Posts Tagged ‘Gabon’

Gabon : Bob Marley, le reggaeman et la fille d’Omar Bongo

avril 7, 2021
Bob Marley et Pascaline Bongo, dans les années 1980.

Dans « Bob Marley et la fille du dictateur », la journaliste française Anne-Sophie Jahn revient sur l’histoire d’amour passionnée entre la star du reggae et la fille du président gabonais, Pascaline Bongo. Une rencontre qui a permis au chanteur de renouer avec ses lointaines racines africaines.

L’anecdote a déjà été racontée, par Pascaline Bongo elle-même, dans un documentaire sorti au cinéma en 2012. Lors de la première rencontre entre la fille du président gabonais Omar Bongo, étudiante aux États-Unis alors âgée de 23 ans, et la superstar planétaire Bob Marley, le reggaeman tout occupé à tirer sur un énorme joint n’avait lâché qu’une phrase : « Tu es vilaine. »

Une allusion aux cheveux lissés de la jeune femme, considérés par Bob comme un outrage inacceptable à son africanité. Malgré ces débuts embarrassants, le couple a vécu une histoire d’amour passionnée seulement interrompue par la mort de l’idole, le 11 mai 1981. Passionnée mais presque impossible, admet Pascaline Bongo elle-même dans le livre qu’une journaliste française, Anne-Sophie Jahn, publie le 7 avril.

Du fait de la personnalité des deux amants, de leur milieu d’origine aussi, la liaison n’a jamais été totalement officialisée. « Pas cachée mais pas publique », témoigne le guitariste jamaïcain Junior Marvin qui accompagnait Marley au sein des Wailers.

Cette romance et les obstacles auxquels elle s’est heurtée en dit beaucoup sur les mentalités d’une partie de l’Afrique fraîchement décolonisée, sur les réalités du Gabon de l’époque, et surtout sur la relation que les populations noires de Jamaïque, des Caraïbes et peut-être même d’Amérique entretenaient avec un continent idéalisé, fantasmé mais généralement très mal connu.

Entre fascination et malentendus

C’est sur cette relation, mêlant fascination et malentendus, que s’est construite l’histoire d’amour entre Bob et Pascaline. Malgré leur premier échange abrupt, la fille du président gabonais venue assister au concert des Wailers à Los Angeles propose au groupe de finir la soirée dans la luxueuse villa qu’elle occupe, avec sa sœur Albertine, à Beverly Hills. La soirée reste sage, ni flirt ni excès, mais la jeune femme fait au chanteur une proposition qui va tout déclencher : que dirait-il de venir se produire à Libreville, début 1980 ?

Bob et les Wailers sont extatiques. Voilà des années qu’ils chantent le panafricanisme, crient leur amour au continent de leurs ancêtres, appellent à l’unité – la pochette de leur album paru en octobre 1979, Survival, est un patchwork des drapeaux du continent – mais paradoxalement, aucun de ces Jamaïquains venus des quartiers misérables de Kingston n’y a jamais mis les pieds.

Le voyage au Gabon – qui sera suivi d’un autre au Zimbabwe, pour fêter l’indépendance toute neuve de ce qui est resté jusqu’en 1980 la Rhodésie – est au cœur du livre d’Anne-Sophie Jahn, dont le titre – Bob Marley et la fille du dictateur – annonce clairement la couleur. Ce séjour, en effet, est placé sous le signe du malentendu. Invités à jouer au Gabon, les Wailers ne se sont pas posés de questions. Quand ils apprennent que la date choisie est celle de l’anniversaire d’Omar Bongo – dont ils ne savent pas bien s’il est « roi » ou président, d’ailleurs ils s’en moquent – ils ne s’en posent pas plus. L’accueil est royal, leurs hôtes aux petits soins.

Découverte d’un pays tristement inégalitaire

Surpris, les reggaemen découvrent une capitale plutôt moderne, grâce à l’argent du pétrole qui, depuis quelques années, coule à flots. Le président Bongo, qui n’est guère amateur de reggae, ne voit pas l’intérêt d’accorder audience à ces rastas dépenaillés et fumeurs de ganja. Poser avec ces types aux tignasses crasseuses et pour qui le summum de l’élégance semble être de porter des vestes de survêtement ? Il passe son tour, merci. Mais Pascaline est, et restera, sa fille préférée. Il envoie donc à ses invités son fils et successeur désigné, Ali.

NOUS NE SAVIONS PAS QU’OMAR BONGO ÉTAIT UN DICTATEUR

Au fil des jours, les Wailers découvrent aussi un pays tristement inégalitaire où une partie de la population vit dans une pauvreté extrême. Ils apprennent que le président vient d’être réélu avec 99,96 % des voix. « Nous ne savions pas qu’Omar Bongo était un dictateur, regrette Junior Marvin avec amertume. Nous étions innocents, tellement contents d’être invités en Afrique. » Judy Mowatt, choriste du groupe, enfonce le clou : « Ils n’étaient pas colonisés mais ils n’étaient pas libres. Le Gabon était un pays néocolonial dirigé par un homme noir. »

Dans le livre, Pascaline Bongo elle-même explique comment, de son point de vue, le « révolutionnaire » Bob Marley, que la CIA considérait à l’époque comme un personnage « subversif » à garder à l’oeil, a pu résoudre ce dilemme. « Quand on s’est rencontrés, raconte-t-elle, il m’a appris que mon père avait été le seul à proposer qu’Haïlé Sélassié s’installe au Gabon après qu’il a été détrôné. Et ça, pour les rastas… c’était un acte fort qui méritait leur respect et leur admiration. »

Très amoureux de sa « princesse africaine »

C’est à Libreville que l’histoire d’amour débute. Dès lors, Pascaline gravite en permanence dans l’entourage de Bob, multipliant les trajets en jet privé entre Libreville, Los Angeles où elle poursuit ses études et Kingston. Le chanteur, s’il n’est guère démonstratif en public, semble très amoureux de sa « princesse africaine » avec qui il rêve de faire un enfant. Un de plus, est-on tenté de préciser : le roi du reggae, mort à 36 ans, a reconnu 11 rejetons de 7 mères différentes et environ 25 autres affirment être de son sang. Rien de choquant pour un rasta et si Pascaline rechigne, elle n’a d’autre choix que d’en prendre son parti.

PASCALINE BONGO PREND LA PILULE EN CACHETTE : LES RASTAS REFUSENT LA CONTRACEPTION, SANS MÊME PARLER DE L’AVORTEMENT

Depuis 1966, Bob est marié avec Rita, qui joue périodiquement les choristes pour les Wailers, et multiplie les aventures plus ou moins durables. À la même période, il vit une grande passion avec Cindy Breakspeare, couronnée Miss Monde en 1976 et qui en 1978 lui a donné un fils, le chanteur Damian Marley. Pascaline Bongo, elle, prend la pilule en cachette – les rastas refusent la contraception, sans même parler de l’avortement – et a bien conscience du caractère impossible de leur relation.

« Bob me disait : ton père ne te laissera jamais te marier avec moi, et moi je me disais aucune chance avec toutes ces femmes dans sa vie… Il était rasta et sa philosophie c’était de tout partager. Et puis ce n’était pas de sa faute si les filles lui sautaient dessus, elles savaient toutes qu’il était marié… mais c’était une superstar. »

La journaliste Anne-Sophie Jahn relate l’histoire d’amour entre la fille du président gabonais Omar Bongo, étudiante âgée de 23 ans, et la superstar planétaire Bob Marley.

La jeune femme cesse de lisser ses cheveux et adopte les tresses – « pas des vraies locks, son père ne l’aurait jamais laisse faire… », précise le fils de son premier mari, Didier Ping – , prenant ce qu’il y a à prendre. Jusqu’à ce triste jour de décembre 1980 où les médecins new-yorkais confirment ce que le chanteur et son entourage n’avaient pas voulu entendre : le mélanome détecté en 1977 mais mal soigné s’est mué en cancer généralisé, Bob n’a plus que trois semaines à vivre.

ELLE RESTERA JUSQU’AU BOUT PROCHE DE CEDELLA, LA MÈRE DE BOB DÉCÉDÉE EN 2008

Il tiendra six mois, claquemuré dans une clinique de Bavière où un médecin allemand tente un traitement de la dernière chance. Pascaline fait le trajet tous les week-ends, et se rend compte qu’elle aurait dû accepter de porter son enfant. La star s’éteint le 11 mai à Miami, où on l’a fait transférer. Les obsèques ont lieu à Kingston, bien sûr la jeune femme y assiste. Elle restera jusqu’au bout proche de Cedella, la mère de Bob décédée en 2008.

Étudiante à l’ENA, puis ministre de son père et directrice de cabinet de son frère avant de renoncer à la vie politique, elle reste attachée à son ancien amour et à sa musique. Le premier enfant née de son mariage avec Jean Ping, une fille, est prénommée Nesta. Comme Bob, dont le nom officiel était Robert Nesta Marley. Pascaline, qui après les Wailers a réussi à faire jouer Michael Jackson et Jay Z à Libreville, est aussi la marraine du festival Abi Reggae, organisé chaque année depuis 2015 à Abidjan.

Bob aura été le premier grand amour de Pascaline. On aimerait conclure en écrivant que Pascaline fut le dernier grand amour du chanteur, mais la vie sentimentale de Bob est bien trop compliquée pour cela. Aimer une « princesse africaine » lui a certainement permis de mieux comprendre un continent qu’il avait longtemps chanté sans le connaître.

Sur la pochette de son tout dernier album, Uprising, sorti un mois après sa mort, un rasta à la crinière de lion lève les bras en signe de victoire tandis que la dernière chanson du disque, Redemption song, reprend des extraits de discours du leader rasta panafricaniste Marcus Garvey et appelle à « l’émancipation ». Il n’est pas interdit d’y lire un discret hommage à une « princesse » nommée Bongo.

Bob Marley et la fille du dictateur, d’Anne-Sophie Jahn, éd. Grasset, 224 pages, 20 euros.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Léger remaniement gouvernemental au Gabon

décembre 10, 2020
Jean-Marie Ogandaga a démissionné de son poste de ministre de l'Économie mardi 8 décembre 2020.

Le gouvernement gabonais a été remanié mercredi, suite à la démission surprise, annoncée la veille, du ministre de l’Économie, Jean-Marie Ogandaga.

Hier encore ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie et de la Relance, Nicole Janine Roboty, épouse Mbou, est promue ce 9 décembre à la tête de ce même département ministériel en remplacement de Jean-Marie Ogandaga, démissionnaire.

Précédemment aux Transports, Leon Bonda Balonzi est, lui, muté aux Travaux publics, maroquin nouvellement créé, tandis que Brice Paillat passe de ministre délégué à ministre. Il sera en charge des Transports.

Enfin, le nouvel entrant, Olivier Nang Ekomie, précédemment directeur général de l’Agence nationale de l’urbanisme des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), est promu ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme.

Démission surprise

Ce remaniement fait suite à la démission, annoncée mardi 8 décembre en fin d’après-midi, de Jean-Marie Ogandaga. La Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, a « pris acte » de sa décision et le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, l’a acceptée, selon le communiqué de la présidence.

Aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer cette démission. Et rien, dans l’attitude de Jean-Marie Ogandaga, ne la laissait présager. En effet, du matin du 8 décembre jusqu’à 17 heures, Ogandaga était encore auditionné au Sénat où, avec son collègue du Budget, Sosthène Ossoungou, ils défendaient le projet de loi de finances 2021.

Alors que ses collaborateurs attendaient la fin de la séance pour lui soumettre divers dossiers en attente, ils ont été informés en début de soirée de la tournure des événements.

Lâché par les hautes autorités de l’État ?

La démission du ministre de l’Économie est une surprise même si, depuis une semaine, la presse gabonaise dénonçait les abattements fiscaux accordés par le ministre à plusieurs entreprises.

Pour justifier ces remises gracieuses, le ministre évoquait « le souci commun de préserver les emplois de nos compatriotes dans un contexte économique difficile ». Manifestement lâché par les plus hautes autorités de l’État, il a dû démissionner.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

Gabon : l’ancien ministre Marcel Eloi Rahandi Chambrier est décédé

novembre 27, 2020
L’ancien président de l’Assemblée nationale du Gabon, Eloi Rahandi Chambrier, ici en juillet 2019, est décédé le 27 novembre 2020.

Ancien ministre et président de l’Assemblée nationale, Marcel Eloi Rahandi Chambrier est décédé ce 27 novembre à l’âge de 86 ans. Pilier du Parti démocratique gabonais, il s’était progressivement retiré de la vie politique, laissant la place à son fils, Alexandre Barro-Chambrier, aujourd’hui opposant.

Une dernière haie d’honneur. C’est au cœur des applaudissements respectueux des soignants que Marcel Eloi Rahandi Chambrier a quitté pour la dernière fois la clinique portant son nom du quartier Montagne-Sainte de Libreville. L’ancien président de l’Assemblée nationale s’y est éteint, jeudi 27 novembre, à l’âge de 86 ans. « Le pays vient de perdre l’un des derniers pères de la nation », résume un proche de la famille.PUBLICITÉ

Né le 1er décembre 1933 à Libreville, Marcel Eloi Rahandi Chambrier fait ses classes à l’école catholique Montfort puis, en France, au lycée Michelet de Vanves, en région parisienne. Son baccalauréat en poche, il prend la direction de l’Institut de médecine tropicale de la faculté de Paris, boucle son internat, avant de rentrer au Gabon en 1963. Il devient à l’époque le premier pédiatre du pays, dirigeant son nouveau service à l’hôpital de Libreville.

Mais le docteur n’est, déjà, jamais bien loin de la politique. En 1957, déjà, alors qu’il étudiait à Paris, il était l’un des membres du comité exécutif de la Fédération des étudiants d’Afrique noire francophone, la célèbre FEANF. Rentré au Gabon, son engagement est intact. En 1964, alors qu’échoue la tentative de coup d’État contre le président Léon Mba, après l’intervention des militaires français pour rétablir ce dernier, Marcel Eloi Rahandi Chambrier est arrêté et, lors du procès de Lambaréné, condamné à dix ans de prison pour complicité. Le Mpongwé avait accepté de faire partie du gouvernement provisoire des putschistes, l’instar de Paul Gondjout, dont il était proche depuis ses années parisiennes.

D’Ali Bongo Ondimba à Jean Ping

Mais Léon Ma meurt le 28 novembre 1967 d’un cancer. Albert Bernard Bongo, futur Omar Bongo Ondimba lui succède, amenant une période de détente et la libération des condamnés du procès de Lambaréné. En mars 1968, Marcel Eloi Rahandi Chambrier, qui a créé sa polyclinique privée depuis quelques mois, devient l’un des membres fondateurs du nouveau « parti des masses », le Parti démocratique gabonais (PDG), successeur du Bloc démocratique gabonais (BDG) de Léon Mba.

Figure locale, aisé financièrement grâce à ses activités professionnelles et aux revenus qu’il tire de l’exploitation forestière, le pédiatre devient l’un des principaux dignitaires du régime. Plusieurs fois ministre sous Léon Mébiame Mba (1975-1990) et Casimir Oyé Mba (1990-1994), il sera député et président de l’Assemblée nationale (1993-1996) après la démission de Jules-Aristide Bourdes-Ogouliguende.

Alors que le PDG voit plusieurs de ses grands pontes quitter le navire dans les années 1990 puis 2000, Marcel Eloi Rahandi Chambrier restera fidèle à Omar Bongo Ondimba, lequel décède en juin 2009. Cette même année, il soutient Ali Bongo Ondimba pour la succession, avant de se mettre, peu à peu, en retrait de la vie politique, où son fils, Alexandre Barro-Chambrier se fait une place.

Jouant le rôle de mentor pour son héritier, qui choisit finalement de quitter le PDG pour l’opposition à l’approche de la présidentielle de 2016, cette « grande gueule », comme certains l’ont décrit, favorise le ralliement à la candidature de Jean Ping, au détriment, en particulier, de Guy Nzouba-Ndama.

Affaibli, Marcel Eloi Rahandi Chambrier avait depuis officiellement quitté le monde politique. Ayant passé la main, il continuait toutefois d’être « un observateur » des turpitudes de la vie publique gabonaise, comme le confiait son fils en 2018 à Jeune AfriqueAlexandre Barro-Chambrier, qui le « consultait régulièrement », utilisait d’ailleurs fréquemment le domaine familial du cinquième arrondissement de Libreville pour ses réunions publiques.

« ABC » est désormais le seul dépositaire du destin politique de la nombreuse, et influente, famille Chambrier. Sauf surprise, il se portera candidat à l’élection présidentielle de 2023 avec en tête, sans doute, les précieux conseils de son père disparu.

Avec Jeune Afrique Mathieu Olivier

Au Gabon, la fronde des chrétiens face aux mesures anti-Covid

octobre 21, 2020
Une église de Libreville, au Gabon.

Les tensions s’accentuent entre les chrétiens et le gouvernement gabonais autour de la date de réouverture des lieux de culte. Prêtres et pasteurs s’affirment déterminés à célébrer les offices dès le 25 octobre, malgré le risque d’amendes.

Les âpres négociations menées depuis plusieurs mois entre le gouvernement et les principaux responsables chrétiens du Gabon pour l’ouverture des lieux de culte vont-elles déboucher sur un conflit ouvert ?

Après six mois de fermeture des temples et églises en raison des contraintes sanitaires liées au coronavirus dans ce pays majoritairement chrétien, les prêtres catholiques et les pasteurs protestants semblent bel et bien décidés à reprendre les offices religieux à compter du 25 octobre – contre l’avis du gouvernement qui, lui, a fixé la réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

« Quitter la peur »

L’archevêque de Libreville a encore enfoncé le clou, ce dimanche 18 octobre, dans une homélie filmée et diffusée sur internet à l’intention des fidèles qui ne peuvent plus se rendre dans les églises. « Le 25 octobre, aucune porte de nos paroisses ne restera fermée », a lancé Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, chasuble verte sur les épaules, alors qu’il célébrait l’office dans la cathédrale Sainte-Marie.

Un discours dans la droite ligne de celui de Mgr Jean-Vincent Ondo Eyene, évêque d’Oyem. « Il vaut mieux mourir martyr que de laisser Dieu se faire insulter. Je nous le redis, quittons la peur ! Un évêque reste un serviteur de Dieu. Il ne doit pas se laisser berner par le pouvoir », avait-il lancé lors de la conférence épiscopale du Gabon, le 4 octobre.

C’est cependant Mgr Jean-Patrick Iba-Bâ, qui a remplacé Mgr Basile Mvé Engone à la tête du diocèse de Libreville en mars dernier, qui semble mener la fronde. Dans un courrier daté du 13 octobre dans lequel il détaille son « décret », il avait déjà annoncé « l’ouverture de toutes les paroisses de l’archidiocèse de Libreville » pour le 25 octobre et promis la célébration des messes « dans toutes les paroisses, aux heures habituelles ».

Pas avant le 30 octobre

Trois jours plus tard, Lambert-Noël Matha, le ministre de l’Intérieur, était revenu à la charge pour réitérer l’intention du gouvernement de fixer la date de réouverture des lieux de culte au 30 octobre.

Ce dernier a par ailleurs précisé les conditions dans lesquelles pourraient être célébrés les cultes : « la délivrance d’une autorisation spéciale par le ministre de la Santé et celui de l’Intérieur » sera nécessaire, un maximum de 30 fidèles sera accepté par office religieux, la distanciation physique devra être respectée – les accolades seront donc interdites – et, pour les catholiques, la communion est suspendue.

« La durée maximale de chaque célébration doit varier entre 45 minutes et une heure », et les lieux de culte ne sont autorisés à ouvrir qu’un seul jour par semaine, a en outre précisé le ministre. Ensuite, « le paiement de la dîme se fera par voie électronique, transfert, ou dans une enveloppe fermée. En outre, les fidèles [devront] également remplir un fichier électronique pour donner les renseignements personnels qui permettraient de prévenir ou de retrouver des cas contacts [s’il y avait] contamination ».

« Deux poids, deux mesures »

Les catholiques ne sont pas les seuls responsables religieux que le gouvernement peine à convaincre. Depuis des mois, la Fédération libre des assemblées et ministères évangéliques (Flame), emmenée par le révérend Louis Mbadinga, demande la réouverture des Églises de réveil.

Le pasteur protestant Pierre Bongolo, qui officie à Libreville, s’étonne ainsi de constater « deux poids, deux mesures » entre les contraintes imposées aux lieux de culte et celles, plus légères, qui pèsent sur les marchés et supermarchés, les écoles ou encore les administrations. « Qu’on demande au secteur publique de travailler une fois par semaine, on verra bien ! »

CELA RESSEMBLE À UNE VOLONTÉ DE TOUT CONTRÔLER, UNE PRIVATION DE LIBERTÉS

« Cela ressemble à une volonté de tout contrôler, une privation de libertés », se plaint le pasteur Georges Bruno Ngoussi, de l’église Nazareth. Figure de la société civile gabonaise, le pasteur évoque même une « arnaque ». « J’ai entendu qu’il faut des tests de dépistage, or ceux-ci coûtent 5 000 F CFA [7,6 euros]. Comment un Gabonais qui a parfois du mal à gagner 1 000 F CFA par jour va-t-il faire pour payer son test ? » s’interroge-t-il. Le pasteur se dit prêt à braver l’interdiction d’ouvrir les lieux de culte, le 25 octobre, sans craindre les sanctions prévues, parmi lesquelles une amende de 5 millions de F CFA.

La communauté musulmane, de son côté, n’est pas montée au créneau, saluant au contraire la réouverture des lieux de culte à la fin du mois. « C’est un grand pas d’avoir ouvert nos mosquées. Nous remercions les autorités pour cette évolution », a déclaré sur la télévision nationale l’imam Youssouf Nziengui, membre du Conseil supérieur des affaires islamiques.

Enfin, les pratiquants du bwiti, la spiritualité traditionnelle du Gabon, sont toujours soumis, officiellement, aux limitations des rassemblements fixées à 30 personnes. Ils ne se sont pas exprimés ouvertement pour demander un allègement des mesures barrières.

Avec Jeune Afrique par Caroline Chauvet

Gabon : Rose Christiane Ossouka Raponda nommée Première ministre

juillet 16, 2020

Rose Christiane Ossouka Raponda.

Rose Christiane Ossouka Raponda. © Présidence de la République Gabonaise 

Ministre de la Défense depuis février 2019, Rose Christiane Ossouka Raponda, cette «économiste de formation, diplômée de l’Institut gabonais de l’économie et des finances avec une spécialisation en finances publiques», a été nommée Première ministre du Gabon jeudi 16 juillet.

Le secrétaire général de la présidence gabonaise, Jean-Yves Teale, a annoncé jeudi la nomination à la primature de Rose Christiane Ossouka Raponda en remplacement de Julien Nkoghe Bekale.

Ministre de la Défense depuis le 12 février 2019, âgée de 56 ans, elle est la première femme nommée à ce poste au Gabon. De 2014 à 2019, cette Mpongwè originaire de Libreville a dirigé la mairie de la capitale, où vit plus de 70% de la population du pays.

Soutien de la première heure

La nouvelle Première ministre bénéficie du soutien de la très influente présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo. Début 2019, son nom était d’ailleurs revenu avec insistance pour succéder à l’ancien chef du gouvernement, Emmanuel Issoze Ngondet. Mais celui-ci avait finalement été remplacé par Julien Nkoghe Bekalé.

Soutien de la première heure d’Ali Bongo Ondimba, elle a servi entre 2012 et 2014 comme ministre du Budget lors du premier mandat du chef de l’État.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

Au Gabon, l’adoption de la loi dépénalisant l’homosexualité divise

juin 25, 2020

Lors d'une manifestation en faveur des droits des homosexuels, au Kenya, en 2019 (Illustration).

Lors d’une manifestation en faveur des droits des homosexuels, au Kenya, en 2019 (Illustration). © Ben Curtis/AP/SIPA

 

Le vote par l’Assemblée gabonaise d’une loi dépénalisant l’homosexualité, si elle est une victoire pour les initiateurs du texte, n’est encore qu’une étape. Le texte devra en effet être adopté au Sénat, et les débats s’annoncent âpres.

C’est une victoire pour les partisans de la dépénalisation de l’homosexualité, au premier rang desquels milite la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba. Les députés gabonais ont adopté, le 23 juin, le texte annulant un amendement du Code pénal voté un an plus tôt qui condamnait l’homosexualité comme une « atteinte aux mœurs ».

Aimer, librement, sans être condamné

« Le Parlement rétablit un droit humain fondamental pour ses citoyens. Celui d’aimer, librement, sans être condamné. Oui à la dignité, non à la haine » s’est félicitée Sylvia Bongo Ondimba.

Profonde division

En revanche, le résultat du vote montre qu’une profonde division traverse le pays sur cette question. Quarante-huit députés ont voté en faveur du texte, vingt-quatre ont voté contre et vingt-cinq autres se sont abstenus.

Député du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Blaise Louembe assume d’avoir refusé de suivre la consigne de vote de son parti. « Je viens d’exprimer mon vote contre la dépénalisation de l’homosexualité (…) Je suis [néanmoins] solidaire de tout le reste du texte mais mes convictions religieuses, mon attachement à la Constitution et à nos valeurs ancestrales ne me commandent pas d’autoriser ou d’encourager les pratiques homosexuelles », a déclaré le député.

Le Gabon devient ainsi l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne à dépénaliser l’homosexualité. Mais en dépit des apparences, cette réforme sociétale n’est pas une surprise.

En effet, jusqu’à l’entrée en vigueur en juillet 2019 d’un nouveau Code pénal, l’homosexualité n’était ni autorisée ni interdite au Gabon. Ce vide juridique a engendré une tradition de tolérance à l’égard des préférences sexuelles minoritaires. La réforme du 23 juin consacre donc le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 du Code pénal, en vigueur depuis juillet 2019, condamnant les pratiques homosexuelles.

Prochaine étape au Sénat

Le texte doit désormais être soumis aux sénateurs, à une date qui n’a pas encore été définie. Il est probable que le débat passionné qui s’est joué à l’Assemblée se rejoue en écho au sein de la chambre haute, et que les mêmes lignes de fractures entre « pro » et « anti » se révèlent, au-delà des appartenances partisanes.

Le PDG, bien que majoritaire au sein de la Chambre, devra de nouveau se battre pour imposer la discipline du parti à ses sénateurs réfractaires. Et chaque voix va compter d’autant qu’au sein de l’opposition, le vote « contre » va sans doute l’emporter. Sénateur pour le compte de l’Union nationale (UN, opposition) Jean-Christophe Owono Nguéma annonce la couleur : « Mes convictions religieuses, mon éducation et la vision que j’ai pour mon pays, ne me permettent d’accepter une telle abomination. »

Si le texte est rejeté au Sénat, les deux chambres du Parlement devront se réunir en Congrès pour harmoniser le texte avant le vote définitif.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueili

Gabon : Magloire Ngambia a refusé de se présenter face aux juges

juin 22, 2020

Magloire Ngambia, en janvier 2014 à la présidence gabonaise, à Libreville (archives).

Magloire Ngambia, en janvier 2014 à la présidence gabonaise, à Libreville (archives). © Afrikimages Agency

 

Le procès de l’ex-ministre de l’Économie, Magloire Ngambia, qui devait s’ouvrir ce lundi a finalement été reportée, l’accusé ayant refusé de se présenter faute de pouvoir être représenté par une partie de ses avocats.

L’audience prévue ce lundi 22 juin devant la Cour criminelle spéciale n’a pas eu lieu. Magloire Ngambia a refusé de comparaître en l’absence de ses avocats, le Français Pierre Olivier Sur et le Sénégalais Seydou Diagne.

Les deux avocats n’ont pas pu effectuer le voyage de Libreville à cause de l’interruption des liaisons aériennes due à l’épidémie du Covid-19. Le Français avait estimé que la programmation de cette audience était une « violation des droits de la défense » d’autant qu’il était par avance impossible aux avocats de la défense d’y prendre part. L’ex-bâtonnier de Paris a donc demandé le report de l’audience. Mais la justice gabonaise n’a pas accusé réception de la requête.

Selon nos informations, la Cour aurait un temps envisagé de tenir le procès en visioconférence, mais les deux juristes n’ont jamais été formellement été contactés. Deux demandes de visa de Pierre Olivier Sur n’ont pas abouti. En désespoir de cause, l’accusé a donc refusé de se présenter.

En détention depuis janvier 2017

L’ancien ministre (de l’Économie et des Finances, puis de la Promotion des investissements des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire) est en détention préventive depuis le 10 janvier 2017. Son procès aurait dû s’ouvrir le 13 mars 2019, mais il n’avait pas pu se présenter à la barre faute d’avoir été extrait de sa cellule de la prison centrale de Libreville.

Détenu depuis 42 mois, Magloire Ngambia espère toujours obtenir de ses juges le droit de comparaître libre d’autant que, selon le code pénal gabonais, la détention préventive ne peut excéder 24 mois.

En novembre 2019, le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait estimé que la situation du Gabonais violait la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Il affirmait également que « la privation de liberté de M. Magloire Ngambia [était] arbitraire » et demandait sa libération immédiate.

Autrefois très influent, Magloire Ngambia, 49 ans, est accusé de détournements de fonds publics et de corruption passive, dans des dossiers de construction de logements et de routes notamment liés à l’homme d’affaires italien Guido Santullo. Selon l’acte d’accusation, il aurait détourné 4 milliards de F CFA des caisses de l’État.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueili

Gabon : l’ancien Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet est décédé

juin 11, 2020

Emmanuel ISSOZE-NGONDET

Emmanuel ISSOZE-NGONDET © François ZIMA pour JA

 

Emmanuel Issoze Ngondet est décédé , dans la nuit du 10 au 11 juin, à 59 ans, des suites des complications d’une crise d’asthme. Ancien ministre, puis Premier ministre, il avait été un des piliers du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba, avant d’être écarté du gouvernement, fin 2019.

Admis dans une clinique de Libreville le 21 mai dernier pour des complications liées à une crise d’asthme, l’ancien Premier ministre est décédé dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin après avoir été placé en soins intensifs ces derniers jours. Selon l’un de ses proches, le député et ancien ministre Guy Maixent Mamiaka, le natif de Makokou avait pourtant été testé négatif au Covid-19.

« Tristesse immense d’apprendre le départ sans retour de notre aîné, Emmanuel Issoze Ngondet, ancien Premier ministre. Une étoile qui laisse une trace indélébile par son parcours. Un homme d’État au sens élevé du sacerdoce pour la République », a réagi le ministre des Affaires étrangères, Alain Claude Bilié By Nzé.

Un pilier du pouvoir

Né le 2 avril 1961, ce diplomate formé à l’École nationale d’administration avait débuté sa carrière comme conseiller au sein du ministère des Affaires étrangères qu’occupait à l’époque Ali Bongo Ondimba. Il avait ensuite occupé des postes au Cameroun, en Grande-Bretagne, au Canada et en Allemagne, avant d’être nommé ambassadeur en Corée du Sud, en Éthiopie (auprès de l’Union africaine) puis à New York (auprès des Nations unies)

Après un court passage comme ministre de l’Énergie,  début 2009, c’est à la tribune de l’ONU, en tant qu’ambassadeur, qu’il avait défendu la première élection d’Ali Bongo Ondimba, contestée par André Mba Obame, en octobre de la même année. Il avait été le directeur de la campagne du fils d’Omar Bongo Ondimba dans sa province de l’Ogooué-Ivindo.

Rappelé à Libreville en 2011, ce technocrate devenu politique ne quittera alors plus le gouvernement pendant près d’une décennie, devenant l’un des grands compagnons de route d’Ali Bongo Ondimba, occupant plusieurs ministères clés : Relations avec le Parlement, Budget, Fonction publique, puis Affaires étrangères. Député depuis 2011, il avait ensuite été nommé le 28 septembre 2016 au poste de Premier ministre.

Limogé en janvier 2019

Emmanuel Issoze Ngondet avait alors été le premier natif de l’Ogooué-Ivindo à prendre la primature. Il l’occupera un peu plus de deux ans, avant d’être limogé en janvier 2019, trois mois après l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo Ondimba, et remplacé par le Premier ministre actuel, Julien Nkoghe Bekale.

Il était à l’époque en conflit avec le directeur de cabinet du président, Brice Laccruche Alihanga. L’ex-Premier ministre avait, dans les semaines qui ont suivi, refusé le poste de médiateur de la République (qui n’est toujours pas occupé aujourd’hui) et préféré se contenter de son siège de député de Makokou à l’Assemblée.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Le masque devient obligatoire dans plusieurs pays d’Afrique centrale

avril 15, 2020

Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, le port du masque est devenu obligatoire dans l’espace public afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé ces derniers jours leurs gouvernements. Au Gabon, le masque est obligatoire depuis mercredi matin, tout comme en Guinée équatoriale, qui demande aussi à ses citoyens de porter des gants lors de leur sortie.

Conscient de la difficulté des Gabonais à se procurer des masques médicaux, Libreville a recommandé à ses citoyens le port «du masque alternatif». De nombreux ateliers de couture au Gabon et ailleurs se sont mis à produire des masques en tissu, moins efficaces mais qui limitent toutefois la propagation du virus.

Lundi, le gouvernement tchadien avait également décrété le port obligatoire du masque sur son territoire avant de revenir sur sa décision le lendemain à cause du manque d’offre sur le marché. Le Cameroun – l’un des pays les plus touchés par le virus en Afrique avec 855 cas déclarés officiellement mercredi – avait déjà adopté cette mesure jeudi dernier.

Dans ces pays d’Afrique centrale, ces dispositions s’ajoutent à celles déjà prises, comme l’instauration de couvre-feux nocturnes, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte ainsi que les restrictions sur les rassemblements

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : du gel hydro alcoolique « made in Gabon » pour lutter contre la pandémie

mars 20, 2020

Noureddin Bongo-Valentin (au centre) inspecte une usine de produits pharmaceutiques, le 18 mars.

Noureddin Bongo-Valentin (au centre) inspecte une usine de produits pharmaceutiques, le 18 mars. © Twitter/NBV

 

Avec trois cas de coronavirus avérés à la date du 19 mars, le Gabon se prépare à une aggravation de la pandémie sur son territoire. Il va désormais produire son propre gel hydroalcoolique, afin de limiter sa dépendance à l’importation du produit.

Masque sur le visage, charlotte blanche, combinaison de protection enfilée au dessus du costume. Noureddin Bongo Valentin avait revêtu l’habit de circonstance en ce 18 mars. Alors que son père, le chef de l’État Ali Bongo Ondimba, s’apprêtait à prendre la parole quelques heures plus tard à la télévision gabonaise, le coordonnateur général des affaires présidentielles a annoncé que le Gabon allait produire son propre gel hydroalcoolique.

C’est l’usine « La Santé Pharmaceutique », où Noureddin Bongo-Valentin était en visite, qui lui permettra de le faire. Créée en août 2019 et implantée dans la zone de Nkok, à une vingtaine de kilomètres de Libreville, celle-ci avait jusqu’ici pour mission de produire jusqu’à un million de comprimés par jour pour réduire la dépendance du Gabon à l’égard des médicaments importés de l’étranger et du marché noir.

20 000 bouteilles toutes les huit heures

L’usine, construite grâce des capitaux indiens et dirigée par le directeur général Rajeev Lila « va adapter sa chaîne de production pour produire du gel hydroalcoolique et éviter qu’il y ait une pénurie sur le territoire », explique une source à la présidence gabonaise. Le Gabon ne produisait jusqu’ici aucun gel hydroalcoolique. « La Santé Pharmaceutique » a prévu de produire 20 000 bouteilles toutes les huit heures.

Libreville n’a pas pour autant prévu de modifier son volume d’importation. Les vols commerciaux ont été stoppés en cette période de pandémie, mais le pays compte s’appuyer sur un trafic de vols cargo qui se maintient. « Une grosse livraison de matériel médical est d’ailleurs attendu le 20 mars à Libreville », a confié la présidence à Jeune Afrique.

Avec Jeuneafrique par Mathieu Olivier