Posts Tagged ‘Gabon’

Gabon : Ali Bongo demande au premier ministre de former un nouveau gouvernement

juin 8, 2019

 

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé ce samedi soir avoir demandé à son premier ministre la formation d’un nouveau gouvernement « capable de faire preuve d’exemplarité ».

« Aussi ai-je demandé au premier ministre de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué de femmes et d’hommes prêts à donner la priorité à l’intérêt général et capable de faire preuve d’exemplarité, de probité, d’éthique », a déclaré Ali Bongo.

Le dirigeant s’exprimait lors d’un discours enregistré diffusé par la télévision nationale, une première depuis décembre 2018. Il se remet actuellement d’un accident vasculaire cérébral survenu en octobre 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un cabinet américain de lobbying réclame 1,25 million de dollars au Gabon suite à une prestation non payée

juin 7, 2019

Ali

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba au sommet Union africaine-Union européenne le 29 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le cabinet d’avocats Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) réclame plus de 1,25 million de dollars à la République gabonaise pour des frais de lobbying non payés, dans le cadre d’un contrat signé en janvier 2016 par l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi.

L’affaire débute le 29 janvier 2016. À quelques mois d’une présidentielle qui s’organise dans un climat tendu, le gouvernement gabonais sollicite, par le biais de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, le cabinet d’avocats américains Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)  afin de « resserrer les liens diplomatiques » entre le Gabon et les États-Unis.

La mission que mène le cabinet américain consiste à « fournir des conseils en matière de relations gouvernementales afin de sensibiliser les membres du Congrès et les fonctionnaires de l’administration [américaine] aux préoccupations et aux enjeux de la République gabonaise dans divers domaines ». Le total des honoraires, précise le feuille de mission, relayée par le site américain Law, « se montent 1,38 million de dollars (1,26 million d’euros) et sont payables d’avance.

Assurant, en mars 2018, ne pas avoir perçu les frais dus par le gouvernement depuis le 26 mai 2016 – soit 1,261 million de dollars de dettes – , la firme américaine se tourne vers le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (ACAB), le 31 juillet 2018

Poursuites engagées

« En cas de litige concernant nos honoraires et autres frais, le différend sera réglé par voie d’arbitrage. L’arbitrage doit être entendu par le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (D.C. Attorney Client Arbitration Board ou « ACAB ») », précise le contrat signé en janvier 2016 entre le cabinet BCLP et la présidence de la République gabonaise.

Après avoir accepté la demande d’arbitrage, l’ACAB a informé le cabinet et la présidence gabonaise de la sélection d’un panel pour une audience prévue le 3 avril 2019. À l’issue de cette audience, au cours de laquelle le Gabon était représenté par deux avocats, la Cour a enjoint la présidence à régler 1,25 million de dollars.

La somme n’ayant, selon le cabinet américain, pas été réglée en temps voulu, c’est-à-dire avant le 3 mai 2019, l’ACAB a informé la République gabonaise, par le biais d’un courrier daté du 29 mai et adressé au ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo, que la firme BCLP avait engagé des poursuites pour aboutir à une « ordonnance de jugement » dans ce dossier.

Le gouvernement doit adresser une réponse « dans les soixante jours » suivant la citation adressée au chef de la diplomatie gabonaise. Sollicitée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas répondu à nos sollicitations.

Jeuneafrique.com par Par Romain Gras

Gabon: Guy-Bertrand Mapangou et Pierre Claver Maganga Moussavou limogés

mai 22, 2019

Guy Bertrand Mapangou, ministre gabonais de la Communication et porte-parole du gouvernement. © DR

 

Le vice-président gabonais, Pierre Claver Maganga Moussavou, et le ministre des Eaux, des Forêts et de l’Environnement, Guy-Bertrand Mapangou, ont été limogés mardi 21 mai.

L’affaire du kevazingo n’aura pas tardé à faire sa première victime au gouvernement : mardi 21 mai, dans la soirée, Guy-Bertrand Mapangou a été limogé du ministère des Forêts et de l’Environnement, selon un décret du chef de l’État lu par le secrétaire général de la présidence, Jean-Yves Teale.

L’ancien ministre de la Communication, mis en cause à mots couverts ces derniers jours par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale dans une affaire de trafic de bois précieux présumé – dans lequel il nie être impliqué -, n’est pas remplacé à son poste. Le portefeuille des Forêts et de l’Environnement est désormais rattaché directement à la primature.

Plus de vice-président

Depuis plusieurs semaines, Guy-Bertrand Mapangou, un proche de Marie-Madeleine Mborantsuo et – surtout – du président Ali Bongo Ondimba, se savait sur la sellette. Certains proches du gouvernement le disaient en délicatesse avec le directeur de cabinet du président de la République, Brice Laccruche Alihanga, ce que le palais du bord de mer dément.

« C’est une décision du président de la République, qui illustre son retour aux affaires, y compris les plus sensibles », confie une source proche de la présidence. Le chef de l’État s’était engagé il y a une semaine, dans un communiqué, à prendre des sanctions contre les officiels impliqués dans l’affaire du kevazingo.

Autre grand changement annoncé ce 21 mai : Ali Bongo Ondimba a décidé de mettre fin aux fonctions du vice-président, Pierre Claver Maganga Moussavou. Ce dernier avait fait savoir, durant la convalescence du président, qu’il était disponible pour effectuer davantage de missions officielles. L’appel du pied n’a visiblement pas plu.

Le fils du désormais ex-vice-président reste quant à lui au gouvernement. Biendi Maganga Moussavou conserve en effet son poste de ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

Gabon : la justice rejette la demande d’expertise médicale d’Ali Bongo Ondimba

mai 5, 2019

Le président Ali Bongo Ondimba lors du conseil des ministres du mardi 26 février 2019, à Libreville. © Présidence de la République du Gabon.

 

Fin mars, un collectif d’opposants avait déposé une demande d’expertise médicale du président gabonais Ali Bongo Ondimba pour déterminer la capacité du chef de l’État à exercer ses fonctions après son AVC. Celle-ci vient d’être rejetée par la justice.

La requête « est irrecevable et il n’y a pas lieu à autoriser (les requérants) à assigner le président de la République devant nous », a jugé le tribunal de première instance de Libreville, d’après l’ordonnance transmise par l’une des dix personnalités à l’origine de la requête.

Selon ce texte daté de jeudi 2 mai, le tribunal gabonais rappelle, entre autres, que seul « le gouvernement » ou à défaut « les deux chambres du Parlement » peuvent saisir la Cour constitutionnelle en vue de constater « la vacance de la présidence de la République ou l’empêchement définitif de son titulaire ».

« Cette décision de justice renforce notre doute sur la capacité d’Ali Bongo à encore assumer ses fonctions présidentielles », a réagi Marc Ona Essangui, membre de la société civile et du collectif « Appel à agir », par ailleurs proche de l’opposition.

Ce groupe, qui rassemble dix personnalités du monde politique, syndical et de la société civile, avait déposé fin mars une demande afin qu’une expertise médicale puisse attester de la capacité du président Ali Bongo Ondimba à exercer ses fonctions, après son AVC en octobre 2018 et sa convalescence à l’étranger. 

Jeuneafrique.com avec AFP

Gabon: la CPI n’ouvrira pas d’enquête sur les violences post-électorales de 2016

septembre 22, 2018

La police gabonaise sur les dents, le 1er septembre 2016 à Libreville, suite aux violences post-électorales. © Joel Bouopda/AP/SIPA

Le gouvernement gabonais s’est réjoui samedi de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de ne pas ouvrir d’enquête sur les violences post-électorales de 2016 au Gabon.

« Le gouvernement gabonais se réjouit de cette décision juste et courageuse de la CPI qui confirme la version des faits donnée par le gouvernement dans sa saisine de la CPI », a indiqué le samedi 22 septembre le porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou dans un communiqué transmis à l’AFP, ajoutant que le Gabon « réitère sa croyance en l’institution, au moment où elle est bousculée » par l’administration américaine.
Vendredi, la CPI a décidé de ne pas ouvrir d’enquête sur les violences post-électorales qui ont éclaté dans le pays en 2016.

La présidentielle avait donné lieu à des violences meurtrières après l’annonce de la victoire du président sortant Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009, un résultat contesté par son principal adversaire Jean Ping et mis en doute par des observateurs internationaux.

Fin septembre 2016, le gouvernement gabonais avait saisi la CPI pour des « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » de la part de certains opposants.

L’opposition et la société civile avaient également saisi la Cour pour « crimes contre l’humanité », accusant les forces de l’ordre d’exactions lors de la manifestation du 31 août 2016, suivie d’un bombardement du QG de Jean Ping dans la nuit du 31 août au 1er septembre, et de plusieurs actes de répression par des milices armées en septembre.

Législatives et locales en ligne de mire

En juin 2017, la CPI avait achevé une mission préliminaire au Gabon, mandatant trois experts à Libreville afin d’examiner des plaintes déposées par le gouvernement, le camp de Jean Ping, et 15 ONG.

Par sa décision, la Cour vient aussi de « rejeter toutes ces accusations du gouvernement », note Marc Ona, porte-parole de la société civile gabonaise, joint par l’AFP.

La CPI a expliqué sa décision  de ne pas ouvrir d’enquête vendredi soir, par le fait que les « conditions juridiques » ne sont « pas remplies ».

Dans son communiqué, la CPI note que ses conclusions « ne sauraient en aucun cas masquer la gravité des actes de violence et des violations des droits de l’homme qui semblent avoir été commis au Gabon lors de la crise post-électorale ».

Les autorités gabonaises appellent par ailleurs à des élections « libres, apaisées et démocratiques » pour les législatives et les locales prévues en octobre.

Jeuneafrique.com  par AFP

Gabon: disparition d’un tanker avec 17 marins géorgiens à bord

août 21, 2018

Libreville – Un tanker battant pavillon panaméen est porté disparu depuis une semaine au large du Gabon, a appris mardi l’AFP de sources militaires en Afrique centrale, le gouvernement géorgien affirmant que 17 de ses ressortissants, tous marins, se trouvaient à bord.

Ce tanker de 121 m de long, le Pantelena, « a disparu des écrans » depuis le 14 août et se situait « entre les eaux du Gabon et de Sao Tome et Principe », selon une des sources militaires régionales.

A Tbilissi, le ministère des Affaires étrangères a précisé qu’il y avait 17 marins géorgiens à bord.

Le navire, construit en 2006 et d’une capacité de 7.000 tonnes, appartient à la société grecque Lotus Shipping qui a lancé une opération de recherches, conjointement avec « les forces maritimes régionales et du Royaume Uni (UKMTO), et en coordination avec les autorités géorgiennes » selon le communiqué de Tbilissi.

Le Pantelena « a coupé le système de balise qui émet sa position », selon une source militaire régionale. précisant que « la première chose que font les pirates quand ils abordent un bateau, c’est couper cette balise ».

« Nous avons reçu un message de détresse sur la radio et nous avons alerté la marine gabonaise », a indiqué sous couvert de l’anonymat un membre de l’équipage d’un navire naviguant entre Libreville et Port-Gentil, la capitale économique gabonaise.

« Nous avons reçu une alerte de la part d’un navire assurant la liaison avec Port-Gentil concernant le Pantelena, mais nous n’avons pas eu assez d’informations pour une intervention », a déclaré un membre de la marine gabonaise à l’AFP, précisant que « la sécurité maritime a été renforcée au niveau de Port-Gentil ».

La marine de Sao Tome et Principe, archipel au large du Gabon, a également lancé des recherches depuis la disparition du tanker à l’aide d’un patrouilleur composé de 30 membres d’équipage portugais et santoméens, a indiqué à l’AFP le commandant des garde-côtes, Joao Idalécio.

Le Golfe de Guinée est devenu un épicentre de la piraterie maritime, selon le Bureau maritime international.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2018 15h37)                                                        

Gabon: comment Ali Bongo a semé la zizanie dans l’opposition

mai 14, 2018

Le chef de l’État et le nouveau ministre Michel Menga M’Essone après sa prestation de serment, le 7 mai 2018. © DR

Les récentes nominations de Jean De Dieu Moukagni Iwangou et de Michel Menga M’Essone au gouvernement sont loin de faire l’unanimité au sein de l’opposition : si le premier se voit menacé d’éviction, le second a déjà été suspendu de ses fonctions de secrétaire général du mouvement Héritage et Modernité…

Le 4 mai, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président d’Union et Solidarité (US, opposition), séjournait à Bruxelles pour raison de santé quand son nom a été cité en tant que ministre d’État chargé de l’Enseignement supérieur, lors de la lecture à la télévision de la composition du nouveau gouvernement. En septembre 2015, cet ex-magistrat avait refusé de prendre le portefeuille de l’Agriculture. Soupçonnant un nouveau coup du pouvoir, l’état-major de son parti s’est précipité au téléphone pour l’en informer. « À quel poste ? » a-t-il rétorqué avant de feindre la perturbation du réseau cellulaire, de couper la communication puis de se rendre injoignable jusqu’à la prestation de serment du 7 mai.

Évictions au sommet

Mais cette fois-ci a malgré tout été la bonne : Moukagni a bel et bien rejoint le gouvernement. À la manœuvre, Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président, qui l’a rencontré début 2018 à Paris. Divisée, US est au bord de l’implosion. Alors que la majorité du bureau exécutif soutient la décision de Moukagni, la présidente des Jeunes de ce parti, Elsa Boukandou, et le vice-président, Anges Kevin Nzigou, assurent qu’ils feront tout pour l’évincer conformément aux statuts.

Michel Menga M’Essone a, quant à lui, informé le directoire du mouvement Héritage et Modernité de la proposition du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, de le nommer au portefeuille de l’Habitat, avec le titre de ministre d’État.

À l’issue de deux jours de débats houleux, Menga a accepté le poste. Signe d’un embarras perceptible, le parti a mis deux jours à publier un communiqué ménageant la chèvre et le chou, qui n’exclut pas le politicien, mais le suspend de ses fonctions de secrétaire général. D’autant qu’Alexandre Barro Chambrier, le patron d’Héritage et Modernité, avait lui-même été approché par des émissaires du pouvoir, mais n’avait pas opposé un « non » catégorique…

Jeuneafrique.com

Gabon: la Cour constitutionnelle dissout l’Assemblée

mai 1, 2018

 

La présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo. © WILS YANICK M / AFP

La Cour constitutionnelle gabonaise a dissous l’Assemblée nationale lundi, en demandant la démission du gouvernement, alors que le Gabon devait organiser des élections législatives avant fin avril, a annoncé la présidente de cette juridiction.

La Cour précise que le mandat des députés prend fin et que le chef de l’État doit procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement qui sera uniquement responsable devant le président de la République, a indiqué la présidente de cette institution, Madeleine Mborantsuo.

 « Force est de constater que le gouvernement n’a pas pu accomplir les missions qui lui sont dévolues, notamment la révision de la liste électorale depuis 2017 et la mise en place du Centre gabonais des élections, depuis janvier 2018 », a ajouté Mme Mborantsuo dans une déclaration dont l’AFP a obtenu copie.

Selon la Cour, le gouvernement a surtout échoué dans l’organisation des législatives au plus tard le 30 avril, après deux reports de ces élections depuis décembre 2016 que les commentateurs expliquent par les remous suscités par la présidentielle d’août 2016 dont les résultats donnant le président sortant Ali Bongo Ondimba vainqueur sont contestés par l’opposition.

Parlement « illégitime »

Le Parlement gabonais était donc considéré comme « illégitime » depuis dimanche 29 mars, les législatives n’ayant pas été tenues dans les temps fixés par la Cour constitutionnelle qui a décidé de transférer les pouvoirs de l’Assemblée nationale au Sénat jusqu’à la proclamation par la Cour des résultats des législatives.

La date des législatives sera annoncée par la Cour après avoir été saisie par le Centre gabonais des élections (CGE), une instance rassemblant des membres de la majorité et de l’opposition qui vient de se mettre en place et doit prêter serment mercredi devant la Cour. Le CGE remplace la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) qui avait validé les résultats de l’élection présidentielle d’août 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

Assassinat d’une Congolaise au Gabon

mars 31, 2018

 

Elle s’appelait Atsassaga Sephora plus connue sous l’appellation de Chanelle Tchibinda.

Cette congolaise originaire de Dolisie s’était installée au Gabon, dans la ville de Tchibanga, chef-lieu de la province de la Nyanga. Elle y travaillait dans la pharmacie de Mavoundi chez Kombila Olivier. Elle a été lâchement assassinée par des brigands sur son lieu de travail ce 29 mars vers 23h00. Paix à son âme.

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Gabon: ce qui se cache derrière l’opération anticorruption Mamba

mars 20, 2018

 

Ali Bongo Ondimba au sommet Union Européenne-Afrique, à Abidjan, Côte d’Ivoire, le 29 novembre 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Deux anciens ministres, des hauts fonctionnaires influents, l’ombre d’un ex-conseiller tout-puissant, un homme d’affaires italien… Le premier procès de l’opération Mamba, qui reprend ce mardi, pourrait marquer un tournant politique autant que juridique.

Le mamba noir, redoutable prédateur arboricole, apprécie particulièrement les zones boisées, où il passe pour être l’un des plus mortels serpents de la planète. Son équivalent juridique, initié par le président Ali Bongo Ondimba (ABO), début 2017, est quant à lui plus à l’aise en milieu urbain. Sous les ors des palais, il a choisi le marigot politico-financier de Libreville comme terrain de chasse.

Opération anti-corruption lancée depuis le sommet de l’État, Mamba a affiché très tôt une préférence pour les proches de l’ancien directeur de cabinet du président, Maixent Accrombessi. Les arrestations de l’ex-ministre des Infrastructures Magloire Ngambia (dont le procès devrait s’ouvrir entre la mi-mai et le début du mois de juin) et de son collègue du Pétrole, Étienne Dieudonné Ngoubou, qui entretenaient avec lui des liens extrêmement étroits, ont ainsi sonné comme une volonté de mettre fin à la toute-puissance de « Maix ».

L’ombre de ce dernier plane donc au-dessus de la Cour criminelle spéciale, où l’opération Mamba a vu s’ouvrir, le 15 mars, le procès de son premier accusé, Blaise Wada. Écarté des affaires et diminué par un accident vasculaire cérébral en 2016, Accrombessi n’a toutefois pas été inquiété au Gabon. Selon des indiscrétions au Palais du bord de mer, son ancien chef considère qu’il a, au pire, été induit en erreur par de mauvais conseillers. L’ex-« dircab » est, au moins pour le moment, à l’abri du venin.

« Peu de gens sont inquiétés »

En marge de son opération mains propres, Ali Bongo Ondimba a toutefois procédé à des changements de taille dans les équipes qui l’entourent, au sein du gouvernement, de l’administration et de son cabinet, où il a nommé en septembre 2017 Brice Laccruche Alihanga. ABO a fait savoir qu’il comptait reprendre en main les affaires. Nouvelle ligne de communication : il décide seul et les mauvais conseillers seront châtiés.

Mais est-ce efficace ? Les doutes sont nombreux. En coulisses, on considère que Mamba choisit ses proies de manière un peu trop sélective. « L’opération ne semble pas destinée à s’intéresser à tous les actes d’enrichissement illicite », regrette un observateur politique. « On croyait que cela allait aboutir à un grand ménage mais, en réalité, peu de gens sont inquiétés, malgré les enquêtes et les témoignages », poursuit-il.

La Cour ne juge que les boucs émissaires

« Il faut qu’on laisse la Direction générale des recherches faire son travail. Il y a plusieurs dizaines de noms qui seraient apparus lors des investigations, mais va-t-on les entendre ? », s’interroge un autre. « La Cour ne juge que les boucs émissaires. Tant que les propriétaires de Delta Synergie [une holding liée à la famille Bongo] ne seront pas appelés à la barre pour répondre des crimes financiers commis depuis cinquante ans, elle n’aura pas de crédit à mes yeux », dénonce Marc Ona Essangui, militant de la société civile.

L’affaire Santullo en toile de fond ?

L’opération permet « de mettre un terme, ou du moins de freiner, l’impunité qui constitue la principale cause de non-développement de notre pays », tempère Dieudonné Minlama Mintogo, ancien candidat à la présidentielle de 2016. « L’opération Mamba n’est pas une opération politique. C’est une opération de justice qui vise à faire en sorte que ceux qui sont en charge de la gestion des affaires publiques rendent des comptes », expliquait quant à lui Alain Claude Bilie By Nze, porte-parole du gouvernement, peu après son lancement.

« C’est un signal fort de la volonté politique du président de mettre fin à l’impunité », renchérit un proche du palais. Mais peut-elle aller plus loin ? Plusieurs des accusés, comme Magloire Ngambia, Landry Patrick Oyaya, ancien directeur général adjoint de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI), et Léon Ndong Nteme, auraient notamment eu un rôle à jouer dans le contentieux aux allures d’affaire d’État qui oppose Libreville à l’homme d’affaires italien Guido Santullo.

Patron du groupe Sericom, celui-ci réclame près de 300 milliards de francs CFA d’impayés au Gabon. Mais l’État refuse de payer la somme, estimant que Sericom aurait surfacturé des prestations et obtenu des contrats en corrompant des fonctionnaires. Beaucoup espèrent que la Cour criminelle spéciale aura la latitude de faire toute la lumière sur cette affaire, y compris dans les sphères les plus hautes. « Qui peut croire que Magloire Ngambia a décidé seul d’attribuer les marchés à Santullo ? », s’interroge un proche du dossier.

Réconcilier Ali Bongo avec l’opinion ?

« Ali [Bongo Ondimba] a tout intérêt à pousser la justice à faire le ménage, y compris au PDG [Parti démocratique gabonais, au pouvoir], dont font partie beaucoup d’accusés », analyse un bon connaisseur du dossier. « Cela peut le réconcilier avec l’opinion », ajoute-t-il. « Mais si la Cour criminelle spéciale est perçue comme instrumentalisée et uniquement là pour produire des boucs émissaires, cela risque de se retourner contre le chef de l’État », conclut un diplomate.

Ce procès peut aussi être une boîte de Pandore

Les avocats d’Étienne Dieudonné Ngoubou l’ont d’ailleurs bien compris. Selon eux, aucune preuve n’est venue étayer les charges pesant contre leur client. Ils estiment l’ancien ministre victime d’une « détention arbitraire » depuis plus d’un an. « Ce procès peut aussi être une boîte de Pandore. Les accusés vont forcément avoir le droit à la parole et pouvoir livrer leur version », confie un participant au procès.

Les procès doivent théoriquement être retransmis en direct à la télévision publique. Si la retransmission n’a pas eu lieu le 15 mars, lors de l’ouverture, possiblement à cause des averses torrentielles s’étant abattues sur Libreville, de nombreux Gabonais devraient allumer leur poste de télévision ce 20 mars pour un deuxième épisode qui pourrait être le début d’un grand déballage.

Jeuneafrique.com par