Posts Tagged ‘garde nationale’

États-Unis: Trump ordonne le retrait de la Garde nationale de Washington

juin 7, 2020

 

Le président américain Donald Trump a ordonné dimanche 7 juin le retrait de Washington des soldats de la garde nationale, jugeant que la situation était désormais sous contrôle après des journées de manifestations liés à la mort de George Floyd.

«Je viens de donner l’ordre à notre Garde nationale de commencer à se retirer de Washington DC maintenant que tout est parfaitement sous contrôle», a-t-il tweeté.

«Ils vont rentrer chez eux mais peuvent rapidement revenir, si nécessaire. Beaucoup moins de manifestants que prévu hier (samedi) soir!», a-t-il ajouté.

La garde nationale est une force militaire de réserve constituée de volontaires : la plupart de ses membres exercent par ailleurs un métier dans le civil. Leur nombre était en 2020 de 450.000 à travers le pays. Chaque État dispose de ses propres forces, ainsi que le district de Columbia, où se situe la capitale fédérale, Washington. C’est le gouverneur de l’État qui décide de faire usage de cette force d’appoint, lorsqu’il estime être face à une situation d’urgence, afin «de réprimer les insurrections et repousser les invasions». Ils peuvent également être mobilisés sur des opérations extérieures, comme ce fut le cas en Irak, où près de 500 ont été tués. Ils peuvent également être mobilisés après des catastrophes naturelles. Ils l’ont également été dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Dans leurs missions, les membres de la garde nationale ne peuvent intervenir qu’en soutien des forces de polices et ne peuvent pas procéder à des arrestations.

Par Le Figaro avec AFP

Hollande annonce la création future d’une Garde nationale en France

juillet 28, 2016

Paris – Le président français François Hollande a annoncé jeudi vouloir créer prochainement une Garde nationale en France afin d’aider les forces de l’ordre à lutter contre les attaques terroristes dans ce pays où elles se sont multipliées dernièrement.

Le président de la République a décidé que la Garde nationale serait bâtie à partir des réserves opérationnelles existantes, a précisé l’Elysée dans un communiqué à l’issue d’une rencontre de François Hollande avec des parlementaires spécialisés sur ce sujet. Des arbitrages seront rendus début août avant une mise en œuvre opérationnelle espérée au début de l’automne.

Les modalités de formation et la ventilation des forces de protection sur le territoire français seront définies en concertation avec l’ensemble des acteurs, précise le communiqué. Un conseil de défense début août portera sur cette future Garde nationale et devrait en préciser les effectifs.

L’objectif est de rendre opérationnelle au plus vite la constitution de cette force au service de la protection des Français, indique le communiqué de l’Elysée.

François Hollande n’avait évoqué jusqu’à présent qu’un développement des réserves de la gendarmerie, de la police et de celles existant au sein des armées de Terre, de l’Air et de la Marine, afin de soutenir le travail des forces de l’ordre sous pression depuis 18 mois avec une série d’attentats.

Dans ce cadre, 15.000 réservistes devaient être disponibles d’ici fin juillet contre 12.000 actuellement. De son côté, le ministère de la Défense devait mobiliser les 28.000 titulaires d’un contrat d’engagement pour qu’ils se tiennent prêts pour les prochaines semaines. Et les forces de l’ordre devaient aussi pouvoir compter sur un vivier supplémentaire de 10.000 retraités de la gendarmerie ayant quitté le service depuis moins de deux ans, avait récemment précisé le président français.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2016 11h59)

Tunisie : tension sécuritaire à quatre jours des législatives

octobre 23, 2014

Des membres de la garde nationale tinisienne sont déployés dans la ville de Oued Ellil.
Des membres de la garde nationale tinisienne sont déployés dans la ville de Oued Ellil. © AFP

À quatre jours des élections législatives, l’activité d’éléments jihadistes armés fait monter la tension sécuritaire de plusieurs crans dans le pays.

La tension est maximale en Tunisie. Deux terroristes lourdement armés ont été arrêtés dans le gouvernorat de Douz (Sud) dans la matinée du jeudi 23 octobre, tandis qu’une mine artisanale a fait deux blessés parmi les militaires stationnés à Sakiet Sidi Youssef, à la frontière algérienne.

Mais l’attention se porte surtout sur les échanges de tirs soutenus qui ont lieu entre les forces de l’ordre et des terroristes, positionnés à Chebaou, à 20 kilomètres à l’Ouest de la capitale dans l’agglomération de Oued Ellil.

Retranchés dans une maison de la Cité des roses, les extrémistes armés seraient au nombre de six selon un colonel de la garde nationale qui précise que des tentatives de dialogue sont en cours mais qu’un assaut n’est pas exclu.

Pendant que le déploiement de la garde nationale, ainsi que celui de l’armée, a permis d’encercler les lieux, des hélicoptères de l’armée tentent de repérer d’éventuels complices en fuite dans les collines environnantes qui sont en partie des terres agricoles mais aussi une zone militaire recouverte de maquis.

Repère de salafistes jihadistes

Cette région des environs de Tunis est depuis longtemps un repère de salafistes jihadistes. C’est dans la mosquée de Sidi Thabet, à 10 kilomètres de Chebaou, que le chef jihadiste, Abou Iyadh, fondateur du groupe Ansar Al Chariaa en mai 2011, faisait ses prêches au lendemain de la révolution.

Mohamed Ali Laroui, porte parole du ministère de l’Intérieur, a fait état d’un mort et de plusieurs blessés dans les rangs des forces de l’ordre tandis que le voisinage a été évacué en prévision d’affrontements ultérieurs et que les médias ont été également tenus à distance.

« Il y a (dans la maison) au moins deux hommes, au moins deux femmes et des enfants. Nous avons des informations sur la présence d’explosifs », a déclaré Mohamed Ali Aroui, se refusant néanmoins à employer le terme de prise d’otages, l’une des femmes étant l’épouse d’un des éléments terroristes.

Alerte maximale

Des sources proches de Ridha Sfar, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, chargé de la sécurité, affirme que les forces sécuritaires sont en alerte maximale par crainte de la multiplication de foyers de confrontation entre terroristes et forces de l’ordre à la veille des élections.

À plusieurs reprises, depuis septembre, le gouvernement avait averti de la menace terroriste lors du scrutin et les habitants de Tunis ont pu constater un renforcement du maillage sécuritaire.

Jeuneafrique.com par Frida Dahmani, à Tunis

Un chasseur américain F-15 s’écrase dans une forêt aux Etats-Unis

août 27, 2014

Washington – Un chasseur F-15C de la flotte aérienne de la Garde nationale américaine s’est écrasé mercredi dans une forêt en Virginie (est), a annoncé le commandant de l’unité d’origine de l’appareil, tout en disant ignorer le sort du pilote.

L’avion s’est écrasé vers 9H00 locales (13H00 GMT) dans une forêt, près de la ville de Deerfield Valley, à environ 290 km au sud-ouest de Washington, a déclaré le colonel James Keefe, qui commande la 104ème escadre aérienne de la Garde nationale, basée dans le Massachusetts (nord-est).

Le colonel Keefe n’a pas été en mesure de dire si le pilote a pu s’éjecter avant l’accident et a ajouté qu’il ignorait son sort.

Selon lui, plusieurs équipes de secouristes sont intervenues sur place.

Le F-15C, qui n’était pas armé, se dirigeait vers une base de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane (sud), pour des travaux sur l’un de ses radars.

Romandie.com avec(©AFP / 27 août 2014 21h03)

Ukraine: le premier bataillon de la Garde nationale part « au front »

avril 15, 2014

Un premier bataillon de la Garde nationale d’Ukraine a été envoyé « au front » dans l’est du pays, a annoncé mardi le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï. La Russie a rappelé sa désapprobation face à ces envois de troupes.

Ce bataillon est formé de volontaires ayant fait partie des unités d’autodéfense du Maïdan, haut lieu de la contestation dans le centre de Kiev qui a renversé en février le régime pro-russe du président Viktor Ianoukovitch, a souligné M. Paroubiï sur son compte Facebook.

« Les soldats sont très combatifs et prêts à défendre l’Ukraine. La situation n’est pas simple », ajoute M. Paroubiï qui rentre de Lougansk (est) où il dit avoir passé une semaine.

Lougansk fait partie du bassin minier de Donbass en proie depuis plusieurs jours à une insurrection armée pro-russe. Des insurgés y tiennent depuis le 6 avril le siège local des services spéciaux (SBU).
Dialogue de Genève en sursis

De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a prévenu à Pékin que tout ordre « criminel » des autorités ukrainiennes de recours à la force contre les insurgés pro-russes dans l’est de l’Ukraine ferait capoter le dialogue prévu jeudi à Genève.

« Vous ne pouvez pas envoyer les chars et en même temps tenir un dialogue », a déclaré M. Lavrov. « La Russie exige instamment (que l’Ukraine) cesse d’envoyer des forces dans le sud-est pour écraser les manifestations », a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères, dans une conférence de presse commune avec son homologue chinois Wang Yi.

Romandie.com

Affrontements entre policiers et salafistes en banlieue de Tunis

mai 19, 2013

TUNIS – Des affrontements ont éclaté dimanche midi entre policiers et salafistes à la Cité Ettadhamen, en banlieue ouest de Tunis, où le mouvement Ansar Ashriaa a appelé ses militants à se réunir faute d’avoir pu tenir son congrès à Kairouan, selon un journaliste de l’AFP.

Des centaines de salafistes, qui ont érigé des barricades à l’aide de pneus en feu dans les rues de ce quartier, jetaient des pierres sur les policiers qui répondaient par des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation.

Des blindés de la garde nationale sont arrivés en renfort ainsi que des camions de l’armée tunisienne pour tenter de disperser les militants salafistes.

Ansar Ashariaa a appelé dimanche ses partisans à se réunir dans ce quartier de Tunis considéré comme l’un de ses bastions après que les autorités ont bouclé Kairouan (150 km au sud de Tunis) pour empêcher la tenue du congrès du mouvement salafiste jihadiste.

La Tunisie a vu depuis la révolution de 2011 se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Le parti islamiste au pouvoir Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules salafistes jihadistes. Il a cependant considérablement durci sa position après que seize militaires et gendarmes ont été blessés fin avril-début mai par des mines posées par des groupes armés liés à Al-Qaïda traqués à la frontière avec l’Algérie.

Romandie.com avec (©AFP / 19 mai 2013 13h02)

Tunisie : l’armée combat une « cinquantaine de jihadistes » retranchés sur le mont Chaambi

mai 1, 2013
Des soldats tunisiens à Tunis le 11 février 2013. Des soldats tunisiens à Tunis le 11 février 2013. © Fethi Belaid/AFP

Une cinquantaine de jihadistes sont actuellement retranchés sur le mont Chaambi, dans l’ouest de la Tunisie. L’armée a engagé le combat, les échanges de tirs sont nourris.

Des combats opposent actuellement les forces tunisiennes à un groupe d’une cinquantaine de « salafistes jihadistes bien armés » retranchés sur le mont Chaambi, près de la frontière algérienne, a indiqué, mercredi 1er mai, une source sécuritaire sur le terrain. Le journaliste de l’AFP présent sur place a fait état d’échanges de tirs nourris.

Ces jihadistes ont miné une partie du mont Chaambi, avec des engins artisanaux qui ont blessé une dizaine de gardes nationaux et de militaires depuis lundi. « On a trouvé hier (mardi) des grenades, des engins explosifs de type militaire et artisanal, de la documentation sur la fabrication d’engins artisanaux, des documents codés, des cartes géographiques et des téléphones mobiles ayant servi à passer des appels vers l’étranger », a poursuivi la source.

La gendarmerie en retrait

Contrairement aux deux jours précédents, les opérations sont menées depuis mercredi par l’armée, les unités militaires étant les seules à être équipées de détecteur de mines. La garde nationale – l’équivalent de la gendarmerie – est passée en seconde ligne.

Selon la source interrogée par l’AFP, ce groupe de jihadistes est commandé par un Algérien et deux Tunisiens originaires du chef-lieu régional, Kasserine. Il est considéré comme responsable d’une attaque qui a coûté la vie à un agent la Garde nationale à Bou Chebka, poste frontalier avec l’Algérie. Les forces tunisiennes tentent depuis décembre de le démanteler.

Composé à l’origine de onze combattants, il a été renforcé par « des jeunes de Kasserine et des hommes revenus du Mali », a indiqué cette source qui n’a pas précisé l’origine de ces informations.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : la drôle de guerre

décembre 3, 2012
Mali : la drôle de guerre Mali : la drôle de guerre

À Mopti et à Sévaré, on est au plus près de la ligne de front du Nord-Mali. Les islamistes armés sont à moins de 200 km. Les militaires prétendent qu’ils sont prêts à se battre, mais refusent encore de voir que, seuls, ils ne peuvent rien ou presque… Reportage.

Assise derrière son comptoir, soeur Évangéline suit les instructions à la lettre. « D’où venez-vous ? Pourquoi êtes-vous là ? Vous restez combien de temps ? » Pour louer une chambre au Centre Jean Bosco de Sévaré, un hôtel appartenant au diocèse, il faut affronter le feu roulant des questions de sa gérante. L’oeil affûté, elle traque la moindre hésitation. « Nous sommes en zone de guerre, se justifie-t-elle. On nous a demandé d’être très vigilants. »

« On », ce sont les autorités administratives et militaires de la communauté urbaine de Mopti-Sévaré. La place forte, le dernier rempart contre les islamistes armés qui, depuis fin mars, contrôlent tout le nord du Mali. Avec sa garde nationale, son camp de l’armée de l’air et sa base de l’armée de terre, où est installé le poste de commandement opérationnel (PCO), Sévaré a des allures de ville-garnison.

Bamako, la capitale malienne, est à 600 km de là, mais moins de 200 km séparent Mopti et Sévaré (deux villes situées à une dizaine de kilomètres l’une de l’autre) de Douentza, première position occupée par des jihadistes. Au-delà de cette ligne, il n’y a plus ni administration ni service public. Peu ou pas de centres de santé. Aucun treillis arborant le vert, le jaune et le rouge – les couleurs du drapeau malien. De fait, à Douentza, on n’est plus au Mali, mais dans un territoire dirigé d’une main de fer par trois groupes jihadistes qui, en quelques mois, ont supplanté les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Nul n’ose plus contester la suprématie d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et des combattants d’Ansar Eddine, emmenés par Iyad Ag Ghali. Femmes voilées, mains et pieds coupés, lapidations, coups de fouet pour les fumeurs ou les consommateurs d’alcool… Moins de 200 km séparent les habitants de la ville de l’horreur.

Check-points

À Mopti, les discussions en cours au Burkina Faso entre Ansar Eddine et le MNLA laissent indifférents. On se moque ici du fait que, le 16 novembre, les deux groupes rivaux se soient dits prêts à « un dialogue politique » avec Bamako. On fait peu de cas des tergiversations des politiciens sur la tenue d’une concertation nationale, censée ouvrir la voie à des élections. Les déclarations en provenance de Paris ou de New York ne sont répercutées que de loin en loin par les médias locaux. À Mopti, seule compte la proximité de la ligne de front, dont on est sûr qu’elle va bientôt bouger. Oumar Bathily, le maire de la ville, explique qu’il a « dû faire face à un afflux de réfugiés qui va sûrement augmenter dès la reprise des combats ». Près de 41 000 déplacés ont été recensés, et l’aide humanitaire peine à satisfaire tous les besoins.

À Sévaré comme à Mopti, des check-points permettent de filtrer les arrivées. Des soldats abrités sous des tentes ou à l’ombre des acacias surveillent mollement les allées et venues. Le dispositif n’est pas très convaincant, mais rassure – un peu – les populations. « Ici, vous êtes en sécurité, promet soeur Évangéline. L’armée contrôle tout, ils ont arrêté des gens… Vous le saviez ? »

Rares sont ceux qui sont ouvertement favorables au plan d’intervention de la Cedeao

La presse malienne et internationale avait largement relayé l’information : le 4 novembre, les gendarmes ont intercepté un apprenti jihadiste, un Français d’origine malienne, à la gare routière de Sévaré. Ibrahim Ouattara tentait de rallier Tombouctou à bord de l’un des rares cars bancals qui osent encore faire le trajet. Depuis, « tout le monde surveille tout le monde, observe Mamoudou Bocoum, journaliste à Radio Kaoural, la radio communale. Chacun de nous a des yeux derrière la tête. On n’a pas envie d’en voir débarquer d’autres ou même que des jihadistes s’infiltrent ici et commettent des attaques. »

Dans son bureau climatisé du gouvernorat de Mopti, Mamadou Gaoussou Traoré, conseiller aux affaires administratives et juridiques, n’en revient toujours pas : « Je ne comprends plus rien. Alors qu’on ne pense qu’à se débarrasser des jihadistes, il y a des jeunes, en France, qui cherchent à les rejoindre. C’est insensé ! Comment peut-on penser que ça [les exactions commises par les groupes armés, NDLR], c’est l’islam ? » peste-t-il, avant de vanter la tradition de tolérance qui caractérise sa région. « Mopti, cela veut dire « rassemblement » en peul. Nous avons toujours vécu ensemble. Nous devons combattre ceux qui veulent utiliser la religion pour cacher leurs trafics. »

Femmes s’entraînant au maniement des armes à Sévaré. Elles appartiennent à la Force de libération des régions Nord du Mali (FLN), une milice d’autodéfense qui prétend pouvoir se battre contre les jihadistes.

© Reuters

Hagards et poussiéreux

Est-ce une manière d’approuver le plan d’intervention proposé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et sur lequel doivent se prononcer les Nations unies ? Non. Rares sont ceux qui y sont ouvertement favorables. Les seuls habilités à mener les combats, explique-t-on à Mopti et à Sévaré, ce sont les militaires maliens. Même si on les a vus rentrer hagards et poussiéreux après la débâcle du mois de mars, quand les garnisons du Nord sont tombées les unes après les autres sous les assauts conjugués du MNLA et d’Ansar Eddine. « C’est une question d’honneur, martèle Moussa Maïga, un commerçant originaire de Gao réfugié à Mopti. L’armée malienne a perdu ces villes, c’est à elle de les reprendre ! » Lui n’a pas de mots assez durs pour parler de ces soldats qui « passent leur temps dans les maquis et qui, au moindre prétexte, se bagarrent avec des jeunes de la ville ». Au fil des mois, la cohabitation est devenue compliquée, et le commandant de région lui-même a dû intervenir pour ramener le calme.

Le colonel Didier Dacko, 45 ans, dirige le PCO de l’armée redéployé à Sévaré après la chute de Gao. Il fait partie de la première promotion du prytanée militaire de Kati – tout un symbole pour les Maliens qui vouent une admiration sans bornes aux porteurs d’uniforme de la première heure. Les éloges se succèdent lorsque l’on évoque le nom de ce Bobo originaire de San, dans la région de Ségou. Dans les états-majors de la sous-région, on le décrit comme un officier de grande valeur, qui a le sens de la patrie chevillé au corps. Ses hommes, eux, parlent d’un « officier exceptionnel » et « profondément meurtri par l’état de l’armée ». À Sévaré, un commandant affirme « l’avoir vu pleurer quand il a dû quitter Gao ». « Il était le dernier, se souvient-il. On a dû le forcer à partir. Aujourd’hui, il n’a qu’une envie : retourner au front. » Si intervention il devait y avoir, le colonel Dacko serait un des hommes clés du dispositif militaire. Il n’est pas rare de le voir sillonner la ville au volant de son pick-up.

En juin, il avait expliqué à Jeune Afrique qu’il n’avait « pas besoin des troupes de la Cedeao pour libérer [le Mali]. Un soutien aérien serait le bienvenu, mais nous pouvons nous en passer ». Aujourd’hui, s’il consent à nous recevoir tard le soir, entouré de ses plus proches collaborateurs, il refuse d’aborder les questions militaires. Un téléphone vissé à l’oreille, à l’affût de la moindre information en provenance du Nord comme du Sud, il fait valoir le devoir de réserve auquel il est astreint. Tout juste reconnaît-il ronger son frein en attendant les ordres qui l’enverront au-delà de Konna, un bourg situé à 70 km au nord de Mopti, où sont stationnés la plupart des militaires maliens. Combien sont-ils ? Quatre mille, cinq mille ? L’armée refuse de confirmer les chiffres les plus couramment avancés, mais à Bamako, une source militaire nous assure qu’ils sont « plus de deux mille ».

Pas de négociations avec les gens qui ont du sang sur les mains.

Fatoumata Siré Diakité, vice-présidente du Front du Refus

En attendant l’arrivée des instructeurs promis par l’Union européenne, 17 officiers français sont venus à Sévaré, le 15 novembre, pour tenter d’évaluer les besoins de l’armée malienne. « Nous avons besoin de formation en matière de guidage, explique un militaire sous le couvert de l’anonymat. En cas de tirs aériens, il faut des militaires qualifiés au sol pour donner des positions exactes aux pilotes d’avion. Pour le reste, nous pouvons former nos soldats : la majorité d’entre nous a fait ses classes aux États-Unis, en Algérie ou en Allemagne », ajoute-t-il convaincu.

Optimisme

Un optimisme un peu fou qui fait fi du rapport de forces, pour l’instant en faveur des groupes armés. Mais, à Bamako, la grande opération de « reconquête du Nord » a presque disparu des discours officiels. Le 18 novembre, le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, a affirmé que « le dialogue [était] inévitable » et a souligné que les combattants du MNLA et d’Ansar Eddine étaient des Maliens – par opposition aux étrangers d’Aqmi, avec lesquels il n’y aurait pas de négociation possible.

Ces miliciens qui veulent libérer le Mali

Il n’y a pas que l’armée qui se prépare à affronter les islamistes qui contrôlent le nord du Mali. Nées au début des années 1990 pour se protéger des rezzous des rebelles touaregs, les milices d’autodéfense sont majoritairement composées de Songhaïs et de Peuls : Force patriotique de résistance (FPR), Boun Ba Hawi (« la mort vaut mieux que la honte »), Force de libération des régions Nord du Mali (FLN), Ganda Koy (« propriétaires terriens »), Ganda Izo (« les enfants du pays »)… Ces derniers se sont installés à Soufroulaye, petite commune située à une dizaine de kilomètres au sud de Sévaré. Pour Ibrahim Issa Diallo, leur chef, pas question d’attendre une hypothétique intervention internationale qui débuterait au mieux en 2013. « On ne peut pas toujours attendre, ce n’est pas possible ! s’emporte-t-il. Nous allons tenter quelque chose si ça continue de prendre du temps. » Muni de quelques carabines et de fusils (il refuse d’en préciser le nombre), Diallo est persuadé qu’il peut faire reculer les jihadistes avec ses 800 recrues. Oubliant un peu vite que certains de ces combattants sont soupçonnés d’accointances avec les islamistes. M.G.-B.

Le Front du refus (FDR, la coalition hostile au coup d’État du 21 mars) a manifesté son désaccord. « Pas question de négocier avec des gens qui ont le sang de Maliens sur les mains », a déclaré sa vice-présidente, Fatoumata Siré Diakité. Même chose pour Yèrè wolo ton, une association membre de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam, soutien de la junte) qui avait appelé à manifester le 22 novembre, réclamant la démission du Premier ministre. Pour eux comme pour beaucoup, il n’est pas envisageable de discuter avec ceux qui ont pris les armes. « Un groupe veut l’indépendance, l’autre l’application de la charia… Ni l’une ni l’autre ne sont possibles. De quoi peut-on discuter ? » s’emporte Ousmane Sylla, commerçant à Bamako.

Quant à l’intervention militaire, rien ne dit qu’elle pourrait débuter rapidement. Le 19 novembre, Romano Prodi, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon au Sahel, a affirmé que rien ne serait possible avant septembre 2013. Un audit de l’armée malienne, mené par des experts internationaux, vient à peine de commencer, et les 250 formateurs européens ne seront pas là avant la fin de l’année. Ils devront former quatre bataillons de soldats maliens (2 600 hommes) à l’École militaire interarmes (Emia) de Koulikoro, avant leur départ pour le front.

En attendant, la nuit tombe sur Sévaré. Huit militaires entassés dans un pick-up patrouillent à vitesse réduite. Au Fiesta Club, l’un des derniers « bars branchés » encore ouverts, on boit des bières, on danse, mais dans quelques heures la tension grimpera de nouveau. Ici, désormais, on se réveille au bruit des armes automatiques.

Jeuneafrique.com Par Malika Groga-Bada, envoyée spéciale

Tunisie : plus de 150 blessés à Siliana lors de violences entre manifestants et policiers

novembre 28, 2012

À Siliana, les policiers ont fait usage de balles d'une matière non identifiée. À Siliana, les policiers ont fait usage de balles d’une matière non identifiée. © Fethi Belaid/AFP

Pour la deuxième journée consécutive, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, mercredi 28 novembre, à Siliana, en Tunisie. Le bilan provisoire faisait état de plus de 150 blessés, selon une source hospitalière.

Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés dans la matinée de mercredi pour poursuivre leur grève générale, entamée la veille, afin d’exprimer leur ras-le-bol de la pauvreté persistante et leur volonté de voir le gouverneur de la région, Ahmed Zine Mahjoubi, quitter son poste. Ce dernier est critiqué pour son incapacité à relancer l’économie et le développement des infrastructures. Ils exigeaient également la libération de 14 personnes arrêtées lors d’une première grève générale en avril 2011, et dont le jugement se fait toujours attendre.

Un médecin de l’hôpital de Siliana, ville située à 120 km au sud-ouest de Tunis, a indiqué que plus de 150 manifestants étaient traités dans son établissement suite aux affrontements qui ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants. Quatre autres personnes blessées ont été transférées vers la capitale a indiqué le médecin, sans toutefois préciser la gravité de leurs blessures.

En colère contre la pauvreté

En début d’après-midi, mercredi, les affrontements se poursuivaient toujours, les manifestants lançant des pierres et les policiers de la garde nationale faisant usage de gaz lacrymogènes. Des chars blindés circulaient dans les rues, alors que des manifestants avaient réussi à en bloquer certains avec des barricades.

« Les habitants de Siliana les plus touchés par la pauvreté ne se mettront jamais à genoux », a déclaré le secrétaire général du bureau régional de la centrale syndicale à Siliana, Néjib Sebti, ajoutant qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour la défense de leurs droits. Et d’ajouter que les forces de l’ordre avaient tiré des coups de semonce et usé de gaz lacrymogène et de balles faites d’une matière encore non identifiée.

L’Intérieur « préoccupé »

Le ministère de l’intérieur n’a pas souhaité commenter ces événements, tandis que le cabinet du Premier ministre a déclaré être préoccupé par les manifestations dans les lieux publics de Siliana. Il a aussi déploré le recours à la violence des protestataires à l’encontre des forces de l’ordre, de même que les tentatives d’endommager les biens publics et de s’en prendre aux sièges de la souveraineté.

La veille, des violences similaires avaient secoué Siliana, alors que les autorités avaient eu recours à des balles de caoutchouc pour disperser la foule, faisant 24 blessés. Malgré qu’il ait été approuvé par les syndicats et différents partis politiques, le rassemblement pacifique avait rapidement été réprimé par les autorités dépêchées sur place.

La région de Siliana, à l’instar de la plupart des régions du centre de la Tunisie, est marquée par une grande pauvreté. Des données officielles indiquent que les investissements y ont baissé de près de 45% entre janvier et octobre 2012, en plus d’un recul dans la création d’emploi de 66%, par rapport à la même époque de l’année précédente.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie : un imam salafiste appelle au jihad contre le gouvernement

novembre 2, 2012
Nasreddine Aloui tenant des propos d'incitation au merutre sur Ettounsiya, jeudi 1er novembre. Nasreddine Aloui tenant des propos d’incitation au merutre sur Ettounsiya, jeudi 1er novembre. © DR

L’émotion est vive en Tunisie, où la violence est encore montée d’un cran, jeudi 1er novembre au soir. Sur la chaîne Ettounsiya, l’imam salafiste de la mosquée Ennour, dans la banlieue de la Manouba à Tunis, Nasreddine Aloui, a appelé la jeunesse à mourir en martyr pour lutter contre le gouvernement.

En Tunisie, c’est un choc. Jeudi 1er novembre au soir, au cours d’une émission télévisée de la chaine Ettounsiya et devant deux ministres, l’imam salafiste Nasreddine Aloui n’a pas hésité à appeler les jeunes tunisiens à se préparer à mourir pour lutter contre le pouvoir. « J’ai préparé mon linceul après la mort de deux martyrs et j’appelle les jeunes du réveil islamique à faire de même car le mouvement Ennahdha et d’autres partis politiques veulent des élections sur les ruines et les cadavres du mouvement salafiste », a lancé le nouvel imam de la mosquée Ennour, dans la banlieue de la Manouba, à Tunis, en brandissant un drap blanc à la caméra.

Son prédécesseur est l’un des deux militants salafistes tués par les forces de l’ordre mardi, en riposte à une attaque contre deux postes de la garde nationale. « Je vais faire la guerre à ces gens là, a-t-il poursuivi, car le ministre de l’Intérieur et les dirigeants d’Ennahdha ont choisi les États-Unis comme leur bon dieu, ce sont [les Américains, NDLR] qui écrivent les lois et préparent la nouvelle Constitution », a-t-il martelé, toujours lors de son passage en direct à l’antenne.

« Des mots comme des balles »

« Ce genre de discours est en partie responsable du sang versé, tu ne réalises pas que tes mots sont comme des balles. Je suis surpris de ton refus de l’autre », a riposté Ali Larayedh, le ministre tunisien de l’Intérieur. Également présent sur le plateau, Samir Dilou, ministre tunisien des droits de l’Homme, a  surenchéri : « Tu n’es pas digne d’être un imam, ce discours est de l’incitation à la haine ».

Le porte-parole d’« Ansar al-charia », dont le leader est recherché pour avoir appelé à prendre d’assaut l’ambassade américaine, le 14 septembre dernier, a cependant essayé d’éteindre l’incendie provoqué par les paroles de l’imam Alaoui. « La Tunisie est une terre de prédication et non de jihad », a déclaré Abou Iyed, sur l’antenne d’Express-FM. Et de souligner que, selon lui, « le mouvement salafiste est victime d’une répression systématique. (…) On doit prendre en compte la situation psychologique de nos frères [comme l’imam de la mosquée Ennour, NDLR] parce qu’ils ont eu deux martyrs », a-t-il essayé de relativiser.

Selon le ministre des Affaires religieuses, Noureddine El Khadmi, une centaine de mosquées tunisiennes sont sous le contrôle d’islamistes radicaux. Il a rejeté l’appel à la violence de Nasreddine Aloui, tout en soulignant l’irresponsabilité de ce dernier, dont la nomination n’a pas relevé de son ministère, a-t-il souligné. Une enquête a été ouverte par les autorités tunisiennes contre l’imam de la mosquée Ennour pour incitation à la haine.

Jeuneafrique.com avec AFP