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Togo: Gilchrist Olympio se retire de la vie politique et demande à Faure Gnassinbé de ne pas se représenter

novembre 29, 2017

Gilchrist Olympio, fils du premier président du Togo, Sylvanus Olympio, et dirigeant de l’UFC., à Paris en 2011. © Vincent Fournier/JA

Ancien opposant historique aux régimes successifs de Eyadema et Faure Gnassingbé, Gilchrist Olympio a annoncé son retrait de la vie politique. Dans sa dernière intervention, celui qui a accepté de signer un accord avec le parti au pouvoir, demande « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ».

A bientôt 80 ans, Gilchrist Olympio vient de provoquer ce 28 novembre un mini-séisme politique en annonçant son retrait de la vie politique du Togo après près de 50 ans d’opposition acharnée aux régimes de feu Gnassingbé Eyadema et de Faure Gnassingbé, qui lui a succédé en 2005. « L’avenir de l’UFC, de la contestation politique, et du Togo, devront demain être imaginés et poursuivis par des jeunes hommes et femmes de moins de 80 ans », a indiqué celui qui a repris le flambeau politique de son père, Sylvanus Olympio, premier président de la République togolaise assassiné lors d’un coup d’État le 13 janvier 1963.

Bilan au vitriol de l’accord avec le parti au pouvoir

Très actif ces dernières semaines en coulisses dans la tentative de résolution de la crise politique qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, l’emblématique patron de l’Union des forces de changement a crée la surprise, tant par l’annonce de son retrait que par le bilan qu’il a livré de l’accord signé par l’UFC avec l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), auquel a succédé en 2012 l’Union pour la République (Unir).

Les espérances de changement et notre vision d’un Togo nouveau sont toujours à réaliser

Cet accord, signé en 2010 entre les deux principaux partis du paysage politique de l’époque sous l’égide de la Communauté de Sant’Egidio, a notamment permis à des membres de l’UFC de faire leur entrée au gouvernement. L’accord « demandait au RPT les mêmes concessions qui sont aujourd’hui encore réclamées par les manifestants », a indiqué Gilchrist Olympio.

« Force est de constater que les termes de cet accord ne sont pas entièrement réalisés. Malgré ces insuffisances,  nous avons fait le difficile choix de rester fidèle à notre engagement, conscients du fait que les espérances de changement et notre vision d’un Togo nouveau sont toujours à réaliser », a-t-il poursuivi.

Appel à l’union de l’opposition

Pour ce qui pouvait être considéré comme une dernière prise de parole publique en tant que chef de parti, l’octogénaire a appelé l’opposition – qui a renouvelé ses appels à manifester pour les 29 et 30 novembre – à ne pas se laisser prendre en otage par le cycle de la violence.

« Nous devons avoir le courage de dénoncer fermement les incitations à la haine véhiculées à travers les réseaux sociaux, de même que les actes de violence qui ont été commis au cours des manifestations », a lancé celui qui a affronté feu le président Eyadema lors de la présidentielle de 1998.

Pour sortir de la crise, Gilchrist Olympio propose « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ».  Au président Faure Gnassingbé, il demande d’accepter « le principe de ne pas se représenter à la présidentielle de 2020, afin de laisser le champ libre à une consultation démocratique libre ». Réclamant une union de l’opposition, il a souhaité « un projet clair et responsable pour préparer la compétition d’idées à laquelle tous les partis devront prendre part ».

Avec deux députés, il est difficile aujourd’hui à l’UFC de s’ériger en donneur de leçons

Contacté par Jeune Afrique, Atcholi Aklesso, secrétaire exécutif du parti au pouvoir, tempère les critiques et dit même sa « satisfaction ». Aklesso préfère souligner « dans cette déclaration de l’UFC, la condamnation de la violence, le refus du procès en patronyme et la reconnaissance des avancées significatives obtenues depuis l’arrivée au pouvoir du Président Faure Gnassingbé relativement au développement économique du pays ».

Atcholi Aklesso remet cependant en cause la légitimité de la voix d’Olympio : « Avec deux députés, il est difficile aujourd’hui à l’UFC de s’ériger en donneur de leçons, même si nous saluons sa participation au gouvernement dont il salue d’ailleurs les réalisations. »

« Il est important de faire remarquer qu’il appartient à l’Unir de décider en temps opportun et à l’issue d’un débat interne, de qui portera ses couleurs [en 2020, NDLR], et ce conformément aux lois en vigueur », a conclu le secrétaire exécutif de la majorité.

Jeuneafrique.com par – Correspondant à Lomé

Togo : le chef de l’opposition candidat à la présidentielle de 2015

octobre 12, 2014

Jean-Pierre Fabre, le chef de l'opposition togolaise.
Jean-Pierre Fabre, le chef de l’opposition togolaise. © AFP

Le chef de l’opposition togolaise, Jean Pierre Fabre, a été investi samedi soir par les militants de son parti pour la présidentielle de 2015, à l’issue d’un congrès à Lomé, a constaté un journaliste de l’AFP.

« J’ai compris votre message et votre appel au renouveau du Togo. Oui, j’accepte la mission que vous me confiez pour la victoire en 2015 », a déclaré M. Fabre devant plusieurs centaines de militants et sympathisants de son parti.

M. Fabre, 62 ans, devient le deuxième candidat de l’opposition à ce scrutin, dont la date précise n’est pas encore connue. Il avait déjà été candidat malheureux à la présidentielle de 2010.

Début août, l’homme d’affaires Alberto Olympio, neveu de l’ex-opposant farouche Gilchrist Olympio, avait été investi par sa formation politique, le Parti des Togolais.

Les multiples tractations entamées depuis mi-août par le Collectif Sauvons le Togo et la Coalition Arc-en-ciel – les deux grands regroupements de l’opposition – pour désigner un seul candidat à la présidentielle n’ont rien donné pour le moment.

« Mettre fin à ce régime implacable »

« L’heure a sonné pour mettre fin à ce régime implacable, qui s’est employé des décennies durant à saper les fondements de notre Nation. Nous devons continuer de nous battre sans répit pour obtenir les réformes politiques en vue d’une élection transparente et crédible », a déclaré M. Fabre.

Le président Faure Gnassingbé n’a pas encore annoncé s’il allait se présenter à à l’élection présidentielle, mais il est probable qu’il cherche à briguer un troisième mandat, d’autant que l’actuelle Constitution l’y autorise.

Porté au pouvoir par l’armée à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a gouverné le pays d’une main de fer pendant 38 ans, Faure Gnassingbé a remporté en 2005 et 2010 des scrutins présidentiels dont les résultats ont été contestés par l’opposition.

Réformes constitutionnelles

Un projet de loi prévoyant des réformes constitutionnelles réclamées de longue date par l’opposition, dont l’élection du Président au suffrage universel à deux tours (contre un tour actuellement), pour deux mandats de 5 ans au maximum, a été rejeté le 30 juin par les députés de l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir), majoritaires à l’Assemblée Nationale avec 62 sièges sur 91.

Plusieurs voix se sont élevées ces derniers jours, dont celles des Églises et de l’Union européenne, pour demander la mise en place de réformes politiques avant le scrutin présidentiel.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo: formation d’un nouveau gouvernement, toujours 7 postes pour l’opposition

juillet 31, 2012
Togo: formation d'un nouveau gouvernement, toujours 7 postes pour l'opposition Togo: formation d’un nouveau gouvernement, toujours 7 postes pour l’opposition © AFP

Un nouveau gouvernement, comprenant plusieurs membres de l’Union des forces de changement (UFC), le principal parti d’opposition, a été nommé mardi par le président togolais Faure Gnassingbé, selon un décret présidentiel lu mardi à la télévision nationale.

Dans ce cabinet de 31 membres, comme précédemment, l’UFC détient toujours sept postes ministériels, dont celui des Affaires étrangères, conservé par Elliott Ohin.

En mai 2010, ce parti d’opposition avait fait son entrée pour la première fois au gouvernement suite à un « accord » signé avec le parti au pouvoir.

L’UFC est dirigée par Gilchrist Olympio, fils du premier président togolais Sylvanus Olympio, assassiné en 1963.

Le gouvernement comprend dix nouveaux ministres tandis que dix autres ont été remerciés, dont le ministre de la Sécurité et de la protection sociale, le colonel Gnama Latta, remplacé par le colonel Damehane Yark, actuel directeur de la gendarmerie.

La nouvelle équipe gouvernementale est également marquée par le départ de l’un des fidèles du président Faure Gnassingbé, le ministre de l’administration territoriale Pascal Bodjona.

Aucune personnalité du collectif « Sauvons le Togo » ne figure parmi les ministres, ses responsables ayant refusé de prendre part au gouvernement.

Ce collectif a organisé ces dernières semaines une série de manifestations à Lomé pour dénoncer notamment l’adoption par l’Assemblée nationale – où le parti du pouvoir est majoritaire – d’une loi modifiant certaines dispositions du code électoral, alors qu’un scrutin législatif doit avoir théoriquement lieu en octobre.

« Sauvons le Togo » regroupe neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements politiques de l’opposition, dont l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre et l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo.

Jeuneafrique.com avec AFP