Posts Tagged ‘FRANCE’

France: un homme fonce sur des militaires sans faire de blessés

mars 29, 2018

Varces-Allières-et-Risset (France) – Un homme a été interpellé jeudi après avoir foncé avec sa voiture sur des militaires d’une caserne proche des Alpes françaises, sans faire de blessés, moins d’une semaine après l’attentat jihadiste dans le sud-ouest dont les victimes étaient inhumées le même jour.

En début de matinée à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset, près de Grenoble, un homme accompagné d’une femme a insulté puis tenté de renverser des membres de la 27e Brigade d’infanterie de montagne (BIM), en tenue de sport mais clairement identifiables comme militaires, avant de prendre la fuite, selon des sources proches du dossier.

L’homme a été interpellé quelques heures plus tard non loin de là, à Grenoble, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Ses motivations restent inconnues, mais « il semble qu’il y avait manifestement une vive rancœur envers les militaires », a indiqué le parquet de Grenoble.

« Aux alentours de 8H15, il a menacé verbalement six ou sept militaires qui faisaient un footing. Il a insulté un deuxième groupe de militaires qui sortaient faire un footing et qui l’ont perdu de vue », a précisé le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l’Armée de Terre.

L’homme a ensuite « foncé » sur les militaires, qui « ont réussi à remonter sur le trottoir sans être écrasés ».

La voiture, une Peugeot 208 selon l’armée, était vraisemblablement équipée de fausses plaques d’immatriculation, les numéros ne correspondant pas au modèle du véhicule, selon le parquet.

Cette agression survient moins d’une semaine après l’attaque jihadiste dans le sud-ouest de la France qui a fait quatre morts, dont Arnaud Beltrame, un officier de gendarmerie qui s’était livré à la place d’une otage. Les derniers hommages aux victimes et leurs obsèques ont lieu jeudi.

L’auteur de l’attaque, Radouane Lakdim, 25 ans, qui était fiché pour radicalisation islamiste par les services de renseignement, a été abattu dans le supermarché où il s’était retranché.

Des tags hostiles au colonel Beltrame et glorifiant l’auteur de l’attaque ont été découverts à Grenoble.

En août dernier, une voiture avait foncé sur des militaires de l’opération de surveillance des lieux publics Sentinelle, mise en place après les attentats de janvier 2015, à Levallois-Perret en banlieue parisienne, faisant six blessés. Le parquet antiterroriste avait été saisi et le suspect interpellé quelques jours plus tard dans le nord de la France.

En 2017, d’autres policiers et militaires ont été pris pour cible à plusieurs reprises à Paris. Le 20 avril sur les Champs-Élysées, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique avait coûté la vie à un membre des forces de l’ordre.

Après les tueries de Mohamed Merah en 2012, la France, particulièrement visée pour sa participation à la coalition militaire internationale contre le groupe État Islamique (EI) en Irak et en Syrie, a été frappée depuis 2015 par une série d’attentats sans précédent qui ont fait 245 morts au total, dont 130 à Paris en novembre 2015 et 86 à Nice (sud-est) en juillet 2016.

Romandie.com avec (©AFP / 29 mars 2018 11h39)                                            

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Décès de la Française Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol

mars 27, 2018

Paris – La Française Stéphane Audran, actrice fétiche de Claude Chabrol et protagoniste du « Festin de Babette » (Oscar du meilleur film étranger en 1988), est décédée mardi à 85 ans des suites d’une maladie.

« Ma mère était souffrante depuis quelques temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2h du matin », a annoncé à l’AFP son fils Thomas Chabrol.

Révélée en 1968 dans « Les Biches » de Claude Chabrol, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, Stéphane Audran devient rapidement une figure emblématique du cinéma français des années 1970.

Durant cette décennie, celle qui se distingue par une voix traînante joue des premiers rôles marquants dans « Le Boucher » et « Les Noces rouges » de Claude Chabrol, pour qui elle tournera au total une vingtaine de films.

Son rôle dans « Violette Nozière », également de Claude Chabrol, lui permet de remporter le prix français César de la meilleure actrice en 1979.

Elle participe à un des plus grands longs métrages de Luis Buñuel, « Le Charme discret de la bourgeoisie », qui lui vaut de décrocher un prix britannique BAFTA de la meilleure actrice en 1973. Elle joue également dans « Vincent, François, Paul et les autres » de Claude Sautet.

Dans les années 1980, elle tourne dans « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier et dans quelques films étrangers comme « Au-delà de la gloire » de Samuel Fuller. « Le Festin de Babette » du Danois Gabriel Axel, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988, lui offre un retour éphémère au premier plan.

« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans +Les Saisons du plaisir+ avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle était très aimée », a déclaré à l’AFP le réalisateur Jean-Pierre Mocky.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 11h11)                                            

France/attentat de l’Aude: Arnaud Beltrame, le gendarme qui avait remplacé les otages, est mort

mars 24, 2018

VIDÉO – Le lieutenant-colonel du groupement local de gendarmerie de l’Aude, âgé de 45 ans, a succombé à ses blessures dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait négocié avec le terroriste pour prendre la place des otages dans le Super U de Trèbes. Emmanuel Macron a déclaré que l’officier méritait «respect et admiration de la nation tout entière».

Il s’était livré au ravisseur en échange de la libération des otages: le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame a succombé à ses blessures dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. «Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous a quittés. Mort pour la patrie. Jamais la France n’oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice. Le cœur lourd, j’adresse le soutien du pays tout entier à sa famille, ses proches et ses compagnons de la @Gendarmerie de l’Aude», écrit le ministre dans un Tweet.

Le chef de l’État a salué «le courage, le sang-froid et l’abnégation exceptionnels» d’Arnaud Beltrame. «Au cœur de l’action, le lieutenant-colonel Beltrame […] a illustré les vertus militaires d’une manière éclatante, qui mérite respect et admiration de la nation tout entière», a ajouté dans un communiqué Emmanuel Macron, appelant «chaque Français à honorer la mémoire» du disparu.

De son côté, le directeur général de la gendarmerie nationale a exprimé sa «très vive émotion». Le général Richard Lizuret a souhaité «rendre solennellement hommage à l’héroïsme de notre camarade» et «s’incliner devant le courage, le sens du sacrifice et l’exemplarité de cet offficier qui a donné sa vie pour la liberté des otages». Il a ajouté que les drapeaux et étendards de la gerndarmerie seraient mis en berne ce samedi.

Blessé grièvement par le terroriste

Le militaire avait fait preuve d’héroïsme pendant la prise d’otages de Trèbes et luttait contre la mort, vendredi soir, après avoir été blessé par balles par l’assaillant. Il «a sauvé des vies et fait honneur à son arme et notre pays», avait salué vendredi Emmanuel Macron en rendant un hommage appuyé à son «courage». François Molins, le procureur de la République de Paris, avait souligné, un peu plus tard dans la soirée, «l’héroïsme du gendarme qui, au péril de sa vie, a fait le choix de prendre la place des otages».

» LIRE AUSSI – EN DIRECT – Au moins deux morts dans une prise d’otages à Trèbes près de Carcassonne

Alors que le terroriste venait d’abattre deux personnes dans le Super U de Trèbes, «le lieutenant-colonel a pris la place des otages au terme de négociations avec l’auteur des faits», avait précisé François Molins. Le procureur avait expliqué que l’assaillant avait ensuite ouvert le feu à plusieurs reprises sur le gendarme, le blessant grièvement.

Le gendarme «avait laissé son téléphone ouvert sur la table (…) et c’est lorsque nous avons entendu les coups de feu que le GIGN est intervenu» et a abattu l’auteur de l’attaque, qui se réclamait du groupe djihadiste État islamique, avait détaillé le ministre de l’Intérieur. Le ministre avait également souligné «un acte d’héroïsme comme en sont coutumiers les gendarmes, les policiers qui s’engagent au service de la nation».

Chef de la compagnie d’Avranches dans la Manche

Né à Etampes, dans l’Essonne, Arnaud Beltrame était marié et n’avait pas d’enfant. Après Saint-Cyr et l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, il a d’abord été nommé dans un peloton de véhicules blindés à Satory (de 2002 à 2006), puis a rejoint le premier régiment d’infanterie (RI) de la Garde républicaine (en charge de la protection du président de la République), jusqu’en 2010.

De 2010 à 2014, il a été chef de la compagnie d’Avranches dans la Manche, puis officier d’état major auprès du ministère de l’Écologie et du Développement durable à Paris de 2014 à 2017. Il a accédé au rang de lieutenant-colonel en 2016. Le 1er août 2017, il est devenu officier adjoint de commandement (OAC) au groupement de gendarmerie de l’Aude.

Arnaud Beltrame est décoré de l’ordre national du Mérite. En décembre 2017, il avait participé à un exercice simulant une tuerie de masse dans un supermarché de la région, selon le quotidien régional La Dépêche du Midi. Les forces de l’ordre procèdent régulièrement à ce type d’entraînement pour améliorer leur mode d’intervention en cas d’attentat.

Figaro.fr par Yohan Blavignat avec AFP agence

Enquête sur le mystérieux « Institut Mandela », qui honore le Burundais Pierre Nkurunziza

mars 20, 2018

 

Pierre Nkurunziza, lors des festivités de l’Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2017. © REUTERS/Evrard Ngendakumana

Le 19 mars, dans un hôtel parisien cossu, se tenait la seconde cérémonie de remise des « Prix Mandela ». Des récompenses honorifiques décernées par l’Institut éponyme, un think-tank qui revendique la promotion des valeurs de l’ancien président sud-africain… mais dont la crédibilité, remise en cause par plusieurs de ses « partenaires », ne laisse pas d’interroger.

Qui oserait remettre en cause la crédibilité d’une organisation baptisée du nom du héros mythique de la lutte anti-apartheid ? Le 23 décembre, l’Institut Mandela – qui se définit comme un think-tank voué à « garder vivant l’esprit et l’inspiration du panafricanisme et de promouvoir les valeurs de société ouverte et de paix partout sur le continent par une diplomatie intellectuelle » – dévoilait la liste des lauréats de la seconde édition de son Prix Mandela, qu’il organise depuis 2016.

Prix du « Courage » pour Pierre Nkurunziza

Parmi les lauréats, un nom intrigue plus que les autres : celui du président burundais Pierre Nkurunziza, alors même que son élection pour un troisième mandat, en 2015, a provoqué une crise profonde au Burundi, générant des violences au sujet desquelles une commission indépendante du Conseil des Nations unies pour les droits l’homme mène l’enquête.

Le président burundais n’est pas le seul choix surprenant du palmarès 2017. En effet, on retrouve sur cette même liste le président kényan Uhuru Kenyatta, récompensé du prix de la Démocratie à l’issue d’un processus électoral pourtant chaotique et d’une victoire au second tour à plus de 98 %, après le retrait de l’opposant Raila Odinga.

Comportant nombre de VIPs, les prix Mandela 2017 alignent encore, pêle-mêle, le président tanzanien John Magufuli (prix de la Paix), son homologue tchadien Idriss Déby Itno (prix de la Sécurité), l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn (prix de l’Émergence)… ou encore la députée ougandaise Jacqueline Amongin (prix du Leadership féminin) ou Mbagnick Diop, président du Mouvement des entrepreneurs sénégalais.

À leurs côtés figurent également les noms d’universitaires comme le Marocain Mohamed Harakat, qui est pourtant cité comme « administrateur » dans l’organigramme de l’Institut Mandela. En sa qualité d’enseignant à l’université Mohamed-V de Rabat, celui-ci avait même signé un partenariat entre l’établissement marocain et le « think-tank », basé en France.

Dans une enquête publiée après la première remise des Prix Mandela, le site marocain Le Desk mettait d’ailleurs en avant les relations privilégiées qu’entretient le président de l’Institut Mandela, Paul Kananura, avec des universitaires gravitant autour de l’Institut royal des études stratégiques (IRES). En 2016, d’ailleurs, le roi Mohammed VI en personne s’était vu décerner le prix de la Paix. Sans pour autant l’avoir ni sollicité ni assumé.

« Je ne partage pas tous les choix figurant sur la liste et je ne souhaitais pas forcément y être associé », résume à Jeune Afrique une source ayant œuvré à l’Institut Mandela, où le processus d’attribution des fameux prix reste relativement opaque

Une association confidentielle devenue “think-tank”

Lancé officiellement en novembre 2014, ce think-tank est dirigé par le “Docteur” Paul Kananura, qui se présente comme un « expert en géopolitique et politiques publiques ». Rwandais d’origine, Paul Kananura est arrivé en France à la fin des années 1990 pour faire son doctorat en politique publique à l’université Bordeaux 3.

En parallèle de ses études, il fonde l’Association des stagiaires et étudiants africains en France (ASEAF), avec laquelle il participe à l’organisation de plusieurs colloques entre 2001 et 2014, avant que les activités de l’ASEAF ne se confondent avec celles de l’Institut Mandela.

Un comité de direction est alors mis en place. Dirigé par Paul Kananura, celui-ci est chapeauté par un président d’honneur qui n’est autre qu’Olivier Stirn, ancien secrétaire d’État et ministre, présenté comme « un ami » de Nelson Mandela.

La Fondation Mandela conteste

Bien qu’aucune autre connexion n’existe que l’amitié putative entre Olivier Stirn et l’icône sud-africaine, le nom de Mandela n’en reste pas moins une « marque » puissante, que l’Institut s’est appropriée sans vergogne.

Dans la mise au point qu’il adressait à Jeune Afrique en janvier, suite à la publication d’une tribune de l’écrivain David Gakunzi, le directeur de l’Institut Mandela expliquait avoir « manifesté par écrit » sa « volonté de travailler en collaboration avec la Nelson Mandela Foundation et l’Afrique du Sud ». Créée en 1999 par l’ancien président, et garante officielle de son héritage et des archives le concernant, cette fondation, basée à Johannesburg, donne pourtant à JA, via son avocat, une version fort différente de ces échanges.

« Pendant l’année 2017, notre cliente a été approchée par Paul Kananura, qui lui a demandé de reconnaître son institut. Notre cliente ne reconnaît pas cet institut », explique l’avocat, qui affirme qu’« à la suite de ces échanges, une lettre de mise en demeure a été envoyée à l’Institut Mandela, qui n’a malheureusement pas abouti à l’arrêt de l’utilisation du nom. »

Depuis la mort de l’ancien président sud-africain, sa fondation redouble d’efforts pour contrôler l’usage de son nom. Elle est l’une des seules garantes des marques déposées « Nelson Mandela », « 46664 », « Nelson Mandela International Day », ainsi que des images de celui qu’on surnommait « Madiba ».

Selon son avocat, des démarches sont en cours afin de dissuader Paul Kananura de s’approprier ainsi, sans autorisation, l’aura de l’ancien leader de l’ANC .

Imposture

Malgré cet avertissement, le directeur de l’Institut Mandela de Paris persiste et signe. De remises de prix en conférences, il attire dans ses filets responsables politiques, diplomates, officiers de l’armée en retraite, chefs d’entreprises, universitaires ou hauts fonctionnaires, tous mis en confiance par ce nom prestigieux.

Cet institut est une imposture, il déshonore le nom de mon grand-père !

En avril 2017, par exemple, Paul Kananura s’affichait aux côtés de plusieurs ambassadeurs, mais également du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dans le cadre d’une conférence sur « l’héritage et les valeurs de Nelson Mandela ». En présence de Ndaba Mandela, petit-fils de l’ex-président sud-africain, qui dirige aujourd’hui la Fondation Africa Rising, cette rencontre se déroulait à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, dont Paul Kananura assurait avoir engrangé le partenariat.

Pourtant, du côté du service communication de l’IMA, on assure que l’Institut Mandela n’était aucunement impliqué dans l’organisation de l’événement, initié par la fondation de Ndaba Mandela. « J’ai été sollicité à plusieurs reprises au sujet de cet institut. Il n’a aucun lien avec moi ni avec la fondation de mon grand-père. Cet institut est une imposture, il déshonore le nom de mon grand-père ! », confirme Ndaba Mandela à Jeune Afrique .

Partenariats imaginaires

Ce prétendu partenariat n’est pas le seul à poser question. Sur le site Web de l’Institut Mandela, en effet, plusieurs logos intriguent, comme ceux du Département d’État américain ou du ministère français de la Défense.

« Il n’y a jamais eu de partenariat entre le ministère de la Défense et l’Institut Mandela », nous explique une source proche du ministère français. « Monsieur Kananura a simplement convié des militaires à certains événements, et il s’est de ce fait autorisé à apposer le logo du ministère de la Défense. »

Du côté du Département d’État américain – équivalent du ministère des Affaires étrangères -, si un officiel reconnaît que la branche africaine (Africa Regional Service) a bel et bien participé aux forums organisés tous les ans depuis 2015 par l’Institut Mandela, in conteste en revanche l’appellation « partenariat » ainsi que l’autorisation d’utiliser le logo.

Étrangement, depuis nos sollicitations auprès de Paul Kananura, la trace de ces « partenariats » a d’ailleurs été retirée du site du think-tank.

Quand vous lisez le nom Mandela, ça fait sérieux

Malgré les zones d’ombres qui entourent l’Institut, la première remise des prix Mandela s’est déroulée en grande pompe, tout comme cette année, au luxueux Hôtel Marriott, sur les Champs-Élysées. Nous sommes le 25 février 2017. Parmi les invités, on retrouve notamment l’ancien ministre français Jean-Louis Borloo, venu remettre le Prix Mandela du Courage.

« Nous avions été contactés par mail pour remettre ce prix au Premier ministre malgache, que nous connaissons bien », explique Olga Johnson, la directrice générale de la fondation Énergies pour l’Afrique, que Jean-Louis Borloo préside. « Nous ne savions rien à propos de l’Institut Mandela à part ce qui figure sur la plaquette adressée par M. Kananura. Quand vous lisez le nom Mandela, ça fait sérieux. »

« Nous y sommes allés sur la bonne foi qu’inspire le nom de Mandela, mais nous nous sommes vite rendus compte que ce prix n’avait rien d’officiel, aussi nous n’avons pas cherché à entretenir de liens avec cet institut », explique aujourd’hui la Fondation Chirac, contactée par Jeune Afrique, dont la trésorière, Marie-Hélène Bérard, était également présente au Marriott en 2017.

Contacté à plusieurs reprises, le président de l’Institut Mandela de Paris n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Jeuneafrique.com par

Ex-espion empoisonné: la pression des Occidentaux se renforce sur la Russie

mars 15, 2018

La Première ministre britannique Theresa May discute avec un responsable policier sur les lieux de l’attaque à Salisbury, le 15 mars 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Les États-Unis, la France et l’Allemagne se sont joints jeudi à Londres pour désigner la Russie après l’empoisonnement d’un ex-espion russe en Angleterre, affichant un front commun occidental face à Moscou qui s’apprête à riposter aux sanctions britanniques.

En visite pour la première fois à Salisbury, où l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont hospitalisés depuis le 4 mars dans un état grave, la Première ministre britannique Theresa May a vanté « l’unité » de ses alliés face à la Russie.

« Cela s’est produit au Royaume-Uni mais cela aurait pu se produire n’importe où et nous sommes unis contre cela », a-t-elle déclaré.

Dans un communiqué commun, Londres, Berlin, Paris et Washington ont estimé que la responsabilité russe était la seule explication « plausible » à l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, et demandé à Moscou de fournir toutes les informations sur le programme chimique Novitchok, un redoutable agent créé dans les années 1980 par des scientifiques soviétiques.

Ce front aggrave encore le climat de confrontation qui s’est installé ces dernières années entre la Russie et les Occidentaux, à quelques jours de la présidentielle russe dimanche et à trois mois du Mondial-2018 de football.

Après plusieurs jours d’accusations réciproques, Londres est passé aux actes mercredi. La Première ministre britannique Theresa May a annoncé devant son parlement l’expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie, qu’elle a déclarée « coupable » de l’empoisonnement survenu le 4 mars à Salisbury en Angleterre.

« La position de la partie britannique nous semble absolument irresponsable », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Les mesures de riposte « ne se feront naturellement pas attendre ».

« La décision sera prise par le président (…) et il n’y aucun doute qu’il choisira la version qui répond au mieux aux intérêts de la Russie », a précisé M. Peskov, estimant que l’empoisonnement de l’ex-espion russe présentait « tous les signes de provocation ».

Le président russe Vladimir Poutine a réuni jeudi le Conseil de sécurité nationale pour évoquer notamment la situation autour de cette affaire.

– ‘Détourner l’attention’ –

Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a assuré que Moscou expulserait « obligatoirement » des diplomates britanniques, mais que la teneur de la réponse russe serait d’abord communiquée à Londres avant d’être rendue publique.

Il a par ailleurs accusé le gouvernement britannique d’utiliser l’empoisonnement pour « détourner l’attention » de ses difficultés liées au Brexit, sur le plan intérieur et dans ses relations avec l’Union européenne.

La Russie disposait jusqu’ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Les 23 diplomates ciblés, considérés par Londres comme des « agents de renseignement non déclarés », ont « une semaine » pour quitter le territoire. Il s’agit de la vague d’expulsion de diplomates russes par le Royaume-Uni la plus importante depuis la Guerre froide.

Londres n’enverra aucun représentant, diplomate ou membre de la famille royale, à la Coupe du monde de football cet été en Russie.

Les analystes ont noté que les sanctions britanniques restaient à ce stade plutôt modérées mais elles pourraient être suivies d’autres de la part des alliés de Londres.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué qu’il annoncerait des mesures « dans les prochains jours ».

– attaque ‘extrêmement grave’ –

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été victimes d’une attaque avec un agent innervant militaire — de fabrication russe, selon les autorités britanniques — à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Cette attaque contre un des pays de l’Otan est « extrêmement grave » et si la Russie cherche la confrontation, « nous serons en mesure de défendre tous nos membres », a averti jeudi le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg.

Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a annoncé un investissement de 48 millions de livres (54 millions d’euros) dans la lutte contre les armes chimiques et la vaccination de milliers de soldats contre l’anthrax.

Déjà sommée de s’expliquer par Londres, Moscou martèle qu’elle ne coopérerait que si elle obtient l’accès à un échantillon de la substance ayant servi à l’empoisonnement.

Sur la BBC jeudi, le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a accusé la Russie « d’aller trop loin dans la mauvaise direction »: « Poutine ressent le fantôme de Staline. Il regarde autour de lui et voit l’Otan aux frontières de ce qui était l’Union soviétique. C’est pour cela qu’il cause des problèmes ».

Romandie.com avec (©AFP / 15 mars 2018 15h35)                

France: l’État attaque Google et Apple pour « pratiques commerciales abusives »

mars 14, 2018

Paris – En plein regain de tensions commerciales transatlantiques, le gouvernement français s’est fâché mercredi contre les géants américains Google et Apple, accusés de profiter de leur position de force sur internet pour écraser la concurrence.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé que l’État allait assigner en justice ces deux poids lourds de la Silicon Valley pour « pratiques commerciales abusives », exigeant une sanction – symbolique – de deux millions d’euros chacun.

« Je crois à une économie fondée sur la justice et je vais donc assigner Google et Apple devant le tribunal de commerce de Paris pour pratiques commerciales abusives » vis-à-vis des start-ups françaises, a-t-il expliqué au micro de RTL.

L’annonce du ministre intervient à un moment de tension commerciale avec les Etats-Unis, après la décision de Donald Trump de taxer respectivement à 25% et 10% les importations d’acier et d’aluminium.

Pour les services de Bercy en charge de la concurrence (DGCCRF), « plusieurs clauses des contrats types » des magasins d’application de Google et Apple, Google Play et App Store, caractérisent un « déséquilibre significatif » au détriment des start-ups et autres sociétés qui développent des applications.

Une situation « inacceptable » pour M. Le Maire, qui estime que « Google et Apple, aussi puissants soient-ils, n’ont pas à traiter nos start-ups et nos développeurs de la manière dont ils le font aujourd’hui ».

Google France a réagi dans l’après-midi, en assurant que ses pratiques commerciales étaient « conformes à la législation française » et en se disant prêt à « expliquer (sa) position devant les tribunaux ».

« Avec plus de 1.000 téléchargements par seconde, Google Play est un excellent moyen pour les développeurs d’applications en Europe, de toutes tailles, dont beaucoup en France, de proposer leurs applications aux utilisateurs du monde entier », a encore estimé le porte-parole de Google France.

La position ultra-dominante des géants américains dans l’accès des particuliers et des entreprises aux services sur internet constitue un sujet d’inquiétude récurrent pour le gouvernement.

Avant Google et Apple, c’est Amazon qui avait été assigné en décembre dernier par Bercy devant le tribunal de commerce de Paris pour « déséquilibre significatif dans les relations commerciales » avec les entreprises qui vendent sur sa plateforme en France.

Le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi a souvent évoqué les « prisons dorées » dans lesquelles se trouveraient les internautes, qui ont bien souvent accès à des services et des contenus de facto filtrés par les géant américains.

– Imposer des briques logicielles –

La procédure lancée par le gouvernement rejoint une procédure lancée il y a 18 mois par Nexedi, une PME informatique de la métropole lilloise, qui a attaqué Apple pour pratiques commerciales abusives et doit retrouver le géant à la pomme le 31 mai prochain devant le tribunal de commerce de Paris.

La PME reproche à Apple de l’obliger à utiliser certaines de ses briques logicielles dans ses applications, si elle veut que celles-ci soient référencées dans l’App Store.

« Nous sommes très heureux et très rassurés que Bruno Le Maire ait réagi » sur cette question, a déclaré son PDG Jean-Paul Smets à l’AFP. « Nous attendons beaucoup de cette procédure, et nous ne sommes pas seuls », a-t-il ajouté.

M. Le Maire avait brandi l’été dernier la menace d’imposer les colosses du numérique sur leur chiffre d’affaires en France en dénonçant leurs pratiques d’optimisation fiscale.

Même si les craintes d’une guerre commerciale se multiplient après les annonces de M. Trump, Bercy dément tout lien entre l’assignation en justice d’Apple et Google et les taxes américaines sur les importations d’acier et d’aluminium.

La Commission européenne compte présenter à Bruxelles le 21 mars ses premières propositions sur la fiscalité du numérique, qui est aussi au programme d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE les 22 et 23 mars dans la capitale belge.

Apple est également visé en France par une enquête ouverte début janvier pour « obsolescence programmée ».

Google de son côté a été condamné fin juin par l’UE à une amende record de 2,42 milliards d’euros, accusé d’abuser de sa position dominante dans la recherche en ligne pour favoriser son service « Google Shopping ».

Romandie.com avec (©AFP / 14 mars 2018 16h12)                                            

Rwanda: dans un livre a paraître, un ancien officier français brise l’omerta sur l’opération Turquoise

mars 7, 2018

 

Guillaume Ancel, 10 avril 2016. © Jean Saibienpeu /CC/wikipédia

Dans « Rwanda, la fin du silence », qui sortira en librairies le 16 mars, l’ex-officier Guillaume Ancel relate en détails plusieurs pans obscurs de l’opération Turquoise, en 1994, et les menaces reçues pour l’inciter à respecter la « loi du silence ».

Si Guillaume Ancel n’est pas le premier ex-officier français à avoir consacré un livre à son expérience au Rwanda durant l’opération Turquoise, en 1994, il est en revanche le seul à ce jour à y dénoncer « les errements » de cette intervention militaire controversée.

Dans Rwanda, la fin du silence, à paraître le 16 mars aux éditions Les Belles Lettres, cet ancien lieutenant-colonel revient en détail sur le déroulement de sa mission (25 juin-5 août 1994). « Sous le couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais », résume la quatrième de couverture.

Il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable

Dans ce récit écrit à la première personne, Guillaume Ancel revient en outre sur les menaces, voilées ou plus explicites, qu’il a reçues depuis qu’il a rompu l’omerta en 1994 – notamment à travers une interview à Jeune Afrique, publiée en avril 2014 – sur le dossier sensible du rôle de la France durant le génocide des Tutsis.

« Pendant plus trois ans, j’ai livré des témoignages oraux à des journalistes ou lors de conférences, nous confie-t-il. J’ai fini par comprendre que ce n’était pas suffisant et qu’il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable. »

Jeuneafrique.com

A l’école d’intelligence artificielle de Microsoft, des profits atypiques

mars 6, 2018

Issy-les-Moulineaux – Ils ont fait des études de biologie, psychologie, sciences de l’éducation. L’un d’eux est même formé en tatouage. Désormais, ils vont apprendre les fondamentaux du code et de l’intelligence artificielle, au sein de la nouvelle école que Microsoft a inaugurée mardi près de Paris.

« En reconversion professionnelle, éloignés de l’emploi ou décrocheurs scolaires », comme le résume Carlo Purassanta, le patron de Microsoft France, ils sont 24 à avoir intégré la première promotion d’étudiants de « l’Ecole IA Microsoft » que le géant américain a installée à son siège français d’Issy-les-Moulineaux, au sud-ouest de Paris.

Âgés de 19 à 39 ans, tous et toutes (30% sont des femmes) ont en commun un appétit pour le numérique, des connaissances de base en code et en mathématiques, et une vision de l’intelligence artificielle (IA) « au service des humains », selon l’expression du secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi.

Nisha Allavudeen, 24 ans, veut « révolutionner » l’éducation. « J’aimerais créer une IA qui s’adapterait à chaque élève et leur proposerait un soutien spécifique et une IA pour les profs, qui allègerait leur travail pour qu’ils puissent adapter leur pédagogie », explique cette jeune autodidacte en code, jusqu’ici professeur des écoles stagiaire.

Microsoft veut « démocratiser l’accès à l’intelligence artificielle », et faire en sorte que cette technologie « amène à plus d’opportunités pour toutes les personnes, pas seulement à une petite niche d’élus », affirme M. Purassanta à l’AFP.

Au terme de leur parcours, ils obtiendront des certifications sur la donnée, l’intelligence artificielle et les algorithmes d’apprentissage automatique, formant l’équivalent d’un niveau bac +3.

Julien Dhaisne est arrivé là après avoir été renvoyé de l’Ecole 42, un établissement privé qui forme des développeurs informatiques par enseignement participatif, sans professeurs, avec des promotions de près de 900 élèves.

« On apprend en demandant aux autres mais je suis assez timide », raconte ce jeune homme de 22 ans aux cheveux longs. Il accumule du retard sur les niveaux à passer et connaît un passage à vide: « je ne faisais plus grand chose, j’avais perdu ma motivation ».

« Ici on est quand même plus cadré, il y a toujours un pilier à qui tu peux poser des questions », ajoute-t-il.

– Techniciens d’intelligence artificielle –

Les étudiants ont commencé le 19 février, avec trois semaines de mise à niveau théorique. Leur parcours durera sept mois au sein du campus, puis 12 mois en alternance dans une entreprise.

L’objectif de Microsoft France: alimenter l’écosystème d’entreprises partenaires en « techniciens d’intelligence artificielle ».

« Nous aurons de plus en plus besoin » de ce type de profil, qui ne sont pas des scientifiques ou ingénieurs de haut niveau, mais connaîtront suffisamment le fonctionnement des intelligences artificielles pour participer au développement des nouvelles applications, souligne Carlo Purassanta.

En France, 200.000 postes seraient à pourvoir dans le secteur du numérique d’ici à 2022, d’après des études menées par France Stratégie et du ministère du Travail.

Google et Facebook ont eux aussi annoncé en janvier des investissements dans la formation numérique en France. Facebook a annoncé son intention de former gratuitement au numérique 65.000 personnes d’ici à la fin de l’année prochaine tandis que Google veut accueillir 100.000 personnes par an pour des formations gratuites dans quatre centres en France.

« On commence à 24 élèves, mais c’est destiné à croître dans les prochaines années », selon M. Purassanta, qui décrit l’école comme un projet « pilote en taille réelle ».

Les étudiants ont été recrutés notamment via Simplon, l’école numérique gratuite qui forme des non-diplômés, Pôle emploi et la Grande école du numérique, le réseau national de formation aux métiers du numérique.

Certains élèves ont d’ailleurs déjà suivi une formation de développeur, comme Yvette Boidi. Après un BTS informatique et maintenance en Côte d’Ivoire, elle a travaillé deux ans dans ce domaine, mais s’est retrouvée assistante maternelle en France. « Je voudrais travailler dans l’analyse de données médicales, pour faire des prédictions qui permettraient d’éviter les effets secondaires des médicaments », s’enthousiasme la doyenne de la promotion.

Un souci qui plaît à M. Mahjoubi, venu assister à l’inauguration et défend la démocratisation de l’IA: « Treize millions de français ne savent pas utiliser les outils numériques… Nous avons une mission d’expliquer sinon ça va mal se passer ».

Romandie.com avec (©AFP / 06 mars 2018 17h04)                                            

Attaques au Burkina: le président nigérien réaffirme la solidité de l’alliance avec la France

mars 5, 2018

Ouagadougou – Le président du Niger Mahamadou Issoufou a réaffirmé lundi la solidité de l’alliance des pays sahéliens avec la France contre le terrorisme, au cours d’une visite à Ouagadougou, trois jours après les attaques jihadistes qui ont frappé la capitale burkinabè.

« Je voudrais avoir une pensée pour les alliés, qui payent un lourd tribu dans ce combat que nous menons côte-à-côte contre le terrorisme et en particulier, parmi les alliés, la France, dont l’ambassade a été attaquée », a déclaré M. Issoufou, président en exercice du G5 Sahel, à l’aéroport de Ouagadougou.

Le G5 Sahel est une alliance de cinq pays (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Mali) qui est en train de mettre en place une force militaire régionale pour combattre les groupes jihadistes qui sévissent dans la zone, avec l’appui de plusieurs pays occidentaux, notamment la France, qui a mis en place sa propre force anti-jihadiste Barkhane.

« Nous savons que les terroristes et leurs complices cherchent à défaire notre alliance. On les entend souvent dire de nos alliés qu’ils sont des forces étrangères. Pour nous ce ne sont pas des forces étrangères, mais des forces alliés qui combattent pour la même cause que nous », a-t-il déclaré.

Le président nigérien et le président togolais Faure Gnassingbé ont effectué une courte visite de moins de trois heures à Ouagadougou. Avec leur homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, ils se sont rendus sur les lieux des attaques de vendredi, l’ambassade de France et l’état-major général des armées burkinabè.

Cette double attaque simultanée, sans précédent au Burkina, a fait sept morts et plus de 80 blessés parmi les forces de l’ordre, particulièrement touchées par l’explosion d’une voiture piégée dans l’enceinte de l’état-major, qui a dévasté les bâtiments.

Aucun Français n’a en été touché dans l’attaque de l’ambassade.

Neuf jihadistes ont été tués dans les attaques revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda, qui dit avoir agi « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines ».

Mahamadou Issoufou a aussi réaffirmé la « volonté commune (des pays du G5-Sahel) de continuer sans relâche, sans répit de combattre le terrorisme et le crime organisé ».

Faure Gnassingbé a insisté quant à lui sur l’importance d’une mise en action rapide de la force du G5 Sahel.

« Je reste convaincu qu’avec la détermination des uns et des autres, qu’avec la courageuse initiative du G5 Sahel, une solution définitive passe également par une rapide +opérationnalisation+ du G5 Sahel », a-t-il déclaré.

Romandie.com avec(©AFP / 05 mars 2018 14h37)                                            

Burkina-Faso/Ouagadougou: soupçons de complicités dans l’armée

mars 4, 2018

Des soldats burkinabè en faction le 3 mars 2018 devant le siège de l’état-major à Ouagadougou, au lendemain de la double attaque jihadiste / © AFP / Ahmed OUOBA

L’enquête sur la double attaque de Ouagadougou progressait dimanche: un jihadiste présumé soupçonné d’avoir joué un rôle clé était entendu par la justice du Burkina Faso qui soupçonne des complicités dans l’armée.

L’homme dont la nationalité n’a pas été révélée a été arrêté vendredi dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l’état-major des armées burkinabè et l’ambassade de France à Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Cet homme est soupçonné d’avoir participé à l’attaque de l’état-major général de l’armée, en plein centre de Ouagadougou et pourrait même être « un cerveau » de l’opération, a-t-on ajouté.

Les attaques ont fait sept morts parmi les forces de sécurité, selon un dernier bilan, et ont été revendiquées samedi soir par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda disant agir en représailles à une opération militaire française antijihadiste au Mali.

D’autres assaillants « jihadistes ont peut-être pu s’enfuir » après l’attaque de l’état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou, selon la source gouvernementale.

Les autorités ont de « très forts soupçons » qu’il y ait « des infiltrés dans l’armée » qui ont renseigné les jihadistes pour l’attaque de l’état-major, a ajouté la source burkinabè.

En effet l’explosion de la voiture piégée qui a précédé l’assaut a totalement détruit une salle de réunion, située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l’état-major de la force antijihadiste du G5 Sahel. La réunion a été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage.

– ‘Connaissance des habitudes’ de l’état major –

« Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l’état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l’état-major par son accès de service, situé au dos de l’entrée principale », avait expliqué samedi une autre source gouvernementale.

Les enquêteurs se demandent si l’attaque contre l’ambassade de France n’était pas une « diversion » avant l’attaque contre l’état-major.

Située dans la zone des ambassades, l’ambassade de France est très bien protégée. La tentative s’est d’ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n’ont pas pu pénétrer dans l’enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale.

Toutefois, dans sa revendication, le GSIM a dit avoir agi « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines »,

Le dernier bilan des attaques de vendredi fait état de sept morts parmi les forces de l’ordre burkinabè et plus de 80 blessés, ainsi que de neuf jihadistes tués, selon la première source gouvernementale.

L’un des hommes tués avait été compté à tort dans un bilan précédent parmi les forces de l’ordre parce qu’il portait un treillis militaire. Il s’agissait en réalité d’un jihadiste, dont plusieurs étaient en uniforme, a précisé cette source.

Un procureur et quatre enquêteurs français étaient attendus dimanche à Ouagadougou pour participer à l’enquête sur la double attaque de vendredi, a par ailleurs indiqué la source.

L’activité reprenait normalement dimanche dans la capitale burkinabè, mais, signe de l’extrême tension qui persiste, deux incidents armés se sont produits, dont l’un a fait un mort.

Vers 02H00 heures du matin (locales et GMT), une voiture avec trois hommes à bord a tenté sans succès de forcer un barrage dans la zone de la présidence du Burkina Faso, en périphérie de Ouagadougou, selon une deuxième source gouvernementale.

Deux hommes ont réussi à s’enfuir, le troisième a été arrêté par des membres de la sécurité présidentielle qui tenaient le barrage, à environ 1,5 kilomètre du palais présidentiel.

L’homme arrêté a été abattu deux heures plus tard après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un de ses gardiens, selon cette même source. Les forces de l’ordre ratissaient la zone dimanche.

Cet incident est apparemment sans lien avec l’attaque jihadiste, selon une source sécuritaire, car les hommes n’avaient pas d’armes.

Autre incident dimanche matin, des soldats ont effectué des tirs de sommation contre des passants qui voulaient franchir une barrière dans la zone de l’état-major, toujours totalement bouclée.

– ‘On a tous peur’ –

Le GSIM est une organisation jihadiste regroupant depuis tout juste un an plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaïda. Le nouveau groupe est dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef Ansar Dine.

Le Burkina Faso est depuis 2015 la cible d’attaques jihadistes, qui ont déjà frappé sa capitale, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau d’organisation.

Dans la population, la nervosité restait palpable dimanche.

« La paix soit au Burkina Faso. En tout cas nous les croyants, nous allons prier beaucoup pour que les terroristes ne viennent plus au Burkina Faso », a déclaré une commerçante, Suzane Kouama.

Bouri Sawadogo, étudiant, souhaite « que ça s’arrête, parce que, à l’allure ou ça va, franchement, on a tous peur ».

« Notre Etat Major, c’est le cœur de Ouagadougou, le cœur du Burkina Faso qui fut attaqué », dit-il.

Romandie.com avec(©AFP / 04 mars 2018 14h55)