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Le G7 refuse de payer le gaz russe en roubles

mars 28, 2022

Gazprom fournit environ 40 % du gaz importé de l’Europe. Photo: Reuters/Maxim Shemetov

Les ministres de l’Énergie du G7 rejettent l’exigence du président russe, Vladimir Poutine, d’un paiement en roubles du gaz russe vendu par Moscou aux pays « inamicaux », a déclaré lundi le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, après des discussions avec ses homologues.

Tous les ministres du G7 se sont accordés sur le fait qu’il s’agissait d’une rupture unilatérale claire des contrats existants, a-t-il dit après une réunion en visioconférence.

Ils ont souligné une nouvelle fois que les contrats conclus étaient valides et que les entreprises devaient les respecter […]. Le paiement en roubles est inacceptable et nous appelons les entreprises concernées à ne pas se plier à l’exigence de Poutine, a-t-il ajouté.

La tentative de Poutine de nous diviser est évidente, mais comme vous pouvez le constater au vu de cette grande unité et de cette détermination, nous ne nous laisserons pas diviser.

La semaine dernière, le président russe a demandé à ce que les pays jugés inamicaux payent leurs achats de gaz et de pétrole russes en roubles, la monnaie nationale russe.

Le Kremlin a donc demandé au gouvernement, à la banque centrale russe et à Gazprom, qui fournit 40 % du gaz importé dans l’Union européenneUE, de lui soumettre d’ici au 31 mars des propositions visant à permettre le règlement en roubles.

Nous n’allons pas fournir de gaz gratuitement, c’est très clair, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, pendant une conférence téléphonique.

Dans notre situation, il n’est ni possible ni approprié de faire de la charité, a-t-il ajouté.

Cette décision du Kremlin vise à soutenir la monnaie nationale russe sur les marchés alors qu’une partie des réserves de la banque centrale est bloquée par les sanctions décrétées par les pays occidentaux en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Les pays membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, qui sont de gros importateurs d’hydrocarbures russes, se sont fixé comme objectif de s’en passer totalement d’ici à 2027. D’ici la fin de l’année, ils ambitionnent même de couper leur dépendance du deux tiers.

Vendredi, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient faire en sorte de fournir 15 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié à l’Union européenneUE cette année, soit 10 % du gaz russe qu’elle importe. Les usines de liquéfaction américaine tournant déjà à plein régime, ces livraisons se feront au détriment d’autres pays, ont cependant souligné plusieurs experts.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Poutine conclut avec Xi Jinping un énorme contrat de fourniture de gaz à la Chine

mai 21, 2014

Shanghai – Le président russe, Vladimir Poutine, a conclu mercredi avec son homologue chinois, Xi Jinping, un énorme contrat d’approvisionnement gazier à la Chine, évalué à 400 milliards de dollars, à l’heure où l’Europe s’inquiète des livraisons de Moscou sur fond de crise ukrainienne.

Les deux chefs d’Etat ont signé à Shanghai ce méga-contrat entre le géant énergétique chinois CNPC et le russe Gazprom, finalisé après une décennie de pourparlers et devant prendre effet à partir de 2018, pour 30 ans.

Le volume livré à la Chine augmentera progressivement, jusqu’à 38 milliards de m3 par an, a précisé CNPC dans un communiqué.

La signature de cet accord intervient quelques heures après que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé Vladimir Poutine à respecter son engagement de poursuivre les livraisons de gaz à l’Europe. Moscou menace de couper les approvisionnements de gaz à l’Ukraine le 3 juin en raison des impayés de Kiev.

L’accord russo-chinois porte sur un montant de 400 milliards de dollars, ce qui correspond à un prix de 350 dollars le millier de mètres cube, ont précisé les médias publics russes, citant le patron de Gazprom, Alexeï Miller.

Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à la signature de ce contrat (…) qui sera bénéfique pour les deux parties (et) a été signé à des conditions économiquement bénéfiques à la partie russe et à Gazprom, a assuré M. Miller à la télévision russe.

C’est un nouvel accomplissement majeur dans la coopération énergétique stratégique entre les deux pays, s’est félicité CNPC.

Pékin, soucieux de garantir ses sources d’approvisionnement énergétique, avait engagé depuis plus de dix ans des négociations avec Moscou, qui était quant à lui désireux de s’assurer pour Gazprom des débouchés sur le gigantesque marché chinois.

Selon des chiffres officiels, la Chine – premier pays consommateur d’énergie du monde – a importé l’an dernier 53 milliards de m3 de gaz naturel, soit un bond de 25% sur un an.

Mais les discussions ont longtemps achoppé sur le prix du gaz. Aucune confirmation officielle des montants avancés par les médias russes n’était disponible mercredi.

En outre, les termes d’un accord-cadre signé en 2009 prévoyaient que le volume de gaz livré par la Russie pourrait s’élever à terme jusqu’à près de 70 milliards de m3, un chiffre réduit de moitié dans l’accord final.

C’est un beau succès pour Poutine, qui pourra se targuer en rentrant à Moscou d’avoir réussi à conclure des négociations qui traînaient depuis plus de dix ans, a commenté Raffaello Pantucci, chercheur du Royal United Services Institute for Defence and Security Studies (RUSI), un institut britannique.

Au milieu des vives tensions avec les Occidentaux à propos de l’Ukraine, les Russes en particulier voulaient se sortir de ces discussions en Chine et prouver qu’ils avaient d’autres alternatives substantielles hors d’Europe pour écouler leur gaz, a expliqué M. Pantucci à l’AFP.

La menace russe d’interrompre ses livraisons à l’Ukraine inquiète l’Union européenne, qui importe le quart de son gaz de Russie et dont près de la moitié transite par l’Ukraine.

Tant que se poursuivent les discussions à trois, entre la Russie, l’Ukraine et l’UE, les livraisons de gaz ne devraient pas être interrompues. Je compte sur la Russie pour maintenir cet engagement, a écrit M. Barroso dans un courrier à M. Poutine rendu public mercredi par la Commission européenne.

Si on envisage le pire, de manière purement théorique, le gaz qui ne serait pas livré en Europe peut être envoyé (…) en Chine, avait déclaré le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, dans un entretien à l’agence Bloomberg, selon un extrait publié mardi sur le site du gouvernement russe.

Washington et Bruxelles ont déjà adopté des sanctions diplomatiques et économiques sans précédent contre des sociétés russes et des dizaines de personnalités russes dans le bras de fer diplomatique le plus intense entre Occidentaux et Russes depuis la chute de l’URSS.

Vladimir Poutine participait cette semaine à Shanghai à la quatrième édition de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (Cica), un forum de sécurité régionale, mais profitait également de sa venue pour mener des discussions sur le partenariat stratégique sino-russe.

Les deux pays, détenteurs d’un siège permanent et d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations Unies, ont souvent agi de concert et esquissé des rapprochements stratégiques face aux Occidentaux ces dernières années.

GAZPROM

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2014 14h54)

Ukraine: sous pression, Moscou hausse le ton

mars 7, 2014

Le ton continue de monter autour du sort de l’Ukraine. Des hommes armés brandissant des drapeaux russes ont de nouveau interdit l’accès à la Crimée à des observateurs de l’OSCE vendredi, tandis que le géant public russe Gazprom menaçait Kiev d’interrompre ses exportations.

Les 47 militaires non armés de 25 des 57 pays membres de l’OSCE sont arrivés près du village de Tchongar, l’un des deux points d’accès par la route à la péninsule.

Ces observateurs ont pour mission de tenter de faire retomber la tension en Crimée, où les forces russes encerclent des bases militaires ukrainiennes et où le Parlement local, pro-Moscou, a décidé de se séparer de Kiev et d’organiser le 16 mars un référendum de rattachement à la Russie.

La Russie a pour sa part critiqué l’OSCE, affirmant que les observateurs n’avaient pas attendu de recevoir une « invitation officielle » des autorités pro-russes de la péninsule avant de s’y rendre.

Menace sur les exportations de gaz

Par ailleurs Moscou, soumis à des sanctions économiques et diplomatiques des Etats-Unis et de l’Union européenne, a menacé d’avoir recours à l’arme énergétique. Le géant public russe Gazprom a mis en garde Kiev contre une interruption de ses exportations de gaz si le nouveau pouvoir ne s’acquittait pas de ses quelque deux milliards de dollars de dette au plus vite.

Le 1er janvier 2009, Gazprom avait suspendu l’approvisionnement de gaz à l’Ukraine en raison d’un différend commercial. Des pays de l’UE avaient été les premières victimes de ces représailles en pleine vague de froid.

Dizaines de milliers de manifestants

Et à Moscou, une manifestation de soutien aux habitants de Crimée aurait réuni plus de 65’000 personnes.

Sur la scène diplomatique, malgré d’intenses consultations depuis une semaine, Occidentaux et Russes n’ont pas réussi à trouver de porte de sortie.

Douze pays d’Europe centrale et du nord ont plaidé pour l’envoi d’une mission de l’UE en Ukraine. Cette déclaration intervient alors que le Parlement russe a assuré vendredi qu’il soutiendrait le « choix historique » de la Crimée au référendum qui proposera aux électeurs un rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie.

Romandie.com