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« Le footballeur français, c’est comme du textile chinois »

octobre 2, 2021

ENTRETIEN. Éducateur passionné, Yacine Hamened dénonce les dérives du foot business dans les écoles de foot, dès le plus jeune âge.

L'educateur Yacine Hamened signe un livre coup de poing qui denonce les derives de l'ecosysteme du sport le plus populaire dans l'Hexagone.
L’éducateur Yacine Hamened signe un livre coup de poing qui dénonce les dérives de l’écosystème du sport le plus populaire dans l’Hexagone.© FRANCK FIFE / AFP

« Au bord des terrains, c’est bien souvent un triste spectacle de parents hystériques qui perdent toute mesure. Une faute non sifflée sur leur enfant, et ce sont toutes les insultes du monde (quand ce ne sont pas les coups) qui s’abattent sur un arbitre, même pas encore majeur parfois. Un entraîneur qui remplace un enfant, et là, ce sont les parents qui voient rouge parce qu’il paraît qu’il y avait (peut-être) un recruteur au bord du terrain et que le train de la richesse est en train de filer à cause de l’éducateur. » Yacine Hamened est un homme en colère. Ancien responsable de la formation du FC Évian Thonon-Gaillard (des moins de 6 ans aux moins de 15 ans), l’éducateur publie Les Hors-Jeu du football français (éd. Talent Sport), un livre coup de poing qui dénonce les dérives de l’écosystème du sport le plus populaire dans l’Hexagone.

Le Point : Votre livre s’appelle « Les Hors-Jeu du football français ». Que voulez-vous dire par là ?

Yacine Hamened : J’ai voulu montrer que, malgré certains résultats – notamment le titre de champions du monde –, il y a des dysfonctionnements dans notre football. Structurels, administratifs, comportementaux… On peut faire beaucoup mieux.

Guy Roux expliquait au Point au mois de mai : « L’équipe de France va bien, mais le football français va mal. » Vous êtes sur la même ligne ?

Les premières journées de L1 cette saison sont un contre-exemple puisqu’elles tendent vers une évolution. Globalement, sur les dix dernières années, l’équipe de France va bien, pas les clubs.

Quand on vous lit, on n’a presque plus envie d’inscrire son enfant au foot…

Je suis passionné de football, mais mon fils fait du tennis… Malheureusement, je ne grossis pas le trait. Ce sont des faits. Ça pose problème. Beaucoup de parents se détournent du football à cause de l’environnement néfaste, violent. Quand on inscrit son enfant au sport, le premier but doit rester le plaisir, la passion. D’autres sports sont plus sains et plus adéquats à l’épanouissement de l’enfant, plutôt que la recherche de la réussite absolue.

Dans votre livre coup de gueule, vous expliquez qu’il y a deux alternatives : soit les enfants sont forts et deviennent des proies, soit ils sont moyens et personne ne veut les faire jouer. Que doit-on faire pour que le foot redevienne un jeu ?

Les clubs et leurs éducateurs doivent comprendre que leur première mission n’est pas de fabriquer des professionnels. Il y a plus de 15 000 clubs en France. Si on retire les 40 clubs de L1 et L2, ça fait 15 000 clubs qui ne font pas ce qu’il faut, en termes d’accueil, d’éducatif. Le problème est aussi structurel. Les ligues laissent faire, car ça les arrange de créer des clubs élites et de fabriquer ce rêve. Elles autorisent des mutations tous les ans. En CM2, des enfants de 10 ans prennent le bus trois fois par semaine pour aller jouer dans le meilleur club du secteur au lieu de jouer avec leur copain d’école ou de quartier.

Vous parlez aussi de « faux » agents qui promettent des millions aux parents alors qu’ils sont… commerciaux ou chauffeurs VTC !

Je comprends que chacun ait envie de réussir socialement, financièrement. Le football est une solution de facilité, car il ne nécessite pas de diplôme ou de compétences particulières. Si on a un peu de tchatche et des relations… Alors, on pense que tout le monde peut être agent et gérer la carrière d’un joueur. C’est faux ! Il faut connaître les règlements, les contrats, mais aussi le football. Pour certains, c’est comme s’ils étaient vendeurs d’aspirateurs ou de tapis. Beaucoup de gens s’engouffrent dans cette brèche – car elle existe – et le font au détriment des enfants. Ils contactent énormément de joueurs et de familles. Si les jeunes réussissent, tant mieux. Sinon, ils sont laissés de côté…

Bientôt, les enfants de 8 ans auront des agents officieux.

On a l’impression que vous parlez de joueurs de 16 ou 17 ans. Mais, en fait, les footballeurs sont « recrutés » de plus en plus tôt !

L’explication est simple. L’Île-de-France est un vivier mondial. Les clubs étrangers y font du scoutisme. Un règlement interdit aux clubs étrangers de recruter un enfant français avant ses 16 ans. Donc, les clubs français les contactent dès l’âge de 12 ans pour éviter la concurrence. Mais à 12 ans, les enfants ont déjà un « conseiller pseudo-agent ». Donc il faut commencer encore plus tôt. C’est à l’infini ! Bientôt, les enfants de 8 ans auront des agents officieux.

Est-ce spécifique à la France ? Comment ça se passe dans les autres pays ?

La France est un marché très spécial. Nous avons un vivier de joueurs unique. La concurrence est exacerbée, et il y a très peu d’identité club. On joue exactement le même football à Montrouge, à l’ACBB ou à Torcy. On fabrique des joueurs individualistes, en se basant sur des qualités athlétiques. Dans les autres pays, où la culture club est plus forte, chaque club a son identité, sa façon de jouer, et les enfants ne changent pas de club chaque année. Le seul pays qui se rapproche de la France est – à une moindre échelle – la Belgique.

Vous dites qu’on ne « forme » pas, mais qu’on « fabrique » des footballeurs. C’est-à-dire ?

Si on forme, on met en place quelque chose, un projet. En France, on fabrique pour vendre. C’est comme du textile chinois. Un produit standard, pas forcément de grande qualité. En France, on fait des numéros 6 (milieu de terrain défensif, NDLR) travailleurs et destructeurs. Ça marche, car peu de pays ont ce genre de profil. Devant, on produit des joueurs rapides, avec une bonne technique, capables d’éliminer.

Quelles solutions proposez-vous ?

Il faut ouvrir le football à d’autres milieux. Intégrer dans les instances dirigeantes des gens qui ont vu les incohérences sur le terrain. Le football français est très consanguin. À de rares exceptions près, les entraîneurs sont tous d’anciens joueurs professionnels, donc ils reproduisent le même modèle. Au Portugal, la formation d’entraîneur est ouverte à tous et ressemble à un diplôme universitaire. Les Allemands ont des entraîneurs comme Nagelsmann, qui n’est pas un ancien professionnel et qui a une vision très moderne du foot.

En refermant votre livre, certains vont malgré tout dire : oui, mais Kylian Mbappé est français, formé en France et la France est championne du monde.

On va toujours nous raconter cette histoire du petit Français de tel quartier qui réussit. Finalement, combien de joueurs français sont des titulaires indiscutables dans le top 8 européen ? Au lieu d’ouvrir les yeux, on ramène toujours à deux choses : Mbappé et la Coupe du monde.

À l’issue de votre ouvrage, vous remerciez « les éducateurs qui ont envie d’être là pour les enfants plus que pour eux ». Cela veut-il dire que les entraîneurs d’équipes d’enfants se prennent tous pour Guardiola ou Mourinho ?

Ils cherchent la visibilité. On leur fait croire qu’ils vont devenir « quelqu’un ». Je vous donne l’exemple de Montrouge, qui a atteint la finale du championnat de France des moins de 17 ans. Mais c’est grâce à son recrutement, pas grâce à la génération des enfants de Montrouge. Ils fabriquent de grosses équipes. Moi, ce n’est pas mon travail. On doit être là pour les enfants, les éduquer à un sport collectif, des règles de vie.

Les Hors-Jeu du football français, coup de gueule d’un éducateur. Talent Sport, 14,90 €.

Avec Le Point par Thibault Geffrotin

Les quatre années de calvaire d’un Français harcelé par une Russe

août 21, 2021

Un artiste français est devenu la victime d’une Russe érotomane. Depuis près de quatre ans, elle le poursuit et le persécute, rapporte « Le Parisien ».

Les interpellations s'enchainent - une cinquantaine selon Guillaume - mais a chaque fois, elle est liberee. (Photo d'illustration)
Les interpellations s’enchaînent – une cinquantaine selon Guillaume – mais à chaque fois, elle est libérée. (Photo d’illustration)© BERTRAND GUAY / AFP

Un harcèlement hors-norme. L’histoire commence en 2018. Guillaume Chenier met alors en scène un spectacle à Goa, en Inde. Il va très rapidement devenir l’obsession d’une Russe prénommée Jiulia, rapporte Le Parisien. Pour cette femme, atteinte d’érotomanie, une pathologie psychiatrique délirante, Guillaume est l’homme de sa vie. Une psychose qui a transformé la vie du Français en véritable cauchemar. Et qui pourrait lui coûter la vie.

D’abord, ce ne sont que des messages sur Facebook. Puis, une semaine plus tard, le début d’une traque. Alors que Guillaume rejoint le Rajasthan, Jiulia le poursuit. En retournant en France pour s’illustrer dans des festivals, le trentenaire va s’apercevoir qu’à chaque ville où il pose ses bagages, la ressortissante russe est présente. Cette chasse dure désormais depuis près de quatre ans.

« Je n’arrête pas de me demander lequel de nous deux mourra en premier »

Plus les années passent, plus Jiulia, 36 ans, devient insistante et agressive. En raison de son métier, Guillaume partage ses destinations sur les réseaux sociaux. Une aubaine pour la Russe, pour qui la traque est facilitée. Sur Internet, elle le harcèle, ajoute ses amis, crée de multiples faux comptes, lui envoie des centaines de mails. Et elle ne s’arrête pas là : elle contacte également ses proches, ment pour leur soutirer des renseignements.

La pathologie de la jeune femme empire. Alors que Guillaume séjourne au Rajasthan, Jiulia va jusqu’à fouiller ses poubelles, dans l’espoir de trouver des préservatifs usagers pour s’inséminer. Les interpellations s’enchaînent – une cinquantaine selon Guillaume –, mais, à chaque fois, elle est libérée. Jusqu’au printemps 2020, où les gendarmes prennent pour la première fois l’affaire au sérieux. La trentenaire est internée en psychiatrie à Rennes. Mais le harcèlement ne s’arrête pas et les agressions continuent. « Tous mes lieux de vie sont comme profanés par elle. Ça me bouffe de l’intérieur. C’est comme un viol. Un viol psychique », avoue Guillaume à nos confrères du Parisien.

Jusqu’à la dernière apparition de Jiulia, plus violente et inquiétante que toutes les autres. Le 14 juillet 2021, alors qu’il vit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, avec sa compagne, la ressortissante russe tente de le tuer en le poussant dans les escaliers. Son amie filme la scène. Guillaume réussit finalement à la maîtriser et Jiulia est prise en charge par les pompiers, puis hospitalisée. La police intervient. « J’ai peur que ça finisse très mal. Je n’arrête pas de me demander lequel de nous deux mourra en premier, elle ou moi parce que j’aurai tenté de défendre ma vie », confie-t-il.

Par Le Point

Madagascar-Frédéric Joureau : Expulsé de justesse !

août 10, 2021

Frédéric Joureau, premier conseiller de l’Ambassade de France à Madagascar, a été expulsé.

Pour rappel des faits, cet individu fait partie des premiers suspects soupçonnés d’être l’un des cerveaux de l’opération Apollo 21 visant la destitution du Président de la République par assassinat.

Vendredi 6 août 2021, nous avons annoncé à la Gazette de la Grande île qu’un certain FJ faisait partie des cerveaux de cette affaire et que nous dévoilerions son nom le samedi 7 août.

Une fois son nom et sa photo dévoilés au grand public, l’individu a été expulsé de Madagascar. Sans aucune explication, il a tout de suite pris son envol. Une expulsion de justesse, car s’il était resté un jour de plus à Madagascar, la population ne l’aurait pas laissé tranquille.

Avec La Gazette de la Grande Ile

JO de Tokyo 2021 : une première et dernière médaille d’or pour le karatéka Steven Da Costa

août 5, 2021

Le Français est devenu champion olympique de karaté (- 67 kg), jeudi 5 août, à Tokyo. Cet art martial japonais faisait son entrée au programme. A Paris, il n’y figurera pas.

Steven Da Costa est peut-être le premier et le dernier champion olympique français de karaté, une discipline qui n’a pas été retenue aux JO de Paris 2024.
Steven Da Costa est peut-être le premier et le dernier champion olympique français de karaté, une discipline qui n’a pas été retenue aux JO de Paris 2024. VINCENT THIAN / AP

Un petit tour et puis s’en va pour le karaté. Présent pour la première fois aux Jeux olympiques et déjà retiré du programme dans trois ans à Paris, cet art martial japonais connaît une reconnaissance internationale éphémère à Tokyo. Celle de Steven Da Costa sera, elle, éternelle. Champion du monde 2018, le karatéka de Mont-Saint-Martin (54) n’a pas laissé échapper l’occasion d’entrer dans le cercle fermé des médaillés d’or tricolores.

Il ne fallait pas avoir les nerfs fragiles pour jouer à cet ersatz de roulette russe olympique. Bousculé en début de tournoi dans le sacro-saint Budokan, Da Costa est monté en puissance au fil de la journée. « Depuis deux ans que je suis qualifié [pour les Jeux], j’ai la pression. J’imaginais que si je ne ramenais rien, c’était la honte », confiait-il avant ses deux derniers combats. Jeudi soir, il a été à la hauteur des attentes en maîtrisant sa demi-finale face au Kazakh Darkhan Assadilov et sa finale face au Turc Eray Samdan.

En mars, dans son fief lorrain, Steven Da Costa entamait la dernière ligne droite de sa préparation olympique. Entouré de ses deux frères – Jessy et Logan, également membres de l’équipe de France de karaté – et de son père, Michel, l’entraîneur de la famille, il n’affichait aucun stress face à cette situation particulière : « Ça ne change rien pour moi, ni motivation, ni pression en plus. Je vais aller à Tokyo pour gagner. Si je réussis, c’est magnifique. Si je ne gagne pas, c’est que je ne devais pas gagner. Que cela soit les seuls JO de l’histoire de mon sport ou pas. »

Leïla Heurtault est l’une des deux seules coéquipières du nouveau champion olympique présentes lors de ces JO. A 26 ans, elle était engagée vendredi dans la catégorie – 61 kg en kumite [l’appellation du karaté de combat par opposition au kata], comme Da Costa. Elle a constaté les bienfaits d’une participation olympique pour son sport. Par exemple l’arrivée à cette occasion de partenaires supplémentaires pour son club du Samouraï 2000 au Mans.

« On avait beaucoup de mal à réaliser. Les Jeux étaient une terre inconnue. Lorsqu’on nous disait que c’était l’apothéose d’une carrière, on avait du mal à le réaliser, racontait-elle au Monde avant les Jeux. Juste sur la préparation et sur la publicité que ça fait à notre sport, c’est complètement une autre dimension. Ça change toute une carrière. » Comme Steven Da Costa, elle était prête à ce drôle de « quitte ou double. »

Au Japon, le karaté a bénéficié du poids de la tradition pour figurer parmi les sports additionnels au programme olympique. En 1988, le taekwondo avait profité des Jeux de Séoul pour intégrer la grand-messe, bien aidé à l’époque par la double casquette de Un Yong Kim : ex-président de la fédération internationale et également ex-vice-président du CIO.

Pour conserver sa place à Paris, la bataille était trop rude. « Le président de la fédération japonaise de karaté est un ancien député assez puissant. Leur COJO (comité d’organisation des Jeux olympiques) avait plaidé pour notre sport et pour le baseball, explique Francis Didier, président de la Fédération française de karaté. Pour 2024, nous n’avons pas eu assez de poids politique. Au CIO, il n’y a qu’un pape, c’est Thomas Bach. Il a choisi de nous retirer de la liste pour mettre la breakdance à la place. Il a été emballé par la discipline aux JO de la jeunesse. »

Forte de 240 000 licenciés, la Fédération française de karaté espère quand même profiter d’un élan olympique. Le titre de Steven Da Costa tombe à pic. « J’espère que ce succès va booster le nombre de gens qui vont vouloir se mettre au karaté après avoir regardé les Jeux à la télévision, a déclaré Olivier Beaudry, coach de l’équipe de France. J’espère que cela va nous aider dans notre quête olympique. Les téléspectateurs ont vu un très bon spectacle. Le karaté a toute sa place aux Jeux. »

Réaliste, même si pas encore entièrement résigné, Francis Didier voulait, lui, tourner pour un temps la page olympique : « Un dirigeant doit rester factuel. On a vécu sans les Jeux, on n’a pas arrêté de grandir pour autant. Si vous ne tournez pas la page, vous ne pouvez pas vous préparer à l’avenir. Ce qui ne veut pas dire abandonner le combat pour les Jeux, simplement le mettre un peu de côté. » Avec Steven Da Costa, la discipline a un ambassadeur de choix.

Par Le Monde avec Anthony Hernandez (envoyé spécial à Tokyo)

Régionales : après la défaite, Le Pen donne « rendez-vous aux Français »

juin 27, 2021

Alors que son parti n’a pas réussi à remporter une région, la présidente du Rassemblement national lance un appel à la mobilisation pour la présidentielle.

Malgré l’échec du Rassemblement national (RN) aux élections régionales, Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle, a donné « rendez-vous aux Français, dès demain, pour construire tous ensemble l’alternance dont la France a besoin ». « Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir ».

« Ce soir nous ne prendrons pas de région », a-t-elle reconnu, dénonçant des « alliances contre-nature » de la part des présidents sortants et affirmant que le résultat en Paca « démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir. » « Je suis plus que jamais déterminée à mettre toute mon énergie et ma volonté à réhabiliter la politique », a-t-elle assuré, s’alarmant d’une « désaffection civique historique ».

« Une organisation désastreuse et erratique des scrutins »

La présidente du RN a expliqué l’abstention quasi record de 66 % notamment par « une organisation désastreuse et erratique des scrutins par le ministère de l’Intérieur » et « un désenchantement à l’égard des élections intermédiaires ».

« Information des électeurs, proportionnelle, référendum d’initiative citoyenne: tout doit être aujourd’hui débattu pour rendre à nos compatriotes le goût de décider de leur avenir », a déclaré Marine Le Pen. « La présidentielle apparaît plus que jamais comme l’élection qui permet de changer de politique et les politiques », a-t-elle analysé, affirmant que « les Français nous apportent leur soutien dans cette mission ».

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec/Protection du français : quand la CAQ enfonce des portes ouvertes

juin 19, 2021

Ottawa veut en faire davantage pour protéger le français. Voilà une bonne nouvelle qui n’a pas l’air de réjouir le ministre Simon Jolin-Barrette. Il suffisait de l’entendre réagir au dépôt du projet de loi C-32 pour comprendre qu’il n’est pas près de sabrer le champagne.

Le projet de loi 96, visant à renforcer et à protéger la langue française au Québec, a été annoncé en grande pompe par François Legault et Simon Jolin-Barrette.

© Sylvain Roy Roussel/Radio-Canada Le projet de loi 96, visant à renforcer et à protéger la langue française au Québec, a été annoncé en grande pompe par François Legault et Simon Jolin-Barrette.

Et pour cause : après le Parti libéral du Québec, c’est au tour du Parti libéral du Canada de doubler la CAQ. Non seulement approuve-t-il la démarche du gouvernement Legault pour protéger le français, mais la ministre Mélanie Joly a clairement laissé entendre mardi qu’elle souhaitait s’aligner sur le projet de loi 96 (PL96).

Résultat : la CAQ, qui se targue d’être le parti de la fierté nationale retrouvée, jusqu’à mettre son poing sur la table pour protéger la langue française, se retrouve à défendre des mesures qu’aucun de ses adversaires ne trouve, finalement, trop audacieuses.

C’est peut-être là le prix à payer pour un gouvernement qui a autant fait grimper les attentes par rapport à son projet de loi. Pendant près d’un an, le ministre Jolin-Barette s’est affairé à convaincre à peu près tout le monde que le français était en danger, et qu’il faudra agir vigoureusement pour freiner son déclin.

Force est de constater qu’il y est – trop – bien parvenu : le projet de loi qu’il a présenté ne semble pas même rassasier ceux qu’il avait lui-même mis en appétit. En témoigne le dernier sondage Léger sur la question, commandé par le Parti québécois, qui indique que si plus de 64 % des Québécois estiment que le français est en déclin, seulement le quart pensent que la réforme proposée par la CAQ pourra renverser la tendance.

Pas d’inquiétudes chez les libéraux fédéraux

Dans la capitale fédérale, on se défend de vouloir projeter la question linguistique dans un débat électoral. La réforme de la loi sur les langues officielles, explique un conseiller du gouvernement, est une intention formulée bien avant l’arrivée de la CAQ à Québec et du Bloc à Ottawa. Un remède surtout à des années de négligence des gouvernements précédents.

De toute façon, les troupes de Justin Trudeau ne semblent pas convaincues que la question linguistique puisse leur rapporter beaucoup de votes, ou de sièges.

Cela ne veut pas dire qu’on n’a pas surveillé attentivement ce que faisait Québec. C’est sûr que ça nous inquiétait», affirme une source proche du dossier. Finalement, on a vite déterminé pouvoir vivre avec» le projet de loi de Simon Jolin-Barrette, même en ce qui concerne les changements proposés à la Constitution.

Seul point de discorde : les obligations linguistiques imposées aux entreprises de compétence fédérale installées au Québec. Ottawa est disposé à appliquer dans ces entreprises des règles similaires à ce qui est prévu dans le projet de loi 96, mais pas question de les assujettir à la loi 101 comme le demande le gouvernement Legault. Pour l’instant, Ottawa ne voit pas comment le différend pourrait se transformer en conflit majeur.

Eux [le gouvernement Legault] n’ont pas le capital légal pour s’en prendre à nous et nous n’avons pas le capital politique pour aller contre eux», indique une source. En fin de compte, si l’intention des deux gouvernements est de protéger le français, on trouvera sûrement un terrain d’entente. Si le ton monte, c’est que l’un des deux cherche à exploiter la question à des fins politiques.

Un projet de loi à renforcer

Québec se prépare déjà à corriger le tir. Plusieurs sources confirment que le ministre Jolin-Barrette devrait profiter des consultations de l’automne pour donner plus de mordant à son projet de loi.

Il ne serait donc pas question de jeter du lest, ou de faire des concessions au nom de la recherche du consensus. Au contraire, la CAQ devrait hausser le ton, ce qui n’aurait rien d’étonnant, si elle souhaite toujours se présenter comme le protecteur de l’identité québécoise en année préélectorale.

D’ailleurs, le ministre lui-même s’est dit disposé à bonifier le PL96 avec des propositions des partis d’opposition. Il a donné l’exemple de l’obligation pour les étudiants des cégeps anglophones de réussir un minimum de trois cours en français pour obtenir leur diplôme, une avenue intéressante» selon lui.

Est-ce qu’il pourrait raffermir sa position en ce qui concerne le statut bilingue des municipalités? Une source proche du dossier le pense. D’autres espèrent encore que le gouvernement limite davantage l’accès au cégep anglophone.

Rassurer les anglophones

La communauté anglophone pourrait-elle devenir la principale ligne de fracture entre l’offre de Québec et celle d’Ottawa? Une chose est certaine, les inquiétudes des Anglo-Québécois pourraient donner du fil à retordre au gouvernement Legault, qui a pourtant fait de son mieux pour ne pas les froisser avec son projet de loi.

Le cabinet Trudeau, pour sa part, prépare ce terrain depuis des mois. Des rencontres ont eu lieu avec les intervenants à plusieurs reprises, les ministres ont envoyé des émissaires sur le terrain. Après tout, plusieurs élus libéraux dépendent du vote anglophone pour être réélus.

En coulisses, on pense avoir calmé les craintes. Je ne pense pas qu’on aura besoin de faire du outreach dans Outremont», lance une source. Les anglophones ne sont pas fâchés contre nous, ils sont fâchés contre Québec.»

Comme il l’avait fait pour la laïcité, François Legault a affirmé à plusieurs reprises qu’il voulait que sa réforme de la loi 101 soit modérée. Il court maintenant le risque à vouloir satisfaire tout le monde de ne contenter personne. En politique comme ailleurs, qui trop embrasse mal étreint.

Avec  Alex Boissonneault, Daniel Thibeault 

Mercenaire, barbouze ou agent de sécurité : qui est le Français arrêté à Bangui ?

mai 11, 2021
Le Français Juan Rémy Quignolot a été arrêté à Bangui le 10 mai 2021, en possession de nombreuses armes et munitions.

L’arrestation d’un ressortissant français détenteur d’un important stock d’armes et soupçonné « d’activités subversives » par les autorités centrafricaines met Bangui en émoi.

Coupe militaire impeccable, mâchoire carrée et visage fermé. Juan Rémy Quignolot, la cinquantaine visiblement sportive, campe son regard dans celui des policiers qui l’interrogent, et ses deux pieds dans la poussière, devant les locaux de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB), une unité spéciale de la police centrafricaine. A l’exception notable de la chemisette à fleur, l’homme a tout du militaire « en civil ». Et à ses pieds sont étalés, placés bien en évidence pour les besoins d’une présentation à la presse convoquée pour l’occasion, les nombreuses pièces d’un véritable arsenal de guerre. Fusils mitrailleurs, pistolets, fusil à lunettes, munitions diverses en grand nombre… Il y a là de quoi équiper une petite escouade. Du matériel de bivouac, aussi, des lampes électriques aux sacs de couchage en passant par les rangers et autres capes de pluie couleur kaki, que l’on imagine fort utile dans les forêts centrafricaines, où la saison des pluies a démarré il y a quelques semaines.

Arsenal militaire

Autour de lui, des hommes de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB), une unité spéciale de la police centrafricaine, qui l’ont arrêté à Bangui le lundi 10 mai. Ces images ont fait le tour des réseaux sociaux. La photographie de son passeport aussi. Un document délivré le 1er février 2017 par l’ambassade de France à Bangui, au nom de Juan Rémy Quignolot, né le 17 janvier 1966 à Tunis. Sur un autre de ces clichés très largement partagés, on peut voir un visa pour le Mali – à entrées multiples – valable du 11 novembre 2020 au 11 mai 2021.

Depuis l’arrestation de ce ressortissant français, la capitale est en émoi. A en croire une source au sein de la hiérarchie policière, l’homme avait été placé sous surveillance « depuis deux mois » et était « soupçonné d’activités subversives », ajoute ce gradé, qui refuse de s’étendre d’avantage. Il était « connu des services », assure le service de communication du ministère centrafricain de la Sécurité publique et de l’Intérieur, qui précise que du matériel informatique a également été saisi.

Juan Rémy Quignolot, le Français arrêté à Bangui le 10 mai dernier;

A en croire le récit qu’en livre notre source au sein de la police, il a été arrêté aux alentours de 13h, alors qu’il circulait sur l’avenue Boganda à bord d’un Toyota Rav-4. A l’intérieur, les policiers ont découvert « des armes et des caméras GoPro d’espionnage ». Ils l’emmènent alors jusqu’à son domicile banguissois, dans le quartier Sica 1, tout proche du centre-ville, qu’ils fouillent de fond en comble.

C’est là que l’arsenal décrit plus haut a été saisi, avant d’être ramené en même temps que Juan Rémy Quignolot jusqu’au siège de l’OCRB, a expliqué à la presse le procureur général près la cour d’appel de Bangui, Eric Didier Tambo, qui a également précisé que du matériel informatique, des cartes de la capitale et plusieurs téléphones avaient été saisis. Des francs CFA , des dollars et des euros ont également été saisis, sans que l’on sache l’ampleur des sommes concernées.

Sociétés de sécurité privée

Présenté comme un « militaire à la retraite » par le procureur Tambo, Quignolot serait « à Bangui depuis 2013 ». « Il semble qu’en 2013, il faisait partie des encadreurs de la Séléka, a assuré le procureur. Il était là avec Bernard Cousin et Renautau », a ajouté le magistrat, affirmant que ces deux derniers « en 2019, activaient les extrémistes de PK5 », le quartier musulman de Bangui. Christophe Renauteau est un chef d’entreprise français, qui se décrit comme un « expert en géopolitique africaine et en sécurisation des zones hostiles » chez Caméli Diamonds sur son compte LikedIn.

Cet ancien conseiller de François Bozizé – Renauteau revendique notamment d’avoir été décoré de la médaille du mérite Centrafricain pour « services à la nation » par ce dernier en 2004 – affirme avoir travaillé dans plusieurs pays du continent au cours des vingt dernières années. Il dit notamment avoir « collaboré avec la cellule Afrique de l’Élysée sous la présidence Chirac » et avoir été le « conseiller » de « cinq ministres africains en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Congo », qu’il ne nomme pas. Président de la société Aruba Inc., il assure avoir collaboré avec des sociétés occidentales « dans le cadre de la sécurisation des hommes et des investissements en zone hostile ».

Ce n’est pas la première fois que Christophe Renauteau est ainsi publiquement indexé par les autorités centrafricaines, qui l’ont déjà décrit comme une « barbouze » par le passé. En 2018, déjà, dans un entretien accordé à France 24, Faustin Archange Touadéra avait évoqué un « agent », dont « le nom de code est Alpha » qui aurait « envoyé des messages de mobilisation de tous les groupes armés et de certains hommes politiques pour créer une plateforme de déstabilisation de l’État centrafricain ». Cet Alpha, « de son vrai nom Christophe Reneauteau » travaillait avec « un certain Bernard Cousin », affirmait alors le chef de l’État.

Un « coup médiatique » ?

Juan Rémy Quignolot est « un ancien militaire qui a quitté l’armée à la fin des années 1980 », mais il « n’a pas le profil d’un soldat d’élite », tempère une source diplomatique à Bangui, qui confirme qu’il évolue à Bangui depuis 2013. Selon notre source, Quignolot a notamment travaillé comme garde du corps à la Minsuca. Il a aussi exercé ses talents d’anciens militaires au sein de Powers Sécurité, une société privée de sécurité dirigée par David Moisan, un ancien parachutiste français. Il a également travaillé pour Ecofaune, un programme de préservation des espaces naturels notamment financé par l’Union européenne. « Mais cela s’est mal passé avec certains de ses employeurs », assure notre diplomate, qui met cette mauvaise réputation sur le compte « de problème d’égo et de mythomanie ».

Cette spectaculaire arrestation intervient dans un contexte de tensions entre la France et la Russie sur l’échiquier politico-militaire centrafricain. L’un des premiers à avoir annoncé l’arrestation de Français a d’ailleurs été Valery Zakharov, conseiller de Fauston Archange Touadéré « pour la sécurité nationale », qui est à la tête du dispositif déployé par Moscou à Bangui. Selon une source sécuritaire, l’arrestation de Juan Rémy Quignolot serait un contre-feu, « un coup médiatique pour détourner l’attention des accusations contre les mercenaires russes ». Après la publication, le lundi 3 mai dernier, d’une enquête de RFI sur des exactions présumées attribuées aux « instructeurs » russes qui combattent aux côtés des forces gouvernementales, les autorités centrafricaines ont en effet annoncé l’ouverture d’une commission d’enquête pour « faire la lumière sur les présumés crimes graves ».

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps et Pacôme Pabandji

Le vin en canette peut-il vaincre la réticence des Français ?

mai 8, 2021
Les Francais restent tres attaches a la bouteille de vin traditionnelle.
Les Français restent très attachés à la bouteille de vin traditionnelle.  © Julio PELAEZ / MAXPPP / PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/

Le vin en canette a connu une importante croissance ces dernières années à l’international. En France, les consommateurs restent réticents, explique BFM Business.

Il y a eu la révolution des bouchons synthétiques ou à vis qui ont parfois conquis même des domaines réputés. Mais peut-on imaginer que la France soit conquise par le vin en canette ? Sans même évoquer la question des avantages et inconvénients du produit, l’idée semble rebuter bien des Français, attachés à l’image traditionnelle et artisanale de l’alcool national. Mais en dehors de nos frontières, le produit connaît un indéniable succès.

Ainsi, aux Etats-Unis, le vin en canette a connu entre les printemps 2018 et 2019 une augmentation des ventes de l’ordre de 70 % pour atteindre quelque 80 millions de dollars, rapporte BFM Business. D’autres marchés comme le Canada, le Japon ou le Royaume-Uni connaissent également un engouement pour le vin en boîte. Mais la France comme l’Italie restent pour l’instant assez hermétiques au concept.

Goût intact et écologie

La canette a pourtant le vent en poupe lorsqu’il s’agit des autres boissons. Fin 2020, les professionnels du secteur tablaient sur une hausse de 20 % des ventes en un an. Mais le fruit de la vigne fait de la résistance. D’abord parce que la popularité des boîtes de métal 100 % recyclables est en partie due à la mauvaise réputation de la bouteille en plastique, qui concerne peu le vin. Mais la barrière reste avant tout culturelle, alors que les connaisseurs assurent que le contenant n’altère pas le goût.

« C’est un concept très compliqué à lancer en France parce qu’on est encore attaché au bouchon en liège et à la bouteille en verre. Ça n’a jamais vraiment percé. Ce sera le dernier marché à bien fonctionner. Mais je n’attends pas après le succès de la canette en France », a confié à la chaîne d’information Cédric Segal, patron de Winestar, précurseur français en la matière. Des producteurs français ont commencé à s’intéresser à ce nouveau mode de distribution, qui peut notamment séduire les personnes seules qui ne veulent pas laisser leur vin s’éventer. Mais la production de la start-up reste très largement destinée aux marchés étrangers.

Avec LePoint

Canada: Des programmes pour le recrutement des enseignants francophones en C.-B. voient le jour

mars 4, 2021

Grâce à une aide financière de 6,5 millions $ du ministère des Langues officielles distribuée à divers organismes au cours des deux dernières années, le Bureau des affaires francophones de l’Université Simon Fraser a développé plusieurs stratégies et projets pour former davantage d’enseignants francophones et les retenir en Colombie-Britannique.

Des élèves de 3e année participent à une activité en français en s'amusant avec leur enseignante Francine Masse.

© Jacqueline Landry/Radio-Canada Des élèves de 3e année participent à une activité en français en s’amusant avec leur enseignante Francine Masse.

«L’isolement professionnel est le principal obstacle à la rétention des professeurs francophones formés en Colombie-Britannique,» explique Hélène Lalancette, directrice adjointe au Bureau des affaires francophones et francophiles (BAFF) de l’Université Simon Fraser. «Les enseignants francophones se plaignent également de manquer de ressources pédagogiques en français et de ne pas avoir accès à assez de formation continue», dit-elle.

Réseau de soutien professionnel

Pour briser cet isolement, le BAFF a mis en place depuis 2020 un réseau de soutien pour les enseignants francophones de la Colombie-Britannique.

Ce réseau s’adresse autant aux enseignants d’immersion française, de français langue seconde ou de français langue première. «En milieu minoritaire, nous ne sommes pas assez nombreux pour faire des sous-groupes,» précise Mme Lalancette.

Recrutement

Des élèves en immersion française

© Canadian Parents for rench Des élèves en immersion française

Une autre initiative du BAFF est d’aider les commissions scolaires anglophones de la province avec l’embauche d’enseignants de français et tout particulièrement de leur faire mieux connaître leur réalité et leurs spécialités.

«L’enseignement en milieu minoritaire est différent, explique Hélène Lalancette et il ne faut pas seulement des professeurs de français, il faut aussi des professeurs de mathématiques francophones, des bibliothécaires.»

La Faculté d’éducation de l’Université Simon Fraser compte 51 places pour la formation des enseignants en français. Hélène Lalancette travaille activement auprès du ministère provincial de l’Éducation pour que ce nombre augmente grâce au fond de recrutement.

Commission scolaire de Vancouver

À plus petite échelle, la Commission scolaire de Vancouver (VSB) a également ses propres stratégies de recrutement pour remplir ses quelque 240 postes à temps plein d’enseignants d’immersion française et de français langue seconde.

Ce sont surtout des jeunes qui aiment l’aventure ou des personnes qui ont besoin de changement qui déménagent en Colombie-Britannique pour enseigner le français, confie Adrian Keough, directeur à la Commission scolaire de Vancouver. «Nous les aidons à trouver un logement et il y a même des enseignants qui offrent un logement pour les premières semaines ou le premier mois aux nouveaux arrivants», précise-t-il.

Adrian Keogh, directeur de la Vancouver School Board.

© Nora Chabib/Radio-Canada Adrian Keogh, directeur de la Vancouver School Board.

La Commission scolaire offre également un poste permanent à temps plein plutôt que de la suppléance sur appel à certains candidats pour leur assurer une stabilité de salaire et des avantages sociaux. Ceux-ci sont donc déjà sur place lorsqu’un emploi permanent se libère.

Du côté du Syndicat des enseignants de la Colombie-Britannique, aucun changement n’a été remarqué depuis que le financement d’Ottawa a été alloué, selon Stéphane Bélanger.

L’important selon lui, est surtout la rétention. «C’est là qu’il faudrait mettre le plus d’énergie. Ça passe par de meilleures conditions de travail par exemple», dit-il.

Il confirme qu’il y a une pénurie d’enseignants, aggravée par la pandémie. La liste des postes à pourvoir au Conseil scolaire francophone par exemple est longue, et certains sont en ligne depuis septembre, déclare Stéphane Bélanger.

Avec Radio-Canada par Dominique Lévesque 

Canada-Québec/Défense de la langue française : qu’en pensent les trentenaires?

février 21, 2021

 Marion Tétreault-De Bellefeuille et Nicolas Monette ne s'inquiètent pas de la pérennité de la langue française.

© Gracieuseté Marion Tétreault-De Bellefeuille et Nicolas Monette ne s’inquiètent pas de la pérennité de la langue française.

Marion Tétreault-De Bellefeuille est étudiante en archivistique et bachelière en histoire de l’art. Nicolas Monette est enseignant au primaire. Le couple habite dans la Petite-Patrie, à Montréal. Elle a 30 ans et lui, 32. Sentent-ils que la langue française est menacée?

«Moi, elle ne m’inquiète pas non plus, mais on est aussi entouré de personnes qui parlent français» , ajoute Nicolas.

Utiliser des mots anglais

Comme d’autres de leur génération, ils utilisent des mots anglais dans leurs conversations. «C’est vrai! On utilise beaucoup plus de mots anglais et même des formulations. À cause de l’univers de l’internet, ce sont même des phrases très précises pour exprimer des sentiments», avoue-t-il.

Faire évoluer la langue

Les deux croient cependant qu’on doit rendre la langue plus souple et plus attirante.

«Je pense qu’il y a aussi un niveau d’appropriation et de se faire dire qu’on parle un mauvais français, ça peut rebuter certaines personnes. Il y a plein de communautés, comme la communauté haïtienne qui intègre le créole dans le français et les Arabes, qui utilisent des mots arabes. Je pense que le français doit se diversifier. C’est d’ailleurs la force de l’anglais, parce que les gens se l’approprient,» ajoute Nicolas.

Peur des géants du web?

Les jeunes adultes d’aujourd’hui évoluent dans un univers numérique majoritairement anglophone. Craignent-ils son influence sur la langue?

«Si les gens consomment de la culture du Québec, de la culture en français, je pense que la pérennité de la langue est là,» affirme Marion.

Sabrina Mercier-Ullhorn

© Gracieuseté Sabrina Mercier-Ullhorn

Originaire de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, Sabrina Mercier-Ullhorn, âgée de 30 ans, habite à Montréal depuis plusieurs années et étudie en traductologie à l’Université Concordia. Elle croit, au contraire, que la langue est menacée.

Avec deux autres jeunes femmes, elle a lancé une pétition demandant à la Ville de Montréal de créer un Conseil montréalais de la langue française «qui pourrait étudier la question de l’exode des francophones ou de l’importance du français comme attrait touristique et économique, et formuler des recommandations en conséquence», peut-on lire. Plus de 18 000 personnes l’ont signée jusqu’à maintenant.

Mme Mercier-Ullhorn a lancé une pétition pour demander à Montréal d'agir dans le dossier de la protection de la langue française.

© Karine Mateu/Radio-Canada Mme Mercier-Ullhorn a lancé une pétition pour demander à Montréal d’agir dans le dossier de la protection de la langue française.

Et l’anglais dans les conversations?

Selon Sabrina, il faut s’inquiéter de l’utilisation de plus en plus courante de mots anglais dans les discussions.

Elle croit que la langue doit évoluer, mais de façon encadrée : «C’est important que l’on ait une norme linguistique proprement québécoise, comme celle qui est promulguée par l’OQLF [l’Office québécois de la langue française]. On accepte certains changements, par contre, on essaie que le français conserve son génie propre.»

Les institutions d’enseignement ont aussi un rôle à jouer sur le sentiment d’appartenance à la langue française, dit-elle.

Elle croit aussi que la littérature et le cinéma québécois devraient être mis de l’avant dès le secondaire.

L’anglais prédomine encore dans de nombreuses boutiques de Montréal.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada L’anglais prédomine encore dans de nombreuses boutiques de Montréal.

L’anglais dans les commerces du centre-ville de Montréal

Nicolas déplore le fait de ne pas se faire servir en français dans certains commerces de la métropole.

«Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose qu’ils [les commerces] gardent leur nom en anglais. On sait alors qu’ils viennent des États-Unis et qu’ils ne sont pas Québécois,» ajoute Marion, qui souhaite encourager l’achat local.

Les immigrants sont souvent pointés du doigt lorsque l’on parle du recul du français dans les commerces montréalais. Pour certains, ils doivent davantage être francisés, mais ce n’est pas si simple, explique Sabrina : «On constate qu’il y a beaucoup de ratés dans les cours de francisation et on a vu des reportages sur le fait que la plupart des gens qui sortent des cours n’avaient pas un français fonctionnel. »

«Moi, j’entends souvent dire, étant dans le milieu scolaire, que la loi 101 a beaucoup aidé. Parce que même si les parents de première génération d’immigration ne parlent pas français, leurs enfants vont être amenés à le parler éventuellement ou à être en contact avec la langue. Après, ça reste un choix personnel d’en faire leur langue d’usage. Je pense que ça serait de l’ingérence politique de dire : tu dois parler français même dans ton quotidien, » soutient Nicolas.

La défense de la langue française est-elle liée à la souveraineté du Québec? «Moi, je dis, si vous êtes prêts à défendre le français, je suis totalement en faveur, peu importe votre axe politique fédéraliste ou souverainiste, mais ce serait plus efficace dans un Québec libre», croit Sabrina.

Avec  Karine Mateu