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Sénégal : Ousmane Sonko interdit de se rendre à Lomé pour débattre de l’avenir du franc CFA

mai 22, 2021
Ousmane Sonko, lors d’une conférence de presse à Dakar, le 8 mars 2021.

Invité par l’économiste Kako Nubukpo à participer aux « États généraux de l’Eco », qui se tiendront les 26, 27 et 28 mai dans la capitale togolaise, l’opposant sénégalais Ousmane Sonko ne pourra finalement pas se rendre à Lomé. La justice lui a refusé l’autorisation de sortie du territoire qu’il sollicitait.

« Au final, Lomé ne verra donc pas l’enfant prodige si attendu, pour le moment du moins. Pas de début de débat sur l’Eco pour Sonko. » Dans le communiqué annonçant la décision de la justice sénégalaise, Me Khoureyssi Ba, son avocat, juge que « rien ne justifie » le refus prononcé vendredi 21 mai par le juge Abdoulaye Assane Thioune.

L’opposant sénégalais, sous contrôle judiciaire depuis sa remise en liberté le 8 mars dernier, avait en effet été invité à participer aux « états généraux de l’Eco » à Lomé. Le leader du Pastef avait fait de la critique du franc CFA l’un de ses principaux axes de campagne lors de la présidentielle de 2019, à l’issue de laquelle il était arrivé en troisième position.

Des « États généraux de l’Eco » sans Sonko

L’évènement, organisé à l’initiative de l’économiste togolais Kako Nubukpo, commissaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) chargé du département Agriculture, ressources en eau et environnement, doit réunir de nombreux économistes de renom.

Outre la Cap-Verdienne Cristina Duarte, conseillère spéciale pour l’Afrique du secrétaire général des Nations unies, le Bissau-Guinéen Carlos Lopesle Béninois Lionel Zinsou, ou encore le chef des économistes pays de la Banque africaine de développement (BAD), Emmanuel Pinto Moreira, Ousmane Sonko devait y retrouver également le Franco-Béninois Wilfrid Lauriano Do Rego, président du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA, d’Emmanuel Macron), ou encore l’historien camerounais Achille Mbembe.

Les raisons du refus

Ousmane Sonko, toujours poursuivis dans le cadre de l’enquête ouverte suite à une plainte pour viol le visant, avait déposé une demande de sortie de territoire le 17 mai dernier. Le procureur de la République avait, jeudi 20 mai, fait savoir son opposition à ce que la demande soit acceptée. La balle était alors dans le camps du juge d’instruction Abdoulaye Assane Thione, qui a donc tranché en suivant l’avis du procureur.

Selon une communiqué de la défense d’Ousmane Sonko, le juge a motivé son refus par « l’absence de mainlevée du contrôle judiciaire » et par le fait qu’« Ousmane Sonko n’a pas encore été entendu au fond pour s’expliquer sur les accusations formellement portées à son encontre par la partie civile ».

« L’audition au fond de M. Sonko n’a aucun rapport avec la mesure de contrôle judiciaire », a regretté Me Bamba Cissé, un autre avocat de Sonko, cité par l’Agence France-Presse.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps

Franc CFA : Kémi Seba interpellé au Burkina Faso pour « injure » à l’encontre du président Kaboré

décembre 25, 2019

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013.

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L’activiste franco-béninois a été arrêté samedi à Ouagadougou, après avoir participé à une conférence sur le franc CFA. Il aurait tenu des « propos outrageants » à l’encontre du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

« Kémi Séba a été interpellé à son hôtel dans l’après-midi du samedi par des éléments de la gendarmerie nationale » après une conférence publique sur le franc CFA à l’université de Ouagadougou, a indiqué Hervé Ouattara, le responsable du « Front anti-CFA » qui organisait le débat.

« Au début, il a été amené à la compagnie de gendarmerie pour des raisons de sécurité parce que, semblerait-il, il y avait des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) qui voulaient porter atteinte à son intégrité physique », a expliqué l’avocat de Kemi Séba, Me Prosper Farama.

Plus tard, sur de nouvelles instructions du procureur, une procédure a été engagée contre lui pour « injure à l’encontre du chef de l’État », a-t-il indiqué. « On lui reproche d’avoir tenu des propos outrageants contre le président du Faso et une tentative de démoralisation des éléments engagés dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Hervé Ouattara.

« Il aurait dit que le chef de l’État était une passoire politique, que si M. Kaboré ne prenait pas ses responsabilités, il serait châtié par la jeunesse », a expliqué Me Farama. « On lui reprocherait aussi d’avoir tenu des propos qui pourraient démoraliser ceux qui se battent au Burkina » contre le terrorisme, a poursuivi l’avocat.

Réforme majeure

Kémi Séba « a été entendu » dimanche et « l’agent enquêteur nous a signifié qu’il va transmettre le plus tôt possible les procès-verbaux au procureur », a ajouté Me Farama, affirmant ne pas pouvoir préciser « ce qu’il risque ».

« Une notification de poursuite lui sera faite par le parquet », a déclaré une source sécuritaire, précisant que « M. Séba est toujours en garde à vue ».

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, qui se présente comme un « polémiste et conférencier panafricain », a ces dernières années organisé ou participé en Afrique à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA. Il a plusieurs fois été interpellé ou expulsé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou de Guinée.

Samedi, une réforme majeure du franc CFA a été annoncée par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron à Abidjan.

Jeuneafrique.com avec AFP