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Liberia : le garde du corps de George Weah s’est-il vraiment suicidé ?

mai 15, 2021
Le président libérien George Weah durant le 30ème sommet annuel de l’Union africaine, le 28 janvier 2018.

La mort mystérieuse d’un membre de la garde rapprochée du président libérien George Weah alimente un climat déjà tendu dans le pays.

Depuis son élection, le 26 décembre 2017, il se trouve de moins en moins de personnes pour parler de l’ambitieux programme social, le « Pro Poor Agenda » (programme pour les pauvres), de l’ancienne star du football Georges Weah. De plus en plus critiqué, celui qui avait suscité l’espoir lors de sa prise de pouvoir est aujourd’hui comparé à Samuel Kanyon Doe, dont le régime brutal avait précédé la guerre civile à la fin des années 1980.

Devient-il dangereux de critiquer le président libérien ? La mort de Melvin Early, membre de la garde rapprochée du chef de l’État, vient en tout cas alimenter les inquiétudes. Ce garde du corps de George Weah s’est officiellement suicidé le 19 février dernier, à proximité de la maison où séjournait le chef de l’État à Tappita, dans le comté Nimba (Nord).

Milice secrète ?

Il s’avère toutefois que Melvin Early était suspecté de déloyauté au sein du cercle présidentiel. Sa mort est-elle due à un suicide, comme l’a affirmé le gouvernement ? Sa famille ne croit pas une seconde à cette thèse : selon ses proches, Melvin Early aurait été touché par trois balles : une à l’abdomen, une à la poitrine et la dernière à la tête.Read this article in english on 

Les doutes se font d’autant plus grands que le garde du corps ne serait pas le premier à avoir subi les conséquences d’une éventuelle défiance envers le président. En janvier 2020, des gardes du président avaient brutalement attaqué le journaliste Zenu Koboi Miller, mort des suites de ses blessures trois semaines plus tard. Depuis, les médias libériens, traditionnellement critiques vis-à-vis du pouvoir, semblent être moins prompt à tacler le régime en place.

En octobre 2020, quatre experts réalisant une mission d’audit des comptes du gouvernement sont morts, dans des circonstances étranges. Selon Africa Confidential, « beaucoup de Libériens pensent qu’il existe une milice secrète pour intimider ou éliminer les adversaires du président ».

Manque de confiance

Le 30 mars, le département d’État des États-Unis indexait le Liberia pour « des atteintes sérieuses aux droits humains », citant notamment « des restrictions à la liberté de la presse, dont des actes ou des menaces de violence contre les journalistes ». Le rapport américain condamnait également « des exécutions extra-judiciaires par la police » ainsi que des « cas de traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants de la part des forces de l’ordre ».

« Weah est dépeint par ses détracteurs comme une personne confuse, souffrant d’un manque de confiance en elle. La moindre offense, réelle ou perçue comme telle, provoque chez lui colère et menace », à la différence de sa prédécesseure Ellen Johnson Sirleaf, selon Africa Confidential.

Avec Jeune Afrique par The Africa Report

George Weah face aux caisses vides du Liberia

février 9, 2018

 

George Weah, lors de son investiture le 22 janvier 2018 à Monrovia. © Abbas Dulleh/AP/SIPA

Investi président du Liberia le 22 janvier, George Weah se retrouve à la tête d’un pays qui manque de fonds.

Selon l’entourage du président libérien, 75 millions de dollars sont nécessaires de façon urgente afin de pouvoir payer les salaires des fonctionnaires des trois premiers mois de l’année.

Contacts pris avec le FMI et la Banque mondiale

Plusieurs pays, dont la France où l’ancien attaquant doit rencontrer son homologue le 21 février, doivent être sollicités. Des contacts avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont en outre été immédiatement établis.

Le 6 février, une délégation de la Banque mondiale, conduite par son responsable régional Henry Kerali, s’est ainsi entretenu avec Jewel Award-Taylor, la vice-présidente.

Face aux espoirs, George Weah a commencé son mandat de six ans avec l’annonce de plusieurs mesures symboliques. Lors de son premier discours sur l’État de l’union, fin janvier, il a annoncé une baisse « avec effet immédiat » de 25% de son salaire et appelé les parlementaires devant lesquels il s’exprimait à suivre son exemple.

Pour attirer les investisseurs, il a également annoncé la suppression de plusieurs dispositions constitutionnelles, notamment l’interdiction pour les étrangers de posséder des biens fonciers.

L’ancien footballeur a été élu le 26 décembre avec 61% des voix, notamment grâce aux suffrages des jeunes et des quartiers populaires de Monrovia, d’où il est originaire.

Liberia: George Weah et le manoir hanté

février 2, 2018

 

George Weah ©

Le nouveau président du Liberia a décidé de ne pas s’installer dans le palais présidentiel. Il faut dire qu’une superstition veut que le lieu soit hanté…

Investi à la tête du Liberia le 22 janvier, George Weah ne s’est pas installé au palais présidentiel. Il partagera son temps entre sa résidence privée de Rehab Junction, où il a fait construire une annexe, et le ministère des Affaires étrangères, où Ellen Johnson-Sirleaf, son prédécesseur, avait déjà installé son bureau. Il a d’ailleurs engagé plusieurs milliers de dollars de frais de rénovation.

Le nouveau chef de l’État n’est pas insensible à la superstition qui veut qu’Executive Mansion soit hanté. Tous les présidents y ayant élu domicile ont connu une fin tragique. William Tubman y a succombé à une maladie (attribuée à une prophétie macabre). L’idée de malédiction s’est enracinée avec l’assassinat de William Tolbert, éventré par les soldats de Samuel Doe. Ce dernier y est mort en 1990, torturé par Prince Johnson. Et si Charles Taylor est toujours en vie, il a été condamné à cinquante ans de prison.

À son arrivée au pouvoir, en 2006, Ellen Johnson-Sirleaf a travaillé quelques mois à Mansion avant de profiter d’un incendie pour fuir les lieux. Depuis, une rénovation est en cours. Elle a été retirée au chinois CNQC en 2014 après que 10,5 millions de dollars se sont évaporés. L’italien Cesaf a pris le relais.

Jeuneafrique.com

Liberia: George Weah pourvoit les postes clés de son gouvernement

janvier 23, 2018

George Weah, lors de son investiture le 22 janvier 2018 à Monrovia. © Abbas Dulleh/AP/SIPA

Au lendemain de son investiture, ce lundi 22 janvier, le nouveau président libérien a nommé les premiers membres de son cabinet. Gbezohngar Findley, ancien proche de l’ex-présidente, devient ministre des Affaires étrangères.

George Weah sait que les attentes sont à la hauteur des espoirs suscités par son élection. Il sait qu’il doit aller vite. Moins de 24 heures après son investiture, la superstar libérienne a nommé les premiers membres de son cabinet. « Il fallait immédiatement pourvoir les postes clés, d’autres nominations suivront dans les prochains jours », confie un de ses conseillers.

Son nom circulait avec insistance depuis plusieurs jours : Nathaniel McGill, le président du parti présidentiel, le Congress for Democratic Change (CDC), depuis 2015, a été nommé ministre d’État en charge des affaires présidentielles. Il jouera le rôle de directeur de cabinet du nouveau chef d’État.

Gbezohngar Findley aux Affaires étrangères

Aux Affaires étrangères, c’est une autre figure de la politique libérienne qui a été nommée : Gbezohngar Findley est ancien sénateur du comté de Grand Bassa. Proche d’Ellen Johnson Sirleaf, il a quitté avec fracas en août dernier le Unity party (UP), celui de l’ex-présidente, pour rejoindre l’équipe de George Weah. Ce changement de bord avait alimenté les rumeurs sur le rôle trouble de Sirleaf pendant la campagne. Celle-ci a été soupçonnée de préférer ses opposants à son vice-président, Joseph Boakai, candidat de l’UP.

Samuel Tweah, un des piliers du CDC depuis la première campagne présidentielle de 2005, formé aux États-Unis et passé par la BAD, a lui été nommé ministre des Finances et du développement. Charles Gibson prend le portefeuille de la Justice, Lenn Eugene Nagbe est nommé au ministère de l’Éducation et George Werner aux Affaires intérieures.

Des postes sécuritaires à confirmer

Deux nominations, qui devront être confirmées par un vote du Sénat, ont eu lieu à des postes sécuritaires. Dans ce pays marqué par une sanglante guerre civile entre 1989 et 2003, le ministère de la Défense a été confié à Daniel Dee Ziankahn, l’ancien chef d’État-Major. Celui-ci est remplacé par le Général Prince Charles Johnson, qui, malgré l’homonymie, ne doit pas être confondu avec le sénateur Prince Johnson. Sanglant chef de milice, ce dernier est connu pour avoir assassiné l’ancien président Samuel Doe en 1990. Désormais sénateur, il a apporté un soutien crucial à George Weah pendant la campagne. Selon nos informations, deux postes ministériels doivent revenir à son parti.

Dans les prochains jours, le cabinet du président devrait continuer à s’organiser. Pour sa première visite à l’étranger dans un costume de chef d’État, George Weah se rendra à Addis-Abeba, où il participera au sommet de l’Union africaine qui s’ouvrira lundi 29 janvier.

Jeuneafrique.com par

Jewel Howard-Taylor: une femme aussi controversée que puissante à la vice-présidence du Liberia

décembre 29, 2017
Jewel Howard-Taylor et son ancien mari, le 11 août 2003. © AP/SIPA

Alors que George Weah a été largement élu président du Liberia, c’est l’ancienne femme de Charles Taylor qui accède à la vice-présidence. Une alliance stratégique mais qui interroge.

C’est un nom associé aux heures les plus sombres de l’histoire du Liberia. Avec l’élection de George Weah, un « Taylor » revient à une des plus hautes fonctions de l’État. Ou plus exactement une Taylor : à 54 ans, l’ancienne épouse de Charles Taylor va devenir la prochaine vice-présidente du pays. Une femme d’influence qui a joué un rôle majeur dans la victoire de l’ancien footballeur.

L’une des photos les plus célèbres de cette fine politique montre Jewel Howard-Taylor tout de blanc vêtue, aux côtés de Charles Taylor. Voile dans les cheveux, collier de perles autour du cou, elle célèbre son mariage. Le cliché date de 1997, son époux s’apprête à prendre la tête du pays, après huit ans passés à mener une guerre sanglante.

Marquée par le passé trouble de Charles Taylor

Charles et Jewel se sont rencontrés dans les années 1980. Il dirige alors l’Agence des services généraux, elle est encore étudiante à l’université de Monrovia. Mais très vite, ils sont séparés. Accusé de détournement de fonds par le régime de Samuel Doe, Charles Taylor s’exile en 1984 aux États-Unis. Jewel Howard traverse à son tour l’Atlantique quelques mois plus tard, mais son compagnon a déjà fui de la prison de haute sécurité de Boston, après une rocambolesque évasion. La jeune femme décide néanmoins de rester aux États-Unis, où pendant une dizaine d’années elle étudie la finance. Au Liberia, Charles Taylor a alors pris la tête du Front national patriotique du Liberia (NPFL), dont les troupes commettent les pires atrocités pendant la guerre.

Un passé qui jette aujourd’hui le trouble sur Jewel Howard-Taylor et que la future vice-présidente tente de faire oublier. « Pendant la crise, je n’étais pas dans le pays. J’étais loin, je faisais mes études. Je n’étais pas là, alors comment peut-on dire que j’étais impliquée dans la guerre ? », a-t-elle ainsi déclaré sur la chaîne de télévision Al-Jazeera pendant la campagne présidentielle. Jewel Howard-Taylor ne rentre au Liberia qu’en 1996, après les accords de paix d’Abuja. Mais un an plus tard, alors que Charles Taylor accède à la présidence du pays, elle ne reste pas en coulisse. La première dame occupe plusieurs fonctions officielles, elle devient notamment gouverneur adjointe de la banque centrale du pays et joue un rôle de conseillère auprès de son mari.

Début de sa propre carrière politique

En 2006, elle divorce de Charles Taylor et assure prendre ses distances avec l’ancien président. Pourtant, elle ne reconnaîtra jamais les crimes commis par son mari. « Je ne vois toujours pas comment il pourrait être tenu responsable de ces exactions, commises par différents groupes armés », avait-elle ainsi déclaré, en 2012, au moment de la condamnation de Charles Taylor à 50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Sierra-Leone.

Jewel Howard-Taylor lance alors sa propre carrière politique. Élue sénatrice en 2006 dans le comté de Bong, le troisième plus peuplé du pays, sous les couleurs du parti national patriotique (NPP), elle devient peu à peu un personnage incontournable. En 2012, elle manque ainsi d’une seule voix la présidence de la Chambre haute. La même année, elle porte une loi controversée criminalisant l’homosexualité. Le texte prévoit que les comportements homosexuels soient passibles de la peine capitale. Il ne sera finalement pas adopté.

Le ticket gagnant : s’allier à George Weah

Figure de premier plan de la vie politique libérienne, elle se prend alors à rêver du palais présidentiel. Finalement, elle décide de s’allier à George Weah pour l’élection de 2017 en prétendant au poste de vice-président. Un ticket gagnant. Jewel Johnson-Sirleaf a notamment permis à l’ancien footballeur de s’assurer les votes des anciens partisans de Charles Taylor et du comté de Bong, où il a recueilli 70% des voix, selon les résultats provisoires publiés par la commission électorale le 28 décembre.

Pendant la campagne, Jewel Howard-Taylor a joué un rôle majeur. Dans l’entre-deux-tours, alors que des craintes émergeaient face au report de sept semaines du second tour, elle s’était notamment entretenue avec de nombreuses délégations étrangères et des diplomates. Certaines sources estiment désormais que cette femme pourrait être le cerveau de la présidence Weah.

Jeuneafrique.com

La Libérienne Ellen Sirleaf, un bilan en demi-teinte au moment de passer la main

décembre 29, 2017

La présidente du Libéria le 12 octobre 2017 à Monrovia, la capitale du pays / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

La Libérienne Ellen Johnson Sirleaf était entrée dans l’Histoire en devenant en 2005 la première présidente élue du Liberia et d’Afrique, avant d’obtenir le prix Nobel de la paix 2011, mais elle passera la main en janvier à George Weah loin des espoirs suscités il y a douze ans.

Après deux mandats de six ans, Mme Sirleaf, 79 ans, peut se targuer d’avoir maintenu la paix dans un pays dévasté par des guerres civiles particulièrement atroces ayant fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Le 22 janvier, elle présidera également à la première transition démocratique du pouvoir au Liberia depuis 1944 lorsque l’ancien footballeur de Monaco, du PSG et du Milan AC prêtera serment, après un second tour dont le déroulement pacifique a été salué à travers le monde.

Mais sur le plan des réformes économiques et sociales, son bilan est moins brillant, le pays restant l’un des plus pauvres au monde malgré d’importantes ressources de minerai de fer, caoutchouc et huile de palme.

« Quand elle est arrivée au pouvoir, les attentes étaient tellement grandes qu’il était tout simplement impossible qu’elle les remplisse, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas essayé », estime le professeur de sciences politiques libérien Emmanuel Nimely.

Réélue en 2011, l’année où elle a reçu le prix Nobel de la Paix, Mme Sirleaf a vu son pays entrer en récession en 2016 sous l’effet de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et de la chute des cours des matières premières.

Jeudi, elle a pris la décision de supprimer les bonus pour les managers d’entreprises publiques « en raison de la situation économique ».

« Son second mandat a aussi été marqué par le retour d’un grand nombre de gens de la diaspora pour trouver du travail, tandis que les gens qualifiés ne trouvaient pas de boulot », souligne M. Nimely, interrogé par l’AFP.

« Cela a dressé énormément de gens contre le régime, en particulier chez les jeunes, qui se sont tournés vers George Weah et espèrent qu’il réalisera ce qu’elle n’a pas pu faire », ajoute le politologue.

En 2011, son prix Nobel avait été salué dans le monde, mais avait suscité des réactions mitigées dans son pays, son principal opposant de l’époque Winston Tubman –sur le ticket duquel se présentait George Weah, après avoir été battu par Mme Sirleaf pour le poste de président en 2005– l’ayant estimée « inacceptable », « non méritée » et « provocante » en pleine compétition électorale.

– Destin écrit –

Née Ellen Euphemia Johnson le 29 octobre 1938, cette femme au teint clair qui affectionne tenues et coiffes traditionnelles africaines, raconte dans ses mémoires qu’on lui avait prédit un destin de dirigeante.

Quelques jours après sa naissance, un vieil homme a dit à sa mère: « Oh, Martha, cet enfant sera important. Cet enfant va diriger ».

Mme Sirleaf avoue avoir eu du mal à croire cette prédiction jusqu’à l’âge adulte. « Je regardais tous mes amis aller au collège à l’étranger tandis que je restais à la maison à Monrovia, prisonnière d’un mari violent, avec quatre jeunes fils, et aucune perspective d’avenir », écrit celle qui a divorcé de son mari, aujourd’hui décédé, et a onze petits-enfants.

Candidate malheureuse face à Charles Taylor à la présidentielle de 1997, elle est devenue en 2005 le 24e chef de l’Etat libérien et la première présidente élue d’Afrique.

Dès son investiture en 2006, cette économiste, ex-haut fonctionnaire internationale et ex-ministre des Finances a entrepris une opération de charme auprès des institutions financières internationales qui la connaissent bien, ce qui lui a permis en partie d’effacer la dette et d’attirer les investisseurs.

La lutte contre la corruption et en faveur de profondes réformes institutionnelles a toujours été au coeur de son action politique, ce qui lui a valu son surnom de « Dame de fer » et d’être envoyée deux fois en prison dans les années 1980 sous le régime de Samuel Doe.

Mais son bilan n’a pas aidé son vice-président pendant 12 ans, Joseph Boakai. Les deux ont pris leurs distances, alors qu’Ellen Sirleaf s’est montrée avec George Weah quelques jours avant le second tour.

Pour le quotidien libérien FrontPage Afrique, au final, les « valises » du régime Sirleaf étaient trop lourdes à porter pour Joseph Boakai.

« Aux yeux de beaucoup, le népotisme, la corruption, la gabegie et un système éducatif défaillant ont plombé le bilan du gouvernement », analysait vendredi le journal.

Romandie.com avec(©AFP / 29 décembre 2017 18h05)

Le président français félicite Weah pour son élection et l’invite en France

décembre 29, 2017

Paris – Le président français Emmanuel Macron a félicité sur Twitter l’ancien footballeur George Weah « pour sa brillante élection » à la présidence du Liberia, avant de s’entretenir avec lui vendredi par téléphone pour l’inviter en France, selon la présidence française.

« Félicitations à George Weah pour sa brillante élection et à l’ensemble du peuple libérien pour le chemin parcouru vers la paix et la réconciliation. Congrats Mister George », a écrit le chef de l’État dans un tweet en français, doublé d’un message en anglais.

Un peu plus tard, le président français a appelé son nouvel homologue pour le féliciter directement et « l’assurer de son soutien », en soulignant « la place particulière qu’il avait conservée dans le coeur des Français », a indiqué son entourage.

« Tous deux ont partagé le souhait de développer davantage les liens entre la France et le Liberia » et Emmanuel Macron a invité George Weah « à se rendre en France, ce que le nouveau président du Liberia a accepté », a ajouté l’Élysée.

Au second tour de la présidentielle, George Weah a recueilli 61,5% des suffrages, contre 38,5% pour son adversaire, le vice-président Joseph Boakai, selon des résultats officiels portant sur plus de 98% des suffrages annoncés en début de soirée jeudi, 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Attaquant star de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah doit prêter serment le 22 janvier, marquant ainsi la première transition démocratique depuis plus de 70 ans dans ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest.

Romandie.com avec (©AFP / 29 décembre 2017 14h05)                                            

Liberia: large victoire de l’ex-footballeur George Weah au second tour de la présidentielle

décembre 28, 2017

L’ex-star du foot et sénateur George Weah, le 26 décembre 2017 à Monrovia / © AFP / SEYLLOU
               

La légende africaine du football et sénateur George Weah a largement remporté l’élection présidentielle au Liberia, avec 61,5% des suffrages lors du second tour mardi, contre 38,5% pour son adversaire, le vice-président Joseph Boakai.

Ces chiffres, attendus avec de plus en plus d’impatience deux jours après le scrutin de mardi, portent sur 98,1% des suffrages exprimés, a indiqué lors d’une conférence de presse le président de la Commission électorale nationale, Jerome Korkoya. 2,1 millions d’électeurs étaient inscrits.

Attaquant star de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah doit succéder le 22 janvier à Ellen Johnson Sirleaf, marquant ainsi la première transition démocratique depuis plus de 70 ans dans ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest.

George Weah, 51 ans, favori après être sorti vainqueur du premier tour du 10 octobre avec plus de 38% des voix, s’est montré sûr de lui avant et après le jour de l’élection.

« Le peuple libérien a clairement fait son choix (mardi) et, ensemble, nous sommes confiants quant à l’issue du processus électoral », a tweeté le Ballon d’Or 1995 mercredi.

Mais certains de ses partisans commençaient à trouver le temps long.

« On s’inquiète parce que tout le monde voit les résultats, mais la NEC (la Commission électorale nationale) ne veut pas les annoncer. C’est inquiétant. Plus ils tardent, plus ça devient risqué », avait déclaré, peu avant l’annonce des résultats, un de ses supporters, Daniel Mlehn.

Dans l’autre camp, on ne voulait pas s’avouer vaincu avant l’annonce de la NEC. « Je pense qu’il est trop tôt pour les gens du CDC (la Coalition pour le changement démocratique de George Weah, NDLR) de célébrer la victoire », disait un partisan de Joseph Boakai.

Joseph Boakai, 73 ans, voulait lui aussi encore y croire. « On attend les résultats définitifs. On parle de Weah, mais ce sont uniquement ses comtés, pas les miens », a déclaré le vice-président sortant à un petit groupe de journalistes en début d’après-midi.

George Weah avait déjà reçu les « félicitations » d’une autre star du foot, l’Ivoirien Didier Drogba. « Merci Didier de ton soutien, nous sommes tous les deux soucieux et conscients du destin de nos peuples. Suivons le même chemin… », a répondu en français l’ancien Parisien sur Twitter.

Le Liberia n’a pas connu d’alternance démocratique depuis 1944.

Et près de trois décennies après le début d’une guerre civile particulièrement atroce –250.000 morts entre 1989 et 2003– il s’apprête à vivre une transition du pouvoir en douceur.

La présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf, a signé mardi un décret établissant une « équipe de transition », composée de plusieurs ministres, pour organiser un « transfert ordonné du pouvoir » à son successeur.

– ‘Un bien commun: la paix’ –

« Tout le monde dit qu’il y a un bien commun à protéger, la paix au Liberia », s’est félicité jeudi matin le directeur de la communication de la NEC, Henry Flomo.

Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du Liberia, George Weah avait choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor et influente sénatrice.

Mais tous deux affirment ne pas entretenir de lien avec l’ancien président.

Le Liberia, qui peine à se remettre de l’épidémie d’Ebola, vit encore dans le souvenir de Charles Taylor, 69 ans, ancien chef de guerre puis président (1997-2003), prédécesseur de Mme Sirleaf. Condamné par la justice internationale à 50 ans de prison, il purge sa peine en Grande-Bretagne pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.

– Scrutin salué à l’international –

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président du Ghana John Dramani Mahama, ont salué « la tenue pacifique » du scrutin.

La chef de la mission d’observation de l’UE, Maria Arena, a félicité les candidats et le peuple libérien pour un scrutin qui s’est déroulé dans le calme et a « globalement respecté les règles constitutionnelles ».

Finalement organisé au lendemain de Noël, le second tour avait été reporté de sept semaines en raison de contestations des résultats du premier tour du 10 octobre par plusieurs candidats.

Romandie.com avec(©AFP / 28 décembre 2017 19h55)                

Les premiers résultats de la présidentielle au Liberia attendus jeudi

décembre 27, 2017

George Weah, candidat à la présidentielle, dépose son bulletin de vote lors du 2e tour, le 26 décembre 201 à Monrovia / © AFP / SEYLLOU

Les premiers résultats, encore provisoires, du second tour de la présidentielle au Liberia qui a opposé mardi la légende du foot et sénateur George Weah et le vice-président sortant, Joseph Boakai, sont attendus jeudi.

La Commission électorale nationale (NEC), qui l’a indiqué sur Facebook mercredi soir, n’a pas précisé d’horaire pour cette annonce attendue avec impatience mais sans signe apparent de tension par tout un pays.

Près de trois décennies après le début d’une guerre civile qui a fait 250.000 morts en 14 ans, le Liberia s’apprête à vivre sa première alternance démocratique entre une présidente élue, Ellen Johnson Sirleaf, et son successeur, qui entrera en fonctions le 22 janvier.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président du Ghana John Dramani Mahama, ont tous deux salué « la tenue pacifique » du scrutin, tout comme l’a également fait l’Union européenne.

Organisé au lendemain de Noël, après avoir été reporté de sept semaines en raison de contestations des résultats du premier tour le 10 octobre par plusieurs candidats, le second tour a vu la participation augmenter tout au long de la journée, pour atteindre « environ 55% », selon M. Mahama.

Si elle salue la bonne tenue des opérations jusqu’ici, sans les problèmes d’organisation rencontré début octobre, la Cédéao encourage la NEC à publier rapidement des résultats « afin d’éviter de créer de l’anxiété parmi la population ».

Le dépouillement des bulletins de vote – le pays compte 2,1 millions d’électeurs – devrait se poursuivre pendant un jour ou deux.

Des médias locaux donnaient toutefois en tête George Weah, l’ancien attaquant du PSG et du Milan AC, vainqueur du premier tour avec 38% des voix.

Dans un pays qui n’a pas connu d’alternance démocratique depuis 1944, « cette transition est cruciale. Si le Liberia la réussit, ce sera une victoire pour lui, pour l’Afrique de l’Ouest et pour l’Afrique en général », a déclaré mardi à l’AFP l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, chef des observateurs du National Democratic Institute (NDI), dont le siège est aux Etats-Unis.

– ‘Personne ne veut de problèmes –

« Ne fais pas de bruit. Tu vois bien que j’écoute la radio », lance Samuel Nuahn à son fils de 12 ans. Tout en travaillant dans son garage de la banlieue nord de Monrovia, ce mécanicien de 46 ans, partisan du vice-président Joseph Boakai, garde l’oreille collée à son poste, branché sur une station locale égrenant des résultats partiels.

« C’est du provisoire. Ca ne va pas dans mon sens mais je reste optimiste », a-t-il expliqué à l’AFP. « Quel que soit le résultat, nous l’accepterons sans faire de problèmes. Plus personne ne veut de problème dans ce pays, on n’en a pas besoin ».

« Quelles que soient les provocations, nous ne répondrons pas par la violence », a expliqué le chef de la branche jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC) de George Weah, Jefferson Kotchie, à un groupe de jeunes supporteurs de l’ancien attaquant vedette.

– Atrocités –

Le Liberia est un pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, meurtri par quatorze ans d’une guerre civile particulièrement atroce – 250.000 morts entre 1989 et 2003 -, puis par l’épidémie d’Ebola, dont il peine à se redresser.

Il vit encore dans le souvenir de Charles Taylor, 69 ans, ancien chef de guerre puis président (1997-2003), condamné par la justice internationale à 50 ans de prison, qu’il purge en Grande-Bretagne, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.

Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du pays, George Weah a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor et influente sénatrice de Bong, autre important réservoir de voix. Mais tout deux affirment ne pas entretenir de lien avec l’ancien président.

« C’est un jour historique. Je sais que je vais gagner », a déclaré mardi Weah, qui, à 51 ans, reste très populaire auprès des jeunes. « Nous allons gagner! Parce que le peuple croit en nous et sait que nous sommes les meilleurs », a quant à lui lancé Joseph Boakai, 73 ans.

Dans leurs locaux situés sous les tribune du stade Samuel Kanyon Doe, au coeur de Monrovia, les membres de la NEC ont commencé à comptabiliser, sous le regard d’observateurs et de représentants des partis, les résultats de la province de Montserrado, la plus peuplée du pays, où se trouve la capitale.

Selon un rituel bien rôdé et dans un silence monacal, un responsable exhibe une enveloppe pour montrer qu’elle est bien scellée. Puis il lit le nombre de voix remporté par chacun des candidats, qu’un assistant inscrit dans un programme informatique projeté sur un grand écran, aux yeux de tous. Comme dans n’importe quelle démocratie.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 20h37)

Liberia: Weah et Boakai affichent leur confiance en la victoire

décembre 24, 2017

Le vice-président du Liberia et candidat à la présidence Joseph Nyumah Boakai,lors d’une réunion le 24 décembre 2017 à Monrovia / © AFP / SEYLLOU

Les Libériens votent mardi avec sept semaines de retard sur le calendrier initial pour déterminer qui, de la légende du football George Weah ou du vice-président Joseph Boakai, succèdera à Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’Etat en Afrique.

Au dernier jour de la campagne et alors que lundi, jour de Noël, sera férié au Liberia, les deux finalistes se disent certains de l’emporter.

« Vous savez que j’ai participé à des compétitions, dont certaines difficiles, et que j’en suis sorti victorieux », a déclaré George Weah samedi à l’AFP. « Je sais que (Joseph) Boakai ne peut pas me battre. J’ai le peuple avec moi, un grand parti et une coalition puissante. Je me suis préparé pour diriger ce pays et la victoire sera nôtre ».

« La victoire est mienne », a assuré dimanche à l’AFP le vice-président sortant à son arrivée à une réunion de campagne organisée par les représentants de la communauté peulhe à la Painty Town Community, un quartier populaire de la capitale, Monrovia, qualifiant l’atmosphère de sa campagne de « très joyeuse ».

Initialement prévu le 7 novembre, le second tour avait été suspendu in extremis par la cour suprême à la suite de recours du candidat arrivé troisième au premier tour le 10 octobre, Charles Brumskine (9,6%), appuyé par M. Boakai (28,8%). George Weah a quant à lui viré en tête avec 38,4% des voix.

Une ultime demande de report présentée par le parti de M. Boakai ayant été rejetée par la cour suprême, les bureaux de vote seront ouverts de 08H00 à 18H00 GMT aux quelque 2,1 millions d’électeurs inscrits. Les premiers résultats, proclamés par la Commission électorale nationale (NEC), sont attendus quelques jours plus tard.

La date du scrutin fait craindre au camp du favori une démobilisation de son électorat, qu’il a appelé à ne « pas trop boire » à Noël pour aller voter tôt mardi.

Dans un ultime recours mi-décembre, M. Boakai avait affirmé que la NEC ne s’était pas conformée aux conditions posées par la cour suprême pour autoriser le second tour, en particulier la rectification des incohérence des listes électorales.

Mais la Commission électorale a assuré qu’elle serait prête pour le jour fatidique, après les problèmes d’organisation constatés dans de nombreux bureaux de vote le 10 octobre.

« Nous prions pour qu’ils fassent que cette élection soit libre, juste et crédible », a dit dimanche à cet égard M. Boakai.

– Démonstration de force –

Ce scrutin marquera la première transition démocratique depuis trois générations dans ce pays anglophone ravagé par une guerre civile ayant fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003 et entré en récession en 2016 sous l’effet de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et de la chute des cours des matières premières.

Mme Sirleaf, prix Nobel de la Paix 2011, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats, cédera le 22 janvier le pouvoir à son successeur élu pour six ans.

A 51 ans, George Weah, star du PSG et du Milan AC dans les années 1990, part favori face à Joseph Boakai, 73 ans, après être arrivé en tête au premier tour dans 11 provinces sur 15.

Il bénéficie du ralliement du sénateur et ancien chef de milice Prince Johnson (8,2%) et du parti de Charles Brumskine.

Pendant le long imbroglio juridique, l’ancien attaquant a appelé à la retenue. Mais il a marqué les esprits en rassemblant samedi des dizaines de milliers de partisans dans le plus grand stade de Monrovia.

George Weah a tiré les leçons de ses deux échecs face au « ticket » présidentiel Sirleaf-Boakai, comme candidat à la présidence en 2005 puis à la vice-présidence en 2011.

Il s’est fait élire en 2014 sénateur de la province de Montserrado, la plus peuplée du pays, et a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de l’ancien chef de milice puis président (1997-2003) Charles Taylor et influente sénatrice de Bong, autre important réservoir de voix.

Dimanche, M. Boakai s’est néanmoins dit « très confiant » de l’emporter.

Cette élection tournera en tout état de cause une page dans l’histoire nationale. Car ni George Weah, ni Joseph Boakai, n’appartiennent à l’élite « américano-libérienne », issue d’esclaves affranchis qui a dominé la plus ancienne république d’Afrique depuis sa création, à l’exception de la présidence de Samuel Doe (1980-1990).

Romandie.com avec(©AFP / 24 décembre 2017 18h16)