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Guinée, Mali : les forces spéciales menacent-elles la démocratie ?

septembre 6, 2021
Des membres des forces armées guinéennes célèbrent l’arrestation du président Alpha Condé, lors du coup d’État à Conakry, le 5 septembre 2021.

Que ce soit Assimi Goïta au Mali ou Mamady Doumbouya en Guinée, le président en exercice a été renversé par le chef des forces spéciales, dans les deux cas. De quoi s’interroger sur le rôle de ces unités militaires d’élite et leur rapport avec le politique.

Avec le coup d’État mené en Guinée le 5 septembre 2021 par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, il n’a échappé à personne que cet officier à la tête du Groupement des forces spéciales (GFS) commandait le même type d’unité militaire que le colonel Assimi Goïta, à la tête de la Transition malienne après un double coup d’État en août 2020 et mai 2021. Ce dernier commandait plus précisément le bataillon autonome des forces spéciales (BAFS).

Si la similitude relevée s’arrêtait là, on pourrait penser que c’est normal : ils sont tous les deux à la tête de l’une des unités les plus équipées et les mieux entraînées de leurs armées. Dès lors, l’initiative d’un coup d’État présente a priori moins de risque et donc plus de chance de succès.

Mais les commentaires des internautes et même de certains « spécialistes » tendent parfois à stigmatiser ces unités et donc à envisager leur démantèlement là où elles existent, et le statu quo là où elles n’existent pas, au motif incongru qu’elles seraient source de déstabilisation politique.

Ce faisant, on traiterait encore une fois par des soins cosmétiques approximatifs, la conséquence d’un problème purement politique, et non sa cause profonde.

Réforme de la défense guinéenne

Depuis 2010, la Guinée a mené, avec le soutien des partenaires techniques et financiers internationaux, une vaste réforme du secteur de la sécurité afin de  professionnaliser les Forces de défense et de sécurité, de mieux les préparer à assurer leurs missions, et surtout de les dépolitiser.

Ce dernier objectif n’est sans doute pas atteint et ce dernier coup d’État est à la fois le symptôme de cette incapacité à contenir les velléités putschistes de l’armée et à gouverner légitimement au service de l’intérêt général.

Pour autant, la réforme ne peut absolument pas être considérée globalement comme un échec. Si le pays a pu satisfaire les exigences onusiennes en déployant 712 personnels dont un bataillon de 650 Casques bleus de la Minusma à Kidal, c’est déjà une réussite. Surtout qu’une partie du personnel est armée par le GFS comme c’est le cas en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays africains déployant des contingents dans les opérations de paix des Nations Unies.

La conjoncture politique, les turbulences et les aléas liés aux ambitions démesurées et au mépris des règles démocratiques par des politiques imbus de leur arrogance ne doivent pas faire occulter les impératifs sécuritaires censés être pris en charge par des unités telles que les forces spéciales, capables d’agir de manière autonome et décisive dans un environnement hostile.

Forces spéciales, un rempart indispensable

Face au terrorisme, au grand banditisme, aux prises d’otages complexes et autres actes criminels de grande ampleur, les forces spéciales par leurs capacités d’intervention rapide et robuste, restent un rempart dont aucun État, aucune armée ne choisirait raisonnablement de se priver.

Si même les seuls faits d’armes des Forces spéciales maliennes et guinéennes étaient d’avoir capturé des présidents à la légitimité discutable, leur démantèlement ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau, car le danger peut venir de partout : des armées comme des insurgés qui ont en commun avec la population, de rejeter des régimes corrompus et déconnectés des aspirations des jeunes, largement majoritaires et suffisamment marginalisés.

Pour des raisons à peu près similaires, l’arme blindée-cavalerie est restée sous-équipée au Bénin pendant longtemps au motif que les putschistes des années 1960 et 1970 y provenaient. Au Burkina Faso, le régiment de sécurité présidentiel (RSP) de Blaise Compaoré a été dissous après sa chute en 2014 alors qu’il aurait pu être restructuré pour capitaliser les savoir-faire acquis et les réinvestir dans la lutte anti-terroriste.

Ne pas agir sous le coup de l’émotion

Les coups d’État constitutionnels et les coups d’État militaires constituent déjà des causes de recommencements perpétuels de la marche de l’Afrique subsaharienne francophone vers la stabilité politique et le progrès économique. Avec des outils de défense relativement précaires, il ne faudrait surtout pas agir sous le coup de l’émotion, par des décisions hâtives et sans discernement, en amputant les armées d’un bras opérationnel indispensable à la bonne exécution de leurs missions.

Nul ne sait où cette énième transition conduira la Guinée. Les promesses des militaires impréparés à l’exercice du pouvoir d’État se heurtent toujours face aux dures réalités du pouvoir politique. Pour peu que l’outil de défense peut être préservé, même avec ses insuffisances, il faut limiter la casse pour que le nouveau démarrage ne soit pas un retour à la case départ.

Avec Jeune Afrique par  Oswald Padonou

Docteur en sciences politiques. Enseignant et chercheur en relations internationales et études de sécurité

Côte d’Ivoire : les forces spéciales ne défileront plus pour la fête de l’indépendance

février 21, 2017

Un soldat de l’armée ivoirienne à Abidjan lors d’un déplacement du ministre de la Défense française le 10 mai 2014. © Bruno LEVY pour Jeune Afrique

Après les mutineries de février 2017, le président ivoirien a pris une décision symbolique.

Sur décision d’Alassane Ouattara, les Forces spéciales sont désormais indésirables à la parade militaire des célébrations de l’indépendance, qui ont lieu chaque année sur l’esplanade de la Présidence, à Abidjan.

Pourtant, le défilé de ces hommes, encagoulés et en tenue de camouflage, faisait partie des principales attractions.

Cette mise à l’écart est la conséquence des mutineries de ces forces, les 7 et 8 février, dans leur base principale d’Adiaké, non loin de la frontière ghanéenne. Le général Lassina Doumbia, leur commandant, a pris acte de cette décision.

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Mali : un des auteurs présumés de l’attentat de Bamako abattu par les forces spéciales

mars 13, 2015

Devant le restaurant La Terrasse, le 7 mars à Bamako.
Devant le restaurant La Terrasse, le 7 mars à Bamako. © AFP

Les forces spéciales maliennes ont abattu vendredi matin à Bamako l’un des auteurs présumés de l’attentat du 7 mars. Une dizaine d’autres individus sont toujours recherchés.

Un des auteurs présumés de l’attentat de Bamako a été tué ce vendredi 13 mars au matin, lors d’un assaut lancé par les forces spéciales dans un immeuble de la capitale malienne. Selon le numéro 2 des sevices de renseignement, communément appelés sécurité d’État (SE), l’homme n’a pas voulu se rendre.

« Nous avons localisé l’individu dans un quartier populaire de Bamako. Il est originaire du Nord. Il s’était rasé la tête », a indiqué un autre responsable des forces spéciales qui a affirmé avoir participé à l’opération, précisant que le suspect avait « la peau claire ». « C’est l’un des assaillants de samedi. C’est lui qui, à moto, avait lancé une grenade dans la rue du bar-restaurant La Terrasse », a-t-il assuré. Une source hospitalière a indiqué que le corps de l’homme abattu avait été amené à l’hôpital Gabriel Touré, où avaient été soignés les blessés de l’attentat.

Une dizaine de personnes recherchées

Appuyées par des policiers de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et des enquêteurs français et belges arrivés en renfort, les investigations ciblent, selon des sources proches du dossier, une dizaine de terroristes présumés. Parmi eux figurent un binational russo-malien, qui n’a pu être localisé, et le chauffeur présumé, qui serait handicapé.

Cet attentat à la grenade et à l’arme automatique, le premier à frapper des Occidentaux à Bamako, a fait cinq morts : trois Maliens, un Français et un Belge, et huit blessés, dont deux Suisses, au bar-restaurant La Terrasse et aux alentours de ce lieu de vie nocturne fréquenté de la capitale.

L’attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, qui a dit vouloir « venger le prophète de l’islam insulté et moqué par l’Occident mécréant », ainsi qu’un de ses lieutenants, Ahmed Tilemsi, tué par l’armée française en décembre dans le nord du Mali.

Jeuneafrique.com

Burkina Faso: mort d’un soldat français dans un accident d’hélicoptère

novembre 30, 2014

Burkina Faso: mort d'un soldat français dans un accident d'hélicoptère
Burkina Faso: mort d’un soldat français dans un accident d’hélicoptère © AFP

Un adjudant français des forces spéciales est mort samedi au Burkina Faso dans un accident d’hélicoptère survenu lors d’un vol d’entraînement, a annoncé dimanche le ministère de la Défense.

Il s’agit de Samir Bajja, 38 ans, né à Nîmes et sous-officier au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales de l’Armée de terre, a précisé l’entourage du ministre Jean-Yves Le Drian dans un communiqué.

Il se trouvait à bord d’un engin Caracal qui s’est écrasé vers 21H00 « lors d’un vol nocturne d’entraînement tactique », a précisé le texte.

Le soldat qui a péri « appartenait au Service des essences des armées ». L’accident a provoqué sa mort et blessé « deux autres membres de l’équipage. Leur pronostic vital n’est pas engagé ».

« Jean-Yves Le Drian salue l’engagement courageux de l’adjudant Samir Bajja », ajoute son entourage. « Engagé dans les armées depuis 16 ans, il avait notamment servi en Côte d’Ivoire, en Afghanistan, au Tchad et au Mali. Il était médaillé de la Croix de la valeur militaire au titre de son engagement au Mali ».

Le ministre de la Défense « adresse ses condoléances à sa compagne, à ses proches et à ses compagnons d’armes. Il souhaite un prompt rétablissement aux soldats blessés ».

L’adjudant Bajja « est le deuxième soldat français à mourir au Sahel depuis le lancement de l’opération Barkhane le 1er août dernier », note le communiqué officiel. « Cette opération vise à lutter, aux côtés de nos partenaires burkinabés, nigériens, maliens, mauritaniens et tchadiens, contre les groupes armés terroristes présents dans la bande sahélo-saharienne ».

Kiev à l’offensive à l’Est face aux insurgés

avril 15, 2014

IZIOUM (Ukraine) – L’Ukraine a lancé mardi ses forces, armée et Garde nationale, dans l’Est contre les insurgés pro-russes qui seront liquidés s’ils ne déposent pas les armes, selon le commandant de l’opération.

Une colonne de blindés et d’hommes des forces spéciales se trouvait à une quarantaine de kilomètres au nord de Slaviansk, ville symbole de la récente offensive séparatiste, tenue par des hommes en armes sans signes distinctifs. Et des renforts ont été héliportés sur un aérodrome à 15 km au sud de la cette localité, prise en étau, d’après des témoins interrogés sur place.

L’offensive devrait encore attiser les tensions avec le puissant voisin russe, qui a massé selon l’Otan jusqu’à 40.000 hommes à la frontière entre les deux pays et averti à plusieurs reprises les autorités pro-européennes de Kiev de ne pas intervenir contre les insurgés.

L’Ukraine se trouve au bord de la guerre civile, c’est effrayant, a à cet égard estimé mardi le Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Sur le front diplomatique, la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide était plus que jamais dans l’impasse, les présidents américain Barack Obama et russe Vladimir Poutine s’en étant chacun renvoyé la responsabilité au cours d’un échange téléphonique tendu.

Au troisième jour de l’opération antiterroriste de grande envergure annoncée par Kiev, une colonne de blindés de l’armée ukrainienne se trouvait près d’Izioum, à 40 km au nord de Slaviansk, contrôlée depuis samedi par des hommes puissamment armés et organisés, mais ne portant pas d’insignes sur leurs uniformes.

Cette ville de 120.000 habitants est devenue le symbole de la dernière série d’insurrections pro-russes qui menace plus que jamais l’Ukraine et ses 46 millions d’habitants d’éclatement entre l’Est russophone et le centre et l’ouest tournés vers l’Europe.

Les séparatistes qui ne déposeront pas les armes seront liquidés, a déclaré à des journalistes au nord de Slaviansk le général Vassyl Kroutov, numéro deux des services de sécurité ukrainiens (SBU), qui commande l’opération antiterroriste.

– Ennemi difficile –

Le général Kroutov a affirmé que ces hommes non identifiés faisaient partie des troupes spéciales du GRU (renseignement militaire russe, NDLR) qui ont une grande expérience des conflits. C’est un ennemi difficile, a-t-il dit, assurant que 300 d’entre eux étaient encore arrivés lundi, la plupart à Slaviansk.

Une dizaine de chars et autant d’autres blindés, ainsi que sept cars transportant des spetsnaz, membres des forces spéciales, étaient garés près d’Izioum. Les soldats ont installé un poste de contrôle sur la route, stoppant tous les véhicules circulant dans les deux sens.

On est là parce qu’on ne peut pas abandonner le territoire. Tout ce qu’on va faire, c’est protéger l’indépendance de notre pays et la paix, a déclaré un officier qui a refusé de dire son nom.

Interrogé sur le fait de savoir si les militaires allaient intervenir directement, il a assuré que cette tâche était du ressort des forces (du ministère) de l’Intérieur. Nous, on est là pour les aider.

Kiev avait annoncé mardi matin qu’un premier bataillon de la Garde nationale avait été envoyé au front.

Ce bataillon est formé de volontaires ayant fait partie des unités d’autodéfense du Maïdan, haut lieu du mouvement de contestation dans le centre de Kiev qui a renversé en février le régime pro-russe du président Viktor Ianoukovitch.

Ce qui ne devrait pas manquer de hérisser Moscou, qui ne reconnaît pas le régime intérimaire pro-européen de Kiev et considère comme fascistes plusieurs des groupes du Maïdan.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait d’ailleurs prévenu mardi matin que tout ordre criminel de Kiev d’envoyer les chars ferait capoter les pourparlers prévus pour jeudi à Genève sur la crise.

– Nombreuses demandes d’aide –

Ces discussions entre Ukraine, Russie, Etats-Unis et Union européenne seraient les premières négociations internationales depuis le début de crise.

L’annonce lundi soir par le Kremlin selon laquelle Vladimir Poutine, qui s’est engagé depuis longtemps déjà à assurer à tout prix la sécurité des populations russophones de l’ex-URSS, recevait de nombreuses demandes d’aide des régions de l’Est ukrainien et suivait la situation avec beaucoup d’inquiétude avait déjà renforcé les craintes d’une intervention russe.

Kiev et les Occidentaux voient la main de Moscou derrière les récents soulèvements, qui rappellent selon de nombreux experts l’intervention des forces ayant pris le contrôle de la Crimée avant son rattachement à la Russie.

L’UE a d’ailleurs décidé d’étoffer ses sanctions ciblées contre des personnalités impliquées dans la crise, ce que Moscou a dénoncé comme contreproductif, appelant les Européens à plutôt se concentrer sur la recherche commune d’une solution.

Le président par intérim Olexandre Tourtchinov a, quant à lui, fustigé mardi les projets brutaux de la Russie qui veut que s’embrasent tout l’est et le sud de l’Ukraine, de la région de Kharkiv à celle d’Odessa.

Et l’Otan a une nouvelle fois exhorté mardi la Russie à faire baisser la pression en faisant reculer ses troupes massées près de la frontière.

Barack Obama a demandé à son homologue russe lundi au téléphone d’user de son influence pour convaincre les insurgés de déposer les armes.

M. Poutine a répliqué en qualifiant les accusations d’ingérence russe de conjectures reposant sur des informations infondées.

Les pro-russes réclament un rattachement à la Russie, ou au minimum une fédéralisation de l’Ukraine, pour donner de grands pouvoirs aux régions.

M. Tourtchinov a pour la première fois lundi évoqué la possibilité d’organiser un référendum sur les institutions ukrainiennes. Mais l’ambassadeur ukrainien auprès de l’ONU à Genève, Yurii Klymenko, a prévenu mardi que l’Ukraine ne comptait pas parler de fédéralisme jeudi.

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2014 18h47)