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Rwanda: deux ex-gradés condamnés à de lourdes peines de prison pour incitation au soulèvement

mars 31, 2016

Kigali – Un tribunal militaire rwandais a condamné jeudi à Kigali à 21 ans et 20 ans de prison l’ancien chef de la garde présidentielle et un général en retraite, notamment pour incitation au soulèvement, a constaté une journaliste de l’AFP.

La cour condamne le colonel Tom Byabagamba à 21 ans de prison et à la dégradation militaire, et le général en retraite Frank Rusagara à 20 ans de prison, a déclaré le juge Narcisse Nsengiyumva.

Le colonel Byabagamba a également été reconnu coupable de rétention de preuves et le général Rusagara de possession illégale d’arme à feu. Tous deux avaient plaidé non coupable et ont immédiatement fait appel du verdict.

Le général Rusagara a notamment été secrétaire général du ministère de la Défense. Le colonel Byabagamba a été une figure-clé du dispositif sécuritaire, à la tête notamment de la garde présidentielle.

Ils avaient été arrêtés en août 2014, pour incitation au soulèvement et activités visant à ternir l’image du pays ou du gouvernement.

Tom Byabagamba et Frank Rusagara étaient accusés, pour le premier, d’avoir tenté de retourner des responsables militaires contre le pouvoir et, pour le second, d’avoir relayé la propagande du Congrès national rwandais (RNC).

Ce parti a été formé par des opposants en exil, notamment d’anciens compagnons de lutte du président rwandais Paul Kagame, qui les accuse aujourd’hui d’être des terroristes et des traîtres.

M. Kagame, 58 ans, est l’homme fort du pays depuis 1996 quand sa rébellion avait mis fin au génocide déclenché par les extrémistes hutu. Elu en 2003 et réélu en 2010, il a annoncé sa candidature pour un troisième septennat en 2017. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont critiqué cette décision, l’appelant à quitter le pouvoir en 2017.

M. Byabagamba est aussi le frère de David Himbara, l’ancien conseiller économique du président Kagame, désormais en exil et fervent critique du régime de Kigali.

Une autre personne jugée à leurs côtés, François Kabayiza, le chauffeur du général Rusagara, a été condamné à cinq ans prison pour rétention de preuves. Il avait également plaidé non coupable et a fait appel.

Pendant le procès, le procureur, disant s’appuyer sur des témoignages, avait assuré que Frank Rusagara avait l’habitude de dire à des officiers que le Rwanda était un Etat policier et une république bananière, ou encore que le président Kagame était un dictateur.

Le capitaine en retraite David Kabuye avait été arrêté en même temps que les deux haut- gradés et condamné à six mois de prison pour possession illégale d’arme à feu.

A sa sortie de prison, il avait été à nouveau inculpé et jugé pour des propos tenus en détention appelant à l’incitation à l’insurrection. Il avait toutefois été acquitté en décembre.

M. Kabuye est le mari de Rose Kabuye, ancien chef du protocole de la présidence rwandaise, elle aussi apparemment tombée en disgrâce.

Ces trois arrestations simultanées avaient soulevé de nombreuses questions. Les observateurs avaient évoqué plusieurs hypothèses comme une fébrilité du régime, un complot déjoué ou une mise au pas de fortes têtes.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2016 19h31)

Rwanda : deux hauts gradés formellement accusés d’incitation au soulèvement

août 30, 2014
Tom Byabagamba, ancien chef de la garde présidentielle rwandaise à la Cour martiale de Kigali. © AFP

Tom Byabagamba, ancien chef de la garde présidentielle rwandaise à la Cour martiale de Kigali. © AFP

L’ancien chef de la garde présidentielle rwandaise et un général en retraite, récemment arrêtés au Rwanda, ont été accusés vendredi de « propagation de rumeurs » visant à provoquer un soulèvement, par un tribunal militaire de Kigali.

Le colonel Tom Byabagamba et le général retraité Frank Rusagara sont accusés de « propagation de rumeurs en vue de soulever le peuple contre le gouvernement » et « d’activités visant à ternir l’image du pays », a déclaré devant les prévenus le lieutenant-colonel Chance Ndagano, magistrat militaire présidant l’audience.

Le colonel Byabagamba, qui, après la garde présidentielle dirigea une unité antiterroriste de l’armée, est également accusé d' »obstruction à l’enquête », de même que le chauffeur du général Rusagara, le sergent retraité François Kabayiza qui a également comparu vendredi. Ancien secrétaire général au ministère de la Défense, puis directeur de l’Ecole militaire du Rwanda et attaché de Défense à l’ambassade du Rwanda à Londres jusqu’à sa retraite l’an dernier, le général Rusagara, marié à la soeur du colonel Byabagamba, est par ailleurs inculpé de « port d’arme illégal ».

« Pas de preuves »

Le tribunal a renvoyé au vendredi 5 septembre l’audience de demande de remise en liberté pour les trois hommes, le sergent Kabayiza n’ayant pas d’avocat. « Cette mise en accusation de mon client est injuste (. . . ) il n’y a pas de preuves », a déclaré à l’AFP Valery Musore Gakunzi, l’avocat du colonel Byabagamba à l’issue de l’audience.

Le général Rusagara et le colonel Byabagamba – personnage longtemps influent qui a appartenu au premier cercle du pouvoir rwandais -, ont été arrêtés respectivement le 18 et le 23 août, pour des « crimes contre la sécurité de l’Etat ».

La date de l’arrestation du chauffeur du général n’a pas été rendue publique. La même semaine, un autre ancien cadre de l’armée, le capitaine retraité David Kabuye, avait lui aussi été arrêté, le 20 août. Son dossier a été transmis à la justice civile, et un procureur l’a entendu jeudi, a expliqué vendredi à l’AFP le porte-parole du procureur général du Rwanda, Alain Mukuralinda, précisant les deux affaires n’étaient pas liées.

Le porte-parole de l’armée Joseph Nzabamwita avait pourtant indiqué lundi à l’AFP que les trois arrestations étaient liées à la même affaire. Ces trois arrestations ont suscité des questions sur de possibles dissensions au sein du pouvoir rwandais, démenties par le porte-parole de l’armée rwandaise.

Jeuneafrique.com avec AFP