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Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

juin 8, 2018

Donald Trump a appelé vendredi le G7 à réintégrer la Russie, exclue du club en 2014, nouvelle pique du président américain avant sa première confrontation collective avec les dirigeants du G7 depuis qu’il leur a imposé de nouveaux tarifs douaniers.

« Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations », a-t-il dit, avant de quitter Washington vendredi matin. « Que ça vous plaise ou non, ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais nous avons un monde à connaître ». La Russie avait été exclue après l’annexion de la Crimée, après 16 ans d’appartenance au groupe.

Le dirigeant américain sera le dernier à arriver au sommet, à la Malbaie, pittoresque ville québécoise surplombant le Saint-Laurent, et le premier à en partir, samedi matin, signe de l’intérêt qu’il porte au club des sept économies les plus développées du monde, saint des saints de la coordination multilatérale.

Il s’est en réalité montré plus focalisé, ces dernières semaines, sur un autre sommet: celui prévu le 12 juin avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Singapour. Il s’y rendra directement depuis le Québec.

« Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », a aussi lâché M. Trump.

Attendu de pied ferme à La Malbaie par les six autres dirigeants, il a annoncé qu’il n’entendait aucunement fléchir.

« L’Union européenne nous traite très mal, le Canada, très mal », a-t-il dit à Washington.

Sur Twitter, il a répliqué vertement au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui avec le président français Emmanuel Macron, en visite au Canada depuis mercredi, a ouvertement critiqué le repli protectionniste de l’Américain.

« Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires », a-t-il tweeté.

« Quand tout sera remis à plat, nous serons de nouveau amoureux », a ironisé Donald Trump, qui ne verra que MM. Trudeau et Macron en tête-à-tête au cours de son séjour canadien.

– Front européen –

Justin Trudeau accueillera ses homologues à partir de 11H45 (15H45 GMT).

Mais les quatre Européens – Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte – ont décidé de se réunir juste avant le début, afin de présenter un front commun.

L’objectif, selon le président français, n’est plus de convaincre M. Trump de revenir sur ses taxes sur l’acier et l’aluminium.

« M. Trump met en application ses engagements de campagne, il y a un caractère prévisible », a dit Emmanuel Macron. Mais il entend persuader le dirigeant que « la guerre commerciale n’est bonne pour personne ».

« Je suis convaincu que l’Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets », a-t-il affirmé.

Reste à savoir jusqu’où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l’Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d’autres Européens.

– Déclaration finale? –

Ottawa croit toujours possible d’élaborer un consensus sur trois thèmes: la pollution plastique des océans, l’éducation des filles, et la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques.

Mais c’est le commerce qui occupera véritablement les débats.

L’Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s’entendre sur la liste… or l’Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

Vendredi, après les habituels déjeuner de travail, photo de famille, séances de groupe et rencontres bilatérales, les sept dirigeants dîneront dans l’intimité d’un chalet québécois typique.

Une centaine de manifestants anti-capitalistes et anti-police ont tenté vendredi de bloquer une autoroute à la sortie de Québec avant l’intervention des forces de l’ordre. D’autres manifestations sont prévues à Québec, à 140 km de La Malbaie.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale du sommet.

Au G7 en Italie, l’an dernier, la déclaration finale mentionnait pour la première fois l’exception américaine, en l’occurrence sur l’accord de Paris sur le climat. Depuis, au niveau ministériel, les Etats-Unis ont souvent refusé de signer un texte commun.

Si cette fois il n’y avait aucune déclaration commune, il est possible que Donald Trump s’en accommode parfaitement.

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 15h57)                                                        

Europe et Canada font bloc contre Trump avant le G7

juin 7, 2018

/ © AFP / ludovic MARIN

Justin Trudeau et Emmanuel Macron ont averti jeudi le président américain Donald Trump qu’ils ne se laisseraient pas intimider par ses menaces de guerre commerciale, à la veille de l’ouverture d’un sommet du G7 qui risque de s’acheminer vers un format « G6+1 ».

La rupture pourrait s’écrire noir sur blanc dans un communiqué signé seulement par le Canada, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, à l’issue de la rencontre vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec. Si Donald Trump ne fissure pas ce front commun.

Le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi que les Six n’étaient « pas prêts à renoncer à tout pour avoir cette signature » de Donald Trump sur un communiqué final. Ce serait « une erreur », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse commune à Ottawa avec le Premier ministre canadien.

Ce dernier a lui qualifié de « risible » l’argument invoqué par le président américain pour justifier son offensive protectionniste, à savoir préserver la « sécurité nationale » des Etats-Unis.

M. Trump leur a répondu dans un tweet: « Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils font payer aux Etats-Unis d’énormes taxes et qu’ils créent des barrières non monétaires. L’excédent commercial de l’UE avec les Etats-Unis est de 151 milliards, et le Canada empêche nos agriculteurs et d’autres » d’accéder à son marché.

« J’ai hâte de les voir demain », a ajouté le président américain, mi-figue mi-raisin.

– Réunion avant le sommet –

Même le plus discret Japon, dont le Premier ministre Shinzo Abe se trouvait jeudi à la Maison Blanche, est affecté par les taxes sur l’acier et l’aluminium étrangers imposées par Donald Trump.

Quant à l’Italie, désormais gouvernée par une alliance populiste-extrême droite, le chef de l’Etat français a dit n’avoir aucun doute « sur notre alignement complet ».

Pour démontrer cette unité, Emmanuel Macron a annoncé que les dirigeants européens se réuniraient vendredi matin, quelques heures avant l’ouverture du sommet.

Avant l’élection de Donald Trump, il était de bon ton pour le communiqué final du G7 de fustiger, dans un langage aussi convenu que férocement négocié, les dangers du « protectionnisme ». Et de louer la coopération internationale en matière de diplomatie et de protection de l’environnement.

Mais comment imaginer que les Canadiens, les Européens, les Japonais et les Américains trouvent un vocabulaire commun, après que Donald Trump a quitté l’accord de Paris sur le climat, dénoncé celui sur le nucléaire iranien, et décrété de nouveaux tarifs douaniers?

C’est cette dernière offensive protectionniste qui a achevé de chauffer à blanc les alliés traditionnels des Etats-Unis, et M. Macron a qualifié ces taxes de « contre-productives » pour l’économie et pour les emplois américains.

Mais Donald Trump est en réalité plus focalisé sur son sommet avec Kim Jong Un le 12 juin. Il s’envolera directement du Québec samedi pour Singapour, cette réunion-là s’annonçant paradoxalement plus chaleureuse que celle avec les « amis » du G7…

– Manifestations à Québec –

Ce n’est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d’Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du « G8 », élargi pour elle en 1998.

Mais cette fois, ce n’est pas la composition du groupe que contestent les Etats-Unis, mais le principe même d’un ordre international fondé sur la concertation multilatérale.

Ne faisant plus confiance à l’Organisation mondiale du commerce et autres institutions, Donald Trump estime que la défense des intérêts américains ne peut passer que par la confrontation bilatérale et, au besoin, par l’offensive unilatérale.

Logiquement, il tente donc de contourner l’Union européenne, premier bloc économique mondial pour l’instant uni qui va imposer des représailles commerciales à des produits américains. Mais l’UE est en proie à ses propres tensions internes, comme l’illustre l’arrivée au pouvoir en Italie du gouvernement de Giuseppe Conte, dont ce sera la première grande apparition internationale.

« Sur le commerce, mon objectif est de garder ce fort alignement européen, mais construisons aussi une coalition internationale », a dit Emmanuel Macron.

Les autres dirigeants du G7 arriveront dans la soirée de jeudi et vendredi matin sur le lieu du sommet, l’hôtel de luxe Manoir Richelieu, dans la petite ville de La Malbaie, dans la région du Charlevoix à environ 140 km de Québec.

C’est aussi à Québec que des manifestations sont prévues à partir de jeudi soir.

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 00h37)                

Trump seul contre tous avant le G7 au Canada

juin 7, 2018

/ © AFP / Brendan SMIALOWSKI

Les dirigeants des pays riches du « Groupe des Sept » arrivent à partir de jeudi au Canada pour un sommet annuel exceptionnellement tendu, en raison des taxes douanières imposées récemment à ses alliés par Donald Trump, resté sourd aux protestations.

Après des mois de vaines rencontres bilatérales, le président américain se confrontera vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec, directement aux dirigeants du Canada, de trois pays européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, ainsi que du Japon, des pays amis qui craignent que la politique de « l’Amérique d’abord » ne se révèle coûteuse pour la croissance mondiale.

Dans les capitales, le sommet s’est préparé comme un match à six contre un. Après le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, l’escalade tarifaire est vécue comme la négation même de la raison d’être du G7, la garantie de l’ordre international.

« Pour nous, les taxes sont illégales, ce qui complique l’élaboration d’un texte commun », grinçait cette semaine un haut responsable européen. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé des « controverses ».

Avec Emmanuel Macron, arrivé en avance mercredi au Canada, l’hôte du sommet Justin Trudeau n’a rien cédé sur le vocabulaire, défendant dans une déclaration conjointe « un multilatéralisme fort, responsable, transparent », une formule qu’on voit mal Washington adopter.

Le conflit sur les taxes est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d’une déclaration finale commune, au-delà de parties consensuelles sur la pollution des océans ou l’égalité hommes-femmes.

« Si la résistance américaine va trop loin, il ne faudra pas sacrifier nos principes, nos intérêts à une unité de façade », dit l’Elysée. Pas question, donc, de ne pas mentionner l’accord de Paris, ou d’accuser l’Iran de ne pas respecter le texte nucléaire.

Sur le commerce, la France veut aussi dire « que le commerce doit être ouvert, libre, équitable entre les Etats du G7 ».

L’Elysée a noté après un long dîner entre les dirigeants français et canadien qu’ils s’étaient accordés « pour dire que s’il n’y avait pas d’autre option ils n’hésiteraient pas à isoler les Etats-Unis ».

– « Querelle familiale » –

Mais Donald Trump n’a démontré aucune intention de mettre de l’eau dans son vin, trop heureux d’être passé à la vitesse supérieure dans sa politique néo-protectionniste, après une première année hésitante.

Il est persuadé qu’en tant que première puissance économique mondiale, il domine le rapport de force et obligera ses partenaires à céder à ses injonctions et à importer plus de produits américains. Même si pour l’instant, Canada et Union européenne résistent et ont répliqué avec des contre-tarifs.

« Il y a peut-être des désaccords, je préfère parler de querelle familiale », dit le conseiller économique du président, Larry Kudlow, qui assure que son patron exige seulement de la « réciprocité ».

Le discours officiel américain est que Donald Trump est le sauveur, et non le fossoyeur d’un ordre international désormais faussé par les tricheurs, la Chine en tête. Mais l’Allemagne et ses voitures, le Canada et son acier sont aussi jetés, à leur grande incompréhension, dans le lot des profiteurs…

Au point que le sommet de Singapour du 12 juin, entre l’Américain et le dictateur Kim Jong Un, s’annonce paradoxalement comme plus chaleureux qu’avec les « amis » du G7.

– Le bilatéralisme d’abord –

Ce n’est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d’Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du « G8 », élargi pour elle en 1998.

Mais cette fois, les États-Unis cherchent une réponse en dehors du système multilatéral, ne faisant plus confiance à l’Organisation mondiale du commerce et autres institutions. Il tente aussi de contourner l’Union européenne, premier bloc économique mondial pour l’instant uni.

« Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu’ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales », dit Laurence Nardon, de l’Institut français des relations internationales. « Jusqu’à présent les six ont tenu bon, mais Trump n’en a pas terminé ».

Le duo Trudeau-Macron aura l’occasion d’afficher ce front commun lors d’une conférence de presse jeudi matin, un jour avant le début du sommet vendredi.

Mais l’auteur de « The Art of the Deal » a démontré, en plus de 500 jours au pouvoir, qu’il était peu enclin à se laisser attendrir.

« La tendance du président, quand il est critiqué, est de contre-attaquer », rappelle William Alan Reinsch, du centre de réflexion CSIS à Washington.

Romandie.com avec (©AFP / 07 juin 2018 14h40)                

Le G7 Finances d’achève avec des États-Unis plus isolés que jamais

juin 2, 2018

/ © AFP / Delphine TOUITOU

Les ministres des finances du G7 ont achevé leurs débats samedi au Canada avec des Etats-Unis plus isolés que jamais en raison de leur politique commerciale agressive qui suscite indignation et inquiétude pour la croissance mondiale.

« Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont demandé au secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin de faire part (à la Maison Blanche) de leur inquiétude unanime et de leur déception », a déclaré le ministre canadien des finances Bill Morneau lors d’une conférence de presse finale.

Au moment où l’économie de la planète affiche un taux de croissance (+3,9%) solide et inédit depuis la crise financière de 2008, Allemagne, Canada, France, Japon, Italie et États-Unis auraient dû plancher, à Whistler (nord de Vancouver), sur les recettes pour faire en sorte que cette croissance soit partagée par le plus grand nombre.

Pour autant, des efforts restent encore à faire pour inclure les pays les plus pauvres ou encore les femmes, ce qui devait être l’autre grande thématique de cette réunion.

« Malheureusement », ont déploré Canada, France et Allemagne, ces discussions ont été largement éclipsées par le spectre d’une guerre commerciale, l’administration Trump étant montée d’un cran dans son offensive contre ses alliés en mettant en oeuvre vendredi de nouvelles taxes douanières sur leur acier et aluminium.

Et le contraste a été saisissant ces derniers jours entre le lieu choisi pour ce G7, une station de ski paisible de l’ouest canadien, et la tension à peine contenue des participants.

Ces tarifs « compromettent un commerce ouvert et sape la confiance en l’économie mondiale », a commenté Bill Morneau qui a exprimé à son homologue américain Steven Mnuchin dans « des mots durs », selon ses propres termes, le « complet désaccord » d’Ottawa avec Washington.

Le G7 a été « tendu et difficile », a résumé de son côté le ministre français Bruno Le Maire estimant que cette réunion avait plutôt été un « G6 + 1 » avec des États-Unis « seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète ».

« Nous croyons au G7 », a rétorqué Steven Mnuchin, tout en reconnaissant qu’il y avait eu « un consensus unanime sur l’inquiétude » exprimée par les six autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial.

– Washington sommé de faire un geste –

Il a assuré qu’il en avait fait part au président Donald Trump à l’approche du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui va se dérouler la semaine prochaine au Québec.

Bruno Le Maire a exhorté l’administration américaine de prendre d’ici là « les bonnes décisions pour apaiser la situation et alléger les difficultés ».

« La semaine prochaine dépendra de la décision que l’administration est prête à prendre dans les prochains jours et dans les prochaines heures, je ne parle pas de semaines à venir », pour éviter une guerre commerciale, a-t-il estimé.

« Les ministres et les gouverneurs se sont mis d’accord sur le fait que la discussions (sur le commerce) devaient se poursuivre au Sommet à Charlevoix où une décision doit être prise », a également expliqué Bill Morneau.

Steven Mnuchin s’est, lui, efforcé de minimiser le rôle que jouerait le commerce à ce sommet, relevant d’autres problématiques importantes comme les sanctions sur l’Iran ou le possible sommet avec la Corée du Nord.

Au moment où les discussions s’achevaient à Whistler, Donald Trump s’est fendu d’un nouveau tweet: « si nous taxons à hauteur de 0 un pays pour qu’il nous vende ses marchandises et qu’en retour, ils taxent à 25, 50 ou 100% les nôtres (…) ce n’est pas un commerce libre et équitable, c’est du commerce stupide! »

Pour l’heure, l’Union européenne et le Canada ont d’ores et déjà saisi l’Organisation mondiale du commerce tandis que le Mexique a pris des représailles sur des produits américains.

De l’avis de tous, la guerre commerciale n’est toutefois pas encore déclarée, tant que le président américain Donald Trump ne met pas à exécution ses menaces d’imposer des taxes sur l’automobile. Si tel était le cas, les ondes de choc sur l’économie seraient bien plus incontrôlables, le secteur automobile étant au coeur des échanges du commerce mondial.

Reste à savoir aussi comment va évoluer l’autre grand front commercial ouvert contre la Chine par Donald Trump. Son secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, est arrivé à Pékin samedi pour trois jours de nouvelles discussions.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2018 23h26)                

Trudeau veut que le G7 agisse pour les femmes

mai 11, 2018

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau répond à des journalistes de l’AFP le 9 mai 2018. / © AFP / Lars Hagberg

Le Canada veut profiter du sommet du G7 début juin au Québec, pour lancer des actions concrètes en faveur de l’éducation des femmes en zones de crise, a indiqué Justin Trudeau dans un entretien exclusif à l’AFP.

Les dirigeants des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) se réunissent les 8 et 9 juin dans la région du Charlevoix, au Québec.

Outre les grands sujets internationaux – nucléaire iranien, conflit en Syrie, Corée du Nord, tensions commerciales -, le Premier ministre canadien a souhaité mobiliser ses partenaires autour de l’égalité des genres, en créant le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes du G7.

« La parité, la défense des droits de la femme, l’inclusion des minorités LGBT et autres dans une société n’est pas juste un argument moral, c’est un argument profondément économique », a dit le Premier ministre canadien à l’AFP.

Rappelant que « le G7 est d’abord et avant tout un regroupement économique », M. Trudeau veut « convaincre et démontrer » qu’il y a là « un grand levier ».

Le dirigeant libéral veut encourager ses alliés à s’attaquer à cette question dans les pays en voie de développement où « beaucoup d’investissements » sont requis et, en particulier, « dans les endroits de crise, dans les camps de réfugiés, (où) l’éducation pour les filles est quasiment absente ».

« Si, en tant que pays du G7, on peut investir pour l’éducation des femmes et des filles en situation de crise, on va diminuer l’impact de la crise, (…) et on s’assure de ne pas perdre une génération » et de préserver la capacité de « ces femmes et ces filles de contribuer à un monde meilleur », a plaidé Justin Trudeau.

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2018 13h12)

Réunion du G7 sur fond de confrontation avec Moscou, Téhéran et Pyongyang

avril 22, 2018

Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) lors d’une réunion de deux jours à Toronto, au Canada le avril 2018 / © AFP / Lars Hagberg

Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont entamé lundi une réunion de deux jours à Toronto, au Canada, pour confirmer leur front uni face à la Russie et sonder les Etats-Unis avant des échéances cruciales sur l’Iran et la Corée du Nord.

Avant le sommet des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) les 8 et 9 juin au Québec, cette rencontre sera suivie lundi et mardi d’une réunion des ministres de l’Intérieur et de la Sécurité toujours sur le même thème: « Construire un monde plus pacifique et plus sûr ».

Les chefs de la diplomatie du G7 avaient déjà apporté mi-avril leur soutien au Royaume-Uni après l’empoisonnement, sur son sol, d’un ex-agent russe, imputé à la Russie.

A Toronto, la confrontation des Occidentaux avec Moscou, qui atteint des niveaux inégalés depuis la fin de la Guerre froide, est à l’ordre du jour de nombreuses sessions de travail, qu’elles portent sur le conflit en Ukraine ou le « renforcement de la démocratie contre les ingérences étrangères » — une allusion claire au rôle attribué à la Russie de Vladimir Poutine lors des dernières élections aux Etats-Unis ou ailleurs en Europe.

« Nous ne devrions jamais nous montrer faibles face au président Poutine », a estimé le chef de l’Etat français Emmanuel Macron depuis Paris, avant de s’envoler pour Washington à la rencontre de son homologue américain Donald Trump. « C’est un homme très fort », « quand vous êtes faibles, il s’en sert » pour « fragiliser nos démocraties », a-t-il ajouté dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne américaine Fox News, tout en assurant « respecter » le maître du Kremlin.

Un peu plus d’une semaine après les frappes menées par Washington, Paris et Londres contre le régime syrien en réponse à une attaque chimique présumée près de Damas, la Syrie est aussi au coeur des débats avec toujours, en toile de fond, la relation avec les Russes.

Les Occidentaux tentent de conjuguer mises en garde contre le Kremlin pour son soutien à Bachar al-Assad et tentatives de relance d’un processus diplomatique après sept années de conflit, qui passent forcément par un dialogue avec Moscou. Mais la stratégie des Etats-Unis inquiète aussi leurs alliés depuis que Donald Trump a annoncé son intention de retirer les troupes américaines dès que possible.

– Point d’étape sur l’Iran –

Deux autres grands dossiers diplomatiques devraient faire l’objet de discussions intenses.

D’abord la Corée du Nord, à l’approche d’un sommet historique, d’ici début juin en théorie, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, censés parler, après des mois d’escalade, d’une « dénucléarisation » de la péninsule coréenne.

Ensuite l’Iran, alors que le président américain doit aussi décider, d’ici le 12 mai, s’il « déchire » ou pas l’accord de 2015 conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique.

Une menace à laquelle le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a riposté samedi depuis New York en avertissant que Téhéran reprendra « vigoureusement » l’enrichissement d’uranium en cas de rupture de l’accord et adoptera des « mesures drastiques ».

Donald Trump réclame, pour le préserver, que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, signataires européens de ce texte jugé historique à l’époque mais que lui considère laxiste, proposent des solutions pour le durcir.

Les tractations vont bon train et devaient se poursuivre à Toronto lors d’une réunion dimanche des ministres français Jean-Yves Le Drian, britannique Boris Johnson et allemand Heiko Maas avec le secrétaire d’Etat américain par intérim John Sullivan.

« Nous avons beaucoup progressé mais le compte n’y est pas encore », a prévenu, avant ce point d’étape, un haut responsable américain interrogé par des journalistes.

Le sujet sera aussi sur la table lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron de lundi à mercredi à Washington, où il demandera à Donald Trump de rester dans l’accord iranien tant qu’il n’a pas de « meilleure option pour le nucléaire ». A ce stade, il n’y a « pas de plan B », a-t-il mis en garde sur Fox News.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2018 19h20)                

Pour le Canada, les G7 plus utiles que les autres instances

janvier 13, 2018

Peter Boehm, le « sherpa » du Premier ministre canadien Justin Trudeau pour le sommet du G7 à Ottawa, le 10 janvier 2018 / © AFP / Julien BESSET

Les sommets du G7 sont plus utiles pour désamorcer des crises ou trouver un terrain d’entente au niveau international que d’autres instances comme le G20, par exemple, estime le représentant du Premier ministre canadien pour le G7.

« Ayant participé aux derniers sommets du G7 », Peter Boehm, le « sherpa » de Justin Trudeau, assure que les chefs d’Etat et de gouvernement de ce groupe très fermé apprécient particulièrement une enceinte où « une discussion informelle » se tient.

Lors des réunions du G7, la liberté de parole est la règle, contrairement au « G20 où il y a un certain nombre d’acteurs différents avec des valeurs et des systèmes (politiques) différents », explique Peter Boehm dans un entretien à l’AFP.

« Le charme de ces sommets (…) repose sur le dialogue informel entre les dirigeants avec bien sûr des opinions différentes », qui justifient également ces rencontres. Le Canada assure la présidence du G7 depuis le 1er janvier.

Le tour de table des sept chefs d’Etat ou de gouvernement sert, selon Peter Boehm, à éprouver des idées, une sorte de « terrain d’essai pour une discussion qui pourrait éventuellement aller au G20, devant les Nations unies ou devant d’autres institutions financières internationales ».

Les sommets du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada), ou ensuite du G8 avant la sortie en 2014 de la Russie en raison du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, ont à intervalles réguliers été décriés, notamment par le faste déployé, et accompagnés de violentes manifestations.

La suppression de ces réunions « est une question régulièrement demandée au Canada » mais, selon le « sherpa » de Justin Trudeau, il est important de réaliser que ces responsables « aiment avoir un dialogue ouvert et informel ».

« Le partage de valeurs fondamentales » ajoute à la qualité de ces rencontres où « les décisions sont prises par consensus, quand des décisions sont prises ».

– Egalité des sexes –

A leur rencontre des 8 et 9 juin à La Malbaie –localité au bord du fleuve Saint-Laurent au Québec (est)–, les sept chefs d’Etat et de gouvernement vont une nouvelle fois discuter de « la mise en oeuvre de l’accord de Paris » sur le climat, et de sujets connexes « sur l’énergie et l’énergie renouvelable en particulier », souligne M. Boehm.

Par ailleurs, la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP) ou d’obtenir du Mexique et du Canada de renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna) compliquent les discussions entre les Sept.

« Le protectionnisme et le libre-échange ont été discutés lors du dernier sommet et ce sera à nouveau le cas » à La Malbaie, selon lui.

Des manifestations hostiles à la venue au Canada du président Trump sont probables, et pour prévenir tout débordement, « un groupe de coordination sur la sécurité a été installé à Québec » (150 km au sud-ouest de La Malbaie).

Le Canada n’entend pas interdire ces éventuels rassemblements car, comme le rappelle M. Boehm, la Charte canadienne des droits « garantit la libre manifestation de façon pacifique ».

Enfin, en pleine tempête de l’affaire Weinstein, le sujet de l’égalité des sexes voulu par Justin Trudeau sera « un des thèmes clés de notre présidence ».

Sous la présidence italienne l’année dernière, le G7 a établi « une feuille de route » pour l’égalité entre hommes et femmes, souligne cet ancien ambassadeur canadien en Allemagne.

Dans la foulée du mouvement #Metoo, le gouvernement canadien veut élargir la question de l’égalité des sexes.

C’est « en fait un thème transversal » qui doit être abordé au sommet avec les questions économiques, les dossiers sur la sécurité et la paix, l’éducation ou l’environnement, note Peter Boehm.

(©AFP / 13 janvier 2018 09h27)                

Climat: les Etats-Unis très attendus au G7 de l’environnement à Bologne

juin 10, 2017

Scott Pruitt, l’administrateur de l’Agence américaine de protection de l’environnement, le 2 juin 2017 à Washington / © AFP / Brendan Smialowski

Les ministres de l’Environnement des pays du G7 se retrouvent dimanche et lundi à Bologne (centre-nord de l’Italie), où l’Américain Scott Pruitt devrait faire face à un front commun dix jours après l’annonce de la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris.

Alors que la question du climat a brisé fin mai l’unité du G7 pour la première fois de son histoire lors du sommet des dirigeants à Taormina (Sicile), avec un Donald Trump résolu à jouer sa propre partition, elle devrait aussi être évoquée dans les rues du centre-ville, où une manifestation est prévue dans l’après-midi.

« Nous nous attendons à une bonne participation. Avec la décision de Trump, il y a un grand mécontentement et un nouveau débat qui s’est ouvert », a déclaré à l’AFP Giacomo Cossu, l’un des organisateurs du rassemblement.

Du côté des ministres, qui seront réunis dans un hôtel à la périphérie, l’accord de Paris sera également au centre des rencontres bilatérales et des tables rondes, et il s’agira de voir si les Etats-Unis ont « plus de choses concrètes » à proposer, a expliqué à l’AFP un porte-parole de la ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks.

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel s’est montrée particulièrement ferme contre l’administration Trump ces dernières semaines, Mme Hendricks entend s’entretenir personnellement avec M. Pruitt à Bologne.

Le ministre japonais, Koichi Yamamoto, n’a pas non plus l’intention de baisser les bras: « Jusqu’à présent, il n’y a eu qu’une annonce de retrait américain (de l’accord) mais cela ne s’est pas encore matérialisé. Alors nous allons continuer d’essayer de les convaincre », a-t-il expliqué la semaine dernière à la presse.

La partie s’annonce difficile: Scott Pruitt, choix controversé de M. Trump pour diriger l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a été l’un des partisans les plus fervents de la sortie de l’accord, qu’il juge « mauvais » pour les Etats-Unis.

Avant d’occuper ce poste, il a lutté pendant des années au niveau local, dans l’Oklahoma, contre de nombreuses initiatives environnementales, main dans la main avec l’industrie pétrolière dont il était de facto l’un des lobbyistes les plus efficaces.

– Hulot pas sur la photo –

Cet activisme l’opposait alors à ceux qui sont devenus ses subordonnés, en particulier les nombreux scientifiques de l’EPA spécialisés dans le climat, que le président français Emmanuel Macron a invités ces derniers jours à venir si besoin mener leurs recherches en France.

Dans ces conditions, même le traditionnel communiqué final est remis en question. Selon l’entourage du ministre français, Nicolas Hulot, la position américaine n’est pas encore connue.

La délégation menée par M. Pruitt peut se contenter d’émettre des réserves sur certains points de la déclaration qu’ils refuseraient d’endosser. Ils peuvent aussi tout bloquer de manière frontale, ce qui serait une première, auquel cas le communiqué final émanerait uniquement de la présidence italienne.

Malgré tout, politiciens et experts assurent que la rhétorique de M. Trump ne changera pas la donne. « Le monde est déjà en train de tourner le dos au carbone », a assuré M. Yamamoto, tandis que l’Allemagne et la Californie ont convenu samedi d’oeuvrer ensemble pour maintenir les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Coté français, cette réunion ministérielle constituera une première sortie sur la scène internationale pour M. Hulot dans ses habits de ministre.

Mais en raison des élections législatives qui le retiendront en France dimanche, il ne sera même pas sur la photo de famille prévue dans la matinée. Il doit arriver lundi, quand son homologue allemande sera déjà repartie…

Les débats doivent s’ouvrir dimanche à 08h30 (06h30 GMT) pour une journée et demie de tables rondes à huis clos sur le changement climatique, le développement durable, les finances durables, la fiscalité écologique, l’utilisation efficace des ressources ou encore les déchets marins.

Pour l’occasion, l’Italie a invité les ministres de quatre pays particulièrement engagés dans la protection de l’environnement et chargés de représenter les pays émergents: le Chili, les Maldives, l’Ethiopie et le Rwanda.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2017 04h11)                

L’Afrique, si proche et si loin des préoccupations du G7

mai 27, 2017

Donald Trump pose avec le président du Kenya Uhuru Kenyatta (g), le président guinéen Alpha Conde (2e g), le vice-président nigérian Yemi Osinbajo (2e d) et le Premier ministre Ethiopien Hailemariam Desalegn, le 27 mai 2017 à Taormina, en Sicile / © AFP / Tiziana FABI

Sept pays parmi les plus riches du monde réunis en Sicile, l’île où s’échouent quotidiennement des centaines de migrants: le symbole est criant. Mais l’Afrique restera reléguée à quelques paragraphes dans le communiqué final du G7.

Pendant que les grands de la planète discutent dans le cadre somptueux de Taormina, les migrants continuent à traverser la Méditerranée. Plus de 1.500 d’entre eux ont ainsi été secourus pour la seule journée de vendredi. Et, sommet du G7 oblige, les débarquements ont été interdits cette semaine en Sicile.

« Jamais un G7 ne s’est tenu aussi proche de l’Afrique, mais jamais l’Afrique n’a été aussi loin des préoccupations du G7 », se désole Friederike Röder, responsable de l’ONG One, qui suit les réunions des sept grands (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Japon et Canada) depuis des années.

Et pourtant, l’Italie, pays hôte du sommet, a fait de l’Afrique une de ses priorités et avait choisi à dessein la Sicile, « au coeur de la Méditerranée » et « pont entre l’Europe et l’Afrique », selon les mots du président du Conseil Paolo Gentiloni.

En première ligne face à la crise migratoire, l’Italie, qui a vu débarquer plus de 50.000 personnes sur ses côtes depuis le début de l’année, comptait faire adopter une déclaration ambitieuse par le G7 de Taormina, et poser les prémisses d’une vision à long terme des rapports avec l’Afrique.

Selon des sources diplomatiques italiennes, une déclaration séparée sur l’Afrique et la « mobilité humaine », une façon positive d’envisager les migrations, était en projet.

– Le niet des Américains –

« Les Américains ont tué le projet et ont fait savoir fin avril qu’ils refusaient toute déclaration séparée », selon Friederike Röder, déplorant que la vision sécuritaire constitue l’alpha et l’omega de la relation avec l’Afrique.

« Nous devons être durs et vigilants » sur l’immigration, a lancé cette semaine le président américain Donald Trump en tournée européenne, liant une nouvelle fois immigration et terrorisme: « des milliers et des milliers de personnes se répandent dans nos différents pays et se dispersent, et dans de nombreux cas, nous ne savons pas qui ils sont », a-t-il déclaré à Bruxelles.

« Le problème n’est pas tant Trump que les autres pays, qui n’ont rien fait pour sauver le projet italien et qui se laissent faire », déplore la responsable de One.

Résultat, la question des migrations et de l’Afrique en général devrait faire l’objet d’un ou deux paragraphes dans le communiqué final du G7, selon des sources italiennes.

Pourtant, cinq chefs d’Etat et de gouvernement africains étaient invités à Taormina. Le Niger, l’Ethiopie, le Kenya, la Tunisie et le Nigeria -d’où vient le plus gros contingent de migrants en Italie- ont participé samedi matin à une réunion avec les membres du G7.

L’occasion pour le président nigérien Mahamadou Issoufou de rappeler que les flux migratoires résultaient de « la combinaison du terrorisme, de la pauvreté, des effets du changement climatique, et de la pression démographique ».

Et d’appeler ses pairs occidentaux à envisager une approche globale mêlant « des mesures sécuritaires, et des mesures en matière de développement économique et social ».

« Le Niger est bien placé pour comprendre les enjeux liés au terrorisme et au réchauffement climatique. Ce sont des questions que nous vivons au quotidien », insiste une source de l’entourage du président Issoufou. « Nous attendons plus de solidarité sur les questions essentielles, il faut trouver une solution en Libye, il faut des engagements précis en matière alimentaire, et il faut que les Européens convainquent le président Trump de rester dans l’accord de Paris » sur le climat, selon cette source.

Rencontrant M. Issoufou en bilatérale vendredi, le chef d’Etat français Emmanuel Macron, qui a fait de la lutte contre le terrorisme une de ses priorités à l’international, a toutefois promis « une politique exigeante en matière d’aide publique au développement » afin « d’installer durablement la paix et la stabilité démocratique et économique » en Afrique.

Mais les engagements pris en 2015 lors d’un précédent G7 en Allemagne restent à tenir. Les pays riches avaient alors promis d’allouer 0,7% de la richesse nationale à l’aide publique au développement, et s’étaient engagés à oeuvrer pour sortir 500 millions de personnes de la faim et de la malnutrition d’ici à 2030.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2017 13h06)                

Emmanuel Macron en première ligne au sommet du G7

mai 26, 2017

Une photo d’Emmanuel Macron, avec en arrière-plan la Première ministre britannique Theresa May (g) et le président américain Donald Trump, au G7 à Taormina en Italie, le 26 mai 2017 / © POOL/AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Vingt jours après son élection, le président français Emmanuel Macron rejoint le club très fermé des dirigeants du G7, en première ligne face à Donald Trump lors d’un sommet compliqué qui lui donne l’occasion de se forger une stature internationale.

Après le sommet de l’Otan à Bruxelles, le président français a atterri jeudi minuit avec son épouse Brigitte en Sicile, où, en plus des réunions des Sept, il rencontrait vendredi en tête-à-tête cinq dirigeants : Theresa May (Grande-Bretagne), Justin Trudeau (Canada), Mahamadou Issoufou (Niger), Béji Caïd Essebsi (Tunisie) et Shinzo Abe (Japon).

Parcourant à pied la rue principale de Taormina, il est apparu très souriant et détendu aux côtés de ses collègues, saluant les rares habitants de cette station balnéaire ayant décidé de rester chez eux en dépit de mesures drastiques de sécurité.

Mais au-delà des poignées de main, des sourires et des accolades, ce G7 est aussi un défi pour le nouveau président, qui a dû prendre le train en marche, les préparatifs ayant débuté en janvier. Son « sherpa », chargé de cette préparation, l’ex-ambassadeur Philippe Etienne, a pris le relais de celui de François Hollande, Jacques Audibert.

Cette arrivée tardive est d’autant plus délicate que ce G7 s’annonce plus compliqué que les précédents.

« Généralement le communiqué final est prêt à l’avance. Mais pas cette fois, à cause de l’incertitude de la position américaine sur le climat et le commerce international. Les sherpas continueront à négocier sur place jusqu’à samedi », a expliqué la délégation française.

Paris, avec d’autres pays européens, cherche à éviter un texte final mentionnant à peine le climat et les Accords de Paris, ce qui serait considéré comme un recul. L’enjeu est donc de taille pour le nouveau président français face à son homologue américain qui refuse toujours de se prononcer sur cette question.

– ‘la réponse de la France’ –

Mais les G7 ont un autre enjeu: c’est l’une des rarissimes occasions où les dirigeants du monde se rencontrent physiquement et peuvent se mesurer, échanger, créer des liens.

Et le président français s’est déjà fait un ami en la personne du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« Assis à la même table qu’Emmanuel Macron pour la première fois, nous parlons emploi, sécurité et climat, j’ai hâte d’avoir d’autres conversations, mon ami », a affirmé sur Twitter M. Trudeau, lui aussi né dans les années 70.

Arrivé au pouvoir en un an, à 39 ans, M. Macron suscite incontestablement la curiosité de ses pairs.

« Pour lui, ce sera trois jours de conquête, pour séduire, convaincre, montrer qui il est, ce qu’il veut faire. C’est une occasion en or d’avoir toutes ces échéances très rapprochées, Otan et G7, et il reçoit (le président russe Vladimir) Poutine après à Versailles », a expliqué Jacques Audibert jeudi sur CNews.

« Les chefs d’Etat et de gouvernement adorent ces réunions où ils peuvent discuter entre eux, seuls, jusque tard dans la nuit, ce qu’ils ne peuvent jamais faire dans les grandes réunions », raconte-t-il. « Les rencontres bilatérales sont aussi essentielles ».

Emmanuel Macron sera scruté car son élection est « la réponse de la France, une réponse d’ouverture, dynamique, le contraire de ce que les gens craignaient » en cas de victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle, selon l’ex-conseiller.

Pour lui, « les dirigeants sont très curieux entre eux », ce sont avant tout des hommes politiques, et ils s’interrogent évidemment sur l’élection de cet outsider, jamais élu auparavant.

Et avec l’irruption parfois musclée de Donald Trump sur la scène internationale, les petits gestes comptent aussi. Les poignées de mains viriles entre Donald Trump et Emmanuel Macron à Bruxelles jeudi ont été très largement relayées sur les réseaux sociaux, avec des pluies de commentaires sur les jointures blanchies du président français.

Le duel entre les deux hommes est regardé avec curiosité tant ils paraissent à l’opposé l’un de l’autre. La presse italienne a même fait cette semaine d’Emmanuel Macron « l’antidote » à Donald Trump, après sa victoire en France, considérée comme un coup d’arrêt à la vague populiste qui semblait tout emporter sur son passage après le Brexit en Grande-Bretagne et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mai 2017 17h26)