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Des milliers de Canadiens fraudés, Service Canada ne dit pas tout

avril 27, 2022

De nombreux prestataires d’assurance-emploi sont en colère contre Service Canada qui laisse planer le mystère au sujet d’une brèche de sécurité.

Des gens font la file.

Un bureau de Service Canada Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Des milliers de personnes ont découvert avoir été victimes d’une fraude liée à l’assurance-emploi dans les derniers mois. Encore à ce jour, ces Canadiens ne savent pas exactement de quelle façon ils ont été fraudés. Malgré des demandes répétées durant plusieurs semaines, Service Canada a refusé d’expliquer précisément ce qui s’est produit.

Plus encore, les nombreux prestataires à qui nous avons parlé soutiennent ne jamais avoir été avisés par l’institution fédérale. Ils l’ont découvert par eux-mêmes, car ils ne recevaient pas leurs prestations – ce qui les plaçait parfois dans une situation précaire – ou parce qu’ils accédaient à leur dossier en ligne pour y obtenir leur feuillet T4E.

Le modus operandi semble avoir été le même dans tous les cas. Les adresses et le compte bancaire ont été changés dans l’ignorance la plus totale des prestataires et, selon toute vraisemblance, avec une certaine facilité.

Nous tenons à préciser que les comptes de Service Canada n’ont pas été piratés, indique l’agence. Nous savons que les fraudeurs peuvent utiliser de l’information (par exemple, nom, numéro d’assurance sociale, date de naissance, nom de famille d’un parent, ou même des mots de passe) à la suite d’un vol d’identité.Un usager consulte son téléphone intelligent.

Canadiens fraudés pas été prévenus par Service Canada. Photo: Radio-Canada/ Ici Radio-Canada

Jamais avisés

Service Canada précise que la région du Québec a connu un nombre considérablement plus élevé de fraudes liées au vol d’identité ou au fait que leur identité pourrait être compromise dans le secteur privé et les institutions financières.

La majorité des personnes qui nous ont confié leur malheur sont des clients de Desjardins, institution qui a connu une fuite massive de renseignements personnels en 2019.

Mais certains ne le sont pas, comme Manuel Lévesque de Saint-Lin–Laurentides. Je leur ai dit [à Service Canada] que c’est impossible, parce que je ne fais pas partie de la fraude à la caisse populaire, affirme-t-il. Je n’ai pas été fraudé autrement que par le chômage.

M. Lévesque, qui conduit des bétonnières, explique avoir fait une demande à l’assurance-emploi en décembre, mais n’avoir jamais rien reçu. Après plusieurs semaines et une deuxième demande sans paiement, il est descendu au bureau du chômage pour apprendre que son compte avait été compromis plusieurs mois auparavant : À force de parler à la madame, j’ai fini par savoir que mon chômage avait été fraudé au mois de juillet et au mois d’août!

« Où […] je bloque, c’est qu’ils n’appellent personne pour prévenir personne. »— Une citation de  Manuel Lévesque

Toujours en attente de ses chèques et de la régularisation de son dossier, Manuel Lévesque ne décolère pas de son aventure avec Service Canada. Si on leur doit cinq dollars, ils nous envoient une lettre, ironise-t-il.

Quant à Éliane L., cliente chez Desjardins, elle se demande aussi pourquoi elle n’a pas été prévenue. Lorsqu’elle a voulu faire une requête, elle s’est aperçue que son adresse et son compte bancaire avaient changé, mais il lui était impossible de faire quoi que ce soit, puisque son compte avait été révoqué.

Ils m’ont dit que je n’avais pas à m’inquiéter et que la demande avait été bloquée, puisque l’adresse frauduleuse était connue, relate-t-elle.

« Ça a été vraiment ardu, parce que, des fois, c’était quatre à cinq heures d’attente en ligne [au téléphone]. »— Une citation de  Éliane L.

Le cas d’Éliane L. n’est pas unique. À la fin de janvier, l’ajout d’effectifs et de mesures a permis, selon Service Canada, de rétablir le paiement des prestations à plus de 14 500 clients. Il n’a pas été possible d’obtenir de l’agence le nombre exact de victimes d’usurpation d’identité ni les montants qui ont pu être versés erronément.

Le dossier en révision de madame X

Nous avons insisté auprès de Service Canada pour mieux comprendre l’origine de la brèche de sécurité. Nous ne pouvons pas parler de cas particuliers sans une renonciation, nous a-t-on répondu.

Une cliente, dont le compte a été usurpé et que nous nommerons madame X pour préserver son identité, a donc accepté de signer pour Radio-Canada un formulaire de consentement à la divulgation aux médias de renseignements personnels. Elle a décelé l’escroquerie lorsqu’elle a voulu télécharger son feuillet T4E en vue de la production de sa déclaration de revenus.

Malgré tout, l’agence n’a pas répondu à notre question, car, a-t-elle soutenu, le 21 décembre, une anomalie a été détectée dans les informations fournies par le fraudeur et un arrêt de paiement a été ajouté au dossier [de madame X] le 31 décembre. Première réaction de la prestataire : Pourquoi en date du 7 février au soir, quand j’ai découvert la situation, je n’avais toujours pas reçu d’appel ou de lettre?

L’institution fédérale soutient que son dossier a été réglé à compter du 16 février 2022. Deuxième réaction de la prestataire : Pourquoi cela s’affiche-t-il toujours dans mon dossier comme une demande en révision?

Sécurité des programmes

Le gouvernement précise avoir mis en place des mesures afin de protéger l’intégrité des programmes de prestations incluant la mise au point de solutions de vérification des informations d’authentification des clients comme l’authentification multifacteur obligatoire.

Or, pour accéder à son dossier, madame X avait une telle authentification avec un code de sécurité envoyé par texto depuis près d’une année quand des fraudeurs ont pu modifier des informations à son compte. Elle n’a jamais reçu de quelconque alerte.

Comme l’illustrent les cas présentés dans ces lignes, Service Canada paraît néanmoins avoir réussi à bloquer certaines tentatives malhonnêtes, grâce à l’analyse de données et aux capacités de renseignements pour prévenir, détecter et empêcher les fraudes.

À très grande échelle

Le Conseil national des chômeurs, qui se porte à la défense des droits des travailleurs sans emploi, évoque un vol d’identité à très grande échelle qu’on ne s’explique pas encore.

Il y a des milliers de personnes dont le chômage a été bloqué à cause d’une demande faite en leur nom, raconte son porte-parole Pierre Céré. Ça a pris parfois des mois à les débloquer et ça continue.

M. Céré se souvient d’une rencontre au mois de janvier avec les dirigeants de Service Canada où son organisation a abordé le sujet : Ils arrêtaient de respirer, parce qu’à cette époque, ils ne voulaient pas le reconnaître, du moins publiquement.

« Il est anormal que les dossiers traînent pendant des mois. Encore plus surréaliste, c’est qu’il faut pratiquement, comme intervenant, démontrer un état d’indigence du prestataire pour que le dossier soit traité. »— Une citation de  Pierre Céré, porte-parole, Conseil national des chômeurs

Le Bloc québécois s’en mêle

Nous ne sommes pas parvenus à savoir si la méthode des malfaiteurs a pu être contrecarrée définitivement ni si des Canadiens n’ayant jamais eu recours à l’assurance-emploi ont pu être visés.

Le 1er avril, dans une lettre acheminée à la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, le Bloc québécois soulignait que les cas de fraude à l’assurance-emploi risquent d’augmenter drastiquement lorsque les gens recevront leur avis de cotisation et réaliseront qu’ils doivent payer de l’impôt sur des montants dont ils n’ont jamais vu la couleur.

Le parti politique s’indigne d’ailleurs que des contribuables doivent encore à ce jour payer injustement des impôts sur des prestations canadiennes d’urgence et de relance économique qu’ils n’ont jamais eues.

L’auteur de la lettre, le député Jean-Denis Garon, demande à la ministre une période de grâce pour les personnes fraudées, le temps de régler la situation, et ce, sans intérêt, et que l’Agence du revenu du Canada émette un nouvel avis de cotisation à la réception du T4E modifié de Service Canada.

Avec Radio-Canada par Mathieu Dion

Canada: Des accusations de « fraudes » au cœur du recrutement massif d’étudiants étrangers

avril 11, 2022

« Faux reçus », « détournement de fonds », « abus de pouvoir » : des acteurs liés au recrutement d’étudiants indiens au Québec font désormais l’objet d’accusations criminelles. Un procès aura lieu l’an prochain.

Ancienne directrice du département international de la Commission scolaire Lester B. Pearson, Caroline Mastantuono fait l’objet de plusieurs accusations criminelles. Photo: Facebook/Rising Phoenix International

« Pandore ». C’est le nom de code donné par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a enquêté depuis 2016 sur des allégations de « fraudes », mais aussi de « fabrication et d’usage de documents falsifiés » au sein de la Commission scolaire Lester B. Pearson.

Jusqu’à ce jour, aucun détail n’avait filtré et une ordonnance de non-publication, aujourd’hui levée, avait été émise. Seuls des « infractions criminelles » et des « actes illégaux » avaient été brièvement mentionnés par le procureur, au cours d’une première audience.

CBC/Radio-Canada a obtenu un résumé déposé en cour par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), faisant état d’allégations de fraude, de fabrication et utilisation de faux documents et d’abus de pouvoir, qui seront présentées dans quelques mois à un juge, plus de six ans après l’évocation par le gouvernement du Québec(Nouvelle fenêtre) de pratiques irrégulières dans ce domaine.

Ces éléments n’ont pas encore été prouvés devant les tribunaux. Un procès de trois semaines est prévu dès janvier 2023 à cet effet et plus d’une cinquantaine de témoins devraient être appelés à la barre.

Les personnes visées par ces accusations(Nouvelle fenêtre)? Une femme d’affaires montréalaise, sa fille et un chef d’entreprise, qui se sont spécialisés durant une dizaine d’années dans le recrutement d’étudiants internationaux, d’abord dans le domaine de l’enseignement public, avant de lancer leurs propres collèges privés.

Ces personnes, par respect pour la Cour et le processus judiciaire, n’ont voulu émettre aucun commentaire. Elles ont cependant enregistré un plaidoyer de non-culpabilité, ont indiqué leurs avocats à Radio-Canada, tout en précisant que [leurs] clients n’ont pas eu l’occasion encore de répondre dans la procédure judiciaire.

Caroline Mastantuono et Naveen Kolan ont travaillé ensemble pour la Commission scolaire Lester B. Pearson. On les voit ensemble, en 2013, dans un événement. Photo : Facebook/Edu Edge

Accusations de fabrication de faux documents

Tout aurait commencé en 2012. Caroline Mastantuono dirigeait le département international de Lester B. Pearson, un établissement scolaire anglophone de Montréal. Un partenariat est signé avec la firme de recrutement Edu Edge, dirigée par l’homme d’affaires Naveen Kolan.

L’objectif? Augmenter le nombre d’étudiants internationaux, particulièrement indiens, dans l’établissement.

Deux stratagèmes destinés à commettre des fraudes sont alors mis en place, argue le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP dans un résumé des faits déposé en cour en février. Celui-ci se penche sur des actions qui auraient été commises entre 2014 et 2016.

D’après ce document, Caroline Mastantuono et Naveen Kolan auraient demandé à des membres de la Commission scolaire de créer de faux reçus de paiement des frais de scolarité pour des étudiants indiens, même si ces derniers n’avaient pas versé entièrement ces sommes ou n’étaient pas en mesure de prouver leur capacité financière. Ces reçus auraient ensuite permis à ces étudiants, recrutés par Edu Edge, d’obtenir leur permis d’études.

La fille de Caroline Mastantuono, Christina, aurait entre autres été responsable de produire ces faux reçus qui ont trompé le ministère de l’Immigration. À l’instar de sa mère et Naveen Kolan, elle fait l’objet de plusieurs accusations criminelles.

Cette façon de faire, écrit le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, aurait permis à Edu Edge de facturer à la Commission scolaire des frais de commissions liées au recrutement.

Le risque global de préjudice financier, pour Lester B. Pearson, est estimé à près 1,5 million de dollars.

Caroline Mastantuono et sa fille Christina ont été employées par la Commission scolaire Lester B. Pearson, avant de faire l’objet d’accusations criminelles. Photo: Facebook/Rising Phoenix International

Détournement de fonds, selon le DPCP

Un détournement de fonds est également évoqué. Selon le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, une entreprise liée à la femme de Naveen Kolan a reçu plusieurs chèques de la Commission scolaire pour des frais de recrutement de 25 étudiants.

Problème, ces étudiants se seraient inscrits directement auprès de la Commission scolaire et ne seraient passés par aucun intermédiaire. Près de 77 000 $ auraient malgré tout été versés à cette entreprise enregistrée en Colombie-Britannique.

Par ailleurs, selon le Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP, aucun accord de recrutement n’existe entre cette firme et la Commission scolaire, qui n’a pas voulu émettre de commentaires en raison de la procédure en cours.

L’UPAC a entamé son enquête à la Commission scolaire Lester B. Pearson en 2016. Photo : Radio-Canada/ Charles Contant

Une procédure au civil

L’UPAC n’est pas la seule entité à avoir mené une enquête. Dès 2016, la Commission scolaire Lester B. Pearson a fait appel à Langlois, un cabinet d’avocats, pour vérifier les activités du département international de l’établissement public.

Ce rapport, que nous avons pu consulter, parle notamment d’un manque de transparence de la part de Caroline Mastantuono. Des employés sous sa supervision auraient également travaillé au profit des entreprises de Naveen Kolan, qui détenait, dans le même temps, un collège privé à Montréal.

Lester B. Pearson a décidé, en septembre 2016, de licencier Caroline Mastantuono, employée par la Commission scolaire depuis 1990.

À l’époque(Nouvelle fenêtre), la directrice du département international se disait victime d’une vengeance de l’ancienne présidente de l’établissement, Suanne Stein Day, qui aurait, selon elle, enfreint des règles éthiques.

Les éléments reprochés à Caroline Mastantuono sont pourtant bien différents, selon une lettre, signifiée par huissier, qui lui a été envoyée en juillet 2016 par le directeur général de la Commission scolaire, Michael Chechile. Celle-ci est intitulée Recommandation pour votre licenciement.

Nous avons obtenu ce document de trois pages, dévoilé récemment par CBC(Nouvelle fenêtre), ainsi que le compte rendu d’une rencontre, quelques semaines plus tard.

Naveen Kolan, à droite, avait signé une entente avec les représentants de Lester B. Pearson en 2012. Photo : Facebook/Edu Edge

Aux yeux de Michael Chechile, Caroline Mastantuono aurait fait preuve d’insubordination et aurait participé à plusieurs irrégularités dans le département qu’elle dirigeait. Des employés sous sa supervision auraient reçu l’ordre de faire de fausses déclarations aux autorités gouvernementales au sujet des frais de scolarité, souligne-t-il. Des courriels et des données d’un disque dur appartenant à l’établissement auraient aussi été effacés, poursuit Michael Chechile.

Par la suite, selon la retranscription d’une rencontre entre des représentants de Lester B. Pearson et Caroline Mastantuono, cette dernière a nié ces accusations. Je n’ai jamais donné l’ordre à mes employés de mentir aux autorités gouvernementales, a-t-elle clamé, tout en assurant avoir effacé des éléments bancaires personnels de son ordinateur.

Fin 2016, la Commission scolaire a lancé une procédure au civil contre Edu Edge, en réclamant une reddition de compte à la suite des sommes importantes collectées appartenant, selon ses dires, à l’institution publique.

Cette procédure est toujours en cours et, désormais, Edu Edge demande 5,5 millions de dollars à Lester B. Pearson pour des frais que la firme estime lui être dus. L’avocat de la Commission scolaire n’a voulu émettre aucun commentaire et celui d’Edu Edge n’a pas répondu à nos questions.

Le Collège M, situé dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal, a ouvert ses portes en janvier 2020. Photo: Radio-Canada/ Ivanoh Demers

Différents collèges privés lancés

Caroline et Christina Mastantuono ont été arrêtées par l’UPAC en novembre 2020. Naveen Kolan, à l’étranger à cette période, a quant à lui été arrêté en janvier 2021. Ils sont accusés de fraudes, d’abus de confiance, d’usage et de production de faux documents.

Entre 2016 et ces accusations, en 2020, les Mastantuono et Kolan ont fait partie des personnages centraux dans l’augmentation, massive, de collèges privés non subventionnés au Québec. En peu de temps, le nombre d’étudiants indiens inscrits dans ces établissements a explosé.

À la fin de l’année 2020, le gouvernement Legault a déclenché une enquête, à la suite de doutes concernant la qualité de l’enseignement et un éventuel détournement du processus d’immigration.

Le gouvernement de François Legault a lancé des enquêtes à la fin de l’année 2020. Selon la ministre Danielle McCann, des collèges ont exploité des « failles » des lois actuelles. Photo: La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Caroline Mastantuono a fondé, avec ses deux enfants, la firme de recrutement Rising Phoenix International. Elle a également créé le Collège M du Canada, à Montréal, qui a ouvert ses portes début 2020.

Dans le même temps, elle a fait l’acquisition du Collège de l’Estrie, à Sherbrooke, et du Collège de comptabilité et de secrétariat du Québec (CCSQ), à Longueuil. Impliquée dans plusieurs transactions immobilières, la famille Mastantuono a aussi tenté d’agrandir son empire à Gatineau, mais Québec a rejeté leur demande de permis.

Avec Rising Phoenix International, elle a également eu des ententes afin de recruter des étudiants indiens pour d’autres collèges privés, mais aussi des cégeps.

Naveen Kolan, quant à lui, était à la tête du Collège Matrix, à Montréal, et du groupe Hermès, qui réunit plusieurs établissements. Des partenariats avec des cégeps ont également été signés. Il a par ailleurs participé à la création du campus montréalais du Cégep de la Gaspésie et des Îles, qui compte dans ses rangs des centaines d’étudiants indiens.

Sans citer spécifiquement ces différents établissements, le gouvernement Legault a admis des « lacunes » dans ce réseau, après une enquête qui visait, notamment, les collèges dirigés par Caroline Mastantuono et Naveen Kolan ou en lien avec eux.

Les vérifications faites ont permis de constater des pratiques questionnables sur le plan du recrutement, des pratiques commerciales, de la gouvernance, des conditions d’enseignement, a détaillé un plan d’action dévoilé au printemps dernier, qui parle, d’une manière générale, de stratagèmes douteux et de pratiques commerciales douteuses.

Aucune accusation du Directeur des poursuites criminelles et pénalesDPCP ne vise cependant ces collèges privés non subventionnés.

Pour quelles raisons Québec a-t-il permis l’ouverture de ces établissements, malgré des rapports et des soupçons remontant à 2016?

À cette époque, nous a répondu un porte-parole, aucune accusation n’avait été déposée contre Caroline Mastantuono et Naveen Kolan. Rien ne les empêchait donc d’ouvrir et de diriger des établissements d’enseignement. La Loi sur l’enseignement privé sera cependant, à l’avenir, resserrée et revue, avait précisé le gouvernement.

Rising Phoenix International est la firme de recrutement qui a été fondée et dirigée par Caroline Mastantuono, avec ses enfants. Photo:  Facebook

Une vente en cours d’autorisation

En début d’année 2022, Rising Phoenix International et ses collèges privés ont décidé de se mettre à l’abri de leurs créanciers. Les cours ont alors été suspendus et des mises à pied ont été décrétées, principalement dans le corps enseignant.

Des centaines d’étudiants indiens, dont l’avenir semblait incertain, avaient réclamé des remboursements, et le montant s’élevait à près de 6,4 millions. Ils avaient payé jusqu’à 30 000 $ pour un programme éducatif de deux ans.

Dans cette procédure, Rising Phoenix International a notamment attribué ses problèmes financiers à la pandémie de COVID-19, à une expansion inopportune et à des problèmes liés au processus d’immigration pour les étudiants internationaux.

Le mois dernier, un repreneur – un homme d’affaires de Toronto qui dirige un collège en Ontario – a été désigné par le tribunal. Cette transaction, dont le montant n’a pas été communiqué, doit encore être approuvée par le gouvernement du Québec.

Aux yeux des avocats qui défendaient les étudiants indiens, cet accord est une bonne nouvelle. L’acquéreur est soucieux de l’avenir des étudiants, explique Alain Tardif, de la firme McCarthy Tétrault.

« Ces étudiants sont des victimes. Ils ont été pris dans une situation qu’ils n’ont pas vue venir et pour laquelle ils n’ont pu se protéger. »— Une citation de  Alain Tardif, avocat de McCarthy Tétrault

Ces derniers seront soit entièrement indemnisés ou pourront terminer leur formation, détaille-t-il, tout en évoquant l’extrême détresse de ces jeunes qui avaient réuni un montant phénoménal pour venir au Québec.

Radio-Canada par Romain Schué avec la collaboration de Daniel Boily, Leah Hendry et Benjamin Shingler

La fille de l’ex-président ouzbek placée en détention

juillet 28, 2017

Moscou – La fille de l’ex-président ouzbek Islam Karimov, un temps toute puissante avant de tomber en disgrâce, a été emprisonnée pour des fraudes atteignant des sommes gigantesques, a annoncé vendredi le parquet de ce pays d’Asie centrale.

Le sort de Goulnara Karimova, fille aînée du président mort il y a un an après plus de 25 ans au pouvoir, faisait l’objet de multiples rumeurs ces dernières années au point que son fils, émigré à Londres, s’est interrogé publiquement en décembre dernier sur son éventuel décès.

Mettant fin au silence des autorités de cette ex-république soviétique à son sujet, le parquet général a indiqué dans un communiqué qu’elle avait été inculpée notamment pour fraude, blanchiment d’argent et recel de devises étrangères. « Elle a été placée en détention », est-il précisé.

Selon la même source, elle appartient à un groupe de crime organisé contrôlant des actifs représentant plus d’un milliard d’euros dans 12 pays, dont des propriétés à Londres, Dubaï, un château près de Paris ou encore une villa à Saint-Tropez sur la Côte d’Azur.

Un temps pressentie pour prendre la succession de son père, qui a passé plus d’un quart de siècle à la tête de cette ex-république soviétique, Goulnara Karimova est tombée en disgrâce après avoir comparé son père à Staline et s’être publiquement attaquée à sa mère et à sa soeur cadette.

Ancienne ambassadrice de son pays aux Nations unies mais aussi connue pour avoir organisé des défilés de mode, lancé une ligne de bijouterie ou interprété des chansons pop, elle a été citée aussi dans des affaires de corruption à grande échelle dans de nombreux pays, en Europe et aux Etats-Unis.

Les rumeurs la disaient assignée à résidence depuis ses critiques visant sa mère et sa soeur sur Twitter et elle n’avait pas assisté aux funérailles de son père en septembre dernier à Samarcande.

S’exprimant pour la première fois à ce sujet, le parquet général a indiqué qu’elle avait été condamnée en 2015 à une peine de contrôle judiciaire pour cinq ans.

Pour le journaliste russe Arkadi Doubnov, expert de l’Asie centrale, cette levée partielle du mystère entourant Goulnara Karimova peut s’expliquer par « la nécessité pour les nouvelles autorités ouzbèkes de montrer des résultats dans l’enquête avant le premier anniversaire de la mort d’Islam Karimov ».

Ces annonces montrent aussi que le gouvernement fait de vrais efforts pour récupérer les actifs à l’étranger liés à Mme Karimova, a-t-il ajouté sur la radio Echo de Moscou.

Mort à 78 ans d’une hémorragie cérébrale, Islam Karimov a été enterré le 3 septembre 2016 et son allié de longue date Chavkat Mirzioïev lui a succédé.

Selon le parquet général, des demandes pour geler les actifs ont été envoyées aux autorités des pays où se trouvent des actifs liés aux activités de Mme Karimova, dont la Suisse, la Suède, l’Espagne, l’Irlande, l’Allemagne ou la Russie.

En France, un appartement parisien, une villa sur la Côte d’Azur et un château proche de la capitale française appartenant à Mme Karimova ou son entourage ont fait l’objet d’une saisie pénale dès 2015.

Des procédures pour corruption ont été lancées dans de nombreux pays, impliquant des groupes de télécoms qui lui auraient payé de confortables pots de vin pour se voir attribuer des licences de téléphonie mobile.

Ces affaires ont notamment éclaboussé l’opérateur russe VEON (ex-Vimpelcom), qui a écopé d’une amende de plusieurs centaines de millions de dollars aux Etats-Unis, et par ricochet le norvégien Telenor, son actionnaire, dont plusieurs dirigeants ont perdu leur poste.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2017 15h00)                                            

Congo: Des élections législatives et locales émaillées de fraudes torrentielles

juillet 16, 2017

Élection législative au Congo Brazzaville : une pluie de la fraude électorale et la corruption s’est abattue sur toute l’étendue du territoire.

Le directeur de campagne d’Exauce Ngambili, candidat du Parti Congolais du Travail (PCT) dans la circonscription de Djiri 2, supervisait le bureau de vote d’Ibalico, il y a eu fraude à grande échelle.

En mi journée, le bourrage d’urnes a continué dans une fausse ambulance garée devant le bureau de vote au quartier du Domaine.

 

La voiture d’Exauce Ngambili, membre du PCT bloquée par les habitants de Djiri 2 après sa tentative de bourrage d’urnes.

Élections législatives : Brazzaville , vive tension à poto-poto au bureau de vote Faignand où les voleurs sont démasqués et dénoncés publiquement. Dans ces conditions comment le PCT peut-il prétendre gagner? Ha j’avais oublié que c’est le Parti Congolais des Tricheurs. Plus personne ne veut avaler ce qu’il a vomi.

Élection législative : NIANGA brûle.
Destiné DOUKAGA a voté sous un escort impressionnant. Les pneus ont été brûlés à nouveau. Un nouveau renfort des militaires est arrivé sur place. La nuit risque d’être ensoleillée.

Photo de BrazzaNews.
Élection législative : POINTE-NOIRE

À LUMUMBA 2, centre la référence. Les bureaux sont quasiment vides, pas d’électeurs. L’un de bureau, 1041 inscrits, à 20min de la clôture à peine 60 votants. Les gens savent que leurs voix seront volées, donc pourquoi se déplacer si sa voix est directement transférée à un candidat X pour gonfler le nombre de sièges de la majorité

Photo de BrazzaNews.
L’école primaire de NGOYO devient le désert du Sahara depuis ce matin. La population à dit NON, juste 10 votants .
 

Élection législative : KELLÉ prouve son kellé (colère). Les urnes emportées par la population.. c’est la débandade.

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.
Constant Barrond: « Ça fait 27 ans que je suis allé à Kellé… Il n’y a toujours pas d’asphalte sur cette artère principale qu’avons nous fait pour mériter ce sort qui s’acharne sur notre pays depuis tant de décennies? »
 

Élection législative : NKAYI / un jeune a été tabassé ce matin dans l’arrondissement numéro 2, il était entrain de corrompre les gens dans les rues dans l’arrondissement Soulouka avec un gros sac d’argent. C’est un petit de NKAYA Gaspard MAGANE il le faisait pour le compte de ce dernier .MAGANE est sénateur de Nkayi il avait trahi l’UPADS lors des élections présidentielles et le peuple lors du Référendum.

Photo de BrazzaNews.
 

Élections législatives : DIATA ( Brazzaville ) à l’école primaire de Diata.

Les partisans du candidat du PCT Bernard Missamou et ceux de Bonaventure Bounzika ont été arrêtés avec des cartes d’électeurs.
La milice avec l’aide de la population, a pu mettre la main sur eux, et les a libérés quelques minutes après. On note l’absence de papiers jaune pour les procès verbaux dans le bureau de vote. « Ça sent la tricherie, les autres candidats sont inquiets. »

Élection législative : vive tension à Château d’eau (Brazzaville).
Au quartier château d’eau, 16 h 00…
Échange jet de pierre et gaz lacrymogène entre les jeunes de ce quartier et les policiers. L’incident démarre dans le bureau de vote de l’école primaire de NGANGOUONI.

 

Élection législative : MOSSENDJO dans la tricherie NDOUNA.
À Mossendjo dans la première circonscription, le suppléant du candidat François Ndouna en la personne de Aloise Birangui, secrétaire du bureau exécutif municipal sortant a été surpris entrain de corrompre les électeurs en donnant de l’argent. Conduit devant le procureur de la république celui ci est allé juste le déposer dans leur quartier général.

 

Élection législative : MOUNGALI 2 ( Brazzaville). Ines INGANI déploie la corruption et la tricherie.

Ines Ingani, ministre, candidat du Pct, candidat de grande tricherie et corruption. Des fausses procurations délivrées par ses services de compagnes, accompagnées des cartes d’électeurs dupliquées pour sa cause ont été découvertes entre les mains de ses lieutenants. Les billets de banque circulent a une vitesse V

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Elections africaines, réapprendre à compter

mars 16, 2016

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote  pour le premier tour de l'élection présidentielle  à Niamey, le 21 février.

Une affiche de la commission électorale nigérienne appelant au vote pour le premier tour de l’élection présidentielle à Niamey, le 21 février. Crédits : PASCAL GUYOT / AFP
L’opposition nigérienne a décidé de ne pas participer au second tour de l’élection présidentielle dimanche 20 mars pour protester contre les fraudes du 1er tour et le maintien en prison de l’opposant Hama Amadou qui, lui, fait campagne derrière les barreaux. Cette situation baroque n’est pas le premier scrutin non consensuel en Afrique mais les bizarreries ont tendance à se répéter et sapent la légitimité de cette étape fondamentale de la démocratie.

Il est désespérant de constater que les mêmes erreurs se répètent à chaque fois, faisant de certains scrutins une mascarade électorale comme ce fut le cas au Togo en avril 2015 avec le coup de force de la CENI, la commission électorale, qui annonce la victoire de Faure Gnassinbgé après compilation des résultats de 14 commissions électorales locales sur un total de 42…

La nouvelle mode du « coup K.O. » (victoire dès le premier tour) n’a pas amélioré la crédibilité des scrutins. Le Congolais Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de trente ans au pouvoir, compte dessus le 20 mars. Mais cette majorité magique s’explique difficilement quand on examine un peu la sociologie électorale de ces pays. Heureusement il y a des exceptions. Le Sénégal en 2012 a connu sa deuxième alternance politique avec la défaite du président sortant (la première fois c’était en 2000 avec la défaite d’Abdou Diouf face à Abdoulaye Wade).

Repenser l’observation électorale

Il y a plusieurs raisons à cela mais la principale, qui devrait servir de référence pour tous les autres pays, c’est la possibilité pour les médias de diffuser en direct les résultats bureau de vote par bureau de vote, rendant ainsi compliquée une des fraudes les plus répandues (et pourtant grossière) qui consiste à fabriquer de faux PV de bureau de vote pour la compilation finale (soit des PV qui ne correspondent pas aux résultats réels des bureaux de vote, soit des PV de bureaux de vote fictifs que l’on dissimule en gonflant le taux de participation).

Autre exception heureuse, le Nigeria en 2015 qui a vu pour la première fois de son histoire un président sortant battu. La société civile a joué un rôle majeur en assumant pleinement sa mission d’observation électorale, réduisant ainsi les possibilités de fraudes dans un pays où la fraude électorale était pourtant devenue une industrie lourde. C’est aussi la société civile en Côte d’Ivoire qui a permis, lors de l’élection présidentielle de 2015, d’éviter l’officialisation d’un taux de participation fantaisiste même si le résultat final de l’élection laisse certains encore perplexes.

Lire aussi : Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

La question de l’observation électorale est, en effet, majeure. Il y a un déficit de formation de la société civile et des partis politiques. La communauté internationale pourrait se rendre utile en dédiant le temps qui sépare deux élections à former des observateurs au sein des partis politiques et de la société civile. Les fédérations mondiales de partis politiques (internationale socialiste, internationale libérale…) pourraient aussi remplir ce rôle mais elles en sont totalement absentes, réduisant la solidarité mondiale au soutien aux dirigeants et non aux peuples.

Des listes électorales revues au dernier moment

Que dire aussi de la préparation des élections ? A chaque fois, c’est la même pagaille. On connaît pourtant la date de la prochaine élection dès le lendemain de celle qui se termine, mais rien n’y fait. La liste électorale est révisée en toute hâte six mois avant l’échéance, on permet l’inscription pendant un mois, parfois moins (vu la démographie et le nombre de nouveaux majeurs chaque année on devine qu’un tel délai n’est pas sérieux), et on affiche les listes électorales pendant une ou deux semaines, ce qui ne permet pas un réel contrôle social ni à tous les électeurs d’identifier le bureau de vote duquel ils dépendent.

L’idéal serait de coupler un système d’état civil fiable et une liste électorale (ce que certains pays commencent à faire), mais surtout de faire une révision des listes électorales chaque année avec inscription possible toute l’année et un affichage des listes sur des périodes plus longues. Je me suis toujours étonné qu’aucun des bailleurs de fonds qui financent des élections parfois très coûteuses n’ait jamais lié son financement à une préparation qui débute dès le lendemain de l’élection précédente. Tout le monde se réveille au dernier moment. A chaque fois.

Il faut aussi préciser que la biométrie et l’informatique ne protègent pas de la fraude. Le contrôle social et celui des partis politiques sont bien plus efficaces, d’où la nécessité d’afficher les listes électorales suffisamment longtemps. En revanche, la biométrie est un bon business pour certaines entreprises et autorités qui collectent leur dîme au passage… C’est ce même contrôle social et celui des partis politiques qui doivent être favorisés lors du scrutin et surtout pendant la période de compilation des résultats.

Aujourd’hui, les délais prévus par les différentes Constitutions et lois électorales pour déposer les recours et les examiner ne rendent pas crédible le processus. Il est urgent d’allonger ces délais en donnant le temps aux partis politiques de consolider leurs résultats et de formuler des recours et ensuite aux instances compétentes de les examiner. Ce devrait être une exigence des différentes missions d’observation électorales, afin qu’elles puissent observer le processus des recours comme elles le font pour les opérations de vote. Les missions d’observation électorales devraient également prévoir systématiquement un examen a posteriori des PV des bureaux de vote. C’était prévu sur 4 000 bureaux de vote au Togo pour l’élection présidentielle de 2010, mais l’accès informatique à la base n’a pas été autorisé par le pouvoir en place, qui avait changé les codes…

Bref, la crédibilité des élections du continent ne se renforce pas ces dernières années. Chacun a sa part de responsabilité, y compris la communauté internationale dont la docilité, même en présence de résultats soviétiques, ne contribue guère à promouvoir l’idéal démocratique. Quant à ceux qui tripatouillent les scrutins, ils ménagent toujours la communauté internationale pour s’assurer qu’elle endosse le résultat. Ces apprentis sorciers feraient mieux de tourner leur regard dans une autre direction, celle de leur peuple car c’est de là que viendra la lame de fond.

Congo/Présidentielle du 20 mars: Théorie du PCT planifiée à ciel ouvert

mars 16, 2016

nyanga-elenga

Symphorien Olandzobo

 

Depuis l’annonce volcanique de la tenue anticipée de la présidentielle par Sassou Nguesso, le PCT souffle paradoxalement le chaud et le froid.

Peu de congolais comprennent la panique qui s’est emparée des tenants du pouvoir de Brazzaville.

Les sondages effectués par les services spéciaux et certains organismes assermentés ne donnent que très peu de chance au président sortant d’arriver au 2e tour.

Et depuis lors, autour du président Sassou, tout le monde est désormais convaincu que sans tricher, le sphinx de Mpila ne peut plus briguer un mandat électif à la magistrature suprême.

Malgré le tripatouillage du fichier électoral, Sassou s’est rendu compte que l’équation de la tricherie garde son mystère entier.

Aussi, le Parti Congolais du Travail à entrepris depuis quelques jours une tricherie à ciel ouvert… Au vu et au su de tous, des membres de ce parti sillonnent coins et recoins de Brazzaville et des départements de l’intérieur.

Objectif non dissimulé, répertorier, avec l’aide des chefs de quartiers et de blocs, tous les électeurs potentiels du candidat Sassou. Le but du jeu consiste à remettre, avant le jour du scrutin, à ces personnes répertoriées des bulletins de vote préétabli et remplis d’office avec le sceau de leurs empreintes obtenues grâce à des encriers prévus à cet effet.

L’électeur se rendra donc au bureau de vote avec en poche ce bulletin pré rempli. Dans l’isoloir, ce dernier n’aura qu’à plonger dans l’urne son bulletin amené de la maison, et empochera le bulletin qu’il aura au préalable retiré auprès des agents électoraux.

Au sortir du bureau de vote, l’électeur « kamikaze » se rend au point de ralliement et de bonnes grâces du PCT où, en échange du bulletin non utilisé, il encaisse le pactole prévu pour le diabolique troc, soit la somme de 20 000 frs.

Les 5 candidats du changement devraient donc exiger, comme au Bénin, un renforcement du climat de confiance qui passe par des fouilles systématiques à l’entrée des bureaux de vote. A Cotonou, Boni Yayi, président sortant, a été fouillé devant les caméras de télévision et de nombreux témoins, avant d’avoir accès au bureau de vote. Montrer ainsi patte blanche serait une garantie d’équité.

Au cas contraire, le président de chaque bureau de vote devra faire estampiller les bulletins en amont du processus, dans le bureau de vote.

Le phénomène grotesque ici réside dans le fait que le PCT doute désormais de ses propres électeurs, car cette campagne de triche par anticipation vise principalement son électorat potentiel qui a témoigné le 25 octobre dernier d’un manque total de motivation.

Par ailleurs, pour mieux s’assurer le succès de sa méthode, le PCT a prévu un traitement spécial à tous les représentants des autres candidats dans les bureaux de vote. Ce qui permettrait à ces derniers de lever le pied ou fermer les yeux devant les monstruosités dont se rendrait coupable la machine du pouvoir pendant et après le vote, le 20 mars.

Pas étonnant qu’un certain « monsieur la pluie » fasse la pluie et l’y beau temps de cette opération « hold up » électoral dans la zone de Solo Penza à Talangaï. Pendant que un certain Thibault du Club 2002 pur aurait déjà des cartes d’électeurs et actes de naissance, en quantité industrielle, à l’Île Mbamou.

Dans cette contrée, on signale aussi l’activisme éhonté du DG de l’Onemo, député Pct de la circonscription, Nyanga Elenga. Ce rejeton du pouvoir se livre à tous les trafics, d’électeurs venus de RDC…

Comme quoi, le PCT a maintenant beaucoup de mal à prouver ses capacités à remporter une élection présidentielle, voire à figurer à un deuxième tour.

Avec Zenga-mambu.com

Présidentielle ivoirienne : l’opposition accuse le pouvoir de « préparer des fraudes »

juin 14, 2015

    L'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne Mamadou Koulibaly, le 15 mai 2015 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP


L’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne Mamadou Koulibaly, le 15 mai 2015 à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

L’opposition ivoirienne a critiqué, samedi à Abidjan, l’organisation de la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire, accusant le pouvoir de préparer des « fraudes massives » sur les listes électorales.

L’opposition réunie au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC), avec plusieurs cadres frondeurs de partis de la majorité et de l’opposition, dont l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny (majorité) et l’ancien président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly (opposition), a déploré « un mode opératoire conçu et mis en œuvre de façon unilatérale par le pouvoir en place ».

« Nous dénonçons une volonté manifeste du pouvoir d’organiser des fraudes sur le recensement électoral » démarré le 1er juin, a déclaré à l’AFP Bertin Konan Kouadio, dit « KKB », un cadre de la CNC.

« Une élection se gagne à partir des listes électorales », a poursuivi M. Kouadio, accusant le pouvoir de se « tailler des listes électorales sur mesure (…) sur lesquelles seront inscrits ses partisans ».

Graves menaces sur la paix sociale

« Les conditions de préparation et d’organisation de l’élection présidentielle d’octobre font peser de graves menaces sur la paix sociale en Côte d’Ivoire », a prévenu de son côté Laurent Akoun, un cadre de la CNC, lors d’une conférence de presse.

La Commission électorale indépendante (CEI) est le maître d’œuvre de l’opération de révision des listes électorales qui doit s’achever le 30 juin et devrait concerner trois millions de nouveaux électeurs.

La CNC estime que la CEI, dans sa forme actuelle, est « entachée d’une partialité criarde, qui porte en elle les germes d’élections truquées à l’avance », exigeant sa « dissolution ».

La CEI a joué un rôle fondamental lors des scrutins d’octobre-novembre 2010 en annonçant la défaite de l’ancien chef de l?État Laurent Gbagbo qui, en refusant la victoire de son adversaire, l’actuel président Alassane Ouattara, a précipité le pays dans le chaos.

Plus de 3.000 personnes ont péri en cinq mois de violences post-électorales, épilogue sanglant d’une décennie de crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.

Dans ce contexte, la présidentielle de 2015 est cruciale, puisqu’elle est censée parachever la stabilisation du pays.

Alassane Ouattara a été investi fin avril candidat de la coalition au pouvoir pour la présidentielle d’octobre, dont il est le grand favori.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti d’opposition de Laurent Gbagbo, en proie à une forte crise interne, a désigné le 22 mai Pascal Affi N’Guessan comme candidat pour affronter le président sortant.

La CNC, qui constitue une « troisième voie », pourrait également présenter un candidat.

Jeuneafrique.com

Présidentielle au Liberia : dénonçant des fraudes, l’opposition quitte le processus électoral

octobre 15, 2011

Alors que les résultats de plus de la moitié des bureaux de vote ont été communiqués par la commission électorale, l’opposition libérienne, dont le parti de Winston Tubman, s’est retiré samedi du processus électoral, dénonçant de « nombreuses fraudes ».

L’opposition libérienne a dénoncé samedi « de nombreuses fraudes » et a décidé de se retirer du processus électoral en cours, a appris l’AFP de source proche de l’opposition.

« Nous nous retirons du processus car il n’est pas démocratique et qu’il y a de nombreuses fraudes », a déclaré cette source, alors que le dépouillement des bulletins de vote des élections du 11 octobre est en cours et donne la sortante Ellen Johnson Sirleaf en tête à la présidentielle face à Winston Tubman.

Parmi les partis d’opposition qui ont décidé de ne plus participer au processus figurent le Congrès pour le changement démocratique (CDC) de M. Tubman, principal opposant, et l’Union nationale pour le progrès démocratique (NUDP) de l’ex-chef de guerre Prince Johnson, arrivé en 3ème position à la présidentielle, selon cette source.

Les derniers résultats de vendredi, portant sur un peu plus de la moitié des quelque 4.500 bureaux de vote, donnaient Ellen Johnson Sirleaf, Nobel de la paix 2011, en tête de la présidentielle avec 45,4% des voix, suivie de Winston Tubman (29,5%) et de Prince Johnson (11,4%).

Un incident signalé dans la nuit de vendredi à Samedi

La présidentielle a été organisée le 11 octobre, en même temps que des législatives et des sénatoriales. Le taux de participation dans les bureaux dont les bulletins ont été comptés est légèrement au-dessus de 70%, et confirme la forte mobilisation constatée le jour du vote. Les observateurs internationaux qui ont surveillé les élections avaient tous salué leur caractère pacifique et la forte mobilisation des Libériens.

L’annonce du retrait de l’opposition survient peu après un incendie dans la nuit de vendredi à samedi d’un local du Parti de l’unité (UP) de Mme Sirleaf dans la banlieue de Monrovia. Al Karlay, un des responsables de la police de Monrovia, a affirmé qu’il était pour l’instant difficile de dire s’il s’agissait « d’un acte de vandalisme ou politiquement motivé ».

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a mis en garde vendredi la classe politique libérienne, affirmant que « le recours à la violence ne sera pas toléré ». Il a ajouté que ses services surveillaient « de près les développements liés aux élections » et qu’il portait « une grande attention aux actions et déclarations de la classe politique, et en particulier des candidats à la présidentielle, même après les élections ».

Le Liberia a été ensanglanté et ravagé par deux guerres civiles, de 1989 à 2003, qui ont fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de blessés, en détruisant ses infrastructures et son économie. Le chômage y atteint encore aujourd’hui 80% de la population active et la majorité des Libériens vivent dans l’extrême pauvreté.

Jeuneafrique.com avec AFP