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Benoît XVI gracie son ex-majordome

décembre 23, 2012

Paolo Gabriele, à l’origine des fuites de documents secrets qui ont nourri ce printemps un livre à scandale sur le Vatican, a été libéré avant la fête de Noël.

Il y a un an encore, Paolo Gabriele, majordome de Benoît XVI, était à ses côtés pour l’aider dans tous les aspects concrets de la vie d’un pape. Un rôle modeste mais de confiance qui faisait de cet Italien de 46 ans, catholique pratiquant, un homme très en vue. Mais une fois dans l’ombre, il profitait de sa situation pour photocopier des documents réservés et confidentiels qu’il trouvait sur le bureau du Pape… Il livra cette manne à un journaliste sans scrupule qui en fit un livre à scandale sur le Vatican. Ce qui précipita sa chute: confondu, le majordome fut arrêté, jugé, incarcéré.

Samedi matin, Benoît XVI en personne est revenu à ses côtés, mais une dernière fois. Dans la petite cellule que le prisonnier occupait dans un bâtiment de la gendarmerie du Vatican, le Pape lui a apporté son pardon personnel. Et, en tant que chef d’État, sa grâce. Paolo Gabriele est libre désormais, mais prié de quitter le Vatican où il avait un appartement. Le Saint-Siège qui l’a condamné en octobre dernier à trois ans de prison, réduits à dix-huit mois, a promis qu’il l’aiderait à trouver un autre travail.

Ainsi se termine à la veille de Noël, non pas un conte mais un cauchemar pour Benoît XVI, puisque cette affaire, connue sous le nom de «VatiLeaks», l’aurait touché très personnellement. Paolo Gabriele, qui était arrivé à son service il y a six ans, faisait en effet partie de cette poignée de personnes qui côtoient le Pape au jour le jour. Au plus proche dans ses sorties publiques comme dans sa vie privée. Benoît XVI, qui fêtera ses 86 ans en avril prochain, lui accordait une grande confiance et une certaine affection que les personnalités très exposées, finalement isolées, finissent par livrer à ceux qui forment leur premier cercle.

Il disait avoir agi pour le bien de l’Église
Le procès de Gabriele dans un tribunal du Vatican aura soigneusement évité toute référence aux mobiles de son action pour se concentrer sur la seule matérialité du «vol aggravé de documents». Mais l’inculpé, reconnu coupable, aura toujours affirmé avoir agi pour le bien de l’Église, considérant que le Pape était mal informé de ce qui se passait dans la curie romaine. Un brin mystique, s’étant senti investi d’une «mission», il aura donc utilisé sa position pour faire connaître au monde une série de dysfonctionnements objectifs dans la vie du Vatican mais dont aucun ne constituait, en soi, un scandale majeur, mais plutôt l’illustration de la compromission ordinaire d’un système profondément marqué par la culture italienne de «l’arrangement» et… très éloigné de la transparence évangélique.

La semaine dernière Benoît XVI a pu s’entretenir à ce propos avec les trois cardinaux à la retraite qu’il avait chargés au début 2012, avant que Gabriele ne soit découvert, d’enquêter à l’intérieur du Vatican où le malaise était palpable, pour comprendre vraiment ce qui s’y passait et pourquoi on trouvait des documents secrets dans la presse. Il est probable que cet audit, qui n’a pas vocation à être publié, aura mis en évidence des éléments que Paolo Gabriele avait voulu dénoncer. Abondant dans le sens d’un homme de grande conscience mais à courtes vues qui, poussé par la volonté d’aider le Pape, l’aura au contraire précipité dans une grande difficulté dont il se serait bien passé. Entreprise qui, pour l’heure, n’aura strictement rien amélioré, sinon qu’elle aura aggravé l’image d’Épinal d’un Vatican pétri de complots, très loin de la portée réelle du pontificat de Benoît XVI.

Lefigaro.fr par Jean-Marie Guénois

Vatican: aucun cardinal suspecté

mai 28, 2012
Aucun cardinal n’est suspecté dans le cadre des fuites de documents secrets du Saint-Siège, a affirmé aujourd’hui le porte-parole du Vatican en réponse aux informations de presse affirmant qu’un cardinal figure parmi les taupes à l’origine de ces fuites. »Je démens de façon catégorique. Aucun cardinal n’est suspecté (…) ni italien ni étranger », a déclaré la père Federico Lombardi lors d’une déclaration à la presse.
Le pape est « bien évidemment informé » des développements de cette affaire qui a conduit à l’arrestation de son majordome Paolo Gabriele, et est « conscient qu’il s’agit d’une situation délicate que traverse la Curie », a encore affirmé le porte-parole. La ligne souhaitée par le pape est « la transparence », a-t-il dit.

La commission de cardinaux mise en place par le pape pour enquêter sur cette affaire « continue ses travaux, mène ses entretiens dans les temps requis par l’enquête et n’a pas l’intention de se laisser conditionner par la pression médiatique », a-t-il encore affirmé.

« Un cardinal a guidé le corbeau », a titré lundi matin le quotidien romain Il Messaggero, tandis que le grand journal milanais Corriere della Sera a fait sa manchette avec le titre: « un cardinal parmi les corbeaux ».

La gendarmerie vaticane avait arrêté M. Gabriele et trouvé des documents confidentiels à son domicile, un mois environ après la création de la commission d’enquête chargée d’élucider l’affaire des fuites qui secouent le petit État depuis le mois de janvier.

Il n’aurait pas agi seul et plusieurs médias vont jusqu’à affirmer qu’une vingtaine de personnes pourraient avoir passé des documents à l’extérieur du Vatican.
Un livre du journaliste Gianluigi Nuzzi publié il y a huit jours en Italie contient un nombre sans précédent de documents confidentiels illustrant de nombreux débats internes, par exemple sur la situation fiscale de l’Église et divers scandales.
Ces documents n’apportent pas de grandes surprises, mais révèlent les venins et les rancœurs entre divers cardinaux, chacun s’en remettant au pape et l’assurant de sa loyauté.

Lefigaro.fravec AFP

 

Benoît XVI «affligé» d’avoir été trahi par son majordome

mai 27, 2012
Benoît XVI, mercredi, jour de l'arrestation de son majordome.
Benoît XVI, mercredi, jour de l’arrestation de son majordome. Crédits photo : Andrew Medichini/AP 
 

Paolo Gabriele, incarcéré depuis mercredi, a été officiellement inculpé samedi pour «possession illégale de documents secrets». Une enquête est en cours pour établir si l’homme disposait de complices.

Jusqu’à mercredi, Paolo Gabriele était l’un des plus proches collaborateurs du pape. Majordome de Benoît XVI depuis 2006, il est l’un des rares laïcs à avoir accès aux appartements pontificaux: il lui servait ses repas, l’aidait à s’habiller et pouvait se rendre dans les pièces du Vatican auxquelles l’accès est strictement limité. En l’espace de quelques heures, le fidèle serviteur du Pape est devenu l’ennemi public du Vatican. Arrêté mercredi pour possession illégale de documents confidentiels retrouvés à son domicile, il est accusé d’avoir transmis ces données sensibles à des médias italiens en janvier et février derniers. Un délit équivalent à l’atteinte à la sécurité de l’État au Vatican. S’estimant trahi par son auxiliaire, Benoît XVI se dit «affligé» et «choqué».

Identifié vendredi par les médias italiens comme l’auteur de la fuite, Paolo Gabriele a été officiellement inculpé par la justice vaticane samedi. Le communiqué du parquet précise qu’une enquête approfondie allait être menée pour établir si l’homme, âgé de 46 ans, avait disposé de complices qui l’auraient aidé à diffuser les documents. Certains commentateurs de la presse italienne ont exprimé leurs doutes quant à une action isolée de la part de Paolo Gabriele, qu’ils soupçonnent de n’avoir été qu’un pion dans une lutte de pouvoir plus large au sein du Vatican.

Le majordome risque 30 ans de prison

Paolo Gabriele a choisi deux avocats pour se défendre. En l’absence de prison vaticane, l’ancien majordome était détenu samedi dans l’une des trois «salles sécurisées» contrôlées par la gendarmerie du Vatican. Paolo Gabriele est passible d’une peine de 30 ans de prison pour avoir possédé illégalement des documents appartenant à un chef d’État. S’il est reconnu coupable, il sera vraisemblablement détenu dans une prison italienne à la suite d’un accord entre l’Italie et le Vatican.

Parmi les documents qui ont fuité figurent des lettres adressées personnellement à Benoît XVI par l’archevêque Carlo Maria Vigano, ancien numéro deux des services administratifs du Vatican. Les courriers montraient que l’archevêque avait été muté comme nonce apostolique – l’équivalent d’un ambassadeur – à Washington après avoir révélé l’existence d’un large réseau de corruption, de népotisme et de favoritisme lié à des contrats signés à des prix gonflés avec des partenaires italiens. D’autres pièces évoquent des conflits internes concernant l’Institut des œuvres religieuses (IOR, la banque du Vatican), dont le président Ettore Gotti Tedeschi, accusé de «mauvaise gouvernance», a été limogé jeudi. Enfin, certains fax ultrasecrets dont le Pape était le destinataire évoquent les scandales sexuels chez les Légionnaires du Christ ou les négociations du Vatican avec les intégristes.

Par Figaro.fr