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L’Italie plonge dans la crise politique

août 9, 2019

FILE PHOTO: Italy's Minister of Labor and Industry Luigi Di Maio, Prime Minister Giuseppe Conte and Interior Minister Matteo Salvini leave at the end of a news conference after a cabinet meeting at Chigi Palace in Rome

Luigi Di Maio, Giuseppe Conte et Matteo Salvini, en 2018, à Rome. Remo Casilli/REUTERS

 

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a pris ses adversaires de court en réclamant des élections anticipées. Crédité d’une large avance dans les sondages, il espère pouvoir gouverner seul à l’issue du scrutin.

Ceux qui espéraient encore éviter une crise politique en Italie ont dû se rendre à l’évidence. La langueur estivale est finie et la politique a repris ses droits. Le réveil a été sonné par Matteo Salvini, chef de La Ligue et vice-premier ministre, jeudi soir, dans un communiqué où il annonçait son envie de «rapidement redonner le choix aux électeurs». Vendredi, son parti s’est exécuté en déposant une motion de censure devant le Sénat, ce qui signe presque de facto la chute de gouvernement et de l’improbable coalition à la tête de l’Italie depuis mars 2018.

Les tensions entre les partenaires gouvernementaux, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) étaient certes connues, mais la brutalité de la décision des leghisti a pris tout le monde de court, à commencer par ses ex-alliés. Luigi Di Maio, le chef de M5S et lui aussi vice-premier ministre, a accusé Salvini de vouloir capitaliser sur ses bons sondages, sans se soucier de l’intérêt des Italiens. Plus étonnant, l’habituellement très silencieux premier ministre, Giuseppe Conte, a lui aussi fait montre de son agacement, rappelant que ce «n’est pas au ministre de l’Intérieur de déclencher une crise».«Le gouvernement travaille. Il n’est pas à la plage», a-t-il expliqué, dans une critique à peine voilée de Matteo Salvini dont les photos, dansant torse nu sur le sable, s’étalent sur les réseaux sociaux. Ce dernier justifie sa colère par des «blocages» au sein du gouvernement, notamment ceux entourant la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, que la Ligue soutient, mais dont le M5S ne veut pas entendre parler.

Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives.

Ces récriminations n’enfoncent qu’un peu plus l’Italie dans l’incertitude. Si l’hypothèse d’une élection anticipée apparaît quasi certaine, le chemin qui mène aux urnes, lui, ne l’est pas. Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives. Les complexes lois italiennes lui offrent plusieurs possibilités, notamment maintenir l’actuel exécutif pour expédier les affaires courantes ou nommer un gouvernement technique. Il peut aussi tenter de gagner du temps, ou accélérer le calendrier. Matteo Salvini penche clairement pour cette dernière option. Il a déjà réclamé une convocation extraordinaire du Parlement, pour l’instant en vacances, sommant, avec son habituel langage fleuri, les élus «de se bouger le cul».

La présidente du Sénat a convoqué les chefs des groupes parlementaires de la Chambre haute lundi pour établir avec eux la date à laquelle sera discutée la mention de censure contre le gouvernement. À la Chambre des députés, cette réunion est prévue mardi midi. Selon les médias italiens, la Ligue voudrait que les élections législatives se déroulent dans la seconde moitié d’octobre.

L’extraordinaire poussée de son parti

En précipitant le retour aux urnes, Matteo Salvini, en position de force, fait en réalité un pari. Celui de pouvoir gouverner seul avec La Ligue ou, au pire, avec les nationalistes de Fratelli d’Italia, dont les voix lui sont déjà acquises. L’extraordinaire poussée de son parti a, en 14 mois de pouvoir, inversé le rapport de force au sein de l’ex-coalition. La Ligue est aujourd’hui créditée de 36, voire 38 % des intentions de vote (contre 17 % en 2018), tandis que le M5S ne cesse de s’effondrer, avec des sondages autour de 17 %, la moitié de son score de 2018.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi. Elle peut certes faciliter la formation de la prochaine Commission européenne. Les capitales ayant jusqu’au 26 août pour nommer leur commissaire, la confusion actuelle obligerait le premier ministre Giuseppe Conte à désigner un technocrate. «Cela serait beaucoup plus facile à gérer qu’un candidat issu de la Ligue», confie un diplomate. Mais il s’agit de l’unique point positif. L’hypothèse d’un raz-de-marée d’extrême droite provoque des sueurs froides. Ayant toujours fustigé les «diktats» de Bruxelles, le patron de la Ligue pourrait prendre une série de décisions jugées dangereuses pour l’Italie et l’Union européenne. Le gouvernement de Giuseppe Conte avait accepté de diminuer le déficit public du pays. «Avec Salvini au pouvoir, ces engagements s’évaporeront», pronostique un fonctionnaire européen.

Le Figaro.fr par Tanguy Berthemet

États-Unis/Italie: Trump et Conte défendent la fermeté de Washington et Rome sur l’immigration

juillet 30, 2018

Donald Trump et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, s’apprêtent à donner une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a salué lundi la fermeté sur l’immigration du nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, reçu avec chaleur à la Maison Blanche, où le président des Etats-Unis a mis l’accent sur ses affinités avec ce dirigeant européen populiste.

« Nous sommes tous les deux des outsiders en politique », a lancé le milliardaire républicain lors d’une conférence de presse commune.

« Mon gouvernement et l’administration Trump représentent tous deux le changement. Ils ont été choisis par les citoyens pour changer le statu quo et améliorer leurs conditions de vie », a renchéri Giuseppe Conte.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique devait lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-Premiers ministres qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Le président du Conseil italien a en tout cas reçu un hommage appuyé de Donald Trump pour sa politique migratoire résolument ferme — adoptée sous l’impulsion de Matteo Salvini, également ministre de l’Intérieur.

« J’ai décrit au président Trump l’approche novatrice de l’Italie », a-t-il dit, assurant que, grâce au bras de fer engagé par Rome, le reste de l’Union européenne avait désormais la « responsabilité de ne pas laisser toute la charge de la gestion de l’immigration sur les épaules des pays » en première ligne face aux arrivées par la mer Méditerranée.

Le président américain Donald Trump (à droite) reçoit le premier ministre italien Giuseppe Conte, dans le Bureau ovale, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

« C’est un homme qui fait un travail formidable », « je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a estimé le président américain, qui en a profité pour plaider la cause d’une réforme restrictive sur l’immigration aux Etats-Unis, qu’il peine à imposer au Congrès.

« Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil », a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’UE.

« Giuseppe » et « Donald » ont échangé plusieurs marques de chaleur et de proximité tout au long de leur rencontre, comme ils avaient commencé à le faire lors du sommet du G7, début juin au Canada, lorsque M. Trump avait trouvé le Premier ministre italien « super ». Ce dernier a assuré que son interlocuteur américain avait reconnu le rôle de l’Italie en faveur de la stabilisation de la Libye.

– Amis de la Russie –

Autre point commun entre les deux hommes: leur volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

Photo des dirigeants du G7, le 8 juin 2018 à La Malbaie, au Canada / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

« L’Italie est favorable à un dialogue avec la Russie, mais l’Italie considère également que le dialogue entre les Etats-Unis et la Russie est fondamental », a dit l’Italien alors que le récent sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine a été vivement critiqué à Washington. Il a aussi estimé que les sanctions contre Moscou ne devaient pas être « une fin en soi », tout en reconnaissant qu’elles ne pourraient pas être levées du jour au lendemain.

Tout en défendant à nouveau sa « magnifique rencontre » avec le président russe, l’Américain a lui tenu à préciser que les sanctions américaines contre la Russie seraient « maintenues en l’état », soucieux de ne pas donner prise à ceux qui l’accusent de faiblesse face au maître du Kremlin.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Donald Trump a toutefois estimé que « quelque chose » serait fait pour réduire le déficit commercial américain à l’égard de l’Italie.

Selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain « risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend » avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 22h02)

Migrants: si la France ne s’excuse pas, mieux vaut annuler la rencontre Conte-Macron (Salvini)

juin 13, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a estimé mercredi que sans « excuses officielles » de la France il valait mieux annuler la rencontre prévue vendredi entre le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

« Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en n’allant pas en France » pour ce sommet, a déclaré à des journalistes M. Salvini, qui est aussi le patron de la Ligue (extrême droite) .

M. Macron avait dénoncé mardi la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », qui a refusé d’accueillir le navire Aquarius avec plus de 600 migrants à son bord tandis que le porte-parole de son parti La République en marche, Gabriel Attal, a déclaré que la position de l’Italie était « à vomir ».

« Le gouvernement italien considère inacceptables les paroles utilisées dans des déclarations publiques hier à Paris », ajoute mercredi un communiqué du ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi, qui avait convoqué dans la matinée l’ambassadeur de France en Italie.

C’est finalement la numéro deux de l’ambassade, Claire Anne Raulin, qui s’est rendue à cette convocation, l’ambassadeur ne se trouvant pas à Rome.

Selon M. Moavero, « de telles déclarations compromettent les relations entre l’Italie et la France ».

« Les tons utilisés sont injustifiables » et même si M. Moavero « comprend qu’un Etat ami et allié puisse être en désaccord avec les positions d’un autre Etat, le désaccord doit être exprimé d’une manière et dans des formes cohérentes avec un tel rapport d’amitié ».

Dans un ton très diplomatique, M. Moavero réclame lui aussi des excuses de la part de la France.

« Le gouvernement italien souhaite que les autorités françaises, une fois faites les réflexions opportunes, assument rapidement des initiatives de nature à réparer la situation qui s’est créée », a conclu M. Moavero.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 11h19)                                                        

Les populistes au pouvoir en Italie, Giuseppe Conte Premier ministre

mai 31, 2018

L’Italie s’est dotée jeudi soir d’un gouvernement populiste avec la nouvelle désignation de Giuseppe Conte au poste de Premier ministre, après un compromis auquel sont parvenus les chefs de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite).

Cette fois, le président Sergio Mattarella a validé la liste des membres de l’équipe gouvernementale âprement négociée par les deux alliés pour appliquer le programme anti-austérité et sécuritaire sur lequel ils s’étaient accordés il y a près de deux semaines.

Les deux dirigeants des antisystème et de l’extrême droite, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, deviennent ainsi vice-Premiers ministres, le premier étant chargé du Développement économique et le second de l’Intérieur, a annoncé dans la soirée Giuseppe Conte

Le ministère de l’Économie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d’économie politique proche des idées de la Ligue en particulier sur la baisse radicale et la simplification des impôts, mais résolument en faveur du maintien de l’Italie dans l’euro.

Paolo Savona, l’économiste de 81 ans au départ pressenti pour ce poste, mais qui faisait peur à l’Union européenne parce qu’il prône un « plan B » contre l’euro, est quant à lui ministre des Affaires européennes.

Et c’est le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d’Enrico Letta (2011-2014), qui est placé aux Affaires étrangères.

Le gouvernement doit prêter serment vendredi à 16H00 (14H00 GMT).

« Toutes les conditions sont réunies pour un gouvernement politique M5S/Ligue », avaient annoncé Luigi di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue) dans un communiqué transmis par le M5S à l’issue d’une après-midi de discussions venue conclure près de trois mois de tractations.

Dans la foulée, Carlo Cottarelli, qui avait été chargé lundi de former un gouvernement d’experts après l’échec de la première tentative de M. Conte, avait remis son mandat au président jeudi soir, ouvrant la voie à la convocation de M. Conte.

Ce dernier, un juriste de 53 ans novice en politique choisi par MM. Di Maio et Salvini il y a deux semaines, avait encore assuré dans la matinée son cours de droit privé à Florence.

Déjà nommé il y a huit jours, il avait jeté l’éponge dimanche soir après le veto du président à la nomination de M. Savona.

Selon des sources à la présidence, la prestation de serment du nouveau gouvernement pourrait avoir lieu dès vendredi matin. Les médias évoquent un discours de politique générale et un vote de confiance lundi et mardi dans les deux chambres du Parlement.

– Les Italiens pour l’euro –

« Engagement, cohérence, écoute, travail, patience, bon sens, tête et coeur pour le bien des Italiens. Peut-être qu’on y est enfin, après tant d’obstacles, d’attaques, de menaces et de mensonges », s’est réjoui M. Salvini sur Facebook.

Même si le chef du gouvernement sortant, Paolo Gentiloni, est toujours en place, le temps presse : l’Italie aurait besoin d’un Premier ministre pour le défilé militaire de samedi, le jour de la fête nationale, et pour le G7 de La Malbaie la semaine prochaine au Canada.

Alors qu’une extrême incertitude a prévalu toute la journée de jeudi, les marchés financiers ont maintenu leurs gains de mercredi.

La Bourse de Milan a terminé à l’équilibre, avec une baisse de 0,06% au lendemain d’une hausse de 2%, et le « spread », l’écart très surveillé entre les taux allemand et italien à dix ans qui avait franchi la barre des 300 points mardi, a continué à baisser pour atteindre 238 points.

Selon deux sondages diffusés mercredi par les médias, entre 60 et 72% des Italiens souhaitent un maintien dans l’euro et M. Di Maio répète que le M5S ne souhaite pas un abandon par son pays de la monnaie européenne. La position de la Ligue est moins claire : M. Salvini n’envisage pas une sortie unilatérale mais considère l’euro comme un échec et que l’UE devra tôt ou tard y renoncer.

Romandie.com avec (©AFP / 31 mai 2018 22h34)

Italie: les chefs de file des populistes furieux après le retrait de Conte

mai 27, 2018

Rome – Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file des antisystème et de l’extrême droite en Italie, ont exprimé leur fureur dimanche soir après que Giuseppe Conte, le Premier ministre qu’ils avaient choisi, a jeté l’éponge.

Le président italien Sergio Mattarella a en effet refusé de nommer un ministre de l’Économie et des Finances opposé à l’euro.

« Nous avons travaillé pendant des semaines pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu’un (sur la pression de qui ?) nous a dit NON », a réagi M. Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), sur les réseaux sociaux.

« Nous ne serons plus jamais les larbins de personne. L’Italie n’est pas une colonie, nous ne sommes pas les esclaves des Allemands ou des Français, du spread (l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemand et italien, ndlr) ou de la finance », a-t-il insisté.

« Les Italiens d’abord. Moi je ne lâche rien », a-t-il ajouté.

M. Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (antisystème), était encore plus furieux et amer, dans une vidéo diffusée sur Facebook.

« Il y a un grand problème en Italie : la démocratie », a-t-il estimé, jugeant « incompréhensible » le veto mis par M. Mattarella sur Paolo Savona, un vieux routier de la finance et ancien ministre, mais qui considère l’euro comme « une prison allemande ».

« Nous étions prêts à gouverner et on nous a dit non, parce que le problème est les que les agences de notation dans toute l’Europe étaient inquiètes à cause d’un homme qui allait devenir ministre de l’Économie », a-t-il expliqué.

« Alors disons-le clairement qu’il est inutile d’aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2018 19h28)                                                        

Italie: Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

mai 27, 2018

Giuseppe Conte sort d’un entretien avec le président italien Sergio Mattarella, le 27 mai 2018 à Rome / © AFP / Vincenzo PINTO

Giuseppe Conte a renoncé dimanche, après avoir été reçu par le président italien Sergio Mattarella, à être Premier ministre, alors qu’il avait été désigné pour occuper ces fonctions par les antisystème et l’extrême droite, a annoncé dimanche soir la présidence.

« Le Président du conseil désigné Giuseppe Conte a remis son mandat au président Mattarella », a annoncé le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti, à l’issue d’une entrevue entre les deux hommes.

M. Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l’Etat accepte pour que celle-ci soit effective.

« Je peux vous assurer que j’ai fourni le maximum d’efforts et d’attention pour mener à bien cette tâche et l’avoir fait dans un climat de pleine collaboration avec les responsables des forces politiques qui m’ont désigné », a déclaré M. Conte devant la presse.

Giuseppe Conte, qui a renoncé dimanche à diriger le gouvernement d’union antisystème/extrême droite, est un avocat et professeur de droit de 53 ans, inconnu du grand public et jusqu’à présent très éloigné du monde politique.

« Je suis très fier de ce nom, parce qu’il représente la synthèse entre la Ligue et le M5S », a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles.

Avant mercredi, la seule apparition publique dans un contexte politique de cet universitaire discret à la mèche brune rebelle datait d’avant les élections du 4 mars, quand le M5S l’avait présenté comme possible ministre de l’Administration publique.

« C’est un expert absolu en simplification, +débureaucratisation+, rationalisation de la machine administrative que tant de nos entreprises demandent », assure Matteo Salvini, patron de la Ligue.

Les deux hommes avaient proposé lundi le nom de M. Conte au président italien Sergio Mattarella, qui a temporisé, redoutant que cet inconnu ne fasse pas le poids devant les ténors des partis qui l’ont choisi et qui devraient être ses ministres.

Né en 1964 à Volturara Appula, village de 500 habitants dans les Pouilles (sud), Giuseppe Conte a grandi auprès d’un père secrétaire communal et d’une mère maîtresse d’école à San Giovanni Rotondo, la ville de Padre Pio, le saint le plus révéré d’Italie.

Il est le premier chef de gouvernement originaire du sud de l’Italie depuis près de 30 ans. « C’est quelqu’un qui vient de la périphérie de ce pays (…), qui s’est fait tout seul, un dur », a assuré M. Di Maio.

Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à la Villa Nazareth, une université catholique pour étudiants défavorisés à Rome.

Son CV évoque ensuite des séjours de « perfectionnement » pendant l’été dans les universités les plus prestigieuses du monde: Yale, New York University la Sorbonne, Cambridge…

– Polémique sur son CV –

Ces quelques lignes ont provoqué une polémique parce que plusieurs de ces établissements, interrogés par l’AFP, ont expliqué ne pas avoir pas trace de lui. Ses séjours étaient essentiellement des activités de recherches personnelles dans les bibliothèques des établissements.

Dans le même temps, il a enseigné dans des facultés de droit en Sardaigne, à Rome, à Florence et à Malte et était jusqu’à récemment professeur de droit privé à Florence, tout en exerçant dans un cabinet d’avocats dans la capitale.

Il a été aussi membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome et membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Séparé de son épouse, il a un fils de 10 ans avec lequel il partage sa passion pour le football.

Lui qui a voté à gauche la majeure partie de sa vie aurait eu à diriger des ministres d’extrême droite s’il avait été Premier ministre.

« Je pense que les schémas idéologiques du XXe siècle ne sont plus adéquats », a-t-il expliqué un jour, selon la presse.

Et faute de se mettre d’accord sur un poids lourd politique, le M5S et la Ligue ont eu recours à cet expert qui n’a jamais été élu, un comble pour ces deux partis qui ont passé les dernières années à pourfendre les divers gouvernements techniques ou de coalition.

« Il était dans mon équipe, 11 millions d’Italiens ont voté pour lui », a rétorqué M. Di Maio. « Tous les Premiers ministres sont politiques », a ajouté M. Salvini.

Il ne semble de toute façon pas du genre à se décourager facilement. Sur son compte WhatsApp, il a mis en exergue cette citation attribuée à John Kennedy : « Chaque réussite commence avec la volonté d’essayer ».

Romandie.com avec (©AFP / 27 mai 2018 20h37)  

Italie: le juriste Giuseppe pressenti pour diriger le gouvernement

mai 21, 2018

Le chef de file du M5S Luigi Di Maio serre la main de Giuseppe Conte le 1er mars 2018 / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

Giuseppe Conte, avocat et professeur de droit de 54 ans, inconnu du grand public et jusqu’à présent éloigné du monde politique italien, est pressenti pour diriger le gouvernement en gestation en Italie, selon la presse italienne lundi.

Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite) qui ont conclu un accord sur un programme commun, doivent présenter lundi en fin d’après-midi leur choix pour diriger le gouvernement.

Les deux hommes sont restés très discrets, mais après s’être perdue en conjectures pendant une dizaine de jours, la presse italienne pariait lundi sur Giuseppe Conte.

Né en 1964 à Volturara Appula, une minuscule commune de 500 habitants des Pouilles (sud), M. Conte a fait de brillantes études de droit à Rome.

Avant les élections législatives du 4 mars, le M5S l’avait présenté comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » l’administration publique.

Le public avait alors brièvement découvert cet homme assez grand, arborant un élégant costume et une mèche rebelle brune, qui ne s’est ensuite plus montré pendant les tractations gouvernementales.

Son CV publié sur le site internet du M5S court sur 12 pages et mentionne des séjours d’études et de recherches dans les universités les plus prestigieuses du monde entier.

Il a enseigné dans des universités en Sardaigne, à Rome, à Florence ou à Malte et il donne actuellement des cours de droit privé à Florence et à la prestigieuse université Luiss de Rome. Il a aussi un studio d’avocats à Rome.

Il a été membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome, ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Romandie.com avec (©AFP / 21 mai 2018 13h11)