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Prix des cinq continents de la francophonie : plus de cent romans soumis à la lecture

septembre 16, 2021

Le livre de Paule Baillargeon « Une mère suivi de trente tableaux » fait partie des ouvrages présentés à l’étape de lecture pour le concours du Prix des cinq continents dont la cérémonie de remise du prix se tiendra dans la semaine de la francophonie, qui sera célébrée le 20 mars 2022.

 

La couverture de l’ouvrage « Une mère suivi de trente tableaux »

Le prix est ouvert aux textes de fiction narratifs (roman, récit et recueil de nouvelles) publiés annuellement. Celui-ci accueille tout auteur d’expression française quelle que soit sa maturité littéraire. « Une mère suivi de trente tableaux » est une œuvre autobiographique de l’auteure dans laquelle elle raconte des moments forts de son existence. Ce livre est, en effet, le récit d’une relation douloureuse avec une femme difficile qui n’était pas disponible pour ses enfants. Une relation qui a terriblement marqué Paule, et qu’elle raconte dans son ouvrage dramatique. A travers ses trente tableaux s’entremêlent la colère et l’indignation.

En effet, Paule Baillargeon a grandi étouffée par une mère rigide; donc elle n’a pas bénéficié de l’affection maternelle. Elle a vécu dans son corps cet abandon maternel. Sa mère n’a jamais consacré son temps, ni son attention à son égard. Ce passé irrésolu gruge son corps comme une maladie. « Je n’ai aucun souvenir d’avoir été dans les bras de ma mère à aucun moment de ma vie. Elle faisait ce qu’il fallait : les repas, tenir la maison, etc. Mais elle ne nous voyait pas », a -t-elle fait savoir à la page 14 .

La méchanceté de sa mère la pousse à la détester mais, elle n’y arrive pas. « Mon problème, c’est que je voudrais détester pleinement ma mère, elle qui m’a fait tant de mal, et parfois j’y arrive vraiment, et alors cela me rend joyeuse et claire, comme le ciel bleu acier d’un hiver cinglant, je la déteste et c’est tout, je peux vivre ma vie. Mais ça ne dure jamais longtemps, toujours la culpabilité revient, et l’incertitude aussi, était-elle vraiment méchante ? », interroge-t-elle à la quatrième de couverture.

La sélection aura lieu le 21 octobre 2021. Les comités de lecture, composés de l’association Culture elongo (Brazzaville, Congo), le collectif d’écrivains de Lanaudière (Québec, Canada-Québec), l’association des écrivains du Sénégal (Dakar, Sénégal), l’association Passa Porta Fr (Bruxelles, Belgique) et l’association du Prix du Jeune écrivain (Muret, France) choisiront au cours d’une réunion les dix œuvres finalistes.

Le Prix des cinq continents de la Francophonie est un projet conçu et porté par l’Organisation internationale de la francophonie. Il permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène littéraire internationale comme auprès du grand public.

L’ecrivaine québécoise, Paule Baillargeon, est aussi actrice, cinéaste et peintre. Elle est auteure de plusieurs ouvrages.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

Prix des 5 continents de la Francophonie 2020 : la délibération prévue le 27 janvier

janvier 23, 2021

Pour des raisons sanitaires liées à la pandémie de covid-19, la délibération du jury international du Prix des 5 continents de la Francophonie prévue en décembre dernier a dû faire l’objet d’un report. Elle aura finalement lieu le 27 janvier.

Les dix romans finalistes du Prix des 5 continents de la francophonie 2020/DR

« Comme vous le savez, la délibération du jury de l’édition 2020 du prix n’a pas pu se tenir en décembre dernier. Cette dernière est fixée au 27 janvier prochain où les membres du jury international se réuniront dès 14 h 00 pour choisir le ou la lauréat (e) ainsi que la mention spéciale de l’édition 2020. Nous espérons porter le lancement de l’appel aux éditeurs de l’édition 2021 dans le courant de la seconde quinzaine de février prochain. Que le meilleur gagne ! », détaille un communiqué dudit concours.   

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des 5 continents récompense chaque année un texte de fiction narratif (roman, récit et recueil de nouvelles) original d’expression française. A l’occasion de la 19e édition, dix textes, parmi les cent trente-deux œuvres en lice, représentant huit pays avaient été présélectionnés par les représentants des cinq comités de lecture réunis à distance en octobre dernier.

De l’avis des comités, ressortent de cette sélection 2020 les thématiques du vécu migratoire, des récits marqués par un retour sur des passés occultés et du travail de la mémoire qui déterminent les identités. Les comités ont aussi constaté la prépondérance de textes de qualité signés par des écrivaines et la présence de plusieurs premiers romans. « Au niveau du Congo-Brazzaville, j’encourage les maisons d’éditions à s’intéresser et à postuler davantage aux appels à candidatures lancés dans le cadre du Prix des 5 continents », a déclaré Emilie Moundako Eyala, membre de l’association Culture elongo, qui fait partie des cinq comités de sélection du prix.

Doté d’un montant de 15000 euros, pour le lauréat et de 5000 euros pour la mention spéciale, le Prix des cinq continents de la Francophonie permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène internationale.

Présidé par Paula Jacques (Egypte-France), le jury est composé de : Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice), Prix Nobel de littérature, René de Obaldia de l’Académie française (Hong Kong), Lise Bissonnette (Canada-Québec), Ananda Devi (Maurice), Hubert Haddad (France-Tunisie), Monique Ilboudo (Burkina Faso), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Lyonel Trouillot (Haïti), Abdourahman Waberi (Djibouti), Jun Xu (Chine), Gilles Jobidon (Canada-Québec), et enfin Liliana Lazar (Roumanie) ainsi que Wilfried N’Sondé (Congo-Brazzaville), respectivement lauréats du prix en 2010 et en 2007, qui rejoignent le jury du prix à sa 19e édition.

Notons que la cérémonie officielle de remise du prix se déroulera dans le cadre du mois de la Francophonie, en mars prochain.

Avec adiac-Congo par Merveille Jessica Atipo

Congo/Célébration : la francophonie fête ses 50 ans le 20 mars prochain

mars 11, 2020

 

A dix jours de la célébration du cinquantenaire de la francophonie, la directrice de l’Institut français du Congo à Brazzaville, le directeur de la francophonie, la comédienne malienne et l’attaché de coopération à l’ambassade de France au Congo ont parlé, au cours d’une conférence de presse, tenue le 10 mars, du programme des activités ainsi que de l’historique de l’OIF.

 

 

Durant tout le mois de mars, le public brazzavillois aura droit aux douze évènements, notamment des spectacles, des concerts, du théâtre, de la comédie, des rencontres littéraires, projections, conférences et ateliers ; des journées portes ouvertes du département cours et certifications, le jeu concours « La chasse au trésor francophone de Brazzaville ».

La conférence sur « Histoire, enjeux et perspectives » sera animée par le vice-doyen de la Faculté des lettres, Arts et Sciences Humaines, Omer Massoumou, avec la participation des ambassadeurs de plusieurs pays francophones et du directeur général de la francophonie, le 24 mars à 10 heures.

A l’ouverture un focus culture sur l’action de l’OIF au Congo, avec les témoignages des lauréats congolais des derniers jeux de la francophonie, la clôture de ces 50 ans se fera avec le festival international des littératures et  arts francophones (Filaf).

La comédienne et bloggeuse malienne, Alima Togola, est en tournée qui lui a été accordée par l’Institut français de Paris, elle animera, le mercredi 11 mars, l’atelier blog, l’artiste livrera aussi un spectacle le jeudi 12 mars à 18 heures sur « Djon Be Sini Don ? » qui signifie en bambara : « qui connait l’avenir ? » Alima Togola parle de la condition féminine, tout en dénonçant les oppressions que subissent les femmes.

A partir de son expérience sur les réseaux sociaux, la bloggeuse anime un atelier sur le thème : « Au-delà des simples selfies, comment faire vivre une page personnelle et créer des vidéos originales avec son smartphone ».

Pour le directeur de la francophonie, correspondant national auprès de l’OIF, Jean Michel a fait l’historique de l’OIF, il a fait savoir que le concept de la francophonie remonte à 1880. C’est un géographe français, Onésime Reclus, qui fut le premier à faire usage de ce concept.

En 1998, l’ACCT a été remplacé par l’Agence inter gouvernementale de la francophonie (AIF). En 2002, on parle de l’OIF. La francophonie est l’ensemble des pays qui font usage de la langue française, elle regroupe 88 Etats parmi lesquels il y a également des pays non colonisés par la France.

 

Avec Adiac-congo.com par Rosalie Bindika

Francophonie: Le Pen et Mélenchon dénoncent le soutien français à la candidate rwandaise

octobre 11, 2018

Paris – L’extrême droite et l’extrême gauche françaises ont critiqué mercredi le soutien apporté par la France à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« Je suis indignée que la France puisse soutenir une ministre de Kagame (le président du Rwanda, NDLR) qui est violemment anti-française, d’un pays qui a choisi de faire de l’anglais sa langue d’enseignement, sa langue d’administration, qui a tourné le dos au français », a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Mme Mushikiwabo, « de surcroît, a sur la France, des propos qui sont presque insultants », a affirmé la finaliste de la dernière élection présidentielle, sans préciser à quelles déclarations elle faisait référence.

« Que le président de la République puisse soutenir cette candidature, c’est absolument incompréhensible », a ajouté la dirigeante d’extrême droite.

Le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était « l’ennemi de la francophonie » en soutenant la candidate d’un Rwanda « grossièrement anglophile ».

« Macron se fait l’ennemi de la francophonie. Il montre sa fascination morbide pour la langue du libéralisme et des États-Unis », a affirmé le député d’extrême gauche dans un communiqué.

Mme Mushikiwabo est l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, « c’est-à-dire une membre du régime dictatorial de Paul Kagame (…) au pouvoir depuis 18 ans », a ajouté l’ex-candidat à l’élection présidentielle française.

La France a décidé de soutenir la candidature de la ministre rwandaise, geste de réchauffement dans les relations tendues entre Paris et Kigali, près d’un quart de siècle après le guerre au Rwanda et le génocide.

Le président Kagame, dirigeant du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été un acteur des tueries, ce que Paris a toujours fermement démenti.

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan en Arménie, devrait nommer à sa tête cette diplomate rwandaise de 57 ans, consacrant ainsi la victoire d’une candidature africaine face à la sortante canadienne Michaëlle Jean. Avant Mme Jean, les deux précédents dirigeants de la Francophonie étaient africains. Le continent est le principal vivier de locuteurs francophones au monde.

M. Kagame, président en exercice de l’Union africaine, a jeté tout son poids derrière la candidature de Mme Mushikiwabo, qui a suscité des réserves, son pays étant dénoncé par certaines ONG pour des violations des droits de l’homme.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h07)                               

Francophonie: critiquée sur les droits de l’Homme, l’Arabie saoudite retire sa candidature

octobre 11, 2018

Erevan – L’Arabie saoudite a retiré sa demande d’adhésion à la Francophonie après avoir suscité une levée de boucliers, accusée notamment de violations des droits de l’Homme, a annoncé jeudi l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’OIF devait étudier la candidature saoudienne jeudi après-midi, en pleines interrogations sur la disparition mystérieuse en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi très critique envers le pouvoir saoudien.

Le royaume a fait parvenir un courrier à l’OIF, au premier jour de son sommet à Erevan, demandant « le report » de la demande d’adhésion, a indiqué à l’AFP Bertin Leblanc, porte-parole du secrétariat de cette organisation.

Cette demande d’adhésion, en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la Francophonie, visant le rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française mais également ses violations répétées des droits de l’Homme, selon des ONG.

L’OIF réunit 84 Etats et gouvernements « ayant le français en partage » mais qui comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2% de francophones), l’Egypte ou la Bulgarie (3% chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay ne comptent eux que 0,1% de locuteurs français chacun mais ils ne sont que pays « observateurs ». Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

Les Emirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est « membre associé », un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote.

La candidature saoudienne avait déjà été déposée en 2016, mais l’OIF, déjà embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté ce jeudi après-midi par l’OIF.

La candidature était soutenue par le Maroc et le Sénégal notamment, mais combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Ryad a été expulsé début août après l’envoi d’un tweet du ministère canadien des Affaires étrangères appelant l’Arabie à remettre en liberté des militants des droits de l’Homme récemment arrêtés.

Après le retrait de l’Arabie saoudite, il reste à l’OIF à étudier les autres demandes d’adhésion: l’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12% et 13% de francophones, selon l’OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré de pays francophones, et enfin la Louisiane.

L’Etat américain, qui porte le nom de l’immense colonie française qui s’étendait des Etats-Unis au Canada, compte 200.000 francophones selon un recensement de l’an 2000, sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de « cajuns », ces descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui avaient été chassés par les Anglais en 1755 lors du « Grand Dérangement ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h25)                                                        

Francophonie: le français ne pétille plus autant dans la « Bulle » européenne

mars 18, 2018

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 14 mars 2018 / © AFP / EMMANUEL DUNAND

« Posez-moi si possible une question en français, sinon je cours le risque d’être critiqué », réclamait récemment Bruno Le Maire, dans un anglais impeccable, lors d’une conférence de presse aux côtés d’industriels de l’acier européens à Bruxelles.

Une seule main s’est alors levée, et le journaliste a interrogé le ministre français de l’Économie en… anglais.

Car si la perspective du Brexit a pu faire croire à un affaiblissement de la langue de Shakespeare, ou plutôt du « globish » qui tient lieu désormais de lingua franca, au sein des institutions de l’UE, force est de déchanter.

« Ces 20 dernières années, l’anglais est devenu complètement dominant. De toute façon, le français ne va pas remplacer l’anglais », assure Nicolas Veyron, un économiste de la place de Bruxelles qui, bien que Français, passe le plus clair de son temps à parler anglais.

Le temps paraît loin, en effet, quand la « Bulle » européenne – le milieu des eurocrates et les médias internationaux qui couvrent l’actualité de l’UE – résonnait français dans les couloirs.

« Le recul du français est une Bérézina », estime Jean Quatremer, le correspondant de Libération, vétéran de toutes les batailles bruxelloises depuis 1990.

« Si le français a reculé aussi rapidement, c’est parce que dans les institutions, le fonctionnaire européen français est tellement fier de montrer qu’il parle anglais qu’il en oublie de défendre sa langue », accuse ce militant assidu de la francophonie.

Rêve utopique

« Il y a eu une époque où tout le monde, commissaires, porte-paroles, journalistes, parlait le français à Bruxelles. Même Boris Johnson », l’actuel chef de la diplomatie britannique, alors correspondant du Daily Telegraph, témoigne son collègue Christian Spillmann, de l’AFP, dont le premier séjour bruxellois remonte à 1991.

« Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le français n’est plus une obligation pour les nominations. Plusieurs commissaires ne le parlent pas et les correspondants de nombreux grands médias ne le comprennent pas », observe-t-il.

Le grand chamboulement est survenu à partir de 2004 lorsque l’Union européenne s’est élargie aux nations de l’ancien Pacte de Varsovie.

« On a vu arriver tous ces nouveaux visages. Personne ne parlait français », se souvient Karen Massin, une lobbyiste française, qui a débuté sa carrière dans la fonction publique européenne à ce moment là. « Ce fut le véritable virage et le monde professionnel de l’UE a totalement basculé dans l’anglais », raconte-t-elle.

« Pour moi, militer pour la francophonie revient à revivre un beau rêve du passé. Tout comme le Commonwealth, c’est une belle idée mais utopique », opine la lobbyiste.

Mardi, le président Emmanuel Macron doit pourtant annoncer un « plan d’ensemble pour le français et le plurilinguisme » à l’occasion de la Journée annuelle de la Francophonie.

Anglais abâtardi

La langue française n’a pas disparu du quartier Schuman, siège de la Commission, du Conseil et du Parlement européens, au coeur de la capitale (très majoritairement francophone) de la Belgique.

Au moins 80% des quelques 30.000 fonctionnaires européens parlent le français comme leur première, deuxième ou troisième langue, souligne-t-on à la Commission.

C’est la deuxième langue la plus usitée au Berlaymont, le bâtiment de l’exécutif européen, alors que l’UE compte 24 langues officielles.

Et le patron de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, de double culture franco-allemande, se plaît à discourir dans la langue de Molière en public.

« J’ai toujours été surpris par une chose. Lorsque je reçois quelqu’un qui vient d’un pays francophone, on me parle toujours anglais. C’est la mode d’aujourd’hui. Moi, personnellement, j’aime le français », avouait-il devant le Parlement de Roumanie (pays membre de la francophonie) en mai 2017.

Si le français n’est plus indispensable, admet Nicolas Veyron, s’en servir « enrichit la conversation et apporte du sens supplémentaire, de la nuance à la discussion ».

Certes, relève une ex-fonctionnaire européenne, redevenue diplomate pour son pays, mais « la vraie différence est que les textes juridiques sont maintenant presque tous en anglais ». Et de s’en féliciter.

Attention aux « catastrophes », réplique Jean Quatremer qui fustige « l’anglais abâtardi » prévalant dans les salles de presse et au sein des institutions.

« Il suffit d’une personne qui ne parle pas francais pour que tout le monde par courtoisie passe à l’anglais », constate-t-il. « Mais quand on rédige un texte juridique entre des gens dont aucun ne parle l’anglais à la maison, comment croyez-vous que ces gens vont négocier avec la précision nécessaire des mots ? »

Romandie.com avec(©AFP / 18 mars 2018 17h29)                

« Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »

février 4, 2018

 

Le doctorant Bertrand Ollivier déplore le refus de l’écrivain de participer aux travaux sur la langue française

L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, à Paris, le 6 juillet 2015. Crédits : JOËL SAGET/AFP

Tribune. Cher Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel. En amoureux des mots, d’où qu’ils viennent, et en admirateur de votre prose, j’ai sincèrement regretté que vous refusiez de participer aux travaux de réflexion sur la langue française auxquels le président Macron vous avait invité. Je l’ai d’autant plus regretté que je vous suis un fidèle lecteur et que je partage un grand nombre de vos opinions.

Alors, certes, c’est votre droit le plus entier. Mais laissez-moi déplorer que vous n’ayez pas daigné quitter votre soleil californien pour faire valoir vos pensées et vos réflexions de manière plus étayée, en terre francophone, au service du riche et fort estimable débat que vous auriez pu initier à cette occasion.

Pour justifier votre décision, dans la lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée le 15 janvier sur le site de L’Obs, vous accusez insidieusement le président français d’observer un silence complice vis-à-vis des manquements aux rappels démocratiques que se devrait de formuler l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l’encontre de quelques pays africains. Vous reprochez en quelque sorte à un jeune président élu de ne pas s’immiscer dans la conduite des décisions d’une organisation internationale indépendante forte de 84 Etats membres. N’est-ce pas, pourtant, ce que les farouches dénonciateurs de la Françafrique attendent ? Vous-même indiquez que « la Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies ».

Trouver un consensus

Vos propos sont la dernière preuve, s’il en était besoin, que le président français – qu’il s’exprime dans un cadre bilatéral ou sous couvert du multilatéralisme de la francophonie – ne dispose que d’une très faible marge de critique avant de se voir affublé d’une étiquette néocoloniale qui nuirait à l’ensemble de ses rapports avec les pays d’Afrique et, par ricochet, à la langue française, celle-là même que vous portez si haut. Vous mettez également en cause les accointances de la Francophonie institutionnelle avec quelques despotes africains.

De la sorte, vous mésestimez les avancées en matière de démocratisation des régimes depuis la signature des déclarations de Bamako (2000) et de Saint-Boniface (2006). Certes, les progrès sont lents, trop lents, comme toujours avec les organisations intergouvernementales. Mais comment ne pourraient-ils pas l’être lorsqu’il s’agit de trouver un consensus commun en matière démocratique entre le Canada, la République démocratique du Congo, le Cambodge et des dizaines d’Etat aux cultures antagonistes dans le respect de leurs souverainetés propres ?

Paradoxalement, vos propos prêtent à l’OIF des pouvoirs et une influence dont, par nature, elle ne dispose pas. En revanche, ils soulèvent bien la question lancinante des limites de l’universalité pour une telle organisation. Au nom de la langue française, vous appelez le président Macron à lancer des appels à la liberté aux jeunes Africains. Mais la France, éprise de son universalisme, drapée dans le linceul de sa liberté, forte de son arrogance, n’a que trop cherché à diffuser ses valeurs au sein de pays n’ayant ni son histoire, ni sa culture, ni ses ressources, au nom de principes moraux qu’elle qualifiait d’intangibles.

A l’heure où des exemples récents nous montrent que de simples changements de dirigeants ne constituent en rien la garantie d’une démocratisation des régimes, comment le président Macron pourrait-il se hasarder à lancer des appels aveugles au changement de régime qui pourrait avoir un arrière-goût d’anarchie, ou pire, comme en Libye ? Ces changements de régime, qui s’imposent de toute évidence dans certains pays, doivent résulter de mouvements populaires et massifs, à l’instar de celui qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir burkinabé en 2014, et en aucun cas d’appels extérieurs.

Un levier du multilinguisme

Mais vous me conduisez, Monsieur Mabanckou, sur des terrains glissants j’en conviens. Je voulais simplement vous parler de la langue française. En usant d’un prétexte politique pour refuser de contribuer aux réflexions engagées, vous détournez l’objet même de la francophonie – celui de notre langue dont il nous faut repenser le lien – pour un combat personnel à l’égard de quelques potentats que le temps et les sociétés civiles se chargeront de remplacer bien plus vite que ne pourraient le faire quelques valeureux communiqués de la Francophonie ou de l’Elysée.

Pourquoi ne pas tenter de dépassionner les débats politiques autour de cette langue. Certes, j’entends Alexandre Najjar lorsqu’il dit que « le culturel devient fatalement politique », mais tâchons collectivement de faire du français l’arène d’un dialogue interculturel apaisé, un contrepoids face à la globalisation dévorante, un levier du multilinguisme, un outil de compréhension des cultures africaines, arabes, berbères, nord-américaines, océaniques et européennes. Etendons l’art de la palabre en Europe et développons la parenté à plaisanterie dans le Maghreb. Comme le dit Leïla Sebbar, « une famille politique, c’est quoi, lorsque la famille naturelle, côté père, côté mère, est à ce point oubliée dans la parole quotidienne ? ». Le quotidien francophone, ses usages et ses expressions, ses pratiques et ses évolutions à travers les cinq continents, voilà la source d’un projet francophone porteur auquel vous pourriez insuffler mille idées.

Il est certes fort louable que votre décision s’inscrive en solidarité avec les jeunesses de pays africains en mal d’élections. Mais, malheureusement, en agissant ainsi, c’est l’ensemble de la communauté francophone mondiale que vous privez de vos lumières. C’est la place du précieux fil noir qui relie le roman francophone à ses histoires et racines multiples que vous amenuisez. C’est la parole de tous ces formidables auteurs nés hors de France, injustement méconnus, que vous n’amplifiez pas. C’est, finalement, cet imaginaire monde dont vous parlez, si vaste, si riche, fertile terrain de la nécessaire fusion des univers littéraires francophone et français, que vous refusez de partager. Indubitablement, vous manquerez à ces réflexions. Je vous prie de croire, cher Monsieur Mabanckou, en mes considérations les plus respectueuses.

Lemonde.fr par Bertrand Ollivier est doctorant au Centre Thucydide de l’université Paris-II Panthéon-Assas

Véronique Tadjo: « Il est grand temps d’inscrire la littérature du Sud dans l’imaginaire francophone occidental »

janvier 27, 2018

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine réagit à la publication de la lettre ouverte de l’écrivain Alain Mabanckou à Emmanuel Macron sur la langue française.

L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, à Paris, en juillet 2015. Crédits : JOËL SAGET/AFP

Tribune. Pour ceux qui parlent le français en Afrique, la question de la francophonie restera pendant encore longtemps primordiale. De nos jours, les Africains représentent à peu près la moitié du nombre total des francophones dans le monde, un chiffre qui ne cessera d’augmenter dans les décennies à venir du fait de l’énorme croissance démographique du continent. Dans ce sens-là, la lettre ouverte au président Macron du célèbre écrivain franco-congolais Alain Mabanckou publiée sur le site de L’Obs le 15 janvier a le mérite de dynamiser le débat.

 

Cependant, j’aimerais revenir sur plusieurs points soulevés dans la lettre. En premier, pour répondre à son affirmation que la langue française se porte bien en Afrique, je dirai tout le contraire, c’est-à-dire qu’elle se porte mal et même très mal. Pas en nombre de locuteurs « officiels », mais plutôt en termes de niveau de langue. Nombre d’enseignants sur le terrain vous le diront, la maîtrise de la langue française a tellement baissé qu’elle menace l’avenir de ceux qui l’ont adoptée comme langue seconde, langue officielle ou langue de travail.

Situation désastreuse

Comment des élèves africains peuvent-ils apprendre les mathématiques, les matières scientifiques ou littéraires alors qu’ils ne possèdent pas les outils linguistiques pour suivre les cours qui leur sont dispensés ? Et qui dispensent ces cours ? Dans le primaire et le secondaire, les maîtres et les professeurs peinent eux-mêmes à s’exprimer correctement. Cette situation désastreuse a un impact négatif sur nos institutions universitaires qui voient arriver des jeunes incapables d’intégrer les concepts de base.

Certes, des enseignants se battent envers et contre tout pour former quelques étudiants de bonne volonté, mais ce n’est pas suffisant. Les nombreuses crises politiques, économiques et militaires, ainsi que le manque d’ouvrages pédagogiques et de bibliothèques dignes de ce nom ont complètement sapé le système éducatif en français qui a besoin d’une réforme profonde si l’on veut donner aux jeunes Africains des chances de réussir dans la vie.

Concernant la question de la traduction, il est bien connu que, dans l’industrie du livre en France, il se publie beaucoup plus de traductions de l’anglais vers le français, que dans le monde anglophone, où l’intérêt est moindre. Les écrivains, universitaires et scientifiques franco-français font les frais de cette situation. Réussir une carrière universitaire, littéraire ou artistique exige une bonne connaissance de la langue anglaise. Il faudrait donc une volonté plus grande de la part des éditeurs français et francophones pour occuper le marché international.

Quant à la Francophonie « institutionnelle », je suis d’accord qu’elle doit en effet faire son mea culpa car elle n’a pas répondu aux attentes des pays émergents. La Françafrique doit disparaître pour laisser place à de nouvelles relations d’entente. Mais cette admission d’échec se retourne également contre nous. Avons-nous fait assez pour exiger de nos dirigeants plus de transparence, le respect des institutions démocratiques et la construction du bien-être social ? La question est de savoir si nous serons un jour prêts à prendre les rênes de notre destin.

« Un dialogue des langues »

La francophonie en tant qu’espace de solidarité reste une possibilité qu’il serait imprudent de jeter dans les poubelles de l’Histoire. Nous avons des problèmes communs requérant l’énergie de tous pour arriver à des solutions durables. Je pense, par exemple, à la question environnementale qui nous touche tous en cela qu’elle menace la planète entière. Mais alors que l’Afrique est responsable de seulement 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, trente-six pays en Afrique subsaharienne sont parmi les cinquante pays les plus meurtris par le climat avec pour conséquence des catastrophes écologiques, sanitaires et alimentaires, sans parler des mouvements de population. Cette injustice ne pourra être combattue qu’à l’échelle mondiale, grâce à des actions concertées.

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« Il faut instaurer un dialogue des cultures, nous rappelle Musanji Ngalasso-Mwatha, et d’abord un dialogue des langues, dans des conditions à la fois réalistes et acceptables, en évitant la diffusion à sens unique, appauvrissante pour tous. Dans tous les cas, la véritable coopération entre les peuples trouve son fondement dans le respect mutuel, l’échange équitable et la solidarité agissante. »

Il est grand temps d’inscrire la littérature du Sud dans l’imaginaire du monde francophone occidental qui inclut, entre autres, le Canada, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Quant à la littérature française, elle a sa propre histoire et ses propres canons. Les écrivains africains, tout en partageant la même langue, ont des préoccupations et une vision du monde qui leur sont particulières. La littérature écrite en français n’a pas besoin de se réclamer de la littérature française pour exister. C’est cette différence qu’il faut célébrer avant tout, car là se trouve la vraie francophonie débarrassée de son passé colonial.

Lemonde.fr par Véronique Tadjo

Véronique Tadjo, née d’un père ivoirien et d’une mère française, est écrivaine, universitaire et peintre. Son dernier titre, En compagnie des hommes, a été publié aux éditions Don Quichotte en 2017.

Francophonie, langue française: lettre ouverte à Emmanuel Macron

janvier 15, 2018

Mabanck

Le président de la République a proposé à Alain Mabanckou de contribuer aux « travaux de réflexion » qu’il souhaite « engager autour de la langue française et de la Francophonie ». L’auteur de « Verre cassé » lui répond.

Monsieur le Président,

Dans votre discours du 28 novembre à l’université de Ouagadougou, puis dans un courrier officiel que vous m’avez adressé le 13 décembre, vous m’avez proposé de «contribuer aux travaux de réflexion que vous souhaitez engager autour de la langue française et de la Francophonie.»

Au XIXème siècle, lorsque le mot «francophonie» avait été conçu par le géographe Onésime Reclus, il s’agissait alors, dans son esprit, de créer un ensemble plus vaste, pour ne pas dire de se lancer dans une véritable expansion coloniale. D’ailleurs, dans son ouvrage «Lâchons l’Asie, prenons l’Afrique» (1904), dans le dessein de «pérenniser» la grandeur de la France il se posait deux questions fondamentales: «Où renaître ? Comment durer ?»

Qu’est-ce qui a changé de nos jours ? La Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies. Repenser la Francophonie ce n’est pas seulement «protéger» la langue française qui, du reste n’est pas du tout menacée comme on a tendance à le proclamer dans un élan d’auto-flagellation propre à la France. La culture et la langue françaises gardent leur prestige sur le plan mondial.

Les meilleurs spécialistes de la littérature française du Moyen-Âge sont américains. Les étudiants d’Amérique du Nord sont plus sensibilisés aux lettres francophones que leurs camarades français. La plupart des universités américaines créent et financent sans l’aide de la France des départements de littérature française et d’études francophones. Les écrivains qui ne sont pas nés en France et qui écrivent en français sont pour la plupart traduits en anglais: Ahmadou Kourouma, Anna Moï, Boualem Sansal, Tierno Monénembo, Abdourahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Tahar Ben Jelloun, Aminata Sow Fall, Mariama Bâ, etc. La littérature française ne peut plus se contenter de la définition étriquée qui, à la longue, a fini par la marginaliser alors même que ses tentacules ne cessent de croître grâce à l’émergence d’un imaginaire-monde en français.

Tous les deux, nous avions eu à cet effet un échange à la Foire du livre de Francfort en octobre dernier, et je vous avais signifié publiquement mon désaccord quant à votre discours d’ouverture dans lequel vous n’aviez cité aucun auteur d’expression française venu d’ailleurs, vous contentant de porter au pinacle Goethe et Gérard de Nerval et d’affirmer que «l’Allemagne accueillait la France et la Francophonie», comme si la France n’était pas un pays francophone!

Dois-je rappeler aussi que le grand reproche qu’on adresse à la Francophonie «institutionnelle» est qu’elle n’a jamais pointé du doigt en Afrique les régimes autocratiques, les élections truquées, le manque de liberté d’expression, tout cela orchestré par des monarques qui s’expriment et assujettissent leurs populations en français? Ces despotes s’accrochent au pouvoir en bidouillant les constitutions (rédigées en français) sans pour autant susciter l’indignation de tous les gouvernements qui ont précédé votre arrivée à la tête de l’Etat.

Il est certes louable de faire un discours à Ouagadougou à la jeunesse africaine, mais il serait utile, Monsieur le Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d’une autre génération, que vous avez tourné la page et qu’ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable: la liberté.

Par conséquent, et en raison de ces tares que charrie la Francophonie actuelle – en particulier les accointances avec les dirigeants des républiques bananières qui décapitent les rêves de la jeunesse africaine –, j’ai le regret, tout en vous priant d’agréer l’expression de ma haute considération, de vous signifier, Monsieur le Président, que je ne participerai pas à ce projet.

Bibliobs.nouvelobs.com par Alain Mabanckou
Santa Monica, le 15 janvier 2018

France: Macron choisit Leïla Slimani comme représentante pour la Francophonie

novembre 6, 2017
Macron choisit Leïla Slimani comme représentante pour la francophonie
Leila Slimani est la lauréate du Goncourt 2016 avec son roman « Chanson douce ». @ JOHN MACDOUGALL / AFP
La lauréate du prix Goncourt va se voir remettre sa lettre de mission lundi par le président de la République. 

Emmanuel Macron s’apprête à proposer le poste de représentante personnelle pour la francophonie à l’écrivaine Leïla Slimani, lauréate du prix Goncourt en 2016pour le roman Chanson douce, rapporte Le Parisien dans son édition de lundi.

Lettre de missionLeïla Slimani, appelée à siéger au Conseil permanent de la francophonie, a rendez-vous lundi avec le chef de l’Etat, qui doit lui remettre sa lettre de mission, précise le quotidien.

Un poste non pourvu. Le ministère de la Francophonie n’est pas pourvu depuis l’entrée en fonctions d’Emmanuel Macron, en mai dernier.