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Les drôles de liens de l’orchestre d’Anne Gravoin avec la Françafrique

mars 31, 2016

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Manuel Valls et son épouse, Anne Gravoin.Abd Rabbo Ammar/ABACA

L’épouse de Manuel Valls est directrice artistique de l’Alma Chamber Orchestra. Or les mécènes de cet orchestre entraînent la formation musicale « au coeur des réseaux de la Françafrique », révèle L’Obs ce jeudi.

Depuis 2013, Anne Gravoin est la directrice artistique de l’Alma Chamber Orchestra, une formation qui « a pour mission de se produire partout où la musique peut apaiser les esprits et les coeurs et permettre le dialogue entre les peuples ». Mission honorable pour l’épouse du Premier ministre Manuel Valls, qui devrait beaucoup aux réseaux de son mari… et à ceux de la Françafrique, selon les informations de L’Obs.

Des liens avec Denis Sassou

Cet orchestre « a aimanté l’intérêt d’une mosaïque de personnages, au carrefour de la politique, des affaires, de la diplomatie parallèle, tous gravitant autour de Mme Valls officiellement par ‘amour de la musique' », raconte l’hebdomadaire. Son principal mécène, Zouhir Boudemagh, « navigue entre la France et le Koweït » et aurait sollicité d’autres sources de financement, notamment pour la tournée sud-africaine de l’orchestre, au printemps 2015.

C’est alors qu’entrent dans le paysage Jean-Yves Ollivier, « l’homme de confiance » du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, présenté par L’Obs comme un « vieux routier de la Françafrique décoré en juin dernier des insignes d’officier de la Légion d’honneur par Manuel Valls en personne ». Mais aussi la fondation du plus important groupe d’armement en Afrique (Paramount), également lié à Denis Sassou-Nguesso. Ainsi que François Gontier, « un raider boursier reconverti dans la vente de tenues militaires, plusieurs fois épinglé par la justice et l’Autorité des Marchés financiers ».

Coup de pouce pour remplir les salles?

Avant 2013, la carrière classique de la violoniste était déjà étoffée, bien sûr, mais ponctuée d’incursions plus people ou business, si l’on en croit sa biographie sur le site de l’Alma Chamber Orchestra. On retrouve Anne Gravoin en coach d’acteurs, aux côté de Patrick Bruel ou Nolwenn Leroy, mais aussi comme « producteur exécutif » de Johnny Hallyday, « Vivement Dimanche », Julie Lescaut… ou encore des publicités Citroën C4, Lipton et Activia.

Mais Anne Gravoin et son « drôle d’orchestre » auraient du mal à remplir les salles, selon L’Obs. Cité par l’hebdomadaire, un ex-ministre explique que les membres du gouvernement avaient été invités à un concert Salle Pleyel en 2014. « Trois semaines avant, les réservations étaient à moitié vides et, après le remaniement, c’était complet », signale-t-il. « Quand l’épouse du Premier ministre se produit à l’étranger, même à titre privé, les ambassadeurs ne restent pas les bras croisés », ajoute le magazine.

Après un premier no comment, la femme de Manuel Valls a réagi face à cet article « à charge ». Par mail, elle explique à L’Obs qu’elle n’est qu’une simple « prestataire » au sein de l’Alma Chamber Orchestra qui s’est produit en janvier dernier à la Philharmonie de Paris.

Lexpress.fr

Bourgi, lumière sur la face noire de la politique

septembre 15, 2011

Des mallettes pleine d’argent, un chef d’Etat africain appelé «papa» (Omar Bongo), un avocat franco-libanais à la voix sucrée, des accusations dévastatrices, des démentis de principe, la justice saisie… Et puis, Chirac, Villepin, Le Pen et Sarkozy. La confession dimanche de Robert Bourgi, porteur de valises de la françafrique, est proprement stupéfiante. Les plus hauts responsables de l’Etat y palpent des billets comme des malfrats après un casse. Les lois et la morale sont bafouées. Les citoyens abasourdis. C’est du polar, de la politique fiction…

C’est surtout la face la plus noire de la politique. Celle qui apparaît si rarement au grand jour, faute de preuves ou de témoignages crédibles. Les rares à briser le silence auraient souvent préféré continuer à se taire. Qu’ils soient promoteurs, secrétaires, petits élus, chauffeurs ou même policiers, ils décident de parler un jour par rancoeur, pour une trahison de trop, le besoin de se protéger ou de ne pas porter le chapeau pour les autres. Personnages de l’ombre, seconds couteaux, «petites mains» des partis, ils sont les chevilles ouvrières de la vie politique. Jamais des élus de premier plan, encore moins des hommes dits «d’Etat». Chez ceux-là, l’omerta est une règle de vie.

Les méthodes comme les chiffres alignés dimanche par Bourgi sont si extravagants que l’on est tenté de ne pas y croire. Les accusés, comme Dominique de Villepin, récusent en bloc avec des mots choisis pour faire écran: «fariboles». L’enquête – si elle aboutit – prendra des années. Où sont les preuves? Le délai de prescription est-il atteint? Faire parler Bongo fils, pour son père décédé? Selon toute vraisemblance, les paroles de Bourgi resteront inconséquentes.

Les dernières révélations d’une ampleur comparable remontent à plus de 10 ans: la fameuse cassette Méry, du nom de ce promoteur immobilier, membre du RPR et faux facturier pour le compte du parti gaulliste. Où l’on retrouvait déjà Chirac en première ligne, accusé de s’être fait remettre des valises de billets en son hôtel de Ville de Paris. Avec en toile de fond des comptes en Suisse, des sociétés écrans, des entreprises rackettées pour se voir attribuer des marchés et priées de gonfler les factures pour reverser des dessous de table.

«Abracadabrantesque»! «Pschittt…»! Chirac et son souffleur de mots magiques, Villepin, ont survécu. Pas de poursuites, pas de procès. Le premier a été réélu président de la République en 2002 et a maintenu les juges hors de l’Elysée avec son immunité. Et dans une autre affaire (vieille de plus de quinze ans…) jugée ces jours-ci de financement illégal et d’emplois fictifs, l’ancien chef de l’Etat a trouvé la parade avec son «anosognosie». Ce qui ne l’a pas empêché de retrouver un zeste mémoire pour porter plainte contre Bourgi.

Liberation.fr par ANTOINE GUIRAL

Affaire Bourgi : Le Pen financé par Omar Bongo ?

septembre 12, 2011

Après Jacques Chirac et Dominique de Villepin, c’est désormais Jean-Marie Le Pen qui est visé par l’avocat franco-libanais Robert Bourgi. Ce dernier l’accuse d’avoir financé sa campagne présidentielle de 1988 en partie avec des fonds du président gabonais, feu Omar Bongo. L’ancien leader du Front national dément catégoriquement.

Mis à jour à 22h35

En véritable tonton flingueur de la politique française, Robert Bourgi continue d’aligner ses « révélations » sur la Françafrique. Et ses victimes. Après avoir mis en cause, dans une interview au Journal du Dimanche du 11 septembre, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, Robert Bourgi a affirmé lundi soir sur BFM TV que l’ancien président du Front National Jean-Marie Le Pen avait financé une partie de sa campagne présidentielle de 1988 avec de l’argent que lui avait remis l’ancien président gabonais Omar Bongo. « Je le dis aujourd’hui, je n’aime pas faire parler les morts, M. Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de M. Jean-Marie Le Pen en 1988 »

« J’affirme aujourd’hui que M. Jean-Marie Le Pen, avec le discours xénophobe et raciste qui est le sien, a fait le détour de Libreville et d’Abidjan avant les élections présidentielles de 1988 », a insisté Bourgi. « Peu de Français savent que ce raciste et ce xénophobe était allé à Libreville et à Abidjan. (…) Et le président Bongo m’a dit, moi, et M. Foccart était présent, s’adressant à M. (Jacques) Foccart il lui a dit « doyen », comme tout le monde l’appelait, « le Le Pen il a été content de partir avec l’argent d’un nègre » », a ajouté Bourgi.

Jean-Marie Le Pen rejoint donc au banc des « accusés de Bourgi » une bonne partie des hommes politiques influents de la cinquième République. L’avocat raconte ainsi une conversation qu’il aurait eue avec Jacques Foccart, « inventeur » des réseaux de la Françafrique. « Il m’a dit que ces pratiques existaient même du temps de Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand », explique-t-il.

Premier cercle

Un peu plus tôt lundi, et avant que le nom de son père n’apparaisse dans l’affaire, Marine Le Pen s’était étonnée que Robert Bourgi « ne parle pas de Nicolas Sarkozy, alors qu’il fait partie du premier cercle. » Interrogé par BFM TV, son père a repris la même expression, après les allégations de Bourgi. « Sachant les liens qui unissent monsieur Bourgi à monsieur Sarkozy, sachant qu’il fait partie du premier cercle, on peut se dire que sans doute tout cela est téléguidé, c’est ridicule ! » a réagi l’ancien dirigeant du FN qui précise avoir entretenu des relations « courtoises » avec Omar Bongo. « Je l’ai vu une fois, je lui ai rendu une visite officielle devant témoin et le président Bongo ne m’a jamais donné d’argent, ça c’est clair. »

Le fils et successeur de Omar Bongo ondimba, Ali Bongo Ondimba, a quant à lui déclaré « ne pas se sentir concerné » par les déclaration de Robert Bourgi. Enfin, l’Ordre des avocats de Paris a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête sur Bourgi. « Afin d’être exactement informé sur la réalité des missions que M. Robert Bourgi, avocat, déclare avoir accomplies, (le bâtonnier de Paris) a ordonné une mesure d’enquête déontologique », indique le barreau de Paris dans un communiqué.

Jeuneafrique.com avec AFP

Bourgi dit avoir versé 20 M de dollars à Chirac et Villepin

septembre 12, 2011

L’avocat prétend avoir transféré l’argent de chefs d’État africains à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Ces derniers vont porter plainte pour diffamation. Deux anciens collaborateurs de Chirac impliquent également Nicolas Sarkozy.

Alors que la polémique enfle après les révélations de Robert Bourgi concernant des fonds occultes africains transmis à Jacques Chirac et Dominique de Villepin, l’avocat ne se démonte pas et maintient ses propos. «Je confirme totalement, intégralement» l’interview donnée au Journal du dimanche , a -t-il ainsi déclaré sur RTL. Au micro d’Europe 1, il a tenu le même discours : «J’ai agi en mon nom personnel, personne ne m’a commandé cette interview».

Dimanche , sur le montant de ce qui a circulé entre Paris et l’Afrique, il s’est dit «incapable» d’en estimer le total sous les présidents Pompidou, Giscard d’Estaing et Mitterrand. Mais, a-t-il confié, «j’évalue à 20 millions de dollars ce que j’ai remis à Jacques Chirac et Dominique de Villepin», entre «1995 et 2005», a-t-il précisé.

Pour répondre à ceux qui l’accusent de s’être livré dans la presse plutôt qu’à un juge, il déclare qu’il se tient «à la disposition de la justice». «Participer à une remise de mallettes – et je ne pouvais pas dire non – au président de la République, dans le bureau de Dominique de Villepin, en présence d’un chef d’Etat africain, je l’ai fait, mais vous n’empêchez pas ma conscience d’être agitée, j’étais troublé, j’en ai eu honte», a affirmé Robert Bourgi sur RTL.

Pourquoi cet homme de l’ombre rompt-il son long silence aujourd’hui ? Robert Bourgi se présente comme un «repenti». «J’en ai assez des donneurs de leçons et des donneurs de morale», a-t-il expliqué au JDD, se présentant comme «déçu» et «humilié». «J’ai décidé de jeter ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité», affirme-t-il encore, en référence à un épisode de la mythologie grecque, où Déjanire aurait envoyé une tunique empoisonnée à Héraclès.

«Aucune preuve»

Lundi, au micro d’Europe 1, l’avocat a reconnu qu’il n’avait «aucune preuve» pour étayer ses accusations. Pour autant, cela ne l’arrête pas et il est allé plus loin encore en détaillant les cadeaux reçus selon lui par l’ancien premier ministre. «Comme le président Bongo (Omar Bongo, défunt président gabonais) et les dirigeants africains savaient qu’il aimait l’art africain et qu’il était un admirateur de l’empereur», Dominique de Villepin «recevait des bustes de l’empereur, des pièces rares qui concernent l’empereur Napoléon et des masques africains». «Je souhaite qu’on les retrouve et d’ailleurs, il y a deux ans, il me semble que Dominique de Villepin a fait procéder à une vente», a-t-il confié.

Face à toutes ces accusations, la riposte ne s’est pas faite attendre. Dès dimanche soir, Jacques Chirac et Dominique Villepin ont annoncé qu’ils allaient porter plainte pour diffamation. Une annonce qui «ravit» Robert Bourgi, qui, sur Europe 1, s’est étonné de la situation. «Je suis heureux que monsieur Jacques Chirac ait décidé de porter plainte contre moi pour diffamation et je suis heureux pour lui et sa famille qu’il ait retrouvé tout d’un coup la mémoire parce que dans l’affaire des emplois fictifs, il souffre d’anosognosie et pour ma part, il retrouve tout d’un coup ses facultés intellectuelles», a-t-il ironisé.

Dominique de Villepin s’est quant à lui publiquement exprimé sur cette affaire dimanche. Sur le plateau du 20h de France 2, il a déclaré : «Les accusations qu’ils portent sont graves, scandaleuses, détaillées comme tous les mauvais polars et c’est pour cela que comme Jacques Chirac, je porterai plainte contre lui». «Tout cela n’est pas un hasard et il y a sans doute également un écran de fumée». «La caractéristique des jolis scénarios, c’est qu’ils sont plein de détails croustillants. Cela ne fait pas une vérité», a-t-il également estimé sur France 3.

«Un mauvais coup», selon Villepin

Coïncidence de calendrier ? Dominique de Villepin y voit en tout cas un «mauvais coup», en lien avec la tenue du procès Clearstream et avec le jugement qui doit être rendu dans trois jours. C’est en effet mercredi que l’ancien premier ministre sera fixé sur son sort en appel, tandis que se poursuit le procès des emplois fictifs de la ville de Paris, auquel Jacques Chirac est dispensé d’assister. Une défense réfutée par Robert Bourgi : «Il n’y a aucune relation entre mes déclarations et le procès Clearstream», a-t-il assuré sur Europe 1.

Dans le détail, l’ancien président de la république et son premier ministre sont accusés par un des piliers de la «Françafrique» d’avoir reçu, par mallettes entières, des fonds occultes de dirigeants africains. La noria de «valises» africaines aurait réellement commencé, selon Robert Bourgi, en mars 1997, «le jour de l’enterrement de mon maître Jacques Foccart». Jacques Foccart créa à l’Elysée, sous de Gaulle, la «Françafrique», système très décrié de réseaux d’influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d’Afrique noire.

Les livraisons auraient pris fin en 2005 lorsque Dominique de Villepin aurait lancé abruptement, selon Robert Bourgi : «L’argent de tous les Africains sent le soufre». «Par mon intermédiaire», «cinq chefs d’état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon)» ont versé d’importantes sommes pour la campagne présidentielle de 2002, prétend l’avocat.

Rendez-vous devant une boutique de fleurs, argent dissimulé dans des tambours africains, surnoms fleuris («Villepinte» pour Villepin, «Le Doyen» pour Jacques Foccart) émaillent ce récit circonstancié. Robert Bourgi, conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’Afrique, exonère totalement l’actuel président qui lui aurait demandé de travailler pour lui, «mais sans le système de financement par ‘valises’».

Sarkozy montré du doigt

Une affirmation contredite par Michel de Bonnecorse, l’ex-monsieur Afrique de Jacques Chirac, qui dans une interview à paraître mardi dans le Monde, assure que «l’entourage de Sarkozy a reçu la part du gâteau qui lui revenait jusqu’alors». Dans un livre à paraître prochainement, intitulé La République des mallettes et rédigé par le journaliste Pierre Péan, Michel de Bonnecorse affirme ainsi qu’avant 2007, Robert Bourgi a déposé une mallette «aux pieds du ministre de l’Intérieur», le candidat Nicolas Sarkozy, avec de l’argent de Denis Sassou Nguesso et d’Omar Bongo.

Une déclaration appuyée par Jean-François Probst,un ancien collaborateur de Jacques Chirac. Questionné lundi par le Parisien pour savoir si les pratiques présumées de valises de billets entre la France et l’Afrique se sont arrêtées avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, il a lancé: «Ce n’est pas crédible, c’est même le plus gros mensonge de sa (Robert Bourgi) vie». «Rien ne s’est arrêté avec Sarkozy», il aurait même reçu «1 milliard de francs CFA» de la part d’Omar Bongo pour la présidentielle, assure Jean-François Probst.

Lefigaro.fr par Aude Lorriaux, Flore Galaud

Des proches de Gbagbo confirment le récit de Bourgi

septembre 12, 2011

Une source anonyme proche de l’ancien président ivoirien «s’étonne» que l’affaire ne sorte que maintenant. Le Sénégal dément lui totalement les accusations.

Après avoir été mis en cause par l’avocat Robert Bourgi, les pays africains commencent à réagir au récit de livraisons à l’exécutif français de mallettes pleines d’argent venues d’Afrique. Si cette affaire est qualifiée de mystification par l’ancien chiraquien Jean-François Probst, il est confirmé par un proche de Laurent Gbagbo, président déchu de Côte d’Ivoire. Mamadou Koulibaly, actuel président de l’Assemblée nationale à Abidjan et numéro deux de l’ancien régime, a confirmé la version de l’avocat français : «Robert Bourgi a parfaitement raison il y a eu un transfert d’argent entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac, en 2002», a déclaré l’homme politique, faisant état «d’environ deux milliards de francs CFA (environ trois millions d’euros) transportés d’Abidjan vers Paris par valise».

Ancien proche de Gbagbo, Koulibaly précise avoir rencontré en 2002 Bourgi. Ce dernier lui aurait réclamé de l’argent pour la campagne présidentielle française. Koulibaly avait refusé dans un premier temps, mais l’argent aurait finalement été livré. Une source anonyme proche de l’ancien président ivoirien, interrogée par l’Agence France presse, a dit s’étonner des réactions en France aux révélations de Bourgi : «Cela devait éclater un jour ou l’autre. Nous nous étonnons juste que ce ne soit que maintenant que l’opinion publique française semble découvrir tout ça. Et on s’étonne aussi que cela s’arrête à Dominique de Villepin». Joint par leFigaro.fr, Alain Toussaint, le porte-parole de Gbagbo en France, n’était pas disponible pour commenter l’affaire.

Cinq pays africains seraient concernés

Ces déclarations rejoignent le récit de Robert Bourgi, qui a expliqué dans les médias dimanche avoir «participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac» ainsi qu’à Dominique de Villepin. L’ancien président de la République a annoncé dimanche soir vouloir déposer plainte pour diffamation à l’encontre de Robert Bourgi.

Le Sénégal a lui démenti formellement les accusations de l’avocat Bourgi: «Tout ce qu’il a dit, en tout cas en ce qui concerne le Sénégal, c’est faux, archi-faux, totalement faux, dénué de tout fondement», a réagi Serigne Mbacké Ndiaye porte parole de la présidence sénégalaise. Il a mis en doute la parole de cet avocat franco-libanais, réputé «pilier de la Françafrique».«Comme toute l’opinion, je me demande ce que vaut maintenant la parole de Robert Bourgi. Et deuxièmement, je me demande qu’est-ce qui le fait courir», a conclu le porte-parole. Robert Bourgi est en mauvais terme avec le président Abdoulaye Wade depuis juillet dernier. Il raconte que le fils Wade, Karim, voulait qu’il serve d’intermédiare pour requérir une aide de l’armée française au Sénégal.

Également dénoncée par Robert Bourgi, la présidence gabonaise a fait savoir «ne pas être concernée» par les déclarations de l’avocat français. «Notre présidence date de 2009, on répond des faits à partir de là», a dit un proche d’Ali Bongo, l’actuel président du Gabon et successeur de son père Omar Bongo, décédé en 2009. Selon Bourgi, les livraisons d’argent à Jacques Chirac ont eu lieu à partir de 1997 jusqu’en 2005, quand le premier ministre de Villepin y a mis un terme. L’argent provenait des régimes de Côte d’Ivoire, du Gabon, du Congo-Brazzaville, du Burkina-Faso et du Sénégal.

Homme de l’ombre ayant travaillé au côté de Jacques Foccart, l’ancien «Monsieur Afrique» du Général De Gaulle, Robert Bourgi a décidé de dévoiler le système mis en place parce qu’ «il avait honte» : «Je veux tourner la page du passé, un passé dont je ne suis pas très fier», a t-il déclaré dans Le Journal du dimanche.

lefigaro.fr par Caroline Bruneau

Paris veut être le partenaire privilégié de la Côte d’Ivoire

juillet 16, 2011

Le Premier ministre français François Fillon s’est efforcé vendredi à Abidjan d’installer la France comme partenaire économique « le plus proche » d’une Côte d’Ivoire à reconstruire, tout en balayant les critiques sur le thème du retour de la « Françafrique ».

François Fillon, qui effectue jusqu’à dimanche une mini-tournée africaine placée sous le signe de l’économie, veut faire prendre un « nouveau départ » aux relations entre Paris et son ex-colonie.

Avec 140 filiales en Côte d’Ivoire, employant 40.000 personnes, et quelque 500 PME, la France est déjà le premier partenaire commercial du pays.

Pour la Côte d’Ivoire, « tout le défi sera de réussir à mettre à profit le choc qu’elle vient de subir pour (se) réunifier et refonder », a estimé François Fillon, trois mois après la fin d’une crise post-électorale qui a fait environ 3.000 morts et cassé l’économie.

« Nous sommes déterminés à rester votre partenaire le plus proche », a assuré le Premier ministre en ouvrant un forum économique franco-ivoirien, accompagné de représentants d’Alstom, Bolloré, Bouygues, Total ou BNP Paribas.

La veille, devant la communauté française d’Abidjan, il avait déjà souhaité que la France soit « le partenaire de référence de la Côte d’Ivoire », sans être pour autant son « partenaire exclusif ».

Un « appel de soutien » à la France

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a de son côté lancé à la France un « double appel de soutien et de prise de risque » en faveur de l’économie ivoirienne, pour « ouvrir un nouveau chapitre ».

Ces liens économiques ne doivent toutefois pas être ceux « des ex-colonisateurs qui viendraient asservir » les Ivoiriens mais marquer le lancement d’une « relation décomplexée », a prévenu le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, Jean-Louis Billon.

Depuis que la France a, par son intervention militaire avec l’ONU, joué un rôle décisif dans l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en avril, l’ascendant pris par les entreprises françaises cause parfois des grincements de dents.

Les critiques sur le thème de la « Françafrique », un terme qui recouvre les relations ambiguës entre Paris et ses ex-colonies, « correspondent à des logiciels dépassés », a tranché François Fillon.

Jeuneafrique.com avec AFP