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GIEC: Un rapport qui concerne directement le Canada, souligne le ministre Wilkinson

août 9, 2021

 

OTTAWA — Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, a régi par voie de communiqué, lundi, au rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

© Fournis par La Presse Canadienne

Dans le document de quelque 3000 pages, publié lundi, le GIEC annonce notamment que la hausse de la température de la planète, par rapport à l’ère préindustrielle, va atteindre le seuil de 1,5 degré Celsius dès la décennie 2030. On prévoit aussi une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.

Selon le ministre, le rapport a une résonnance particulière pour le Canada puisque le pays «se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète».

«Certaines régions de l’ouest et du nord du Canada présentent un rythme de réchauffement trois fois supérieur à la moyenne mondiale», précise le ministre Wilkinson.

Il dit croire que les nouvelles conclusions du GIEC vont influencer les discussions de la prochaine Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), en novembre.

«La science montre qu’il est essentiel que les pays en fassent plus pour lutter contre les changements climatiques, continuent d’appuyer l’atteinte de l’objectif fixé au titre de l’Accord de Paris visant à limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius et devancent l’échéance de cet objectif», soutient le ministre dans son communiqué.

Jonathan Wilkinson assure que «le Canada prend des mesures climatiques agressives pour éviter les pires répercussions causées par les changements climatiques». Il avance d’ailleurs que le gouvernement cherche toujours à se fixer des cibles plus ambitieuses.

Il insiste sur l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’embrasser les opportunités de développement économique liées à la transition écologique, mais aussi de s’adapter aux changements climatiques.

Avec La Presse Canadienne

Climat: urgence à agir pour tenir le cap des 2°C, l’énergie au coeur du défi

avril 13, 2014

BERLIN – Limiter à 2°C la hausse du thermomètre mondial par rapport à l’ère pré-industrielle est un défi encore possible à relever, ont affirmé dimanche les experts, mais cela exige une réduction, d’ici à 2050, de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre, qui ne cessent de croître.

Sans changement majeur et rapide dans le mix énergétique mondial très dépendant du charbon et du pétrole – gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) – le thermomètre mondial aura subi une hausse de 3,7 à 4,8°C à l’horizon 2100, préviennent les chercheurs du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) dans un document publié à Berlin.

Pour réduire drastiquement les émissions de GES, selon Ottmar Edenhofer, coprésident du groupe ayant rédigé le rapport, il va falloir éviter de remettre à plus tard les efforts dans ce sens et faire des investissements considérables pour produire et consommer différemment l’énergie.

Le message de la science est clair: pour éviter des interférences dangereuses avec le système climatique, nous devons changer d’approche, a déclaré Ottmar Edenhofer.

Les travaux du Giec servent de base scientifique aux difficiles négociations internationales qui doivent aboutir en 2015 à Paris à un accord ambitieux et contraignant pour réduire les émissions de GES et financer les actions d’adaptation.

Selon le Giec, non seulement les émissions de GES ne cessent de croître mais elles le font à une rythme de plus en plus élevé: 2,2% par an entre 2000 et 2010, décennie qui a vu un retour en force du charbon. La Chine et les Etats-Unis sont les deux principaux émetteurs de GES.

La tendance actuelle doit donc être inversée et le temps presse pour agir. Sans réduction des émissions avant 2030, il sera plus difficile de ne pas dépasser les 2°C et les options seront plus réduites, alertent les scientifiques. Les investissements dans les énergies bas carbone vont devoir tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050.

Dans les énergies bas carbone, le Giec classe les renouvelables, le nucléaire et les énergies fossiles associées à une capture et un stockage du carbone, qui sont aujourd’hui à un stade expérimental.

– Agir plus tard sera plus coûteux –

La précédente évaluation du Giec remonte à 2007: depuis, la communauté internationale s’est donné comme objectif de ne pas dépasser le seuil de 2°C pour éviter des impacts catastrophiques dans de nombreuses régions du globe. Depuis l’ère pré-industrielle, la Terre s’est déjà réchauffée à une vitesse inédite (+0,8°C).

Le Giec ne conduit pas d’études mais recense et évalue les recherches existantes. Le document publié dimanche est une synthèse, appelée résumé pour décideurs, d’un rapport faisant plusieurs centaines de pages.

Plus nous attendons, plus ce sera coûteux et plus les défis seront grands, a déclaré à l’AFP Youba Sokona, coprésident du groupe auteur du rapport.

Actuellement, la production d’énergie représente 35% des émissions, l’agriculture et la forêt 24%, l’industrie 21%, les transports 14% et le bâtiment 6%. Le CO2 est de loin (76%) le principal gaz à effet de serre.

Depuis 2000, les émissions de tous les secteurs sont en hausse, à l’exception des forêts grâce au ralentissement de la déforestation.

En plus d’un tournant vers une production d’énergie émettant moins de CO2, une meilleure efficacité énergétique des bâtiments, des processus industriels et des modes de transports est incontournable. Le développement de la capture et du stockage de carbone semble une absolue nécessité.

L’instauration de normes plus contraignantes, la mis en place de taxes basées sur les émissions (taxe carbone) et de marchés du carbone, la réduction des subventions aux énergies fossiles sont d’autres leviers possibles.

Les actions de reforestation seront un facteur important pour absorber du CO2 présent dans l’atmosphère.

Ce rapport est très clair sur le fait que nous sommes face à une question de volonté mondiale et non de capacité à agir pour ne pas dépasser les 2°C, a réagi John Kerry, secrétaire d’Etat américain. Christina Figueres, responsable climat à l’ONU, a affirmé: le monde peut encore combattre le changement climatique mais à la condition que les nations soient collectivement plus ambitieuses.

Pour Samantha Smith, responsable climat et énergie au WWF International, ceux qui disent que c’est trop difficile et trop cher ont tort, car sans action immédiate, les coûts vont s’accroître, tout comme les impacts.

Ces travaux viennent compléter l’évaluation 2013-2014 du Giec après deux rapports sur les preuves du changement climatique et ses impacts.

Le rapport de 2007 avait grandement participé à la prise de conscience du réchauffement inédit de la planète et à la responsabilité des activités humaines.

Romandie.com avec(©AFP / 13 avril 2014 15h14)