Posts Tagged ‘Frédéric Bintsamou’

Session criminelle au Congo/Deux calibres manquent encore à l’appel: André Okombi Salissa et Frédéric Bintsamou

juin 14, 2018

 

Après les procès des généraux Jean Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira et de Me Jean Martin Mbemba, condamnés tous par la Cour d’appel siégeant en session criminelle à des peines d’emprisonnement ferme, un autre dignitaire qui fut proche du président Sassou-Nguesso avant de basculer dans l’opposition radicale attend toujours d’être jugé. Ainsi que Frédéric Bintsamou alias «Pasteur Ntumi», tous poursuivis pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes et munitions de guerre.

Détenu depuis janvier 2017 à la DGST, la date du procès d’André Okombi-Salissa, n’est toujours pas connue, mais de source diplomatique, il est possible qu’il soit jugé au cours de la session criminelle de la Cour d’appel qui se tient à Brazzaville, depuis le 29 mars 2018. Une information judiciaire avait été ouverte contre lui le 21 novembre 2016 par le procureur de la République, à la suite d’une découverte d’armes et munitions de guerre faite au domicile de Mme Gisèle Ngoma, une des femmes de l’ancien ministre, au quartier Nkombo, dans le 9ème arrondissement Djiri.
Arrêté dans sa cachette à Massengo, en banlieue Nord de Brazzaville, par les services de police le 11 janvier dernier après plusieurs mois de vie clandestine, André Okombi-Salissa, devenu un des leaders de l’opposition, est poursuivi pour «détention illégale d’armes et munitions de guerre, atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et détournement des deniers publics et complicité». Les deux derniers chefs d’accusation viennent s’ajouter aux deux premiers dont il faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt.
Candidat de l’opposition à l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016 où il a obtenu 4,42% des voix, ancien député élu à Lékana (Département des Plateaux) dont l’immunité parlementaire avait été levée le 19 janvier, il était d’abord incarcéré à la maison d’arrêt avant d’être renvoyé à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) où il est détenu pour des raisons de sécurité, explique-t-on.
Suivant l’instruction, le magistrat instructeur a envisagé la comparution d’André Okombi-Salissa, en vertu des dispositions de l’article 64 alinéas 4 et 5 du code de procédure pénale. Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines seront très décisives à la session criminelle au regard des deux affaires restantes qui impliquent deux acteurs politiques qui ne sont pas de moindre envergure. En principe, on devrait, sans surprise, s’attendre aussi à voir à l’affiche l’affaire liée à l’attaque des quartiers Sud de Brazzaville, le 4 avril 2016, et dans laquelle le pasteur Ntumi (Frédéric Bintsamou) et deux de ses proches (son frère cadet Sylvain Richard Bintsamou alias Gozardio et le pasteur Elie Malanda) sont poursuivis.
Plusieurs personnes, dont on ne connaît pas le nombre, sont en détention dans le cadre de cette affaire qui a connu de multiples rebondissements sanglants dans le Pool. Des affaires qui empoisonnent le climat politique et qui rendent complexe le fonctionnement de la vie démocratique qui demeure crispée.
A la suite de cette attaque, en effet, un mandat d’arrêt avait été lancé contre Ntumi et ses deux complices, réfugiés dans le Pool. La Force publique fut requiise pour exécuter ces mandats. L’opération de police judiciaire est doublée d’une mission de rétablissement et de maintien de l’ordre public, face aux actes de banditisme armé perpétrés par les miliciens de Ntumi. Le pouvoir avait choisi l’option de l’état de droit, pour régler la crise du Pool, en promettant de juger les présumés auteurs de l’attaque du 4 avril et des actes sanglants commis par la suite. Malheureusement, deux an après, le Pasteur Ntumi et ses complices n’ont jamais été présentés à la justice.
L’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé le 23 décembre 2017, constitue-t-il un obstacle qui empêcherait le Pasteur Ntumi d’être jugé par contumace? La commission ad hoc mixte paritaire issue de ces accords avait, entre autres, recommandé au Gouvernement la prise des mesures permettant au pasteur Ntumi de recouvrer tous ses droits et libertés, ainsi que son implication dans la réussite de l’opération de ramassage des armes. A ce jour, aucune mesure n’est encore prise dans ce sens, ce qui suscite doutes et craintes chez l’ex-rebelle qui l’a signifié dans un message lu lors de la cérémonie de lancement des activités de terrain par cette commission ad hoc, le 20 mars dernier à Kinkala.
Le Pasteur Ntumi a fait constater qu’aucune mesure d’apaisement n’a été prise de façon concrète par le Gouvernement qui se limite, à ce jour, «aux simples annonces qui bercent théâtralement les esprits».
«Pourtant, par acte de signature, le Gouvernement et mes représentants ont érigé une tour de droit qui a force de loi et qui fait tomber automatiquement toutes les pesanteurs juridiques…Rien ne justifie le maintien des personnes arrêtées du fait de la guerre dans les prisons, ni l’assujettissement à l’ouverture de quelque session que ce soit», a-t-il fait noter.
Il rappelait que la paix se fait à deux. «Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites, l’accord dont il s’agit doit être exécuté de bonne foi». Raison pour laquelle, il invitait le Gouvernement à tenir ses engagements, conformément à l’accord. «En ce qui me concerne, je tiendrai les miens. Car la guerre fait partie désormais du passé», affirmait le pasteur Ntumi.
Un an après, les progrès vers le rétablissement de la paix et de la sécurité dans le Pool restent problématiques. La situation devient plutôt inquiétante, sur fond de rumeurs affolantes sur le différend qui opposeraient les ninjas Nsiloulous entre eux.

Lasemaineafricaine.net par Cyr Armel YABBAT-NGO

Congo: Denis Sassou Nguesso appelle les rebelles « Ninjas Nsiloulou » à déposer les armes

octobre 4, 2017

 

Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, en décembre 2008 dans le Pool. © Vincent Fournier/J.A.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso s’exprimait mardi 3 octobre à l’occasion d’une réunion avec des sages et notables du département du Pool, dans le sud du pays. Objectif de la rencontre : dégager des pistes de sortie de crise rallumée par la reprise de la rébellion menée par Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de Pasteur Ntumi.

L’origine de la crise actuelle remonte à avril 2016, lorsque le Pasteur Ntumi reprend le maquis dans les forêts du Pool. Ancien chef rebelle à la tête des « Ninjas Nsiloulous » lors de la guerre civile, il s’était rapproché du président Sassou à partir de 2003, pour devenir l’un de ses conseillers. Mais le vent tourne à l’occasion des élections présidentielles de 2016, lorsque Frédéric Bintsamou décide de se rallier à la candidature de Guy Brice Parfait Kolélas, rival du chef de l’État. Accusé par Brazzaville d’avoir fomenté des violences dans la capitale, il prend alors la poudre d’escampette pour rejoindre ses soutiens.

« Personne ne sera tué »

Lors de sa déclaration, relatée par le journal Les dépêches de Brazzaville, le président congolais a nié la dimension politique de la rébellion, en prenant pour exemple le cas de son rival Guy Brice Parfait Kolélas. « Ce dernier vaque tranquillement à ses occupations, a-t-il déclaré. Il siège à l’Assemblée nationale. Je me demande donc la motivation profonde qui justifie le retranchement de Ntumi et le basculement dans la violence aveugle. »

Pour sortir de la crise, le président a invité les Ninjas à sortir des forêts. « Personne ne sera tué, a-t-il assuré. C’est la parole du père de la Nation. D’ailleurs, notre Constitution interdit la peine de mort. » Il a également exhorté les Ninjas à rendre leurs armes, qui seront rachetés par les autorités, pour permettre leur réinsertion sociale.

Il y a urgence. D’après un rapport rendu public fin juin par les ministères congolais des Affaires sociales et de la Santé et les agences des Nations unies, près d’un tiers de la population du Pool – soit 81 000 personnes – a dû fuir les exactions des miliciens et leurs affrontements avec les forces de l’ordre.

Jeuneafrique.com

1.000 personnes fuient les violences dans le Sud du Congo

décembre 10, 2016

 

De nouveaux accrochages entre rebelles et forces gouvernementales dans le sud du Congo ont provoqué l’exode de quelque 13.000 personnes, a annoncé vendredi l’ONU. Les violences se sont concentrées dans la région du Pool, où d’ex-combattants ninjas de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, affrontent l’armée, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

« Nous craignons que quelque 13.000 personnes déplacées n’aient bientôt pas assez à manger », a déclaré le porte-parole du HCR, lors d’une conférence de presse à Genève.

Les habitants de la région « ont également des difficultés pour recevoir des soins et étudier car beaucoup de membres du personnel médical et des enseignants se sont enfuis », a-t-il dit.

En octobre, au moins quatorze personnes avaient été tuées dans l’attaque d’un train attribuée aux ex-combattants ninjas dans le Pool.

La situation sécuritaire de cette région, où l’armée a affronté les ex-combattants ninjas entre 1998 et 2003 avant un cessez-le-feu, s’est dégradée depuis début avril après l’attaque des quartiers sud de Brazzaville.

Cette attaque avait coïncidé avec la validation par la Cour constitutionnelle de l’élection du président Denis Sassou Nguesso (avec 61% de suffrages) pour un troisième mandat.

Frédéric Bintsamou avait soutenu la candidature du député Guy Brice-Parfait Kolelas, qui a contesté la validité de cette élection.

Avec AFP

Source : http://www.voaafrique.com/a/congo-13000-personnes-fuient-les-violences-dans-le-sud/3630118.html

Congo/Frédéric Bintsamou, président du C.n.r (Conseil national des républicains) : «A l’heure actuelle, le changement de la Constitution n’est pas une priorité»

février 10, 2015

 

Frédéric Bintsamou.

Retiré à Mayama, un des douze districts du département du Pool, Frédéric Bintsamou, alias «Pasteur Ntumi», président du C.n.r (Conseil national des républicains), parti membre de l’opposition républicaine, est sorti de sa réserve, pour donner son point de vue sur le dialogue tant prôné par la classe politique nationale et la société civile, et sur la question constitutionnelle.

C’était au cours d’une conférence de presse qu’il a animée sur place. S’il s’est montré favorable au dialogue, il a marqué son opposition au changement de la Constitution qui, selon lui, n’est pas une priorité, à l’heure actuelle. Par ailleurs, il a démenti la rumeur selon laquelle il aurait distribué des armes à l’intérieur du pays. Il a rappelé son engagement pour la paix et affirmé qu’il restera constant sur cette position.

Selon le pasteur Ntumi, le dialogue est un moyen qui permet aux acteurs politiques de s’asseoir, pour dégager un point de vue commun. «Il y a plusieurs problèmes dans le pays qui nécessitent que les politiques s’asseyent,  parce qu’ils sont aussi ceux-là qui sont à la tête de plusieurs opinions. Si on parle de dialogue, c’est que les gens doivent se parler. S’ils se comprennent, c’est bien, mais s’ils ne se comprennent pas, on va tirer les leçons de ce rendez-vous», a déclaré le conférencier, qui estime que les responsables politiques ne doivent pas, au préalable, poser des conditions pour aller au dialogue. Pour lui, le dialogue n’est pas à confondre avec les états généraux de l’opposition, ni avec la rencontre de la majorité. Pour lui,  bien au contraire, il concerne tout le monde. «C’est, plutôt, toutes les tendances confondues qui devraient s’asseoir», a-t-il dit, en précisant qu’il faudrait, d’abord, que les différentes parties acceptent le principe du dialogue et «dans la pratique, on verra la faisabilité».

Toutefois, il s’est interrogé sur le lieu où se tiendra ce dialogue et devant qui? «Si la majorité inscrit à l’ordre du jour le changement de la Constitution, on sera devant qui?», s’est exclamé le président du C.n.r qui pense que la question constitutionnelle n’est pas une priorité, à l’heure actuelle. «Dès lors qu’ils vont inscrire ce débat à l’ordre du jour, ils mettent à terre toutes les institutions nationales. C’est cette Constitution qui régit notre République et sur laquelle le président de la République a prêté serment de défendre et de respecter. S’il faut la changer, le pays n’aura plus de base. Qui va alors organiser le référendum?», a-t-il prévenu.

Conscient de ce risque, Frédéric Bintsamou pense qu’il faut, plutôt, privilégier le dialogue et l’intérêt général. «Que le tissu social ne soit pas déchiré. Il faut que les politiques se ressaisissent. Il ne faut pas que ça soit comme un esprit d’égoïsme où chacun devrait tirer les ficelles de son côté. Sinon, c’est le pays qui sera meurtri», a-t-il indiqué.

«Le peuple, même s’il est souverain, ne doit pas accepter d’être guidé. C’est comme un aveugle qui conduit un aveugle. Tous les deux finiront dans un ravin», a fait remarquer le conférencier, qui a fait savoir qu’au cours de ce dialogue, son parti fera des propositions responsables.

Frédéric Bintsamou a rappelé qu’il est un partisan de la paix et donc, il ne peut pas faire une chose et son contraire.  Pour preuve, «il y a eu plusieurs problèmes, depuis ma prise de fonctions jusqu’aujourd’hui. Si j’étais dans ces complots, le pays serait embrasé. C’est parce que je suis constant et je le resterai». Par ailleurs, il a démenti la rumeur selon laquelle il aurait distribué des armes à l’intérieur du pays. «Tous les services qui travaillent appartiennent au gouvernement. Les frontières sont gardées. Donc, on ne peut pas, aujourd’hui, faire rentrer des armes à Maya-Maya ou ailleurs. S’il y a distribution d’armes, ce sont ceux-là qui sont au pouvoir qui peuvent les distribuer. Je pense que ce n’est pas une solution».

A son corps défendant, Frédéric Bintsamou a dit qu’il ne détient plus d’armes. «J’ai remis toutes les armes et la communauté internationale est témoin. Depuis que j’ai fait la paix, je n’ai jamais fait une tentative de compromettre ce que j’ai signé. Je reste constant», a-t-il souligné. Signalons que les journalistes qui ont couvert la conférence de presse du président du C.n.r, à sa résidence de Mayama, sont partis de Brazzaville et sont revenus le même jour.

Lasemaineafricaine.net par Cyr Armel YABBAT-NGO