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Congo : calendrier serré pour un accord avec Glencore

novembre 11, 2021
Terminal pétrolier de Djéno près de Pointe-Noire, 2012. © Antonin Borgeaud/Éditions du Jaguar

Les autorités de Brazzaville se donnent un an pour renégocier la créance du pays envers le géant mondial du négoce.

En marge de la conférence African Energy Week, qui se tient du 9 au 12 novembre au Cap, en Afrique du Sud, Bruno Itoua, le ministre congolais de l’Énergie et des Hydrocarbures, a indiqué que le gouvernement espérait parvenir à un accord avec Glencore au cours de l’année à venir. À défaut, Brazzaville n’exclut pas la possibilité de rechercher une tierce partie pouvant racheter sa dette envers le géant anglo-suisse du négoce. « Je n’ai pas perdu l’espoir que nous trouverons une solution avec Glencore », a-t-il indiqué, rapporte l’agence Reuters. « Le moment est idoine (…) et nous espérons ne pas devoir attendre un an pour arriver au bout de tout cela ». Contacté par Jeune Afrique, le groupe Glencore n’a pas souhaité faire de commentaires.

Bruno Jean Richard Itoua (Congo), ministre de l’Énergie, le 16 avril 2010.
Bruno Jean Richard Itoua (Congo), ministre de l’Énergie, le 16 avril 2010. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Durcissement des conditions d’accès aux marchés financiers

Entre 2015 et 2016, Glencore – appuyé par un consortium de banques – a accordé un prêt de 850 millions de dollars au gouvernement congolais, censé être remboursé grâce à des livraisons de pétrole sur une période de cinq ans. Ces mécanismes de prépaiement, adossés aux ressources naturelles, sont devenus populaires auprès de certains producteurs africains d’hydrocarbures à la suite de la crise financière de 2008 et du durcissement des conditions d’accès aux marchés de capitaux. Toutefois, la chute des prix du brut est venu compliqué l’équation pour les pays africains. Après une demi-douzaine d’années au-dessus de 100 dollars, le baril de brut a brusquement reculé restant dans une fourchette de 40 à 60 dollars entre 2015 et 2017. Il a depuis lors rarement dépassé 80 dollars.

Une situation qui a durement affecté le Congo-Brazzaville, dont l’endettement est resté supérieur à 100% du PIB ces dernières années, contraignant le pays à renégocier son endettement auprès des traders. Si un accord de principe a été trouvé avec Trafigura, autre géant suisse du négoce, les discussions avec Glencore ont elles pris du retard, des divergences existant notamment quant à la décote que les prêteurs devraient accepter sur le montant de cette dette.

Compte tenu de la taille et la prépondérance de ce type de prêts aux conditions opaques et aux taux d’intérêt élevés, David Mihalyi, économiste au Natural Ressource Governance Institute avait indiqué dans une note datant de juin 2020 que « les négociants en matières premières devraient également se joindre à l’effort mondial d’allègement de la dette ».

Appui du FMI

Le FMI, qui pressait Brazzaville d’obtenir un décote de 30%, est toutefois dans la dernière ligne droite en vue de la signature d’un accord de financement avec le gouvernement congolais. Ce prêt d’une valeur de 456 millions de dollars devrait être soumis à la mise en œuvre de plusieurs réformes pour renforcer la gouvernance et la transparence dans la gestion de ressources publiques et pétrolières du pays. Selon Bruno Itoua, cité par Reuters, l’accord avec le FMI pourrait renforcer la position du pays vis-à-vis de Glencore.

Selon les données de la Banque mondiale, la dette de la république du Congo a atteint 103 % du PIB en 2020. Elle est anticipée à 93% d’ici à la fin 2021. Selon le FMI, en décembre dernier, la dette publique brute dans le cadre des accords de prépaiements pétroliers était estimée à 1,9 milliard de dollars (environ 17,3% du PIB). La dette publique brute du pays était estimée, à la même échéance, à 11 milliards de dollars, dont près de 7 milliards de dollars vis-à-vis de créditeurs extérieurs.

Outre ses négociations avec Brazzaville, Glencore est en discussions avec les autorités tchadiennes. Le négociant doit obtenir l’avant de N’Djamena pour céder ses champs pétroliers dans le pays Tchad à la société pétrolière et gazière française Perenco, a indiqué l’agence Reuters, début novembre, citant un porte-parole de la société. Le géant minier anglo-suisse a acheté ces champs pétroliers en 2014 et les a mis en vente en 2019.

Avec Jeune Afrique

Nouveau code minier en RDC: la Gécamines et Glencore à couteaux tirés

février 16, 2018

 

Un ouvrier sur le site d’une mine de cobalt gérée par Gécamines près de Lubumbashi en 2006. (Archives) © REUTERS/David Lewis/Files

Alors que le gouvernement congolais s’apprête à lancer son nouveau code minier, rien ne va plus entre le président de la Gécamines, la société d’État qui exploite le cuivre et le cobalt de la RDC, et le directeur général de Glencore, son partenaire suisse pour les mines de Kamoto et de Mutanda.

Leur présence simultanée à l’événement Mining Indaba, organisé du 5 au 8 février, n’y a rien fait. Albert Yuma est resté sourd aux demandes d’entretien des représentants de Glencore. Pour le patron de la Gécamines, bras armé de Kinshasa dans le secteur minier, également président de la Fédération des entreprises du Congo, il est trop tard pour se réconcilier avec Ivan Glasenberg, patron du géant suisse Glencore, opérateur des mines de Kamoto et de Mutanda.

Alors qu’un nouveau code minier imposant une hausse des taxes et des royalties devrait bientôt être promulgué par le président Kabila, Yuma veut en plus revoir tous les partenariats noués autour des projets dans lesquels la Gécamines est minoritaire. « Nous avons apporté à nos 17 partenaires des réserves de 32 millions de t de cuivre et de 3 millions de tonnes de cobalt. Mais sur les 2,6 milliards de dollars de revenus engrangés par ces compagnies en 2016, seuls 88 millions de dollars (83 millions d’euros) sont allés à la Gécamines, ce n’est pas acceptable ! », a-t-il martelé.

Renégociation

Et Glencore, accusé d’optimisation fiscale indue et d’imprécision dans ses déclarations de production, est clairement dans son collimateur. En décembre 2017, Ivan Glasenberg s’était rendu à Kinshasa pour rencontrer le chef de l’État et tenter d’éteindre l’incendie que constitue à ses yeux le nouveau code minier. Mais la démarche du patron sud-africain a plutôt eu pour effet d’en attiser les braises. La renégociation voulue par la Gécamines devrait débuter en avril, et Yuma entend imposer l’obtention de l’approbation de la Gécamines pour toute décision stratégique.

Dans son combat contre le Goliath du négoce, Yuma pourra s’appuyer sur la hausse des cours du cobalt, nécessaire à la fabrication des batteries automobiles, pour trouver d’autres partenaires. Reste que Glencore, impliqué dans un tiers des ventes de ce minerai dans le monde, a la haute main sur ce marché. Vu la situation politique à Kinshasa, pas sûr que les constructeurs automobiles choisissent d’acheter du cobalt à la Gécamines, plutôt qu’à un négociant comme Glencore.

Jeuneafrique.com par – envoyé spécial au Cap

RDC: des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila

mars 3, 2017

Kinshasa – L’ONG britannique Global Witness a accusé vendredi le géant minier suisse Glencore d’avoir versé plus de 75 millions de dollars à un homme d’affaires israélien proche du président congolais Joseph Kabila au détriment de la principale société publique minière de RDC.

Dans une enquête, Global Witness « a découvert que de 2013 à 2016, Katanga Mining, société cotée à la bourse de Toronto et détenue majoritairement par Glencore, a adressé des +pas de porte+ et d’autres paiements d’un total de plus de 75 millions de dollars US à la société Africa Horizons, détenue par Dan Gertler et enregistrée dans les îles Caïmans », écrit l’ONG dans un rapport.

« En vertu du contrat initial, ces paiements auraient dû être effectués à la Gécamines (Générale des carrières et des mines, ndlr) », écrit Global Witness.

Cette accusation s’est ajouté aux révélations de l’ONG de novembre sur des versements des royalties de la Gécamines au milliardaire israélien Dan Gertler, homme d’affaires proche de M. Kabila.

Glencore a justifié ces versements en déclarant dans un communiqué que « les paiements de pas de porte pour 2013, 2014, 2015 et 2016 à Africa Horizons Investment Limited ont été effectués conformément à l’instruction de paiement de Gécamines » et « des accords tripartites de royalties entre KCC (Kamoto copper compagny), Gécamines et AHIL ».

« Il est scandaleux que Glencore ait effectué des paiements à un ami du président congolais accusé de pots-de-vin et de corruption et qu’elle n’ait pas informé ses actionnaires ou le public de ces transactions », s’insurge l’ONG britannique.

Toutes les tentatives de l’AFP pour faire réagir Fleurette Group, holding de Dan Gertler, propriétaire de Africa Horizons, sont restées vaines.

Le 13 février, Glencore avait annoncé le rachat pour 905 millions d’euros de parts dans deux mines de la République démocratique du Congo appartenant à Dan Gertler.

Global Witness a souvent accusé le magnat israélien d’avoir acquis dans des conditions opaques des concessions minières en RDC, l’un des pays les moins développés de la planète en dépit de ses immenses ressources naturelles.

A la crise économique et sociale en RDC s’ajoute la crise politique aggravée par le maintien au pouvoir de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter et dont le mandat a échu le 20 décembre. Un accord passé entre pouvoir et l’opposition pour cogérer le pays avant des élections prévues d’ici la fin de l’année est au point mort.

Romandie.com avec(©AFP / 03 mars 2017 14h44)