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Commonwealth : L’adhésion du Gabon serait en très bonne voie

octobre 9, 2021

Alors que l’opinion se demandait si l’adhésion du Gabon au Commonwealth était toujours d’actualité, le porte-parole de la présidence de la République a répondu par l’affirmative le 7 octobre. Selon lui, l’adhésion du pays est même en très bonne voie. A Londres récemment, le président gabonais aurait profité de l’occasion pour avancer sur cette question.

Ali Bongo et Patricia Scotland lors de leur rencontre. © D.R.

En mai dernier lors d’un déplacement à Londres, la première visite officielle à l’étranger depuis son Accident vasculaire cérébrale (AVC), le président Ali Bongo avait exprimé la volonté de faire entrer le Gabon dans le Commonwealth. A l’issue d’une rencontre avec Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, il avait à travers un tweet évoqué une «volonté commune» qui «pourrait se concrétiser dès le prochain sommet du Commonwealth à Kigali». Dans le pays, cette volonté affichée avait fait couler beaucoup d’encre et de salive en divisant l’opinion entre ceux qui ne voient pas l’opportunité du Gabon d’adhérer à cette organisation anglophone, et ceux qui comme Ali Bongo envisagent cette adhésion comme un «apport historique».

Après ces nombreux commentaires et tweet d’Ali Bongo à l’issue d’une audience avec la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), on en n’avait plus entendu parler dans le pays au point que beaucoup se demandaient si cette question était toujours d’actualité. Ce qui semble d’ailleurs être le cas. Toutefois, lors de sa conférence de presse le 7 octobre, le porte-parole de la présidence de la République a indiqué que c’est «une adhésion qui est en très bonne voie». Selon Jessye Ella Ekogha, à Londres il y a une dizaine de jour, le président gabonais qui effectuait son second déplacement dans la capitale britannique en l’espace de 4 mois a mis à profit son séjour pour «avancer sur l’adhésion de notre pays au Commonwealth».

La réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (Commonwealth Heads of Government Meeting, CHOGM), de juin dernier à Kigali au Rwanda, qui devait confirmer ou non l’adhésion du Gabon au sein de cette organisation anglophone a finalement été différée à mai, et face à la volonté affichée du pays qui demeure, les questions ayant surgi après l’annonce de cette adhésion demeurent elles-aussi. Entre autres, quelle tournure prendra les relations avec la France ? Le Gabon fera-t-il allégeance à la reine d’Angleterre ? L’Anglais sera-t-elle la deuxième langue officielle du pays ?

Avec GabonReview/Actualité par Alix-Ida Mussavu

Gabon-Magie noire en milieu judiciaire : Olivier N’zahou, le charlatanisme et les magistrats

octobre 9, 2021

S’en prenant, sur Facebook, à ses collègues sans les citer nommément, l’ancien procureur de la République de Libreville, rencontré dernièrement, assure être l’objet d’attaques mystiques depuis quelques années.

Marquées de son nom, ces statuettes auraient été fabriquées pour préparer la mort de l’ancien procureur. © Facebook/Montage Gabonreview

Olivier N’zahou serait-il mystiquement en danger de mort ? Est-il réellement l’objet d’attaques en sorcellerie ? Qui lui en voudrait autant, au point de vouloir le voir mort ? Serait-il gênant ? Y aurait-il quelques motifs de vengeance à son encontre ? Tels sont, pour l’essentiel, les questions que l’on se pose au sein de l’opinion, suite aux récentes dénonciations de l’ancien procureur de la République de Libreville après la découverte présumée de deux statuettes avec son nom gravé sur l’une d’elles.

Sur Facebook, l’actuel avocat général à la Cour d’appel judiciaire de Franceville écrit : «Après les excréments et la tortue avec une patte coupée, c’est maintenant au niveau de ma représentation en statuette». Aussi, en attribue-t-il la manigance à ses collègues magistrats, sans les citer nommément : «Je vous rappelle, chers collègues, que vous n’êtes pas Dieu, d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part. (…) Que je ne suis pas un obstacle pour ton ascension dans la Magistrature. C’est indigne pour des Magistrats d’utiliser des pratiques d’un autre âge

Rencontré jeudi dernier, l’ancien patron du parquet de la capitale gabonaise assure avoir été victime, à plusieurs reprises, de fusils nocturnes et bien d’autres pratiques de charlatanisme, alors qu’il était en fonction à Libreville en 2018. «Et récemment, il a été découvert deux statuettes au palais de justice dont l’une était sculptée à mon image, avec mon nom écrit dessus», dit-il.

Mais pourquoi donc un acteur de la scène judiciaire ne porterait-il pas plainte ? «Contrairement aux pays comme le Sénégal, dans le droit positif gabonais, il faut la preuve matérielle de ce que l’on avance. Nous avons déterré des statuettes à mon image, mais nous ne savons pas qui les a enterrées. Du coup, il devient impossible d’ester quelqu’un en justice pour ne pas être attaquer en diffamation», explique celui qui fut convoqué, en novembre 2019, à la Direction générale des recherches (DGR) sitôt démis de sa fonction de procureur de la république de Libreville.

Bien qu’il ne soit pas assez précis sur le sujet, le législateur prévoit des peines à l’encontre des personnes s’adonnant à des pratiques de charlatanisme. «Quiconque a participé à une transaction portant sur les restes ou ossements humains, ou s’est livré à la pratique de la sorcellerie, de la magie ou du charlatanisme susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux personnes ou à la propriété, est puni d’un emprisonnement de 10 ans au plus et d’une amende de 5 millions de francs au plus, ou à l’une de ce deux peines seulement», dispose l’article 210 du nouveau Code pénal.

Objets réputés magiques, les poupées d’envoûtement ou poupées vaudou sont des stéréotypes bien connus de la sorcellerie en Afrique. Elles servent à jeter des sorts. Dans la sorcellerie occidentale, selon Wikipédia, «la poupée (souvent de cire, parfois de bois ou de chiffons) est appelée dagyde». Représentant une personne, les actions maléfiques menées sur elle «sont supposées avoir des effets» sur cette personne.

Mais comment prouver un acte de sorcellerie à la barre ? Là est la grande interrogation. Visiblement dépité, l’actuel avocat général à la Cour d’appel de Franceville a également écrit, dans le même post sur Facebook : «C’est vrai vous ne dormez pas tout comme il est aussi vrai que je ne suis pas immortel mais c’est indigne de vouloir absolument anticiper mon départ sur terre….. Je vous rappelle, cher collègue, que tu n’es pas Dieu d’une part et, nous sommes tous de passage sur terre, d’autre part.»

Avec GabonReview par Michel Ndong

Gabon : décès à Paris de Casimir Oyé Mba

septembre 16, 2021

Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre du président Omar Bongo, à Paris, le 10 mai 2016.

L’ancien gouverneur de la BEAC s’est éteint ce jeudi matin à l’hôpital Saint-Joseph, dans la capitale française.

Il avait été évacué le 11 septembre dernier en France alors qu’il avait contracté une forme sévère de Covid-19 et passé une semaine déjà à la polyclinique Chambrier, un établissement réputé de Libreville. Casimir Oyé Mba s’est éteint ce 16 septembre au matin à l’hôpital Saint-Joseph de Paris, a confirmé à Jeune Afrique l’un de ses proches. Il était âgé de 79 ans.

Pas de vaccin russe

Cet ancien gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), en partie formé en France, à l’université de Rennes, qui fut aussi chef de gouvernement (entre 1990 et 1994) et plusieurs fois ministre sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba, était favorable à la vaccination, mais refusait de se faire inoculer les vaccins russe ou chinois proposés au Gabon mais non homologués par l’Union européenne (UE).

Vice-président de l’Union nationale (UN, opposition), Casimir Oyé Mba était une figure majeure de la politique gabonaise. D’un tempérament modéré, le verbe franc mais courtois, il avait envisagé de briguer la magistrature suprême en 2009 puis en 2016, mais à chaque fois, il avait fini par se mettre en retrait. Lors de la dernière présidentielle, il avait apporté son soutien à Jean Ping, désigné candidat unique de l’opposition, face au président sortant, Ali Bongo Ondimba.

Casimir Oyé Mba était par ailleurs très introduit auprès des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac). À l’annonce de son évacuation, plusieurs présidences de la sous-région se sont informées de l’évolution de son état de santé, notamment Yaoundé et Malabo.

Avec Jeune Afrique par Georges Dongueili

Gabon-Cameroun : Casimir Oyé Mba et Ibrahim Mbombo Njoya, roi des Bamouns, atteints du Covid

septembre 14, 2021

Casimir Oyé Mba et le Roi des Bamouns, Ibrahim Mbombo Njoya

L’ancien Premier ministre gabonais a déjà rejoint Paris, tandis que l’influent sultan est en attente d’évacuation. 

Selon nos informations, Casimir Oyé Mba a été évacué le 11 septembre vers l’hôpital Paris Saint-Joseph, après une semaine d’hospitalisation à la polyclinique Chambrier de Libreville. Le vice-président de l’Union nationale (UN, opposition) lutte contre une forme sévère de Covid-19.

Diagnostic

Cet ancien gouverneur de la BEAC et ancien Premier ministre du Gabon était favorable à la vaccination, mais refusait de se faire inoculer les vaccins russe ou chinois, proposés au Gabon mais non homologués par l’Union européenne (UE).

Également atteint du Covid-19, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya, roi des Bamouns, est en attente d’évacuation sanitaire en Europe. Le diagnostic est tombé en fin de semaine dernière pour l’ancien ministre de la Jeunesse et des sports. Ce membre du bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) est aussi le père de Seidou Mbombo Njoya, le président de la Fédération camerounaise de football.

Le ministre des Finances camerounais, Louis Paul Motaze, lui aussi touché par le Covid, est toujours hospitalisé en Suisse. Son état est jugé stable.

Par Jeune Afrique

Gabon : Noureddin Bongo Valentin évincé de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

septembre 14, 2021

Noureddin Bongo Valentin a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles

L’annonce a été fait ce lundi 13 septembre dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres. Le fils d’Ali Bongo Ondimba était l’un des hommes les plus puissants du palais du Bord de mer.

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre, à Libreville. Noureddin Bongo Valentin, l’influent fils du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, a été remercié de son poste de coordinateur général des affaires présidentielles, ce lundi 13 septembre. L’annonce a été faite lors du conseil des ministres qui s’est tenu le jour même par visioconférence à Libreville. Noureddin Bongo Valentin est « remis à la disposition de son administration d’origine », précise le communiqué publié en fin de journée.

Nommé le 5 décembre 2019, Noureddin Bongo Valentin avait repris les rênes du palais après la chute de Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État soupçonné de détournement de fonds et de blanchiment, et depuis incarcéré.

Le désormais ex-coordinateur général des affaires présidentielles avait acquis, ces deux dernières années, une influence considérable et passait pour être l’homme le plus puissant du palais du Bord de mer après son père, Ali Bongo Ondimba. Grands travaux, santé, diversification économique… Il pouvait intervenir sur tous les dossiers tandis que Jean-Yves Teale, le secrétaire général de la présidence, et Théophile Ogandaga, directeur de cabinet du chef de l’État, restaient en retrait.

« Conseiller stratégique »

En mars 2020, Noureddin Bongo Valentin avait en outre rejoint le bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), chargé de contribuer à y remettre de l’ordre dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023.

Faut-il voir dans son éviction le signe d’une mésentente entre le fils et le père ? Il serait prématuré de l’affirmer, d’autant que Noureddin Bongo Valentin a été nommé, le 10 septembre, « conseiller stratégique » du président du PDG, Ali Bongo Ondimba. Libreville bruisse en outre de rumeurs de remaniement et cette séquence pourrait, elle aussi, réserver son lot de surprises.

Également annoncée ce lundi, la création d’un Haut-commissariat de la République, « en application des articles 47 et 52 de la Constitution ». Cet organe devra assister le chef de l’État « dans l’évaluation, le suivi [et] la mise en oeuvre de son action politique ».

Par Jeune Afrique

La « génération sacrifiée » du football gabonais

septembre 4, 2021
Entraînement de l’équipe de l’AS Bouenguidi.

Ces dernières années, l’État gabonais a massivement subventionné le football afin de le professionnaliser. Pourtant, la situation des joueurs, précarisés par la pandémie, ne s’est pas améliorée…

Depuis le mois de mars 2020, le football n’existe quasiment plus au Gabon. Les championnats professionnels, interrompus en raison de la pandémie de Covid-19, n’ont jamais repris. Les amateurs de football ont dû se contenter des quelque matchs de la sélection nationale, qui s’est qualifiée pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN, qui aura lieu en 2022 au Cameroun), et de ceux de l’AS Bouenguidi en Ligue des champions et en Coupe de la confédération africaine. Si tout se passe comme prévu, la saison 2021-2022 devrait débuter en septembre, après plus de dix mois d’interruption.

À défaut de compétition, et avec toutes les conséquences, parfois dramatiques, que cela a pu engendrer pour les joueurs, les staffs techniques et le personnel administratif des clubs, les autorités gabonaises ont entrepris de remettre de l’ordre dans le secteur. Des Assises du football ont été organisées à Libreville par le ministre des Sports, Franck Nguema, et par la Fédération gabonaise de football (Fegafoot).

« Tout n’est pas allé au football »

« Nous, les joueurs, nous n’avons tout simplement pas été conviés, ce qui est tout de même paradoxal, car il me semble que les footballeurs ont un rôle important dans le football, ironise l’ancien international Rémy Ebanega, qui préside désormais l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG). Le bilan de ces dernières années, où l’État a versé des subventions aux clubs professionnels, est assez facile à faire : le football gabonais est dans une situation critique, tout simplement parce que l’argent a souvent été très mal utilisé. L’État n’a pas effectué de contrôle strict. »

Rémy Ebanega, président de l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon, en 2018, à Libreville

En 2012, après la CAN organisée conjointement avec la Guinée équatoriale, le gouvernement a en effet décidé de revoir à la hausse le niveau des subventions. Les dotations ont donc augmenté jusqu’à atteindre, en 2020, un montant total de 53,4 millions d’euros. Des sommes versées aux clubs de Ligue 1 et Ligue 2, à la Ligue nationale de football (Linaf) et au cabinet de consultant de l’Espagnol Jaume Ferrer Graupera, un ancien vice-président du FC Barcelone, qui s’était vu confier, entre 2011 et 2016, la mission d’aider à développer le football professionnel au Gabon.

UNE COMMISSION DE CONTRÔLE EST INDISPENSABLE. C’EST DE L’ARGENT DU CONTRIBUABLE DONT IL EST QUESTION ! »

Le succès a néanmoins été très relatif. « Les clubs ont reçu de l’argent mais de toute évidence, tout n’est pas allé au football, tacle le député Adrien Nkoghe Essingone, ancien président de la fédération gabonaise désormais à la tête de la task force chargée de préparer l’avenir de la discipline. Ce n’est pas normal. C’est pour cela que le chef de l’État a souhaité que des assises soit organisées. »

Si le montant des subventions annuelles n’est pas encore connu, celles-ci seront soumise à un monitoring beaucoup plus strict. La création d’une commission de contrôle et de gestion est ainsi envisagée. « C’est indispensable, insiste Adrien Nkoghe Essingone. C’est de l’argent du contribuable dont il est question ! »

Petits boulots

« L’État va continuer à accompagner le football professionnel sur une durée de trois ans, affirme l’ancien patron de la fédération. À l’issue de cette période, les clubs deviendront des “sociétés à objet sportif” et devront générer eux-mêmes des ressources, notamment via le sponsoring privé. »

NOUS DEMANDONS DE VRAIS CONTRATS ET UNE PROTECTION SOCIALE POUR LES JOUEURS »

Le gaspillage de ces dernières années était-il prévisible ? « Plus les sommes sont importantes, plus des gens se servent au passage, surtout s’il y a peu de contrôles, affirme un joueur gabonais sous couvert d’anonymat. Il y a des dirigeants de clubs qui ont probablement utilisé ces sommes à des fins personnelles. Sinon, comment expliquer que tant de joueurs soient concernés par le non-versement des salaires ? »

La pandémie bien sûr n’a rien arrangé, explique l’ancien international Rémy Ebanega, qui parle de « génération sacrifiée » : « Les joueurs ne jouent plus depuis mars 2020, ils ne touchent plus de salaire et certains enchaînent les petits boulots pour vivre. D’autres ont mis un terme à leur carrière. Le problème au Gabon, c’est que seule la sélection nationale compte. Ici, les joueurs n’ont pas de statut. En cas de blessure, ils ne sont pas payés et privés de compétition. Ce que nous demandons, c’est qu’ils touchent leurs salaires, qu’ils aient de vrais contrats et une protection sociale. Et il faut que les compétitions se déroulent de manière régulière. »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Gabon : quinze ans de prison pour les auteurs du putsch raté de janvier 2019

juillet 1, 2021
Une capture d’écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d’un « Conseil national de restauration » au Gabon, le 7 janvier 2019.

Trois militaires impliqués dans la tentative de coup d’État contre le président Ali Bongo Ondimba, qui avait rapidement échoué en janvier 2019, ont été condamnés, jeudi 1er juillet, à quinze ans de prison au Gabon.

Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, membre de la Garde républicaine (GR), l’unité d’élite et garde prétorienne du président, ainsi que deux autres militaires qui avaient brièvement appelé en direct sur la télévision d’État au « soulèvement populaire », ont écopé de quinze ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis la prison à vie. Cinq gendarmes et un civil, co-accusés, ont été acquittés.

Ce verdict, relativement clément au regard des réquisitions et des chefs d’accusations, a été rendu au milieu de la nuit par la Cour spéciale militaire de Libreville. « Mes clients sont heureux, ils ont fait le V de la victoire à l’audience, c’est un juste milieu », a déclaré à l’AFP un de leurs avocats, Jean-Pierre Moumbembé, qui a tout de même déposé un pourvoi en cassation.

« Soldat de base »

Tôt dans la matinée du 7 janvier 2019, un petit groupe de militaires avait fait irruption dans les locaux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) pour diffuser un message sur les ondes de la radio d’État et annoncer la mise en place d’un « Conseil national de restauration » dont le but était de « sauver la démocratie, préserver l’intégrité du territoire national et la cohésion nationale ». Mais ils n’avaient été suivis par personne et la tentative de putsch, menée pendant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba, avait rapidement tourné court.

Deux putschistes avaient été abattus par les forces de sécurité. Peu connu par la présidence avant de mener cette tentative de putsch, Ondo Obiang, décrit comme un « soldat de base » relativement discret, avait pour sa part été arrêté avec les deux autres militaires condamnés.

Par Jeune Afrique avec AFP

Gabon : Bob Marley, le reggaeman et la fille d’Omar Bongo

avril 7, 2021
Bob Marley et Pascaline Bongo, dans les années 1980.

Dans « Bob Marley et la fille du dictateur », la journaliste française Anne-Sophie Jahn revient sur l’histoire d’amour passionnée entre la star du reggae et la fille du président gabonais, Pascaline Bongo. Une rencontre qui a permis au chanteur de renouer avec ses lointaines racines africaines.

L’anecdote a déjà été racontée, par Pascaline Bongo elle-même, dans un documentaire sorti au cinéma en 2012. Lors de la première rencontre entre la fille du président gabonais Omar Bongo, étudiante aux États-Unis alors âgée de 23 ans, et la superstar planétaire Bob Marley, le reggaeman tout occupé à tirer sur un énorme joint n’avait lâché qu’une phrase : « Tu es vilaine. »

Une allusion aux cheveux lissés de la jeune femme, considérés par Bob comme un outrage inacceptable à son africanité. Malgré ces débuts embarrassants, le couple a vécu une histoire d’amour passionnée seulement interrompue par la mort de l’idole, le 11 mai 1981. Passionnée mais presque impossible, admet Pascaline Bongo elle-même dans le livre qu’une journaliste française, Anne-Sophie Jahn, publie le 7 avril.

Du fait de la personnalité des deux amants, de leur milieu d’origine aussi, la liaison n’a jamais été totalement officialisée. « Pas cachée mais pas publique », témoigne le guitariste jamaïcain Junior Marvin qui accompagnait Marley au sein des Wailers.

Cette romance et les obstacles auxquels elle s’est heurtée en dit beaucoup sur les mentalités d’une partie de l’Afrique fraîchement décolonisée, sur les réalités du Gabon de l’époque, et surtout sur la relation que les populations noires de Jamaïque, des Caraïbes et peut-être même d’Amérique entretenaient avec un continent idéalisé, fantasmé mais généralement très mal connu.

Entre fascination et malentendus

C’est sur cette relation, mêlant fascination et malentendus, que s’est construite l’histoire d’amour entre Bob et Pascaline. Malgré leur premier échange abrupt, la fille du président gabonais venue assister au concert des Wailers à Los Angeles propose au groupe de finir la soirée dans la luxueuse villa qu’elle occupe, avec sa sœur Albertine, à Beverly Hills. La soirée reste sage, ni flirt ni excès, mais la jeune femme fait au chanteur une proposition qui va tout déclencher : que dirait-il de venir se produire à Libreville, début 1980 ?

Bob et les Wailers sont extatiques. Voilà des années qu’ils chantent le panafricanisme, crient leur amour au continent de leurs ancêtres, appellent à l’unité – la pochette de leur album paru en octobre 1979, Survival, est un patchwork des drapeaux du continent – mais paradoxalement, aucun de ces Jamaïquains venus des quartiers misérables de Kingston n’y a jamais mis les pieds.

Le voyage au Gabon – qui sera suivi d’un autre au Zimbabwe, pour fêter l’indépendance toute neuve de ce qui est resté jusqu’en 1980 la Rhodésie – est au cœur du livre d’Anne-Sophie Jahn, dont le titre – Bob Marley et la fille du dictateur – annonce clairement la couleur. Ce séjour, en effet, est placé sous le signe du malentendu. Invités à jouer au Gabon, les Wailers ne se sont pas posés de questions. Quand ils apprennent que la date choisie est celle de l’anniversaire d’Omar Bongo – dont ils ne savent pas bien s’il est « roi » ou président, d’ailleurs ils s’en moquent – ils ne s’en posent pas plus. L’accueil est royal, leurs hôtes aux petits soins.

Découverte d’un pays tristement inégalitaire

Surpris, les reggaemen découvrent une capitale plutôt moderne, grâce à l’argent du pétrole qui, depuis quelques années, coule à flots. Le président Bongo, qui n’est guère amateur de reggae, ne voit pas l’intérêt d’accorder audience à ces rastas dépenaillés et fumeurs de ganja. Poser avec ces types aux tignasses crasseuses et pour qui le summum de l’élégance semble être de porter des vestes de survêtement ? Il passe son tour, merci. Mais Pascaline est, et restera, sa fille préférée. Il envoie donc à ses invités son fils et successeur désigné, Ali.

NOUS NE SAVIONS PAS QU’OMAR BONGO ÉTAIT UN DICTATEUR

Au fil des jours, les Wailers découvrent aussi un pays tristement inégalitaire où une partie de la population vit dans une pauvreté extrême. Ils apprennent que le président vient d’être réélu avec 99,96 % des voix. « Nous ne savions pas qu’Omar Bongo était un dictateur, regrette Junior Marvin avec amertume. Nous étions innocents, tellement contents d’être invités en Afrique. » Judy Mowatt, choriste du groupe, enfonce le clou : « Ils n’étaient pas colonisés mais ils n’étaient pas libres. Le Gabon était un pays néocolonial dirigé par un homme noir. »

Dans le livre, Pascaline Bongo elle-même explique comment, de son point de vue, le « révolutionnaire » Bob Marley, que la CIA considérait à l’époque comme un personnage « subversif » à garder à l’oeil, a pu résoudre ce dilemme. « Quand on s’est rencontrés, raconte-t-elle, il m’a appris que mon père avait été le seul à proposer qu’Haïlé Sélassié s’installe au Gabon après qu’il a été détrôné. Et ça, pour les rastas… c’était un acte fort qui méritait leur respect et leur admiration. »

Très amoureux de sa « princesse africaine »

C’est à Libreville que l’histoire d’amour débute. Dès lors, Pascaline gravite en permanence dans l’entourage de Bob, multipliant les trajets en jet privé entre Libreville, Los Angeles où elle poursuit ses études et Kingston. Le chanteur, s’il n’est guère démonstratif en public, semble très amoureux de sa « princesse africaine » avec qui il rêve de faire un enfant. Un de plus, est-on tenté de préciser : le roi du reggae, mort à 36 ans, a reconnu 11 rejetons de 7 mères différentes et environ 25 autres affirment être de son sang. Rien de choquant pour un rasta et si Pascaline rechigne, elle n’a d’autre choix que d’en prendre son parti.

PASCALINE BONGO PREND LA PILULE EN CACHETTE : LES RASTAS REFUSENT LA CONTRACEPTION, SANS MÊME PARLER DE L’AVORTEMENT

Depuis 1966, Bob est marié avec Rita, qui joue périodiquement les choristes pour les Wailers, et multiplie les aventures plus ou moins durables. À la même période, il vit une grande passion avec Cindy Breakspeare, couronnée Miss Monde en 1976 et qui en 1978 lui a donné un fils, le chanteur Damian Marley. Pascaline Bongo, elle, prend la pilule en cachette – les rastas refusent la contraception, sans même parler de l’avortement – et a bien conscience du caractère impossible de leur relation.

« Bob me disait : ton père ne te laissera jamais te marier avec moi, et moi je me disais aucune chance avec toutes ces femmes dans sa vie… Il était rasta et sa philosophie c’était de tout partager. Et puis ce n’était pas de sa faute si les filles lui sautaient dessus, elles savaient toutes qu’il était marié… mais c’était une superstar. »

La journaliste Anne-Sophie Jahn relate l’histoire d’amour entre la fille du président gabonais Omar Bongo, étudiante âgée de 23 ans, et la superstar planétaire Bob Marley.

La jeune femme cesse de lisser ses cheveux et adopte les tresses – « pas des vraies locks, son père ne l’aurait jamais laisse faire… », précise le fils de son premier mari, Didier Ping – , prenant ce qu’il y a à prendre. Jusqu’à ce triste jour de décembre 1980 où les médecins new-yorkais confirment ce que le chanteur et son entourage n’avaient pas voulu entendre : le mélanome détecté en 1977 mais mal soigné s’est mué en cancer généralisé, Bob n’a plus que trois semaines à vivre.

ELLE RESTERA JUSQU’AU BOUT PROCHE DE CEDELLA, LA MÈRE DE BOB DÉCÉDÉE EN 2008

Il tiendra six mois, claquemuré dans une clinique de Bavière où un médecin allemand tente un traitement de la dernière chance. Pascaline fait le trajet tous les week-ends, et se rend compte qu’elle aurait dû accepter de porter son enfant. La star s’éteint le 11 mai à Miami, où on l’a fait transférer. Les obsèques ont lieu à Kingston, bien sûr la jeune femme y assiste. Elle restera jusqu’au bout proche de Cedella, la mère de Bob décédée en 2008.

Étudiante à l’ENA, puis ministre de son père et directrice de cabinet de son frère avant de renoncer à la vie politique, elle reste attachée à son ancien amour et à sa musique. Le premier enfant née de son mariage avec Jean Ping, une fille, est prénommée Nesta. Comme Bob, dont le nom officiel était Robert Nesta Marley. Pascaline, qui après les Wailers a réussi à faire jouer Michael Jackson et Jay Z à Libreville, est aussi la marraine du festival Abi Reggae, organisé chaque année depuis 2015 à Abidjan.

Bob aura été le premier grand amour de Pascaline. On aimerait conclure en écrivant que Pascaline fut le dernier grand amour du chanteur, mais la vie sentimentale de Bob est bien trop compliquée pour cela. Aimer une « princesse africaine » lui a certainement permis de mieux comprendre un continent qu’il avait longtemps chanté sans le connaître.

Sur la pochette de son tout dernier album, Uprising, sorti un mois après sa mort, un rasta à la crinière de lion lève les bras en signe de victoire tandis que la dernière chanson du disque, Redemption song, reprend des extraits de discours du leader rasta panafricaniste Marcus Garvey et appelle à « l’émancipation ». Il n’est pas interdit d’y lire un discret hommage à une « princesse » nommée Bongo.

Bob Marley et la fille du dictateur, d’Anne-Sophie Jahn, éd. Grasset, 224 pages, 20 euros.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Léger remaniement gouvernemental au Gabon

décembre 10, 2020
Jean-Marie Ogandaga a démissionné de son poste de ministre de l'Économie mardi 8 décembre 2020.

Le gouvernement gabonais a été remanié mercredi, suite à la démission surprise, annoncée la veille, du ministre de l’Économie, Jean-Marie Ogandaga.

Hier encore ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie et de la Relance, Nicole Janine Roboty, épouse Mbou, est promue ce 9 décembre à la tête de ce même département ministériel en remplacement de Jean-Marie Ogandaga, démissionnaire.

Précédemment aux Transports, Leon Bonda Balonzi est, lui, muté aux Travaux publics, maroquin nouvellement créé, tandis que Brice Paillat passe de ministre délégué à ministre. Il sera en charge des Transports.

Enfin, le nouvel entrant, Olivier Nang Ekomie, précédemment directeur général de l’Agence nationale de l’urbanisme des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), est promu ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme.

Démission surprise

Ce remaniement fait suite à la démission, annoncée mardi 8 décembre en fin d’après-midi, de Jean-Marie Ogandaga. La Première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, a « pris acte » de sa décision et le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, l’a acceptée, selon le communiqué de la présidence.

Aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer cette démission. Et rien, dans l’attitude de Jean-Marie Ogandaga, ne la laissait présager. En effet, du matin du 8 décembre jusqu’à 17 heures, Ogandaga était encore auditionné au Sénat où, avec son collègue du Budget, Sosthène Ossoungou, ils défendaient le projet de loi de finances 2021.

Alors que ses collaborateurs attendaient la fin de la séance pour lui soumettre divers dossiers en attente, ils ont été informés en début de soirée de la tournure des événements.

Lâché par les hautes autorités de l’État ?

La démission du ministre de l’Économie est une surprise même si, depuis une semaine, la presse gabonaise dénonçait les abattements fiscaux accordés par le ministre à plusieurs entreprises.

Pour justifier ces remises gracieuses, le ministre évoquait « le souci commun de préserver les emplois de nos compatriotes dans un contexte économique difficile ». Manifestement lâché par les plus hautes autorités de l’État, il a dû démissionner.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

Gabon : l’ancien ministre Marcel Eloi Rahandi Chambrier est décédé

novembre 27, 2020
L’ancien président de l’Assemblée nationale du Gabon, Eloi Rahandi Chambrier, ici en juillet 2019, est décédé le 27 novembre 2020.

Ancien ministre et président de l’Assemblée nationale, Marcel Eloi Rahandi Chambrier est décédé ce 27 novembre à l’âge de 86 ans. Pilier du Parti démocratique gabonais, il s’était progressivement retiré de la vie politique, laissant la place à son fils, Alexandre Barro-Chambrier, aujourd’hui opposant.

Une dernière haie d’honneur. C’est au cœur des applaudissements respectueux des soignants que Marcel Eloi Rahandi Chambrier a quitté pour la dernière fois la clinique portant son nom du quartier Montagne-Sainte de Libreville. L’ancien président de l’Assemblée nationale s’y est éteint, jeudi 27 novembre, à l’âge de 86 ans. « Le pays vient de perdre l’un des derniers pères de la nation », résume un proche de la famille.PUBLICITÉ

Né le 1er décembre 1933 à Libreville, Marcel Eloi Rahandi Chambrier fait ses classes à l’école catholique Montfort puis, en France, au lycée Michelet de Vanves, en région parisienne. Son baccalauréat en poche, il prend la direction de l’Institut de médecine tropicale de la faculté de Paris, boucle son internat, avant de rentrer au Gabon en 1963. Il devient à l’époque le premier pédiatre du pays, dirigeant son nouveau service à l’hôpital de Libreville.

Mais le docteur n’est, déjà, jamais bien loin de la politique. En 1957, déjà, alors qu’il étudiait à Paris, il était l’un des membres du comité exécutif de la Fédération des étudiants d’Afrique noire francophone, la célèbre FEANF. Rentré au Gabon, son engagement est intact. En 1964, alors qu’échoue la tentative de coup d’État contre le président Léon Mba, après l’intervention des militaires français pour rétablir ce dernier, Marcel Eloi Rahandi Chambrier est arrêté et, lors du procès de Lambaréné, condamné à dix ans de prison pour complicité. Le Mpongwé avait accepté de faire partie du gouvernement provisoire des putschistes, l’instar de Paul Gondjout, dont il était proche depuis ses années parisiennes.

D’Ali Bongo Ondimba à Jean Ping

Mais Léon Ma meurt le 28 novembre 1967 d’un cancer. Albert Bernard Bongo, futur Omar Bongo Ondimba lui succède, amenant une période de détente et la libération des condamnés du procès de Lambaréné. En mars 1968, Marcel Eloi Rahandi Chambrier, qui a créé sa polyclinique privée depuis quelques mois, devient l’un des membres fondateurs du nouveau « parti des masses », le Parti démocratique gabonais (PDG), successeur du Bloc démocratique gabonais (BDG) de Léon Mba.

Figure locale, aisé financièrement grâce à ses activités professionnelles et aux revenus qu’il tire de l’exploitation forestière, le pédiatre devient l’un des principaux dignitaires du régime. Plusieurs fois ministre sous Léon Mébiame Mba (1975-1990) et Casimir Oyé Mba (1990-1994), il sera député et président de l’Assemblée nationale (1993-1996) après la démission de Jules-Aristide Bourdes-Ogouliguende.

Alors que le PDG voit plusieurs de ses grands pontes quitter le navire dans les années 1990 puis 2000, Marcel Eloi Rahandi Chambrier restera fidèle à Omar Bongo Ondimba, lequel décède en juin 2009. Cette même année, il soutient Ali Bongo Ondimba pour la succession, avant de se mettre, peu à peu, en retrait de la vie politique, où son fils, Alexandre Barro-Chambrier se fait une place.

Jouant le rôle de mentor pour son héritier, qui choisit finalement de quitter le PDG pour l’opposition à l’approche de la présidentielle de 2016, cette « grande gueule », comme certains l’ont décrit, favorise le ralliement à la candidature de Jean Ping, au détriment, en particulier, de Guy Nzouba-Ndama.

Affaibli, Marcel Eloi Rahandi Chambrier avait depuis officiellement quitté le monde politique. Ayant passé la main, il continuait toutefois d’être « un observateur » des turpitudes de la vie publique gabonaise, comme le confiait son fils en 2018 à Jeune AfriqueAlexandre Barro-Chambrier, qui le « consultait régulièrement », utilisait d’ailleurs fréquemment le domaine familial du cinquième arrondissement de Libreville pour ses réunions publiques.

« ABC » est désormais le seul dépositaire du destin politique de la nombreuse, et influente, famille Chambrier. Sauf surprise, il se portera candidat à l’élection présidentielle de 2023 avec en tête, sans doute, les précieux conseils de son père disparu.

Avec Jeune Afrique Mathieu Olivier