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Gabon : Georgette Eyeghe Ngoua, la bâtisseuse de Libreville

décembre 25, 2021
DR

Directrice générale associée de SDCG-BTP, cette patronne et militante du Parti démocratique gabonais gère avec poigne une PME qui réalise plus de trois millions d’euros de chiffre d’affaires chaque année.

Quand il s’agit d’atteindre les objectifs des projets qui lui sont confiés, Georgette Eyeghe Ngoua est un véritable « rouleau compresseur ». La directrice générale associée de la Société Duhamel Construction Gabon (SDCG-BTP), filiale BTP du groupe SDCG-GCT-Cogis, exige notamment que le journal de chaque chantier lui parvienne tous les jours à 17 heures. « Les responsables doivent se débrouiller, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, qu’il y ait connexion ou pas ! » martèle le chef d’entreprise.

« Après coup, sa rigueur est comprise de tous. Le BTP est un secteur masculin, et elle a dû s’adapter », confie Jean Guy Mbomzom, le responsable juridique de la maison mère SDCG-GCT-Cogis, dirigée par Jean Duhamel Youmba.

Multiplication des chantiers

Une exigence qui a permis à la PME, dont le chiffre d’affaires annuel moyen oscille entre 2 milliards et 5 milliards de F CFA (entre 3 millions et 7,6 millions d’euros), de tenir ses engagements en 2021.

NOS CONCURRENTS SONT CHERS PAR RAPPORT À NOUS EN MATIÈRE DE CHARGES

L’entreprise vient de boucler la réfection de l’allée principale du quartier Ondongo, dans le 6e arrondissement de Libreville, ainsi que la réhabilitation de 80 km du tronçon routier Alembé-Ayem, dans le Moyen-Ogooué.

Rien ne prédisposait cette ingénieure en communication d’entreprise à se retrouver dans les travaux publics. Directrice financière de la filiale du canadien Sherko qui assure alors la viabilisation de la commune d’Akanda et y construit 1 600 logements, elle intègre en 2008 le sous-traitant SDCG en y apportant sa quote-part, comme les vingt-trois autres associés de la société, qui, quelques semaines plus tard, la portent à sa tête.

Favoritisme ?

Fervente militante du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Georgette Eyeghe Ngoua, 49 ans, balaie les accusations de favoritisme en rappelant que la plupart des marchés remportés par son entreprise (notamment face aux multinationales dont elle a longtemps assuré la sous-traitance) l’ont été à la suite d’appels d’offres, grâce aux prix proposés par SDCG.

« Nos concurrents sont chers par rapport à nous en matière de charges », rappelle l’experte en travaux publics, qui cumule quatorze années de formation en génie civil, passation de marchés et gestion d’entreprise et de projets. Un atout qu’elle compte mettre à contribution en 2022 afin de poursuivre les chantiers de viabilisation de la voirie dans d’autres quartiers de Libreville.

Avec Jeune Afrique par Omer Mbadi

Gabon : le pays abrite-t-il le plus grand scandale de pédophilie de l’histoire du football ?

décembre 17, 2021
Patrick Assoumou Eyi, ancien entraîneur de l’équipe des moins de 17 ans du Gabon, est aujourd’hui directeur technique de la première ligue du pays. © DR

Une enquête du quotidien britannique « The Guardian » révèle des accusations de viol à l’encontre de Patrick Assoumou Eyi, ex-sélectionneur de l’équipe gabonaise des moins de 17 ans. Plusieurs centaines d’enfants auraient été abusés et des personnalités de la Fédération gabonaise de football seraient impliquées.

L’enquête n’en est encore qu’à ses prémices. Mais, selon l’un de ses auteurs, le journaliste Romain Molina, ce pourrait être « la plus grosse affaire de pédophilie de l’histoire du football ». D’après les témoignages recueillis par The Guardian, qui a publié le récit le 16 décembre, Patrick Assoumou Eyi est accusé d’avoir « violé, formé et exploité » de nombreux garçons, alors qu’il était sélectionneur des moins de 17 ans du Gabon, jusqu’en 2017, puis directeur technique de la Ligue de l’Estuaire, poste qu’il occupait encore avant la parution de l’enquête.

Une victime présumée résume les accusations : « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui. C’était la condition pour rester dans l’équipe nationale. […] “Capello” [son surnom] a violé tant de garçons qu’il allait parfois à la campagne pour en trouver de nouveaux. Il profitait de leur pauvreté. […] C’est la réalité du football gabonais depuis des décennies, mais personne ne peut arrêter le système. Les prédateurs sont trop nombreux… »

La Fegafoot impliquée ?

Deux autres victimes présumées ont également affirmé que Patrick Assoumou Eyi les avait maltraitées alors qu’elles avaient moins de 18 ans et fréquentaient l’Académie Club de Libreville, située à Akanda, entre 2017 et 2019. Un ancien joueur a quant à lui déclaré que l’entraîneur attirait les jeunes garçons chez lui et qu’il avait rebaptisé son domicile le « jardin d’Eden ».

La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) était-elle au courant des soupçons pesant sur l’ancien sélectionneur ? Toujours dans The Guardian, un ancien responsable de la Fegafoot a affirmé qu’il avait tenté de faire part de ses préoccupations concernant des allégations d’abus sexuels lors d’une réunion du conseil d’administration en 2019. Il assure avoir ensuite été démis de ses fonctions. La Fegafoot nie cette version des faits et a précisé dans un communiqué n’avoir « jamais enregistré de plaintes relatives à un acte de cette nature ».

Une enquête ouverte par le ministère des Sports

Les victimes présumées ont quant à elles expliqué ne pas avoir contacté la police au Gabon par manque de confiance à l’égard des autorités. En revanche, une plainte a été déposée par la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro), le syndicat mondial des joueurs. « Nos enquêtes préliminaires ont donné des preuves cohérentes de témoins crédibles qui parlent tous d’une pratique continue et bien ancrée consistant à forcer les jeunes joueurs à avoir des relations sexuelles comme condition préalable aux opportunités de football », écrit le syndicat dans cette plainte consultée par The Guardian.

« On parle de plusieurs centaines de jeunes joueurs abusés, a expliqué Romain Molina sur Twitter. Patrick Assoumou Eyi n’est que le premier de la liste. Nous publierons un prochain volet des abus sexuels sur jeunes footballeurs au Gabon avec le nom d’autres prédateurs impliqués dans les hautes sphères du football gabonais. » Ce 17 décembre, le ministre des Sports a annoncé la suspension provisoire de Patrick Assoumou Eyi et l’ouverture d’une enquête à la suite des témoignages révélés par le quotidien britannique.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Gabon-Famille Bongo : bagarre à Paris entre l’oncle Omar Denis et les nièces Ondzounga

novembre 15, 2021

Rapportée ce lundi 15 novembre par Africa Intelligence, une altercation aurait éclaté vendredi dernier dans un restaurant parisien entre Omar Denis Jr Bongo et ses nièces Lucie et Marie Ondzounga. Les deux sœurs, filles d’une demi-sœur d’Ali Bongo, ont l’intention de porter plainte contre le petit-fils de Sassou Nguesso.

Après l’incident du 12 novembre à Paris, la relation déjà conflictuelle entre Ali Bongo et son demi-frère Omar Denis Jr Bongo ne devrait pas améliorer les choses. © Montage/Gabonreview

Omar Denis Jr Bongo fera-t-il bientôt face à la justice française ? Si rien n’est moins sûr à l’heure actuelle, selon Africa Intelligence, Lucie Ondzounga et Marie Ondzounga comptent bien lui faire payer son écart de comportement à leur endroit vendredi dernier au Dinand by Ferdi, un petit restaurant parisien. Nos confrères révèlent en effet que les deux sœurs, filles de Betty Bongo, demi-sœur d’Ali Bongo, ont été agressées verbalement par le fils d’Omar Bongo avant de se voir cogner les têtes l’une contre l’autre par Hugues-Henry Ngouélondélé, fils du ministre des Sports congolais, qui accompagnait le petit-fils de Denis Sassou Nguesso ce soir-là.

Selon le témoignage que les deux sœurs ont fait à la police parisienne, tout serait parti d’un geste pour le moins inconvenant de leur oncle. Omar Denis Jr les aurait filmées avec son téléphone sans leur consentement, mais surtout, comme en état d’ébriété, il aurait proféré des injures à leur endroit. L’incident aurait dégénéré quand les deux jeunes femmes ont arraché le téléphone. C’est donc pour le récupérer que Hugues-Henry Ngouélondélé les aurait violentées physiquement.

Lucie et Marie Ondzounga seraient déjà en contact avec plusieurs pénalistes parisiens, dont un ancien ministre de la Justice français, Dominique Perben. Leur ferme intention est se porter plainte contre leurs deux agresseurs. L’affaire pourrait prendre un tournant diplomatique entre le Congo, le Gabon et la France.

Après l’incident du 12 novembre à Paris, l’on doute que la relation déjà conflictuelle entre Ali Bongo et son demi-frère Omar Denis Jr Bongo devrait s’apaiser. Affaire à suivre.

Avec Gabon Review par Griffin Ondo Nzuey

Gabon : Brice Laccruche Alihanga condamné à cinq ans de prison ferme

octobre 29, 2021

Brice Laccruche Alihanga (BLA), l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba (ABO). © DR

L’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba a été condamné, ce 29 octobre, à cinq ans de prison ferme pour obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration.

L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba connaît désormais le verdict : le tribunal correctionnel de Libreville l’a condamné, vendredi 29 octobre, à cinq ans de prison ferme, la peine requise par le parquet trois jours plus tôt, pour obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration.

Selon l’accusation, Brice Laccruche Alihanga (BLA) se serait fait établir en 2004 un certificat de nationalité précisant qu’il était gabonais d’origine. Or il est né en France en 1980 et ses parents, Norbert Fargeon et Elizabeth Dupont, sont français. Il avait plaidé coupable et espérait la clémence du tribunal.

D’autres condamnations à venir ?

L’homme qui avait régenté Libreville alors qu’Ali Bongo Ondimba était en convalescence est en détention depuis le 3 décembre 2019. Il avait à l’époque était arrêté notamment pour des soupçons de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent en relation avec le secteur pétrolier et la Gabon Oil Company.

Il a réclamé à plusieurs reprises – en vain – une libération provisoire et a même tenté de se suicider le 21 mai 2020, après six mois de privation de liberté et de maintien à l’isolement. Ses avocats gabonais, Anges Kevin Nzigou et Jean-Paul Moubembé, ont d’ores et déjà saisi l’ONU pour dénoncer une détention arbitraire et devraient faire appel de la condamnation prononcée ce 29 octobre.Ondimba

Surtout, un autre épisode judiciaire est encore à venir dans « l’affaire BLA ». Les accusations de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent – émises depuis décembre 2019 – sont en effet toujours en cours d’instruction et les charges n’ont, selon nos informations, pas été abandonnées.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Gabon : quelle peine pour Brice Laccruche Alihanga ?

octobre 27, 2021
Brice Laccruche Alihanga à Libreville, le 13 juin 2018. © David Ignaszewski pour JA

L’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba a comparu cette semaine devant le tribunal correctionnel de Libreville. Il était jugé pour obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration. Verdict ce 29 octobre.

C’est une nouvelle étape dans la descente aux enfers que Brice Laccruche Alihanga (BLA) a entamée voici deux ans, quasiment jour pour jour. Le 7 novembre 2019, le directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, l’homme qui avait régenté Libreville alors que le chef de l’État était en convalescence, tombait de son piédestal : limogé de son poste, il était nommé à un fantoche ministère « chargé du suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable ».

Dans le viseur des autorités, il avait vu l’étau se resserrer, à mesure que la confiance d’Ali Bongo Ondimba et de son fils Noureddin disparaissait. Le 3 décembre, il était arrêté, soupçonné, entre autres, de détournements de fonds publics et de blanchiment d’argent en relation avec le secteur pétrolier et la Gabon Oil Company. Le début de sa vie à l’isolement, au sein de la prison centrale de Libreville.

Multiples chefs d’accusation

Depuis, BLA – un acronyme qui faisait encore trembler Libreville voici trois ans – attend le verdict de la justice, tout en essayant d’obtenir une libération provisoire que différentes cours lui ont tour à tour refusée. Parfois découragé, il a tenté de se suicider le 21 mai 2020, après six mois de privation de liberté, s’entaillant les veines avec ce qu’il avait trouvé à portée de main. Néanmoins combattif, il a voulu mettre en place une stratégie de défense avec ses avocats gabonais Anges Kevin Nzigou et Jean-Paul Moubembé.

Présenté au procureur le 23 avril 2021, il lui avait été signifié un autre chef d’accusation : obtention de document administratif sur la base d’une fausse déclaration. Selon l’accusation, Brice Laccruche Alihanga se serait fait établir en 2004 un certificat de nationalité précisant qu’il était gabonais d’origine. Or BLA est né en France en 1980. Ses parents, Norbert Fargeon et Elizabeth Dupont, sont français. Et s’ils vivaient à Libreville depuis 1976, ils avaient préféré que leur enfant voie le jour à Marseille.

Des faits présumés de détournement toujours en instruction

Ce sont ces accusations d’obtention frauduleuse qui étaient examinées ce mardi 26 octobre par le tribunal correctionnel de Libreville. Devant la cour, Brice Laccruche Alihanga a reconnu les faits et le procureur a ensuite requis cinq ans de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende, la peine maximale prévue par la législation gabonaise. Sa défense, qui a jusqu’au bout tenté de contester la compétence du tribunal mais a été déboutée par la Cour de cassation en septembre, espère obtenir la clémence du juge après avoir choisi de plaider coupable.

Le verdict dans ce volet de l’affaire BLA est attendu ce vendredi 29 octobre et pourrait ensuite donner lieu à un appel, selon la sévérité de la peine. Mais un autre épisode judiciaire pourrait surtout suivre ce premier acte, puisque les accusations de détournements de fonds publics et de blanchiment d’argent – émises depuis décembre 2019, dès l’arrestation de l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba – sont toujours en cours d’instruction.

« Le dossier est vide, même après deux ans d’enquête », déplore Me Anges Kevin Nzigou, contacté par Jeune Afrique. Selon nos informations, la dernière audition de Brice Laccruche Alihanga devant le juge d’instruction chargé de ce pan de l’enquête a eu lieu en mai dernier et les charges n’ont pas été abandonnées depuis. L’ancien administrateur-directeur général de Gabon Oil Company, Christian Patrichi Tanasa, ainsi que l’ex-collaborateur de BLA à la présidence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi, sont également toujours en détention en lien avec ce dossier.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Commonwealth : L’adhésion du Gabon serait en très bonne voie

octobre 9, 2021

Alors que l’opinion se demandait si l’adhésion du Gabon au Commonwealth était toujours d’actualité, le porte-parole de la présidence de la République a répondu par l’affirmative le 7 octobre. Selon lui, l’adhésion du pays est même en très bonne voie. A Londres récemment, le président gabonais aurait profité de l’occasion pour avancer sur cette question.

Ali Bongo et Patricia Scotland lors de leur rencontre. © D.R.

En mai dernier lors d’un déplacement à Londres, la première visite officielle à l’étranger depuis son Accident vasculaire cérébrale (AVC), le président Ali Bongo avait exprimé la volonté de faire entrer le Gabon dans le Commonwealth. A l’issue d’une rencontre avec Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, il avait à travers un tweet évoqué une «volonté commune» qui «pourrait se concrétiser dès le prochain sommet du Commonwealth à Kigali». Dans le pays, cette volonté affichée avait fait couler beaucoup d’encre et de salive en divisant l’opinion entre ceux qui ne voient pas l’opportunité du Gabon d’adhérer à cette organisation anglophone, et ceux qui comme Ali Bongo envisagent cette adhésion comme un «apport historique».

Après ces nombreux commentaires et tweet d’Ali Bongo à l’issue d’une audience avec la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), on en n’avait plus entendu parler dans le pays au point que beaucoup se demandaient si cette question était toujours d’actualité. Ce qui semble d’ailleurs être le cas. Toutefois, lors de sa conférence de presse le 7 octobre, le porte-parole de la présidence de la République a indiqué que c’est «une adhésion qui est en très bonne voie». Selon Jessye Ella Ekogha, à Londres il y a une dizaine de jour, le président gabonais qui effectuait son second déplacement dans la capitale britannique en l’espace de 4 mois a mis à profit son séjour pour «avancer sur l’adhésion de notre pays au Commonwealth».

La réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (Commonwealth Heads of Government Meeting, CHOGM), de juin dernier à Kigali au Rwanda, qui devait confirmer ou non l’adhésion du Gabon au sein de cette organisation anglophone a finalement été différée à mai, et face à la volonté affichée du pays qui demeure, les questions ayant surgi après l’annonce de cette adhésion demeurent elles-aussi. Entre autres, quelle tournure prendra les relations avec la France ? Le Gabon fera-t-il allégeance à la reine d’Angleterre ? L’Anglais sera-t-elle la deuxième langue officielle du pays ?

Avec GabonReview/Actualité par Alix-Ida Mussavu

Gabon-Magie noire en milieu judiciaire : Olivier N’zahou, le charlatanisme et les magistrats

octobre 9, 2021

S’en prenant, sur Facebook, à ses collègues sans les citer nommément, l’ancien procureur de la République de Libreville, rencontré dernièrement, assure être l’objet d’attaques mystiques depuis quelques années.

Marquées de son nom, ces statuettes auraient été fabriquées pour préparer la mort de l’ancien procureur. © Facebook/Montage Gabonreview

Olivier N’zahou serait-il mystiquement en danger de mort ? Est-il réellement l’objet d’attaques en sorcellerie ? Qui lui en voudrait autant, au point de vouloir le voir mort ? Serait-il gênant ? Y aurait-il quelques motifs de vengeance à son encontre ? Tels sont, pour l’essentiel, les questions que l’on se pose au sein de l’opinion, suite aux récentes dénonciations de l’ancien procureur de la République de Libreville après la découverte présumée de deux statuettes avec son nom gravé sur l’une d’elles.

Sur Facebook, l’actuel avocat général à la Cour d’appel judiciaire de Franceville écrit : «Après les excréments et la tortue avec une patte coupée, c’est maintenant au niveau de ma représentation en statuette». Aussi, en attribue-t-il la manigance à ses collègues magistrats, sans les citer nommément : «Je vous rappelle, chers collègues, que vous n’êtes pas Dieu, d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part. (…) Que je ne suis pas un obstacle pour ton ascension dans la Magistrature. C’est indigne pour des Magistrats d’utiliser des pratiques d’un autre âge

Rencontré jeudi dernier, l’ancien patron du parquet de la capitale gabonaise assure avoir été victime, à plusieurs reprises, de fusils nocturnes et bien d’autres pratiques de charlatanisme, alors qu’il était en fonction à Libreville en 2018. «Et récemment, il a été découvert deux statuettes au palais de justice dont l’une était sculptée à mon image, avec mon nom écrit dessus», dit-il.

Mais pourquoi donc un acteur de la scène judiciaire ne porterait-il pas plainte ? «Contrairement aux pays comme le Sénégal, dans le droit positif gabonais, il faut la preuve matérielle de ce que l’on avance. Nous avons déterré des statuettes à mon image, mais nous ne savons pas qui les a enterrées. Du coup, il devient impossible d’ester quelqu’un en justice pour ne pas être attaquer en diffamation», explique celui qui fut convoqué, en novembre 2019, à la Direction générale des recherches (DGR) sitôt démis de sa fonction de procureur de la république de Libreville.

Bien qu’il ne soit pas assez précis sur le sujet, le législateur prévoit des peines à l’encontre des personnes s’adonnant à des pratiques de charlatanisme. «Quiconque a participé à une transaction portant sur les restes ou ossements humains, ou s’est livré à la pratique de la sorcellerie, de la magie ou du charlatanisme susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux personnes ou à la propriété, est puni d’un emprisonnement de 10 ans au plus et d’une amende de 5 millions de francs au plus, ou à l’une de ce deux peines seulement», dispose l’article 210 du nouveau Code pénal.

Objets réputés magiques, les poupées d’envoûtement ou poupées vaudou sont des stéréotypes bien connus de la sorcellerie en Afrique. Elles servent à jeter des sorts. Dans la sorcellerie occidentale, selon Wikipédia, «la poupée (souvent de cire, parfois de bois ou de chiffons) est appelée dagyde». Représentant une personne, les actions maléfiques menées sur elle «sont supposées avoir des effets» sur cette personne.

Mais comment prouver un acte de sorcellerie à la barre ? Là est la grande interrogation. Visiblement dépité, l’actuel avocat général à la Cour d’appel de Franceville a également écrit, dans le même post sur Facebook : «C’est vrai vous ne dormez pas tout comme il est aussi vrai que je ne suis pas immortel mais c’est indigne de vouloir absolument anticiper mon départ sur terre….. Je vous rappelle, cher collègue, que tu n’es pas Dieu d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part.»

Avec GabonReview par Michel Ndong

Gabon : décès à Paris de Casimir Oyé Mba

septembre 16, 2021

Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre du président Omar Bongo, à Paris, le 10 mai 2016.

L’ancien gouverneur de la BEAC s’est éteint ce jeudi matin à l’hôpital Saint-Joseph, dans la capitale française.

Il avait été évacué le 11 septembre dernier en France alors qu’il avait contracté une forme sévère de Covid-19 et passé une semaine déjà à la polyclinique Chambrier, un établissement réputé de Libreville. Casimir Oyé Mba s’est éteint ce 16 septembre au matin à l’hôpital Saint-Joseph de Paris, a confirmé à Jeune Afrique l’un de ses proches. Il était âgé de 79 ans.

Pas de vaccin russe

Cet ancien gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), en partie formé en France, à l’université de Rennes, qui fut aussi chef de gouvernement (entre 1990 et 1994) et plusieurs fois ministre sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba, était favorable à la vaccination, mais refusait de se faire inoculer les vaccins russe ou chinois proposés au Gabon mais non homologués par l’Union européenne (UE).

Vice-président de l’Union nationale (UN, opposition), Casimir Oyé Mba était une figure majeure de la politique gabonaise. D’un tempérament modéré, le verbe franc mais courtois, il avait envisagé de briguer la magistrature suprême en 2009 puis en 2016, mais à chaque fois, il avait fini par se mettre en retrait. Lors de la dernière présidentielle, il avait apporté son soutien à Jean Ping, désigné candidat unique de l’opposition, face au président sortant, Ali Bongo Ondimba.

Casimir Oyé Mba était par ailleurs très introduit auprès des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac). À l’annonce de son évacuation, plusieurs présidences de la sous-région se sont informées de l’évolution de son état de santé, notamment Yaoundé et Malabo.

Avec Jeune Afrique par Georges Dongueili

Gabon-Cameroun : Casimir Oyé Mba et Ibrahim Mbombo Njoya, roi des Bamouns, atteints du Covid

septembre 14, 2021

Casimir Oyé Mba et le Roi des Bamouns, Ibrahim Mbombo Njoya

L’ancien Premier ministre gabonais a déjà rejoint Paris, tandis que l’influent sultan est en attente d’évacuation. 

Selon nos informations, Casimir Oyé Mba a été évacué le 11 septembre vers l’hôpital Paris Saint-Joseph, après une semaine d’hospitalisation à la polyclinique Chambrier de Libreville. Le vice-président de l’Union nationale (UN, opposition) lutte contre une forme sévère de Covid-19.

Diagnostic

Cet ancien gouverneur de la BEAC et ancien Premier ministre du Gabon était favorable à la vaccination, mais refusait de se faire inoculer les vaccins russe ou chinois, proposés au Gabon mais non homologués par l’Union européenne (UE).

Également atteint du Covid-19, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya, roi des Bamouns, est en attente d’évacuation sanitaire en Europe. Le diagnostic est tombé en fin de semaine dernière pour l’ancien ministre de la Jeunesse et des sports. Ce membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) est aussi le père de Seidou Mbombo Njoya, le président de la Fédération camerounaise de football.

Le ministre des Finances camerounais, Louis Paul Motaze, lui aussi touché par le Covid, est toujours hospitalisé en Suisse. Son état est jugé stable.

Par Jeune Afrique

Gabon : Noureddin Bongo Valentin évincé de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

septembre 14, 2021

Noureddin Bongo Valentin a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

L’annonce a été fait ce lundi 13 septembre dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres. Le fils d’Ali Bongo Ondimba était l’un des hommes les plus puissants du palais du Bord de mer.

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre, à Libreville. Noureddin Bongo Valentin, l’influent fils du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles, ce lundi 13 septembre. L’annonce a été faite lors du conseil des ministres qui s’est tenu le jour même par visioconférence à Libreville. Noureddin Bongo Valentin est « remis à la disposition de son administration d’origine », précise le communiqué publié en fin de journée.

Nommé le 5 décembre 2019, Noureddin Bongo Valentin avait repris les rênes du palais après la chute de Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État soupçonné de détournement de fonds et de blanchiment, et depuis incarcéré.

Le désormais ex-coordinateur général des affaires présidentielles avait acquis, ces deux dernières années, une influence considérable et passait pour être l’homme le plus puissant du palais du Bord de mer après son père, Ali Bongo Ondimba. Grands travaux, santé, diversification économique… Il pouvait intervenir sur tous les dossiers tandis que Jean-Yves Teale, le secrétaire général de la présidence, et Théophile Ogandaga, directeur de cabinet du chef de l’État, restaient en retrait.

« Conseiller stratégique »

En mars 2020, Noureddin Bongo Valentin avait en outre rejoint le bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), chargé de contribuer à y remettre de l’ordre dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.

Faut-il voir dans son éviction le signe d’une mésentente entre le fils et le père ? Il serait prématuré de l’affirmer, d’autant que Noureddin Bongo Valentin a été nommé, le 10 septembre, « conseiller stratégique » du président du PDG, Ali Bongo Ondimba. Libreville bruisse en outre de rumeurs de remaniement et cette séquence pourrait, elle aussi, réserver son lot de surprises.

Également annoncée ce lundi, la création d’un Haut-commissariat de la République, « en application des articles 47 et 52 de la Constitution ». Cet organe devra assister le chef de l’État « dans l’évaluation, le suivi [et] la mise en oeuvre de son action politique ».

Par Jeune Afrique