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Le Rwanda met la pression sur Emmanuel Macron pour régler le contentieux lié au génocide

octobre 29, 2017

 

Interrogée par « Le Monde », la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, a exhorté la France à prendre « ses responsabilités ».

 

La chef de la diplomatie rwandaise Louise Mushikiwabo, en 2011. Crédits : TONY KARUMBA / AFP

Quelques jours après avoir rappelé son ambassadeur à Paris pour consultation, la ministre rwandaise des affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a donné une interview conjointe, dimanche 29 octobre à Kigali, à TV5 Monde, RFI et Le Monde. Elle a déclaré à cette occasion que l’interminable instruction portant sur l’attentat du 6 avril 1994, qui avait coûté la vie au président rwandais de l’époque Juvénal Habyarimana, ne saurait durer indéfiniment. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui coûta la vie à 800 000 Tutsi et Hutu modérés.

« Il y a un problème avec cette instruction sans fin, avec ces témoins de la 25e heure, avec ces juges qui succèdent aux juges, les Jean-Louis [Bruguière], les Jean-Marc [Trévidic]… Il faut que ce soi-disant procès se termine un jour. Et si la France ne le fait pas, nous allons le faire. »

« La France a l’occasion de se confronter à sa propre histoire »

Cette instruction, qui dure depuis bientôt deux décennies et qui a déjà été à l’origine d’une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali, est la source de la nouvelle crispation en cours. Les juges Nathalie Poux et Jean-Marc Herbaut ont en effet convoqué le ministre rwandais de la défense, James Kabarebe, pour une confrontation avec un nouveau témoin accusant l’ancienne rébellion tutsie, dirigée à l’époque par l’actuel président rwandais Paul Kagamé, d’être responsable du tir de missile ayant abattu l’avion présidentiel.

Mme Mushikiwabo voit dans ce développement judiciaire l’influence de « certains responsables [français] qui étaient les soutiens d’un régime qui a commis un génocide, et qui essaient depuis vingt-trois ans de cacher leurs traces, de brouiller les pistes ». Pour elle, « ce soi-disant procès n’a aucune raison d’être. Nous avons collaboré car nous voulions aller de l’avant. Mais on a trouvé du côté de la France une certaine arrogance ». La ministre n’accorde à la justice française aucune indépendance : « Comme par hasard, quand les relations politiques étaient bonnes [sous Nicolas Sarkozy], la justice avançait bien. Ce n’est pas de la justice, c’est de la politique. »

Mais, entre les lignes, la responsable rwandaise, très proche du président Paul Kagamé, laisse entendre que l’heure n’est pas – encore – à une nouvelle rupture. « Nous attendons de la France qu’elle prenne ses responsabilités. Ce n’est pas à coup de faux procès, de faux rapports qu’elle le fera. Nous, Rwandais, avons dû nous confronter à nous-mêmes, c’est au tour de la France de le faire », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter :

« Aujourd’hui, la France a l’occasion de se confronter à sa propre histoire par rapport au Rwanda. Nous avons toléré beaucoup, mais le moment viendra où la France devra accepter qu’elle a joué un rôle terrible. »

Emmanuel Macron vu comme une opportunité

A Kigali, l’élection d’Emmanuel Macron, trop jeune pour avoir eu des responsabilités au moment du génocide et considéré comme plus flexible sur les questions mémorielles depuis sa sortie en Algérie sur la colonisation – qualifiée de « crime contre l’humanité » –, est vue comme une opportunité d’ouvrir une nouvelle page dans les relations franco-rwandaises. Nicolas Sarkozy était venu en février 2010 à Kigali, où il avait reconnu de « graves erreurs » et un « aveuglement » de la France. Un geste apprécié mais jugé insuffisant par Kigali. « Le soutien, la participation, d’une manière ou d’une autre, à un génocide, on n’appelle pas ça un aveuglement », a estimé Louise Mushikiwabo dimanche.

Depuis 2010, les relations se sont à nouveau tendues, avec l’enlisement des diverses procédures en cours et le dépôt de nouvelles plaintes, comme celle, récente, visant la BNP pour avoir financé l’achat d’armes par le gouvernement hutu extrémiste en plein génocide malgré un embargo de l’ONU. Résultat, Paris n’a plus d’ambassadeur à Kigali depuis 2015.

Emmanuel Macron, dont le conseiller diplomatique, Philippe Etienne, avait déjà œuvré au rapprochement sous Nicolas Sarkozy, a marqué sa volonté d’entretenir de bonnes relations avec son homologue rwandais en le rencontrant en marge de l’assemblée générale de l’ONU en septembre. Il a aussi l’avantage de ne compter, ni dans sa formation politique, ni dans son gouvernement, d’acteur de la tragédie rwandaise, ce qui était le cas de Nicolas Sarkozy (avec Alain Juppé, ministre des affaires étrangères au moment du génocide) et de François Hollande (avec Hubert Védrine, proche du Parti socialiste, qui était alors secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand).

En France, une situation complexe

Mais l’enchevêtrement des procédures judiciaires et la mise en cause de plusieurs hauts responsables militaires français dans diverses instructions – l’actuel sous-chef d’état-major « opérations » français, Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash du 6 avril – risquent de contrarier la volonté de M. Macron de se livrer à un « aggiornamento » français sur le Rwanda.

D’autant que les relations entre l’institution militaire et le nouveau président se sont nettement dégradées depuis la démission fracassante du chef d’état-major Pierre de Villiers. Son successeur, François Lecointre, a participé à la très controversée opération militaro-humanitaire Turquoise, pendant les dernières semaines du génocide au Rwanda.

Mme Mushikiwabo ne semble pas se faire beaucoup d’illusions sur la capacité d’Emmanuel Macron à s’affranchir de cet héritage : « Un président peut avoir toute la bonne volonté du monde, il se retrouve avec un passif. C’est à lui de le gérer », a-t-elle lâché à l’attention de M. Macron

Lemonde.fr par Christophe Ayad (Kigali, envoyé spécial)

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Génocide des Tutsis au Rwanda: un  » Que sais-je » très polémique

octobre 11, 2017

Mémorial du Génocide à Kigali, au Rwanda, le 5 avril 2014 © Ben Curtis/AP/SIPA

Un petit ouvrage de vulgarisation consacré au génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda, paru en France et destiné notamment aux jeunes, a provoqué la controverse.

1. Les faits

« Ce génocide n’appartient pas qu’à l’histoire : il reste un enjeu politique contemporain (…). Les débats restent intenses, les oppositions, souvent violentes. » La quatrième de couverture du livre Le Génocide des Tutsi au Rwanda, de Filip Reyntjens mettait en garde. Et ça n’a pas manqué : l’ouvrage de 126 pages de ce constitutionnaliste belge, publié en avril 2017, a suscité la polémique.

Un collectif d’historiens, de militants et de journalistes a publié dans Le Monde du 26 septembre une tribune très critique intitulée « Rwanda : le « Que sais-je ? » qui fait basculer l’Histoire ».

D’autres militants et associations se sont fendus de publications et deux chercheurs, Claudine Vidal et Marc Le Pape sont venus soutenir Reyntjens sur un blog après parution de la tribune. Reyntjens, lui, a rédigé en réponse une tribune soumise au journal Le Monde et dont il ne sait pas encore si elle sera publiée.

2. C’est un livre à thèse

La collection Que sais-je ? dans laquelle il a été publié se donne pour mission la vulgarisation, ce qui sous-entend a priori l’objectivité scientifique la plus totale. Cette collection est particulièrement prisée par les jeunes étudiants et lycéens.

Pourtant, de longue date, Reyntjens a une lecture particulière du génocide. Selon ses détracteurs, il le banalise en le replaçant dans le cadre du conflit armé qui a opposé, d’octobre 1990 à juillet 1994, le Front patriotique rwandais (FPR, aujourd’hui au pouvoir au Rwanda), et le régime génocidaire, renvoyant dos à dos les organisateurs (hutus) du génocide et la rébellion (tutsie) qui les a combattus : « Il s’agit (…) de ne pas tomber dans l’autre travers, écrit-il : celui de considérer le génocide et les massacres au Rwanda comme une histoire de bons et de méchants. La réalité est qu’il s’est agi d’une histoire de méchants, (…) l’un recourant à la violence de masse pour sauvegarder le pouvoir [le régime extrémiste hutu], l’autre pour le conquérir [le FPR]. »

Or, cette thèse – qui tend à expliquer le génocide comme le fruit d’une guerre entre deux belligérants avides de pouvoir – est très critiquée. Pour les auteurs de la tribune, Reyntjens escamote ainsi la singularité du processus génocidaire. Et ces derniers d’énumérer diverses omissions de l’auteur : « la propagande antitutsi depuis 1959, la politique de discrimination, les pogroms, et même le rôle central de la Radiotélévision des Mille Collines, sont à peine évoqués. »

Pour eux, se dégage de la lecture du Que sais-je ? une vision tronquée du génocide, au final présenté comme le « fruit d’une intention sans généalogie et sans planification préalable… »

3. Son auteur est connu

Filip Reyntjens n’en est pas à son premier ouvrage sur le Rwanda. Il a longtemps fréquenté ce pays au temps du régime de Juvénal Habyarimana, où il avait ses entrées aussi bien dans les sphères gouvernementales que dans l’opposition intérieure de l’époque. À Kigali, une rumeur tenace fait même de lui le rédacteur occulte de la Constitution adoptée suite au coup d’État de l’ancien président hutu.

Filip Reyntjens n’a jamais caché, dans ses écrits comme dans ses nombreuses interventions publiques, son aversion pour le FPR, coupable selon lui – entre autres méfaits – d’avoir allumé une guerre civile en lançant une offensive sur le pays, depuis l’Ouganda, en octobre 1990. C’est notamment pour cela qu’il n’a plus remis les pieds au Rwanda depuis fin 1994.

Dans son « Que sais-je ? », Reyntjens expose sans détours cette animosité envers le FPR. Pour les auteurs de la tribune du Monde, d’ailleurs, « la thèse principale du livre » est celle-ci : « attribuer au FPR une responsabilité » – dans l’attentat du 6 avril 1994 contre Habyarimana, dans les massacres commis au Rwanda en 1994 puis en République démocratique du Congo à partir de fin 1996…

4. La polémique n’est pas nouvelle

Si Filip Reyntjens est connu des spécialistes du sujet, ses contradicteurs le sont aussi. C’est le cas notamment de Patrick de Saint-Exupéry, cofondateur de la revue XXI, signataire la tribune parue dans Le Monde, est un bon connaisseur du Rwanda, où il a effectué plusieurs reportages, pour Le Figaro, entre 1990 et 1994.

Son livre Complices de l’inavouable : La France au Rwanda, qui pointe du doigt les errements français durant le génocide, lui a notamment valu des poursuites en justice pour diffamation de la part d’officiers français ayant servi au Rwanda. Et ses articles très informés ont en partie été à l’origine de la création, en 1998, d’une Mission parlementaire d’information chargée d’enquêter sur le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

Du côté des signataires de la tribune, le livre de Filip Reyntjens est donc décrit comme le symptôme « de la confusion entretenue dans notre pays autour du génocide des Tutsis, au carrefour de représentations éculées des réalités africaines et d’une volonté de faire diversion pour éviter d’examiner les responsabilités des autorités françaises de l’époque dans ce crime. »

La controverse sur le mécanisme même de la machine génocidaire oppose deux écoles antagonistes depuis des années maintenant

Quant à Reyntjens, il évoque dans son livre les « relais à l’étranger » du FPR, semblant viser sans les nommer les auteurs de la tribune. Un joker maintes fois utilisé par l’intéressé à l’égard de ses détracteurs qui, selon lui, « qualifient souvent de « négationnistes », même s’ils ont toujours affirmé la réalité du génocide des Tutsis, ceux qui critiquent le régime de Kigali… »

La controverse sur le mécanisme même de la machine génocidaire oppose deux écoles antagonistes depuis des années maintenant. Pour l’une, un lien de causalité s’établit entre l’attentat du 6 avril 1994 et le génocide. Pour l’autre, le génocide a été planifié et pensé, en dehors de l’attaque. C’est aussi cette question qui traverse la polémique autour du Que sais-je ? Une polémique qui touche aux domaines politique, universitaire et juridique et qui n’est pas près de s’éteindre.

Jeuneafrique.com par

Génocide au Rwanda : les embarrassants secrets de la France

juillet 10, 2017

   

Les militaires français de l’opération Turquoise (ici à Gisenyi, au Rwanda, le 27 juin 1994) ont-ils reçu l’ordre de réarmer l’armée et les miliciens hutus auteurs des massacres ? © PASCAL GUYOT/AFP

La publication d’un nouveau témoignage et deux dépôts de plainte émanant d’ONG rouvrent le douloureux dossier du rôle de la France dans le génocide de 1994, au Rwanda, à travers son soutien matériel au gouvernement hutu.

En ont-ils discuté sous les ors de l’Élysée, le 14 mai, lors de l’entretien en tête à tête qui scellait leur passation de pouvoir ? François Hollande a-t‑il, ce jour-là, instruit Emmanuel Macron de ce dossier empoisonné qui depuis vingt-trois ans attise en France une controverse incandescente et provoque un embarras notable au sommet de l’État ? Un mois après son investiture, le nouveau président français est à son tour confronté à la polémique lancinante laissée en héritage à ses successeurs par François Mitterrand. Celle-ci peut se résumer en une simple question : entre avril et juillet 1994, les autorités françaises ont-elles apporté, en toute connaissance de cause, un soutien militaire aux organisateurs du génocide alors en train de se commettre au Rwanda contre les Tutsis ?

C’est dans les pages de la revue XXI que l’affaire vient de resurgir, tel un cadavre compromettant jeté au fond du lac Kivu et qui remonterait inexorablement à la surface malgré les poids censés le lester. Dans la dernière édition du trimestriel, son cofondateur, Patrick de Saint-Exupéry, livre un témoignage selon lequel les militaires français de l’opération Turquoise – lancée par Paris fin juin 1994 sous mandat humanitaire de l’ONU – auraient reçu l’ordre de « réarmer » les extrémistes hutus en déroute au moment où ceux-ci franchissaient la frontière vers l’actuelle RD Congo.

Une accusation glaçante

L’accusation est glaçante car, en juin 1994, nul ne pouvait ignorer qu’un génocide orchestré par les forces gouvernementales avait déjà causé quelque 800 000 victimes au pays des Mille Collines. Longtemps demeuré tabou, le mot s’était progressivement imposé pour décrire l’entreprise méthodique à l’œuvre en vue d’exterminer les Tutsis. Face à cette barbarie à ciel ouvert, sur fond de guerre civile entre l’armée hutue et la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR, désormais au pouvoir), le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté, le 17 mai précédent, un embargo sur les armes à destination des belligérants. À la même époque, à Paris, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avait alerté l’exécutif « sur l’importance des massacres commis surtout par les forces gouvernementales [hutues] ». Ces mêmes forces que des militaires français recevront l’ordre de réarmer un mois plus tard, selon XXI.

Le scénario avancé par la revue repose sur un unique témoignage, qui plus est anonyme : celui d’un haut fonctionnaire habilité secret-défense qui a été chargé, en 2015, d’examiner, dans le cadre d’une commission ad hoc, les dossiers d’archives de la présidence de la République relatifs au Rwanda pour la période 1990-1995. En avril 2015, François Hollande avait en effet annoncé qu’il entendait demander la « déclassification » des documents protégés contenus dans ces cartons, dans un souci de « transparence ».

C’est en procédant à cet examen minutieux que la source de XXI aurait eu accès à plusieurs documents contredisant la version française officielle. D’après le haut fonctionnaire, « au cours de l’opération Turquoise, ordre avait été donné de réarmer les Hutus qui franchissaient la frontière ». Une instruction contre nature qui aurait d’ailleurs conduit des officiers français à invoquer un « droit de retrait » afin de s’y dérober. Sur l’un de ces documents, il affirme en outre avoir « vu une note [manuscrite] dans la marge disant qu’il fallait s’en tenir aux directives fixées ». Son auteur serait Hubert Védrine.

Qui est le donneur d’ordre ?

À l’époque, cet intime de François Mitterrand est le secrétaire général de l’Élysée, chargé notamment d’assurer la liaison entre la présidence et le gouvernement d’Édouard Balladur, en cette période de cohabitation. S’il suit de près le dossier Rwanda, il n’a pas officiellement de fonction décisionnaire. Patrick de Saint-Exupéry reconnaît d’ailleurs n’être « pas en mesure de préciser qui est le donneur d’ordre initial » ayant réclamé ces livraisons d’armes. Depuis une semaine, faute d’« éléments précis » étayant l’accusation qui le vise – la revue ne cite pas directement les documents évoqués par sa source –, Hubert Védrine observe un silence circonspect. Contacté par Jeune Afrique, l’ancien ministre des Affaires étrangères se borne à assurer que « c’est impensable et insensé, a fortiori en période de cohabitation, qu’un secrétaire général de l’Élysée puisse donner un ordre de ce type ».

En soutenant sans réserve le régime hutu de Juvénal Habyarimana (à dr.), François Mitterrand (ici à Kigali, en octobre 1982) a laissé un héritage empoisonné à ses successeurs. © Alain Nogues/Sygma via Getty Images

 

Moins insensée, en revanche, est l’hypothèse insistante que des livraisons d’armes aux ex-Forces armées rwandaises (FAR) aient bien été assurées par Paris pendant le génocide. Dès la soirée du 8 avril 1994, deux jours après le début des massacres, alors que des avions militaires français atterrissent à Kigali pour évacuer les expatriés, un observateur de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (Minuar) assiste à un curieux manège sur le tarmac de l’aéroport, qu’il détaillera à son supérieur, le colonel belge Luc Marchal : « Le premier chargement se composait de trois avions. Deux de ces avions transportaient du personnel militaire ; dans l’autre, il y avait des munitions et des armes à destination de l’armée rwandaise. Ces cargaisons ont transité à peine quelques minutes sur l’aéroport : elles furent immédiatement chargées dans des véhicules et acheminées au camp [militaire] de Kanombe », relatera ce dernier.

En mai et juin 1994, en plein génocide, c’est un établissement français, la Banque nationale de Paris (BNP), qui accepte de procéder à d’importants virements destinés à des achats de matériel militaire et à des prestations de mercenaires, à partir notamment des comptes bancaires de la Banque nationale et de l’ambassade à Paris du Rwanda. À l’époque, d’autres banques occidentales refusent de procéder à de telles opérations au profit des organisateurs du génocide. Connue de longue date, l’affaire vient de revenir sur le devant de la scène avec le tout récent dépôt de plainte de trois ONG – le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, Ibuka-France et Sherpa – contre BNP Paribas pour « complicité de génocide ».

À la même époque, comme le révélera Human Rights Watch (HRW), cinq livraisons d’armes sont effectuées par la France à Goma. Le consul de France honoraire dans cette ville congolaise frontalière du Rwanda livre à l’ONG une confirmation accablante sur leur destination finale. « [Il] a justifié les cinq livraisons en expliquant qu’elles correspondaient à l’exécution de contrats négociés avec le gouvernement rwandais avant l’embargo sur les armes », écrit HRW. Une fois le rapport paru, le consul honoraire contestera la teneur des déclarations qui lui sont prêtées. Plus étonnant est le démenti apporté à l’époque par le ministère français de la Coopération, qui reconnaît la réalité de ces livraisons tout en prétendant que les armes étaient en fait destinées aux contingents africains censés épauler l’opération Turquoise. Pourtant, aux dates évoquées, cette opération n’avait encore aucune existence.

Des camions chargés d’armes

En outre, en avril 2014, Jeune Afrique a recueilli le témoignage d’un ancien officier français ayant participé à Turquoise. À l’époque capitaine, Guillaume Ancel affirme avoir été le témoin direct du réarmement de l’armée génocidaire en déroute. « Vers la mi-juillet, nous avons vu arriver une colonne de camions civils. Instruction a été donnée de charger les conteneurs d’armes sur ces camions, qui les ont emmenées ensuite au Zaïre pour les remettre aux forces gouvernementales rwandaises. On m’a même suggéré d’occuper les journalistes pendant ce temps pour éviter qu’ils s’en rendent compte », témoignait-il.

En octobre 1994, Képi blanc, magazine consacré à « la vie de la Légion étrangère », immortalisait le réarmement des « forces de sécurité rwandaises » par des soldats français. © DR

Autant de pièces de puzzle qui font dire à Patrick de Saint-Exupéry que le témoignage qu’il vient de dévoiler, bien que couvert par l’anonymat, « s’inscrit dans un contexte » qui le crédibilise. Un ancien collaborateur de François Hollande, qui a suivi de près l’opération de déclassification des archives Rwanda, assure au contraire que « jamais la teneur de ce témoignage n’a été évoquée devant la commission ad hoc ». Et il ne dissimule pas son scepticisme face aux récentes révélations, qualifiées d’« erreur manifeste grave ».

Quatrième héritier présidentiel du fruit empoisonné, Emmanuel Macron avait 16 ans en avril 1994. Le 7 avril, à l’occasion de la commémoration du génocide, il a twitté un message de solidarité aux « victimes et [à] leurs proches ». Et le 10 juin, à Oradour-sur-Glane, il a mentionné le Rwanda dans son discours. Au même endroit, le 10 juin 1994, François Mitterrand avait lui aussi rendu hommage aux martyrs d’Oradour, tandis que sur les mille collines le génocide battait son plein. Mais le mot « Rwanda » ne fut pas prononcé.

Jeuneafrique.com par

Rwanda: BNP Paribas visée par une plainte pour « complicité de génocide »

juin 29, 2017

L’association anticorruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France déposent une plainte avec constitution de partie civile visant BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l?humanité » / © AFP/Archives / Philippe HUGUEN

La BNP a-t-elle participé au financement d’armes pendant le génocide au Rwanda en 1994 ? C’est la lourde accusation de trois associations, qui déposent jeudi à Paris une plainte inédite contre la banque française, pour « complicité de crimes contre l’humanité ».

Vingt-trois ans après les massacres, alors que l’attitude des autorités françaises fait toujours l’objet de vives controverses et d’âpres batailles judiciaires, c’est pour la première fois une banque française qui se retrouve au coeur des soupçons de complicité.

L’association anticorruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France accusent le groupe bancaire d’avoir autorisé des transferts de fonds de la Banque nationale du Rwanda (BNR) destinés à un courtier en armement sud-africain en juin 2014, pendant le génocide et alors que l’ONU avait décrété un embargo sur les armes depuis un mois.

A partir d’avril 1994, quelque 800.000 personnes, en immense majorité des Tutsi, avaient été massacrées en une centaine de jours, dans des tueries déclenchées après la mort du président hutu Juvénal Habyarimana dans un attentat contre son avion.

« Nous apprenons par voie médiatique le dépôt d’une plainte », a déclaré un porte-parole de BNP Paribas joint par l’AFP. « A l’heure actuelle, nous ne disposons pas des éléments suffisants pour être en mesure de la commenter ».

Les associations affirment que la BNP a autorisé, les 14 et 16 juin 1994, des transferts de fonds pour plus de 1,3 million de dollars (1,14 million d’euros) du compte que la BNR détenait chez elle vers le compte en suisse de Willem Tertius Ehlers, propriétaire sud-africain d’une société en courtage d’armes.

– 80 tonnes d’armes –

Le lendemain, M. Ehlers et le colonel Théoneste Bagosora, un militaire hutu considéré comme le théoricien du génocide des Tutsi, et depuis condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), auraient conclu aux Seychelles une vente de 80 tonnes d’armes, qui auraient ensuite été acheminées à Gisenyi au Rwanda, via l’aéroport zaïrois de Goma, selon les associations.

« Selon les nombreux témoignages et rapports d’enquête joints à la plainte, la BNP aurait eu nécessairement (…) conscience que ce transfert pouvait contribuer au génocide en cours », affirment les plaignants dans leur communiqué.

A l’appui de leur procédure, ils invoquent le témoignage d’un cadre de la Banque Bruxelles Lambert (BBL) dont l’établissement aurait, lui, rejeté la demande de la banque rwandaise, se refusant à violer l’embargo.

Cette plainte avec constitution de partie civile pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » est destinée à être instruite au pôle génocide et crimes de guerre du tribunal de grande instance de Paris, où se trouvent déjà 25 dossiers liés au génocide au Rwanda.

« C’est la première fois qu’une plainte » est déposée pour de telles qualifications contre une banque en France, d’après les plaignants.

En parallèle, ceux qui accusent les autorités françaises d’avoir abandonné aux massacres de nombreux civils tutsi tentent une nouvelle procédure.

Mercredi, l’association Survie, dont une précédente plainte a été classé sans suite à l’automne, en a déposé une autre avec constitution de partie civile, visant ces mêmes chefs de « complicité ». Révélée par Le Parisien et Radio France, elle cible à nouveau les responsabilités des autorités et des militaires français, accusés d’avoir livrer des armes au gouvernement génocidaire rwandais.

Des accusations anciennes, également relayées dans un article du dernier numéro de la revue XXI qui affirme que l’Elysée a ordonné aux militaires français de la force Turquoise de réarmer les génocidaires.

Le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de cette force déployée le 22 juin 1994 au Rwanda sous mandat de l’ONU, a vigoureusement démenti ces accusations. Placé sous le statut de témoin assisté dans l’enquête à Paris sur ce dossier, le général a dénoncé « avec la plus grande fermeté ce type de sortie médiatique, aussi invraisemblable qu’irresponsable ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2017 12h50)                

France2-Congo: Émission spéciale sur la guerre du Pool jeudi 25 mai

mai 18, 2017

Le jeudi 25 Mai 2017, le monde entier sera au courant du génocide à huis-clos que Denis Sassou Nguesso et ses hommes sont entrain de commettre dans le POOL.

Suivez l’émission reportage sur la crise du Pool , après envoyé spécial ! Le jeudi 25 Mai 2017 au soir sur France 2.

Brazzanews avait qu’ il y à GÉNOCIDE dans le POOL, aujourd’ hui on lui donne raison. Certains congolais n’ont pas encore compris jusqu’aujourd’hu que BrazzaNews est un prophète.

Regardez cette photo capturée par les experts de la CPI ( Cour pénale internationale) qui étaient discrètement dans le Pool pour enquêter .

 

Congo/Génocide du Pool: les corps se ramassent à la pelle

avril 28, 2017

Les FAC et milices de Sassou sont ingénieuses dans le mal

Les dépouilles des civils abattus innocemment dans le pool sont ramenées en catimini à Brazzaville à bord de deux hélicoptères militaires pour être enterrées nuitamment. Cette manœuvre vise à cacher de potentiels charniers dans le Pool.

Un militaire ayant pris part à cette manœuvre, pris de remords, s’est confié à BrazzaNews en ce termes: « Je regrette de l’avoir fait mais je n’ai pas le choix. On peut m’éliminer. Si je te le dis c’est que je sais que c’est pas bien mais je n’ai pas le choix. Je ne peux pas refuser. Je garde juste mes preuves qui vont sortir tôt ou tard. L’affaire des Disparus du Beach c’est rien. Nous on a tout gardé, on a nos preuves. Les officiers vont tomber mais pas nous. »

En outre des éléments appartenant au général Ndenguet s’étaient rendus par la route dans le Pool pour récupérer à la fois des corps mais aussi des individus non identifiés qu’ils ont ramené à la maison d’arrêt. Par exemple des femmes arrêtées au marché de Kinkala, parce que soupçonnées de vendre des produits vivriers à des ninjas. D’autres tout simplement pour s’être plaintes de la présence des soldats dans leurs domiciles.

Les miliciens de Sassou se sont effectivement installés dans des domiciles obligeant les propriétaires à supporter cette cohabitation forcée. C’est une manière pour eux de se servir des villageois comme de boucliers humains au cas où leurs positions subiraient une attaque des résistants ninjas.

Même le long de la route qui mène de Mafouta (après le pont du Djoué) à Kinkala, les milices du pouvoir tiennent des positions à l’intérieur des domiciles des particuliers.

Avec Brazzanews.fr

Rwanda : un ex-chef de milice condamné à la perpétuité pour son rôle dans le génocide

avril 21, 2017

Audition d’un ancien chef hutu à la CPI à La Haye en 2011 © JERRY LAMPEN/AP/SIPA

Bernard Munyagishari, un ancien chef de milice dans la province de Gisenyi, dans le nord-ouest du Rwanda, a été condamné ce jeudi à la prison à vie par un tribunal de Kigali pour son implication dans le génocide des Tutsis en 1994.

La Haute Cour à Kigali a déclaré coupable ce jeudi 20 avril Bernard Munyagishari de crimes de génocide et de meurtres constitutifs de crimes contre l’humanité. Il a en revanche été acquitté du crime de viol.

Né en 1959, l’homme « a été condamné à la prison à perpétuité […] ; il a 30 jours pour faire appel », a déclaré à l’AFP le porte-parole des Cours et tribunaux du Rwanda, Emmanuel Itamwa, après le verdict.

Bernard Munyagishari était en 1994 président pour la préfecture de Gisenyi des tristement célèbres extrémistes hutu Interahamwe, l’aile de la jeunesse du parti présidentiel de l’époque (MRND) et fers de lance du génocide.

Commune rouge

Il était poursuivi pour des faits qui se sont déroulés en 1994 en différents endroits de la préfecture de Gisenyi, notamment au cimetière connu sous le nom de Commune rouge, où les Tutsis étaient jetés dans des fosses communes pendant le génocide, qui a fait environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994 selon l’ONU.

La Cour a suivi le procureur, qui avait requis la peine maximale le 21 février alors que la défense avait plaidé l’acquittement.

L’ex-chef de milice est le deuxième accusé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) transféré au Rwanda après le pasteur pentecôtiste Jean Uwinkindi. Celui-ci a fait appel, après avoir été condamné lui aussi à la perpétuité en première instance.

Jeuneafrique.com avec AFP

Namibie: recours collectif indigène contre l’Allemagne pour génocide présumé

janvier 6, 2017

New York – Deux groupes de population indigène de Namibie ont déposé devant un tribunal de New York un recours collectif contre l’Allemagne pour obtenir réparations d’un génocide présumé durant la période coloniale.

Le recours collectif, déposé jeudi par des associations de populations Héréro et Nama, demande également que leurs représentants participent aux négociations à ce sujet entre l’Allemagne et la Namibie.

Berlin et Windhoek négocient actuellement une déclaration commune dans laquelle l’Allemagne entend s’excuser des massacres dans son ancienne colonie africaine. Mais Berlin considère ne pas avoir à verser de dédommagements compte tenu de l’aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990.

Les plaignants ont souligné que le recours était déposé au nom de tous les Héréros et Namas dans le monde, à la recherche de réparations et de compensations pour le génocide subi, selon eux, durant la période coloniale allemande.

Ils réclament également une reconnaissance officielle de leurs droits et l’assurance qu’aucun règlement de soit conclu sans leur assentiment.

A Berlin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter cette plainte dont il n’a pas pris connaissance, mais a indiqué que les négociations lancées il y a deux ans avec la Namibie visaient à dégager une voie commune pour le futur.

Les discussions avec la partie namibienne se déroulent bien de notre point de vue. Les pourparlers ne sont pas faciles car le sujet est délicat, mais ils se tiennent dans un esprit de confiance et de compréhension mutuelle, a ajouté le porte-parole Martin Schaefer.

Selon le recours déposé à New York, entre 1885 et 1903, un tiers des terres des Héréros et des Namas ont été saisis sans compensation par les colons allemands, avec le consentement explicite des autorités allemandes.

Le recours dénonce également la répression des soulèvements populaires par les autorités allemandes en 1904-1905 qui a provoqué la mort de quelque 100.000 membres des peuples héréro et nama et est souvent considérée par les historiens comme le premier génocide du 20e siècle.

Parmi les plaignants figurent notamment Vekuii Rukoro, considéré comme le chef du peuple héréro, David Frederick, président de l’Association des autorités traditionnelles des Namas, et l’Association aux Etat-Unis du génocide héréro.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2017 13h45)

Génocide : la peine du premier Rwandais condamné en France confirmée en appel

décembre 3, 2016

Cet ex-officier de la garde présidentielle, âgé de 56 ans, a écopé de 25 ans de réclusion criminelle. Il a été reconnu coupable de génocide et complicité de crime contre l’humanité.

Pascal Simbikangwa, 56 ans, premier Rwandais à avoir été jugé en France en lien avec le génocide des Tutsi en 1994, quitant le tribunal de Bobigny, le 25 octobre 2016. Crédits : BERTRAND GUAY / AFP
Il est le premier Rwandais condamné en France en lien avec le génocide des Tutsi en 1994. La cour d’assises de Seine-Saint-Denis a confirmé samedi 3 décembre la peine de 25 ans de réclusion criminelle pour Pascal Simbikangwa qui n’a cessé de clamer son innocence. Après six semaines de débats, cet ex-officier de la garde présidentielle âgé de 56 ans a été reconnu coupable de génocide et complicité de crime contre l’humanité, comme l’avait demandé l’accusation, pour des faits qui se sont déroulés il y a 22 ans, à 6 000 kilomètres de distance.

Les avocats généraux avaient requis la confirmation de sa condamnation, soulignant ne pas pouvoir demander une peine plus lourde en raison d’une récente jurisprudence. En première instance en 2014, il avait déjà été condamné à 25 années de réclusion criminelle pour son rôle lors des massacres qui firent plus de 800 000 morts en cent jours à travers le Rwanda.

Ancien capitaine de la garde présidentielle reconverti dans la police politique après un accident qui l’a cloué dans un fauteuil en 1986, Simbikangwa était accusé d’avoir organisé des barrages routiers au passage desquels étaient filtrés et exécutés des Tutsi à Kigali, et d’avoir livré armes, instructions et encouragements aux miliciens extrémistes hutu qui les tenaient.

Un homme diabolisé selon la défense

« Ce jour, c’est le mien : ou bien c’est la liberté ou bien c’est encore le calvaire », avait affirmé Pascal Simbikangwa dans la matinée, avant que la cour ne se retire. Dernier à prendre la parole, l’accusé s’était exprimé longuement, en français, citant à nouveau les pièces de son dossier d’une vingtaine de tomes, comme il l’avait fait à de multiples reprises depuis le 25 octobre.

Selon lui, il a été « diabolisé » parce qu’il était « inconditionnel » du président hutu Juvénal Habyarimana, dont la mort dans un attentat le 6 avril 1994 avait été l’élément déclencheur du génocide.

Sa défense, qui demandait l’acquittement « pur et simple », avait estimé vendredi que ce procès n’avait eu « qu’un but » : « torpiller l’accusé », arrêté en 2008 à Mayotte pour trafic de faux papiers et détenu depuis 2009 au centre pénitentiaire de Fresnes, en région parisienne. Comme il a été « le premier Rwandais jugé en France, le premier accusé de génocide, il faut le condamner », avait déploré Me Epstein, disant comprendre son sentiment « d’être mal jugé, d’être un accusé politique ».

Pour la défense, la France essaie de s’acheter une « bonne conscience au rabais » avec ce procès. Kigali accuse régulièrement Paris d’avoir soutenu le régime génocidaire, puis protégé ses responsables dans leur fuite.

Lemonde.fr avec AFP

Rwanda: Kigali ouvre une enquête sur le rôle de Français dans le génocide

novembre 29, 2016

Le Rwanda a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête sur le rôle de vingt responsables français dans le génocide de 1994, selon le procureur général rwandais. Les relations entre les deux pays pourraient en être affectées.

« A l’heure actuelle, l’enquête porte sur 20 personnes qui, d’après les informations recueillies jusqu’à présent, sont tenues par l’Organe de poursuite (judiciaire) de permettre de mieux comprendre leur rôle et de décider s’ils elles seront poursuivies ou non », selon un communiqué du procureur général, Richard Muhumuza.

« Au fur et à mesure que les enquêtes se poursuivent, d’autres agents et/ou fonctionnaires français pourraient être appelés à assister l’Organe de poursuite dans le même sens », selon le texte. « Les autorités compétentes du gouvernement français ont été formellement engagées et le bureau du procureur général s’attend à ce que ces autorités compétentes veuillent bien coopérer tout au long de cette enquête judicaire sur la base de l’offre de la réciprocité ».

Cette décision de la justice rwandaise devrait affecter les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Les deux pays se sont opposés depuis 22 ans à propos des accusations sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 ayant abouti à la mort de 800’000 Tutsi et Hutu modérés.

La tension entre les deux pays a notamment pour origine le rôle avant le génocide de la France qui était alliée du régime hutu de Juvénal Habyarimana. L’avion du président rwandais Habyarimana avait été abattu le 6 avril 1994. Cet attentat avait été suivi par cent jours de génocide dans le pays.

Romandie.com avec(ats / 29.11.2016 21h24)