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Mort de Gina Lollobrigida : les 5 films qui ont marqué sa carrière

janvier 16, 2023

La star italienne aura baladé son peu farouche caractère partout dans le monde, illuminant de sa charismatique présence le cinéma italien, français et américain.

Gina Lollobrigida, inoubliable Esmeralda.
Gina Lollobrigida, inoubliable Esmeralda.© PANITALIA PARIS FILM PRODUCTIONS / Collection ChristopheL via AFP

Gina Lollobrigida, qui vient de nous quitter à l’âge de 95 ans, fait partie de ces actrices italiennes que l’on n’oublie pas, une fois que l’on a croisé leur regard pénétrant. Dans les années 1950, la comédienne se fait une place à Cinecittà et dans le cœur du public avec des comédies que l’on dit volontiers légères, mais qui la hissent en quelques apparitions au firmament des stars de cinéma. Parfois mésestimée à tort, Gina fait pourtant partie des grandes (en dépit de son petit mètre cinquante-deux), au même titre que Silvana Mangano, dont elle se veut la concurrente à ses débuts, et plus espiègle que la racée Sophia Loren. Une chose est certaine, l’actrice aura réussi à séduire les metteurs en scène du monde entier, de Comencini à John Huston, en passant par Carol Reed ou Jean Delannoy qui, tous, trouveront dans son regard noir et son charisme naturel une source d’inspiration.

Il faut dire que la comédienne ne manque ni de talent ni de caractère. Au début des années 1950, elle est repérée dans un roman-photo par Howard Hughes, célèbre milliardaire, aviateur et producteur dangereusement obsédé par les actrices… Le séjour hollywoodien de la jeune Romaine se passe très mal : horrifiée par les contraintes que son nouveau patron lui impose (il la cloître carrément dans une chambre d’hôtel), elle claque la porte. Retour à la case Europe où sa carrière prend son envol. Où ses passions prennent le dessus. Documentariste le temps d’une interview de Castro (son Portrait de Fidel, en 1972, fut en son temps un vrai scoop), photographe et sculptrice, elle fut aussi candidate malheureuse au Parlement européen en 1999… Mais c’est pour sa carrière d’actrice que l’on se souviendra d’elle.

Fanfan la Tulipe, de Christian-Jacque (1952)

Hasard des coproductions franco-italiennes très en vogue à l’époque, Christian-Jaque réunit à l’affiche de son film de cape et d’épée l’une des rares réussites du genre dans l’histoire du cinéma français, un couple improbable et irrésistible : Gérard Philippe, comédien poétique et cérébral, et Gina Lollobrigida, sex-symbol volcanique. Adeline, le personnage que joue la belle Romaine, feint d’être une diseuse de bonne aventure pour se jouer des hommes (elle est en réalité la fille du sergent-recruteur que joue Noël Roquevert) avant de succomber au charme de l’aventurier Fanfan. Le rôle permet à Lollobrigida de déployer son remarquable sens du tempo comique.

Pain, Amour et Fantaisie, de Luigi Comencini (1953)

Premier d’une série de délicieuses comédies italiennes intitulées Pain, Amour et…, ce film de Luigi Comencini offre à Gina Lollobrigida l’occasion de partager l’affiche avec Vittorio De Sica, irrésistible dans le rôle d’un maréchal des carabiniers séducteur qui a du mal à s’acclimater à son nouveau poste. C’est que le village (imaginaire) de Sagliena est si tranquille qu’il n’y a rien à y faire sinon à marivauder. La jeune Maria dite « La Bersaglière » que joue Gina Lollobrigida est une amoureuse éperdue, une jeune fille pleine de fougue et de malice. Le rôle (qui lui vaut plusieurs récompenses) fait beaucoup pour la réputation d’actrice de Gina Lollobrigida, jusqu’alors réduite par la profession à ses allures de pin-up.

Trapèze, de Carol Reed (1956)

Quatre ans après l’immense succès du Plus grand chapiteau du monde signé Cecil B. DeMille, Trapèze est confié au Britannique Carol Reed (Le Troisième Homme). Le film est tourné en France au Cirque d’Hiver Bouglione. Gina Lollobrigida y incarne l’arrogante Lola qui va faire tourner les têtes de Mike (Burt Lancaster), ancien trapéziste devenu accessoiriste après un grave accident, et le fringuant Tino (Tony Curtis), en passe de devenir la vedette du crirque. Ce long-métrage est produit par Lancaster, ancien trapéziste lui-même, bien décidé à tourner en Europe. Gina Lollobrigida trouve ainsi dans ce film à grand spectacle destiné à un public familial l’occasion d’offrir sa frimousse au grand public américain (trois ans après avoir tourné pour John Huston dans Plus fort que le diable aux côtés de Bogart et de Jennifer Jones), dans un rôle certes un brin ingrat, qui lui permettra cependant de tirer avantageusement son épingle du jeu. 

Notre-Dame de Paris, de Jean Delannoy (1956)

Sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert et Jean Aurenche, l’adaptation en 1956 – et pour la première fois en couleurs – du roman de Hugo par Jean Delannoy aura marqué les esprits. Et pour cause : le couple formé par Anthony Quinn et Gina Lollobrigida fait entrer à jamais dans la légende le couple Quasimodo-Esmeralda. L’actrice italienne offre une prestation prompte à réchauffer un film jugé parfois un peu terne. La séquence dans laquelle la belle brune danse, sensuelle, dans sa robe couleur sang, sur le parvis de Notre-Dame, sur la musique de Georges Auric, reste un moment culte du cinéma français. 

Les Aventures de Pinocchio, de Luigi Comencini (1972)

Les amoureux du roman de Carlo Collodi ne jurent que par cette adaptation très fidèle (un feuilleton pour la RAI en cinq épisodes qui sera remonté en film en 1975) signée du grand cinéaste de l’enfance qu’était Luigi Comencini. Coiffée d’une longue chevelure bleue, Gina Lollobrigida incarne la seule figure féminine de l’œuvre, la Fée, qui peut accorder à la marionnette Pinocchio son souhait de devenir « un vrai petit garçon ». Alors que dans le film, l’actrice est une présence radieuse, elle fut sur le plateau une véritable adversaire pour le petit garçon qui jouait Pinocchio, Andrea Balestri, au point d’échanger avec lui des insultes en dialecte romain.

Avec Le Point par Florence Colombani et Fabrice Dupreuilh

Abus sexuels: Gina Lollobrigida, elle aussi victime, dénonce le déballage

novembre 9, 2017

 

Abus sexuels : Gina Lollobrigida, elle aussi victime, dénonce le déballage

Gina Lollobrigida a raconté avoir été victime d’agressions sexuelles mais estimé qu’il fallait « avoir le courage » de les dénoncer sur le moment.@ ANDREAS SOLARO / AFP
« Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité », a déclaré l’ancienne sex-symbole, âgée aujourd’hui de 90 ans.

L’actrice italienne Gina Lollobrigida a raconté avoir été victime d’agressions sexuelles mais estimé qu’il fallait « avoir le courage » de les dénoncer sur le moment, et non des années plus tard. « Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité », a déclaré l’ancienne sex-symbole, âgée aujourd’hui de 90 ans, interrogée sur les scandales sexuels qui secouent l’industrie du cinéma, lors d’une émission de télévision diffusée mercredi soir.

« Même moi je n’ai pas eu ce courage. Je me suis tue. »

« Il fallait avoir le courage » de dénoncer les faits sur le moment, « mais même moi je n’ai pas eu ce courage. Je me suis tue, je n’ai rien dit », a-t-elle ajouté. S’exprimant avec peu de mots et une grande dignité, elle a expliqué avoir subi à deux reprises dans sa vie des agressions sexuelles « assez graves », de la part d’un étranger et d’un Italien.

« La première fois, j’étais innocente, je ne connaissais pas l’amour, je ne connaissais rien. Donc, c’était grave. Et la personne était très connue. J’avais 19 ans, j’allais encore au lycée », a déclaré l’actrice née en 1927. « La seconde fois, il vaut mieux ne pas en parler », a-t-elle ajouté, révélant juste que c’était après son mariage en 1949 avec le médecin Milko Skofic, dont elle a eu un fils avant de divorcer 20 ans plus tard. « Les agressions sexuelles, quand il s’agit de plus, cela reste en toi et cela marque ton caractère. C’est quelque chose que tu ne peux pas retirer de toi. Cela reste en toi. Tes actions sont toujours soumises à ce souvenir terrible », a-t-elle confié.

Les langues se délient.

Un mois après les révélations du New York Times et du New Yorker sur le producteur déchu Harvey Weinstein, accusé depuis par une centaine d’actrices ou ex-collaboratrices de harcèlement, agression sexuelle ou viol, les langues se sont déliées et d’autres idoles sont tombées. En Italie, plusieurs actrices ont pris la défense du réalisateur Giuseppe Tornatore, auteur de Cinema Paradiso en 1988, Oscar du meilleur film étranger en 1990, accusé d’avoir importuné une actrice il y a 20 ans, ce qu’il a démenti.

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