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L’obésité augmente fortement chez les jeunes Français

février 20, 2023
L'obesite augmente fortement chez les jeunes Francais
L’obésité augmente fortement chez les jeunes Français© AFP/Archives/PHILIPPE HUGUEN

La part de Français obèses a continué à augmenter ces dernières années, avec une hausse particulièrement marquée chez les plus jeunes adultes, ont détaillé lundi des chercheurs menant une étude de référence sur le sujet.

L’obésité connaît « une augmentation qui est forte dans les classes d’âge les plus jeunes », a résumé Annick Fontbonne, épidémiologiste à l’Inserm, lors d’une conférence de presse.

La chercheuse a détaillé une étude qu’elle a menée sur la proportion d’adultes obèses ou en surpoids en France en 2020.

Selon cette étude, effectuée par sondage auprès d’environ 10.000 personnes représentatives de la population, près de la moitié des Français –47 %– pèseraient un poids trop élevé par rapport aux recommandations médicales.

Parmi eux, un sixième des Français (17 %) seraient obèses, c’est-à-dire à un niveau de poids considéré comme maladif par opposition à un simple surpoids.

Cette étude est une référence sur le sujet de l’obésité et du surpoids en France, car elle est régulièrement effectuée depuis la fin des années 1990.

Elle est donc intéressante pour évaluer l’évolution de l’obésité et du surpoids. Or, si ce dernier tend à se stabiliser voir diminuer depuis une décennie, l’obésité continue à toucher de plus en plus de Français.

Ces résultats étaient déjà globalement connus, car ils avaient été rendus publics l’an dernier par la Ligue contre l’Obésité, association qui a relancé cette étude après une période d’inactivité.

Mais ils font désormais l’objet d’une publication dans une revue, le Journal of Clinical Medicine, et dans l’intervalle, les chercheurs ont pu affiner leurs conclusions.

Ils ont donc remarqué que la hausse de l’obésité frappait particulièrement les 18-24 ans. Ces derniers sont, dans l’absolu, la classe d’âge la moins touchée avec un dixième –9,2 %– d’obèses, mais cette part a quadruplé depuis une vingtaine d’années.

Autre conclusion notable, l’obésité est plus ou moins fréquente selon les régions: elle touche plus de 20 % des personnes interrogées dans les Hauts-de-France ou le Grand Est.

Cette répartition géographique correspond notamment à des réalités socio-économiques, les régions les plus pauvres tendant à être plus affectées.

« Les gens ne sont pas +addicts+ à la mauvaise bouffe mais ils sont incités à en acheter parce que c’est moins cher », relève Mme Fontbonne. « Les aliments de bonne qualité, les aliments que l’on dit sains, ils sont généralement plus chers »

Avec Le Point.fr par AFP

Venu au Congo épouser sa congolaise, un vieux blanc refuse de payer la Dot à 8 millions cfa

février 13, 2023

Au Congo, la dot est devenue un juteux business qui permet à certaines familles de réaliser leurs rêves. A cause parfois du mauvais partage des bénéfices de la Dot, des familles se sont déchirées et les oncles et tantes sont toujours les plus exigeants. Arrivée de France avec son vieux blanc pour célébrer son mariage coutumier à Brazzaville, Francine a vu comment sa famille a exigé au français de verser la somme de 8 millions cfa en concept de Dot alors que la loi ne prévoit que 50.000frs. Sans compter la liste de Dot, le pauvre vieux français devrait débourser au moins quelques 12 millions cfa. Il a refusé et renoncé à son mariage coutumier à cause de ce braquage nuptial. « Autant d’argent, alors qu’en retour ta famille ne va rien m’apporter, vu qu’on a pas d’enfant et on en aura pas avec toi ! » s’est-il justifié.

Ce qui devrait être un voyage heureux a vite tourné au cauchemar à cause de l’avarice de la famille de Francine, une congolaise qui a toujours rêvé vivre en couple avec un blanc. Installée en France depuis près de 10 ans en Bourgogne, elle n’a pas hésité de tomber sous les charmes de Roland, plus âgé qu’elle de 30 ans. « L’amour n’a pas d’âge, surtout quand l’intérêt va avec » dit-on souvent.

Après avoir réussi à convaincre le vieux blanc à l’honorer officiellement dans une mairie française, Francine, tenait comme la majorité des femmes congolaises à se faire doter au pays. Elle a pu convaincre son blanc de faire le voyage du Congo pour la circonstance.

Une fois au Congo, le vieux blanc qui s’est retrouvé tout seul dans la gueule des loups de sa belle-famille a procédé aux Us et Coutumes locaux en leurs remettant sa lettre de demande en mariage.

Grande fut la surprise du vieux blanc en recevant la réponse de sa belle-famille dressant la liste de Dot. Le fiancé devrait s’acquitter aussi des frais qui s’élevaient à 8 millions cfa. Une arnaque à ciel ouvert qui a réveillé la conscience du vieux blanc avec la complicité de certains membres de la famille.

Catégorique, le vieux blanc a refusé de payer les 8 millions cfa qu’il a jugé trop abusé. De leur côté, la famille de Francine s’est déchirée en deux entre les radicaux et les modérés. Le camp des radicaux, formés par les oncles et les tantes l’ont emporté laissant les deux parents de Francine impuissants.

Le couple a finalement regagné la France sans célébrer leur mariage coutumier avec les risques d’une séparation.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Canada-Québec: Des ministres se réuniront toutes les deux semaines pour sauver le français

janvier 27, 2023

LAVAL, Qc — Des ministres du gouvernement Legault se réuniront toutes les deux semaines pour sauver la langue française.

Des ministres se réuniront toutes les deux semaines pour sauver le français© Fournis par La Presse Canadienne

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a annoncé vendredi la mise sur pied d’un groupe d’action interministériel qui se concertera ainsi pour inverser le déclin du français au Québec.

Mais le gouvernement ne sait pas encore combien de temps il faudra pour renverser la vapeur. Cela sera indiqué dans un plan d’action prévu pour l’automne prochain.  

Une campagne de publicité «de grande envergure sur plusieurs années» sera lancée, a dit le ministre sans pouvoir annoncer ses coûts. 

Il entreprendra aussi des consultations afin d’arriver à des «mesures concrètes» et il n’écarte pas l’adoption ou la modification de lois.  

«On est à la croisée des chemins», a tenu à indiquer Jean-François Roberge, au cours d’une conférence de presse dans un hôtel de Laval, en marge du caucus de deux jours des élus caquistes.

Il était accompagné de ses collègues ministres qui l’épauleront dans ce processus, dont le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry. 

«On risque de se rencontrer aux deux semaines, après, on verra la cadence en fonction du travail qu’on a à faire chacun de notre côté, a dit M. Roberge. Il va falloir travailler entre les rencontres.» 

M. Roberge a toutefois exclu d’emblée la possibilité d’étendre la loi 101 au collégial, jugeant que ce dossier est déjà clos.

Le ministre se fonde sur le recul de l’usage du français à la maison, révélé par Statistique Canada en août, afin de justifier la nécessité de prendre d’autres mesures en appui à la loi 96 pourtant adoptée en mai 2022.   

Or, depuis les années 1970, le gouvernement du Québec a plutôt insisté dans la panoplie de ses actions sur le français langue officielle dans l’espace public, et non dans l’espace privé.

Pourquoi le ministre veut-il maintenant s’attaquer à l’enjeu de la langue parlée à la maison?

«Si les gens tombent en amour avec le Québec, si les Québécois vivent en français, pensent en français, ils vont aussi s’exprimer en français à la maison. La langue qu’on utilise à la maison, c’est aussi un indicateur de la langue qu’on utilise pour  consommer des biens culturels.»

Par Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

Les Français veulent le retour du masque obligatoire dans les lieux publics

décembre 12, 2022

Alors que l’épidémie de Covid-19 repart à la hausse, un sondage du « Figaro » affirme que 58 % des Français sont favorables au retour du masque obligatoire.

Le Covars, sucesseur du Conseil scientifique, plaide pour un retour en force du masque face a la reprise du Covid-19 (photo d'illustration).
Le Covars, sucesseur du Conseil scientifique, plaide pour un retour en force du masque face à la reprise du Covid-19 (photo d’illustration).© Bruno Levesque / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Face au retour de l’épidémie de Covid-19 en France, les Français se disent inquiets pour la situation sanitaire du pays. Si le gouvernement a appelé solennellement, le 9 décembre dernier, à un « sursaut » en leur enjoignant de se faire vacciner et de remettre le masque dans les transports, moins de la moitié (46 %) des personnes interrogées par un sondage Odoxa/Backbone Consulting pour Le Figarolundi 12 décembre, portent encore systématiquement un masque dans le métro ou dans le bus. En revanche, 76 % souhaitent qu’il y redevienne obligatoire et 58 % réclament le rétablissement du port du masque obligatoire dans tous les lieux publics. Le ministre de la Santé, François Braun, avait assuré sur BFMTV, le 4 décembre, que si les chiffres de contaminations continuaient d’augmenter, « (s)on bras ne tremblera(it) pas » pour rétablir l’obligation.

À l’approche des fêtes de fin d’année, 66 % des personnes interrogées sont particulièrement inquiètes « pour leurs proches » et prévoient d’être prudentes dans les prochaines semaines, en respectant les gestes barrières et en évitant au maximum les contacts et la foule. Alors que la France subit, comme ses pays voisins, une triple épidémie avec la juxtaposition du Covid-19, de la grippe et de la bronchiolite, les gestes barrières sont moins utilisés. Parmi les solutions envisagées par les Français pour limiter les déplacements et réduire ainsi les risques de propagation du virus, l’élargissement du télétravail est souhaité par 77 % des personnes interrogées.

Les Français critiquent la politique sanitaire

Selon ce sondage, les Français ont moins confiance dans le système de santé français pour lutter contre cette nouvelle vague avec par exemple la question du nombre de lits de réanimation disponibles. « Si les Français avaient relevé un “mieux” à l’hôpital quelques mois après le début de l’épidémie, les jugements se sont depuis effondrés », a indiqué Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa, citée par Le Figaro. « Ainsi, 50 % des Français estiment que les établissements de santé sont mieux préparés à gérer l’arrivée des patients covidés. » Mais seuls 36 % d’entre eux pensent que le pays possède un nombre de lits de réanimation disponibles suffisant.

Avec Le Point

Mali : les deux militaires français relâchés

septembre 16, 2022

Deux militaires français, détachés en renfort auprès de l’ambassade de France à Bamako, avaient été arrêtés jeudi par les autorités maliennes. Ils ont été remis en liberté vendredi matin.

Circulation à Bamako, au Mali, devant le siège de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en juin 2019. (illustration) © Vincent Fournier/JA.

L’affaire avait de quoi tendre encore un peu plus les relations entre le Mali et la France. Deux militaires français, détachés auprès de l’ambassade de France à Bamako, ont été arrêtés jeudi 15 septembre à la mi-journée dans le centre de la capitale malienne. Après une nuit en détention, il ont été relâchés vendredi dans la matinée.

Selon une source officielle à Paris, les deux hommes ont été arrêtés alors qu’ils effectuaient une « mission classique de reconnaissance » aux abords de l’école française Les Écrivains afin de la sécuriser. Toujours selon cette source, les deux militaires « disposaient de passeports en règle » et se sont montrés « coopératifs » lors de leur interpellation.

Ces deux militaires étaient présents au Mali en renfort auprès de l’attaché de défense à l’ambassade. Ils étaient notamment chargés du plan de sécurité de l’ambassade et de la sécurisation des ressortissants français dans le pays.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Le français poursuit son déclin au Canada et au Québec, selon Statistique Canada

août 17, 2022
Des passants sur Grande-Allée à Québec

De 2016 à 2021, la proportion de Canadiens au pays dont le français est la première langue officielle parlée a diminué de 0,8 point de pourcentage. Photo: Radio-Canada/Marc Andre Turgeon

Le français est la première langue officielle parlée d’un nombre croissant de Canadiens, mais la proportion qu’ils représentent à travers le pays a diminué depuis 2016, selon des données du recensement 2021 publiées mercredi par Statistique Canada. Le Québec n’échappe pas non plus à cette tendance.

De 2016 à 2021, le nombre de Canadiens dont le français est la première langue officielle parlée est passé de 7,7 millions à 7,8 millions, une croissance de 1,6 % sur cinq ans.

Or, cette croissance est inférieure à celle de la population canadienne, qui s’élève à 5,2 %. Le poids du français s’est donc amoindri au Canada. La proportion des Canadiens pour qui il s’agit de la première langue officielle parlée a en fait diminué, passant de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021.

Cette tendance à la baisse n’est pas nouvelle. Depuis 1971, soit la première année de recensement pour laquelle des renseignements sont recueillis sur la première langue officielle parlée, le poids démographique du français au sein du Canada est en baisse. Cette année-là, le français était la première langue officielle parlée de 27,2 % des Canadiens.

« La plupart des indicateurs de l’évolution du français au Canada suivent cette même tendance : hausse en nombres absolus et baisse en pourcentage de la population, le nombre de locuteurs d’autres langues augmentant proportionnellement plus rapidement. »— Une citation de  Extrait du rapport de Statistique Canada sur le recensement 2021

Et le Québec n’y échappe pas. Si le nombre de personnes utilisant le français y a augmenté, passant de 6,4 millions à 6,5 millions, leur poids démographique a là aussi diminué, passant de 79 % à 77,5 %.

Cette tendance à la baisse est observée depuis 2001 au Québec, selon Statistique Canada.

Les données démontrent aussi que la proportion de personnes dont la première langue officielle parlée est le français a chuté dans toutes les régions du Québec, sauf celle de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. La baisse est plus marquée au Nord-du-Québec (-3,6 points de pourcentage), à Laval (-3 points de pourcentage), à Montréal (-2,4 points de pourcentage) et en Outaouais (-2,4 points de pourcentage).

Le nombre de personnes dont l’anglais est la première langue officielle parlée a aussi franchi le cap du million de locuteurs au Québec pour la première fois au recensement. La proportion de la population que ces locuteurs représentent est passée de 12 % en 2016 à 13 % en 2021.

Parmi ces locuteurs, plus de 7 sur 10 se trouvaient à Montréal ou en Montérégie.

De façon générale, Statistique Canada explique cette croissance par le fait que les locuteurs de l’anglais sont en moyenne plus jeunes et ont donc un taux de décès plus faible. Les migrations, notamment en provenance d’autres provinces, ont aussi une incidence, est-il relevé dans le rapport.

La publication du recensement intervient alors que le Québec intensifie ses efforts pour protéger le français dans la province, sa dernière loi linguistique adoptée cette année restreignant l’emploi de l’anglais dans les services gouvernementaux.

En 2021, Statistique Canada a recensé 189 000 personnes ayant au moins une langue maternelle autochtone et 183 000 qui en parlent une à la maison au moins régulièrement. Les langues cries et l’inuktitut sont les principales langues autochtones parlées au Canada.

L’anglais, langue de choix des immigrants

Inversement, le poids de l’anglais comme première langue officielle parlée augmente dans l’ensemble du Canada depuis 1971. De 2016 à 2021, il est passé de 74,8 % à 75,5 %.

« Comme par le passé, l’immigration a contribué à cette tendance puisque c’est vers l’anglais que se tourne une majorité d’immigrants après leur arrivée au pays. »— Une citation de  Extrait du rapport de Statistique Canada sur le recensement 2021

Par exemple, en 2021, 80,6 % des Canadiens dont la langue maternelle est autre que le français ou l’anglais […] avaient l’anglais comme première langue officielle parlée, comparativement à 6,1 % qui avaient le français, détaille l’agence fédérale.

Par ailleurs, le nombre de Canadiens qui parlent une autre langue que l’anglais ou le français de manière prédominante à la maison est lui aussi en hausse, passant de 4 millions en 2016 à 4,6 millions en 2021.

Ces personnes représentent 12,7 % de la population canadienne, une proportion en hausse depuis 30 ans; elle était de 7,7 % en 1991, au moment où les niveaux d’immigration augmentaient.

En dehors du français et de l’anglais, le mandarin et le pendjabi étaient les langues les plus parlées au pays en 2021. Les langues qui ont connu la plus forte poussée de croissance entre 2016 et 2021 sont celles originaires d’Asie du Sud, dont le pendjabi.

Avec Radio-Canada

Égypte : un Français retrouvé un an après sa disparition

août 16, 2022

Yann, un étudiant parisien de 27 ans, n’avait plus donné de nouvelles depuis le 4 août 2021. Il est finalement rentré à Paris, rapporte BFMTV.

Yann Bourdon n'avait plus donne de signe de vie depuis plus d'un an.
Yann Bourdon n’avait plus donné de signe de vie depuis plus d’un an. © Capture d’écran Facebook

Uniquement équipé de son sac à dos, Yann Bourdon s’était lancé dans un périple à pied à travers l’Europe en 2020, avant de finir en Égypte. L’étudiant en histoire à la Sorbonne n’avait toutefois plus donné de nouvelles à sa famille depuis le 4 août 2021. Plus d’un an plus tard, le jeune homme a finalement été retrouvé. Sain et sauf, il est rentré en France, rapporte BFMTV, mais ne souhaite pas communiquer sur ce qu’il lui est arrivé cette dernière année.

« Le 9 août dernier, on a eu l’information que Yann s’était présenté au consulat français du Caire. Il a communiqué, par un appel téléphonique, avec sa sœur, en premier lieu, pour la prévenir qu’il était présent au consulat français, qu’il allait bien. Par la suite, il a appelé sa mère pour lui donner aussi de ses nouvelles », détaille Sarah Sakouti, avocate de Yann Bourdon, à BFM Paris Île-de-France.

« Nous devions attendre des informations des autorités égyptiennes pour savoir quelle était la prochaine étape, et finalement, c’est l’agence de sécurité nationale égyptienne elle-même qui a pris le billet d’avion de Yann pendant la nuit du 9 au 10, et il est arrivé en France le 10 août », ajoute-t-elle.

It is with pleasure and relief that we inform you that on August 9, 2022 Yann presented himself at the French Consulate in Cairo, Egypt and returned to France the next day.
Thank you all for your help and support in the search for our loved one. pic.twitter.com/TpCQhfXBGl— Disparition.Yann.Bourdon.au.Caire (@yann_missing) August 15, 2022

La disparition du jeune backpacker reste un mystère à l’heure actuelle. « Nous tenons à respecter son silence quant aux raisons de sa disparition depuis le 4 août 2021 et le laisser retrouver les siens », a déclaré le Comité de justice dans un communiqué. La veille du 4 août, Yann Bourdon séjournait dans une auberge de jeunesse. Sa famille a commencé à s’inquiéter de ne plus recevoir de nouvelles, avant de signaler sa disparition en novembre. Un mois plus tard, ils ont découvert que son compte bancaire avait entièrement été vidé le 7 août.

Avec Le Point

Démarchage téléphonique : les Français toujours plus harcelés

juin 19, 2022

Selon BFMTV, le nombre d’appels promotionnels reçus sur mobile en 2022 a augmenté de plus de 60 %, notamment en lien avec le compte personnel de formation.

Rares sont les détenteurs de téléphone portable à avoir échappé à ce fameux avertissement : « Votre compte CPF va bientôt expirer. » Par mails, SMS ou coups de fil insistants, les sollicitations de centres d’appels pour le compte personnel de formation peuvent se transformer en un véritable harcèlement. Selon des données d’Orange publiées par BFMTV, vendredi 17 juin, le démarchage téléphonique, toutes raisons confondues, représenterait 13 appels indésirables par mois en France en 2022, soit une hausse de plus de 60 % par rapport à 2020 (8).

D’après l’opérateur français, les appels concernant le CPF plus spécifiquement seraient en forte augmentation. Ces mystérieux interlocuteurs, souvent des cyberescrocs basés dans des centres d’appels à l’étranger, récupèrent les identifiants de connexion au compte personnel de formation pour inscrire leurs victimes à des formations inexistantes ou frauduleuses. Déjà désagréable sur mobile, le démarchage téléphonique est encore plus omniprésent sur les téléphones fixes. Il serait même majoritaire, avec 60 % des appels reçus en 2022 et 4 millions en avril. Selon Orange, les numéros fixes recevraient 16 appels de spam par mois.

Les dispositifs anti-démarchage commercial

Pour se prémunir de ces nuisances, des solutions existent. Il faut s’inscrire sur le site Bloctel, une liste d’opposition aux appels commerciaux non sollicités. Bloquer manuellement les numéros indésirables est possible dans son propre téléphone, mais cela peut être vain, les centres d’appels pouvant multiplier les numéros de téléphone différents. Pour l’heure, la loi du 24 juillet 2020 interdit la prospection téléphonique pour les travaux de rénovation énergétique. Depuis le 1er avril 2022, les courtiers en assurance démarchant des prospects doivent s’assurer du consentement du client potentiel dès le début de l’appel et y mettre fin en cas d’opposition, sans possibilité de réitérer l’appel ultérieurement.

Par Le Point

Ukraine : la Russie expulse 34 diplomates français, Paris condamne

mai 18, 2022

Le Quai d’Orsay présente cette décision comme une réponse de Moscou à l’expulsion, en avril, de plusieurs diplomates russes soupçonnés d’espionnage.

Le gouvernement russe a decide d'expulser 34 diplomates francais.
Le gouvernement russe a décidé d’expulser 34 diplomates français.

Moscou a annoncé, ce mercredi, l’expulsion de 34 diplomates français de Russie en représailles aux expulsions en avril par la France de 41 Russes, dans la foulée de l’offensive en Ukraine. L’ambassadeur de France à Moscou, Pierre Lévy, a été convoqué mercredi au ministère russe des Affaires étrangères et s’est vu remettre une note signifiant que « 34 collaborateurs des établissements diplomatiques français en Russie ont été déclarés personæ non gratæ  », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. Ils doivent quitter la Russie d’ici deux semaines, selon la même source.

De son côté, Paris a « condamné fermement » cette annonce en estimant que cette décision ne reposait sur « aucun fondement légitime ». « Cette décision est présentée par la partie russe comme une réponse aux décisions de la France » en avril dernier où « plusieurs dizaines d’agents russes » soupçonnés d’être des espions avaient été expulsés, indique un communiqué du Quai d’Orsay. « Le travail des diplomates et des personnels de notre ambassade en Russie s’inscrit à l’inverse pleinement dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires », ajoute-t-il.

La France a annoncé en avril l’expulsion de 41 diplomates russes qui se livraient, selon elle, à des activités d’espionnage sous le couvert de leur ambassade, précisant que la sanction s’inscrivait dans « une démarche européenne ». La Russie a « protesté fermement » mercredi contre « la décision provocatrice et infondée des autorités françaises » d’expulser les diplomates russes, a précisé le communiqué de la diplomatie russe en soulignant que cette mesure « porte un grave préjudice aux relations russo-françaises, ainsi qu’à une coopération bilatérale constructive ».

Expulsions de diplomates russes dans toute l’Europe

De nombreux autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, l’Autriche, la Pologne, la Grèce ou la Croatie, ont massivement expulsé des diplomates russes depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, le 24 février. Dans certains cas, ces expulsions ont été accompagnées d’accusations d’espionnage. Moscou a promis de répondre à chacune de ces mesures et des dizaines de diplomates occidentaux ont déjà été expulsés de Russie. Selon les médias russes, les ambassadeurs d’Espagne, d’Italie et de Suède ont également été convoqués mercredi au ministère russe des Affaires étrangères.

La diplomatie russe a annoncé, mercredi, expulser 24 diplomates italiens et 27 espagnols, en représailles à celles de Russes dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine. L’Italie a qualifié mercredi d’« acte hostile » l’expulsion par Moscou de diplomates italiens, français et espagnols, mais appelé à ne pas rompre les canaux diplomatiques avec la Russie. « C’est un acte hostile, mais il faut absolument éviter de rompre les relations diplomatiques. Cela ne doit pas conduire à la rupture des canaux diplomatiques parce que, si nous parvenons à la paix, nous y parviendrons grâce à ces canaux diplomatiques », a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, lors d’une conférence de presse à Rome.

De son côté, l’Espagne « rejette » l’expulsion de 27 de ses diplomates en poste en Russie. « Les autorités russes justifient cette décision sur la base de la réciprocité après l’expulsion de 27 fonctionnaires de l’ambassade russe à Madrid annoncée en avril », a souligné le ministère dans un communiqué. « Mais l’expulsion décidée par les autorités espagnoles se basait sur des motifs de sécurité dûment justifiés, qui n’ont pas eu lieu » dans le cas de l’expulsion des diplomates espagnols, a poursuivi le ministère, assurant que ses diplomates en Russie avaient « toujours respecté pleinement les obligations prévues par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ».

L’ambassade américaine de retour à Kiev

De leur côté, les États-Unis ont rouvert mercredi leur ambassade à Kiev, fermée mi-février avant même le début de l’invasion russe de l’Ukraine, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. « Aujourd’hui, nous reprenons officiellement les opérations à l’ambassade des États-Unis à Kiev. Le peuple ukrainien, avec notre aide sécuritaire, a défendu sa patrie face à l’invasion irresponsable de la Russie, et, en conséquence, la Bannière étoilée flotte à nouveau sur l’ambassade », a-t-il déclaré dans un communiqué après la levée du drapeau américain.

À la suite d’une visite à Kiev le 24 avril, Antony Blinken et le ministre américain de la Défense Lloyd Austin avaient annoncé le retour progressif d’une présence diplomatique américaine en Ukraine, au regard de l’amélioration de la situation sur le terrain, notamment à Kiev et dans sa région. La chargée d’affaires Kristina Kvien était revenue à Lviv le 2 mai et avait dit espérer un retour dans la capitale avant la fin du mois. Elle y a fait un bref passage le 8 mai pour commémorer le 77e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Antony Blinken a précisé avoir pris des « mesures additionnelles pour renforcer la sécurité » des diplomates américains, sans plus de détails.

Par Le Point avec AFP

Enseigner le français en terrain hostile au temps de la loi 96

mai 7, 2022

« Ça me heurte. Ça me décourage. Je me demande à quoi je sers. » Incursion dans la vie de professeurs de français au Cégep John Abbott alors que la colère gronde sur le campus du West Island contre le projet de Québec de rénover la loi 101.

Un jeune homme brandit une pancarte contre la loi 96

Une centaine d’étudiants et de professeurs ont manifesté contre le projet de loi 96 sur le campus du Cégep John Abbott dans l’ouest de l’île de Montréal. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Will McClelland, 43 ans, est professeur d’anglais au Cégep John Abbott. Il est fier de dire que sa famille est établie au Québec depuis 1834. Il regrette, par ailleurs, que son français ne soit pas assez bon pour répondre à nos questions dans cette langue qu’il trouve trop difficile à maîtriser.

Je n’ai pas très très bilin[gue], dit-il. Pourquoi? je demande. You could also ask : why don’t I play hockey better? Well, not everyone can be Guy Lafleur! (Vous pourriez aussi me demander pourquoi je ne suis pas meilleur au hockey, mais tout le monde ne peut pas être Guy Lafleur), ironise-t-il, derrière ses lunettes fumées.

Monsieur McClelland, comme beaucoup de professeurs du cégep, est venu manifester contre le projet de loi 96 en compagnie d’une centaine d’étudiants qui scandent des slogans sur le campus avec beaucoup de conviction. NO 96! Fuck that shit! (Non à 96! À bas cette merde!)

Mis à part cet événement lié à l’actualité, l’endroit semble figé dans le temps. Un magnifique campus à l’allure britannique, des pelouses déjà vertes devant un lac Saint-Louis scintillant.

Le Cégep John Abbott, dans le West Island, est entouré de vieilles demeures élégantes rappelant que ce coin de l’île de Montréal constituait, au début du 20e siècle, un refuge champêtre pour les familles les plus riches du Québec. Les Angus, les Morgan, les Abbott, etc.

Le professeur d’anglais tient fièrement une pancarte sur laquelle on peut lire : Bill 96, une autre loi raciste. Pourquoi raciste? La réponse du professeur évite la question. En fait, dit-il, il en a contre l’ampleur de la loi : Ce n’est pas une loi, c’est une loi omnibus de 290 pages. C’est beaucoup trop gros.Il pose avec sa pancarte contre le projet de loi 96.

Will McClelland, 43 ans, est professeur d’anglais au Cégep John Abbott. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Malgré le fait qu’il ne parle pas vraiment la langue, le professeur McClelland célèbre le fait français au Québec. Il évoque de jolies filles québécoises qui l’ont gentiment aidé à pratiquer un peu. Will McClelland affirme que le Canada tire sa richesse de sa dualité linguistique. Nous ne voulons pas que le Québec devienne La Nouvelle-Orléans, assure-t-il. Mais la loi 96? Ça, c’est non. Il y a des moyens plus amusants et plus sexy que cette loi pour protéger le français, pense-t-il.

Depuis 2001, les anglophones sont minoritaires dans les cégeps de langue anglaise comme John Abbott. En 2018, selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, près de 40 % de leurs étudiants étaient allophones, 21 % étaient francophones. Pour freiner la tendance qui voit de plus en plus d’étudiants francophones et allophones se diriger vers les cégeps anglophones, le projet de loi 96 propose un gel des places dans le réseau anglophone.

En outre, à la suggestion du Parti libéral du Québec, la loi prévoit l’ajout de trois cours additionnels de français dans le réseau collégial anglophone pour les ayants droit, c’est-à-dire les anglophones du Québec. Pour les étudiants allophones et francophones dans le réseau anglophone, le ministère prévoit plutôt que des cours y soient donnés en français. Le projet de loi prévoit aussi que les étudiants francophones et allophones passent dorénavant l’épreuve uniforme de français pour obtenir leurs diplômes. Les ayants droit en seront dispensés.

Pourtant, Noah Kaufman, 19 ans, est complètement paniqué. Noah fait partie des ayants droit. Issu de la communauté anglophone du Québec, il a fait ses études secondaires en anglais à Pointe-Claire. Le jeune homme scande sa colère contre la loi 96 bien en avant dans le cortège d’étudiants. La manifestation est filmée par les réseaux de télévision anglophones CBC et CTV.

Avec cette nouveau loi, ça va faire beaucoup plus difficile pour passer le cégep. On doit opposer cette loi beaucoup, dit-il dans un français laborieux, mais compréhensible. Noah insiste : il aime et respecte les francophones, mais il veut défendre les droits des anglophones du Québec. Voici à quoi ressemble 50 %,  peut-on y lire sur sa pancarte

Jenna n’est pas seulement opposée à la loi 96. Elle en a aussi contre la loi sur l’affichage commercial, adoptée en 1988 par le Parti libéral du Québec Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Plus loin dans la manifestation, Jenna, 18 ans. Elle a étudié en français au secondaire. Allophone, c’est une enfant de la loi 101. Elle aussi est venue manifester avec enthousiasme contre la loi 96. Or, elle a fabriqué une pancarte qui peut porter à confusion. Voici à quoi ressemble 50 % peut-on y lire.

Je lui demande d’expliquer le slogan, elle me raconte. En fait, c’est un message pour se moquer des dispositions de la loi 178 sur la prédominance du français dans l’affichage commercial, adoptée en 1988 par le Parti libéral de Robert Bourassa, à une époque où Jenna n’était évidemment pas de ce monde, mais elle estime que cette loi n’aurait pas dû être adoptée, affirme-t-elle, en anglais.

Officiellement, la manifestation a été organisée par l’association étudiante. La présidente de l’association est une jeune femme affable, Ivana Riveros-Arteaga. Je veux étudier en loi (droit) dit-elle. D’entrée de jeu, elle spécifie que les étudiants aiment le français. Elle a d’ailleurs demandé à des camarades de ne pas sortir une affiche du local de l’association sur laquelle on peut lire : LOI 96, une autre loi raciste, mais explique que si 96 n’est pas raciste, elle est discriminatoire. L’ajout de cours de français, plaide-t-elle, c’est une barrière. Ça va faire baisser notre cote R.

L’ajout de cours de français est aussi vu par la direction du cégep comme un frein à la réussite. D’ailleurs, la manifestation est encouragée par la haute direction de l’établissement. En effet, le 27 avril dernier, la direction générale du cégep a enjoint à son personnel de manifester contre la loi 96 aux côtés des étudiants. S’ils étaient contre la loi, évidemment.

Les collèges anglophones veulent augmenter les compétences en français de leurs étudiants, mais pas au détriment de leur réussite, écrivait, notamment, dans cette note John Halpin, directeur général de l’établissement.Bill 96 : une autre loi raciste, peut-on lire sur une affichette contre la loi 96 sur le campus de John Abbott.

Bill 96 : une autre loi raciste, peut-on lire sur une affichette sur le campus de John Abbott, au local de l’association étudiante. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Enseigner le français en terrain hostile

La direction fait une équation entre échec et français. Le français devient un cours écueil, déplore un professeur en soupirant. Je suis découragé. Il ajoute : J’ai beaucoup de peine, en fait. Le professeur évoque, en outre, une réunion syndicale récente qui a tourné au vinaigre. L’exécutif du syndicat des professeurs, affilié à la CSN, a fait témoigner une jeune Autochtone qui avait échoué à son cours de français et présenté cet échec comme un exemple de discrimination systémique. Ensuite, beaucoup de nos collègues se sont mis à dire que l’apprentissage du français nuisait aux étudiants en général, se souvient-il, encore marqué, ébranlé, par les propos de certains collègues.

Nous nous sommes longuement entretenus avec cinq professeurs du Département de français du Cégep John Abbott. Nous les nommerons : professeurs 1, 2, 3, 4, 5. Nous adopterons aussi le masculin pour éviter de désigner leur genre, puisque nous avons accepté qu’ils témoignent sous couvert de l’anonymat afin de ne pas nuire à leurs relations avec leurs élèves et leurs collègues. Ils ne sont pas tous nés au Québec, mais ont tous en commun d’aimer le français, la littérature, le cinéma, la culture et de s’être donné comme mission de faire aimer et connaître minimalement cette culture à leurs étudiants.

Les professeurs consultés nous ont tous dit, d’entrée de jeu, que John Abbott était une société distincte et que le rapport au français des étudiants serait sans doute plus positif si on sondait des professeurs de français dans d’autres cégeps anglophones du Québec. John Abbott, c’est comme un bastion du privilège anglophone de ne pas parler français, a résumé le professeur 2.

Ce professeur 2 s’attriste aussi de la tension engendrée par le projet de loi 96. J’ai des amis, j’ai des collègues anglophones que j’admire beaucoup, que j’aime. Ils sont respectueux. Me parlent en français. Ils aiment le français. On a tissé des ponts qui sont fragiles, je ne voudrais pas qu’ils sombrent, affirme l’enseignant, qui avoue pleurer parfois de désespoir devant une hostilité peu subtile. Il évoque des scènes où, quand il parle français, des membres de la direction ou des collègues réagissent mal.

Professeur 2 n’est pas en faveur de la loi 96, mais il est embêté. Les niveaux de français, même chez les plus forts, même chez les étudiants francophones, sont trop souvent lamentables. Je n’arrive pas à comprendre comment des élèves peuvent se rendre au cégep en ayant si peu de maîtrise de la langue. Il souhaiterait ne pas devoir imposer par une loi aux étudiants l’apprentissage du français.

Les professeurs 1, 3 et 5 constatent aussi que le niveau de français est très faible même au sein des groupes dits forts. Professeur 3 spécifie que, souvent, ce sont les allophones qui sont passés par les programmes de francisation qui sont les meilleurs et les plus ouverts à la culture francophone.

Le professeur 4 s’en prend à ceux qui disent, dans les médias, que le français n’est pas menacé au Québec. J’aimerais que ces gens viennent dans ma classe quelques semaines et enseignent à des enfants dont un des parents est francophone, mais qui disent, toujours, à la fin de leur cégep : Je suis 18 ans et mon maison est bleue.Des manifestants brandissent leurs pancartes contre la loi qui vient renforcer le français au Québec.

Manifestation contre la loi 96 au Cégep John Abbott Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Des préjugés tenaces contre les Québécois

Le français, c’est plate. C’est inutile. Les Québécois sont des ploucs. Ils parlent mal. Je vais déménager en Ontario pour ne pas parler français. C’est ce que nous disent beaucoup d’étudiants, rapporte le professeur 1. Mais le plus insidieux, c’est de devoir se battre contre ce préjugé tenace que les Québécois sont racistes, xénophobes, repliés sur eux-mêmes, relate-t-il encore.

Le professeur 3 raconte, quant à lui, qu’il doit régulièrement recadrer le discours. Quand ils disent des choses hyper négatives des Québécois, je leur demande de remplacer dans leurs phrases le mot Québécois par, disons, Haïtiens ou Israéliens. La réaction des étudiants est toujours la même : « Ben non. Je pourrais pas dire cela des Haïtiens ou autres, ce serait raciste! » Alors je leur demande : pourquoi vous pouvez affirmer de telles choses sur les francophones du Québec?

Professeur 4 résume ainsi la situation : De mon point de vue, c’est du mépris, mais du leur, c’est une position de supériorité morale. Ils sont persuadés d’être moralement plus vertueux que les Québécois francophones. Ils ont une leçon de tolérance à donner, mais cette tolérance et cette acceptation ne s’expriment jamais à l’égard des francophones, constate-t-il.

Professeur 5 raconte que même certains étudiants francophones sont allergiques à leur propre culture. Ce n’est pas de la haine de soi, c’est de la négation de soi. Ils sont anglophones dans leur tête. Ils ne veulent pas appartenir à la mauvaise gangcelle des pauvres, incultes, unilingues, fermés sur eux-mêmes.

Professeur 3 relève aussi que beaucoup d’étudiants – francophones, allophones et anglophones – ne comprennent absolument pas qu’il faille protéger le français au Québec. Ils entretiennent l’idée que le français est une langue coloniale qui leur est imposée. Ils s’identifient aux Autochtones. Certains sont persuadés que les anglophones sont une minorité opprimée et que, du même coup, les allophones le sont aussi parce que le Québec leur impose le français.

Les petites victoires et les grandes blessures

Sur le campus du Cégep John Abbott dans le West Island.

Le professeur de français Jean-Marc Beausoleil.

PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Les professeurs 1, 2, 3, 4, 5 nous ont tous dit aimer leur travail et leurs étudiants. Ils racontent des petites victoires. Un étudiant, une étudiante parmi la masse qui démontre un réel intérêt. Ils continuent pour eux. Ils voient leur enseignement comme un devoir de citoyen, de pédagogue, celui de créer des liens entre deux fameuses solitudes.

Mais en cette journée lumineuse, ce lien, ces ponts sont ébranlés. Devant les manifestants, Jean-Marc Beausoleil, qui enseigne depuis 15 ans au Cégep John Abbott, nous aborde. Il est insulté.

À chaque fois qu’on essaie de promouvoir la langue française, le réflexe de la communauté anglo-québécoise, une communauté hyper privilégiée, est de nous traiter de racistes! dit le professeur, ému. Cette accusation-là est fausse. C’est une récupération honteuse de la lutte contre le racisme et ça me fait de la peine. Cela fait 15 ans que je me fends en quatre pour enseigner le français ici, et de voir ça, je trouve cela épouvantable. Mais ça fait 400 ans qu’ils veulent qu’on disparaisse, alors on est habitués, que voulez-vous…

Avec Radio-Canada par Émilie Dubreuil