Posts Tagged ‘Francs-Maçons’

Congo: Les Francs-maçons en conclave à Dolisie

juin 13, 2018

 

Dolisie, dit  Dolcity
Une forte délégation de la loge Fra-maçonnique, conduite par Roger Erboro, de nationalité française et l’ancien ministre congolais, Ekondi-Akala, était à Dolisie (sud) pour une prière de fraternité avec les maçons de la capitale départementale du Niari.Si la ville de Pointe-Noire abrite une loge pour le moment reconnue, la ville de Brazzaville quant à elle, en tant que capitale politique, ce nombre peut être multiplié par 2 ou par 3. A Dolisie, on compte aussi plusieurs maçons.

D’année en année, de jeunes cadres qui arrivent sur le marché d’emploi, après de hautes études universitaires bien faites, sont ipso-facto tournés vers la franc-maçonnerie pour espérer multiplier du pain quotidien.

Quels sont donc ces francs-maçons ? Eh bien, la question mérite d’être posée.

Edwige KISSINGER / Les Echos du Congo Brazzaville

Sénégal: la préfecture de Dakar revient sur l’interdiction des réunions maçonniques

avril 27, 2018

Quelques jours après les révélations de Jeune Afrique, la préfecture de Dakar a fait machine arrière, revenant sur l’interdiction de tout rassemblement maçonnique dans la capitale sénégalaise et ses environs…

Dans son numéro 2989-2990, Jeune Afrique révélait l’existence d’un arrêté préfectoral daté du 31 janvier, interdisant, dans le département de Dakar, « la tenue de réunions (publiques ou privées) par toute organisation nationale ou internationale d’obédience maçonnique ».

En cause : « Des menaces de troubles à l’ordre public » et « des risques d’affrontements entre organisations opposées », selon ce document signé par le préfet de Dakar. La formulation faisait alors écho au tollé provoqué dans une partie de l’opinion publique sénégalaise par l’annonce de la tenue à Dakar des 26e Rencontres humanistes et fraternelles africaines et malgaches (Rehfram), qui fait office de grand-messe de la franc-maçonnerie sur le continent.

 

Hasard du calendrier ? Trois jours après la publication de notre article, la préfecture de Dakar a publié un nouvel arrêté, daté du 25 avril, qui abroge les dispositions du précédent.

Une décision aux allures de volte-face, que la préfecture justifie par « la nécessité de sauvegarde des libertés publiques » et « la limitation d’une situation d’exception ».

Au Sénégal, la question des francs-maçons alimente régulièrement la controverse. Après leur levée de boucliers autour de la tenue des Rehfram, des associations sénégalaises – majoritairement religieuses – avaient même décrété le branle-bas de combat contre la venue au Sénégal de la chanteuse Rihanna, qu’elles soupçonnaient d’appartenance maçonnique.

Jeuneafrique.com

Les francs-maçons sortent de l’ombre

février 7, 2018

 

Symboles franc-maçons. © Pixabay, Creative Commons

La mise en orbite de la Grande Loge féminine du Cameroun en témoigne : de plus en plus d’Africaines rejoignent les rangs de cet ordre initiatique. Suscitant, comme leurs frères, nombre de fantasmes.

Douala, fin 2017, Hôtel Akwa Palace. De bruyants éclats de rire répondent aux plaisanteries plus ou moins drôles. Les accolades sont ponctuées de compliments sur les tenues des unes et des autres. Cheveux bleu roi coupés court, longue jupe noire en satin duchesse, une femme politique connue comme le loup blanc semble recueillir tous les suffrages d’une assistance fournie – pas moins de 130 participants de 40 délégations venues de tous les continents. Nous sommes à une conférence publique sur la franc-maçonnerie féminine, organisée deux jours avant l’installation de la Grande Loge féminine du Cameroun (GLFC).

Pour les deux oratrices, Marie-Thérèse Besson et Flore Édith Mongue Din, respectivement présidentes de la Grande Loge féminine de France (GLFF) et de la GLFC, il s’agit d’expliquer en quoi « la franc-maçonnerie est un chemin de vie » qui « offre un espace sans enjeu de pouvoir et de suprématie aux femmes soucieuses d’être force de proposition »…

Une institution qui suscite la méfiance

Le propos est abscons, mais le défi, lui, est clair : recruter de nouveaux membres, des profanes, pour une institution que l’opinion publique associe sans discernement à la sorcellerie, l’inceste ou l’homosexualité. Un ordre initiatique que l’on dit aussi pour une large part inféodé aux politiques en place, peu préoccupé de progrès social et de redistribution des richesses. Mais les femmes, moins souvent mises au banc des accusés que les hommes, veulent donner des raisons d’y croire.

Les franc-maçonnes africaines se voient davantage en lanceuses d’alerte du quotidien.

Alors pas un mot des divergences de vues qui ont précédé la mise en orbite de la GLFC. Les unes militaient pour une obédience nationale, chaque pays ayant à leur sens des préoccupations spécifiques. Les autres, panafricanistes, auraient préféré une obédience sous-régionale, la Grande Loge féminine d’Afrique centrale, regroupant des fédérations nationales.

Les premières ont eu gain de cause, quelques déçues ont quitté le navire. Les deux présidentes rappellent que l’obédience camerounaise ainsi créée devient partie prenante de ce qui se passe dans le pays. « Elle affirmera davantage ses positions dans des débats publics, précise Flore Édith Mongue Din, pharmacienne de son état, mais pas question de constituer un lobby franc-maçon pour influencer quelque décision que ce soit. » Les franc-maçonnes africaines se voient davantage en lanceuses d’alerte du quotidien.

Sortir de l’ombre

Dans l’assistance, on s’interroge : pourquoi ne dévoile-t-on pas son appartenance à la franc-maçonnerie ? On peut, répond la grande maîtresse, à condition que le contexte s’y prête. Sortir de l’ombre reste une décision personnelle qui dépend aussi de la culture du pays. Or le contexte ne s’y prête pas toujours. Âgée de 55 ans, Annick, la dame aux cheveux bleu roi, a bien pensé faire son « coming out ». « Pour qu’on cesse de croire que nous nous livrons à des activités ou à des pratiques que la morale réprouve. » Mais elle s’est ravisée.

Les miens pensent que les maçons boivent du sang, dorment dans des cercueils et organisent des parties fines

Résultat, peu d’Africaines sont capables d’assumer leur vie au sein de la confrérie. Annick est entrée en franc-maçonnerie il y a vingt-cinq ans, après une conférence publique, à une période où, cadre supérieure d’entreprise, elle entamait une carrière politique. « On nous rappelle que cela passe par un travail sur soi. Cela implique de mieux se connaître, d’adopter une démarche personnelle de quête de sens, en dehors de tout dogme politique ou religieux », explique-t‑elle.

C’est par le truchement de son mari que Mireille, une avocate béninoise de 44 ans, a découvert la maçonnerie. Il avait été initié avant elle. Elle a côtoyé ses frères et s’est laissé prendre au jeu, rejoignant le Phare des amazones. Mais cette mère de deux enfants ne se sent pas prête à le faire savoir à son entourage. « Les miens ont une manière si péjorative d’aborder le sujet que toute discussion est stérile. Ils pensent que les maçons boivent du sang, dorment dans des cercueils et organisent des parties fines. »

Mystification intellectuelle

Ancien ministre des Finances sous Omar Bongo Ondimba, Charles Mba est l’un des rares Africains à avouer ouvertement son appartenance à la franc-maçonnerie. Pour ce Gabonais, l’histoire de cet ordre initiatique est tellement récente en Afrique qu’il est difficile de trouver des personnes à un niveau de responsabilité suffisant leur permettant d’en parler librement. Chez les hommes comme chez les femmes.

Et, à ses yeux, démystifier la franc-maçonnerie auprès des populations du continent relève de l’impossible, d’autant que l’inculture des intellectuels à ce propos est abyssale. « D’une manière générale, la maçonnerie africaine souffre d’un climat de mystification intellectuelle, insiste-t-il. D’un côté les maçons veulent duper les profanes, de l’autre, les profanes se laissent berner parce que ça les arrange. »

Le culte du secret des maçons pousse la société à les accabler, ajoute-t-il. « Pourquoi s’exposer alors qu’on sait que l’on ne sera pas compris ? rétorque de son côté Déborah, femme politique au Cameroun. Il y a des combats plus importants que celui pour cette acceptation. Le pays est religieux, et nul n’ignore la position de ses trois principales religions sur le sujet. »

C’est à Ginette Éboué, fille de Félix Éboué et véritable initiatrice de la franc-maçonnerie africaine, qu’elle doit d’avoir franchi le pas, contribuant à la création de la première loge camerounaise, le Fako Triangle de lumière. Aujourd’hui, elle se présente comme « une femme debout », avec des objectifs précis. Cette pionnière déplore en revanche que son pays ait échoué à créer des leviers de transmission. Toutes les « historiques » sont parties. Et les jeunes ne sont pas en position de recevoir, alors que son rêve serait de pouvoir leur transmettre ses connaissances.

Gabon superpolitisé

Elle cite en exemple le Congo, où la franc-maçonnerie a plutôt le vent en poupe et a su convaincre des personnalités telles que Claudine Munari ou Jocelyne Lissouba, mais surtout le Gabon, dont les loges féminines totalisent 160 sœurs (contre 100 au Cameroun), preuve que la maçonnerie s’y renouvelle et s’adapte au contexte moderne.

Mais ce chiffre s’explique aussi par la superpolitisation du pays. « Plutôt que de parler de promotion canapé, on pourrait même parler de promotion maçonnique », s’amuse Charles Mba. De l’aveu de plusieurs d’entre elles, les Gabonaises qui entrent en franc-maçonnerie sont plutôt des femmes ambitieuses, en quête de postes à responsabilités, qui ne cultivent pas nécessairement la valeur travail.

Leur pays n’en reste pas moins l’un des rares où les femmes parviennent au plus haut niveau de la hiérarchie maçonnique. Au moins une Gabonaise occupe le 32e grade (sur 33) de l’ordre, qui plus est dans une loge mixte. Parmi les « historiques » connues figurent Paulette Missambo, proche de Jean Ping, la ministre Denise Mekam’ne et Henriette Ndiaye.

Le « manque d’enthousiasme » des Ivoiriennes

Dans le pays d’Alassane Ouattara, femmes politiques, chefs d’entreprise et mères au foyer sont sœurs de lumière au sein du Droit humain Côte d’Ivoire (une émanation du Grand Orient), lequel fait partie d’une fédération de sept pays africains. Emmanuelle, une avocate de 36 ans, assure que les femmes y sont plus nombreuses que les hommes, sans pouvoir communiquer de chiffres.

Quant au Grand Orient d’Abidjan, il accueille la gent féminine en son sein depuis quatre ans. Bien qu’elle soit non mixte, la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI) semble elle compenser en conviant régulièrement à dîner les épouses de ses membres.

En Côte d’Ivoire comme au Cameroun, on reproche aussi souvent à la franc-maçonnerie féminine son côté élitiste et les connivences qu’elle entretient

Ex-grand maître de la GLCI, le regretté Clotaire Magloire Coffie organisait de mémorables rencontres entre les familles dans un restaurant situé sur la route de Grand-Bassam, près d’Abidjan. La Grande Loge féminine de France dit vouloir bientôt rouvrir une loge dans le pays. Mais elle devra composer avec un manque d’enthousiasme des Ivoiriennes.

Celui-ci serait lié au souvenir de la répression contre les francs-maçons ordonnée par Houphouët-Boigny au début des années 1960, mais aussi avec le regain de spiritualité observé dans le pays, en particulier chez les musulmanes. « Difficile d’imaginer une musulmane dioula nous rejoindre, affirme ce frère établi à Paris. Et ce n’est pas non plus chez les Akans, fervents catholiques, qu’elles seraient légion. »

Retour à l’école

En Côte d’Ivoire comme au Cameroun, on reproche aussi souvent à la franc-maçonnerie féminine son côté élitiste et les connivences qu’elle entretient. « Pourtant, l’espoir d’étoffer son réseau est un leurre. Ce n’est pas parce qu’un chômeur est franc-maçon qu’on va créer un poste sur mesure pour lui », insiste Flore Edith Mongue Din.

Deux nouvelles obédiences devraient y voir le jour en 2019, au Congo-Brazzaville et au Bénin

En général, les femmes qui cherchent un tremplin ne restent pas. « Elles jettent l’éponge dès l’instant où il faut se mettre au travail », ironise Mireille. Elle entend encore cette danseuse de 35 ans, qui pourtant avait franchi toutes les étapes de la sélection, lui confier qu’« [elle] avait la désagréable sensation d’être retournée à l’école. »

Les adhérentes se réunissent au moins deux fois par mois, et un planning annuel définit le nombre de planches à présenter. La procédure d’admission dure entre six et douze mois. Les candidates passent des séries d’entretiens pour vérifier qu’elles sont vraiment « libres, avec de bonnes mœurs »… Des critères sélectifs qui ne freinent pourtant pas la montée en puissance de la franc-maçonnerie féminine sur le continent. Deux nouvelles obédiences devraient y voir le jour en 2019, au Congo-Brazzaville et au Bénin, une autre terre historique pour les frères et les sœurs en Afrique.

Influence française

Présente au Togo dès 1981, la Grande Loge féminine de France a depuis essaimé sur le continent. Elle compte désormais deux loges au Togo, trois au Cameroun et au Gabon, deux au Bénin, une au Sénégal, au Congo et au Maroc, et compte bien continuer son expansion.

Motus et bouches cousues

Quand nous l’avions rencontrée en décembre dernier, la GLFC s’était dite ravie de participer à une entreprise de démystification de la franc-maçonnerie sur le continent à travers notre hebdomadaire. Puis elle a changé de discours, essayant d’empêcher la publication de notre reportage. Son argument ? Trop jeune, la GLFC n’avait pas de bilan à nous présenter. Nous n’en avions pas demandé. Résultat, les personnes que nous avons interrogées ont toutes fini par demander l’anonymat.

Jeuneafrique.com par – envoyée spéciale à Douala

Congo: Brazzaville, l’esclavage en Libye divise les Francs-maçons

décembre 3, 2017

Un document signé et publié par Alphonse Obambi-Itoua, grand-Maître de la de la Franc Maçonnerie au Congo, condamne la vente aux enchères des migrants en Libye comme l’a fait le Grand Orient de France. Mais d’autres franc-maçons désapprouvent cette morale élastique, à géométrie variable.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. En publiant une lettre pour interpeller la communauté internationale sur l’esclavagisme en Libye, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique (GLTSA), tranche sur le silence qui dut le sien lors des massacres perpétrés par le régime de Sassou dans la région du Pool. Beaucoup de “Frères” voient dans la démarche d’Alphonse Obambi-Itoua l’ombre d’une émotion . “Il doit aussi rompre le silence sur la détresse des populations du Pool, sur les prisonniers politiques et sur la privation des libertés au Congo”, martèle une franc-maçonne congolaise.

Une avalanche de critiques

“Comment ce Grand Maître maçon peut-il être sensible à ce qui se passe en libyeet fermer les yeux sur la situation du Pool qui brûle dans son propre pays ? La vision intellectuelle tronquée de ce frère et Grand Maître m’oblige à briser le silence”, fulmine un franc-maçon congolais sous couvert d’anonymat.  “Opportuniste”; “Grand farceur”, s’emportent d’autres francs-maçons congolais.

Alphonse Obambi-Itoua n’en finit plus de susciter les critiques chez ses frères congolais. S’exprimant au nom de ses frères, le grand-Maître de la GLTSA (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique) s’est étonné, dans un communiqué, du ” silence assourdissant et incompréhensible de la Communauté Internationale sur cette traite des migrants subsahariens en passe de se banaliser dans cette partie instable de l’Afrique”. Et de préconiser “la mise en place, dans un délai très bref, d’une commission d’enquête internationale ouvrant la voie à des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables et complices de ces pratiques anachroniques”.

 Guerre à huis-clos dans le Pool

Dans la région du Pool, en effet, alors que les violences des miliciens du pouvoir ont fait des centaines de milliers de déplacés, le Grand-Maître Alphonse Obambi-Itoua n’a jusqu’à présent pas émis la moindre réserve. Il s’est réfugié dans un silence assourdissant, comme lors les violences qui ont précédé le référendum sur le Changement de la Constitution de 20002. Cette attitude, de nombreux francs maçons la regrettent. “J’aimerais lui faire parvenir les Sentences de Phocylide de Milet ( VIe s. av. J.-C.) : “Accorde aux étrangers les mêmes égards qu’à tes concitoyens”, cite un Vénérable maître.

Mondafrique.com par Bedel Bouna

France: François Hollande rend hommage aux francs-maçons

février 27, 2017

Congo/Joseph Badila: On ne peut pas être dictateur et franc-maçon

février 26, 2016

 

Joseph Badila, ancien Grand Maître franc-maçon, Très-Puissant Souverain et Grand Commandeur fustige les Chefs d’État africains francs-maçons qui ne sont pas démocrates.

 

(Congo-Brazzaville) Des Francs-Maçons écrivent à leur Frère Sassou Nguesso

octobre 10, 2015

 

A son excellence Monsieur le Président de la République du Congo

A NTCF et TRGM

Monsieur le Président,

Ne pouvant restés indifférents face à la situation de notre pays, et nous référant à la pensée d’un illustre chantre de la liberté et de la non-violence, le Révérend Pasteur Martin Luther KING, que nous citons : « Nos vies commencent à prendre fin, le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui comptent », fin de citation,

Ainsi qu’en nous remémorant votre propre appel au soulèvement des démocrates du Congo et du monde, face aux velléités de népotisme du Président Lissouba,

Nous venons respectueusement par la présente vous exprimer notre modeste point de vue.

Notre pays le Congo est à la croisée des chemins dans un monde en pleine mutation. Pour l’intérêt de tous et celui des générations futures, nous pensons que la parole et les actes des hommes politiques doivent avoir du sens. Et l’éthique politique voudrait que l’homme ou le responsable politique place l’intérêt du pays au-dessus de toute autre considération.

Il est indéniable pour tout observateur que toutes les violences politiques qui ont eu lieu dans notre pays depuis son indépendance ont pour seule origine les joutes électorales, et plus précisément les rivalités dans l’accès au pouvoir et les stratégies dilatoires pour sa confiscation par le camp aux affaires. Ce qui dénote d’une incapacité à appliquer les dispositions constitutionnelles en matière d’alternance. Aussi le climat actuel nous amène à nous poser la question de savoir si les acteurs politiques congolais aiment leur pays, puisque même les acquis de la conférence nationale souveraine sont aujourd’hui remis en cause. Si les politiques ne peuvent sauvegarder les acquis obtenus après de grandes messes nationales, à quoi servent ces dialogues ?

Monsieur le Président,

Il est impossible de construire un pays en opposant une partie du peuple contre une autre ; une nation ne peut se bâtir que dans la paix et la concorde ; les hommes passent les Nations restent. Nous considérons le débat sur les institutions comme une polémique dilatoire et inopportune, car s’il y a une question essentielle dont personne ne veut parler même au sein du PCT, c’est celle de la satisfaction des besoins fondamentaux du peuple. Le changement de constitution va-t-il résoudre cette question essentielle ?

Evoquer le sujet sur l’évolution des institutions la veille d’une élection majeure c’est mettre sciemment le feu aux poudres. Cette question bien qu’importante doit être analysée dans le calme et la sérénité en prenant le temps nécessaire, et en donnant des possibilités d’expression égales à toutes les parties prenantes. Ce qui n’est pas le cas. Ce débat porté et instrumentalisé par le PCT mène le pays dans une impasse, qui pourrait engendrer à nouveau des violences, dont le peuple subirait encore comme par le passé les lourdes conséquences.

La violence sera et restera un frein à l’unité nationale, de nombreux crimes et assassinats politiques, élucidés ou non, demeurent à ce jour des éléments bloquants. Il faut donc éviter d’en rallonger la liste. Surtout qu’à chaque crise ce sont des innocents qui ont font les frais.

TCF et TRGM,

La culture que nous avons en partage dit que la binarité est une constante de la vie humaine ; ainsi toute chose a un début et une fin, et que rien n’est éternel. Vous êtes à l’aube de votre descente de charge par rapport au contrat que vous avez scellé avec le peuple congolais, et pour lequel vous avez prêté serment. Nous croyons et pensons que vous êtes liés par votre serment. Nul ne doit et ne peut vous en détourner, car ce serait un parjure. Cela ne vous échappe pas qu’aucun homme n’est irremplaçable, et en tant qu’humaniste vous ne pouvez renier votre serment. Tout comme vous avez conscience qu’aucune œuvre n’est jamais parfaite ni achevée. De l’Orient où vous êtes, vous vous entendez répondre à chaque fin de tenue, que l’ouvrage quotidien n’est jamais fini ; nous rentrons les outils même si la pierre est à peine dégrossie et que c’est en persévérant et en comptant sur la contribution des générations futures à l’édifice que nous espérons parvenir à la polir.

Ne pas respecter votre serment serait commettre un parjure. Mais que vaudra alors la parole de l’humaniste et de l’homme politique dans notre pays ; dans un pays où la culture citoyenne est encore en construction ? Quelle sera l’image des humanistes dans la cité, déjà qu’elle est largement écornée ? Quelles hautes valeurs morales allons-nous répandre dans la cité, dans le prolongement de nos travaux ? N’est-ce pas l’occasion de nous donner un peu d’honorabilité ?

Nul homme n’est parfait mais tout humaniste doit faire au mieux pour être un digne héritier de nos illustres anciens qui ont bâti l’Europe et les Etats Unis d’Amérique pour faire du Congo une nation moderne où l’homme doit rester le centre de toutes les préoccupations. Il n y a ni vénérable ni grand Maître à vie.

Quels que soient nos grades et qualités en loge, l’humilité consubstantielle à notre engagement veut que ce soit au pied du mur qu’on voit le Maçon. D’où les interrogations suivantes qui taraudent tous les enfants de la veuve : à cette croisée des chemins de l’histoire du Congo et à cette confluence des considérations profanes et sacrées, que donnerez-vous à voir, dans les jours et mois à venir, à l’humanité qui vous regarde ? Quelle leçon d’humanisme, d’abnégation, d’élévation et de grandeur d’âme entendez-vous laisser de votre vie presque toute entièrement consacrée à la vie politique du Congo ? Que doivent retentir vos jeunes frères, apprentis, compagnons et maîtres de votre obédience, et au-delà, de votre Magistère ?

Monsieur le Président,

Nous considérons que le projet de référendum en vue d’un changement de constitution est dangereux pour notre pays. Et nous ne comprenons pas que dans votre dernier discours sur l’état de la nation, vous n’ayez pris en compte que les éléments du dialogue de Sibiti, ignorant ceux du dialogue alternatif dit de Diata, privilégiant ainsi de n’écouter que vos partisans. La fonction de Chef de l’Etat vous oblige d’être à l’écoute de tout le pays, y compris de ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.

Monsieur le Président,

Ne vous y méprenez pas. La ligne de fracture n’est pas entre des sympathisants et opposants à votre personne, mais entre les défenseurs de Votre constitution, celle que vous avez donnée au pays par REFERENDUM, et ses fossoyeurs. Il n’est donc pas trop tard pour bien agir. Vous avez la possibilité de vous mettre au-dessus de la mêlée et d’éviter d’engager le Congo dans un scénario déplorable.

Vous auriez pu créer les conditions permissives d’un vrai dialogue consensuel et non celui qui consiste à choisir vos interlocuteurs, afin d’organiser votre sortie et permettre à votre successeur de continuer l’œuvre que vous avez commencée depuis plus de trois décennies. Mais qu’à cela ne tienne, il n’est pas trop tard pour initier et promulguer un calendrier électoral conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur, et aux recommandations des dialogues organisés dans le pays depuis plus de dix ans, à votre propre initiative (Ewo, Dolisie…), et en mobilisant les moyens et les compétences nationales et ou internationales si nécessaire, pour parvenir à une élection libre, juste et parfaite d’ici juillet 2016. Ce défi est encore à votre portée.

Si vous choisissez de n’écouter que vos partisans, vous entrez dans l’inconstitutionnalité, préférant de fait la voie de la violence, à celle de la raison ; alors qu’hier lorsque vous étiez dans l’opposition, vous condamniez avec force et vigueur toute forme de violation de la constitution.

L’alternance démocratique reste le seul gage pour la paix et le renforcement de la démocratie congolaise dont vous êtes l’un des pères fondateurs en ayant permis la tenue de la conférence souveraine. Depuis 15 ans vos opposants se sont pliés aux règles que vous leur avez imposées pour préserver la paix. Aujourd’hui si menace de guerre civile il y a au Congo, elle ne viendrait que de l’obstination de votre camp à bafouer les dispositions de votre propre constitution. Ainsi, toutes les invectives, intimidations et manipulations du PCT tendant à rechercher des bouc-émissaires dans le camp d’en face sont vaines et dénuées de fondement, aux yeux des observateurs objectifs.

Enfin Monsieur Le Président, permettez-nous de vous rappeler que la Constitution du 20 janvier 2002 est la première de l’histoire du Congo, en ce qu’elle aura permis le déroulement sans le moindre heurt de deux élections présidentielles successives. Et elle affronte bientôt son baptême de feu, en servant de socle à la première véritable échéance alternative à la tête de l’Etat. Nous sommes convaincus que quelles que soient ses insuffisances, elle constituera le meilleur legs de votre règne à l’histoire du Congo.

Votre destin vous a rendu témoin et acteur majeur de l’histoire moderne du Congo dès le départ en 1960. D’abord, en vous faisant collaborer avec ses premiers dirigeants (officier de la garde présidentielle sous Youlou, directeur de cabinet d’un ministre de Massamba, Ministre sous Ngouabi, vice-président sous Yhombi). Ensuite, après une première expérience de magistrature suprême de 1979 à 1990, il vous a donné une première chance de réparer les injustices ou erreurs passées, en vous donnant le pouvoir d’empêcher ou permettre la première tentative de rétablissement de la Démocratie en 1991. Enfin, comme jamais deux sans trois, votre étoile extraordinaire vous donne aujourd’hui l’ultime opportunité de sortir par la grande porte et d’entrer à jamais dans l’estime des Congolais : en permettant à notre pays de tourner votre propre page, d’en tirer le meilleur de votre œuvre et d’aller de l’avant sans violence…

50 ans après les indépendances, s’ouvre un nouveau tournant de l’histoire de l’Afrique, qui devrait voir s’ancrer deux principes forts de la Démocratie, en tant que mode de gouvernance universel :

  • l’Emergence de la conscience citoyenne, qui accompagnera la mobilisation de la société civile face aux enjeux majeurs du développement à l’échelle continentale et
  • la Consolidation des institutions, au-delà du charisme de quelque leader politique que ce soit.

C’est dans cette optique, que nous faisons du Respect de la Constitution par tous les pouvoirs élus par le Peuple souverain, un principe intangible. Car au-delà d’établir par la Loi, opposable à TOUS par essence, et de fixer les règles de gouvernance et de l’alternance au pouvoir, observables par TOUS, comme son nom l’indique, ce texte constitutionnel CONSTITUE LE CONGO, parce qu’il rassemble ce qui est épars… Autrement dit, IL fait de la diversité et de la richesse socioculturelle et ethnique congolaise une NATION, UNE et INDIVISE.

TCF, TRGM, pour entrer dans l’Histoire par la grande porte, nous vous conseillons humblement de reprendre votre place dans notre éternelle Chaîne d’Union, celle que nous ont léguée nos illustres prédécesseurs. Non seulement, vous allez en redevenir un simple maillon, mais un maillon indispensable car vous allez à partir d’août 2016, rejoindre le cercle fermé des couvreurs du Temple. Comme vous le savez, dans la vie profane, seul le Président Yhombi jouit librement de ce privilège à ce jour !

LES FF.°. SIGNATAIRES : BMK, EBEBA, GATAZ, McNG, YANDZE

URL source: http://blogs.mediapart.fr/blog/jecmaus/101015/congo-brazzaville-des-francs-macons-ecrivent-leur-frere-sassou-nguesso