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RDC: Olenghankoy refuse l’élection de Tsibala à la tête des frondeurs de l’UDPS

décembre 11, 2017
 

Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy, respectivement Premier ministre et président du CNSA en RDC. © Vincent Fournier/Gwenn Dubourthoumieu/Montage J.A.

Le Premier ministre congolais Bruno Tshibala a été plébiscité dimanche président de l’aile de l’UDPS qui s’est rapprochée du pouvoir de Joseph Kabila. Une désignation que ne cautionne pas Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre.

« C’est un dédoublement [de l’UDPS] ! » Joint au téléphone par Jeune Afrique, Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), refuse de considérer Bruno Tshibala comme le nouveau chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont le « Líder Máximo » est décédé en février à Bruxelles. Dimanche 10 décembre, pourtant, à l’issue du congrès organisé par les frondeurs de ce principal parti de l’opposition congolaise, l’actuel Premier ministre a été « élu par acclamation » président de la formation politique. Lui qui est considéré comme « auto-exclu » du parti pour s’être opposé début mars au tandem Félix Tshisekedi – Pierre Numbi porté à la tête du Rassemblement de l’opposition congolaise.

On ne se déclare pas leader d’un parti par des cris, il faut un acte juridique

« Il faudrait normalement qu’un congrès rassemblant l’UDPS dans son ensemble soit organisé pour que la mémoire de ce grand homme que fut Étienne Tshisekedi ne soit pas offensée », préconise Joseph Olenghankoy qui – en « [sa] qualité de président du CNSA » s’empresse-t-il de souligner -, ne reconnaît aujourd’hui « pas d’autre chef à la tête de l’UDPS qu’Étienne Tshisekedi ».

« Sur le plan administratif, on ne se déclare pas leader d’un parti par des cris, il faut un acte juridique. Tant que je n’ai pas vu de document dans ce sens sur mon bureau, je ne peux pas considérer M. Tshibala comme le nouveau président de l’UDPS », explique-t-il.

Qui soutient Bruno Tshibala ?

Une prise de position qui confirme les rapports désormais tendus entre les deux alliés d’hier. Au mois de mars, Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoy avaient en effet mené ensemble la fronde contre la restructuration du Rassemblement après la mort d’Étienne Tshisekedi.

Le premier a été fait chef du gouvernement le mois suivant et le second est devenu président du CNSA. Des nominations considérées par les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, comme une « entorse » au compromis politique conclu fin décembre 2016 entre le régime de Joseph Kabila et l’opposition.

Bruno Tshibala bénéficie également du soutien des organes de l’UDPS

Malgré les réserves de Joseph Olenghankoy, le camp de Bruno Tshibala ne compte pas faire machine arrière. « Le congrès que nous avons organisé était une assise de refondation du parti », argumente Patrick Mutombo, fils et conseiller politique du Premier ministre qui dénonce par ailleurs la politique consistant à « mettre de côté » certains cadres de l’UDPS déclarés « auto-exclus » de la formation politique.

À en croire celui qui est également conseiller technique spécial chargé de mission à la primature, « la plupart de représentants de l’UDPS à l’extérieur du pays » mais aussi « 95 % des fédéraux venus de l’intérieur de la RDC » ont participé au congrès pour marquer leur adhésion à la démarche.

« Bruno Tshibala bénéficie également du soutien des organes de l’UDPS, comité de discipline, les exécutifs compris, et a été désigné président parce qu’il a rempli les critères définis par les congressistes : avoir au moins 15 ans d’ancienneté au parti, détenir au minimum un diplôme de graduat (bac + 3), avoir une moralité irréprochable, être fédérateur », poursuit Patrick Mutombo.

Et d’ajouter : « Il [Bruno Tshibala] s’est dit prêt, à l’instar de Nelson Mandela, de marcher à pied ou à vélo pour aller à la rencontre de tous les enfants de l’UDPS. »

Non à l’explosion de l’UDPS

Dans les conditions actuelles, la tâche de Tshibala s’annonce difficile. D’autant que le statut du nouveau leader du parti qu’il s’est octroyé hérisse même certains de ses potentiels alliés.

« Nous le soutenons comme Premier ministre, mais nous ne le suivons pas dans une dynamique de l’explosion du parti », fait savoir à Jeune Afrique Corneille Mulumba, porte-parole des Pionniers de l’UDPS, structure qui rassemble « les personnes qui ont milité au sein de l’UDPS avant sa reconnaissance officielle en avril 1990 ».

Nommé début octobre conseiller technique en charge des stratégies politiques et prospectives à la primature, Corneille Mulumba qui dit n’avoir « toujours pas de bureau », plaide en faveur de la « constitution d’un grand ensemble politique ».

L’idée serait de considérer l’UDPS-aile Tshibala comme un courant politique au même titre que les autres groupes au sein de l’UDPS dans la perspective de mettre en place un regroupement politique en vue des élections à venir.

Bruno Tshibala a entamé une spirale qui ressemble à la diagonale du fou

« Bruno Tshibala a choisi Joseph Kabila comme son nouveau patron. Il doit s’assumer », tranche Augustin Kabuya, porte-parole de l’UDPS. « Il ne peut pas remercier Étienne Tshisekedi de cette manière, ce n’est pas correct », renchérit-il.

« Bruno Tshibala a entamé une spirale qui ressemble à la diagonale du fou [sur un échiquier] », complète Raph Kabengele. Depuis Londres où il séjourne, ce conseiller politique et diplomatique de Félix Tshisekedi estime que « Bruno Tshibala s’accroche à l’étiquette UDPS pour justifier sa présence au gouvernement », l’accord de la Saint-Sylvestre ayant attribué le poste de Premier ministre au Rassemblement de l’opposition. « Mais ce phénomène Tshibala va se dégonfler de lui-même », promet-il.

En attendant, l’UDPS annonce la tenue de son congrès au mois de janvier 2018. Un comité préparatoire a été mis en place et présenté le jeudi 7 décembre à Limete, fief du parti.

Prochaine étape : désignation de Tshisekedi fils comme le chef de la formation politique ? « Pour l’instant, Félix n’est candidat à rien », répond Raph Kabengele. Même si l’éventualité de la succession du père par le fils parait aujourd’hui comme la plus plausible.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire : les frondeurs du PDCI sanctionnés

décembre 9, 2016

Henri Konan Bédié. © SYLVAIN CHERKAOUI POUR J.A.

Les instances dirigeantes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont décidé de sanctionner les frondeurs opposés à l’alliance de leur parti avec le RDR d’Alassane Ouattara pour les législatives du 18 décembre.

Quarante-huit membres du bureau politique et du comité des sages du parti ont ainsi été suspendus « jusqu’à nouvel ordre de leurs fonctions et de toutes activités du PDCI-RDA », fait savoir un communiqué signé le 6 décembre par Henri Konan Bedié et publié mercredi.

Les candidats indépendants sanctionnés

Parmi les personnalités sanctionnées, la députée sortante de Cocody, Yasmina Ouégnin, le député de Port-Bouët Kouadio Konan Bertin, le candidat dans la circonscription de Bouko et Bouna, Palé Dimaté, ou encore Yao Kouame Bruce, candidat à Attécoubé. Contre l’avis du parti, ces derniers avaient décidé de se porter candidats en indépendant après avoir vu leurs candidatures rejetées par la coalition au pouvoir.

Certains de leurs soutiens écopent également d’une suspension, fait savoir le parti. À l’image de Georges Ouégnin, ancien directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié, par ailleurs père de la députée Yasmina Ouégnin.

Rupture entre les frondeurs et les cadres du PDCI 

Après les mises en garde de la direction du PDCI, ces derniers avaient refusé de se désister, quitte à affronter le 18 décembre prochain le candidat investi par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir).

Une alliance électorale qu’ils jugent trop défavorable au PDCI. Celui-ci est désormais confronté à une fronde grandissante : « Les militants ne veulent pas d’une alliance qui tue leur parti », avait ainsi dénoncé Kouadio Konan Bertin (KKB), frondeur de la première heure et ex-candidat à l’élection présidentielle de 2015, avant de plaider pour un « renouvellement de la direction du PDCI ».

Jeuneafrique.com par Claire Rainfroy

PS : les frondeurs veulent une primaire pour 2017

janvier 30, 2016

 

Les dirigeants de l’aile gauche du Parti socialiste ont approuvé un texte, samedi 30 janvier, appelant à l’organisation d’une primaire en vue de la prochaine présidentielle.

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Les frondeurs du Parti socialiste ont voté un texte, samedi 30 janvier, appelant à l’organisation d’une primaire en vue de l’élection présidentielle 2017.

Côte d’Ivoire : vers un front anti-Ouattara des frondeurs du FPI et du PDCI ?

mars 19, 2015

Le président du Lider Mamadou Koulibaly.
Le président du Lider Mamadou Koulibaly. © Olivier pour J.A.

Après un long entretien avec Abou Drahamane Sangaré, Mamadou Koulibaly, président de Liberté et démocratie pour la République (Lider), a déclaré mercredi soir qu’une nouvelle coalition de l’opposition regroupant les frondeurs du FPI et ceux du PDCI allait voir le jour.

Est-on sur le point d’assister à une reconfiguration de l’opposition ivoirienne ? C’est en tout cas ce qu’espère Mamadou Koulibaly, président de Liberté et démocratie pour la République (Lider), après s’être longuement entretenu mercredi 18 mars en fin de journée avec Abou Drahamane Sangaré cofondateur du Front populaire ivoirien (FPI). Ex-président de l’Assemblée nationale, le premier est un ancien du FPI, qu’il a quitté en juillet 2011. Le second est opposé à Pascal Affi Nguessan, président en titre du même parti dont il revendique la direction.

Selon Koulibaly, les frondeurs du FPI et du PDCI (Pardi démocratique de Côte d’Ivoire, d’Henri Konan Bédié, dont une frange rejette l’alliance avec le président Ouattara) pourraient s’allier. « Il s’agit d’une renaissance de l’opposition politique électorale. C’est nous qui avons demandé au nom des candidats Charles Konan Banny, Essy Amara, KKB (Kouadio Konan Bertin), Kablan Brou, Martial Ahipeaud à rencontrer la direction du FPI », a-t-il déclaré devant le domicile de Sangaré. « D’abord pour venir les saluer, apporter à ces militants notre compassion et notre soutien, et en même temps, leur proposer un plan de bataille pour les échéances qui arrivent en 2015, les élections. Nous sommes tombés d’accord. Le président Sangaré et l’équipe qui l’accompagne partagent ce point de vue. Dans les jours à venir une charte sera signée par tous les candidats et tous les partis politiques qui prennent part à cette coalition. »

Si aucun des trois principaux frondeurs du PDCI (Charles Konan Banny, Amara Essy et KKB) n’étaient présents, un membre du FPI proche du camp favorable à Laurent Gbagbo assure que des contacts ont été noués depuis plusieurs semaines.

Selon un proche de KKB, une nouvelle rencontre aura lieu une fois les trois hommes de retour dans la capitale ivoirienne, probablement mi-avril. C’est à ce moment là que les détails pratiques de la coalition seront définis.

Outre la constitution d’une « plate-forme » de l’opposition, l’objectif de Sangaré et de ses partisans est aussi de rallier le plus de soutiens possible dans son combat avec Pascal Affi Nguessan pour la présidence du FPI. Le 5 mars, une réunion extraordinaire du comité central du parti, convoquée par les deux tiers de ses membres, a décidé de « suspendre les activités » du président. Sangaré, fidèle de Laurent Gbagbo, était alors nommé pour assurer l’intérim. Mais Affi et ses partisans estiment que cette réunion, à laquelle ils n’ont pas pris part, est illégale.

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem