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Les migrants, otages de la géopolitique franco-maghrébine

août 25, 2022

La gestion des flux ininterrompus et mortifères de clandestins aux portes de l’Europe inspire un rapprochement entre l’Union européenne et d’autres nations méditerranéennes, particulièrement le Maroc.

© Damien Glez

Pandémie, hostilités nationalistes, trafics de plus en plus crapuleux, statistiques macabres, concentration de la compassion occidentale sur les Caucasiens d’Ukraine : rien ne semble tarir le flux des migrants africains, en particulier en cette saison où la canicule est censée rendre la Méditerranée moins glaciale. Entre le 13 et le 16 août dernier, la Tunisie annonçait avoir « intercepté ou secouru » plus de 700 candidats à l’exil européen. Près des côtes algériennes, ce sont six migrants qui mouraient, le 8 août, après le naufrage de leur embarcation.

Après la tragédie marocaine du 23 juin qui coûta la vie à 23 clandestins, selon les autorités, lors d’une tentative d’entrée massive dans l’enclave de Melilla, et alors que débutait, le 17 août, le procès de 28 demandeurs d’asile dans la ville marocaine de Nador, l’Union européenne prévoyait, selon l’organe de presse espagnol El Pais, de verser près de 500 millions d’euros au royaume chérifien.

Le nouveau gendarme de l’immigration

Une aide « pour renforcer les actions dans la lutte contre l’immigration clandestine » qui conduit une certaine presse européenne à écrire que l’Europe tente de faire du Maroc le nouveau gendarme de l’immigration. Mais ces « barrières » ne décourageront pas les vocations à l’exil clandestin. Des observateurs suggèrent que les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla soient rétrocédées, à terme, au Maroc, afin de compromettre leur pouvoir « magnétique ». Mais est-ce l’Occident qui est aimantée ou l’Afrique qui est répulsive ?

Par ailleurs, les vies de clandestins n’échouent pas qu’aux abords des plages filmées par les caméras de chaînes de télévision internationales. Mi-août, des forces conjointes soudano-libyennes annonçaient la découverte de 20 corps à la frontière avec la Libye. Venus de l’État du Nord-Darfour, ces déplacés n’auront pas humé les embruns de la Méditerranée…

De même, le calvaire des clandestins ne trouve pas toujours son terme, une fois la mer passée. Le 9 août dernier, un Sud-Soudanais de 22 ans se noyait dans un canal de la commune française de Loon-Plage. Un autre visage des tragédies migratoires…

Avec Jeune Afrique

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le pétrole monte un peu avec le risque géopolitique

septembre 11, 2018

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole montaient un peu mardi en cours d’échanges européens, dopés par le risque géopolitique au Moyen-Orient à l’approche d’une réunion de suivi de l’Opep.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 77,85 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 48 cents par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’octobre prenait 22 cents à 67,76 dollars une heure après son ouverture.

L’écart entre le prix du Brent, référence internationale, et le WTI américain, se creusait au-dessus de dix dollars pour la première fois depuis deux mois et demi.

« L’attention des marchés se focalise à nouveau sur la géopolitique, avec l’attaque du siège de la Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) » lundi, ont commenté les analystes de JBC Energy.

Par ailleurs, les exportations iraniennes continuent de diminuer en amont de l’application début novembre des sanctions américaines contre Téhéran visant directement son industrie pétrolière.

« Est-ce que la Russie et l’Arabie saoudite arriveront à compenser cette perte de l’offre, cela reste à voir », a commenté Hussein Sayed, analyste chez FXTM.

Alors que ces deux géants du pétrole menaient depuis fin 2016 l’effort de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs pour limiter l’offre et faire remonter les prix, ils ont repris leurs extractions de plus belle depuis juin pour éviter que l’escalade des cours ne pèse sur la demande.

Une réunion de suivi de l’accord est prévue fin septembre à Alger, en présence notamment des ministres de l’Energie d’Arabie saoudite et de Russie. Leur homologue iranien, qui s’était opposé en juin à une hausse de la production qui permettrait à son rival saoudien de récupérer les parts de marché perdues par Téhéran à cause des sanctions américaines, sera également présent.

Aux Etats-Unis en revanche, les prix souffrent depuis le début du mois.

« Si certains doutaient de l’effet négatif de l’accumulation des stocks de brut à Cushing (terminal du sud de l’Oklahoma qui sert de référence au WTI), il suffit de regarder les cours », a jugé Tamas Varga, analyste chez PVM.

Selon lui, si le prix américain souffre du manque d’infrastructures permettant de transporter le pétrole de schiste produit dans le Sud vers les raffineries ou les ports, il pourrait être soutenu à court terme par des tempêtes tropicales.

Les autorités météorologiques américaines ont émis mardi une alerte à la montée des eaux sur une vaste portion de la côte est des Etats-Unis, à l’approche de l’ouragan Florence qui forçait l’évacuation de plus d’un million de personnes.

Les analystes prendront par ailleurs connaissance mercredi des données hebdomadaires sur les réserves des Etats-Unis arrêtées au 7 septembre, qui seront publiées par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA).

Les analystes s’attendent à un recul des stocks de brut de 2,25 millions de barils, à une hausse des stocks d’essence de 750.000 barils et à une montée des stocks d’autres produits distillés (gazole et fioul de chauffage) de 2 millions de barils, selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg.

Romandie.com avec(AWP / 11.09.2018 16h11)