Posts Tagged ‘Gambie’

La Gambie rejoint le Commonwealth après quatre ans d’absence

février 8, 2018

 

Le président gambian Adama Barrow après son arrivée à l’aéroport de Banjul en Gambie, jeudi 26 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Après un peu plus de quatre ans d’absence, la Gambie se tourne de nouveau vers le Commonwealth. Une décision prise par le nouveau président Adama Barrow, qui marque une rupture avec la politique de son prédécesseur Yahya Jammeh.

Après avoir quitté le Commonwealth en 2013, la Gambie est de retour dans l’organisation internationale. La secrétaire générale Patricia Scotland accueillera le 53e membre de l’organisation ce jeudi 8 février à Londres, lors d’une cérémonie de levée de drapeaux aux côtés de l’ambassadeur gambien au Royaume-Uni, Francis Blain.

L’ancien dictateur gambien, Yahya Jammeh, avait annoncé en 2013 le départ immédiat du pays de l’association d’États, dont la plupart sont des anciennes colonies britanniques. « La Gambie ne fera jamais partie d’une institution néo-coloniale », avait-il alors expliqué dans un communiqué.

Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth

Le nouveau gouvernement d’Adama Barrow, arrivé au pouvoir après les élections de décembre 2016, avait assuré sa détermination à sortir le pays de l’isolation sur le plan international, qui avait tâché le règne de son prédécesseur.

« Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth et tient à remercier les 52 chefs d’État qui ont accepté notre adhésion », a expliqué à Jeune Afrique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie »

La Gambie avait rejoint le Commonwealth en 1965 après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni. Peu après son investiture début 2017, le président Barrow avait annoncé son intention de rejoindre le Commonwealth. Une décision confirmée quelques mois plus tard par un vote unanime à l’Assemblée.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie et étions ravis quand, après sa victoire aux urnes l’année dernière, le président Barrow a annoncé son retour », a précisé Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, dans un communiqué.

Depuis, le président gambien avait enchaîné les rencontres avec ses homologues : d’abord au Sénégal, puis en France et en Chine. En décembre, c’est le président Allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui se rendait à Banjul.

Avantages économiques et politiques

Les membres du Commonwealth ont accès à des avantages économiques et politiques : l’organisation fournit, par exemple, un soutien pour améliorer la compétitivité en matière de commerce, ou encore des règles d’immigration assouplies à destination du Royaume-Uni.

Un soutien économique non négligeable pour le petit pays, qui a hérité d’une dette d’un milliard de dollars de son prédécesseur, d’après le gouvernement. Une commission d’enquête a d’ailleurs été créée, dans le but de recouvrer une partie des millions de dollars qui manquaient dans les caisses de l’État après le départ de Yahya Jammeh.

Jammeh avait aussi annoncé son intention de sortir de la Cour pénale internationale (CPI), qui traduit en justice les personnes accusées de crimes contre l’humanité, mais le nouveau président Barrow avait annulé la sortie.

Accusé d’une multitude d’abus contre les droits humains, le régime de l’ancien président avait vu l’aide financière accordée par l’Union européenne (UE) au pays gelée. Un symbole de confiance en la « Gambie nouvelle », à peine le dictateur s’envolait vers Malabo que l’UE accordait 225 millions d’euros d’aide au pays.

À la suite du retour de la Gambie dans le Commonwealth, les représentants du pays sont invités au sommet des chefs d’État du Commonwealth en avril prochain à Londres.

Jeuneafrique.com par

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Gambie: l’inculpation d’un universitaire fait craindre le retour des méthodes de Jammeh

février 1, 2018

 

L’universitaire Ismaila Ceesay, Mazzini, à Banjul ce jeudi 1er février 2018. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

L’arrestation et l’inculpation de Ismaila Ceesay pour « incitation à la violence » a déclenché une levée de boucliers au sein de la société civile gambienne, qui craint de voir poindre des méthodes comparables à celles de l’ancien dictateur Yahya Jammeh, un an après sa chute.

La nuit a été longue pour le Dr Ismaila Ceesay. Après des heures d’interrogation par la police et une nuit en détention, l’universitaire a été libéré tôt, ce jeudi matin, sous les cris et les chants de quelques dizaines de ses étudiants, ainsi que de journalistes et d’activistes, qui s’étaient réunis devant les quartiers de la police nationale à Banjul.

Critiques sur la défiance des militaires envers le nouveau pouvoir

La veille, Ceesay a été inculpé pour « incitation à la violence ». En cause : une interview qu’il a accordé au journal The Voice, dans laquelle l’universitaire a critiqué le manque de confiance entre le président et chef des armées, Adama Barrow, élu en décembre 2016, et les militaires.

« Il y a des soldats qui ne sont pas satisfaits et qui se sentent rejetés par l’administration. Cela peut engendrer des mutineries », a-t-il alors mis en garde.

Depuis janvier 2016, suite à l‘intervention militaire de la Cedeao face au refus de Yayah Jammeh de quitter le pouvoir après avoir été défait aux urnes en décembre 2016, la responsabilité de la sécurité du pays est en effet partagée entre l’armée gambienne et les forces régionales de la Cedeao.

Actuellement, 500 hommes sont toujours déployés sur le territoire gambien. Une présence militaire étrangère qui fait grincer des dents.

À Banjul, le palais présidentiel et ses alentours sont surveillés par les troupes sénégalaises de la Cedeao. © Sylvain Cherkaoui pour JA

 

Manifestation devant les locaux de la police

Après avoir été convoqué à un poste de police, mercredi en début d’après-midi, Ismaila Ceesay a été interrogé pendant trois heures, puis détenu jusqu’en début de soirée. Là, des étudiants et journalistes se sont réunis devant les locaux de la police pour demander des comptes.

A peine connue, la nouvelle de l’arrestation du Dr Ceesay a enflammé les réseaux sociaux. Le hashtag #FreeDrCeesay était le plus utilisé dans le pays, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les professeurs d’université ont alors appelé à une grève, exigeant la remise en liberté « inconditionnelle » d’Isamaila Ceesay. L’association des étudiants a pour sa part appelé à une manifestation de soutien, et exigé des « excuses » de la police. cédant à la pression, la police a accepté, mercredi soir, la remise en liberté de l’universitaire. Sauf que ce dernier a d’abord refusé de quitter les lieux sans explications ou excuses de la part des forces de police.

Jeudi matin, alors que beaucoup de membres de la société civile attendaient des explications de la part des autorités, le bureau de l’inspecteur général de police a affirmé par voie de communiqué que l’interrogatoire du Pr. Ceesay avait pour but de « clarifier des propos en liens avec une enquête en cours ».

En interpellant l’enseignant, la police a « fait son travail, car elle a de bonnes raisons de croire que la sécurité nationale est en danger », a insisté David Kujabi, son porte-parole.

Ismaila Ceesay, après sa remise en liberté, avec des militants, lors d’une réunion de soutien, le 1er février 2018 à Banjul. © Anna Pujol Mazzini pour Jeune Afrique

 

Nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions

Près de quarante activistes et journalistes étaient réunis dans la banlieue de Banjul ce jeudi matin pour décider des actions à prendre pour lutter contre ce qu’ils qualifient de « violation de la liberté d’expression ». Ismaila Ceesay, présent à cette réunion après une nuit sans sommeil, se dit déçu : « Après 22 ans à lutter contre une dictature, nous croyions avoir créé une nouvelle Gambie. Mais il est toujours possible de se faire arrêter pour ses opinions. »

Pour les militants présents lors de cette réunion de soutien au Pr Ceesay, l’arrestation présente des similarités déconcertantes avec les tactiques de l’ancien président Yayah Jammeh, connu pour des arrestations arbitraires et les disparitions d’opposants. Un avis qui trouve un large écho sur les réseaux sociaux.

« Cela confirme qu’en Gambie, le système n’a pas changé », affirme ainsi Madi Jobarteh, directeur adjoint de TANGO, l’Association gambienne des organisations non-gouvernementales.

« Les gambiens doivent être préparés à se battre pour un changement réel de système, pour la protection des droits humains et de la démocratie, assène ce militant. toutes les lois qui étaient utilisées pour empiéter sur les droits humains sont toujours en place. »

Jeuneafrique.com par Jeune Afrique – Anna Pujol Mazzini, à Banjul

Nana-Jo N’Dow: « Il faut un maximum de témoignages de victimes de Yahya Jammeh »

octobre 30, 2017

Yahya Jammeh saluant ses derniers supporteurs avant de prendre l’avion pour Malabo en Guinée, le 21 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Nana-Jo N’Dow, fille d’un opposant gambien disparu sous le régime de Yahya Jammeh, est une des figures de la campagne récemment lancée en Gambie pour juger l’ancien président, exilé en Guinée équatoriale depuis son départ du pouvoir, en janvier dernier. Interview.

Du 19 au 21 octobre, plusieurs ONG gambiennes et internationales de défense des droits humains se sont réunies à Banjul avec un objectif : parvenir à juger Yahya Jammeh pour les nombreux crimes présumés commis par son régime, de 1994 à 2017.

Nana-Jo N’Dow est la fille d’un ex-opposant à Jammeh, disparu en 2013. Avec d’autres victimes, elle se bat pour obtenir justice et pour que l’ex-président finisse devant un tribunal, comme le Tchadien Hissène Habré.

Jeune Afrique : Qu’est-il arrivé à votre père, Saul Ndow, en 2013 ?

Nana-Jo N’Dow : Mon père était un homme d’affaires, notamment actif dans le domaine de l’import-export. Il était aussi un opposant à Yahya Jammeh. En avril 2013, il est allé à un rendez-vous d’affaires à Dakar avec Mahawa Cham, un ancien député. Nous avons ensuite perdu leur trace. Dans leurs auditions par les enquêteurs, Bubacarr Jarju et Suwandi Camara, deux anciens mercenaires à la solde de Jammeh, ont déclaré qu’ils avaient retrouvé Cham et mon père à Ziguinchor et qu’ils les avaient ensuite livré à des Jungulers [des « escadrons de la mort » à la solde de l’ex-président gambien] quelque part en Casamance. Pour le reste, nous ne savons pas ce qu’il s’est passé.

Pensez-vous qu’il puisse être toujours en vie ?

Non, je suis sûre qu’il a été tué. Mon père était voulu mort ou vif par Jammeh, qui le recherchait depuis des années. Parmi les Jungulers auxquels il a été livré, deux se trouvent aujourd’hui en Guinée équatoriale avec Jammeh. Et un troisième, le colonel Bojang, est recherché pour meurtres et tortures. Cela m’étonnerait que ces hommes aient gardé mon père en vie.

Quels ont été les principaux crimes commis par le régime de Yahya Jammeh ?

Il y a eu de nombreux cas de disparitions forcées, de meurtres, de tortures… Environ 400 victimes se sont inscrites auprès du Centre gambien pour les victimes de violation des droits humains. Mais de nombreuses autres victimes ne se sont pas encore fait connaitre, en particulier dans les villages gambiens. Convaincre ces personnes de se mettre en relation avec l’association était un des objectifs de la conférence de presse que nous avons organisée le 21 octobre à Banjul. Nous avons aussi l’intention d’organiser des tournées dans les différentes régions de Gambie pour inciter les gens à nous rejoindre. Cela n’est pas facile, car nous partons de loin : certaines personnes ont toujours peur – ou honte – de dire qu’elles ont été victimes de Jammeh. La parole va mettre du temps à se libérer.

Les autorités gambiennes semblent se concentrer d’abord sur les questions de réconciliation nationale

Comment comptez-vous procéder pour juger Yahya Jammeh ?

Il faut d’abord rassembler toutes les preuves contre lui. Il nous faut donc un maximum de témoignages de victimes. Nous allons mettre en place une base de données qui permettra aux victimes de s’inscrire facilement et de recenser les différents crimes qu’elles ont subis. Nous voulons aussi préserver leur anonymat quand elles le souhaitent, car certaines ne veulent pas que leur identité soit rendue publique.

La justice gambienne a-t-elle ouvert une enquête sur ces crimes commis par le régime Jammeh ?

Non. Les autorités gambiennes semblent se concentrer d’abord sur les questions de réconciliation nationale. Pour l’instant, poursuivre Jammeh en justice ne fait pas partie de leurs priorités.

Teodoro Obiang Nguema n’a rien à gagner à protéger Yahya Jammeh

N’est-il pas utopiste d’envisager un procès contre Yahya Jammeh tant qu’il bénéficie de la protection des autorités de Guinée équatoriale ?

Non, je ne pense pas. Je suis parfaitement consciente que cela va prendre des années, mais je pense que Teodoro Obiang Nguema n’a rien à gagner à protéger Yahya Jammeh. Sans oublier qu’il a aussi ses propres problèmes à gérer, comme la récente condamnation de son fils dans l’affaire des biens mal acquis en France.

Comment faire plier les autorités équato-guinéennes ?

Nous comptons solliciter l’Union africaine (UA) et tous les pays qui ont de l’influence sur Obiang. Nous allons essayer de lui imposer une pression judiciaire et financière de l’extérieur. Il finira par plier, car Jammeh ne lui apporte rien.

Espérez-vous organiser ce procès de Yahya Jammeh en Gambie ?

La majorité des victimes veulent que justice soit rendue dans leur pays. Elles souhaitent que ce procès se tienne en Gambie, autant pour y assister que pour le symbole que cela représente. Actuellement, la Gambie n’est pas encore prête à organiser un tel procès, mais elle le sera peut-être dans quelques années.

Jeuneafrique.com par

Gambie: des victimes veulent un « procès Jammeh », sur le modèle du procès Habré

octobre 6, 2017
Le président gambien Yahya Jammeh © Sunday Alamba/AP/SIPA

Les 19 et 20 octobre, des ONG gambiennes et internationales de défense des droits humains se réuniront à Banjul pour se pencher sur les crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh entre 1994 et 2017.

C’était en avril dernier. Après la condamnation en appel de Hissène Habré à la prison à perpétuité par les Chambres africaines extraordinaire (CAE) à Dakar, une délégation de victimes de l’ex-dictateur tchadien s’envolait pour Banjul. Parmi elles, les Tchadiens Souleymane Guengueng et Clément Abaïfouta, ou encore le Sénégalais Abdourahmane Gueye.

Accompagnés par leurs avocats Reed Brody et Jacqueline Moudeïna, ils ont rencontré plusieurs victimes gambiennes de crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh, dont Fatima Sandeng, la fille de l’opposant Solo Sandeng mort en détention en avril 2016.

Espoir de justice

De cette rencontre est née l’espoir, pour ces victimes gambiennes, d’obtenir à leur tour justice contre leur bourreau présumé, contraint à l’exil en Guinée équatoriale le 21 janvier dernier. Ces derniers mois, environ 250 d’entre elles se sont regroupées au sein du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains.

Réfléchir à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices

Les 19 et 20 octobre, cette ONG organise une rencontre à Banjul avec Equatorial Guinea Justice (la principale organisation équato-guinéenne – en exil – de défense des droits humains) et différentes ONG internationales (Human rights watch, Trial international, Sherpa…).

Objectif ? « Aider les victimes à se regrouper et réfléchir ensemble à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices », répond Reed Brody, avocat américain de Human rights watch (HRW), qui a joué un rôle central dans la condamnation de Habré.

Les organisateurs de cette rencontre le reconnaissent eux-même : la bataille judiciaire qui s’annonce contre Yahya Jammeh sera longue et difficile. Selon eux, une des premières étapes sera notamment de trouver les moyens d’augmenter la pression sur le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema pour le contraindre à « lâcher » son protégé gambien.

Jeuneafrique.com par

Sénégal : l’armée s’interroge sur une possible menace de déstabilisation en Gambie

juillet 5, 2017

Des troupes sénégalaises de la Micega à Barra, en Gambie, en janvier 2017. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Dans un rapport daté de fin juin, les renseignements militaires sénégalais s’inquiètent d’une possible présence de partisans de Yahya Jammeh en Mauritanie, en Guinée-Bissau et en Guinée, qui pourraient selon eux tenter de déstabiliser la Gambie.

Dans un rapport confidentiel du 27 juin, que Jeune Afrique et RFI ont pu consulter, les renseignements militaires sénégalais demandent à différentes composantes de l’armée de vérifier certaines informations au sujet d’une éventuelle menace de déstabilisation pesant sur la Gambie.

Selon ce rapport, qui évoque des « informations non encore recoupées », près de 300 déserteurs de l’armée gambienne seraient présents en Mauritanie et en relation avec l’ancien président Yahya Jammeh, exilé en Guinée équatoriale depuis son départ de Gambie, le 21 janvier dernier. Toujours d’après ce document, ces ex-militaires gambiens « envisageraient de déstabiliser » leur pays d’origine.

Des informations qui « méritent d’être prises au sérieux »

Les renseignements militaires sénégalais s’interrogent également sur de possibles missions effectuées par des hauts gradés fidèles à Jammeh en Guinée-Bissau et en Guinée, deux autres pays où des « partisans » de l’ancien président gambien – notamment des « jungulers », qui constituaient des sortes d’« escadrons de la mort » du régime déchu – sont suspectés de s’être réfugiés après son départ.

S’inquiétant d’une hypothétique « jonction » entre ces pro-Jammeh basés à l’étranger et ceux restés en Gambie, le rapport affirme que ces informations, bien que non confirmées, « méritent d’être prises au sérieux ». Il demande donc à ses destinataires d’être vigilants face à une menace de déstabilisation « qui ne vise pas que la Gambie ».

Des menaces de déstabilisation « réelles » selon Mankeur Ndiaye

À Dakar, les autorités surveillent toujours de près la situation politique et sécuritaire en Gambie. Le 15 juin, à l’occasion d’une visite de son homologue français Jean-Yves Le Drian au Sénégal, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, avait affirmé que les menaces de déstabilisation en Gambie étaient « réelles ». Interrogé par les journalistes, il avait toutefois refusé d’en dire plus sur ce sujet.  

Jeuneafrique.com par – à Dakar 

En Gambie, l’impossibilité d’une Île mémoire de l’esclavage

avril 21, 2017

L’île James située sur le fleuve Gambie, prise en photo le 8 avril 2017, porte aujourd’hui le nom de Kunta Kinté, héros du livre « Racines » de l’écrivain afro-américain Alex Haley / © AFP/Archives / SEYLLOU

Les quatre syllabes de son nom sont omniprésentes en Gambie, de la coque des navires à l’enseigne des bars: Kunta Kinté, l’esclave rebelle dont l’odyssée est connue dans le monde entier grâce à un best-seller et une série télévisée.

Mais, dans le pays d’où il a été arraché par des négriers au XVIIIe siècle pour un voyage sans retour vers les colonies britanniques d’Amérique du Nord, les traces de la mémoire de ce symbole de la traite atlantique sont aujourd’hui menacées par l’érosion côtière et la négligence.

L’île James porte aujourd’hui son nom: Kunta Kinté y connut à 17 ans le cachot et les fers, avant une effroyable traversée enchaîné à fond de cale, selon le récit de l’écrivain afro-américain Alex Haley « Racines », à l’origine d’une série télévisée au succès planétaire dans les années 1970 puis d’un « remake » diffusé depuis 2016.

« C’est très important parce que nous avons besoin de connaître notre histoire », estime Lamin Jammeh, 17 ans, venu avec un groupe d’élèves visiter pour la première fois l’île située sur le fleuve Gambie, à une trentaine de kilomètres à l’est de son embouchure. « C’est la seule façon de comprendre et de réaliser notre potentiel. »

Le 8 avril 2017, sur l’île de Kunta Kinté, des arbres desséchés et des ruines de structures en brique jonchent le site par lequel de nombreux captifs africains ont transité avant d’être embarqués vers le Nouveau Monde / © AFP/Archives / SEYLLOU

Des arbres desséchés et des ruines de structures en brique jonchent le site par lequel de nombreux captifs africains ont transité avant d’être embarqués vers le Nouveau Monde. Mais des sections entières des quartiers des esclaves ont été emportées par les flots salés et les vents puissants.

En 2003, l’île a été inscrite par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité, avec un ensemble de sites associés, en tant que « lieu de mémoire exceptionnel de cette période douloureuse mais essentielle, de l’histoire ».

– Récupération politique –

Prise en photo le 8 avril 2017, l’île James fut achetée en 1456 aux chefs locaux par les Portugais, qui y construisirent le premier fort après avoir participé pendant plus de trois siècles à la traite / © AFP/Archives / SEYLLOU

L’île James fut achetée en 1456 aux chefs locaux par les Portugais, qui y construisirent le premier fort après avoir participé pendant plus de trois siècles à la traite. Elle servit de prison pour les esclavagistes impénitents après l’abolition de cette pratique par la Grande-Bretagne en 1807.

« Des mesures régulières de maintenance, de suivi et de conservation sont nécessaires pour que ces ruines aient des chances de survivre et de résister aux assauts de la nature », prévient l’Unesco, dont une équipe est attendue pour une mission d’évaluation dans les prochains mois.

Il suffit de consulter des cartes anciennes pour constater à quel point l’île, passée aux mains des Portugais, des Néerlandais, des Français et des Anglais, a diminué en taille au fil du temps: sa superficie équivaut actuellement à un sixième de celle d’origine, selon des estimations.

Ponton qui mène à l’île Kunta Kinté située sur le fleuve Gambie, le 8 avril 2017 / © AFP/Archives / SEYLLOU

Pour enrayer cette inexorable dégradation, Hassoum Ceesay, historien et responsable du Centre national des Arts et de la Culture, veut croire à un changement avec le nouveau président, Adama Barrow. Celui-ci a pris ses fonctions en janvier après six semaines d’une crise post-électorale provoquée par le refus de son prédécesseur Yahya Jammeh de céder le pouvoir.

« Nous espérons qu’avec le nouveau gouvernement, une plus grande attention sera accordée » au site, confie M. Ceesay.

Après l’accession au pouvoir de Yahya Jammeh, le ministère du Tourisme et de la Culture a pourtant lancé en 1996 un « Festival international Roots » (Racines en anglais), comparable à une « semaine du patrimoine »: cet événement qui se tient tous les deux ans vise à attirer des visiteurs d’origine africaine, notamment des Amériques.

Un policier devant d’antiques canons de l’île Kunta Kinté située sur le fleuve Gambie, le 8 avril 2017 / © AFP/Archives / SEYLLOU

C’est en outre l’ex-président qui, en 2011, avait officiellement renommé l’île James en hommage à Kunta Kinté.

Mais le régime tentait surtout de récupérer ce travail de mémoire à son profit, imposant ainsi dans le programme du circuit une étape à Kanilai, le village natal de M. Jammeh, déplore M. Ceesay.

« Il y a eu beaucoup de pressions, venant particulièrement de l’ancien président, pour manipuler l’histoire de l’île. Nous avons résisté et cette résistance nous a valu une réduction du soutien du gouvernement », affirme-t-il.

Dans le village de Juffureh, lieu de naissance présumé de Kunta Kinté, chez elle le 8 avril 2017, Mariama Fofana, affirme être l’une de ses descendantes (8e génération) et juge assurée la postérité de cet ancêtre glorieux / © AFP/Archives / SEYLLOU

– Huitième génération –

Selon l’historien, au-delà des problèmes propres à l’île, c’est l’ensemble des sites inscrits avec elle au Patrimoine mondial qui doivent être revalorisés.

Pour attirer des financements, il préconise d’investir dans la formation de guides, la construction d’un centre spécialisé, des circuits plus spécialisés, et l’organisation de croisières de plaisance sur le fleuve.

Malgré les menaces qui pèsent sur l’existence même de l’île – et les doutes sur l’authenticité du récit d’Alex Haley, qui était en quête de ses propres origines – la mémoire de Kinta Kunté reste bien vivace en Gambie.

Dans le village de Juffureh, lieu de naissance présumé de Kunta Kinté, Mariama Fofana, affirme être l’une de ses descendantes (8e génération) et juge assurée la postérité de cet ancêtre glorieux. « Les jeunes Gambiens sont ravis d’être associés à Kunta Kinté parce qu’ils voient en lui un modèle et quelqu’un qui croyait aux valeurs pour lesquelles il se battait », dit-elle.

A travers le monde aussi, c’est l’image de l’esclave refusant le nom donné par ses maîtres et amputé d’un pied après plusieurs tentatives d’évasion, véhiculée par le livre et la série, qui a donné à sa renommée un écho universel.

En témoignent notamment les multiples références au personnage, incarnation d’une volonté indomptable, dans le rap, des groupes français Ministère Amer ou IAM dans les années 1990, à la star américaine Kendrick Lamar en 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 21 avril 2017 09h59)

Législatives en Gambie : majorité absolue pour l’ancien parti d’Adama Barrow

avril 7, 2017

Des Gambiens faisant la queue devant un bureau de vote à Banjul, le 6 avril 2017, pour élire leurs députés. © AP/SIPA

Le principal parti de la coalition de l’ex-opposition qui a soutenu la candidature d’Adama Barrow contre Yahya Jammeh à l’élection présidentielle a remporté la majorité absolue aux élections législatives, a indiqué vendredi la Commission électorale (IEC).

Le Parti démocratique unifié (UDP), auquel appartenait Adama Barrow avant d’en démissionner une fois investi à la tête de la coalition d’opposition en novembre 2016, a obtenu 31 des 53 sièges à pourvoir, a déclaré le président de l’IEC Alieu Momar Njie, ce vendredi 7 avril, au lendemain des élections législatives organisées en Gambie.

Marge de manœuvre pour le nouveau gouvernement

Le parti de Yahya Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), qui détenait une majorité écrasante dans l’Assemblée sortante, avait présenté des candidats dans 29 circonscriptions. Mais celui-ci ne conserve aujourd’hui que cinq sièges.

Le chef de l’État Adama Barrow, candidat victorieux à l’élection présidentielle du 1er décembre face à Yahya Jammeh, doit encore désigner cinq des 58 députés. Mais cette nette victoire aux élections législatives devrait déjà lui permettre de bénéficier d’une important marge de manœuvre pour appliquer son programme de réformes.

Record de candidatures et faible participation

Au total, près de 886 000 électeurs, sur les deux millions d’habitants, étaient appelés à choisir leurs parlementaires parmi 238 candidats issus de neuf partis politiques ou de listes indépendantes.

Un record de candidatures selon la commission électorale, même si son président Alieu Momar Njie a déploré la faible participation : 42% de votants.

La première alternance depuis 22 ans

Le chef de l’État sortant Yahya Jammeh s’est exilé en Guinée équatoriale en janvier, à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne pour le forcer à céder le pouvoir.

Déclaré battu de peu par Adama Barrow, après plus de 22 ans de pouvoir sans partage sur cette ex-colonie britannique, il avait d’abord contesté, pendant six semaines, sa défaite.

Jeuneafrique.com avec AFP

Gambie : mise au jour des corps de trois comploteurs contre Yaya Jammeh

avril 2, 2017

Yaya Jammeh encadrés de sa garde rapprochée en 2016 © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

La police gambienne a indiqué samedi 1er avril que les corps de trois des instigateurs d’une tentative de coup d’Etat en 2014 contre l’ex-président gambien Yahya Jammeh ont été mis au jour grâce aux informations d’anciens membres de sa garde rapprochée.

C’est grâce aux informations fournies par d’anciens membres d’un corps d’opérations spéciales, connus localement comme les « Junglers » et accusés par les Nations unies d’avoir pratiqué tortures et exécutions sommaires, que les autorités ont pu localiser les cadavres des trois comploteurs.

« Les restes du colonel Lamin Sanneh, de Njaga Jagne et d’Alagie Nyass ont été exhumés vendredi dans un champ de tir militaire de Tintinto, près de Kanilai, le village natal du président Jammeh », a affirmé à l’AFP un responsable de la police gambienne sous couvert d’anonymat.

« Les enquêteurs ont été conduits sur les lieux par des membres des Junglers et les restes des victimes ont été exhumés en présence de la police, de l’armée et des membres des familles », a ajouté ce responsable.

Militaires réhabilités 

L’ex-président Jammeh, en exil en Guinée équatoriale après avoir été battu à la présidentielle de décembre par Adama Barrow, avait toujours refusé de répondre aux demandes d’enquête de la communauté internationale sur les circonstances de la disparition des trois hommes.

Six autres militaires avaient été arrêtés et condamnés – dont trois à la peine capitale – par un tribunal militaire en avril 2015 pour cette tentative de coup d’Etat. Les six hommes ont été grâciés en mars par le chef de l’Etat et réintégrés dans l’armée. 

Jeuneafrique.com

France/Adama Barrow à Sciences-Po : le discours d’un débutant

mars 16, 2017

Invité par François Hollande en janvier, le nouveau président gambien effectue, depuis la mi-mars, son premier voyage officiel en dehors du continent africain.

Le président de la Gambie, Adama Barrow, lors de son passage à Sciences-Po Paris, le 15 mars 2017. Crédits : Marie Lechapelays
« S’il vous plaît, levez-vous pour accueillir le président de la Gambie, Adama Barrow ! » C’est la tête basse qu’un monsieur rond vêtu d’un grand boubou blanc se fraie lentement un chemin parmi les hommes de la sécurité. En guise de salut, l’homme lève la main gauche vers l’assemblée comble de l’amphithéâtre Boutmy de l’université de Sciences-Po Paris, sourit timidement et cherche où s’installer.

Sous les yeux de sa délégation, dont six de ses ministres, et du directeur de la prestigieuse institution, Frédéric Mion, le nouveau président gambien prend la parole. La voix est grave. Les mots sont hésitants. Les phrases hachées. Celui qui symbolise désormais l’avènement de la démocratie en Gambie n’a rien d’un tribun populiste. Il lit consciencieusement son discours, page après page, et ne lève les yeux que pour chercher du regard le soutien de son voisin, Julien Vandriessche, responsable des conférences de l’association des Etudiants de Sciences-Po pour l’Afrique (ASPA), qui organise l’événement.

Un pays en quête de démocratie

Le but de sa visite ? Partager des « leçons apprises de la transition politique » chèrement acquise en Gambie, précisent les affiches de communication qui annoncent sa venue. Cette conférence dans une université française, c’est lui qui l’a sollicitée. Pour témoigner de l’aventure d’un pays en quête de démocratie. « C’est encourageant qu’en venant en France il veuille rencontrer des jeunes », estime Noé Michalon, un membre de l’ASPA.

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Alors l’ancien homme d’affaires raconte, « un peu platement », ose une étudiante de cinquième année présente ce soir-là : la situation dictatoriale en Gambie pendant les vingt-deux ans du règne de Yahya Jammeh ; son élection en décembre 2016 et les premiers mois de sa présidence en exil au Sénégal, à cause du refus de son prédécesseur de céder le fauteuil présidentiel ; son serment à l’ambassade de la Gambie au Sénégal, le 19 janvier. Et finalement ses espoirs démocratiques. « Je veux vous dire que la Gambie est de retour », conclut-il avec une voix égale au reste de son discours.

A peine a-t-il lâché la parole qu’au fond de l’amphithéâtre, on entonne l’hymne national gambien. Enthousiastes, les membres de la diaspora gambienne installée en France qui se sont déplacés pour l’occasion se sont levés pour faire résonner son chant, repris en chœur par le président et sa délégation. Très vite, c’est l’assemblée tout entière qui se lève. L’atmosphère est donc chaleureuse lorsque débute l’échange avec l’assemblée.

« Un président de transition »

Mais les réponses aux quelques interrogations des étudiants sont lapidaires, plus courtes même que les questions. Quelques mots reviennent dans chacune de ces phrases qui sonnent un peu comme des répliques : « paix », « démocratie », « bonne gouvernance », « réformes », « espoir ». Vainqueur contre toute attente de la dernière présidentielle, grâce à une coalition de sept partis prêts à tout pour évincer Yahya Jammeh du pouvoir, l’ancien chef d’entreprise est visiblement peu à l’aise dans cet exercice. « C’est un président de transition, tout le monde le sait, lui-même le sait, justifie Omar Jabang, le seul étudiant gambien à Sciences-Po. Mais les Gambiens s’en foutent, du moment que le dictateur est parti », assure le jeune homme de 27 ans.

Heureusement pour Adama Barrow, l’assistance n’a pas été très mordante : à trois semaines des élections législatives, prévues le 6 avril, aucune question ne lui a été posée sur l’implosion de la coalition qui l’a conduit au pouvoir et qui pourrait permettre au parti de l’ancien dictateur de maintenir son influence sur la scène politique gambienne. Rien non plus sur une éventuelle soumission à Macky Sall, le président sénégalais, à qui il doit en partie son accession au pouvoir.

Alors qu’environ 500 soldats sénégalais, mandatés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), devraient quitter la Gambie d’ici deux mois, Adama Barrow a demandé sur Radio France Internationale, jeudi matin, « au Sénégal de nous envoyer plus de soldats pour assurer notre sécurité. Cela aussi longtemps que nécessaire ».

En somme, sa venue à Sciences-Po Paris aura eu pour principale vertu d’incarner devant les jeunes la transition gambienne. « L’idée devait être de marquer le coup, car tout ce qu’il a dit, j’aurais pu le trouver sur Internet », conclut une étudiante en sécurité internationale.

Lemonde.fr par Marie Lechapelays

Gambie: inscription des candidats aux législatives, 1er scrutin de l’après-Jammeh

mars 10, 2017

Banjul (Gambie) – La Commission électorale gambienne (IEC) a commencé à enregistrer les candidatures au scrutin législatif du 6 avril, le premier de l’ère post-Yahya Jammeh, selon un de ses responsables vendredi, alors que la coalition de l’ex-opposition menace de se défaire.

M. Jammeh a dirigé la Gambie plus de 22 ans, jusqu’à son départ en exil en janvier à la suite de sa défaite, qu’il a contestée pendant six semaines, à la présidentielle du 1er décembre 2016 face à Adama Barrow, candidat d’une large coalition d’opposition.

Au premier jour, jeudi, du dépôt des candidatures qui se poursuit jusqu’à dimanche, l’IEC a reçu des dossiers de deux partis politiques et d’indépendants, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Commission, Joe Colley.

Ces formations sont l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) de Yahya Jammeh, et le Congrès démocratique de Gambie (GDC), dont le responsable, Mama Kandeh, était un des trois candidats à la présidentielle, avec MM. Jammeh et Barrow.

Des dossiers sont encore attendus de six autres partis et d’indépendants.

L’Assemblée nationale compte 53 députés: 48 élus et cinq nommés par le président, pour un mandat de cinq ans.

L’APRC avait remporté une victoire écrasante aux précédentes législatives, en 2012, boycottées par six des principaux partis d’opposition à Yahya Jammeh, qui accusaient son régime « d’abus de pouvoir ».

L’ex-parti au pouvoir est confiant dans ses chances de « dominer l’Assemblée nationale », a dit à l’AFP son responsable de campagne, Yankuba Colley. « Nous sommes le plus grand parti » gambien, a-t-il assuré.

Au sein de la nouvelle majorité, emmenée par le Parti démocratique unifié (UDP) qui fut la principale formation de l’opposition à Yahya Jammeh, l’heure semblait au divorce, selon des sources internes ayant requis l’anonymat.

« Nous n’avons pas pu trouver un accord » sur les listes de candidatures, a affirmé à l’AFP un responsable de la coalition jeudi soir.

« Un des partis veut que 36 des 53 circonscriptions électorales lui soient réservées. Nous allons nous séparer », a-t-il dit, refusant de donner d’autres précisions.

Le ministre de l’Intérieur Mai Fatty a par ailleurs présenté vendredi ses excuses au journaliste Kebba Jeffang, du journal privé Foroyaa, pris à partie la semaine dernière lors d’une conférence de presse, a constaté un correspondant de l’AFP.

Kebba Jeffang avait suscité l’ire de militants de plusieurs partis présents à cette conférence de presse, à laquelle participait M. Fatty avec ses collègues des Affaires étrangères, Ousainou Darboe, et du Tourisme, Hamat Bah, sur le risque d’éclatement de la coalition à l’approche des élections.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, Reporters sans frontières (RSF) a demandé au nouveau président gambien de « s’engager fortement pour la liberté de la presse, en dénonçant les intimidations contre les journalistes », en particulier l’agression de Kebba Jeffang.

L’organisation a exhorté M. Barrow à abolir les lois réprimant la liberté d’expression et salué sa volonté déclarée d’enquêter sur les disparations ou meurtre de journalistes sous Yahya Jammeh, espérant que « ces efforts portent des fruits tangibles et ne restent pas des gestes de bonne volonté ».

La campagne présidentielle d’Adama Barrow a été soutenue par sept partis de l’ancienne opposition, dont l’UDP, et une personnalité indépendante.

Tous sont représentés dans le gouvernement comprenant 17 ministres, dont les six derniers ont prêté serment jeudi.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2017 21h40)