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Claudy Siar, de « Couleurs tropicales » au champ politique

octobre 10, 2021
Le journaliste et producteur Claudy Siar cherche à faire entendre davantage la voix des Noirs de France dans le débat politique. © RFI

Ce défenseur des cultures afro-caribéennes anime son émission musicale sur RFI depuis vingt-six ans, tout en faisant de la juste représentation des Noirs de France son cheval de bataille. Il projette désormais de créer son propre parti.

« J’en refuse beaucoup ! », affirme l’homme de radio en évoquant les nombreuses invitations qu’il reçoit. À peine rentré d’un rendez-vous pour préparer le prochain sommet Afrique-France qui se tenait le 8 octobre à Montpellier, Claudy Siar prend le temps de nous accueillir dans son bien confortable appartement parisien situé dans le très chic 16e arrondissement.

Une rangée de beaux livres sur l’Afrique est soigneusement disposée près d’une collection de masques africains exposés au mur du spacieux salon aux côtés de peintures contemporaines colorées, que l’on imagine signées d’artistes afro-descendants.

Le Guadeloupéen n’est pas un amoureux de l’Afrique. L’Afrique est ce qui le définit. « La terre guadeloupéenne est gorgée d’africanité, d’indianité et d’européanité aussi, mais le socle, c’est l’africanité », insiste-t-il.

Un peu plus tôt cette même semaine, c’est sur le plateau de l’émission politique C ce soir sur France 5 que le vice-président du Crefom (Conseil représentatif des Français d’Outre-mer) se rendait pour participer à un débat sur les « Outre-mer, les grands oubliés de la République », aux côtés de l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira.

Panafricaniste et fervent anti-raciste

Le journaliste de 51 ans occupe l’antenne de RFI depuis vingt-six ans avec Couleurs tropicales, l’émission musicale qu’il anime et produit. Certes, ce n’est pas la radio internationale qui résume sa carrière médiatique. Passé par France Télévisions et TFI à la fin des années 1980 et à l’aube des années 1990, puis par Canal+ début 2000, il anime aujourd’hui The Voice Afrique francophone sur Voxafrica.

Mais c’est surtout avec ses cinq rendez-vous radiophoniques par semaine que Claudy Siar, panafricaniste et fervent anti-raciste, fait entendre sa voix. Son émission est souvent l’occasion pour lui de rappeler et de partager des pans de l’histoire qu’il estime éludés par le paysage médiatique français.

« En 2005, j’ai bien failli quitter l’antenne, glisse-t-il. Un ancien ambassadeur de France au Mali considérait que j’étais un mauvais Français et qu’on devait me renvoyer de RFI. Mais des personnes de l’État m’ont soutenu », assure l’ex-délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer sous Nicolas Sarkozy.

PERSONNE NE PARLAIT COMME ÇA SUR RFI À CE MOMENT-LÀ. MAIS JE SUIS UN JOURNALISTE D’OPINION

Certains lui reprochent par ailleurs d’avoir entretenu des amitiés avec des personnalités publiques aux idéologies dangereuses, comme avec l’humoriste et militant politique franco-camerounais Dieudonné – condamné plusieurs fois en France pour discriminations raciales et incitation à la haine. « Toutes les personnes du show-biz étaient également proches de lui à une certaine époque », se justifie le journaliste, ou encore avec des dirigeants africains controversés, à l’instar de Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo.

Des affinités qui, selon ses détracteurs, contrastent avec sa posture humaniste, mais qui n’empêchent pas Claudy Siar de continuer à défendre ses sujets de prédilection –  quitte à se mettre certains de ses confrères à dos.

Parole libre

Histoire de l’esclavage, colonisation, néo-colonialisme, émancipation de la jeunesse africaine et de la diaspora… Autant de thèmes qui ont pu irriter certaines oreilles au début de sa carrière. « Personne ne parlait comme ça sur RFI à ce moment-là. Mais je suis un journaliste d’opinion, revendique celui qui a fini par faire accepter son point de vue. De nombreuses personnes ont compris que c’était une chance d’avoir quelqu’un qui s’adresse en majorité à un auditoire africain avec une parole aussi libre et respectueuse de tous sur une radio aussi forte que RFI », estime celui qui a initié la première marche de commémoration de l’abolition de l’esclavage en 1993.

Claudy Siar a fait des valeurs du vivre-ensemble son cheval de bataille. Un combat qui commence par la juste représentation de la diversité française. « On a le sentiment que le racisme n’est plus un délit en France quand on regarde la télévision ou que l’on écoute la radio. De temps en temps, le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) distribue des amendes, mais aujourd’hui il y a énormément de journalistes et d’intellectuels qui ont été condamnés pour racisme et qui restent dans les médias », s’insurge-t-il, avant de condamner les propos sur l’assimilation culturelle que tient son ex-ami Éric Zemmour, éditorialiste et chroniqueur sur la chaîne Cnews.

LA CRISE QUE TRAVERSE LA FRANCE EST AVANT TOUT IDENTITAIRE

Une dérive que Claudy Siar explique par le manque de dialogue autour de la notion d’identité nationale qui a animé le débat public sous la présidence de Nicolas Sarkozy. « Je regrette de m’être opposé à ce débat. Car la crise que traverse la France est avant tout identitaire. On a vu dans cette proposition de dialogue la voix des conservateurs. Or, l’identité nationale n’est pas monolithique, elle est diverse. Si on avait tous pris le temps de se parler, on n’aurait peut-être pas un Zemmour qui débite des propos racistes sans projets à la télévision, qui insulte les Africains, les écrase et n’accepte pas leur histoire. »

Pour Claudy Siar, le problème réside moins dans la surmédiatisation du polémiste sur une chaîne détenue par le groupe Bolloré – dont une grande partie du chiffre d’affaires est fait en Afrique – que dans l’absence de Noirs qui devraient s’emparer de ces débats dans les médias.

ON INVITE SEULEMENT LES GENTILS AFRO LORSQU’ILS ONT UN DISCOURS QUI CONVIENT AUX DIRIGEANTS DES CHAÎNES

« J’aime citer Mandela : ‘Si on parle de nous sans nous, c’est en réalité contre nous’, donc il faut être là », martèle-t-il, tout en s’indignant de la disparition de France Ô, chaîne dédiée aux Outre-mer, en août 2020. « On invite seulement les gentils afro lorsqu’ils ont un discours qui convient aux dirigeants des chaînes. Les gens comme moi ne sont pas les bienvenus sur Canal+ par exemple, pourtant j’ai y ai travaillé cinq ans avant l’arrivée de Vincent Bolloré. On ne me reçoit même pas sur les chaînes du groupe en Afrique, à quelques rares exceptions près. Ma posture professionnelle ne plaît pas, on ne sera jamais ennemis pour autant. »

Quid de la radicalisation du discours anti-raciste d’une certaine frange de militants ? À la question, le journaliste est catégorique. Le seul séparatisme qui existe, selon lui, vient des racistes, de ceux qui s’attellent à repousser hors du centre du pouvoir intellectuel, médiatique, économique ou politique les victimes de discriminations.

« Les mêmes qui vous disent que la France est envahie par des Africains ou qui prônent le grand remplacement [théorie d’extrême droite popularisée par l’écrivain Renaud Camus, ndlr]. Il est là le communautarisme, pour moi, estime-t-il. Le jour où l’histoire de l’esclavage et des colonisations seront des histoires moins prégnantes dans notre quotidien, on pourra en parler de manière dépassionnée. »

Un soutien sans filtre à Macron

Pour l’heure, Claudy Siar juge qu’il est urgent de reconnaître la souffrance liée au passé douloureux de la colonisation. Et d’effectuer un travail de mémoire.

Ambitieux, Claudy Siar affiche un soutien sans filtre à Emmanuel Macron et applaudit ses actions menées pour créer des ponts entre la France et l’Afrique, de « la Saison Africa 2020 au discours de Ouagadougou, en passant par la réflexion autour de la restitution des œuvres et le sommet Afrique-France », énumère-t-il.

L’IDÉE N’EST PAS DE CRÉER PLUS D’OPPOSITIONS AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE, MAIS DE PROPOSER QUELQUE CHOSE QUI RELÈVERAIT D’UN HUMANISME RÉEL

Celui qui refuse de faire « rimer politique avec polémique », n’hésite pourtant pas à réagir sur les réseaux sociaux à la moindre escarmouche médiatique liée aux questions raciales. C’est donc sans surprise que Claudy Siar réfléchit à aller plus loin avec – pourquoi pas – la création d’un parti politique.

« L’idée n’est pas de créer plus d’oppositions au sein de la société française, mais de proposer quelque chose qui relèverait d’un humanisme réel. La vie politique française a besoin de cet humanisme-là pour comprendre que la couleur de peau ne doit plus être un facteur de discriminations. » Après la présidentielle de 2022, le militant compte bien annoncer la création officielle de son parti dans l’espoir de « peser dans la société française, au moins avec les idées. »

Avec Jeune Afrique par Eva Sauphie

France – « Horizons » : Édouard Philippe officialise son nouveau parti

octobre 9, 2021

Entouré de ses proches au Havre, l’ancien Premier ministre a lancé sa propre formation politique, qu’il veut être un « vrai parti » professionnel.

Édouard Philippe vogue vers de nouveaux horizons. Un an et demi après son départ de Matignon, le maire du Havre (Seine-Maritime) a officialisé, samedi 9 octobre, la création d’une nouvelle formation politique, baptisée Horizons. Objectif affiché : « Participer à la constitution d’une nouvelle offre politique », en élargissant à droite la base électorale d’Emmanuel Macron.

Car si l’ancien membre des Républicains estime venu le temps d’avoir une formation politique taillée à sa mesure, il assure ne pas vouloir faire d’ombre au président de la République. « La ligne claire est le soutien au président de la République » pour que « les cinq années qui viennent soient des années utiles », a-t-il ajouté. Car « très clairement, mon objectif en 2022 est que le président de la République Emmanuel Macron soit réélu », a-t-il lancé, alors que certains le soupçonnent de vouloir faire cavalier seul.

« Avec Horizons, nous allons définir une stratégie pour la France, c’est une aventure collective », a-t-il déclaré dans sa ville du Havre, en expliquant que le nom avait été choisi « parce qu’il faut voir loin ». « Son positionnement, c’est devant, avec une logique de partenariat, de rassemblement, autorisant la double appartenance », et « la ligne est de préférer la sérénité à la fébrilité », a ajouté l’ancien Premier ministre.

Une clef de voûte pour la majorité ?

La réélection d’Emmanuel Macron « passera par un élargissement de sa base électorale » et « l’objectif est de créer un vrai parti, avec des statuts qui seront déposés lundi, une charte des valeurs », a-t-il affirmé, expliquant que les maires y auraient une place particulière avec une « assemblée » qui élira le vice-président.

Alors que la macronie essaie de structurer une « maison commune », il a assuré que « si c’est une bannière, nous serons derrière ». « C’est un combat démocratique, au long cours, mais essentiel, que nous engageons […] Nous manquons d’une stratégie à l’horizon 2050 […] je veux avec vous la bâtir », a-t-il ajouté devant une salle comble – les organisateurs revendiquaient 3 000 participants.

Face aux « quatre transformations extrêmement massives et signifiantes », démographique, environnemental, géopolitique et technologique, que le pays doit affronter, « il faut préparer une stratégie », a-t-il lancé, plaidant pour « la constance » et « la cohérence ».

Les patrons des trois groupes parlementaires de la majorité à l’Assemblée, Christophe Castaner (LREM), Olivier Becht (Agir) et Patrick Mignola (MoDem), avaient fait le déplacement, ainsi que 160 maires, 600 élus locaux (dont les maires de Fontainebleau Frédéric Valletoux, et de Reims Arnaud Robinet) et une soixantaine de parlementaires, dont Marie Lebec, Pierre-Yves Bournazel, Naïma Moutchou ou Marie Guévenoux.

Au cours de son discours de presque deux heures, émaillé de références à Nicolas Sarkozy, Valéry Giscard d’Estaing et Alexandre Dumas, Édouard Philippe a évoqué « quatre transformations extrêmement massives et signifiantes » que devra affronter le pays – démographique, environnemental, géopolitique et technologique – et défendu « la constance » et « la cohérence » pour y répondre.

Recomposition

Il a également appelé à « remettre de l’ordre dans nos comptes et dans nos rues », et a longuement défendu son idée de porter « probablement » à « 65, 66, 67 ans » l’âge de départ à la retraite. Autant de clins d’œil à droite, que l’ex-LR est soupçonné dans son ancienne famille de vouloir siphonner à l’approche de 2022, en profitant des hésitations sur le nom du candidat ou de l’attrait que pourrait exercer Éric Zemmour sur les plus droitiers.

« La poutre travaille, et croyez-moi, elle n’a pas fini de travailler », a affirmé Édouard Philippe, en allusion à une recomposition politique qui reste « évidemment en cours ». À son arrivée au Havre, Olivier Becht avait déjà assuré, en évoquant les adhérents « chez LR et à l’UDI qui partagent nos valeurs », que « si Édouard Philippe arrive à ramener ces gens dans la maison commune, c’est autant de points positifs pour élargir la majorité et faire en sorte qu’Emmanuel Macron soit réélu en 2022 ».

Le nouveau parti permettra de constituer « une formidable attaque, mais pas seulement pour l’élection présidentielle », avait abondé Patrick Mignola. Les statuts du parti seront déposés lundi, et il sera doté d’une charte de 20 principes défendant notamment « la poursuite de la transformation du pays », « l’ordre », « la justice sociale » et « le projet européen ». Il s’agit aussi de combattre « les extrêmes de tous bords », « les ennemis de la laïcité », « les partisans de la décroissance » ainsi que « les naïfs et les populistes de l’immigration ».Sponsorisé

Sur l’aile gauche de la macronie, le petit parti Territoires de progrès, lancé début 2020 par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, tient son propre congrès samedi à Bordeaux. Le ministre chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, (ex-PS), pourrait en récupérer la présidence.

Par Le Point avec AFP

Canada: Plus de 3315 aspirants préposés aux bénéficiaires ont quitté le programme

décembre 22, 2020

Des 9866 volontaires inscrits à la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires (PAB) en juin, seuls 6551 prêtent main-forte aujourd’hui dans les CHSLD. Ceux qui sont partis doivent rendre la bourse reçue du gouvernement, ce qui n’est pas simple.

Èva Benoit-Dragon à proximité de son nouveau travail dans un dépanneur de Saint-Jérôme.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Èva Benoit-Dragon à proximité de son nouveau travail dans un dépanneur de Saint-Jérôme.

La vie d’Èva Benoit-Dragon a changé depuis l’échec de sa formation de PAB. La Montréalaise de 21 ans a dû retourner vivre chez ses parents à Saint-Jérôme et elle doit travailler dans un dépanneur.

«J’ai une grosse dette et je sais que ça va prendre du temps à la rembourser.» Elle doit remettre les 6140 $ de bourse du gouvernement qu’elle a reçus durant ses deux mois d’alternance travail-études en CHSLD.

Cet argent, elle ne l’a pas. Elle en a dépensé une bonne partie pour payer son loyer des derniers mois, sa nourriture et s’occuper de son frère. «Je ne pouvais pas m’inscrire à la PCU et je n’ai pas le droit au chômage, car je n’ai pas accès à une cessation d’emploi, puisqu’il s’agit d’études», explique-t-elle.

Plusieurs syndicats de préposés nous ont fait part de situations semblables.

Remboursement obligatoire en cas d’échec ou d’abandon

Le contrat qu’elle a signé était clair : en plus de réussir la formation, les aspirants PAB doivent offrir une disponibilité d’un an. En cas d’abandon ou d’échec, ils doivent rembourser la bourse de formation, qui atteint un maximum de 9210 $.

Èva Benoit-Dragon n’a pas été jugée assez compétente par ses formateurs, mais c’est seulement deux jours avant la fin des 375 heures de formation requises qu’ils le lui ont annoncé. Juste avant qu’elle ne puisse toucher le dernier paiement de sa bourse.

«Je me sens extorquée et flouée», dit-elle.

Elle reconnaît quelques «petites erreurs» durant sa formation, comme avoir oublié de porter des gants à une reprise, mais rien ne lui laissait présager qu’elle allait être écartée du jour au lendemain. «J’ai fait les heures qu’ils m’avaient dit de faire, on me disait que je faisais des progrès.»

«Ça manque d’humanité. Elle s’est fait jeter comme une vieille chaussette», dénonce le député de Rosemont de Québec solidaire, Vincent Marissal, qui a été contacté par la jeune femme, désespérée. «Peut-être que certains auraient besoin de plus de temps de formation.»

Le député de Québec solidaire rappelle que «ces gens-là ont travaillé en CHSLD durant leur formation, ils ont quand même donné des services».

Le ministère de la Santé explique que le remboursement n’est pas requis pour un candidat qui échoue pour une raison liée à une incapacité cognitive ou une maladie. «Un traitement humain au cas par cas est donc privilégié», ajoute le porte-parole Robert Maranda.

De plus, le ministère précise que «le candidat et l’établissement de santé et services sociaux qui a octroyé la bourse peuvent convenir d’une entente de remboursement étalée sur un nombre de mois convenu entre les parties».

Enfin, le contrat signé par les aspirants PAB prévoit la possibilité de retrancher du montant total le prorata du temps travaillé. Ce n’est toutefois pas ce qui a été proposé à Èva Benoit-Dragon.

La jeune femme avait été sélectionnée au départ parmi 80 000 volontaires. Le gouvernement avait un urgent besoin de 10 000 préposés dans les CHSLD de la province. Puisque seulement 6551 sont au travail, Québec a déjà prévu la formation de nouvelles cohortes pour ajouter 3000 personnes de plus.

Avec Thomas Gerbet par Radio-Canada

Canada/«SNC-Lavalin University»: Philippe Couillard a offert une formation au fils de Kadhafi

décembre 19, 2019

 

© THE CANADIAN PRESS/Mathieu Belanger
 

L’ancien premier ministre Philippe Couillard confirme avoir bel et bien offert une formation au fils de l’ancien dictateur libyen en 2008, alors qu’il était ministre de la Santé et des Services sociaux. À l’époque, le géant du génie québécois SNC-Lavalin avait créé la « SNC-Lavalin University », un programme sur mesure pour Saadi Kadhafi.

« Je lui ai fait un exposé sur le fonctionnement du système de santé », confirme M. Couillard en entrevue avec Le Devoir.

« Ça n’a duré que 20 minutes. On a parlé de santé, de soins de première ligne, de prévention, mais, écoutez, j’avais très peu d’écoute, je me suis rapidement rendu compte que ça n’intéressait pas vraiment monsieur », raconte M. Couillard.

C’est l’ancien président de SNC Jacques Lamarre qui a contacté M. Couillard pour lui demander d’offrir cette formation. « C’était une époque où [la Libye] dégageait une image de volonté de modernisation et c’est dans ce contexte-là que Jacques Lamarre m’avait contacté. Il m’avait dit que c’était une session de formation qui était faite en pleine connaissance du gouvernement fédéral », souligne M. Couillard.

Il assure que c’est la seule fois où il a rencontré Saadi Kadhafi. « Et avant que vous me demandiez, je n’ai pas été rémunéré », s’est empressé de préciser M. Couillard. « Je voyais ça comme une façon de participer à l’éducation d’une personne qui voulait moderniser son pays. »

Programme sur mesure 

En mars 2008, l’élaboration d’une formation spécialement dédiée au troisième fils de Mouammar Kadhafi s’est mise en branle au siège social de SNC-Lavalin, à Montréal. C’est que l’entreprise québécoise voulait s’assurer de conserver des liens étroits avec la Libye.

Le programme de cette « université » dont la formation s’est échelonnée sur six semaines a été exposé lors de l’enquête préliminaire de la firme d’ingénierie qui s’est tenue à l’automne 2018 et qui était frappée d’une ordonnance de non-publication. Il est désormais possible de rapporter ce qui y a été dit, puisque la firme a plaidé coupable mercredi à une accusation de fraude envers l’état libyen.

SNC-Lavalin avait commencé en 2008 des démarches pour obtenir un permis de travail temporaire pour engager Saadi Kadhafi au sein de l’entreprise montréalaise. En attendant l’obtention du permis, la firme de génie voulait « occuper » et « sensibiliser » l’ingénieur libyen à ses pratiques.

Le président de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre, avait alors mandaté Gilles Laramée, vice-président directeur et chef des affaires financières, pour élaborer une sorte de formation maison de 45 jours.

« Cette initiative est une occasion exceptionnelle d’aider [Saadi Kadhafi] dont nous connaissons bien le pays et où nous souhaitons continuer à contribuer au développement de ses infrastructures et de son économie en général », écrivait M. Laramée dans une invitation électronique envoyée à une dizaine d’employés.

Un agenda préliminaire et un calendrier des mois de mars, avril et mai 2008 montrent une ébauche des cours mis sur pied par l’entreprise pour Saadi Kadhafi.

C’est dans ces documents que figure à deux reprises le nom de Philippe Couillard qui était en 2008 député de la circonscription de Jean-Talon, à Québec, et ministre de la Santé et des Services sociaux du gouvernement libéral de Jean Charest.

Le nom de M. Couillard est d’abord inscrit sur un document annoté par M. Laramée. Il apparaît à nouveau en date du 26 mars 2008. « 15 h -16 h Health Care (Meeting with Mr. Philippe Couillard, Minister of Health and Social Services, Quebec », est-il écrit.

« Je ne suis pas heureux que mon nom s’y retrouve, mais à l’époque je l’ai fait dans une bonne intention. Il faut se ramener en 2008, SNC-Lavalin était une entreprise qui rayonnait à l’international », fait valoir M. Couillard.

Les noms d’autres figures publiques se retrouvent aussi dans ces documents. On y voit celui de Joël Gauthier, qui présidait alors l’Agence métropolitaine des transports (AMT), aujourd’hui abolie. Une formation d’une demi-journée sur les notions de base du métro était à l’horaire. L’ancien sénateur conservateur Hugh Segal se trouvait inscrit pour dispenser une formation de deux jours sur les politiques gouvernementales des affaires extérieures du Canada.

La Caisse de dépôt et la Banque Royale du Canada (RBC) figurent aussi parmi les formateurs du programme destiné à Saadi Kadhafi.

Selon les notes manuscrites de M. Laramée, deux périodes de cours étaient prévues, soit une en matinée de 9 h à 12 h, puis une en après-midi, de 14 h à 17 h.

Par Améli Pineda

Israël : fin du délai pour former un gouvernement, nouvelles élections en mars

décembre 11, 2019

 

Le délai pour trouver un nouveau chef de gouvernement en Israël a expiré aux premières minutes de la journée de jeudi, forçant la tenue de nouvelles élections prévues pour le mois de mars prochain.

Peu après la date-butoir fixée à 23H59 (21H59 GMT) mercredi pour trouver un chef de gouvernement obtenant une majorité d’appuis, des parlementaires discutaient toutefois toujours d’un projet de loi précisant entre autres des modalités des prochaines élections, prévues le 2 mars.

Par Le Figaro.fr

Gabon : Ali Bongo demande au premier ministre de former un nouveau gouvernement

juin 8, 2019

 

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé ce samedi soir avoir demandé à son premier ministre la formation d’un nouveau gouvernement « capable de faire preuve d’exemplarité ».

« Aussi ai-je demandé au premier ministre de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué de femmes et d’hommes prêts à donner la priorité à l’intérêt général et capable de faire preuve d’exemplarité, de probité, d’éthique », a déclaré Ali Bongo.

Le dirigeant s’exprimait lors d’un discours enregistré diffusé par la télévision nationale, une première depuis décembre 2018. Il se remet actuellement d’un accident vasculaire cérébral survenu en octobre 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Somalie : des militaires américains pour aider les forces locales à combattre les Shebab

avril 16, 2017

 

Les Shebab somaliens à Mogadiscio, le 21 octobre 2010. © AFP

Les Etats-Unis ont mobilisé « quelques dizaines de soldats » en Somalie à la demande de Mogadiscio, pour assister les forces locales en matière de sécurité dans le cadre de la lutte contre les insurgés islamistes shebab, a annoncé samedi le commandement américain pour l’Afrique, basé en Allemagne.

« Cette mission n’est pas associée à la formation aux tactiques anti-terroristes », a précisé une porte-parole, soulignant que les soldats américains « vont mener différentes actions de coopération et/ou d’assistance en matière de sécurité en Somalie ».

Selon elle, l’objectif de ce qui est sommairement décrit comme une mission d’entrainement et d’équipement constitue à « améliorer la capacité logistique de l’armée nationale somalienne, ce qui permettra aux forces somaliennes de mieux combattre les shebab ».

Des pouvoirs militaires étendus par l’administration Trump

Ce n’est pas la première fois, rappelle-t-elle également, que l’armée américaine déploie des soldats en Somalie depuis 1993.

Fin mars, l’administration Trump a étendu les pouvoirs donnés aux militaires américains pour mener des frappes en Somalie contre les shebab liés à Al-Qaïda.

En 2016, les militaires américains ont mené une quinzaine de frappes de drones en Somalie contre les shebab, selon les statistiques du Bureau of investigative journalism, une ONG britannique qui compile les données sur les frappes de drones américaines. Elles ont tué de 223 à 311 personnes, essentiellement des shebab, selon ces statistiques.

Les shebab ont juré la perte du gouvernement central, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), déployée en 2007.

Jeuneafrique.com

Comment s’est formé l’ouragan Matthew qui a dévasté Haïti ?

octobre 7, 2016

L’ouragan Matthew a semé la désolation en Haïti où il a fait près de 300 morts, selon des bilans encore partiels.

L’ouragan Matthew a semé la désolation en Haïti où il a fait près de 300 morts, selon des bilans encore partiels. CARLOS GARCIA RAWLINS / REUTERS
L’ouragan Matthew fouettait la côte est de la Floride de violentes bourrasques de plus de 100 km/h et de pluies torrentielles tôt vendredi matin. S’il a faibli un peu jeudi soir – il est désormais catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5 –, le cyclone « reste extrêmement dangereux », a mis en garde le centre américain de surveillance des ouragans. Matthew a semé la désolation en Haïti où il a fait près de 300 morts, selon des bilans encore partiels. Il a aussi provoqué des dégâts matériels importants en République dominicaine, à Cuba et au Bahamas.

Comment et pourquoi s’est-il formé ? Réponses avec Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques.

Comment se forment les ouragans ?

Les cyclones, qualifiés de typhons dans le Pacifique Ouest et d’ouragans dans l’Atlantique et dans le Pacifique Est, sont des perturbations à circulation tourbillonnaire, qui prennent forme dans les océans des régions tropicales quand plusieurs conditions sont réunies. Il faut tout d’abord que la température de la surface de la mer soit élevée, c’est-à-dire en général supérieure à 26 °C – ce qui est une constatation et non un seuil physique.

Ensuite, l’atmosphère doit être instable pour favoriser les phénomènes de convection : un courant d’air ascendant se met en place, soulevant des particules des basses couches de l’atmosphère pour les redistribuer en haute altitude, jusqu’au sommet de la troposphère (15 km d’altitude). En condensant, ces particules provoquent des pluies. Cette ascendance entraîne par ailleurs une baisse de pression en bas, vers la surface de la mer. Les vents doivent par ailleurs être relativement homogènes de la surface de la mer jusqu’aux sommets nuageux pour permettre au cyclone de se structurer et se renforcer.

Enfin, l’élément déclencheur est un phénomène de tourbillon de la masse d’air, sous l’effet, entre autres, de la force de Coriolis. Elle tourne dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Sud et dans le sens inverse dans l’hémisphère Nord.

Matthew, comme beaucoup d’autres cyclones dans l’Atlantique, s’est formé à partir d’une perturbation en provenance de l’Afrique de l’Ouest. Une fois que le cyclone se développe, il entretient sa propre dynamique, en pompant de l’énergie dans l’océan et on se renforçant. Au final, l’océan est le moteur du cyclone : il apporte la chaleur et l’humidité nécessaires à sa formation et à son entretien. Reste qu’il y a une grosse part de hasard dans son intensité.

Comment se classent-ils et quelle est leur fréquence ?

Quand les vents les plus soutenus ne dépassent pas 63 km/h (17 m/s), on parle de dépression tropicale. Elles sont numérotées, à partir de la première de l’année. Les vents étant faibles, les risques seront induits essentiellement par les pluies fortes, voire intenses.

Entre 63 et 117 km/h (33 m/s), on parle de tempête tropicale. On lui attribue un prénom. Si les pluies sont toujours à craindre, les vents commencent eux aussi à faire des dégâts, et avec eux la mer devient dangereuse. On compte en moyenne 80 systèmes de tempêtes par an, selon les variations d’El Niño et de La Niña, qui entraînent des anomalies de températures dans les océans.

Si les vents dépassent ce seuil de 117 km/h, c’est alors un typhon ou un ouragan, qui provoquent de très nombreux dégâts. Ils sont classés dans 5 catégories sur l’échelle de Saffir-Simpson, en fonction de la force de leurs vents – le seuil pour la catégorie 5 étant de 250 km/h. On dénombre environ 45 cyclones tropicaux chaque année, essentiellement dans le nord-ouest du Pacifique, les Caraïbes ou le sud de l’océan indien. Ils se forment surtout de juillet à octobre dans l’hémisphère Nord et de novembre à mars dans l’hémisphère Sud.

Matthew est le premier cyclone à avoir atteint la catégorie 5 depuis 2007 dans l’Atlantique. 2016 n’est pas une année particulièrement active d’un point de vue cyclonique, même si un nouveau cyclone se prépare déjà, Nicole, qui est classé en catégorie 2. En revanche, 2015 avait été une année exceptionnelle pour le Pacifique, Est comme Ouest, avec beaucoup de typhons de catégorie 5.

Peut-on facilement les prévoir ?

Les cyclones étant des phénomènes thermodynamiques, leurs évolutions sont précisément suivies, grâce à des modèles météorologiques et aux observations satellites. On les repère dès la formation de la dépression et on les voit se transformer en tempête ou typhon. Le seul élément difficile à prévoir est leur trajectoire. Il faut alors prévoir des cônes de trajectoires qui déterminent des probabilités.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les cyclones ?

Selon les modèles scientifiques les plus précis, le nombre global de cyclones dans le climat futur devrait être stable, voire en légère baisse. Mais dans le même temps, on s’attend à une hausse des cyclones les plus intenses, qui s’explique notamment par l’augmentation des températures des océans. On va aller vers des phénomènes plus puissants, associés à des pluies plus intenses, d’environ 20 % supérieures.

Lemonde.fr par  Audrey Garric , Chef adjointe du service Planète/Sciences du Monde