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Le président Macky Sall rend publics ses biens, une première au Sénégal

mai 8, 2012

Le président sénégalais Macky Sall a déclaré son patrimoine au Conseil constitutionnel, qui comprend entre autres des biens immobiliers et des véhicules, une première au Sénégal censée apporter plus de transparence dans la gestion publique, a-t-on appris mardi de source officielle.

La déclaration de patrimoine du président Sall a été rendue publique dans le Journal officiel (JO) de la République du Sénégal.

Les biens du président sénégalais élu le 25 mars face à Abdoulaye Wade qui était au pouvoir depuis douze ans, comprennent une villa de 699 mètres carrés d’une valeur de 350. 000. 000 FCFA (533. 000 euros) et un terrain de plus de 2. 000 mètres carrés (200. 000. 000 FCFA, 304. 000 euros) dans des quartiers chic de Dakar.

M. Sall, 51 ans, possède également à Houston (Etats-Unis) un appartement de 300 mètres carrés, évalué à 220. 000 dollars (169. 000 euros) et qui fait l’objet d’un remboursement bancaire en cours jusqu’en 2017.

D’autres villas et terrains à Dakar et hors de la capitale de diverses valeurs et des parts dans deux sociétés immobilières et de consultants figurent sur la liste publiée au JO, en plus d’un parc automobile de 35 véhicules « servant essentiellement aux activités politiques » de son parti.

Les biens répertoriés, dont certains sont partagés avec son épouse Marième Faye Sall, représentent une valeur globale de plus de 1. 300. 000. 000 FCFA (près de 2 millions d’euros) selon un décompte de l’AFP sur la base de la liste des biens publiée au JO. Les 35 véhicules, dont la valeur n’a pas été précisée, ne sont pas pris en compte.

C’est la première fois qu’un président sénégalais nouvellement élu fait une déclaration de patrimoine, une obligation légale selon la Constitution. Le Premier ministre, Abdoul Mbaye, a annoncé qu’il rendrait publics incessamment ses biens.

Cet exercice est censé apporter plus de transparence dans la gestion publique alors que de nombreux Sénégalais appellent Macky Sall, qui, avant de s’opposer à lui, fut Premier ministre et plusieurs fois ministre de Wade ainsi que son homme de confiance, à organiser des audits sur la gestion de l’ex-président sénégalais.

M. Wade, qui rejette les accusations récurrentes de mauvaise gestion le visant avec son fils et ancien ministre Karim, a récemment réclamé un audit international de la gestion du Sénégal de l’indépendance en 1960 à 2012.

Jeuneafrique.com

Sénégal : Abdoul Mbaye nommé Premier ministre de Macky Sall

avril 4, 2012

C’est un inconnu de la sphère politique sénégalaise que Macky  Sall a  nommé mardi au poste de Premier ministre. Entrepreneur et ex-banquier,  Abdoul  Mbaye, 59 ans, a désormais la lourde tâche de mettre le Sénégal sur la  voie de la  prospérité.

Un profil définitivement technocratique. En nommant mardi soir Abdoul Mbaye,  chef d’entreprise et ex-banquier, au poste de Premier ministre, le nouveau président sénégalais Macky Sall fait passer un  message clair : les dissensions politiques doivent désormais céder le pas à  l’efficacité économique. En un sens, le vainqueur d’Abdoulaye Wade n’a pas  vraiment le choix, puisque c’est d’abord à cause de l’effritement constant du pouvoir d’achat que le  président sortant a été désavoué par les électeurs.

La liste du nouveau gouvernement devrait être rendue publique mercredi. Âgé  de 59 ans, réputé intègre et sérieux, Abdoul Mbaye doit former une équipe  réduite de 25 membres. « Ce sera un gouvernement qui devra conduire les  affaires publiques dans la plus grande transparence, selon les principes de  bonne gouvernance », a déclaré Mbaye juste après sa nomination. « La  principale priorité sera de se mettre au travail. Le président Macky Sall tient  à ce que ses engagements devant le peuple soient respectés », a-t-il  indiqué.

Premier discours de Sall

Avant de donner le nom du nouveau chef de l’exécutif, Macky Sall a tenu son  premier discours à la nation sénégalaise, annonçant une rupture dans la gestion publique. « Tout est urgent », a-t-il affirmé, en citant notamment l’école, la  santé et les prix des denrées de première nécessité dont le riz, l’huile et le  sucre…

Sall prétend aussi lutter contre la corruption, précisant qu’il « ne  protégera personne » car, dit-il, « le pouvoir est fait pour servir et  non se servir. (…) Gouverner autrement, c’est bannir les passe-droits, la  favoritisme et le trafic d’influence, mettre l’intérêt public au dessus de toute  autre considération ».

Train de vie de l’État

À l’image du gouvernement, dont l’équipe sera restreinte, Sall entend  imprimer un nouveau style de gouvernement, plus économe : « L’État et ses  démembrements [représentations, NDLR] réduiront leur train de vie », évoquant notamment une rationalisation des missions à l’étranger et de la carte  diplomatique.

Enfin, Macky Sall a également annoncé la dissolution prochaine de l’Assemblée  nationale et un report au 1er juillet des élections législatives, initialement  prévues le 17 juin. « Compte tenu des délais courts qui nous séparent de la  date des législatives, j’ai consulté la nouvelle opposition (pour un report du  scrutin). Faute de consensus, l’Assemblée nationale sera dissoute conformément  aux dispositions constitutionnelles », a-t-il dit. Le scrutin doit  permettre de renouveler les 140 députés dans une Assemblée nationale  actuellement largement dominée par le Parti démocratique sénégalais (PDS)  d’Abdoulaye Wade.

Jeuneafrique.com avec AFP