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Canada-Québec: Le départ du Dr Arruda, une occasion de repenser la gestion de la pandémie

janvier 11, 2022

« Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population », plaide le Collège des médecins.

Gros plan d'Horacio Arruda.

Le DNSP du Québec, le Dr Horacio Arruda, a démissionné lundi soir. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

La démission du Dr Horacio Arruda offre une occasion de revoir comment le gouvernement du Québec et la direction nationale de santé publique (DNSP) gèrent la pandémie de COVID-19, estiment des experts interrogés par Radio-Canada.

C’est notamment le cas du Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), qui n’a pas mâché pas ses mots envers l’ancien patron de la direction nationale de santé publiqueDNSP dans une entrevue accordée à l’émission Tout un matin.

Il a été très utile pour rallier la population au combat contre la pandémie, mais avec le temps, il devenait de plus en plus fatigué et il y a certaines de ses décisions ou recommandations qui devenaient controversées. Il semblait aussi être un peu déphasé avec ce que la science internationale disait, a-t-il commenté mardi.

Alors un moment donné, ça devient évident que ces choses-là vont arriver. Je pense que l’idée, c’est de tourner la page et espérer que si on a commis des erreurs, peut-être dans la façon dont la santé publique donnait leurs avis, j’espère qu’on va prendre cette opportunité-là pour les corriger.

Au début de la pandémie, il était difficile d’asseoir des recommandations sur des données scientifiques probantes, qui n’étaient tout simplement pas au rendez-vous, concède M. Veillette. Mais les connaissances scientifiques sur la COVID-19 se sont ensuite améliorées, sans que M. Arruda n’en soit au diapason.

C’est sûr qu’une fois qu’on a considéré ces données-là, évidemment, on peut moduler en fonction de la politique ou des besoins sociaux ou d’autres considérations. Mais d’abord et avant tout, ça devrait être basé sur de la science. On ne peut pas faire des choses à l’encontre de la science, plaide-t-il.

Et c’est là où je pense que, ces derniers temps, M. Arruda avait certaines difficultés. Moi, je préconisais qu’il devrait y avoir davantage d’avis d’experts indépendants du gouvernement qui influencent le ministère de la Santé et le premier ministre. Je pense que c’est possible de faire ça.

« Quand M. Arruda parlait de ses experts, on ne savait jamais de qui il parlait. Il disait : »mes experts m’ont dit ci, m’ont dit ça ». Je pense que ce serait plus important d’avoir plus de transparence. Qui sont les experts? »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCMAndré Veillette,  assis sur une chaise, devant une caméra.

L’immunologiste André Veillette, lors d’une entrevue pour l’émission Découverte (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA / JEAN-FRANCOIS MICHAUD

De l’importance d’obtenir des avis d’experts indépendants

Selon le chercheur, il serait plus approprié qu’il y ait une certaine distance entre les experts et le gouvernement , et que ce dernier recueille l’opinion de conseillers scientifiques indépendants qui ne font partie du gouvernement, qui ne sont pas payés par le gouvernement.

Ce n’est pas juste pour le virus, c’est pour la ventilation, c’est pour la santé mentale, les comportements de la population, poursuit M. Veillette.

On a besoin de ces avis indépendants et je pense qu’il devrait y avoir quand même une certaine transparence quand ces avis sont émis. Est-ce qu’ils devraient être rendus publics ou non? Je ne le sais pas, mais ça devrait être clair qu’il y a un comité indépendant d’aviseurs.

« Je pense qu’ils doivent revoir le mécanisme d’avis d’experts. Les experts, on devrait les connaître, ça devrait être de vrais experts, […] pas des experts du gouvernement qui sont payés par le gouvernement. Vous savez, quand votre employeur vous demande votre opinion, que c’est lui qui paie votre salaire, c’est sûr que votre opinion peut être assez influencée par cette situation. »— Une citation de  Dr André Veillette, immunologiste et chercheur à l’IRCM

Le Collège des médecins du Québec a abondé dans le même sens dans un tweet où il salue le Dr Arruda pour avoir mobilisé la population pour respecter les mesures sanitaires dès le début de cette longue pandémie 

Son successeur devra bénéficier de la plus grande indépendance dans ses avis pour assurer l’adhésion de la population, plaide l’ordre professionnel des médecins québécois.Le Dr Mauril Gaudreault, en entrevue

Le président du Collège des médecins du Québec, Mauril Gaudreault (archives)

PHOTO : RADIO-CANADA

Des rôles à différencier

Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec pour l’axe Santé des populations et pratiques optimales en santé et professeure à l’Université Laval, est aussi de cet avis. Selon elle, il faut mieux départager les rôles du gouvernement et de la direction nationale de santé publiqueDNSP.

La science, ça peut être tenir compte de la science et des données probantes qu’on a, mais il y a aussi d’autres éléments dont le gouvernement va tenir compte que la santé ne va pas tenir compte, a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée à l’émission Première heure.

Elle donne l’exemple de la pression que des tenanciers de bars ou des propriétaires de restaurant peuvent exercer sur le gouvernement pour ouvrir leurs portes, pour des raisons économiques. C’est tout à fait possible que ces gens fassent pression sur le gouvernement, mais par contre, [ils] ne devraient pas faire pression sur la santé publique, observe-t-elle.

« Ce n’est pas quelque chose que le directeur national de santé publique devrait nécessairement prendre en compte lorsqu’il fait ses recommandations, mais je pense que le gouvernement, le premier ministre, peut tenir compte des recommandations de la santé publique sans être calqué exactement non plus dessus dans ses décisions. »— Une citation de  Maude Laberge, chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec

À l’instar du Dr Veillette, elle reconnaît qu’il était pratiquement inévitable que des erreurs aient été commises au moment on construisait l’avion en plein vol. Plus récemment, Québec aurait cependant eu avantage à s’appuyer sur une diversité des opinions pour appuyer ses décisions.

Il y a un moment où la population est beaucoup plus fatiguée par rapport aux mesures, et l’adhésion est plus difficile à avoir, et donc, le discours a besoin d’être très clair. Et on a eu une certaine confusion ces derniers temps par rapport à certaines mesures, par rapport à certains revirements, observe la professeure Laberge.

Donc je pense que, parfois, dans la rapidité à prendre des décisions, il y a peut-être des acteurs clés qui n’ont pas toujours été consultés pour s’appuyer sur la diversité des opinions avant de faire une recommandation et qui peut avoir donné lieu à certaines erreurs.

La chercheuse croit qu’il serait dorénavant avantageux que le directeur national et de la santé publique et le gouvernement du Québec offrent des points de presse distincts pour s’assurer qu’on ne mélange pas la santé publique et les décisions, [qui] sont celles du gouvernement.

Il y a peut-être une transparence qui est nécessaire là [afin] de ne pas faire poser le fardeau sur la santé publique alors que ce n’est pas nécessairement le seul élément que considère le gouvernement quand il prend des décisions, souligne-t-elle.

Canada-Québec: Gestion de la pandémie : le Collège des médecins critique le gouvernement Legault

janvier 8, 2022
Des personnes entrent dans un centre de vaccination contre la COVID-19 à Montréal.

L’élargissement annoncé du passeport vaccinal doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège des médecins du Québec (archives). Photo : The Canadian Press/Ryan Remiorz

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) demande au gouvernement Legault de mettre en place plus rapidement d’autres restrictions visant les personnes non vaccinées. Il insiste aussi sur le besoin d’une communication plus efficace de la part des autorités.

Nous enjoignons aujourd’hui au gouvernement d’accélérer la cadence pour mettre en place les mesures permettant de limiter le nombre de contacts avec les personnes non vaccinées, peut-on lire dans la dernière infolettre du Collège des médecins du QuébecCMQ, publiée vendredi(Nouvelle fenêtre).

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé l’élargissement du passeport vaccinal aux succursales de la Société des alcools du QuébecSAQ et de la Société québécoise du cannabisSQDC à partir du 18 janvier. D’autres commerces et services jugés non essentiels seront bientôt ajoutés, a-t-il avancé.

Mais l’élargissement annoncé du passeport vaccinal doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège.

Restreindre l’accès aux non-vaccinés

C’est paradoxal qu’on vive en couvre-feu, que les hôpitaux soient sous pression, parfois au stade 4 de délestage, et que les non-vaccinés puissent se rendre librement dans les magasins grandes surfaces ou d’autres lieux publics tels que la Grande Bibliothèque ou le Musée des Beaux-Arts, ajoute le président du Collège des médecins du QuébecCMQ, le Dr Mauril Gaudreault, par courriel.

Il me semble évident que les gens qui n’ont pas encore été chercher leur première dose, leur deuxième dose et leur troisième dose de vaccin ne devraient pas pouvoir aller dans les lieux publics, autres que les lieux essentiels, soutient également la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (Centre hospitalier de l’Université de MontréalCHUM).

Tout ce qu’on va faire pour étendre les restrictions à l’accès public aux gens qui ne sont pas vaccinés va aller dans la bonne direction, a-t-elle précisé en entrevue à ICI RDI samedi, réagissant aux propos tenus vendredi par le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, qui a affirmé que la vaccination obligatoire sera la seule manière de ramener le Canada vers une situation et une vie normales.

Le Collège des médecins du QuébecCMQ voit en des restrictions ciblées une mesure d’équité, puisque la population vaccinée ne peut plus souffrir en silence les contraintes des mesures sanitaires pendant que les personnes non vaccinées occupent un lit sur deux en courte durée et la majorité des lits aux soins intensifs.

Les non-vaccinés sont surreprésentés parmi les hospitalisations et les décès depuis le début de la campagne de vaccination. Dans des données transmises à Radio-Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux a indiqué vendredi que 75 des 234 personnes décédées de la COVID-19 dans les 28 jours précédents – soit près de 33 % – n’étaient pas adéquatement vaccinées, alors qu’ils ne forment que 18 % de la population admissible.

De plus, la surcharge des hospitalisations et le délestage privent des milliers et des milliers de patients d’une intervention chirurgicale sans cesse repoussée, détériorant davantage dans certains cas leur état de santé, souligne le Collège.

Une communication plus efficace

Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM

Imposer la vaccination au Canada ? Photo: Radio-Canada

La communication du gouvernement du Québec doit être plus transparente et cohérente auprès de la population, selon le Collège des médecins du QuébecCMQ. Les messages portant sur le dépistage, les tests rapides ou l’isolement sèment actuellement la confusion.

L’ordre professionnel souhaite notamment que toutes les mesures touchant directement la population soient annoncées lors des conférences de presse gouvernementales. À la fin du mois dernier, de nouvelles directives concernant les Centre de la petite enfanceCPE n’avaient pas été communiquées lors d’un point de presse, suscitant la confusion, avant d’être révisées cette semaine.

Cette façon de faire nuit actuellement à la cohésion et à la confiance, peut-on lire dans l’infolettre signée par le Dr Gaudreault.

Actuellement, c’est vrai qu’il y a un flou, en particulier sur les conditions de confinement, sur à qui s’applique le dépistage, opine le Dr Vincent Oliva, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (Fédération des médecins spécialistes du QuébecFMSQ), en entrevue samedi. Puis ça, je pense que ça mériterait d’être précisé très rapidement.

Le cabinet du ministre Christian Dubé réplique que le gouvernement tient plusieurs points de presse chaque semaine, en plus de breffages techniques pour les journalistes.

Nous sommes transparents envers les Québécois, conclut-il.

Radio-Canada par Frédérik-Xavier Duhamel avec des informations de Jean-Philippe Hughes et de La Presse canadienne

Centrafrique : au Ledger Plaza, la fin d’un improbable feuilleton ?

janvier 4, 2022
Ledger Plaza Hotel à Bangui © Ledger Plaza Hotel

Fin décembre, une délégation libyenne s’est vue empêcher d’accéder à l’hôtel le plus en vue de Bangui. Un ultime rebondissement dans le bras de fer qui a longtemps opposé la Libye et la Centrafrique autour de la gestion de cet établissement.

Drôle de scène que celle qui s’est déroulée devant le Ledger Plaza de Bangui, le 29 décembre. Ce jour-là, des employés mécontents interdisent l’accès du palace à des représentants des autorités libyennes. La délégation, dirigée par le vice-président du Conseil présidentiel libyen, Abdallah Hussein al-Lafi, est arrivée le matin même dans la capitale centrafricaine.

Celui-ci a rapidement pu rencontrer le président Faustin-Archange Touadéra et devait descendre au Ledger Plaza. Mais l’établissement, qui appartient au groupe Laico (Libyan African Investment Company), est depuis plusieurs années au cœur d’un bras de fer entre Tripoli et Bangui. Les Libyens ont même eu toutes les peines du monde à en reprendre le contrôle.

Écarté contre son gré

Financé par Mouammar Khadafi, il a été inauguré en 2012, au lendemain de la chute du Guide. En 2013, lorsque la Séléka renverse François Bozizé, elle y prend ses quartiers. L’hôtel devient un lieu de trafic et de pouvoir, et le restera après le départ des rebelles. C’est en 2014 que le Libyen Ziad al-Zarzour en prend la tête. Il tisse alors son réseau et gagne chaque jour en influence, au point que Tripoli finit par en prendre ombrage. Il faudra toutefois attendre septembre 2021 pour que le PDG soit écarté – contre son gré – au profit d’un Tunisien, Chokri Ben Abdallah, directeur administratif et financier de l’hôtel de 2016 à 2018.

LES EMPLOYÉS DE L’HÔTEL CRAIGNAIENT QUE L’ANCIEN DIRECTEUR, ZIAD AL-ZARZOUR, NE REVIENNE AUX AFFAIRES

Quel rapport avec le sit-in du 29 décembre ? Une source interne raconte que les employés de l’hôtel craignaient que l’ancien directeur ne revienne aux affaires. D’autant que Chokri Ben Abdallah, qui est réputé très connecté et bénéficiant de l’appui des autorités centrafricaines, est arrivé à Bangui par le même vol que la délégation libyenne. Des craintes qui sont surtout le reflet des tensions entre la nouvelle équipe dirigeante et l’ancienne.

Chokri Ben Abdallah est en effet très critique à l’égard de son prédécesseur, dont il conteste la gestion. « Il y a eu des détournements et des malversations financières à coup de milliards de francs CFA », assure-t-il à Jeune Afrique. Le groupe Laico reprochait de son côté à Ziad al-Zarzour d’avoir profité de la crise libyenne pour s’émanciper de la tutelle de la maison-mère. Contacté, celui-ci n’a pas souhaité répondre aux accusations portées à son encontre, promettant une « sortie médiatique » dans les prochains jours pour « rétablir les faits ».

Équilibrer les finances

L’installation de son successeur à la tête du Ledger avait d’ailleurs été compliquée, le sortant ayant activé ses réseaux – notamment banguissois – pour tenter de sauver sa tête. Mais Tripoli a pesé de tout son poids pour imposer Chokri Ben Abdallah. Et pour marquer la fin de cet improbable feuilleton, les autorités libyennes ont tenu à organiser, le 15 septembre dernier, une cérémonie d’installation du nouveau DG dans ses fonctions, en présence de la ministre centrafricaine du Tourisme, Maria Lionelle Saraiva-Yanzere.

« La priorité, pour ces prochains mois, sera d’équilibrer les finances tout en essayant de faire venir le plus de clients possible et de récupérer les collaborations perdues, explique aujourd’hui Chokri Ben Abdallah. Elle est aussi de rassurer les membres du personnel, de les mettre en confiance pour leur permettre de travailler librement et d’être efficace. » Depuis la mi-septembre, l’hôtelier tente de « convaincre [ses] partenaires de revenir dans le jeu ». Il a aussi plusieurs fois rencontré les dirigeants de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA), à qui l’hôtel doit 500 milliards de F CFA.

Avec Jeune Afrique Pacôme Pabandji

Suisse : le président de la Confédération reconnaît des erreurs dans la gestion du Covid-19

janvier 3, 2021

«Entre juillet et septembre, nous avons sous-estimé la situation», déclare Guy Parmelin dans un journal dominical.

Le tout nouveau président de la Confédération helvétique, Guy Parmelin, a reconnu des erreurs dans la gestion de la pandémie, dans une interview au quotidien du dimanche SonntagsBlick.

«Entre juillet et septembre, nous avons sous-estimé la situation», déclare-t-il dans le journal dominical. «Nous pensions pouvoir maîtriser le virus», précise Guy Parmelin, reconnaissant que les autorités «en étaient loin».

Sur Twitter, nombre de personnes ont eu vite fait de rappeler que dès le 3 juillet, la Task force scientifique chargée de conseiller sur la lutte contre la pandémie écrivait que «les infections par le SARS-CoV-2 augmentent en Suisse à un rythme alarmant» et réclamait des mesures urgentes. Il n’en a rien été.

Guy Parmelin a pris ses fonctions le 1er janvier, mais en tant que conseiller fédéral en charge de l’économie, il a joué un rôle important dans la gestion de la crise sanitaire depuis un an. Il conserve ce portefeuille pendant sa présidence d’un an.

La Suisse a connu une première vague relativement modérée par comparaison à la violence avec laquelle la pandémie frappait ses voisins européens, mais depuis l’automne le pays connaît une très forte deuxième vague. Depuis des semaines, le pays alpin de 8,6 millions d’habitant affiche plus de 4000 infections nouvelles par jour et une centaine de morts quotidiens. Les vaccinations ont commencé dans plusieurs cantons du pays mais à un rythme encore lent. Qui plus est, ici comme ailleurs en Europe, le variant britannique – plus contagieux – du nouveau coronavirus a été détecté à au moins cinq reprises.

Samedi, les présidents des Verts et des Vert’libéraux ont réclamé au conseil fédéral de prendre des mesures strictes de lutte contre la pandémie accompagnées d’aides économiques, plutôt que l’actuelle politique «à hue et à dia».

Par Le Figaro avec AFP

Le ventru trouillard

décembre 17, 2019

 

 

Il a avalé beaucoup de milliards

Dans son ventre dodu de trouillard

Le regard aux accents de vantards

Ne tient plus que sur le tard

 

Dans la gestion de surfacturation

Où galope et galvaude la corruption

La justification est l’amère conviction

Éloignant la confiance de toute administration

 

À la croisée des chemins du haut de sa stature

Où il admire toute honte bue sa mésaventure

Il ne lui reste plus qu’à boire une bonne ciguë

Pour sombrer comme un personnage ambigu

 

Bernard NKOUNKOU

 

Congo: Quand la Banque mondiale jette un regard malicieux sur la gestion de Jean-Jacques Bouya

juin 2, 2018

 

Jean-jacques Bouya recadré par la banque mondiale avec son mensonge du boulevard énergétique imaginaire. Lisons le constat de la banque mondiale sur l’énergie au Congo, un bilan médiocre.

Photo de BrazzaNews.

La Banque mondiale estime que les investissements réalisés par le Congo-Brazzaville dans son secteur électrique, sont insuffisants et doivent être augmentés. Elle incite également le pays à se doter d’une véritable politique nationale dans le secteur électrique afin de résoudre son déficit énergétique.

En effet, révèle l’organisation, entre 2006 et 2013, le pays n’a injecté dans le secteur, qu’environ 1,2 million $. Dans le même temps, les interventions financées par les partenaires ont permis d’augmenter de près d’un tiers, la capacité énergétique nationale. « L’essentiel des investissements depuis 2006 a été financé sur ressources externes en dehors de toute politique énergétique définie», déplore la Banque mondiale. Ce qui rend difficile la coordination des interventions des partenaires extérieurs et l’évaluation des impacts de ces actions.

Si la capacité de production du pays a augmenté, 35% de ces installations ne sont pas disponibles pour production; la faiblesse des investissements ne permettant par une bonne maintenance des infrastructures.

En outre, les coûts d’exploitation et de maintenance dépassent les recettes de la Société nationale d’électricité, ce qui alimente le cercle vicieux du déficit aussi bien financier qu’électrique.

La consommation électrique nationale au Congo-Brazzaville est d’environ 110 kWh par personne par an contre une moyenne africaine de 488 kWh et mondiale de 3 100 kWh par personne.

 

Source Agence ecofin avec Brazzanews.fr

Le groupe Bolloré, tentaculaire et incontournable en Afrique

avril 24, 2018

Vincent Bolloré à Paris, le 26 juin 2017 / © AFP/Archives / Zakaria ABDELKAFI

Concessionnaire de ports, opérateur de lignes ferroviaires et actionnaire de sociétés agricoles, le groupe français Bolloré a su se rendre incontournable dans les circuits économiques en Afrique, où il est présent dans pas moins de 46 pays.

Les opérations africaines ont contribué à hauteur de 2,5 milliards d’euros au chiffre d’affaires du groupe en 2017, soit 25% de l’activité hors intégration récente de Vivendi. L’entreprise a en outre prévu d’investir 300 millions d’euros en 2018 sur le continent.

ACTIVITES PORTUAIRES

Du stockage au transport des marchandises, Bolloré Africa Logistics est incontournable en Afrique de l’Ouest. Le groupe gère directement les terminaux de conteneurs de 10 ports de la région, de Conakry en Guinée, à Pointe-Noire au Congo. Il opère aussi dans 16 terminaux à conteneurs sur le continent par l’intermédiaire de partenariats public-privé.

En Côte d’Ivoire, Bolloré a annoncé pour juin 2019 la construction à Abidjan d’un deuxième terminal portuaire capable d’accueillir les plus grands porte-conteneurs fréquentant les côtes africaines.

Le groupe assure déjà depuis 2004 la gestion et l’exploitation du premier terminal du port d’Abidjan, leader en Afrique de l’Ouest et façade maritime des pays de la sous-région (Mali, Niger et Burkina Faso).

En 2017, le groupe a racheté une partie de son concurrent Necotrans, peu après le placement en redressement de cette société, au terme d’un long affrontement judiciaire. Le groupe Bolloré avait obtenu la gestion du port de Conakry suite à une intervention du gouvernement guinéen en 2011, alors qu’une filiale de Necotrans gérait le terminal à conteneurs depuis 2008. Bolloré avait été condamné en 2013 à verser plus de 2 millions d’euros à Necotrans.

ACTIVITES FERROVIAIRES

Le groupe Bolloré détient la majorité dans trois concessions ferroviaires en Afrique: Sitarail (Côte d’Ivoire, Burkina Faso), Camrail (Cameroun) et Benirail (Bénin).

L’histoire récente du groupe a été marquée par une catastrophe ferroviaire qui a fait 79 morts et 600 blessés fin 2016 à Eseka, dans le centre du Cameroun. L’enquête camerounaise a établi la « responsabilité » de Camrail car elle n’aurait pas respecté « certaines règles de sécurité ».

En termes d’investissements, Bolloré Africa Logistics peine à avancer dans son projet d' »Épine dorsale », une ligne de chemin de fer de 3.000 km reliant Cotonou à Abidjan en passant par Niamey et Ouagadougou.

En 2008, le Bénin et le Niger avaient lancé un appel d’offre en commun pour construire et gérer le tronçon ferroviaire de 1.000 km reliant Cotonou à Niamey. Il avait été remporté par Petrolin, la société de l’homme d’affaires Samuel Dossou, puis lui avait été retiré en 2013 au profit du groupe Bolloré, via la société Benirail, provoquant un conflit entre les deux groupes.

En octobre 2017, la justice béninoise a donné raison à Petrolin, déboutant Bolloré. Après des années de bataille judiciaire, et des mois de négociations, le projet est toujours au point mort. Les présidents des deux pays africains ont indiqué le 7 avril envisager une coopération avec la Chine.

Sur le tronçon Abidjan-Ouagadougou (1.260 km) les travaux de réhabilitation attendus depuis 2015 ont été lancés en décembre 2017. Prévus pour durer huit ans et estimés à environ 400 millions d’euros, ils doivent permettre à la Sitarail de transporter chaque année 5 millions de tonnes de marchandises et 800.000 voyageurs.

ACTIVITES AGRICOLES

Bolloré détient 38,8% de la holding luxembourgeoise Socfin, qui gère environ 187.000 hectares de plantations, principalement de palmiers à huile et d’hévéas, en Afrique et en Asie.

Ces activités de production d’huile de palme ont valu à la Socfin des accusations d’accaparements de terres.

Des paysans africains et asiatiques réunis en « Alliance internationale des riverains des plantations Socfin Bolloré » ont lancé en 2015 des actions de protestation contre l' »accaparement » de leurs terres par la Socfin, décrivant une expansion « continue » de ces plantations depuis 2008.

Dans cette affaire, la Socfin a attaqué en justice des médias et ONG pour diffamation, mais le tribunal correctionnel de Paris les a relaxés en mars 2018.

Bolloré poursuit aussi pour diffamation le journaliste Tristan Waleckx et la présidente de France Télévisions pour un documentaire. Sont notamment ciblés les extraits consacrés aux activités de la Socapalm, filiale de Socfin au Cameroun, dans lesquels des sous-traitants dénoncent leurs conditions de travail.

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2018 16h49)                

France: le frère de Laeticia Hallyday, en garde à vue dans une enquête sur sa discothèque

avril 4, 2018

Montpellier – Le frère de Laeticia Halliday, Grégory Boudou, a été placé en garde à vue mercredi à Montpellier (sud-est) dans le cadre d’une enquête financière portant sur la gestion de la discothèque familiale dans la région, ont indiqué à l’AFP les autorités judiciaires.

Interpellé mercredi matin à Agde (sud-est), M. Boudou, 41 ans, a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Montpellier, a précisé le procureur de la ville de Béziers, Yvon Calvet, confirmant une information du quotidien Midi Libre.

Il a ajouté qu’il ferait un point sur cette affaire jeudi après-midi.

Grégory Boudou est entendu dans le cadre d’une enquête portant sur des « détournements de fonds », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

Grégory Boudou, nommé exécuteur testamentaire de sa soeur dans le cadre de l’héritage contesté de la star Johnny Hallyday, est le gérant de la discothèque l’Amnésia, fondée par son père André Boudou au Cap d’Agde (sud-est de la France).

André Boudou avait été condamné en 2007 à 24 mois de prison dont 6 mois ferme pour fraude fiscale et abus de biens sociaux dans la gestion de sa discothèque.

Dans l’affrontement judiciaire autour de l’héritage de Johnny Hallyday, la famille de Laeticia a été visée par des critiques de plusieurs des proches de Laura Smet et David Hallyday – les deux premiers enfants du chanteur décédé – s’étonnant notamment de la présence d’Elyette Boudou, la grand-mère de Laeticia, à la tête des sociétés gérant les droits et l’image du chanteur ou de la désignation de Grégory Boudou comme exécuteur testamentaire.

Elyette Boudou, octogénaire, avait affirmé récemment au Midi Libre qu’elle avait été désignée malgré elle à cette place par sa petite-fille Laeticia.

« Je lui avais dit (à Laeticia ndlr) +il vaut mieux que tu mettes quelqu’un de plus jeune+ », avait-t-elle déclaré au journal.

Le patrimoine de Johnny Hallyday représenterait plusieurs dizaines de millions d’euros: propriétés, voitures de luxe et droits issus d’au moins un millier de chansons.

Romandie.com avec(©AFP / 04 avril 2018 11h21)                                            

Sonangol: la justice angolaise enquête sur la gestion d’Isabel dos Santos

mars 4, 2018
Isabel dos Santos, à Londres en octobre 2017. © REUTERS/Toby Melville/File Photo

Le parquet de Luanda a indiqué avoir ouvert une enquête après la découverte d’un transfert suspect de 38 millions de dollars, alors que la fille de l’ancien président dirigeait la compagnie.

La justice angolaise a ouvert vendredi une enquête sur un transfert suspect de 38 millions de dollars de la société pétrolière nationale Sonangol, réalisé alors qu’Isabel dos Santos en était la dirigeante. Ce virement aurait eu pour destination une société basée à Dubaï. Des « transferts financiers irréguliers » ont été signalés par la nouvelle direction de la Sonangol, ont indiqué les procureurs dans un communiqué.

Mercredi, le nouveau directeur général de Sonangol, Carlos Saturnino, avait critiqué avec virulence la gestion financière de l’ancienne dirigeante lors d’un point de presse.

« Nous avons pris nos fonctions le 16 novembre 2017, et sommes en mesure de prouver que l’ancien directeur financier a ordonné le transfert de 38 millions de dollars (28 millions d’euros) vers une société basée à Dubaï », a-t-il déclaré. Le transfert aurait été exécuté par l’établissement Banco BIC, une banque qui compte Isabel dos Santos parmi ses administrateurs.

À la tête de la Sonangol pendant 1 an

La fille de l’ancien président Jose Éduardo dos Santos avait été nommée à la tête de la Sonangol en novembre 2016, avant d’en être limogée un an plus tard par le nouveau président João Lourenço. Dès décembre, la nouvelle direction avait lancé un audit des comptes et vite découvert des transferts financiers suspects d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars. Carlos Saturnino n’est quant à lui pas un inconnu au sein de la maison, ayant lui-même été limogé de la compagnie pétrolière par Isabel dos Santos.

La lutte contre la corruption était l’un des thèmes de la campagne du nouveau président angolais, arrivé au pouvoir en août 2017. Il y a deux semaines, le Parlement a adopté une loi permettant aux citoyens et aux entreprises de rapatrier des capitaux frauduleusement placés à l’étranger sans être poursuivi jusqu’au mois d’août prochain.

Jeuneafrique.com par

Congo: Lamy Nguélé dénonce la gestion calamiteuse des établissements publics

décembre 23, 2017

 

Le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, Lamyr Nguélé  a dénoncé le 22 décembre à Brazzaville, la gestion calamiteuse de cinq établissements publics gangrenés par la corruption entravant ainsi leur fonctionnement. Il a, séance tenante, requis les services d’un huissier de justice pour saisir le procureur de la République à ce sujet.

Les cinq dossiers de malversations financières, concernent le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU), la gestion des fonds publics pour l’achat des antirétroviraux, la gestion des bourses des étudiants en formation à l’étranger, l’établissement des fausses déclarations de douane et la gestion des pensions de retraite.

Pour Lamyr  Nguélé, des crédits publics alloués au CHU n’ont pas respecté les règles en matière de l’orthodoxie financière. Sur une subvention de 4 milliards 800 millions par an, la part réservée à l’achat de médicament représente à peine 0, 4 %, soit la somme de 19 millions 44.000 francs CFA.

A ce sujet, il a recommandé l’audit sur la dette du CHU vis-à-vis de ses créanciers, qui se situe au tour de 8 milliards 268 millions 976.831 francs CFA.

De même, l’audit réalisé par  la commission de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude au sujet des pensions versée à la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF), a révélé que sur un total 7 milliards 997 millions 618. 882 francs CFA, décaissés au trésor public pour le paiement du mois de novembre et décembre 2016, cet argent n’a pas été versé aux retraités.

Lamyr Nguélé a dit sans ambages qu’il s’emploie ardemment à remplir simplement un devoir, de connivence avec le collège des commissaires de cette institution de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude.

Le président de l’institution de lutte contre  la corruption a remis, séance tenante à l’huissier de justice, Me Richard Elenga Otongo,  les trois dossiers sur cinq comportant les malversations financières des entités publiques, pour transmission au parquet, afin que les poursuites judiciaires soient engagées à l’égard de ces malfaiteurs économiques.

Il  a rassuré de ce fait que ces dossiers seront transmis.

 Par Marna Julie MANKENE 22 décembre 2017