucune considération pour ses prérogatives, vidant ainsi ladite commission de toute sa substance ?

On peut aussi interroger la capacité des Africains à gérer leur football. En réalité, il importe surtout de savoir comment on en est arrivé là. Car ce qui se passe à la CAF n’a d’équivalent dans aucune autre confédération. Mais, il faut bien l’admettre, les Africains ont leur part de responsabilité. Si vous manquez de dignité, les autres vous manqueront de respect…

Plus opportunistes que convaincus

L’arrivée d’Ahmad Ahmad avait semblé marquer la fin de l’opacité dans la gestion de la CAF. On avait même parié sur l’émergence, dans cet environnement, d’un concept jusqu’alors inconnu, celui de « bonne gouvernance ». Pari risqué : façonnés dans le même moule que leurs prédécesseurs, les hommes censés incarner ce renouveau ont conservé les habitudes du passé. Et prôné un changement aux allures de slogan de campagne, d’ailleurs emprunté à la Fifa, qui, elle-même, n’avait pas réalisé sa mue de son plein gré mais sous la pression de la justice américaine.

La CAF n’a pas choisi non plus d’adhérer à un quelconque nouvel ordre. Celui-ci lui a été imposé sans qu’elle s’en saisisse pour évoluer. Pour preuve, ses chevaliers blancs, plus opportunistes qu’acteurs convaincus, se sont juste employés à crédibiliser leur campagne électorale. Eux qui avaient mis en avant l’exigence de transparence pour évincer Issa Hayatou auraient pourtant dû s’attendre à rendre des comptes.

LA GESTION PRÉCÉDEMMENT PEU ORTHODOXE ET OPAQUE DE LA CAF N’EST PLUS ACCEPTÉE

Longtemps, les présidents de la CAF comme ceux des différentes fédérations ont été perçus comme les propriétaires des instances sportives qu’ils dirigeaient. Hissés sur un piédestal, voire déifiés par les membres mêmes, ils étaient considérés comme incapables d’entendre la moindre voix discordante, la moindre proposition. Isolés de fait, ils sont devenus des potentats redoutés et ont pris, seuls, les décisions les plus contestables. C’est précisément du fait de leur incapacité à suivre les règles que se sont produits, à répétition, tant de scandales.

De même qu’en politique certains pays sont aujourd’hui pointés du doigt pour leur déficit de liberté – ce qui, il y a peu, était la norme –, l’idée de transparence, de strict respect des règles dans un monde qui se judiciarise, s’impose dans les esprits. Et la gestion précédemment peu orthodoxe et opaque de la CAF, à l’image d’un continent rompu aux petits arrangements, n’est plus acceptée. Tous ceux qui ont fait semblant de l’ignorer en paient aujourd’hui le prix.

Une incapacité à se prendre en main

La Fifa aurait-elle dû s’abstenir d’intervenir ? Il est peu souhaitable que la justice ait à faire irruption dans la sphère privée. La seule manière pour la CAF de l’éviter est de se montrer irréprochable, organisée et de porter à sa tête un chef consensuel. La Fifa ne s’invite pas à la CAF, ce sont les Africains qui l’y convient. Au vu du chaos qui y règne, elle finit par y faire ce qu’elle ne se permettrait nulle part ailleurs.

Dans un autre registre, c’est parce que nos autorités politiques osent l’indicible que l’ONU nous envoie ses forces. L’Italie change de Premier ministre tous les six mois. Lorsque la coalition au pouvoir ne s’entend plus, on dissout le gouvernement. Les Italiens sont ordonnés dans leur désordre. Si nous pouvions faire de même, notre linge sale serait lavé en famille.

Je n’en veux donc pas à la Fifa mais aux Africains, qui ne parviennent pas à gérer leurs propres affaires. Ils jettent l’anathème sur l’ensemble du continent, le discréditent, le fragilisent et freinent son évolution. Ce discrédit rejaillit sur la perception que les autres ont de nos États. Bien plus que sur le développement du football, la tutelle de la Fifa a des répercussions négatives sur l’Africain, dans son être même. Le football doit être un vecteur d’éducation et de communication. Or c’est par le football que les Africains sont infantilisés : à travers ce sport, on les place face à leurs insuffisances, à leur incapacité à se prendre en main.

Ceux d’entre nous qui crient à l’infantilisation seraient surpris du nombre de fois où la CAF a sollicité Zurich dans le règlement du moindre conflit. Comme si personne à Yaoundé, à Libreville, à Dakar ou à Abidjan n’était capable de dire le droit. Ils resteraient pantois de la voir se prosterner devant les envoyés de la Fédération internationale lorsque ceux-ci arrivent sur le sol africain.

Faire rimer football et éthique

J’ai appris du football une leçon essentielle : nous sommes tous soumis à des règles. L’arbitre est là non pas pour nous les imposer mais pour nous les rappeler. C’est sans doute là le sens de l’intervention de la Fifa. Efforçons-nous de suivre les règles, de les respecter et de les appliquer à tous et partout. Il faut que les Africains –  et les Européens – cessent de vouloir forger des règles spécifiques pour le continent. On ne peut pas prétendre à l’universel et militer pour des règles locales.

UNE PURGE POUR SAUVER LA CAF ? PAS NÉCESSAIREMENT

Une purge pour sauver la CAF ? Pas nécessairement. Il faudra en revanche arriver à faire rimer football et éthique, y croire, le marteler chaque jour. Que la CAF tende vers l’éthique doit être un combat de tous les instants. Le football n’est pas un îlot sacré. Il est le produit d’une société et il est géré par ceux-là mêmes qui, à sa tête, traînent des tares. Comment attendre de gens qui truquent le jeu politique qu’ils fassent montre d’un soudain sens de l’éthique lorsqu’il s’agit de football ? Pour que la CAF respecte les règles, l’ensemble des fédérations nationales qui la composent doivent être en mesure de les suivre. Ce défi n’est pas à relever par ce seul homme providentiel que serait le président de la CAF.

L’élection du 12 mars opposera des candidats au fait de ce qui s’est passé auparavant. Ceux-ci devront en tirer des enseignements pour leurs programmes. Surtout, ils devront eux-mêmes se fixer des limites, savoir qu’il y a des pratiques inadmissibles et des principes intangibles. Otages, de fait, de leurs électeurs, à eux de se constituer prisonniers de la vérité, en fondant leur campagne sur une nouvelle donne et en soulignant les risques encourus quand on s’affranchit des règles. Il est temps de sortir des scandales… et de redoubler d’attention.

Avec Jeune Afrique par  Joseph Antoine Bell

International Football

Football – Pierre Achille Webo : « J’ai déjà été la cible de racisme, mais pas venant d’un arbitre »

décembre 20, 2020
Pierre Achille Webo, le 9 décembre 2020.

Le 8 décembre, l’entraîneur-adjoint d’Istanbul Basaksehir, le Camerounais Pierre Achille Webo, a été la cible de paroles racistes de la part du quatrième arbitre roumain, Sebastian Coltescu, lors d’un match contre le PSG. Il a accepté de se confier à JA.

L’enchaînement des matches du championnat de Turquie ne lui a pas permis de beaucoup souffler depuis cette longue soirée parisienne. Entre deux matches et un entraînement, le Camerounais Pierre Achille Webo, entraîneur-adjoint du club turc Istanbul Basaksehir, a tout de même trouvé le temps de revenir pour Jeune Afrique sur l’incident qui a entraîné l’arrêt du match de Ligue des champions PSG-Istanbul Basaksehir, le 8 décembre dernier. Sur ce jour pas comme les autres, où un arbitre roumain, Sebastian Coltescu, l’a désigné en des termes (« le noir ») que Pierre Webo n’a pas acceptés.

Jeune Afrique : Comment allez-vous, plus d’une semaine après les faits ?

Pierre Achille Webo : Je me sens bien. J’ai le soutien de ma famille, de mes proches, de mon club, de beaucoup d’autres personnes. Bien sûr, je reçois encore beaucoup de demandes d’interview d’un peu partout, mais je ne peux pas répondre à tout le monde. Et puis, comme on joue tous les trois jours, avec les matches à préparer, les entraînements, les déplacements, je ne pense pas qu’à cette affaire. D’ailleurs, j’espère que cela s’arrêtera bientôt, et qu’on reparlera de football.

Il y a eu les paroles de cet arbitre roumain, le match qui n’a pas repris le soir même, et qui s’est joué le lendemain, beaucoup de réactions…

En fait, il y a eu deux phases. D’abord, quand j’entends l’arbitre me désigner comme le mec noir… Je suis choqué, tellement surpris, que cela vienne d’un arbitre ! J’avais déjà eu droit à des paroles racistes, en Espagne, mais ça venait des tribunes.

SEBASTIAN COLTESCU N’A PAS DIT UN MOT. JE VOULAIS JUSTE QU’IL M’EXPLIQUE »

Je suis descendu sur le terrain, avec une seule question : « Pourquoi il a dit « noir » ? Il aurait pu me désigner autrement, par exemple comme le gars assis au troisième rang, je ne sais pas… Oui, j’étais en colère.

En vous voyant, certains ont craint une confrontation physique avec Sebastian Coltescu…

Jamais je ne me serais permis d’être violent. J’étais énervé, j’avais la rage, mais j’étais en self-control. Je suis quelqu’un de calme, mais c’est peut-être mon expression corporelle qui a pu faire croire à certains que j’étais prêt à le frapper. J’ai été joueur, je suis aujourd’hui éducateur, et je sais que je dois donner le bon exemple. Je ne suis pas quelqu’un de violent, il n’y avait aucun risque de confrontation physique.

Sebastian Coltescu vous a-t-il parlé ?

Non, il n’a pas dit un mot. Pas un seul. Je voulais juste qu’il m’explique. D’ailleurs, aucun autre arbitre ne m’a parlé.

JE CROIS QUE CELA N’ÉTAIT JAMAIS ARRIVÉ. CE GESTE DE SOUTIEN EST TRÈS FORT SYMBOLIQUEMENT

Très rapidement, les joueurs des deux équipes ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas reprendre le match…

Oui, et je tiens encore à remercier les joueurs, les staffs techniques et les dirigeants des deux clubs pour ce geste de soutien, de solidarité, d’union. Je crois que cela n’était jamais arrivé. D’habitude, quand un match est arrêté, c’est parce que l’arbitre le décide. C’est très fort symboliquement, cela prouve que les joueurs, dans ce genre de situation, ont aussi leur mot à dire.

J’ai été offensé par les paroles de l’arbitre, et je crois que tous ceux qui étaient sur ou en dehors de la pelouse ont estimé que c’était inacceptable. C’est pour cela que le match n’a pas repris mardi soir.

L’intervention de Demba Ba a-t-elle été décisive quant à l’arrêt du match ?

C’est un tout. Les deux équipes ne voulaient pas reprendre. Demba est allé parler à l’arbitre (Ovidiu Hategan) et au quatrième arbitre de façon calme et posée. Il n’a jamais été dans l’agressivité. Moi-même, quand je suis descendu sur la pelouse, je ne me suis pas montré impoli. Avec Demba, on a beaucoup parlé, je sais que c’est quelqu’un qui n’hésite pas à prendre position, et il a eu une réaction intelligente. Son soutien est important.

Il a, depuis, échangé avec Sebastian Coltescu, qui se serait excusé. Aimeriez-vous parler avec ce dernier ?

Je lui ai posé une question plusieurs fois, il ne m’a pas répondu, ni sur le terrain, ni dans les couloirs. Ni depuis. Je ne demande pas des excuses, seulement des explications. Peut-être qu’un jour, il demandera à me parler. On verra. En tout cas, pour moi, ce n’est pas vraiment le moment.

SEULES DES SANCTIONS PLUS DISSUASIVES, PLUS FORTES, PEUVENT AVOIR DE L’IMPACT

Certaines personnes ont estimé que ce qu’avait dit Coltescu n’était pas raciste, mais qu’il s’agissait plutôt de paroles malheureuses et maladroites…

Oui, j’ai entendu cela. Chacun a le droit d’avoir son opinion. Moi, je ne suis pas dans la tête de cet arbitre, je ne sais pas ce qu’il pense au fond. Ce que je sais, c’est que je me suis senti offensé, que ce qu’il a dit n’est pas acceptable, et qu’il y a d’autres façons de désigner quelqu’un.

Quelles mesures faudrait-il prendre pour lutter plus efficacement contre le racisme dans le football ?

Il y a des campagnes de sensibilisation de la part de la FIFA, de l’UEFA, de la CAF… C’est bien, mais il faut aller plus loin, pour mieux lutter contre ce fléau. Je pense que les fédérations des pays où sont commis des actes de racisme doivent également aller plus loin. Seules des sanctions vraiment plus dissuasives, plus fortes, que ce soit sportivement ou financièrement, peuvent avoir de l’impact. La réaction des deux équipes à Paris en a eu. Car quand les équipes quittent le terrain, il n’a plus de spectacle. Et symboliquement, c’est très marquant…

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Classement Fifa : la RDC descend à la 60e place mondiale

novembre 28, 2020

Les Léopards de la RDC

La Fédération internationale de football association (Fifa) a actualisé son classement mensuel pour le mois de novembre. Et la République démocratique du Congo a perdu une place au niveau mondial, quittant la 59e place en octobre pour la 60e en novembre 2020. Cependant, elle garde sa 11e position au niveau de l’Afrique. Ce petit décalage au classement est certainement dû aux deux derniers matchs contre l’Angola à Kinshasa le 14 novembre (nul de zéro but partout) et à Luanda le 17 novembre (victoire d’un but à zéro), en troisième et quatrième journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) reportée en 2022 au Cameroun.

Notons que le Sénégal (20e rang mondial) garde la première position continentale, devant la Tunisie (26e rang mondial), l’Algérie (31e rang mondial et championne d’Afrique en titre), le Nigéria et le Maroc (ex aequo au 35e rang mondial) qui ferment le top 5 en Afrique. L’Egypte est 49e rang mondial, devant le Cameroun (50e rang mondial), le Ghana (52e rang mondial), le Mali (57e rang mondial) et le Burkina Faso (58e rang mondial) clôturant le top 10.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

CAF : Ahmad Ahmad suspendu pour cinq ans par la Fifa

novembre 23, 2020
Ahmad Ahmad, ici en Égypte en juin 2019, a été suspendu de son poste de président de la Confédération africaine de football le 23 novembre 2020 par la Fifa.

Le président sortant de la Confédération africaine de football a été condamné à l’interdiction d’exercer toute activité relative au football pour cinq ans par la chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fifa. Ahmad Ahmad est notamment accusé de détournements de fonds.

Cela faisait plusieurs semaines que la menace d’une suspension par la Fifa planait au-dessus de la tête  d’Ahmad Ahmad. La décision est tombée sous la forme d’un communiqué publié sur le site de la Fédération internationale de football association (Fifa). Le Malgache Ahmad Ahmad, président sortant de la Confédération africaine de football (CAF) et vice-président de la Fifa, est suspendu pour une période de cinq ans de toute activité liée au football professionnel.

La chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante « a jugé Ahmad Ahmad coupable d’avoir enfreint les articles 15 (Devoir de loyauté), 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) et 25 (Abus de pouvoir) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la Fifa, ainsi que l’article 28 (Détournement de fonds) de son édition 2018 », détaille la Fifa.

Ahmad Ahmad a « manqué à son devoir de loyauté »

« L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque, ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités », précise le communiqué de la chambre de jugement de la Commission d’éthique, qui affirme avoir « établi » qu’Ahmad Ahmad « avait manqué à son devoir de loyauté, accordé des cadeaux et d’autres avantages, géré des fonds de manière inappropriée et abusé de sa fonction de président de la CAF. »

Il devra en outre verser une amende de 200 000 francs suisses (185 000 euros). Contacté par mail, le service de presse de la FIFA n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il avait été entendu pendant plusieurs heures, la semaine dernière, par la Commission d’éthique via une visioconférence. La décision de sa suspension lui a été immédiatement notifiée, avec effet immédiat. D’ici soixante jours, il recevra l’intégralité des motivations de la sanction.

À partir de ce 23 novembre 2020, il n’est donc plus le président de la CAF. Selon les statuts de celle-ci, c’est le premier vice-président, le Congolais Constant Omari qui dirige désormais l’instance. Ce sera le cas jusqu’en mars prochain, date de l’élection du président de la CAF, et qui aura lieu à Rabat.

Élu président de la CAF en 2017, Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat à la tête du football africain. Face à lui, quatre candidats s’étaient jusqu’à présent déclarés : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Augustin Senghor. Leurs dossiers seront examinés par les instances compétentes de la CAF, lesquelles communiqueront la liste des candidats autorisés à se présenter.

Ahmad Ahmad fera-t-il appel ?

Ahmad Ahmad, qui se remet de sa contamination au Covid-19 depuis son fief de Mahajanga, à Madagascar, « va bien », a assuré l’un de ses proches à Jeune Afrique. Avec ses avocats, il décidera dans les prochains jours s’il fait appel ou non de la décision de la Fifa. Un seul recours s’ouvre à lui : devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais un éventuel appel n’est pas suspensif.

Ahmad,  qui a décidé de garder le silence dans un premier temps, pourrait également communiquer à court terme, après avoir consulté sa garde rapprochée.

La CAF, face à cette situation inédite, s’est rapidement fendue d’un communiqué expliquant « prendre acte de cette décision qui met Ahmad Ahmad en position de ne plus pouvoir exercer ses responsabilités », s’inquiétant au passage « des conséquences sur sa réputation de cette longue procédure. » L’instance du football africain a néanmoins décider de maintenir le calendrier de l’ensemble de ses activités et programmes.

Plusieurs hypothèses sont désormais ouvertes. « Soit Ahmad Ahmad fait appel devant le TAS, sachant que la procédure peut se révéler longue, afin de pouvoir être candidat. Soit il décide de ne pas faire appel et de rentrer à Madagascar, expose le dirigeant d’une fédération africaine, contacté par JA. Il faut rappeler qu’il avait beaucoup réfléchi, et même hésité, avant d’annoncer sa candidature à un second mandat. Il s’est décidé parce qu’il est soutenu par de nombreuses fédérations. Il ne faut pas exclure qu’il accepte la sanction et se retire du monde du football. »

Un autre dirigeant de fédération, partisan d’Ahmad Ahmad, résume un sentiment assez largement répandu parmi les partisans de président de la CAF qui vient d’être suspendu : « Gianni Infantino (le président de la FIFA, ndlr) ne souhaitait pas qu’Ahmad soit candidat à sa réélection, car les relations entre les deux hommes sont très tendues. Il ne veut plus de lui à la tête du football africain. Cette sanction de la Commission d’éthique n’arrive pas par hasard… »

Les tensions au sein de l’instance étaient devenus récurrentes ces derniers mois. Licencié en avril 2019, le secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, avait ainsi envoyé une lettre à la Fifa dans laquelle il accusait Ahmad Ahmad de corruption et de harcèlement sexuel à l’encontre de plusieurs salariées de la Confédération.

En juin 2019, Ahmad Ahmad a été brièvement placé en garde à vue et interrogé par la justice française, avant d’être remis en liberté sans poursuite. Il avait, à la même époque, demandé l’aide de la Fifa pour superviser une CAF fragilisée par plusieurs polémiques et des problèmes de gouvernance. La numéro 2 de la Fifa, Fatma Samoura, avait effectué un mandat de six mois en tant que « déléguée générale pour l’Afrique », mais celui-ci, qui visait à « apporter son expertise pour évaluer la situation et aider à accélérer la mise en place du processus de réforme en cours », n’avait pas été renouvelé quand il était arrivé à son terme, en février dernier.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Léopards Football : le sélectionneur adjoint Oualembo s’exprime sur les binationaux

avril 12, 2020

 

Christopher Nkunku, Nordi Mukiele et Axel Tuanzebe sont dans le collimateur du staff technique national de la République démocratique du Congo qui s’active pour ramener ses trois joueurs binationaux à intégrer la sélection nationale du Congo Kinshasa, eux qui sont tous nés à l’étranger. Le sélectionneur adjoint Christopher Oualembo s’est exprimé à leur sujet.

 

Dans une interview récemment accordée au site du football leopardsfoot.com, Christopher Oualembo, sélectionneur adjoint des Léopards de la République démocratique du Congo, a largement parlé des binationaux qui pourraient venir renforcer la sélection rd-congolaise pour des futures échéances.

L’ancien vice-capitaine de l’Académica Coimbra au Portugal, promu sélectionneur adjoint a clairement suscité de l’espoir pour la sélection A du Congo Kinshasa. Le premier nom cité a été celui du jeune talentueux Christopher Nkunku qui réalise une saison exemplaire avec Leipzig en Allemagne, avec 4 buts et 14 passes décisives en 23 matchs dont 15 titularisations.

Selon Christopher Oualembo, le milieu offensif de 22 ans « ne ferme pas la porte aux Léopards », lui que les supporters congolais voudraient tant le voir avec la sélection congolaise. Le sélectionneur adjoint qui porte le même prénom que le joueur a paru rassurant à ce sujet : « Evidemment, nous le suivons. C’est un très bon joueur, d’origine congolaise, qui réalise une très grosse saison en Bundesliga. On est directement en contact avec lui, via son agent. Il se montre sensible à l’intérêt du Congo, et ne ferme pas la porte pour le moment, loin de là ».

Certes, le joueur formé par Paris Saint Germain ne va pas choisir dans un avenir proche. Et Oualembo d’ajouter par rapport à tous ces jeunes binationaux :« Ils ont besoin de temps, et c’est normal. Demain, si l’équipe de France se manifeste pour Nkunku, ça va être compliqué de rivaliser ». L’on encore fait en mémoire le cas du défenseur central du PSG Presnel Kimpembe ou très celui du joueur de Lille Jonathan Ikone.

Et à propos du jeune latéral droit congolais de souche Nordi Mukiele, coéquipier de Nkunku à Leipzig, Christopher Oualembo a indiqué qu’il y a aussi un contact direct avec le joueur, et il y aussi de tentative le rapprochement pour la sélection par personne interposée.

Et au sujet d’un autre défenseur, Axel Tuanzebe de Manchester United, le sélectionneur adjoint a fait savoir : « Guy Bukasa m’a transmis les coordonnées de son papa, avec qui j’ai discuté. C’est une famille très patriote qui s’est dite honorée de l’intérêt du Congo ». Et il a assuré : « Son père est séduit par le projet que nous lui avons présenté, mais souhaite laisser du temps, notamment qu’il s’installe en club ».

Le staff technique a aussi tenté un rapprochement avec Eduardo Camavinga de Rennes avant que la jeune pépite n’obtienne sa nationalité française en novembre 2019. « Sa mère était très contente de l’intérêt de la RDC, mais le joueur réfléchissait encore », a confié le sélectionneur adjoint à Leopardsfoot. Né en Angola, Eduardo Camavinga qui est d’origine de la République démocratique du Congo semble aujourd’hui inaccessible pour les Léopards, étant très suivi par la France et aussi intéresse de grosses écuries européennes.

L’adjoint du sélectionneur Christian N’sengi Biembe a également donné de bonnes nouvelles sur Axel Disasi de Reims et Streli Mamba de Paderborn en Allemagne. « Axel Disasi aurait dû faire ses débuts avec les Léopards en mars contre l’Angola », a-t-il dit. Pré-convoqué par Christian Nsengi, le défenseur Rémois de 22 ans a clairement opté pour les Léopards de la RDC. Titulaire indiscutable, il fait partie de la meilleure défense de la Ligue 1, après le Paris Saint Germain, avec seulement 21 buts encaissés à l’arrêt du championnat à cause de la pandémie du Coronavirus.

La deuxième bonne nouvelle d’Oualembo, c’est l’attaquant Streli Mamba, auteur de six buts avec Paderborn pour sa première saison en Bundesliga. Le joueur de 25 ans est quasi prêt à enfiler le maillot de la RDC après des contacts avancés avec le sélectionneur Christian Nsengi, a rassuré Christopher Oualembo.

 

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Football : le Sénégalais Sadio Mané sacré meilleur joueur africain de l’année

janvier 8, 2020

L'international sénégalais Sadio Mané.

L’international sénégalais Sadio Mané. © Paul Harding/AP/SIPA

 

L’attaquant a reçu hier à Hurghada (Égypte) le titre de meilleur joueur africain de l’année 2019, devant son équipier égyptien Mohamed Salah et l’Algérien Riyad Mahrez.

Quatrième au classement du Ballon d’Or, remporté pour la 6e fois par l’Argentin Lionel Messi, Sadio Mané a connu une année faste tant avec Liverpool (victoires en Ligue des champions et au Mondial des clubs), qu’avec sa sélection, battue en finale de la CAN.

Il a terminé aussi co-meilleur buteur de la saison 2018-2019 de Premier League, avec 22 buts.

Premier titre

Au total, le virevoltant ailier de 27 ans a marqué 34 buts pendant l’année 2019 et réalisé 12 passes décisives en 61 matches.

Le joueur de Liverpool devance son équipier égyptien Mohamed Salah, qui avait remporté les deux précédentes éditions, et l’Algérien Riyad Mahrez, capitaine et l’un des principaux artisans de la victoire des Fennecs lors de la Coupe d’Afrique des nations.

C’est la première fois que Mané décroche cette récompense.

Le dernier Sénégalais sacré était El-Hadji Diouf en 2002, une année marquée également par une finale de la CAN, mais aussi par un quart de finale au Mondial au Japon et en Corée du Sud.

« Je suis vraiment content et fier de remporter ce trophée » a réagi sur le podium le Sénégalais, seul joueur présent parmi les trois nommés sur les bords de la mer Rouge.

Asisat Oshoala sacrée meilleure joueuse

Riyad Mahrez, 28 ans, pourra se consoler un peu avec le prix du plus beau but de l’année, pour son coup franc en lucarne qui a offert la qualification en finale de la CAN à l’Algérie dans les tous derniers instants du match contre le Nigeria.

Son pays a également été sacré meilleure équipe africaine de l’année, et son sélectionneur, Djamel Belmadi, a également été primé.

Le milieu offensif de Manchester City est pourtant le seul joueur algérien dans l’équipe type africaine de l’année, où figurent le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, le Sénégalais du PSG Idrissa Gueye ou le défenseur du Cameroun et de Liverpool Joël Matip.

La Nigériane Asisat Oshoala a été sacrée meilleure joueuse africaine.

L’attaquante de Barcelone a atteint la finale de la Ligue des champions et a aidé le Nigeria à sortir des poules lors du Mondial-2019 en France, conclu par une élimination en huitièmes de finale.La seconde équipe africaine qui est sortie des poules, le Cameroun, a remporté le prix de la meilleure équipe de l’année.

Samuel Eto’o, quadruple vainqueur du trophée, a animé la cérémonie organisée par la Confédération africaine de football en présence également du président de la Fifa Gianni Infantino ou de l’entraîneur français Arsène Wenger.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Cameroun : le footballeur Samuel Eto’o prend sa retraite

septembre 7, 2019

Le Camerounais Samuel Eto’o, en décembre 2017 à Moscou. © Dmitri Lovetsky/AP/SIPA

 

« The end, vers un nouveau défi » : c’est ainsi que l’attaquant star du Cameroun, Samuel Eto’o, considéré comme l’un des plus grands joueurs africains de tous les temps, a annoncé sa retraite, à 38 ans.

« Merci à tous, big love, adrénaline », écrit-il également dans le message posté sur son compte Instagram dans la nuit de vendredi à samedi. Quelques mots accompagnés d’une photo où l’on voit le buteur vêtu de noir dans l’obscurité, casquette sur la tête, éclairé par un halo de lumière.

Samuel Eto’o Fils, son état-civil complet, a remporté les Jeux olympiques (2000) et deux Coupes d’Afrique des nations (2000, 2002) avec le Cameroun, compétition dont il est le meilleur buteur historique (18 réalisations). Il a disputé quatre Coupes du monde, de 1998 à 2014, et été élu quatre fois Joueur africain de l’année (record codétenu avec l’Ivoirien Yaya Touré).

Idole absolue

À l’instar du mythique Roger Milla, c’est une idole absolue au Cameroun, où il a l’oreille du président Paul Biya. Longtemps capitaine des Lions indomptables, le buteur a souvent usé de son influence en équipe nationale et dans les instances pour faire passer ses options, mais il a aussi parfois eu maille à partir avec certains dirigeants ou sélectionneurs.

Car il s’agit d’un homme charismatique, sûr de lui, au franc-parler bien trempé. Début 2019, il lâchait, par exemple : « Il y a beaucoup de corruption en Afrique. L’argent donné par la CAF et par la Fifa doit être dépensé pour les infrastructures et pour ceux qui font le spectacle. »

Recalé en France

Il a souvent demandé davantage de considération pour le foot et les joueurs africains. Comme lorsqu’il avait exprimé sa rancoeur de n’être pas reconnu à sa juste valeur en Europe, ne figurant sur aucun podium du Ballon d’Or, avec pour seul accessit dans les distinctions individuelles non africaines la troisième place du Joueur Fifa de l’année 2005.

Enfant, il a grandi à Douala, avant de vivre un certain temps à Paris, sans papiers, à l’adolescence. Recalé par plusieurs clubs français, il signera son premier contrat avec le Real Madrid. L’institution espagnole le prête par trois fois mais ne mise pas sur lui.

3 Ligues des champions

Le jeune homme explose enfin à Majorque (2000-2004), mais c’est en Catalogne (2004-2009) et en Lombardie (2009-2011) que l’avant-centre vivra ses plus belles heures en club.

Avec le FC Barcelone, il remporte deux Ligues des champions (2006, 2009) et une troisième avec l’Inter Milan (2010). Il participe à l’âge d’or du Barça, notamment l’année 2009 où les Blaugranas remportent les six titres possibles. Et à l’Inter, il fait valoir son abnégation au service de l’équipe dirigée par José Mourinho, en jouant arrière gauche lors d’une épique demi-finale retour de la C1 2010, sur le terrain du Barça.

Globe-trotter

Il connaît ensuite une fin de carrière de globe-trotter aux choix étonnants : en Russie, au sein du club tchétchène de l’Anji Makhatchkala ; en Angleterre, où il retrouve Mourinho à Chelsea, avant d’aller à Everton ; puis une brève expérience en Italie à la Sampdoria de Gênes ; un séjour en Turquie (Antalyaspor et Konyaspor) ; et une ultime pige au Qatar SC.

Au total, Eto’o a marqué 359 buts en 718 matches, toutes compétitions de clubs confondues, et compte 118 sélections (56 buts, record national) en équipe nationale, selon le site spécialisé Transfermarkt.

Un « nouveau défi »

Eto’o, qui œuvre en Afrique à la tête de la Fondation qui porte son nom, a déjà fait part de son « rêve » de devenir entraîneur. Il a par ailleurs écarté toute ambition politique, alors que beaucoup, du fait de son entregent, le voyaient briguer de hautes responsabilités, à l’instar d’un George Weah.

À la mi-juillet, le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Malgache Ahmad Ahmad, avait annoncé qu’Eto’o et Didier Drogba, légende ivoirienne fraîchement retraitée, allaient devenir ses « collaborateurs », avec « des fonctions officielles ».

« Didier Drogba réfléchira sur l’amélioration du statut du joueur africain. Samuel Eto’o va se charger des relations avec les fédérations et les confédérations », avait-il précisé.

Par Jeune Afrique avec AFP

Football : Ahmad Ahmad, le président de la CAF, ressort de sa garde à vue sans poursuites

juin 7, 2019

Ahmad Ahmad, le président de la CAF, lors d’une conférence de presse le 16 mars 2017 (image d’illustration). © STR/AP/SIPA

 

La garde à vue à l’Office de lutte contre la corruption de la police judiciaire française d’Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football (CAF) interpellé jeudi à Paris, a été levée sans poursuites, a annoncé vendredi le procureur de Marseille.

Ahmad Ahmad avait été interpellé dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille le 28 mai, notamment pour association de malfaiteurs, corruption, abus de confiance et faux et usage de faux, a précisé le procureur Xavier Tarabeux.

Comme le révélait Jeune Afrique, le patron du football africain avait été interpellé la veille vers 8h30 à l’hôtel de Berri, à Paris, pour être entendu par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Une arrestation intervenue alors qu’il se trouvait à Paris pour assister au congrès de la Fifa, qui a abouti à la réélection du président Gianni Infantino.