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Violences sexuelles : « La place de ces prêtres est en prison » – Une victime de la Fraternité Saint-Pie-X témoigne

septembre 29, 2022

Victime d’abus sexuels de la part d’un prêtre français au Gabon à la fin des années 1980, Claude a choisi de rompre le silence. Trente ans après les faits, il entend révéler les crimes commis par des pères de la Fraternité Saint-Pie-X. Jeune Afrique a recueilli son témoignage filmé.

Claude, victime de Patrick Groche, témoigne pour Jeune Afrique. © JA

ENQUÊTE – Sans lui, aucune révélation n’aurait été possible. Contacté par Jeune Afrique, Claude est en effet la première victime qui a accepté de témoigner et de rapporter les faits dont il a été victime. Le premier, aussi, et le seul à avoir le courage de le faire face à une caméra, à visage découvert. Sans doute pour obliger ses anciens agresseurs à le regarder en face, les yeux dans les yeux.

Dans le petit appartement des faubourgs de Strasbourg, dans l’est de la France, Claude a juste posé une condition, avant que nous ne commencions à enregistrer son témoignage : garder son patronyme secret. Devenu éducateur, il encadre aujourd’hui des enfants et fréquente par conséquent leurs familles. S’il a choisi de parler, il veut préserver sa vie professionnelle.

L’ancien servant de messe gabonais, qui a commencé à fréquenter la mission de la Fraternité Saint-Pie-X de Libreville à 16 ans à peine, en 1986, a le verbe posé. Les mains croisés, la voix calme et l’émotion contenue, il raconte ce jour où le père Patrick Groche l’a invité dans sa chambre pour, avait-il prétexté, lui donner un roman de jeunesse.

UN MÉLANGE DE « HONTE » ET DE « PEUR » L’A EMPÊCHÉ DE BRISER LE SILENCE

Il ne s’étend pas sur les caresses, les attouchements. Ses silences en disent beaucoup. Suffisamment. Dans un témoignage écrit également envoyé à Jeune Afrique, Claude avait été plus cru. Mais, face caméra, la pudeur l’emporte, sans que son témoignage perde de son poids. Il est précis, accablant. Derrière les rideaux tirés de sa chambre, un prêtre nu l’emmène en enfer, tout en lui glissant à l’oreille : « Les garçons aussi ont le droit de s’aimer. »

Un calvaire de huit ans enfoui pendant un quart de siècle

Claude sera victime durant huit années du Français Patrick Groche, ancien bras droit de l’ex-archevêque de Dakar, le traditionaliste Marcel Lefebvre. D’abord à Libreville donc, puis en France, où le jeune Gabonais part poursuivre ses études, opportunément financées par la Fraternité Saint-Pie-X. Claude ne trouvera le courage de tenir tête à son agresseur et de mettre fin au calvaire qu’en 1994.

L’ancien servant de messe mettra encore vingt-cinq ans à briser le silence. Alors que son fils s’apprête à étudier au Québec, il découvre que le père Groche exerce toujours outre-Atlantique. Le déclic. En 2019, Claude décide de témoigner auprès de la hiérarchie de la Fraternité Saint-Pie-X. Puis il dépose plainte en France. En vain : les faits, trop anciens, sont prescrits.

Pourquoi avoir attendu vingt-cinq ans ? Un mélange de « honte », de « peur ». L’envie d’enfouir l’horreur au plus profond de soi surtout. Depuis la dénonciation des faits, le père Patrick Groche a été rappelé en France par sa hiérarchie. Il vit aujourd’hui à Lourdes, sous l’œil vigilant de Claude et de sa famille, qui se démènent pour découvrir d’autres victimes, les inciter à témoigner et à dénoncer.

Leur objectif : obtenir que le père Patrick Groche soit traduit en justice et forcer la Fraternité Saint-Pie-X, coupable, selon lui, d’avoir couvert les abus et protéger des prêtres criminels, à faire face à ses victimes. Après près de deux heures de témoignage, Claude conclut en s’adressant « aux victimes de la Fraternité » : « Cela ne doit pas continuer. La place de tous ces prêtres est en prison. Pour la protection des innocents et des enfants, il faut les dénoncer. »

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Gabon : les mésaventures de Guy Nzouba-Ndama, placé en garde à vue à Franceville

septembre 18, 2022

L’ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise a été arrêté, ce samedi 17 septembre, à la frontière avec le Congo-Brazzaville alors qu’il était en possession d’une forte somme d’argent.

Guy Nzouba-Ndama, à Paris le 16 juin 2016. © Vincent Fournier/JA

Président de l’Assemblée nationale entre 1997 et 2016, Guy Nzouba-Ndama a été arrêté ce samedi à la frontière avec le Congo-Brazzaville alors qu’il était en possession de valises contenant au total plus d’un milliard de francs CFA (plus de 1,5 million d’euros). L’opposant, chef du parti Les Démocrates (10 députés et 4 sénateurs), a été placé en garde à vue dans un commissariat de Franceville, où a il été interrogé.

Bagages suspects

Selon nos informations, Guy Nzouna-Ndama, 76 ans, avait passé la frontière le 17 septembre au matin pour se rendre au Congo, où il a dit aux enquêteurs s’être rendu pour des soins médicaux. Revenu le soir même au point de passage, avec des bagages qui ont attiré l’attention des forces de l’ordre, il a été appréhendé et placé en garde à vue.

Poids-lourd de la politique gabonaise, passé comme beaucoup par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), il avait démissionné du perchoir en 2016 avant de créer son propre parti l’année suivante.

Il n’avait pas encore officialisé ses intentions, mais envisageait de se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2023. En avril 2016, il avait annoncé sa candidature à la magistrature suprême avant d’apporter son soutien au candidat Jean Ping au sein d’une alliance de l’opposition face à Ali Bongo Ondimba.

Par Jeune Afrique

Gabon-Tchibanga : 2è Edition concours d’art oratoire

août 29, 2022

Placée sous le haut patronage du Président de la République Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, la 2e édition du concours d’art oratoire en langue Ypunu, organisée par le Ministre de l’Économie Numérique, Jean Pierre Doukaga Kassa, a rendu son verdict ce samedi 27 août 2022 à l’esplanade du du Stade Dialogue de Tchibanga.

Au terme de la dernière confrontation, le jury à déclaré, à égalité des points, les deux (2) équipes finalistes des quartiers Kokondo et château, finalement récompensées des mêmes montants. Les prix et médailles ont été remis aux uns aux autres, par les responsables locaux présents, entre autres, le Préfet de Mougoutsi Roger Romuald Bhongo Mavoungou représentant l’autorité provinciale, Nicole Nouhando empêchée, les 2e Maire Adjt Anaclet Zaye Mbouity représentant le Maire central Jean Charles Yembit Yembit et celui du 1er arrondissement Dieudonné Itoumba Mbadinga.

Placé sous le thème du « mariage coutumier« , la rencontre a suscité un engouement certain, qui a réjoui Jean Pierrre Doukaga Kassa. L’homme politique, appelé « Tata » par les siens, a reconnu le franc succès de cette édition qui tranche avec les balbutiements de l’année inaugurale.

Par cette initiative, le membre du gouvernement montre son intérêt pour la préservation du patrimoine culturel nynois, qui passe aussi par la maîtrise de la langue Ypunu, dans un monde régi par l’oralité. La langue étant un moyen indispensable de communication, un outil essentiel de transmission du savoir.

De ce fait, elle constitue tout un code, permet à l’homme de réaliser une aptitude, d’utiliser au mieux les éléments qui la composent, afin de se comprendre, comprendre le monde, ses semblables et communiquer avec eux.
Il faut dire que la langue est une lentille à travers laquelle nous voyons notre environnement, elle façonne nos valeurs et nos attitudes.

Et donc chaque communauté linguistique ayant ses normes et ses formes, le débat du mariage coutumier chez les punus, thématique de cette édition, commande aussi le respect du code de communication qui, malheureusement, échappe aujourd’hui à plusieurs d’entre nous.

Aussi Jean Pierre Doukaga Kassa a-t-il voulu donner l’occasion aux jeunes de s’approprier la chose, de s’imprégner des règles essentielles, des symboles, des signes et de certaines significations codées, afin de contourner les difficultés que certains peuvent rencontrer en situation réelle de débat d’un mariage coutumier.

AMM/MT avec Gabonnews

Gabon: Fougamou/Joseph Bigoumou tué par un éléphant

août 25, 2022

La découverte macabre se déroule au village Oyenano dans le département de Tsamba Magotsi. Joseph Bigoumou a été tué par un éléphant.

(Gabonews) : Joseph Bigoumou a récemment quitté le terrain familial du village Oyenano à une dizaine de km de la commune de Fougamou pour une partie de chasse . Il portait un fusil de type calibre 12.

Il aurait tenté d’abattre un éléphant. Mais cette mésaventure a tourné au vinaigre. Joseph Bigoumou aurait été terrassé par le pachyderme.

Les populations vont constater durant 2 jours l’absence de l’infortuné puis vont alerter la brigade de Fougamou qui poursuit l’enquête. A 59 ans Joseph Bigoumou perd la vie avec brutalité.

La présence des animaux sauvages remet au grand jour la difficile cohabitation entre l’homme et la faune. L’article 275 du code forestier protège l’éléphant.

Avec Gabonnews par DKT

Sénégal: un étudiant gabonais recherché à Dakar pour le viol d’un jeune garçon de 14 ans

août 6, 2022
 Sénégal: un étudiant gabonais recherché à Dakar pour le viol d’un jeune garçon de 14 ans.

Gahile Mboumba Mboumba, un compatriote, la vingtaine révolue qui est recherché par les autorités judiciaires de Dakar pour le viol sur un jeune garçon de 14 ans. Selon des sources concordantes, le présumé violeur pédophile aurait été ramené à Libreville pour éviter de répondre de ses actes.

Les faits se seraient passés le dimanche 31 juillet dernier à Dakar au Sénégal. Envoyé par ses parents pour poursuivre ses études, Gahile Mboumba Mboumba se serait livré à des jeux de séduction sur les réseaux sociaux. Il aurait créé des faux profils en se faisant passer pour une femme et aurait à l’aide de subterfuge convaincu son interlocuteur âgé de 14 ans de lui envoyer des « nudes ». Une fois les photos compromettantes en sa possession, il aurait menacé le jeune garçon.

Voulant éviter que ses photos ne soient diffusées sur internet, la victime aurait accepté de rencontrer Gahile Mboumba Mboumba à son domicile. Une fois sur place, l’étudiant aurait convaincu le jeune garçon de 14 ans d’avoir des rapports sexuels avec lui afin d’effacer les photos. Une demande que l’adolescent aurait fini par accepter. Une fois sa libido assouvie, il aurait laissé partir la victime.

De retour chez lui, la victime aurait tout raconté à ses parents. Ces derniers remontés auraient débarqué au domicile de de Gahile Mboumba Mboumba. Ils ne l’auraient pas trouvé mais plutôt son colocataire, L.D.O.O. Ce dernier va être pris à partie par les proches du jeune garçon de 14 ans. Lesquels l’auraient roué de coups et cassé sa paire de lunettes. Il n’aurait eu la vie sauve que grâce à l’intervention de gendarmes passant par là.

Les parents de Gahile Mboumba Mboumba ont été mis au courant de la situation, ces derniers se seraient lavés les mains indiquant que leur fils devait répondre de ses actes. Une plainte a été déposée à l’encontre du présumé violeur pédophile, qui ne serait pas à sa première tentative. Une source proche de l’ambassade du Gabon au Sénégal a indiqué que malgré les mesures prises pour intercepter le suspect, il serait parvenu à rentrer au Gabon avec l’aide de ses proches.》

Avec Le Congolais.fr

Gabon – Biens mal acquis : plusieurs enfants d’Omar Bongo Ondimba mis en examen en France

juillet 29, 2022

Cinq enfants de l’ancien président gabonais sont accusés d’avoir acheté des biens immobiliers en France grâce à la fortune de leur père, que la justice soupçonne d’avoir été frauduleusement acquise.

Omar Bongo, président du Gabon, en 1985 à Libreville. © Archives JA

Le dossier des « biens mal acquis » gabonais, vieux de quinze ans, est relancé : la justice française a confirmé avoir mis en examen en juin et en juillet cinq fils et filles d’Omar Bongo Ondimba, ancien président gabonais décédé en 2009 et père de l’actuel chef de l’État. Parmi les intéressés figurent surtout Pascaline Bongo, l’ancienne directrice de cabinet d’Omar Bongo Ondimba, et Omar Denis Junior Bongo, lequel est également le petit-fils du président congolais Denis Sassou Nguesso.

Sont également concernés Jeanne et Joseph Matoua, enfants d’Omar Bongo Ondimba et de Patricia Thérèse Matoua. Ceux-ci ont été mis en examen pour recel de détournement de fonds publics, de corruption active et passive, de blanchiment et d’abus de biens sociaux.

« C’est tout un clan familial »

La justice française les soupçonne d’avoir « sciemment » bénéficié d’un important patrimoine immobilier « frauduleusement » acquis en France par l’ancien président gabonais. La valeur de ces biens a été évaluée « à au moins 85 millions d’euros ».

Outre des enfants Bongo – Grâce, Betty, Arthur et Hermine Bongo ont aussi été mis en examen en mars et avril – et la banque BNP Paribas, sont aussi poursuivies quatorze autres personnes physiques. Parmi celles-ci figurent des membres de la famille de Denis Sassou Nguesso et plusieurs Français parmi lesquels un avocat, un notaire ou une gérante de société civile immobilière (SCI).

« C’est tout un clan familial qui va devoir rendre des comptes », a réagi Me William Bourdon, avocat de Transparency International France, partie civile dans le dossier.

Ali Bongo Ondimba pas concerné

« Cela ne concerne ni le président de la République, ni aucun membre de présidence de la République gabonaise donc il n’y a pas à commenter », a déclaré Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence gabonaise.

Pour l’avocate de Pascaline Bongo, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, il y a dans cette procédure « un anachronisme tant juridique que factuel ». Avocat d’Omar Denis Junior Bongo, Me Jean-Marie Viala a quant à lui contesté la mise en examen de son client « sur la base du droit », « non de la morale ».

Grâce, Betty, Arthur et Hermine Bongo ont quant à eux nié avoir eu connaissance du caractère frauduleux de cette fortune.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Gabon : l’ancien porte-parole d’Ali Bongo Ondimba condamné à huit ans de prison

juillet 27, 2022

Ike Ngouoni Aila Oyouomi a été condamné, le mardi 26 juillet, à huit ans de réclusion pour détournement de fonds publics. L’ancien porte-parole du président Ali Bongo Ondimba avait été arrêté en 2019 dans le cadre d’une opération anti-corruption, qui a également touché l’ex-ministre Brice Laccruche Alihanga.

Ike Ngouoni Aila Oyouomi, ancien porte-parole de la présidence et conseiller d’Ali Bongo Ondimba. © DR

La Cour criminelle spéciale a condamné, le mardi 26 juillet, Ike Ngouoni Aila Oyouomi à huit ans de prison ferme pour détournement de fonds publics. L’ancien porte-parole de la présidence a été reconnu coupable de faits s’étant déroulés entre 2017 et 2019 et écope également d’une amende de 50 millions de francs CFA, ainsi que d’une autre de 5 milliards, au titre de dommages et intérêts, à verser à l’État gabonais.

Ike Ngouoni Oyouomi avait été arrêté en 2019 dans le cadre de l’opération anti-corruption qui avait également abouti à l’incarcération de Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, et de plusieurs hauts fonctionnaires de l’administration gabonaise. Tous avaient été accusés de détournement ou de complicité de détournement de fonds publics. Le procès de Brice Laccruche Alihanga, l’accusé le plus emblématique, n’a pas encore eu lieu.

Une décision qui « ne rend pas compte de la réalité des faits »

Le procureur avait requis une peine de quinze années de réclusion à l’encontre d’Ike Ngouoni Aila Oyouomi. Il avait aussi sollicité une condamnation à dix années de prison (dont cinq années de sursis) pour Sandy Ntsame Obame, l’ancienne assistante du porte-parole, jugée en même temps que ce dernier. Celle-ci a été condamnée à cinq années d’emprisonnement avec sursis et retrouve donc la liberté.

Ike Ngouoni Aila Oyouomi, qui a déjà passé trois ans derrière les barreaux, doit quant à lui encore s’acquitter de cinq ans de réclusion. Une décision « qui ne rend pas compte de la réalité des faits », a dénoncé à la fin du procès son avocat, Me Anges Kévin Nzigou.

Ce dernier a cherché à convaincre le tribunal que les fonds prétendument détournés n’étaient pas publics mais avaient été mis à disposition du cabinet du chef de l’État pour les activités politiques – et donc privées – d’Ali Bongo Ondimba. En vain. Il devrait toutefois présenter une plaidoirie similaire lors du prochain procès de son autre client, Brice Laccruche Alihanga.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Au Gabon comme au Rwanda, l’OIF joue la carte de la francophonie économique

juillet 24, 2022

Avec 25 accords commerciaux conclus et une dizaine de projets de coopération en phase finale, l’Organisation internationale de la Francophonie fait de la langue française un actif économique.

Louise Mushikiwabo lors de la cérémonie d’ouverture de la MEAC à Kigali, le 12 juillet 2022. © Alex THARREAU/OIF

Au Gabon (du 6 au 8 juillet) puis au Rwanda (du 11 au 13), la mission économique et commerciale de la Francophonie en Afrique centrale (MEAC) – conduite par la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo – a mobilisé une centaine d’acteurs économiques francophones, venus « faire des affaires » sur le continent. Ministres, banquiers, jeunes entrepreneurs, avocats d’affaires et investisseurs se sont rencontrés pour échanger, étudier les différents leviers de développement possibles et mettre en place des projets communs.

Même si le temps s’y prêtait, il n’était pas question de parler des sublimes plages aux eaux tièdes ou des somptueux couchers de soleil. Encore moins des mille collines, des gorilles et des volcans. À Libreville comme à Kigali, destinations où il fait bon vivre, c’était le moment de parler business, et business seulement. Alors que le ministre gabonais du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises, Yves Fernand Manfoumbi, a réitéré l’engagement de son pays à doper et à diversifier son économie, Beata Habyarimana, ministre rwandaise du Commerce et de l’Industrie, a mis en avant un climat des affaires propice aux investissements pour attirer les opérateurs économiques.

« Cette mission économique organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie est très importante pour permettre aux hommes d’affaires qui partagent la même langue de coopérer, mais surtout pour faciliter les investissements dans les pays africains en développement », souligne François Kanimba, commissaire chargé du marché commun de la Communauté économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Partenariats

Passé par Temple University (États-Unis) et Sciences-Po (Paris), Yannick Ebibie, à la tête de la Société d’incubation numérique du Gabon (SING), a été l’un des acteurs les plus actifs de cette mission. Avec pas moins de trois accords signés à Kigali, le premier incubateur du Gabon compte accompagner des acteurs rwandais (KLab – Connecting Dots) et burkinabè (2CS Burkina) pour renforcer l’écosystème des start-up. Venu, quant à lui, chercher des nouveaux partenaires francophones, Mohamed Amar Athie, CEO de Netexio, une société de services numériques basée au Sénégal, s’est associé à Maraphones, groupe rwandais de fabrication de téléphones « made in Africa »,  pour la gestion de sa flotte de smartphones via une solution logicielle.

Afin de donner un coup de fouet aux rencontres d’affaires en format business to business (B2B), la mission économique et commerciale en Afrique centrale de l’Organisation internationale de la Francophonie a également joué la carte des visites de terrain. Dans le secteur des énergies renouvelables, les participants se sont rendus sur les sites des projets de Gabon Power Company et de Gigawatt Global (Rwanda). Objectif : apprendre de leurs expériences mais aussi nouer des partenariats potentiels. Et c’est dans ce contexte que GLS Ltd Tchad et ERE Ltd Rwanda se sont alliés pour mettre en place des systèmes solaires décentralisés au Tchad.

Au-delà du numérique et des énergies renouvelables, l’inclusion des femmes a été au cœur des accords signés dans le secteur de l’agro-industrie. Le groupe burkinabè Faso Attiéké s’est associé à deux acteurs économiques rwandais, Umuntangana Veritas Ltd et National Agricultural export development (NAEB). Alors que le premier contrat porte sur l’appui à l’installation d’une unité de production d’attiéké au Rwanda, le second vise à accompagner et à former les femmes à la transformation du manioc en attiéké. Dans le cadre d’une démarche de réinsertion de femmes en situation précaire, Tropical Food Madagascar a, de son côté, signé un accord tripartite avec Umuntangana Veritas Ltd Rwanda et Park & Pick Rwanda pour la formation des femmes rwandaises à la transformation des fruits et légumes et à la distribution de leur production sur le marché.

« Francophonie de l’avenir »

Pour Geoffroi Montpetit, l’administrateur de l’OIF, l’espace francophone représente à la fois un savoir-faire, des richesses agricoles, industrielles, environnementales, et de multiples services qui pourraient être mieux exploités avec le renforcement des opportunités d’échanges commerciaux et d’investissements. Ceci, en connectant les parties prenantes : « Des acteurs étatiques aux organisations d’intégration régionale en passant par les organisations patronales, les chambres d’industrie et les entrepreneurs. » « Voilà à quoi peut servir la francophonie économique », a-t-il insisté à Libreville.

Présente à Kigali, Louise Mushikiwabo a appelé à dépasser « les inquiétudes et les préjugés » portant sur le continent. La Rwandaise se réjouit de pouvoir non seulement « mettre en réseau et accompagner » les opérateurs économiques, hommes et femmes, dans la découverte des pays francophones, mais aussi dans les aspects techniques concernant les différents secteurs du programme mis en place, à savoir le numérique, l’agro-industrie et les énergies renouvelables. « Il est très important de se servir de l’espace francophone pour faciliter les échanges et l’OIF peut jouer un rôle de catalyseur des échanges intrafrancophones entre les petites, moyennes et même microentreprises », souligne la secrétaire générale de l’OIF.

Dans son pays natal, la Rwandaise se dit tournée vers « la francophonie de l’avenir ». Une nouvelle vision qui va « au-delà de l’aspect institutionnel, un grand siège à Paris et treize représentations à travers le monde ». « C’est une francophonie au service des populations et des hommes et femmes d’affaires, qui n’ont pas accès aux systèmes mondiaux, pour les aider à saisir les opportunités qui existent dans l’espace économique francophone », insiste Louise Mushikiwabo, qui lève le voile sur les ambitions de son organisation : deux nouvelles missions économiques et commerciales en Europe et une troisième en Amérique du Nord. Si les dates et les destinations précises n’ont pas encore été confirmées, le principe est le même : « Soutenir la coopération pour une reprise économique francophone résiliente. »

Avec Jeune Afrique par Maher Hajbi

Gabon – Football : avarie d’avion, joueurs manquants, absence de maillots…. Les folles galères des Panthères

juin 11, 2022

La sélection gabonaise a vécu des moments particulièrement agités avant ses deux matches qualificatifs pour la CAN 2023 en RDC (1-0) et face à la Mauritanie (0-0). Des péripéties consécutives à l’incarcération du président de la fédération dans le cadre d’une enquête pour abus sexuels commis par un entraîneur.

Lors des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021 entre le Burkina Faso et le Gabon, au stade Omnisport de Limbé, le 23 janvier 2022. © CHARLY TRIBALLEAU/AFP

S’il ignore ce qu’ont récemment vécu les Panthères du Gabon, un observateur lambda admettrait que les résultats de la sélection nationale lors des deux premières journées des qualifications pour la CAN 2023 sont plutôt honorables, à commencer par la victoire en RDC, le 4 juin (1-0). Mais ce résultat, combiné au match nul obtenu face à la Mauritanie (0-0), quatre jours plus tard à Franceville, a des airs d’exploit, quand on découvre ce qu’il s’est passé durant les jours qui ont précédé le déplacement à Kinshasa.

Atterrissage d’urgence à Barcelone

Patrice Neveu, le sélectionneur français du Gabon, a sans doute vécu un des moments les plus surréalistes de sa carrière. Les Gabonais, qui venaient d’effectuer un stage de quelques jours en Île-de-France, devaient rallier Kinshasa par un avion privé le jeudi 2 juin. « Alors que nous étions en plein vol, le pilote nous a annoncé qu’il devait atterrir d’urgence à Barcelone pour un problème technique. Quand vous apprenez cela, c’est très angoissant, car c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas », explique-t-il.

Le dysfonctionnement est assez important pour que les joueurs et leur staff soient débarqués. « On a trouvé un hôtel, à quarante-cinq minutes de l’aéroport. Puis la compagnie aérienne devait nous envoyer un autre avion le vendredi. » Mais l’appareil n’est jamais arrivé, alors que le match était prévu le lendemain, le 4 juin, à 17 heures, au stade des Martyrs à Kinshasa.

La journée du 3 juin se déroule sans qu’aucune solution n’apparaisse clairement. Alors que la menace d’un forfait se profile, la fédération gabonaise demande à son homologue congolaise de reporter le match au dimanche. « Impossible », répond celle-ci, en expliquant que les Léopards doivent s’envoler vers le Soudan aux alentours de minuit le samedi. « Le vendredi soir, nous sommes donc tous allés nous coucher. Mais à 2 heures du matin, on est venu me réveiller en me demandant de prévenir au plus vite les joueurs, afin de prendre un vol régulier à 4 heures du matin », poursuit Neveu.

Sept joueurs sur le carreau

Sauf que le bus qui doit emmener la délégation gabonaise n’arrive pas. Dix-sept joueurs, dont deux qui étaient blessés, accompagnés notamment du sélectionneur-adjoint, trouvent des taxis pour aller à l’aéroport. Mais le sélectionneur, une partie du staff et sept autres joueurs n’en trouvent pas assez rapidement. Résultat, dit Neveu : « Quand nous sommes arrivés à l’aéroport, l’avion était déjà parti. »

De son côté, la Confédération africaine de football (CAF) fait décaler le coup d’envoi à 21 heures, après avoir reçu le compte rendu du pilote concernant les problèmes techniques l’ayant obligé à se poser d’urgence en Catalogne. Mais Neveu et le reste de la délégation, après avoir espéré pouvoir rejoindre Kinshasa, doivent se résigner. « Nous sommes rentrés le samedi à Paris et avons regardé le match sur internet. » Le Gabon, avec seulement quinze joueurs valides, parvient à s’imposer grâce à un but de Shavy Babicka (20 ans), son premier en sélection.

Les heures qui suivront cette victoire presque miraculeuse ne seront pas plus sereines. La délégation partie de Kinshasa arrive à Libreville le dimanche 5 juin dans la soirée, après un vol de plus de sept heures, les « Parisiens » atterrissent dans la capitale gabonaise le lundi en fin de journée. Mais certains dirigeants de la fédération gabonaise (Fegafoot) veulent que tout ce joli monde s’envole sans tarder pour Franceville, où doit avoir lieu le match face à la Mauritanie, le 8 juin. En off, ils arguent qu’ils souhaitent éloigner les internationaux de Libreville, où les tentations sont grandes.

Les joueurs s’opposent à cette idée, préférant rester à Libreville le lundi soir pour se reposer et partir le mardi matin. Finalement, l’instance, en concertation avec le gouvernement et Patrice Neveu, décale le vol vers Franceville, d’une durée d’un peu plus d’une heure, au mardi matin.

Pas de maillots

Dans le Haut-Ogoué, les Panthères sont reçues le 7 juin par le président Ali Bongo, en visite dans la province. Le chef de l’État a même prévu d’assister au match qui les opposent le lendemain aux Mauritaniens au stade de Franceville (ancien stade Rénovation). Mais le jour du match, un autre contretemps attend les joueurs gabonais, avant le coup d’envoi, quand ils pénètrent dans leur vestiaire.

Ces derniers constatent que les maillots du match ne sont pas dans les casiers, où il n’y a que les tenues d’entraînement. Ce seront donc ces maillots qui seront utilisés… avec les numéros de chacun des joueurs inscrits au feutre. Certains joueurs sont même obligés d’enfiler des maillots trop grands ou trop petits.

« La Fegafoot est totalement désorganisée. Depuis le mois de mai et l’incarcération du président Pierre-Alain Mounguengui [dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels commis sur des mineurs par un entraîneur], les problèmes s’accumulent. Les joueurs sont exténués face à ces multiples problèmes organisationnels. C’est un miracle qu’ils parviennent à avoir des résultats », souffle un proche de la sélection nationale.

Les deux prochains rendez-vous auront lieu au mois de septembre face au Soudan. « J’espère que je n’aurais qu’à m’occuper du terrain, de mes joueurs, et pas du reste. Je suis fier de ce que font les joueurs, mais quand on rencontre tous ces problèmes, je ne peux pas monter trop haut mon niveau d’exigence », conclut Neveu.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

France-Gabon : l’ex-Miss Sonia Rolland mise en examen dans l’affaire des « biens mal acquis »

juin 1, 2022

L’actrice franco-rwandaise est poursuivie à Paris pour recel de détournement de fonds publics, de corruption et d’abus de bien sociaux. En cause, un appartement dans le XVIe arrondissement de Paris offert en 2003 par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba.

L’ex-Miss et actrice franco-rwandaise, Sonia Rolland, en octobre 2021. © JOEL SAGET/AFP

Sonia Rolland, l’ancienne Miss France 2000 devenue actrice, a été mise en examen le 30 mai dans l’affaire des « biens mal acquis », selon une information du quotidien français Le Parisien, confirmée par son avocat à Jeune Afrique. Les enquêteurs se penchent sur les conditions dans lesquelles l‘ancien chef de l’État gabonais Omar Bongo Ondimba lui a offert un appartement en 2003.

Dans ce dossier judiciaire ouvert il y a plus de dix ans, la Franco-Rwandaise avait été entendue le 6 janvier 2021 sous le régime du suspect libre à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), sur des faits de recel de blanchiment de détournement de fonds publics, ont indiqué une source judiciaire et une source proche du dossier.

Cadeau à 800 000 euros

Sonia Rolland s’est expliquée sur un cadeau qu’elle avait reçu des époux Bongo Ondimba, un appartement dans le 16e arrondissement de Paris d’une valeur de 800 000 euros, sous le régime d’une société civile immobilière (SCI). Selon le journal français Libération, elle a raconté avoir rencontré en 2001 Edith Bongo Ondimba, l’épouse de l’ancien président gabonais, alors que celle-ci parrainait des concours de Miss en Afrique. En 2002, l’ex-Première dame lui aurait dit qu’elle lui ferait un cadeau afin de la remercier pour l’image qu’elle véhiculait de l’Afrique.

L’acquéreur de l’appartement serait une société de décoration française, qui avait une filiale au Gabon « détenant un compte dans une banque locale, sur lequel ont été déposées pendant des années des valises de cash, livrées par des collaborateurs de Bongo Ondimba », écrit le quotidien.

Sonia Rolland a plaidé la naïveté. Elle a toujours assuré ne rien savoir du montage financier et des malversations qui se cachaient derrière l’achat de cet appartement et a souligné son jeune âge à l’époque – l’ancienne Miss avait alors 22 ans.

Condamnation

Depuis 2010, la justice française enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo Ondimba et d’autres chefs d’État africains. En avril 2016, des biens immobiliers à Paris et à Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo Ondimba – le fils d’Omar Bongo Ondimba, qui a succédé à son père à la tête du pays en 2009 – ont été saisis. Puis en 2017, le juge d’instruction a annoncé son intention de clore le volet gabonais de l’enquête, sans n’avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à un non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge a relancé les investigations.

Dans le dossier équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été condamné. Il a écopé en 2017 de trois ans de prison et de 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique avec AFP