Posts Tagged ‘François Compaoré’

La France autorise l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

mars 5, 2020

 

Le gouvernement français a autorisé l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, où ce frère de l’ancien président déchu est mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 d’un journaliste, a appris jeudi l’AFP auprès de Matignon. Le décret d’extradition du frère cadet de Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir fin octobre 2014, a été signé par le Premier ministre Edouard Philippe, selon cette source. Il doit encore être publié au Journal officiel.

Contacté par l’AFP, l’avocat de François Compaoré, Me Pierre-Olivier Sur, a refusé de faire tout commentaire pour l’heure. Ce décret reste susceptible d’un recours devant le Conseil d’Etat. En juin 2019, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un «non-lieu» en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de son frère, Blaise Compaoré.

Journaliste d’investigation reconnu et directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo avait été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au «pays des hommes intègres». Le journaliste, âgé de 49 ans, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina Faso.

François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport de Roissy en octobre 2017, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou. Mais à ce jour, il n’est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

«C’est un tournant décisif qui vient d’être franchi dans la quête de la justice et la manifestation de la vérité sur cette affaire qui n’a que trop durer», a réagi Guy Zongo, fils aîné de Norbert Zongo. «C’est une autre étape importante de franchie et nous nous réjouissons que cela se passe dans le bon sens et selon les accords qui existent entre les deux pays», a-t-il dit à l’AFP. «Même si ce n’est pas aujourd’hui qu’il sera extradé puisque le décret peut faire l’objet d’un recours, tôt ou tard justice sera rendue. Nous sommes sereins sur cette fin inéluctable. Nous espérons que les choses se fassent en respect des procédures et nous avons espoir de voir enfin cette extradition se faire», a-t-il conclu.

Par Le Figaro avec AFP

La Cour de cassation valide l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

juin 4, 2019

 

La Cour de cassation a validé ce mardi l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, rejetant le pourvoi déposé par le frère de l’ex-président déchu, mis en cause dans son pays dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

Pour être effective, cette extradition doit encore être autorisée par un décret du gouvernement français, lui-même susceptible d’un recours devant le Conseil de l’Etat.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Burkina Faso : la Cour de cassation française examine la demande d’extradition de François Compaoré

mai 22, 2019

François Compaoré, à Paris le 12 septembre 2017. © Vincent Fournier/JA

 

La Cour de cassation française s’est penchée mardi sur le recours de François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso, où le frère de l’ex-président est mis en cause dans l’assassinat, en 1998, du journaliste Norbert Zongo.

La plus haute juridiction judiciaire française doit se prononcer le 4 juin sur le pourvoi, à l’appui duquel la défense de François Compaoré a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur les textes régissant l’extradition.

Le 5 décembre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait autorisé son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un « non-lieu » en faveur du seul inculpé, a été rouvert après la chute de l’ex-président Blaise Compaoré, fin octobre 2014.

Alors qu’il enquêtait à l’époque sur la mort de David Ouédraogo – chauffeur de François Compaoré -, le journaliste burkinabè Norbert Zongo, 49 ans, et trois personnes qui l’accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule en décembre 1998, dans le sud du Burkina Faso.

« Vengeance »

Âgé de 64 ans, François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou. À ce jour, il n’est pas inculpé dans son pays dans cette affaire, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

Devant la Cour de cassation, l’avocat de François Compaoré, Me François-Henri Briard, a souligné le caractère « très sensible » du dossier. L’avocat a eu des mots durs : selon lui, cette affaire concerne un « pays politiquement instable », « dans lequel la justice est délabrée », a-t-il fait valoir. Ce dossier est sensible aussi du fait du nom du requérant, dont le frère s’est réfugié en Côte d’Ivoire, a plaidé l’avocat. Une « voie facile de vengeance » est de diriger « des poursuites vers le frère », a affirmé Me Briard.

Or, pour s’assurer du respect des règles du procès équitable – indispensable pour autoriser une extradition – la chambre de l’instruction ne s’est appuyée que sur des éléments fournis par les autorités burkinabè, a observé l’avocat, remettant en cause leur impartialité. C’est « un homme mort s’il rentre au Burkina Faso », a-t-il assuré.

L’avocate générale a pour sa part expliqué que le ministère de la Justice burkinabè avait « pris l’engagement que M. Compaoré bénéficierait de conditions d’incarcération très améliorées », dans l’hypothèse d’une condamnation dans son pays. Pour être effective, une extradition doit aussi être autorisée par un décret du gouvernement français.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina Faso: Roch Marc Christian Kaboré « souhaite » que la France extrade François Compaoré

novembre 5, 2017
Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à Paris le 13 avril 2017. © GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a souhaité dimanche que la justice française accepte d’extrader François Compaoré, frère de l’ancien chef de l’État, placé sous contrôle judiciaire en France dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

À quelques semaines d’une visite officielle du président Emmanuel Macron fin novembre à Ouagadougou, la première d’un chef d’État français depuis plus de vingt ans, M. Kaboré a aussi espéré que Paris lève prochainement le secret-défense sur ses archives concernant l’assassinat de Thomas Sankara en 1987.

« Pour nous et pour le peuple burkinabè, le souhait est que le tribunal (français) puisse extrader François Compaoré au Burkina Faso pour qu’il puisse répondre de ce qui lui est reproché », a déclaré M. Kaboré, lors d’une interview à Ouagadougou avec des journalistes de TV5 Monde, RFI et Le Monde.

« Je peux difficilement peser sur le dossier puisque c’est une question de justice, mais je considère que c’est déjà une grande victoire que le mandat d’arrêt ait connu son exécution sur le sol français », a ajouté le président burkinabè.

Arrêté dimanche dernier à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, François Compaoré, 63 ans, a été laissé libre mais sous contrôle judiciaire, dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition formulée dès le lendemain par le Burkina Faso.

Le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré est réclamé par la justice de son pays depuis le mois de mai, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de trois compagnons de voyage, le 13 décembre 1998.

À la question de savoir si la France pourrait refuser d’extrader M. Compaoré au Burkina Faso parce que la peine de mort y est toujours en vigueur, le chef de l’État burkinabè a estimé que « ce ne devrait pas être un grand obstacle ».

« La peine de mort, même si elle est dans nos textes, n’est pas appliquée au Burkina Faso », a argué le président Kaboré, soulignant « qu’il y a déjà plus d’une vingtaine d’années que personne n’a été exécuté ».

Trente ans après l’assassinat toujours mystérieux du père de la révolution burkinabè Thomas Sankara, lors d’un coup d’état en octobre 1987, M. Kaboré a aussi souhaité que les autorités françaises acceptent de lever le secret-défense sur leurs archives, comme l’a officiellement réclamé le juge burkinabè en charge de l’enquête.

« Je pense que ce serait une bonne chose, ce serait une preuve de bonne foi quant à la manifestation de la vérité », a-t-il jugé.

Depuis l’ouverture de l’enquête, en mars 2015, « le dossier évolue, il y a eu 17 inculpations », a souligné le président Kaboré. « Je pense que c’est un dossier qui va connaître très rapidement un dénouement ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Journaliste tué au Burkina: le frère de Compaoré arrêté en France

octobre 29, 2017

Un proche du journaliste Norbert Zongo, mort quelques jours auparavant dans des circonstances suspectes, brandit son portrait le 16 décembre 1998 à Ouagadougou / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

François Compaoré, frère de l’ancien président déchu burkinabè Blaise Compaoré, a été arrêté dimanche à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par le Burkina Faso dans l’enquête sur l’assassinat d’un journaliste en 1998, a-t-on appris de sources concordantes.

Interpellé alors qu’il arrivait d’Abidjan (Côte d’Ivoire), François Compaoré, 63 ans, s’est vu notifier ce mandat d’arrêt, selon une source aéroportuaire et son avocat, confirmant une information de Jeune Afrique. Il se trouvait dimanche dans les locaux de la police aux frontières et doit être présenté à la justice « sous 48 heures », a déclaré Me Pierre-Olivier Sur.

Romandie.com avec(©AFP / 29 octobre 2017 15h14)                

Burkina Faso: mandat d’arrêt international contre François Compaoré dans l’affaire Zongo

juillet 29, 2017
François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © Ahmed Ouaba/AFP

La justice burkinabè a lancé un mandat d’arrêt international contre François, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en décembre 1998, a appris vendredi l’AFP auprès de l’avocat de la famille Zongo.

« Je confirme, le mandat d’arrêt a été lancé le 5 mai 2017 suite aux réquisitions du parquet », a déclaré à l’AFP un des avocats de la famille de Norbert Zongo, Me Bénéwendé Sankara, confirmant une information révélée par un journal d’investigations, Le courrier confidentiel.

M. François Compaoré, un des personnages les plus impopulaires des 27 ans du régime Compaoré, est poursuivi pour « incitation à assassinats », a ajouté l’avocat, précisant qu’ »il y a eu quatre crimes », l’assassinat de Zongo et de trois compagnons.

Journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’indépendant, Norbert Zongo et trois de ses compagnons ont été retrouvés morts carbonisés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 dans le sud du Burkina.

L’affaire Zongo et le « petit président »

Auteur de plusieurs enquêtes retentissantes démontrant la mauvaise gouvernance sous le régime du président Compaoré, M. Zongo travaillait au moment de son assassinat sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet et conseiller économique du président Compaoré surnommé le « petit président ».

François Compaoré, personnage très influent du régime déchu, un temps inculpé de « meurtre et recel de cadavre » après la mort de son chauffeur, n’a jamais été inquiété dans le dossier Zongo.

Il s’est enfui du pays lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et a obtenu en même temps que Blaise Compaoré la nationalité ivoirienne.

« Tout comme pour Blaise Compaoré, aucun n’est au-dessus de la loi, quelle que soit sa nationalité. Si tu as commis un crime, on doit te juger », a estimé Me Sankara, espérant que « la Côte d’Ivoire n’est pas le berceau de l’impunité ».

« La Côte d’Ivoire ne livre pas ses nationaux, mais elle a l’obligation de coopérer. Donc, je ne me fais pas de soucis quant au respect de ses engagements internationaux par la Côte d’Ivoire ».

Longtemps laissé dans les tiroirs, le dossier Norbert Zongo a été rouvert à la faveur de la chute de M. Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

En décembre 2015, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de M. Compaoré – dissoute après sa tentative de coup d’Etat mi-septembre 2015 – ont été inculpés par la justice.

Le mandat d’arrêt lancé par la justice burkinabè contre Blaise Compaoré et sa présence à Abidjan avaient envenimé les relations entre les deux voisins avant un réchauffement en 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

Bénin : un réfugié burkinabè nommé François Compaoré

décembre 16, 2014

François Compaoré est le petit frère de Blaise.
François Compaoré est le petit frère de Blaise. © AFP

Disparu de la circulation depuis la démission de son frère Blaise, le 31 octobre dernier, François Compaoré a refait surface. « Jeune Afrique » a retrouvé sa trace… près de Cotonou, au Bénin.

On était sans nouvelles de lui depuis la chute de Blaise, son frère aîné. François Compaoré était tout bonnement réfugié à Cotonou. Parti de Ouagadougou le 31 octobre dans l’imposant convoi où avaient pris place l’ancien président et ses proches, il a gagné le Bénin en compagnie de Salah, son épouse, et d’Alizéta Ouédraogo, sa belle-mère, tandis que Blaise et Chantal étaient exfiltrés vers la Côte d’Ivoire avec le concours de militaires français.

Joint par Jeune Afrique, François Compaoré affirme être en bonne santé et avoir régulièrement des nouvelles de son grand frère, récemment rentré en Côte d’Ivoire. Il vit dans une maison sécurisée par les forces de l’ordre béninoises à l’extérieur de Cotonou – où il se rend quand même de temps en temps. Alizéta Ouédraogo est aujourd’hui établie à Paris, tandis que Salah fait la navette entre la France et le Bénin, auprès de son mari.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina Faso : le lieutenant-colonel Zida limoge le patron de la société publique d’électricité

novembre 17, 2014

Le lieutenant-colonel Zida le 16 novembre 2014 à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Le lieutenant-colonel Zida le 16 novembre 2014 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © AFP

Jean Christophe Ilboudo, un proche de François Compaoré, a été démis lundi de ses fonctions de directeur général de la Société nationale burkinabè d’électricité (Sonabel, publique) par le lieutenant-colonel Yacouba Zida.

C’est une décision qui ne manquera pas d’alimenter le débat sur le positionnement du lieutenant-colonel Yacouba Zida. Celui qui dirigera le Burkina Faso jusqu’à l’intronisation officielle de son successeur, le civil Michel Kafando, a limogé lundi 17 novembre, par décret, Jean Christophe Ilboudo, le directeur général de la Société nationale burkinabè d’électricité (Sonabel, publique).

Aucune raison officielle n’a été avancée pour ce limogeage.

Nommé le 2 juillet, Jean Christophe Ilboudo, auparavant maire-adjoint de Ouagadougou, est un proche de François Compaoré, frère cadet de l’ancien président.

Il était également secrétaire permanent des Engagements nationaux, un vaste programme politique de Blaise Compaoré, dont les financements proviennent du gouvernement et de Taïwan, pays avec lequel le Burkina Faso est un des rares États africain à entretenir encore des relations diplomatiques.

Dimanche, une coupure d’électricité était survenue peu avant le démarrage des travaux du Comité de désignation du président de la transition.

Selon des sources proches du dossier, Ilboudo s’est rendu dernièrement au Bénin, où résident des dignitaires du régime déchu, parmi lesquels François Compaoré, l’ex-ministre des Mines et de l’Energie, Salif Lamoussa Kaboré, ou encore l’ancien ministre des Finances Lucien Marie Noël Bembamba, beau-frère des Compaoré.

Jeuneafrique.com  avec AFP

A Ouagadougou, foire aux documents volés chez François Compaoré, le « petit président »

novembre 7, 2014

 

A Ouagadougou, foire aux documents volés chez François Compaoré, le 'petit président'
A Ouagadougou, foire aux documents volés chez François Compaoré, le « petit président » © AFP

« La liste noire! », « les documents complets! »: devant la maison saccagée de François Compaoré, les vendeurs à la criée prétendent dévoiler tous les secrets du frère du président burkinabè déchu, qui cristallise l’hostilité contre l’ancien régime.

Les Ouagalais sur leurs petites motos, le moyen de transport le plus populaire au Burkina Faso, sont hélés et presque arrachés de leurs selles par de jeunes hommes, liasses de photocopies en main, à proximité du bâtiment.

Depuis une semaine, la demeure de François Compaoré à Ouagadougou est devenue le symbole de la chute du régime de son frère Blaise, poussé à la démission par la rue après 27 années de règne.

« C’était un homme omniprésent, omnipotent, qui pesait sur l’administration, le monde des affaires, l’armée. C’était vraiment un petit président », explique Chrysogome Zougmaré, le président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples.

Sa luxueuse maison en attestait. Œuvre des pillards, jour après jour, les vestiges de la munificence des lieux disparaissent.

La grande piscine située à l’étage, dans laquelle étaient venus barboter les enfants pauvres du quartier après la fuite du propriétaire, a été vidée. Gisent désormais au fond du bassin des tonnes de gravats. . . et une cabine de douche.

« J’ai appris qu’il y avait dedans trois lingots d’or, que deux ont été ramassés mais qu’il en restait un. Je suis rentrée dans la piscine pour voir », explique Jessica Ouédraogo, 23 ans, qui se fait photographier par une amie dans le fond du bassin.

« Mais il n’y en avait pas. Certains sont venus avant moi », regrette-t-elle, promettant tout de même de poster les clichés pris sur sa page Facebook, pour que ses amis « togolais, gabonais, ivoiriens » puissent admirer la « victoire » du peuple.

Les coups redoublent derrière elle. Les pillards, qui ont déjà pris tout ce qu’il était imaginable de dérober, jusqu’aux prises de courant, s’attaquent désormais aux carrelages des salles de bain et aux encadrements des portes.

« C’est ce qu’ils nous ont volé pendant 27 ans que nous sommes venus récupérer », se justifie Georges, 23 ans, tout en tirant des fils électriques.

Des saignées sont faites dans les murs pour récupérer des câbles en cuivre. Des centaines de badauds, entre lesquels se glissent de petits commerçants, marchandises sur la tête, assistent à la scène.

A l’extérieur, deux hommes amassent les tommettes qui pavent l’extérieur de la maison, gênant quelque peu les vendeurs de documents, les héros de lieux. Grâce à eux, Ouagadougou fourmille d’archives extraites de la maison, assurent-ils.

– ‘Confidentiel’ –

« Tout a été trouvé chez François. Nous faisons des copies que nous revendons pour que la population apprenne la vérité sur certaines affaires non élucidées », affirme Ali Sawadogo, qui dit vendre 500 francs CFA (env 80 centimes d’euro) un « dossier complet ».

Dans le précieux « dossier », des extraits bancaires d’un compte de François Compaoré approvisionné à hauteur de 88 millions de francs CFA (env 135. 000 euros), l’extrait de naissance de son frère Blaise, ou encore des bulletins de paie de sa femme Salah.

Mais l’on peut surtout lire un procès-verbal de gendarmerie ou encore une note tamponnée « Confidentiel » des services de renseignement pour deux dossiers qui lui ont empoisonné l’existence, les affaires David Ouédraogo et Norbert Zongo.

François Compaoré fut un temps inculpé de « meurtre et recel de cadavre » dans le cadre de la mort en 1998 de David Ouédraogo, son chauffeur personnel, avant que les poursuites ne s’arrêtent.

Les avocats de la famille de Norbert Zongo accusent par ailleurs le frère de l’ex-président d’être impliqué dans l’assassinat de ce journaliste, dont la dépouille a été retrouvée calcinée dans sa voiture avec celle de trois compagnons, alors qu’il enquêtait sur le cas Ouédraogo.

Les manifestations qui suivirent le meurtre de Norbert Zongo secouèrent violemment l’Etat burkinabè.

Des bordereaux de paiement puisés dans la masse de document paraissent indiquer que François Compaoré a payé les frais d’avocat de l’adjudant Marcel Kafando, ex-chef de la garde rapprochée du président burkinabè, seul inculpé dans l’affaire Zongo avant de bénéficier d’un non-lieu.

Interrogé par l’AFP, l’avocat concerné, Abdoul Ouédraogo indique « ne pas avoir souvenance » d’un tel élément datant d’il y a 13 ans. « J’ai dû défendre 10. 000 autres affaires depuis lors », assure-t-il.

« Le problème majeur de ces pièces est leur authenticité », observe Me Prosper Farama, l’un des avocats de la famille Zongo, pour qui certains documents paraissent « farfelus », alors que d’autres semblent « assez vraisemblables ».

Des questions de « procédure » sont également soulevées. « Si ces découvertes avaient été faites par un officier de police judiciaire » plutôt que par des « badauds », « cela aurait été un vrai trésor », soupire-t-il.

De tels « faisceaux d’indice » devrait toutefois permettre de « demander la réouverture » des dossiers, plaide Me Farama.

La société civile a lancé un appel à la population pour qu’il rende les originaux des documents.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina-Faso dans la tourmente dérapante de la révision de la constitution

octobre 30, 2014
Un manifestant tué à balles réelles le 30octobre 2014, à Ouagadougou

Un manifestant tué à balles réelles, le 30octobre 2014, à Ouagadougou

Le rendez-vous de la révision de la constitution à l’hémicycle a accouché d’une souris. L’Assemblée nationale a été prise d’assaut par des manifestants qui sont partis de tous les arrondissements de Ouagadougou pour exprimer le ras-le-bol de 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré, qui veut solliciter une rallonge de mandat présidentiel.

Dans l’entêtement politique, à vouloir contourner le referendum au prix d’un vote de confiance de la majorité, le feu vert n’as pas été franchi quand tout a vite changé dans la matinée.

Après le feu qui a brûlé à l’Assemblée où les députés étaient coincés, toutes tendances confondues, entraînant le pillage et le feu aux voitures en stationnement dans l’air de l’Assemblée. Ce sont les domiciles de nombreux dirigeants proches du pouvoir qui ont été saccagés et brûlés.

Les domiciles de François Compaoré, frère cadet de Blaise Compaoré et de Djamila Compaoré fille du président ont été saccagés par les manifestants ainsi que celui de Paramanga Ynli, président du Conseil économique. Quant à celui de Gilbert Noël Ouédraogo, il a aussi cramé.

Dans cette spirale de la colère du peuple, les résidences de Soungalo Apollinaire, président de l’Assemblée nationale et de Moussa Ouattara, ministre de l’enseignement secondaire et supérieur ont été saccagées.

La mairie et le siège du parti au pouvoir ont été incendiés à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays.

Dans cette escalade de la violence et la peur qui habite de nombreux proches du président, ils cherchent maintenant un abri sûr. C’est ainsi que François Compaoré, le frère du président du Faso, voulant sortir du pays, a été arrêté à l’aéroport.

L’aéroport a été fermé. Tous les vols au départ ou à l’arrivée de la capitale burkina sont annulés. Les combats se poursuivent devant le palais présidentiel. La diffusion des programmes de RFI et de la radio nationale en FM a été interrompue à Ouagadougou.

Blaise Compaoré, âgé aujourd’hui de 63 ans, arrive, par un coup d’état sanglant à36 ans, en 1987, à la mort de Thomas Sankara. Il roule joyeusement sa bosse entre deux septennats allant de 1992 à 1998 puis de 1998 à 2005. Insouciant de ne pouvoir laisser le pouvoir à d’autres, il révise la constitution et revient au quinquennat qu’il doit terminer en 2015. Il prend le goût de gesticuler et de rouler les Burkinabé dans la farine.

Par le jeu d’une ruse politique avec des gants diplomatiques, il veut tordre le cou à l’article 37 de la constitution rédigée en 2000 pour faire sauter les verrous de la limitation de deux mandats du fameux quinquennat taillé pourtant à sa mesure.

Il se frotte les mains et croit avoir le peuple burkinabé qui veut en découdre définitivement avec lui pour le moudre dans la farine du mil et du sorgho.

Bernard NKOUNKOU