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Côte d’Ivoire : un accord politique entre le PDCI d’Henri Konan Bédié et le FPI de Laurent Gbagbo

mai 1, 2020

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo (photos d'archives).

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo (photos d’archives). © Photomontage: Vincent Fournier/Jeune Afrique / Peter Dejong/AP/SIPA

 

Les deux principaux partis d’opposition ivoiriens, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien chef d’État Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo ont signé jeudi à Abidjan un accord politique a six mois de la présidentielle.

Les deux grands partis ont pris « l’engagement commun à oeuvrer de concert pour le retour de la paix, de la réconciliation (…) et rendre transparent le processus électoral », souligne un communiqué lu devant la presse.

Le PDCI et le FPI ont assuré fin décembre 2019 qu’ils présenteront tous deux des candidats à la présidentielle d’octobre 2020. L’éventuel retour de Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle en Belgique dans l’attente de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur un éventuel procès en appel est une des grandes inconnues de la politique ivoirienne.

Futurs candidats à la présidentielle ?

Acquitté en première instance par la CPI, Laurent Gbagbo doit attendre que la Cour statue sur l’appel du parquet qui a contesté l’acquittement. Depuis 2011, le FPI s’est scindé en deux factions : d’un côté les « Gbagbo ou rien (GOR) » , qui ont boycotté les scrutins en l’absence de Laurent Gbagbo, de l’autre des « rénovateurs » représentés par l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, qui participent à la vie politique.

Emmanuel Altit, l’avocat de l’ex-président Gbagbo, 74 ans, a demandé une libération sans condition de son client, émettant « l’hypothèse » qu’il puisse « poser sa propre candidature ». Agé de 85 ans, l’ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999) entretient lui aussi le doute sur sa candidature.

Vers un scrutin tendu

L’ancien chef rebelle Guillaume Soro, ex-allié du président Alassane Ouattara, s’est déja déclaré candidat mais vit en exil en France et fait face à plusieurs procédures judiciaires. Il a notamment été condamné à 20 ans de prison mardi pour recel de détournement de deniers publics.

Du côté du pouvoir, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, très proche du président Alassane Ouattara, a été désigné mi-mars candidat du parti de Ouattara à la présidentielle.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3 000 morts, la présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue en Côte d’Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes. La date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle a été fixée à juillet 2020.

Par Jeune Afrique avec AFP

En Côte d’Ivoire, Assoa Adou (FPI) à nouveau dans le collimateur de la justice

avril 3, 2020

Assoa Adou, Abidjan le 15 janvier 2019© ISSAM ZEJLY pour JA

Assoa Adou, Abidjan le 15 janvier 2019© ISSAM ZEJLY pour JA © ISSAM ZEJLY pour JA

 

Convoqué par le préfet de police d’Abidjan à la suite de « propos séditieux » prononcés lors d’un meeting à Yamoussoukro, le secrétaire général de la branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), ne s’est pas présenté.

Assoa Adou, le secrétaire général de la branche dissidente du Front populaire ivoirien (FPI), proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, est dans le viseur de la justice ivoirienne, qui lui reproche d’avoir tenu des « propos séditieux » lors d’un meeting de la plateforme de l’opposition tenu à Yamoussoukro le 15 mars.

Assoa Adou avait invité les militants du FPI à « envahir les centres d’enrôlement » afin de s’inscrire sur les listes électorales, confient ses avocats, qui disent « ne pas comprendre le harcèlement du pouvoir ». « Assoa Adou a tenu des propos graves qui ont entraîné des violences, notamment la destruction du matériel d’enrôlement dans les centres d’enregistrement des cartes d’identités », révèle de son côté un proche du chef de l’État, qui confie la détermination de son camp « à ne pas [se] laisser déstabiliser ».

Deuxième convocation en deux semaines

Le 21 mars, le préfet de police d’Abidjan Siaka Dosso a fait transmettre à Assoa Adou une première convocation pour une audition prévue le surlendemain. Mais l’homme politique ne s’y est pas présenté. Il suivait en cela les recommandations de ses avocats, qui ont soulevé un vice de procédure et « exigé un respect de la loi » : en Côte d’Ivoire, un décret datant de juin 2005 exige en effet que seule la Cour de cassation peut autoriser des poursuites contre les anciens ministres et hautes personnalités de l’État. Une procédure que n’avait pas observée la police.

Les avocats de Assoa Adou ont donc déposé un recours devant la Cour de Cassation, qui s’est réunie le 31 mars à Abidjan. Chantal Camara, la présidente de la haute juridiction, a autorisé Richard Adou, le procureur de la république près le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, à diligenter des poursuites.

Le préfet de police est revenu à la charge après la décision de la Cour de cassation en convoquant à nouveau Assoa Adou pour le 2 avril. Mais là encore, le concerné ne s’est pas présenté. Ses avocats dénoncent en effet un « acharnement de la police » et précisent que le procureur est le seul habilité par la Cour de cassation à faire ce type de convocations. « Assoa Adou est la disposition de la justice », ajoutent-ils.

« Les propos d’Assoa Adou étaient publics et sont disponibles. Il invitait simplement les militants du FPI à envahir les centres d’enrôlement afin de poursuivre la lutte en faveur de la gratuité des cartes d’identité », explique un cadre du parti d’opposition.

Avec Jeuneafrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Côte d’Ivoire : le PDCI et le FPI présenteront des candidats à la présidentielle

décembre 13, 2019

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes au meeting commun FPI-PDCI, samedi 14 septembre 2019 à Abidjan.

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes au meeting commun FPI-PDCI, samedi 14 septembre 2019 à Abidjan. © Anna Sylvestre-Treiner pour Jeune Afrique

 

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo présenteront des candidats à la présidentielle d’octobre 2020, ont-ils assuré lors d’une conférence de presse commune jeudi.

« Oui, le FPI aura un candidat en 2020. Les élections auront lieu et [Alassane] Ouattara quittera le pouvoir. Nous nous mobilisons pour ça », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, sans toutefois évoquer directement la situation de Laurent Gbagbo. L’ancien président est en liberté conditionnelle en Belgique dans l’attente de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur un éventuel procès en appel.

Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire est une des grandes inconnues de la politique ivoirienne. Acquitté en première instance par la CPI, il doit attendre que la Cour statue sur l’appel du parquet qui a contesté l’acquittement.

Depuis 2011, le FPI s’est scindé en deux factions : d’un côté les « historiques » comme Assoa Adou, qui ont boycotté les scrutins en l’absence de Laurent Gbagbo, de l’autre des « rénovateurs » représentés par l’ancien Premier ministre Pascal Affi Nguessan, qui participent à la vie politique.

Réforme de la CEI

De son côté, le secrétaire exécutif du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a confirmé que son parti ne boycotterait pas le scrutin même si l’opposition n’obtient pas la réforme qu’elle désire de la Commission électorale indépendante (CEI). « On va participer aux élections. Nous luttons pour que la CEI change – et ça va changer – mais si d’aventure ça ne changeait pas, nous allons partir aux élections » a-t-il précisé.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts, la présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue en Côte d’Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes. Le président Ouattara, 77 ans, entretient depuis plusieurs mois le mystère sur une éventuelle candidature, réservant sa décision pour 2020.

Il a récemment affirmé qu’il serait candidat si ses rivaux historiques Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se présentaient. Bien que terminant son deuxième mandat, le président Ouattara estime avoir le droit de se représenter, en raison d’un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition. La date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle a été fixée à juillet 2020.

Âgé de 85 ans, l’ancien président Henri Konan Bédié entretient lui aussi le doute sur sa candidature. De son côté, Emmanuel Altit, l’avocat de l’ex-président Gbagbo, 74 ans, a demandé une libération sans condition de son client, émettant « l’hypothèse » qu’il puisse « poser sa propre candidature ».

Par Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire : Liste des dignitaires pro-Gbagbo et PDCI morts de crise cardiaque brutale ou d’AVC, sous le régime Ouattara

novembre 4, 2018

Ces personnalités, dignitaires pro-Gbagbo ou dignitaires du PDCI RDA, sont mortes brutalement ou lentement, mais toutes des mêmes symptômes, depuis la chute du Président Laurent Gbagbo et l’arrivée du Président Alassane Ouattara au pouvoir le 11 avril 2011. Elles sont décédées de crise cardiaque et dans des conditions étranges.
D’autres continuent se souffrir suite à un empoisonnement. Nous leur souhaitons prompt rétablissement.

Ci-dessous leur liste (non exhaustive)

1. Ben Soumahoro mort le lundi 11 avril 2016 en exil des suites d’une crise cardiaque.

2. Le président du FPI, Miaka Ouréto, mort le 24 octobre 2015 des suites d’une crise cardiaque.

3. Marcel Gossio, ex-DG du PAA et vice-président du FPI tendance Affi, mort brutalement le dimanche 21 octobre 2018 des suites d’un arrêt cardiaque.

4. Gnan Raymond, ex-maire FPI de Facobly et ex-PCA de la SODETOURLAC, décédé en exil le 6 décembre 2011 à Lomé des suites d’un arrêt cardiaque.

5. Le Général Kassaraté Tiapé Édouard mort le vendredi 13 juillet 2018 des suites d’une insuffisance cardiaque.

6. L’ex-Maire FPI de Cocody, Gomon Diagou, mort le 17 février 2012 suite à un arrêt cardiaque au Ghana.

7. Koua Gnepa Éric, prisonnier politique pro-Gbagbo, décédé le 4 novembre 2015 à la MACA des suites d’un trouble cardiaque et neurologique.

8. Djékouri Aimé dit la Biz, prisonnier politique pro-Gbagbo mort à la MACA le 17 juin 2016 des suites d’une crise cardiaque et d’une hypertension.

9. Kouatchi Assie Jean prisonnier politique pro-Gbagbo, mort enchaîné sur son lit d’hôpital dans la nuit du 19 au 20 mai 2017, suite à un problème cardiaque.

10. L’ex-Ministre de l’Economie et des Finances de Laurent Gbagbo, Bohoun Bouabré, mort dans la nuit du 10 au 11 janvier 2012 suite à une insuffisance rénale en Israël, consécutive à un empoisonnement.

11. Le Ministre PDCI, Dagobert Banzio, 26 août 2017 des suites d’un cancer de la gorge, suite à un empoisonnement.

12. Le Ministre Abouo N’dori Raymond, vice-président du FPI tendance Affi, mort dans le samedi 8 septembre 2018 des suites d’un AVC.

13. Le journaliste Paul Dokui décédé en exil le 6 juin 2018 des suites d’un AVC.

14. Atsé Jean Claude, président du comité national de sauvegarde du PDCI RDA, mort d’un AVC le 28 septembre 2013 à Accra

LES PERSONNALITÉS VIVANTES MAIS SOUFFRANT DE TROUBLES DUS A UN EMPOISONNEMENT

15. Samba David, toujours vivant, prisonnier politique pro-Gbagbo, libéré le 25 juillet 2018 souffre d’une dyspnée cardiaque,
16. ZADI KESSI, cadre du PDCI et ex-PCA de la SODECI, se meurt actuellement suite à un empoisonnement. Il a perdu l’usage des jambes suite à un empoisonnement.
17. Le Général Ouassenan Koné, vice-président du PDCI-RDA, empoisonné récemment et toujours souffrant.

Ivoiresoir.net avec Ivoirebusiness Source : Rezopanacom

Côte d’Ivoire : Aboudramane Sangaré, fidèle compagnon de Laurent Gbagbo, est décédé

novembre 4, 2018

Aboudramane Sangaré lors de la commémoration de l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril 2017 à Abidjan © Olivier / JEUNE AFRIQUE

Hospitalisé depuis plusieurs semaines, Aboudramane Sangaré est décédé ce 3 novembre au matin, à Abidjan, à l’âge de 72 ans.

Moins de deux semaines après la disparition de Marcel Gossio, ex-directeur général du port autonome d’Abidjan et pilier du pouvoir de Laurent Gbagbo, décédé d’un arrêt cardiaque le 21 octobre, le Front populaire ivoirien (FPI) est une nouvelle fois en deuil. Aboudramane Sangaré, président par intérim de la frange dirigée par Laurent Gbagbo, est décédé samedi 3 novembre à Abidjan, nous confirment plusieurs sources.

Selon nos sources, souffrant d’un cancer,  il avait été hospitalisé il y a quinze jours à l’Hôtel-Dieu dans le quartier de Treichville. Opéré, il a ensuite été transféré dans un état critique à la polyclinique Farah vendredi dans la soirée. Il est décédé samedi au petit matin.

Gardien du temple

« En cette douloureuse circonstance, le président Laurent Gbagbo et la direction du parti s’inclinent et saluent avec déférence la mémoire de l’illustre disparu. Ils adressent leurs condoléances les plus attristées aux familles biologique et politique du camarade Sangaré ainsi qu’à toute la Côte d’Ivoire », a réagit Assoa Adou, secrétaire général du FPI.

Fidèle camarade de Laurent Gbagbo, Sangaré était surnommé le gardien du temple. Actuel premier vice-président et président par intérim, il avait tenu les rênes du FPI lors de l’exil de Gbagbo, et depuis l’incarcération de l’ancien président ivoirien et de son épouse Simone. Sa mort est un nouveau coup dur pour le FPI.

Deuxième vice-présidente du parti, Simone Gbagbo s’est rendue à la polyclinique Farah à la mi-journée en compagnie de son avocat Me Rodrigue Dadje. Une réunion du secrétariat général du FPI s’est ensuite tenue à sa résidence de la Riviera Golf.

Jeuneafrique.com  par et – à Abidjan

Côte d’Ivoire/propos violents contre Alassane Ouattara: Justin Koua brièvement interpellé

septembre 21, 2018

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

 

Justin Koua, secrétaire national de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo), a été libéré le vendredi 21 septembre après avoir passé la nuit en garde à vue, à la suite de ses propos violents contre le président Alassane Ouattara.

Les ennuis judiciaires recommencent pour Justin Koua. Ce jeune leader de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo), proche d’Aboudramane Sangaré, avait déjà passé vingt-neuf mois en prison à partir de juin 2013. Coutumier des critiques souvent violentes à l’encontre du pouvoir d’Alassane Ouattara, il avait alors été condamné pour « discrédit sur une décision de justice ».

Ce 20 septembre, après avoir reçu 24 heures plus tôt une convocation de la préfecture de police du Plateau (Abidjan), Justin Koua s’est présenté devant des enquêteurs. Ces derniers l’ont interrogé durant plusieurs heures sur ses propos tenus le 15 septembre lors d’un meeting de la jeunesse d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, plateforme de l’opposition dirigée par Georges Armand Ouégnin et proche de l’ex-Première dame Simone Gbagbo).

Vers une inculpation ?

Face à des partisans en liesse, Koua avait en effet tenu pendant plusieurs heures des propos violents à l’encontre du chef de l’État ivoirien. « Nous allons faire porter à Alassane Ouattara ses habits de deuil et le conduire à sa dernière demeure », avait-il lancé. Il avait ainsi provoqué la sortie prématurée du petit stade d’Anono (commune de Cocody, à Abidjan), où se tenait la rencontre de certains militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié) qui avaient été conviés et avec lesquels le FPI tente un difficile rapprochement.

C’est d’ailleurs en tant que témoin qu’Innocent Yao, président de la Jeunesse rurale du PDCI, qui avait pris la parole au cours du même meeting, a été invité par les services de la préfecture afin d’y être entendu. Le jeune leader du PDCI n’a pas personnellement répondu à l’invitation et s’est fait représenter par des avocats de son parti.

Il est possible qu’il soit inculpé pour appel à la haine, offense au chef de l’État ou troubles à l’ordre public », précise une source judiciaire

Justin Koua, qui a été libéré le vendredi 21 septembre après avoir passé une nuit en garde à vue, n’est pas pour autant sorti d’affaire. « Justin Koua a certes été autorisé à regagner son domicile, mais son dossier est en instruction au parquet, précise ainsi une source judiciaire à Jeune Afrique. Il est possible qu’il soit inculpé pour appel à la haine, offense au chef de l’État ou troubles à l’ordre public ».

Montée des violences verbales

Ces dernières semaines, la violence verbale a signé son retour dans les discours politiques émanant de tous les camps. De quoi faire planer des menaces sur la paix sociale, dans le contexte actuel de précampagne en vue des élections locales (municipales et régionales) du 13 octobre prochain.

Mi-septembre, Dah Sansan, le président du Rassemblement des jeunes Républicains (RJR, organisation de la jeunesse du parti présidentiel), menaçait par exemple de représailles des jeunes de l’opposition et du PDCI qui comptent organiser un sit-in devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI) pour réclamer sa réforme. « Non, ils n’auront même pas l’occasion de descendre dans la rue. Je crois que je vous ai parlé sagement, ils n’en auront pas l’occasion », avait-il ainsi affirmé.

Pour Christophe Kouamé, président de l’association Citoyenneté et participation (Civis-CI), le retour en force des violences verbales est la conséquence d’une « amnistie brutale [prise par le chef de l’État Alassane Ouattara le 6 août 2018 au bénéfice de 800 détenus et exilés pro-Gbagbo] qui n’a pas préparé les esprits tout comme les différents protagonistes, au vivre ensemble, à la cohésion sociale et à la responsabilité, dans un cadre de justice transitionnelle ».

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Côte d’Ivoire: « Rien ne s’oppose » à une alliance PDCI-FPI, selon Bédié

août 11, 2018

Henri Konan Bédié, , ancien président de la République, président du PDCI. © Sylvain Cherkaoui pour J.A

« Rien ne s’oppose » à une alliance entre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire et le Front Populaire Ivoirien, a déclaré vendredi le chef du PDCI Henri Konan Bédié au sortir d’un entretien avec le chef du FPI « légal » Pascal Affi Nguessan.

Pascal Affi Nguessan, président d’une des deux factions rivales du FPI, a quant à lui déclaré sa « disponibilité à envisager toutes les possibilités d’alliance, dans le cadre des élections locales » d’octobre.

Les deux leaders politiques se sont entretenus au domicile d’Henri Konan Bédié à Abidjan, et ont fait ces déclarations devant les médias au lendemain de la rupture du PDCI avec son allié, le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Alassane Ouattara.

« Fonder un nouvel avenir »

Cette rupture marque la fin de la coalition au pouvoir RDR-PDCI qui a gouverné la Côte d’Ivoire depuis 2010, et entraîne une recomposition du jeu politique, également nourrie par l’amnistie et la libération mercredi de Simone Gbagbo et des principaux cadres de l’autre faction du FPI, pro-Laurent Gbagbo.

« Rien ne s’oppose à ce que dans une plateforme comportant toutes les forces vives de la Nation, dont les partis politiques, le PDCI et le FPI se retrouvent ensemble », a déclaré l’ancien président Bédié (1993-1999).

« Il était important que nous venions rencontrer le doyen de la politique ivoirienne (…) pour réaffirmer notre disponibilité à prendre toute notre part dans la constitution de cette nouvelle plateforme et marquer notre disponibilité à envisager toutes les possibilités d’alliance, dans le cadre des élections locales », « pour fonder un nouvel avenir », a déclaré Pascal Affi Nguessan, ancien premier ministre de Laurent Gbagbo au début des années 2000.

Jeudi, après l’annonce de la rupture de la coalition, un porte-parole du FPI pro-Gbagbo, César Etou, avait déclaré à l’AFP que son parti n’était « pas fermé à un rapprochement avec le PDCI ».

Les prochaines élections, municipales et régionales couplées, sont prévues le 13 octobre. Et l’élection présidentielle, qui focalise déjà toute la classe politique ivoirienne, en 2020.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan renouent les liens PDCI-FPI

janvier 25, 2018

 

Henri Konan Bédié (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI). © Montage / Photo : Sipa AP

Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, et Pascal Affi N’Guessan, président de l’une des deux tendances du Front populaire ivoirien, se sont rencontrés ce mercredi 24 janvier au domicile du président du PDCI. Officiellement, il s’agissait d’une « visite de courtoisie », mais le symbole politique est fort.

C’était une rencontre qui avait été préparée dans le plus grand secret, par le cabinet des deux hommes. Ce mercredi 24 janvier 2018, Henri Konan Bédié, président du PDCI, membre de la mouvance présidentielle du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix  (RHDP), et Pascal Affi N’Guessan, président de l’une des deux tendances du FPI, parti d’opposition de Laurent Gbagbo, se sont entretenus, pendant plus d’une demi-heure, au domicile abidjanais du premier.

Officiellement, la forte délégation du FPI s’était rendue chez Henri Konan Bédié, pour lui présenter ses vœux. « C’est une visite de courtoisie du FPI, au président Henri Konan Bédié, pour présenter ses vœux de nouvelle année 2108, à un monument de la politique et de la nation ivoirienne qui, au-delà de nos spécificités politiques, représente pour chacun d’entre nous, une référence, un acteur avec lequel il faut compter », a déclaré Pascal Affi N’Guessan.

Mais en fait, le FPI s’est rendu chez Bédié pour sonder le terrain en vue d’une future collaboration qu’il appelle de ses vœux. « Nous avons compté avec lui hier, a indiqué Affi. Nous allons compter avec lui aujourd’hui et nous devons compter avec lui demain. »

Contexte de tensions entre PDCI et RDR

La rencontre intervient dans un environnement politique trouble. À quelques mois des élections municipales, régionales et sénatoriales dont les dates ne sont pas encore connues, la tension est montée entre le PDCI et le Rassemblement des républicains (RDR, parti d’Alassane Ouattara).

Après avoir invité Bédié et le PDCI à clarifier leur position sur le projet du futur parti unifié, à la mi-janvier, Joël N’Guessan, vice-président du RDR s’est vu recadrer par Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du PDCI. Plus ferme, Jean-Louis Billon, l’autre porte-parole du PDCI, a laissé entendre que « pour l’instant, nous nous concentrons sur les prochaines élections, c’est la priorité et non le parti unifié ».

Les travaux du comité de haut niveau mis en place début décembre 2017, par Ouattara et Bédié, en vue du parti unifié, sont gelés, depuis que des jeunes du PDCI particulièrement survoltés ont brutalement empêché une réunion dudit comité le 11 janvier dernier.

Une semaine après, un échange de vœux entre les jeunesses du PDCI et du FPI avait déjà jeté les bases de la rencontre au sommet entre Affi et Bédié. Le FPI ne cache pas son ambition de voir le PDCI prendre la tête d’une coalition anti-Ouattara, à deux ans de la présidentielle de 2020. « La Côte d’Ivoire se porte mal, à en croire Konaté Navigué, président de la Jeunesse du FPI. Il faut que le PDCI sauve la Côte d’Ivoire. »

Unanimité sur la réforme de la CEI

Sur la question de la Commission électorale indépendante (CEI), le PDCI et le FPI sont unanimes à réclamer une réforme et un équilibre des forces au sein de la commission centrale jugée favorable au RDR.

« Il y a beaucoup de choses que nous avons à faire, à savoir la revendication d’une CEI équilibrée, a précisé Affi. Aujourd’hui, c’est un combat que nous avons commencé à mener. Nous demandons que la révision de la liste électorale soit ouverte pour que le maximum d’Ivoiriens notamment les jeunes puissent s’inscrire sur les listes électorales. Il faut que dans les CEI locales, les choses soient équilibrées ».

Même si Bédié ne laisse pas transparaître ses intentions, encore moins sa stratégie, il semble qu’au PDCI, de nombreuses personnes commencent à être sensibles à la cour assidue de la tendance du FPI conduite par Pascal Affi N’guessan. Reste à savoir ce qu’en pense l’autre tendance du FPI conduite par Aboudramane Sangaré.

Jeuneafrique.com par – à Abdijan

Côte d’Ivoire : l’opposition appelle à une « marche de la colère »

juin 16, 2017

Des partisans de Pascal Affi N’Guessan, le 23 octobre 2015 à Arrah. © Nicolas Garriga/AP/SIPA

Alors que la grogne sociale est forte depuis le début de l’année en Côte d’Ivoire, le président d’une des franges du Front populaire ivoirien (FPI) a appelé « tous les mécontents » à défiler ce samedi dans les rues d’Abidjan. Un rendez-vous qui ressemble à un test pour Pascal Affi N’Guessan, contesté par une partie des pro-Gbagbo.

C’est un véritable test pour l’opposition ivoirienne. Ce samedi 17 juin, le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, contesté par une partie des membres de son parti, espère rassembler le plus largement possible. « Nous appelons les commerçants, les transporteurs, les planteurs de cacao, qui ont été durement touchés ces derniers mois à marcher avec nous », déclare-t-il au téléphone à Jeune Afrique.

« Nous voulons démontrer que les Ivoiriens sont nombreux à avoir été meurtris par la situation depuis le début de l’année, par les mutineries qui ont mis à mal l’autorité de l’État », poursuit-il. Principaux responsables selon le chef du parti fondé par Laurent Gbagbo : le Président et le gouvernement, qu’il juge défaillants. Ses partisans sont invités à se retrouver dès l’aube à Treichville, une des communes de la capitale économique.

Un climat social dégradé

Pascal Affi N’Guessan entend ainsi tirer profit du climat social. Depuis le début de l’année, la grogne se fait en effet entendre dans le pays. D’une part, les anciens rebelles des Forces Nouvelles intégrés dans l’armée à la fin de la crise post-électorale de 2011 se sont mutinés à deux reprises, contraignant le gouvernement à verser à 8 400 d’entre eux 12 millions de F CFA. D’autre part, après plusieurs semaines de grève, les fonctionnaires sont toujours en négociations pour obtenir le versement de stocks d’arriérés de paiement. Enfin, les planteurs ont subi de plein fouet la forte baisse du prix du cacao – il a chuté de plus de 40% depuis juillet 2016.

« Bien sûr, cette marche est aussi un moyen d’essayer de remobiliser », reconnaît Pascal Affi N’Guessan. « Depuis le début de la crise, les Ivoiriens se sont repliés sur eux-mêmes et beaucoup refusent de participer à la vie politique », estime-t-il.

Une opposition divisée et affaiblie

Depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo en 2011 et son transfert à La Haye où il est en ce moment jugé par la Cour pénale internationale, le président du Front populaire ivoirien peine à rassembler les partisans de l’ancien chef d’État. Contesté par de nombreux cadres de son partie entrés en dissidence, il n’est parvenu qu’à remporter trois sièges de députés lors des législatives de décembre 2016.

« Cette marche ne nous concerne pas. C’est de la rigolade. Pascal Affi N’Guessan n’est de toute façon pas qualifié à nous appeler à manifester, car il n’est pas une voix crédible », réagit ainsi au téléphone Boubacar Koné, le porte-parole de l’aile « frondeuse » du FPI. L’ampleur du rassemblement de samedi sera donc particulièrement scrutée.

Jeunefrique.com par

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan appelle à une marche pacifique

mai 12, 2017

Pascal Affi N’Guessan à Paris, en juin 2015. © Vincent Fournier pour J.A.

Pascal Affi N’Guessan, président d’une aile du Front populaire ivoirien (FPI), a appelé jeudi 11 mai à « une marche pacifique  » le 17 juin prochain pour dénoncer la politique menée par le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara.

Pascal Affi N’Guessan tente de remobiliser ses troupes. Le patron du Front populaire ivoirien (FPI) – contesté par l’aile du parti menée par Aboudramane Sangaré – a appelé jeudi à « une marche pacifique » le 17 juin prochain pour protester contre la politique menée par le gouvernement ivoirien. « Tous dans la rue le 17 juin », a lancé l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo lors d’une conférence de presse animée au siège du parti, à Abidjan.

 

« La faillite de l’État s’observe par les nombreux actes de défiance », a affirmé Pascal Affi N’Guessan, dénonçant tour à tour « la corruption endémique », « la complicité de l’État » dans le récent scandale de l’agrobusiness, la condamnation fin mars de l’opposant Sam l’Africain ou encore « la gestion catastrophique » des récentes mutineries dans les casernes ivoiriennes. « Nous devons réagir et crier notre colère de façon bruyante dans la rue », a-t-il conclu.

Reste que cette mobilisation, annoncée dans plus d’un mois, devrait avoir lieu sans la participation de l’aile du FPI surnommée les « Gbagbo ou rien », en rupture avec celle présidée par l’ancien Premier ministre. « Il peut marcher, nous ne nous sentons pas concernés », a réagi Boubakar Koné, porte-parole du FPI tendance Aboudramane Sangaré, qui conteste toute légitimité à Pascal Affi N’Guessan.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan