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La fille de l’ex-président ouzbek placée en détention

juillet 28, 2017

Moscou – La fille de l’ex-président ouzbek Islam Karimov, un temps toute puissante avant de tomber en disgrâce, a été emprisonnée pour des fraudes atteignant des sommes gigantesques, a annoncé vendredi le parquet de ce pays d’Asie centrale.

Le sort de Goulnara Karimova, fille aînée du président mort il y a un an après plus de 25 ans au pouvoir, faisait l’objet de multiples rumeurs ces dernières années au point que son fils, émigré à Londres, s’est interrogé publiquement en décembre dernier sur son éventuel décès.

Mettant fin au silence des autorités de cette ex-république soviétique à son sujet, le parquet général a indiqué dans un communiqué qu’elle avait été inculpée notamment pour fraude, blanchiment d’argent et recel de devises étrangères. « Elle a été placée en détention », est-il précisé.

Selon la même source, elle appartient à un groupe de crime organisé contrôlant des actifs représentant plus d’un milliard d’euros dans 12 pays, dont des propriétés à Londres, Dubaï, un château près de Paris ou encore une villa à Saint-Tropez sur la Côte d’Azur.

Un temps pressentie pour prendre la succession de son père, qui a passé plus d’un quart de siècle à la tête de cette ex-république soviétique, Goulnara Karimova est tombée en disgrâce après avoir comparé son père à Staline et s’être publiquement attaquée à sa mère et à sa soeur cadette.

Ancienne ambassadrice de son pays aux Nations unies mais aussi connue pour avoir organisé des défilés de mode, lancé une ligne de bijouterie ou interprété des chansons pop, elle a été citée aussi dans des affaires de corruption à grande échelle dans de nombreux pays, en Europe et aux Etats-Unis.

Les rumeurs la disaient assignée à résidence depuis ses critiques visant sa mère et sa soeur sur Twitter et elle n’avait pas assisté aux funérailles de son père en septembre dernier à Samarcande.

S’exprimant pour la première fois à ce sujet, le parquet général a indiqué qu’elle avait été condamnée en 2015 à une peine de contrôle judiciaire pour cinq ans.

Pour le journaliste russe Arkadi Doubnov, expert de l’Asie centrale, cette levée partielle du mystère entourant Goulnara Karimova peut s’expliquer par « la nécessité pour les nouvelles autorités ouzbèkes de montrer des résultats dans l’enquête avant le premier anniversaire de la mort d’Islam Karimov ».

Ces annonces montrent aussi que le gouvernement fait de vrais efforts pour récupérer les actifs à l’étranger liés à Mme Karimova, a-t-il ajouté sur la radio Echo de Moscou.

Mort à 78 ans d’une hémorragie cérébrale, Islam Karimov a été enterré le 3 septembre 2016 et son allié de longue date Chavkat Mirzioïev lui a succédé.

Selon le parquet général, des demandes pour geler les actifs ont été envoyées aux autorités des pays où se trouvent des actifs liés aux activités de Mme Karimova, dont la Suisse, la Suède, l’Espagne, l’Irlande, l’Allemagne ou la Russie.

En France, un appartement parisien, une villa sur la Côte d’Azur et un château proche de la capitale française appartenant à Mme Karimova ou son entourage ont fait l’objet d’une saisie pénale dès 2015.

Des procédures pour corruption ont été lancées dans de nombreux pays, impliquant des groupes de télécoms qui lui auraient payé de confortables pots de vin pour se voir attribuer des licences de téléphonie mobile.

Ces affaires ont notamment éclaboussé l’opérateur russe VEON (ex-Vimpelcom), qui a écopé d’une amende de plusieurs centaines de millions de dollars aux Etats-Unis, et par ricochet le norvégien Telenor, son actionnaire, dont plusieurs dirigeants ont perdu leur poste.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2017 15h00)                                            

Congo: Des élections législatives et locales émaillées de fraudes torrentielles

juillet 16, 2017

Élection législative au Congo Brazzaville : une pluie de la fraude électorale et la corruption s’est abattue sur toute l’étendue du territoire.

Le directeur de campagne d’Exauce Ngambili, candidat du Parti Congolais du Travail (PCT) dans la circonscription de Djiri 2, supervisait le bureau de vote d’Ibalico, il y a eu fraude à grande échelle.

En mi journée, le bourrage d’urnes a continué dans une fausse ambulance garée devant le bureau de vote au quartier du Domaine.

 

La voiture d’Exauce Ngambili, membre du PCT bloquée par les habitants de Djiri 2 après sa tentative de bourrage d’urnes.

Élections législatives : Brazzaville , vive tension à poto-poto au bureau de vote Faignand où les voleurs sont démasqués et dénoncés publiquement. Dans ces conditions comment le PCT peut-il prétendre gagner? Ha j’avais oublié que c’est le Parti Congolais des Tricheurs. Plus personne ne veut avaler ce qu’il a vomi.

Élection législative : NIANGA brûle.
Destiné DOUKAGA a voté sous un escort impressionnant. Les pneus ont été brûlés à nouveau. Un nouveau renfort des militaires est arrivé sur place. La nuit risque d’être ensoleillée.

Photo de BrazzaNews.
Élection législative : POINTE-NOIRE

À LUMUMBA 2, centre la référence. Les bureaux sont quasiment vides, pas d’électeurs. L’un de bureau, 1041 inscrits, à 20min de la clôture à peine 60 votants. Les gens savent que leurs voix seront volées, donc pourquoi se déplacer si sa voix est directement transférée à un candidat X pour gonfler le nombre de sièges de la majorité

Photo de BrazzaNews.
L’école primaire de NGOYO devient le désert du Sahara depuis ce matin. La population à dit NON, juste 10 votants .
 

Élection législative : KELLÉ prouve son kellé (colère). Les urnes emportées par la population.. c’est la débandade.

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.
Constant Barrond: « Ça fait 27 ans que je suis allé à Kellé… Il n’y a toujours pas d’asphalte sur cette artère principale qu’avons nous fait pour mériter ce sort qui s’acharne sur notre pays depuis tant de décennies? »
 

Élection législative : NKAYI / un jeune a été tabassé ce matin dans l’arrondissement numéro 2, il était entrain de corrompre les gens dans les rues dans l’arrondissement Soulouka avec un gros sac d’argent. C’est un petit de NKAYA Gaspard MAGANE il le faisait pour le compte de ce dernier .MAGANE est sénateur de Nkayi il avait trahi l’UPADS lors des élections présidentielles et le peuple lors du Référendum.

Photo de BrazzaNews.
 

Élections législatives : DIATA ( Brazzaville ) à l’école primaire de Diata.

Les partisans du candidat du PCT Bernard Missamou et ceux de Bonaventure Bounzika ont été arrêtés avec des cartes d’électeurs.
La milice avec l’aide de la population, a pu mettre la main sur eux, et les a libérés quelques minutes après. On note l’absence de papiers jaune pour les procès verbaux dans le bureau de vote. « Ça sent la tricherie, les autres candidats sont inquiets. »

Élection législative : vive tension à Château d’eau (Brazzaville).
Au quartier château d’eau, 16 h 00…
Échange jet de pierre et gaz lacrymogène entre les jeunes de ce quartier et les policiers. L’incident démarre dans le bureau de vote de l’école primaire de NGANGOUONI.

 

Élection législative : MOSSENDJO dans la tricherie NDOUNA.
À Mossendjo dans la première circonscription, le suppléant du candidat François Ndouna en la personne de Aloise Birangui, secrétaire du bureau exécutif municipal sortant a été surpris entrain de corrompre les électeurs en donnant de l’argent. Conduit devant le procureur de la république celui ci est allé juste le déposer dans leur quartier général.

 

Élection législative : MOUNGALI 2 ( Brazzaville). Ines INGANI déploie la corruption et la tricherie.

Ines Ingani, ministre, candidat du Pct, candidat de grande tricherie et corruption. Des fausses procurations délivrées par ses services de compagnes, accompagnées des cartes d’électeurs dupliquées pour sa cause ont été découvertes entre les mains de ses lieutenants. Les billets de banque circulent a une vitesse V

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Elections africaines, réapprendre à compter

mars 16, 2016

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote  pour le premier tour de l'élection présidentielle  à Niamey, le 21 février.

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote pour le premier tour de l’élection présidentielle à Niamey, le 21 février. Crédits : PASCAL GUYOT / AFP
L’opposition nigérienne a décidé de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle dimanche 20 mars pour protester contre les fraudes du 1er tour et le maintien en prison de l’opposant Hama Amadou qui, lui, fait campagne derrière les barreaux. Cette situation baroque n’est pas le premier scrutin non consensuel en Afrique mais les bizarreries ont tendance à se répéter et sapent la légitimité de cette étape fondamentale de la démocratie.

Il est désespérant de constater que les mêmes erreurs se répètent à chaque fois, faisant de certains scrutins une mascarade électorale comme ce fut le cas au Togo en avril 2015 avec le coup de force de la CENI, la commission électorale, qui annonce la victoire de Faure Gnassinbgé après compilation des résultats de 14 commissions électorales locales sur un total de 42…

La nouvelle mode du « coup K.O. » (victoire dès le premier tour) n’a pas amélioré la crédibilité des scrutins. Le Congolais Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de trente ans au pouvoir, compte dessus le 20 mars. Mais cette majorité magique s’explique difficilement quand on examine un peu la sociologie électorale de ces pays. Heureusement il y a des exceptions. Le Sénégal en 2012 a connu sa deuxième alternance politique avec la défaite du président sortant (la première fois c’était en 2000 avec la défaite d’Abdou Diouf face à Abdoulaye Wade).

Repenser l’observation électorale

Il y a plusieurs raisons à cela mais la principale, qui devrait servir de référence pour tous les autres pays, c’est la possibilité pour les médias de diffuser en direct les résultats bureau de vote par bureau de vote, rendant ainsi compliquée une des fraudes les plus répandues (et pourtant grossière) qui consiste à fabriquer de faux PV de bureau de vote pour la compilation finale (soit des PV qui ne correspondent pas aux résultats réels des bureaux de vote, soit des PV de bureaux de vote fictifs que l’on dissimule en gonflant le taux de participation).

Autre exception heureuse, le Nigeria en 2015 qui a vu pour la première fois de son histoire un président sortant battu. La société civile a joué un rôle majeur en assumant pleinement sa mission d’observation électorale, réduisant ainsi les possibilités de fraudes dans un pays où la fraude électorale était pourtant devenue une industrie lourde. C’est aussi la société civile en Côte d’Ivoire qui a permis, lors de l’élection présidentielle de 2015, d’éviter l’officialisation d’un taux de participation fantaisiste même si le résultat final de l’élection laisse certains encore perplexes.

Lire aussi : Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

La question de l’observation électorale est, en effet, majeure. Il y a un déficit de formation de la société civile et des partis politiques. La communauté internationale pourrait se rendre utile en dédiant le temps qui sépare deux élections à former des observateurs au sein des partis politiques et de la société civile. Les fédérations mondiales de partis politiques (internationale socialiste, internationale libérale…) pourraient aussi remplir ce rôle mais elles en sont totalement absentes, réduisant la solidarité mondiale au soutien aux dirigeants et non aux peuples.

Des listes électorales revues au dernier moment

Que dire aussi de la préparation des élections ? A chaque fois, c’est la même pagaille. On connaît pourtant la date de la prochaine élection dès le lendemain de celle qui se termine, mais rien n’y fait. La liste électorale est révisée en toute hâte six mois avant l’échéance, on permet l’inscription pendant un mois, parfois moins (vu la démographie et le nombre de nouveaux majeurs chaque année on devine qu’un tel délai n’est pas sérieux), et on affiche les listes électorales pendant une ou deux semaines, ce qui ne permet pas un réel contrôle social ni à tous les électeurs d’identifier le bureau de vote duquel ils dépendent.

L’idéal serait de coupler un système d’état civil fiable et une liste électorale (ce que certains pays commencent à faire), mais surtout de faire une révision des listes électorales chaque année avec inscription possible toute l’année et un affichage des listes sur des périodes plus longues. Je me suis toujours étonné qu’aucun des bailleurs de fonds qui financent des élections parfois très coûteuses n’ait jamais lié son financement à une préparation qui débute dès le lendemain de l’élection précédente. Tout le monde se réveille au dernier moment. A chaque fois.

Il faut aussi préciser que la biométrie et l’informatique ne protègent pas de la fraude. Le contrôle social et celui des partis politiques sont bien plus efficaces, d’où la nécessité d’afficher les listes électorales suffisamment longtemps. En revanche, la biométrie est un bon business pour certaines entreprises et autorités qui collectent leur dîme au passage… C’est ce même contrôle social et celui des partis politiques qui doivent être favorisés lors du scrutin et surtout pendant la période de compilation des résultats.

Aujourd’hui, les délais prévus par les différentes Constitutions et lois électorales pour déposer les recours et les examiner ne rendent pas crédible le processus. Il est urgent d’allonger ces délais en donnant le temps aux partis politiques de consolider leurs résultats et de formuler des recours et ensuite aux instances compétentes de les examiner. Ce devrait être une exigence des différentes missions d’observation électorales, afin qu’elles puissent observer le processus des recours comme elles le font pour les opérations de vote. Les missions d’observation électorales devraient également prévoir systématiquement un examen a posteriori des PV des bureaux de vote. C’était prévu sur 4 000 bureaux de vote au Togo pour l’élection présidentielle de 2010, mais l’accès informatique à la base n’a pas été autorisé par le pouvoir en place, qui avait changé les codes…

Bref, la crédibilité des élections du continent ne se renforce pas ces dernières années. Chacun a sa part de responsabilité, y compris la communauté internationale dont la docilité, même en présence de résultats soviétiques, ne contribue guère à promouvoir l’idéal démocratique. Quant à ceux qui tripatouillent les scrutins, ils ménagent toujours la communauté internationale pour s’assurer qu’elle endosse le résultat. Ces apprentis sorciers feraient mieux de tourner leur regard dans une autre direction, celle de leur peuple car c’est de là que viendra la lame de fond.

Congo/Présidentielle du 20 mars: Théorie du PCT planifiée à ciel ouvert

mars 16, 2016

nyanga-elenga

Symphorien Olandzobo

 

Depuis l’annonce volcanique de la tenue anticipée de la présidentielle par Sassou Nguesso, le PCT souffle paradoxalement le chaud et le froid.

Peu de congolais comprennent la panique qui s’est emparée des tenants du pouvoir de Brazzaville.

Les sondages effectués par les services spéciaux et certains organismes assermentés ne donnent que très peu de chance au président sortant d’arriver au 2e tour.

Et depuis lors, autour du président Sassou, tout le monde est désormais convaincu que sans tricher, le sphinx de Mpila ne peut plus briguer un mandat électif à la magistrature suprême.

Malgré le tripatouillage du fichier électoral, Sassou s’est rendu compte que l’équation de la tricherie garde son mystère entier.

Aussi, le Parti Congolais du Travail à entrepris depuis quelques jours une tricherie à ciel ouvert… Au vu et au su de tous, des membres de ce parti sillonnent coins et recoins de Brazzaville et des départements de l’intérieur.

Objectif non dissimulé, répertorier, avec l’aide des chefs de quartiers et de blocs, tous les électeurs potentiels du candidat Sassou. Le but du jeu consiste à remettre, avant le jour du scrutin, à ces personnes répertoriées des bulletins de vote préétabli et remplis d’office avec le sceau de leurs empreintes obtenues grâce à des encriers prévus à cet effet.

L’électeur se rendra donc au bureau de vote avec en poche ce bulletin pré rempli. Dans l’isoloir, ce dernier n’aura qu’à plonger dans l’urne son bulletin amené de la maison, et empochera le bulletin qu’il aura au préalable retiré auprès des agents électoraux.

Au sortir du bureau de vote, l’électeur « kamikaze » se rend au point de ralliement et de bonnes grâces du PCT où, en échange du bulletin non utilisé, il encaisse le pactole prévu pour le diabolique troc, soit la somme de 20 000 frs.

Les 5 candidats du changement devraient donc exiger, comme au Bénin, un renforcement du climat de confiance qui passe par des fouilles systématiques à l’entrée des bureaux de vote. A Cotonou, Boni Yayi, président sortant, a été fouillé devant les caméras de télévision et de nombreux témoins, avant d’avoir accès au bureau de vote. Montrer ainsi patte blanche serait une garantie d’équité.

Au cas contraire, le président de chaque bureau de vote devra faire estampiller les bulletins en amont du processus, dans le bureau de vote.

Le phénomène grotesque ici réside dans le fait que le PCT doute désormais de ses propres électeurs, car cette campagne de triche par anticipation vise principalement son électorat potentiel qui a témoigné le 25 octobre dernier d’un manque total de motivation.

Par ailleurs, pour mieux s’assurer le succès de sa méthode, le PCT a prévu un traitement spécial à tous les représentants des autres candidats dans les bureaux de vote. Ce qui permettrait à ces derniers de lever le pied ou fermer les yeux devant les monstruosités dont se rendrait coupable la machine du pouvoir pendant et après le vote, le 20 mars.

Pas étonnant qu’un certain « monsieur la pluie » fasse la pluie et l’y beau temps de cette opération « hold up » électoral dans la zone de Solo Penza à Talangaï. Pendant que un certain Thibault du Club 2002 pur aurait déjà des cartes d’électeurs et actes de naissance, en quantité industrielle, à l’Île Mbamou.

Dans cette contrée, on signale aussi l’activisme éhonté du DG de l’Onemo, député Pct de la circonscription, Nyanga Elenga. Ce rejeton du pouvoir se livre à tous les trafics, d’électeurs venus de RDC…

Comme quoi, le PCT a maintenant beaucoup de mal à prouver ses capacités à remporter une élection présidentielle, voire à figurer à un deuxième tour.

Avec Zenga-mambu.com

Présidentielle ivoirienne : l’opposition accuse le pouvoir de « préparer des fraudes »

juin 14, 2015

    L'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne Mamadou Koulibaly, le 15 mai 2015 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP


L’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne Mamadou Koulibaly, le 15 mai 2015 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

L’opposition ivoirienne a critiqué, samedi à Abidjan, l’organisation de la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire, accusant le pouvoir de préparer des « fraudes massives » sur les listes électorales.

L’opposition réunie au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC), avec plusieurs cadres frondeurs de partis de la majorité et de l’opposition, dont l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny (majorité) et l’ancien président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly (opposition), a déploré « un mode opératoire conçu et mis en œuvre de façon unilatérale par le pouvoir en place ».

« Nous dénonçons une volonté manifeste du pouvoir d’organiser des fraudes sur le recensement électoral » démarré le 1er juin, a déclaré à l’AFP Bertin Konan Kouadio, dit « KKB », un cadre de la CNC.

« Une élection se gagne à partir des listes électorales », a poursuivi M. Kouadio, accusant le pouvoir de se « tailler des listes électorales sur mesure (…) sur lesquelles seront inscrits ses partisans ».

Graves menaces sur la paix sociale

« Les conditions de préparation et d’organisation de l’élection présidentielle d’octobre font peser de graves menaces sur la paix sociale en Côte d’Ivoire », a prévenu de son côté Laurent Akoun, un cadre de la CNC, lors d’une conférence de presse.

La Commission électorale indépendante (CEI) est le maître d’œuvre de l’opération de révision des listes électorales qui doit s’achever le 30 juin et devrait concerner trois millions de nouveaux électeurs.

La CNC estime que la CEI, dans sa forme actuelle, est « entachée d’une partialité criarde, qui porte en elle les germes d’élections truquées à l’avance », exigeant sa « dissolution ».

La CEI a joué un rôle fondamental lors des scrutins d’octobre-novembre 2010 en annonçant la défaite de l’ancien chef de l?État Laurent Gbagbo qui, en refusant la victoire de son adversaire, l’actuel président Alassane Ouattara, a précipité le pays dans le chaos.

Plus de 3.000 personnes ont péri en cinq mois de violences post-électorales, épilogue sanglant d’une décennie de crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.

Dans ce contexte, la présidentielle de 2015 est cruciale, puisqu’elle est censée parachever la stabilisation du pays.

Alassane Ouattara a été investi fin avril candidat de la coalition au pouvoir pour la présidentielle d’octobre, dont il est le grand favori.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti d’opposition de Laurent Gbagbo, en proie à une forte crise interne, a désigné le 22 mai Pascal Affi N’Guessan comme candidat pour affronter le président sortant.

La CNC, qui constitue une « troisième voie », pourrait également présenter un candidat.

Jeuneafrique.com

Présidentielle au Liberia : dénonçant des fraudes, l’opposition quitte le processus électoral

octobre 15, 2011

Alors que les résultats de plus de la moitié des bureaux de vote ont été communiqués par la commission électorale, l’opposition libérienne, dont le parti de Winston Tubman, s’est retiré samedi du processus électoral, dénonçant de « nombreuses fraudes ».

L’opposition libérienne a dénoncé samedi « de nombreuses fraudes » et a décidé de se retirer du processus électoral en cours, a appris l’AFP de source proche de l’opposition.

« Nous nous retirons du processus car il n’est pas démocratique et qu’il y a de nombreuses fraudes », a déclaré cette source, alors que le dépouillement des bulletins de vote des élections du 11 octobre est en cours et donne la sortante Ellen Johnson Sirleaf en tête à la présidentielle face à Winston Tubman.

Parmi les partis d’opposition qui ont décidé de ne plus participer au processus figurent le Congrès pour le changement démocratique (CDC) de M. Tubman, principal opposant, et l’Union nationale pour le progrès démocratique (NUDP) de l’ex-chef de guerre Prince Johnson, arrivé en 3ème position à la présidentielle, selon cette source.

Les derniers résultats de vendredi, portant sur un peu plus de la moitié des quelque 4.500 bureaux de vote, donnaient Ellen Johnson Sirleaf, Nobel de la paix 2011, en tête de la présidentielle avec 45,4% des voix, suivie de Winston Tubman (29,5%) et de Prince Johnson (11,4%).

Un incident signalé dans la nuit de vendredi à Samedi

La présidentielle a été organisée le 11 octobre, en même temps que des législatives et des sénatoriales. Le taux de participation dans les bureaux dont les bulletins ont été comptés est légèrement au-dessus de 70%, et confirme la forte mobilisation constatée le jour du vote. Les observateurs internationaux qui ont surveillé les élections avaient tous salué leur caractère pacifique et la forte mobilisation des Libériens.

L’annonce du retrait de l’opposition survient peu après un incendie dans la nuit de vendredi à samedi d’un local du Parti de l’unité (UP) de Mme Sirleaf dans la banlieue de Monrovia. Al Karlay, un des responsables de la police de Monrovia, a affirmé qu’il était pour l’instant difficile de dire s’il s’agissait « d’un acte de vandalisme ou politiquement motivé ».

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a mis en garde vendredi la classe politique libérienne, affirmant que « le recours à la violence ne sera pas toléré ». Il a ajouté que ses services surveillaient « de près les développements liés aux élections » et qu’il portait « une grande attention aux actions et déclarations de la classe politique, et en particulier des candidats à la présidentielle, même après les élections ».

Le Liberia a été ensanglanté et ravagé par deux guerres civiles, de 1989 à 2003, qui ont fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de blessés, en détruisant ses infrastructures et son économie. Le chômage y atteint encore aujourd’hui 80% de la population active et la majorité des Libériens vivent dans l’extrême pauvreté.

Jeuneafrique.com avec AFP