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Mousson meurtrière en Inde: le bilan s’alourdit à 159 morts, des dizaines de disparus

juillet 25, 2021
Mousson meurtriere en Inde: le bilan s'alourdit a 159 morts, des dizaines de disparus
Mousson meurtrière en Inde: le bilan s’alourdit à 159 morts, des dizaines de disparus© AFP/INDRANIL MUKHERJEE

Le bilan des inondations et des glissements de terrain provoqués par les fortes pluies de mousson en Inde s’est alourdi à 159 morts dimanche, selon les autorités, les sauveteurs recherchant toujours des dizaines de disparus.

La côte ouest du pays est arrosée de précipitations torrentielles depuis jeudi et les services météorologiques indiens ont mis en garde contre de nouvelles averses au cours des prochains jours.

Dans le seul État du Maharasthra, 149 personnes ont perdu la vie, dont plus de 40 dans un glissement de terrain qui a frappé jeudi le village de Taliye, au sud de Bombay, la principale place financière du pays.

« De nombreuses personnes ont été emportées par les eaux alors qu’elles tentaient de s’enfuir » lorsque le glissement de terrain s’est produit, a déclaré à l’AFP un villageois, Jayram Mahaske, dont des proches sont restés bloqués.

Un autre habitant, Govind Malusare, a confié que le corps de son neveu avait été retrouvé dans les décombres de la maison familiale qui a été emportée. Mais sa mère, son frère et sa belle-soeur manquent toujours à l’appel.

Record de précipitations

Le glissement de terrain a abattu des dizaines de maisons en quelques minutes, ne laissant debout que deux structures en béton et coupant l’alimentation en électricité, ont indiqué des habitants. Les sauveteurs fouillaient la boue et les débris à la recherche d’une centaine de personnes toujours portées disparues.

Dans le district de Satara, affecté par des inondations et des glissements de terrain, 28 corps ont été découverts, portant à 41 le bilan des morts.

« La pluie, les inondations, l’eau, ce n’est pas nouveau pour la population, mais cette fois ce qui est arrivé était inimaginable, les gens n’ont même pas pu sauver leurs biens en raison de la montée rapide des eaux », a déclaré à la presse le chef du gouvernement de l’Etat du Maharashtra Uddhav Thackeray après avoir visité dimanche la ville de Chiplun, au sud de Bombay.

Dans certaines parties de la ville de Chiplun, le niveau de l’eau a atteint près de six mètres jeudi, après 24 heures de pluies ininterrompues qui ont submergé routes et habitations.

Huit patients d’un hôpital local accueillant des malades du Covid-19 seraient morts suite à un arrêt des respirateurs dû à une coupure de courant.

Quelque 230.000 personnes ont été évacuées dans l’ensemble de l’Etat du Maharashtra.

Dans l’État voisin de Goa, une femme s’est noyée, a déclaré le gouvernement de l’État à l’agence Press Trust of India, dans ce que le ministre en chef Pramod Sawant a qualifié de « pires inondations depuis 1982 ».

Ajit Roy, un responsable du nord de Goa, a indiqué que la décrue s’était amorcée dans cette zone et que les personnes évacuées avaient commencé à revenir.

Dans les plaines côtières du Maharashtra et de Goa, le niveau des eaux est resté cependant élevé après que les rivières sont sorties de leur lit. Des habitants terrifiés sont montés sur les toits et les étages supérieurs pour échapper aux eaux.

Plus au sud, dans l’État du Karnataka, le bilan est passé de trois à neuf morts dans la nuit, et quatre autres personnes sont portées disparues, selon les autorités.

Mer d’Arabie

Inondations et glissements de terrain sont fréquents en Inde pendant la saison de la mousson (juin-septembre), qui voit souvent des bâtiments anciens s’effondrer après des jours de pluie ininterrompue.

Certains experts estiment que sous l’effet du réchauffement climatique, ces précipitations sont de plus en plus intenses.

Le climatologue Roxy Mathew Koll, qui travaille pour l’Institut indien de météorologie tropicale, a expliqué qu’une conséquence des bouleversements climatiques était le réchauffement de la mer d’Arabie.

La hausse des températures de l’eau fait que l’air, plus chaud, retient un taux plus élevé d’humidité, ce qui a tendance à générer des précipitations plus abondantes.

Il a précisé qu’une station météo à Mahabaleshwar, au sud de Bombay, avait enregistré vendredi 594 millimètres de précipitation, un record depuis le début des relevés il y a un siècle.

Par ailleurs, neuf personnes ont été tuées et trois grièvement blessées dimanche par des chutes de rochers sur leur véhicule dans le district montagneux de Kinnaur district dans l’Etat de l’Himachal Pradesh. L’éboulement n’a pas été causé par les pluies de mousson, selon les autorités.

Par Le Point avec AFP

Le cœur du Japon balayé par le typhon Trami, 75 blessés

septembre 30, 2018

Une rue de Kagoshima, sur l’île japonaise de Kyushu, frappée par le typhon Trami, le 30 septembre 2018 / © AFP / Behrouz MEHRI

Le cœur du Japon était balayé dimanche par le typhon Trami qui a fait des dizaines de blessés, notamment dans les îles du sud de l’archipel et menaçait de provoquer inondations et glissements de terrain.

L’ouragan tropical a déjà entraîné de très fortes perturbations dans les transports dans l’ouest du Japon, alors que plus d’un millier de vols ont été annulés en raison de la fermeture de l’aéroport du Kansai, près d’Osaka.

Le centre du typhon a atteint vers 20H00 (11H00 GMT) la ville de Tanabe, au sud d’Osaka, a indiqué l’Agence météorologique japonaise.

Le typhon Trami, accompagné de rafales de 216 km/h, devait balayer la plus grande partie de l’archipel avant de s’affaiblir légèrement, tout en causant de très fortes intempéries encore lundi, ont prévenu les services météorologiques.

Au total, 75 personnes ont été légèrement blessées, la plupart présentant des coupures dues à des éclats de vitres brisées, tandis qu’une femme a été portée disparue dans la région de Miyazaki, touchée par des précipitations record et des inondations.

Selon les medias, cette sexagenaire a été emportée dans un canal au moment où elle travaillait avec son mari dans leur champ de riz.

Une rue du centre de Naha, sur l’île d’Okinawa, frappée par le typhon Trami le 29 septembre 2018n / © JIJI PRESS/AFP / JIJI PRESS

Le gouvernement a conseillé à 1,5 million de personnes d’évacuer, selon la chaîne publique NHK. Un demi-million d’habitations à Okinawa et Kyushu (sud-ouest) étaient privées d’électricité.

En raison des vents violents et de l’averse il était impossible de s’aventurer à l’extérieur, a raconté à l’AFP Yuji Ueno, un responsable de la municipalité de Shirahama dans la préfecture de Wakayama, près de la ville de Tanabe, située en pleine trajectoire du passage du typhon.

« A partir de 14HOO, nous avons vu des vents et des pluies incroyables. J’ai fait un pas à l’extérieur de la mairie dans l’après-midi, l’averse tourbillonnait dans un vent très fort. Un vent énorme. C’était difficile de se tenir debout, c’était vraiment effrayant », a-t-il dit.

Alors que le typhon progressait vers l’est, les autorités ferroviaires ont pris la décision rare d’annuler les services de train en soirée à Tokyo, dont le réseau est l’un des plus fréquenté au monde, en exhortant les usagers à rester dans des endroits abrités.

A Osaka, située près de la trajectoire du typhon, l’aéroport Kansai, qui avait déjà subi d’importants dégâts lors du passage début septembre d’un autre typhon, a fermé deux pistes. Les services aéroportuaires ont fait installer des sacs de sable pour éviter une inondation des pistes, comme cela s’était produit lors du passage du précédent typhon.

Les ouragans / © AFP/Archives /

« L’aéroport est fermé. Il y a très peu de monde autour et tous les magasins sont fermés. C’est vraiment désert », a raconté à l’AFP un homme d’affaires britannique Richard Swart, 56 ans, de Durham dans le nord de l’Angleterre. Bloqué dans son hôtel situé près de l’aéroport, il entend le vent « hurler ».

Vingt-quatrième typhon de l’année en Asie, Trami ne frappera pas directement la capitale, mais des vents violents et d’intenses précipitations y sont attendues dimanche soir.

L’agence météorologique japonaise a averti que la tempête pourrait entraîner des glissements de terrain et des inondations, de même que des épisodes de foudre et des tornades dans tout le pays.

Dans la ville de Kochi, sur l’île de Shikoku (sud), les vents ont arraché les tuiles des maisons.

Un précédent typhon, Jebi, le 21e de l’année dans la région, avait tué plus de 10 personnes début septembre dans l’ouest de l’archipel, provoqué divers dégâts matériels, et paralysé l’aéroport d’Osaka, construit sur une île artificielle, avec des pistes envahies par les eaux.

En septembre également, un puissant séisme a frappé l’île de Hokkaido, dans le nord du Japon, faisant plus de 40 morts.

Romandie.com avec(©AFP / (30 septembre 2018 16h29)

Philippines: 26 morts dans des glissements de terrain après une tempête

décembre 17, 2017

Inondation dans le village de Brgy Calingatngan à Borongan, dans l’île de Samar, le 16 décembre / © AFP / ALREN BERONIO

Vingt-six personnes ont péri dans des glissements de terrain provoqués par la tempête tropicale Kai-Tak dans une île du centre-est des Philippines tandis que 23 autres sont portées disparues, ont annoncé les autorités.

Ces décès survenus dans l’île de Biliran ont été annoncés au lendemain du passage de la tempête sur l’archipel. Kai-Tak a déferlé en particulier samedi sur les îles orientales de Samar et Leyte, contraignant à l’évacuation près de 88.000 personnes.

« Il y a un total de 26 personnes tuées dans des glissements de terrain dans quatre villes » de Bilaran a déclaré à l’AFP Sofronio Dacillo, responsable provincial du service de gestion des catastrophes.

Gerardo Espina, le gouverneur de Bilaran, île toute proche de Leyte, a confirmé le bilan des morts sur la télévision ABS-CBN, ajoutant que 23 personnes étaient portées disparues.

Les autorités avaient fait état samedi de trois morts, mais on ignorait s’ils étaient inclus dans le nouveau bilan.

« Des rochers gros comme des voitures ont déferlé sur les maisons en béton après trois jours de pluies continues et intenses », a raconté à l’AFP l’inspectrice en chef Lilibeth Morillon, de la police de Biliran.

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé son intention de se rendre au plus tôt dans la zone sinistrée.

Dimanche, Kai-Tak avait perdu de sa puissance pour devenir une dépression tropicale mais les autorités ont mis en garde contre la possibilité d’inondations et de glissements de terrain.

D’après l’Agence nationale de gestion des catastrophes, des lignes électriques ont été arrachées dans 39 localités sur Leyte et Samar. Des ponts et des routes ont été endommagés.

Environ 15.000 passagers étaient bloqués car les services de liaison par ferry étaient toujours suspendues dans une partie de la région. En cette période de Noël, de nombreux habitants de l’archipel en grande majorité catholique voyagent pour rentrer dans leur famille.

« Cela fait trois jours que je suis bloqué et que je dors dans l’autobus. Je veux juste rentrer chez moi dans ma famille pour Noël », se plaignait Eliaquin Pilapil, un paysan de 55 ans, coincé dans le port de Matnog, dans l’est de l’archipel.

Les îles de Samar et de Leyte avaient le plus souffert en 2013 du passage du super typhon Haiyan, qui avait fait plus de 7.350 morts ou disparus.

A Tacloban, sur Leyte, des inondations soudaines se sont produites, avec de l’eau pouvant atteindre 1,5 mètre de hauteur.

« La tempête s’est déplacée si lentement qu’elle a déversé des trombes d’eau sur notre ville », a dit à l’AFP Ildebrando Bernadasle responsable local de la gestion des catastrophes, selon qui 82% des districts de Tacloban étaient inondés.

Les intempéries ont également endommagé les fermes et les récoltes, ajoutant à la misère d’une population toujours en train de se remettre du super typhon Haiyan.

« Nous étions traumatisés par Haiyan qui avait détruit nos cocotiers. On a planté de la salade et des aubergines mais la nouvelle tempête les a aussi emportées. C’est un désastre », a déclaré à l’AFP Remedios Serato, un paysan de 78 ans de l’île de Leyte.

L’archipel philippin est frappé chaque année par une vingtaine de typhons.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2017 15h22)                

Mexique: au moins 38 morts dans les glissements de terrain causés par la tempête Earl

août 7, 2016

Puebla (Mexique) – Au moins 38 personnes ont trouvé la mort dans les Etats mexicains de Puebla (centre) et Veracruz (est) dans des glissements de terrain causés par la tempête tropicale Earl, ont annoncé les autorités dimanche.

Selon le gouvernement de l’Etat de Puebla, 28 personnes, dont 15 mineurs, sont mortes lorsque leurs maisons ont été ensevelies par les glissements de terrain. Dans l’Etat de Veracruz, dix personnes sont décédées dans des circonstances semblables, selon le gouverneur.

Les pluies qui ont accompagné Earl ont été diluviennes. En témoignent les précipitations tombées dans la municipalité de Huauchinango, à 200 km de Mexico. En 24 heures, elles ont quasiment égalé la totalité du volume de précipitations de tout un mois, causant notamment l’effondrement d’une colline dans la localité de Xaltepec qui a tué 11 personnes, ont expliqué les autorités de Puebla.

Earl, qui avait été classé ouragan de catégorie 1 mercredi après-midi sur une échelle de 5, a perdu de sa vigueur après avoir atteint les côtes de Belize.

Il est entré au Mexique par l’Etat de Tabasco (sud) jeudi soir, alors qu’il avait été rétrogradé en tempête tropicale par le Centre américain de surveillance des ouragans (NHC).

Mais dimanche s’est formée dans le Pacifique une nouvelle tempête tropicale, Javier, qui se trouvait à environ 250 km à l’ouest-nord-ouest de Manzanillo, dans l’Etat de Colima et se déplaçait en direction ouest-nord-ouest.

Selon le centre américain de prévisions des ouragans basé à Miami, Javier devrait passer près ou au-dessus de la côte sud-ouest du Mexique plus tard aujourd’hui (dimanche) et s’approcher de la partie sud de la péninsule de Basse-Californie lundi.

Les autorités ont mis en garde contre des tempêtes et des pluies torrentielles dans les Etats de Jalisco et Colima et contre de fortes intempéries dans les régions de Nayarit, Sinaloa, Michoacán et Guerrero (sud).

Les services météorologiques ont lancé des mises en garde contre le risque de débordement de cours d’eau et les dangers de la navigation en mer.

Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2016 01h43)

Les intempéries en Italie ont fait une cinquième victime

novembre 13, 2014

La vague d’intempéries qui touche le nord de l’Italie depuis lundi a fait une cinquième victime jeudi. Inondations et glissements de terrain continuent de faire des dizaines de millions d’euros de dégâts.

Jeudi matin à Moscazzano, au sud-est de Milan, les pompiers ont retrouvé le corps sans vie d’un employé communal de 36 ans près d’un moulin inondé, où il avait tenté d’empêcher l’eau d’atteindre un restaurant un peu plus loin. Plus au nord, les pompiers ont aussi retrouvé le corps d’un septuagénaire tombé dans le lac Majeur alors qu’il essayait d’arrimer solidement son bateau dans le port d’Ispra.

Enquêtes ouvertes
Depuis le début de la semaine, des glissements de terrain avaient déjà tué deux personnes âgées en Ligurie et une autre (un septuagénaire) à Crevacuore près de Turin. Des enquêtes pour homicide involontaire ont été ouvertes pour ce qui concerne ces deux drames.

A Milan, les rivières Seveso et Lambro sont sorties de leur lit, inondant des rues et la gare Garibaldi. Même si la pluie a cessé jeudi, une soixantaine d’écoles de la ville étaient encore fermées par mesure de précaution.

Alors que de nombreuses communes se trouvaient les pieds dans la boue, la protection civile s’inquiétait jeudi pour le niveau du Po, qui traverse tout le nord de l’Italie et a dépassé sa cote d’alerte sur toute sa longueur. Des pics de crue sont attendus vendredi à la mi-journée, en particulier à Parme et à Piacenza.

Mauvais temps mortel
L’Italie a été touchée par plusieurs vagues successives de mauvais temps ayant provoqué inondations, crues et glissements de terrain, qui avaient déjà fait quatre morts depuis un mois.

La semaine dernière, plusieurs grandes villes, dont Rome, ont ordonné la fermeture des écoles en raison de risques d’inondations, tandis que la Sicile a vu passer un petit ouragan méditerranéen qui n’a provoqué que des dégâts matériels.

Romandie.com

Côte d’Ivoire: à Abidjan, des évacuations face aux glissements de terrain

juillet 12, 2014

Côte d'Ivoire: à Abidjan, des évacuations face aux glissements de terrain © AFP

Côte d’Ivoire: à Abidjan, des évacuations face aux glissements de terrain © AFP

Des cris sourds résonnent et les larmes coulent alors que la pelleteuse démolit une maison accoudée à une colline : la campagne de « déguerpissement » de quartiers à risque a débuté à Abidjan, où les glissements de terrain mortels se sont multipliés.

La machine arrache les pans de murs pourtant épais et les fins toits de tôle avec une facilité déconcertante. En une demi-heure à peine, plus rien ne subsiste des trois maisons, réduites à un tas de gravats.

Des dizaines de personnes se sont amassées, tenues à distance par un cordon policier, alors que l’engin s’active. Quelques jeunes invectivent. Plusieurs femmes sanglotent doucement. « C’était ma maison », murmure l’une d’entre elles.

La campagne de « déguerpissement » de quartiers dit « précaires » d’Abidjan, démarrée au printemps dernier, a repris de plus belle vendredi.

Une cinquantaine de petits lotissements, où familles pauvres et de classe moyenne se côtoient, seront démolis partout dans la ville pour éviter de nouveaux éboulements mortels.

Les glissements de terrain se sont multipliés depuis juin, provoqués par des pluies diluviennes. Au moins 23 personnes ont péri dans la capitale économique ivoirienne, pour 39 victimes à l’échelle nationale, selon un dernier bilan communiqué vendredi.

Les autorités, taxées de laxisme, ont donc voulu réagir. « Nous ne voulons plus être indexés. Chaque fois qu’il y a mort d’homme, c’est à Attécoubé », explique Théodore Koffi, le secrétaire général de la mairie de cette commune pauvre d’Abidjan.

A la base du problème, le manque de terrain dans la mégalopole de six millions d’habitants, où les constructions destinées aux classes plus aisées font pourtant florès.

Les moins riches, qui cherchent à se loger à proximité de leur lieu de travail et non dans la lointaine banlieue, pour éviter d’onéreux trajets, s’établissent où ils le peuvent.

« Quand ma famille est arrivée d’Odienné (Nord-ouest), tout était +colliné+ (vallonné) ici », se souvient Sékou Sylla, un membre de l’opposition au conseil municipal d’Attécoubé, qui dit avoir subi la destruction de sa maison parce qu’il s’opposait aux +déguerpissements+.

– « Illégalité » –

Désormais, les maisons s’entassent au gré des humeurs de leurs propriétaires. Les collines sont creusées méthodiquement pour faire de la place à de nouveaux arrivants, au péril des habitants demeurant à leurs sommets ou à leurs bases quand il pleut trop fort.

« Les terrains sont vendus par les chefferies traditionnelles. La plupart des maisons reçoivent des autorisations de construire de la mairie, dénonce M. Sylla. Les agents municipaux prennent l’argent et ferment les yeux.  »

Quelques minutes avant la démolition de son bien, une bâtisse propre donnant dans une cour carrelée où trône un portrait du président Alassane Ouattara et de sa femme, Aïchata Doumbo, brandit une « attestation de cession » du terrain issue de la « communauté villageoise » et tamponnée par la mairie.

« Ces actes sont simplement certifiés, et non délivrés, par la mairie. On ne peut pas accorder des permis de construire sur des terrains inconstructibles, regrette Théodore Koffi. Tous sont dans l’illégalité.  »

Un peu plus loin, deux hommes pestent alors que la pelleteuse dépèce les gravats. « Avant ils étaient pauvres. Ils sont devenus misérables.  »

Lamine Diané, d’un mouvement apolitique ivoirien, s’énerve : « les déguerpissements ne devraient pas nous poser problème si des vies sont en danger. Mais là, il n’y a pas d’accompagnement, pas de politique sociale. « .

« On détruit les maisons des pauvres, des sans-voix. On ne leur donne pas cinq francs et on s’en va », tonne-t-il.

Selon la mairie d’Attécoubé, les habitants ont été prévenus il y a un mois. Des pans de leurs maisons ont été troués à la masse en guise d’avertissement, ce qui ne les a pas empêchés de s’y installer à nouveau.

« Et maintenant, on va dormir où ? », s’interroge Aïchata Doumbo, Malienne mère de cinq enfants, dont le mari en a dix autres avec deux autres épouses.

Ses meubles, comme ceux de ses voisins, gisent épars dans des herbes folles.

Quelques familles seront temporairement hébergées dans une école proche, inactive durant les vacances scolaires. D’autres rejoindront des foyers. Attécoubé comptera plus de 2. 000 +déguerpis+, selon la mairie.

« Ouattara n’a qu’à nous aider, soupire Mme Doumbo, 28 ans, dont l’époux est employé sur le chantier-phare du président ivoirien, celui du 3e pont enjambant la lagune abidjanaise. Car ici, c’est toujours souffrance, souffrance, souffrance.  »

Jeuneafrique.com

Des intempéries au Mexique font 40 morts et 230’000 sinistrés

septembre 16, 2013

Les fortes intempéries qui se sont abattues sur le Mexique depuis samedi ont fait au moins 40 morts et 230’000 sinistrés. Par ailleurs, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû être évacuées.

Deux tempêtes ont touché le pays, un phénomène exceptionnel au Mexique. L’une balaye l’est du pays, l’autre frappe la côte pacifique. Les pluies et vents violents accablent plus de 20 des 32 États mexicains, provoquant des inondations, des glissements de terrain et de violentes crues de cours d’eau.

Le président mexicain Enrique Peña Nietoa s’est rendu lundi soir à Acapulco, sur l’océan Pacifique. Quelque 40’000 personnes – des touristes mexicains ou étrangers – sont bloqués dans cette ville où le niveau de l’eau est monté jusqu’à trois mètres dans certains quartiers.

Le dernier bilan officiel établi par les autorités fédérales fait état d’au moins 40 morts dans tout le pays, après le décès de douze personnes dans un glissement de terrain dans l’État de Veracruz, dans l’est du pays et onze à Acapulco.

Depuis samedi, « plus des deux tiers du territoire ont été touchés », a annoncé à la presse le ministre de l’Intérieur Miguel Angel Osorio Chong. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, principalement dans l’ouest du pays.

Pays meurtri

L’État du Guerrero a été le plus éprouvé, selon les autorités. Selon le gouverneur de cet Etat, 50 municipalités ont été affectées et environ 238’000 habitants sont sinistrés tandis que 20’000 personnes ont dû être évacuées.

L’entreprise pétrolière nationale Pemex a évacué ses trois plates-formes marines au large du Tamaulipas. Les deux tempêtes devraient faiblir mardi, selon le Service météorologique national mexicain.

Romandie.com

Inde: plus de 8000 personnes attendent toujours les secours

juin 24, 2013

Un millier de personnes en Inde ont été tuées par les inondations et glissements de terrain dus à la mousson dans le nord du pays, a annoncé lundi un responsable des opérations de secours. Par ailleurs, plus de 8000 personnes isolées, principalement des touristes et des pèlerins, attendaient toujours l’arrivée des secours.

« L’information officielle fait état d’environ mille morts », a indiqué Yashpal Arya, le ministre indien chargé de la gestion des catastrophes naturelles au sein du gouvernement de l’Uttarakhand, l’Etat le plus touché par les intempéries qui ont débuté le 15 juin.

« Il est difficile de dire si le bilan est plus élevé parce que nos efforts se portent actuellement sur le sauvetage de ceux qui sont toujours bloqués », a-t-il ajouté.

Sous l’effet des fortes précipitations, les rivières en crue ont emporté maisons, immeubles, et même des villages entiers, et détruit des ponts et des routes étroites menant à des sites de pèlerinage situés en altitude dans cet État. Il est connu sous le nom de « Terre des dieux » en référence aux nombreux lieux sacrés hindous qu’il abrite.

Le ministre fédéral de l’Intérieur, Sushilkumar Shinde, a de son côté dit craindre un bilan supérieur à 1000 tués.

Villages entiers emportés

En pleine saison touristique, les rivières en crue ont emporté maisons, immeubles, et même des villages entiers, et détruit plus de 1000 ponts et des routes étroites menant à des sites de pèlerinage situés en altitude dans l’Uttarakhand.

Des hélicoptères de l’armée ont été cloués au sol en raison du mauvais temps, interrompant les opérations d’évacuation des personnes isolées, dont de nombreuses souffrant d’un manque d’eau et de nourriture. « Les opérations de secours ne pourront reprendre que lorsque la pluie aura cessé », a indiqué à New Delhi une source au sein de l’armée.

Des dizaines d’hélicoptères et des milliers de soldats ont été déployés ces derniers jours pour les opérations de sauvetage. Des milliers de personnes ont déjà été évacuées.

Au Népal voisin, la mousson a fait au moins 39 tués. L’arrivée de la mousson avec deux semaines d’avance a pris par surprise les autorités du pays et mis une nouvelle fois en lumière les lacunes des plans de prévention et de secours.

Romandie.com

Intempéries en Europe: trois morts, huit disparus, des centaines de personnes évacuées

juin 2, 2013

PRAGUE – Des inondations et des glissements de terrain provoqués par des pluies diluviennes dans plusieurs pays d’Europe ont fait trois morts et huit disparus, et des centaines de personnes ont été évacuées, ont annoncé dimanche les autorités locales.

De nombreuses routes et voies ferrées ont été coupées en Allemagne, en Autriche et en République tchèque, où le gouvernement du Premier ministre Petr Necas a décrété l’état d’urgence dans plusieurs régions.

La situation était inquiétante à Prague, où des barrages contre les inondations étaient installés en hâte le long de la Vltava, la rivière qui traverse la capitale tchèque. Huit stations de métro ont été fermées dans l’après-midi et un hôpital évacué.

A l’issue d’une réunion extraordinaire, le gouvernement a décrété l’état d’urgence à partir de 21h00 (19h00 GMT) dans presque toutes les régions de la Bohême, partie ouest de la République tchèque.

Nous ferons tout pour protéger la vie et la santé des gens, a assuré le Premier ministre.

Dans la soirée, le bilan en République tchèque était de deux morts et quatre disparus.

Un homme et une femme ont péri dimanche dans l’effondrement de leur chalet provoqué par une inondation à Trebenice, à 30 kilomètres au sud de Prague, a annoncé la police.

Deux hommes étaient portés disparus depuis samedi près de Hlasna Treban, à 30 kilomètres au sud-ouest de Prague, et deux personnes restaient introuvables dans les régions de Pilsen (ouest) et de Hradec Kralove (centre).

L’état d’alerte était en vigueur dans une cinquantaine de localités de Bohême, où plusieurs centaines de personnes ont été évacuées.

Au moins 23 voies ferrées et une centaine de routes ont été coupées dimanche, selon les autorités locales.

A Prague, où l’armée a mobilisé 200 militaires, la compagnie des Transports publics a fermé dimanche huit stations du métro proches de la Vltava, et des tronçons importants des trois lignes du métro devaient être fermés à partir de lundi à l’aube.

L’hôpital pragois Na Frantisku a été évacué. Le pont Charles, l’un des monuments les plus connus de la capitale tchèque, a été fermé. Les écoliers et les élèves des établissements d’enseignement secondaire de Prague ont été appelés à rester chez eux lundi.

Et en raison de la montée des eaux, l’évacuation des animaux du zoo de Prague a commencé.

En Bohême du Sud, la situation était difficile dans la ville de Bechyne, où la rivière Luznice est en crue. En Bohême du Nord, la crue de l’Elbe menaçait les villes d’Usti-nad-Labem et de Decin ainsi que la petite ville de Hrensko, non loin de la frontière avec l’Allemagne.

En Autriche, une personne a été tuée et deux sont portées disparues à la suite de glissements de terrain, et plus de 300 personnes ont été évacuées, selon les autorités.

L’état d’alerte a été décrété dans la plus grande partie des provinces occidentales du Vorarlberg, du Tyrol et de Salzbourg, ainsi que de la province de la Haute-Autriche, dans le nord.

A Sankt Johann in Pongau, près de Salzbourg, une personne qui participait à des opérations de nettoyage a été tuée dimanche par un glissement de terrain, a annoncé la police.

A Taxenbach, également près de Salzbourg, deux personnes sont portées disparues.

Au moins 240 habitants de la province de Salzbourg et 80 habitants du Tyrol voisin ont été évacués de leurs domiciles menacés par les eaux.

Le trafic ferroviaire a été interrompu dans de nombreuses parties des provinces de Salzbourg et du Tyrol.

Une partie de l’autoroute menant à la Suisse a été fermée, de même que de nombreuses routes nationales dans diverses parties de l’Autriche.

A Linz, dans le nord, le Danube menaçait de déborder et les pompiers ont fermé à la circulation plusieurs quartiers de la ville.

Des centaines de pompiers, les services d’urgence et l’armée ont été mobilisés.

En Allemagne, des pluies torrentielles se sont abattues sur le Bade-Würtemberg (sud-ouest), la Bavière (sud), la Saxe et la Thuringe (est), faisant déborder de nombreux cours d’eau.

Deux personnes sont portées disparues à Reutlingen (sud-ouest).

La chancelière Angela Merkel a assuré les populations du soutien du gouvernement fédéral. L’armée a annoncé que des troupes étaient en cours de déploiement dans certaines zones.

En Saxe, l’état d’urgence a été déclaré par les autorités locales dans la région de Chemnitz et de Leipzig (est).

En Bavière, le Danube est sorti de son lit et a inondé partiellement la ville de Passau, à la frontière avec l’Autriche.

Aucun train ne circulait dimanche entre Munich (sud-est de l’Allemagne) et Salzbourg (ouest de l’Autriche), a indiqué la Deutsche Bahn.

Dans l’ouest, le trafic fluvial sur le Rhin a été suspendu en plusieurs endroits, selon le centre d’urgences de Mayence.

En Suisse, où les autorités étaient en alerte depuis samedi en raison de la montée des eaux, notamment sur une partie du Rhin, la situation s’est stabilisée dimanche, mais le risque de glissements de terrain devrait subsister encore plusieurs jours, selon les autorités fédérales.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2013 21h46)

Congo : Mpila, mon amour

mars 4, 2013
Des gravas dans le quartier de Mpila à Brazzaville. Des gravas dans le quartier de Mpila à Brazzaville. © Nicolas Michel

Le 4 mars 2012, Mpila, quartier est de Brazzaville, était dévasté par une série d’explosions dues à un incendie dans un dépôt de munitions. Un an après, la vie est loin d’y avoir repris son cours normal. Reportage sur les lieux du drame.

Il pleut sur Brazza, ce jour-là. Pas une pluie exotique et tropicale nettoyant en quelques heures l’atmosphère empoussiérée, mais une pluie fine, insistante et triste qui semble ne jamais devoir cesser. Confiante, une jeune employée de l’hôtel annonce le beau temps pour dix heures, comme si elle avait deviné nos espoirs insensés et ne souhaitait pas les doucher – le client est roi. Mais à dix heures, le ciel est toujours aussi gris, le crachin toujours aussi tenace, ce qui n’empêche en rien un vibrionnant oiseau-mouche de fouiller du bec les corolles carmin d’un hibiscus en pleurs. Alors il faut se décider à quitter l’abri de la chambre n°5 et sortir dans l’humide moiteur, s’arracher à la climatisation comme à cette paralysante inquiétude qui nous encorde au confort d’un toit protecteur quand l’impérieuse nécessité d’aller voir ce que l’on se refuse à accepter cogne aux parois du crâne. Car avant même d’avoir vu, les images de la désolation sont suffisamment connues pour nourrir la sordide imagination du désespoir. Guerres, tremblements de terre, inondations, glissements de terrain ou tsunamis, nul n’ignore ce que ces fléaux imposent aux villes comme blessures, ne laissant au sol que cicatrices de gravats. Et avant de passer la porte de verre teinté qui nous sépare du vrai monde, l’idée que le quartier de Mpila détruit l’année dernière, le 4 mars 2012, par l’explosion d’un dépôt de munitions, ressemblera à tous ces quartiers détruits sur lesquels les caméra des télévisions ont promené leur objectif, l’idée que le quartier de Mpila sera pareil à un quartier de Dresde en 1945 comme à un quartier de Spitak en 1988, ajoute à l’angoisse un vague sentiment de nausée. Mais il faut y aller pour donner corps au réel, pour voir par soi-même comment l’humain panse ses plaies et répond au pire avec une ferveur aveugle et, parfois, incompréhensible.

Junior, l’ami congolais qui s’est proposé pour m’accompagner se tient droit sous la pluie, indifférent je crois, simplement parce qu’il l’aime, lui, et qu’elle rafraîchit l’atmosphère. Il ne sourit pas, comme si mes inquiétudes l’avaient contaminé ou que le court voyage que nous nous apprêtons à faire devait forcément effacer toute trace de bonne humeur. Trois taxis « Benoît XVI » vert foncé – des modèles de Toyota Corolla arrivés au Congo lors de l’élection du Pape – passent sans s’arrêter. Le quatrième, qui est vide, est conduit par un jeune homme d’une trentaine d’années. Au mot « Mpila », son visage se fige et non, il ne peut pas, c’est trop loin, même si l’on pousse jusqu’à 1500 FCFA le montant de la course. Impossible de négocier, il n’ira pas. Junior m’adresse un signe entendu et hèle un cinquième taxi, auquel il déclare que nous nous rendons dans le quartier 753 pour rendre visite à des amis. Cette fois, pas de souci et nous embarquons pour l’est de la ville. Parlant à voix basse, la main gauche placée devant les lèvres, presque inaudible, Junior m’explique que le chauffeur précédent, craignait sans doute que je sois journaliste, ne voulait pas être celui qui m’aurait accompagné dans une zone qui n’a rien de touristique. Paranoïa ? Peut-être, mais paranoïa bien partagée puisque Junior n’est pas le seul à tenir ce genre de discours et que, comme lui, la plupart de ceux qui s’expriment de la sorte ne le font que sous pseudonyme.

Un an après, les stigmates des explosions sont toujours visibles.

© Nicolas Michel/J.A.

Après embouteillages, nous atteignons le quartier 753 et le taxi nous dépose dans une grande avenue bordée de boutiques et de petites maisons de plain-pied. La chaussée est détrempée ; le soleil ne se montrera pas aujourd’hui, méchamment acoquiné qu’il est avec la mélancolie des lieux dont nous approchons et où la réalité va effacer l’ouïe-dire. Junior indique une ruelle perpendiculaire et, slalomant entre les flaques de boue, nous nous enfonçons vers Mpila, vers le périmètre de sécurité gardé par des soldats en armes, vers le cratère que nous ne verrons jamais mais dont on sait qu’il fait quelques dix mètres de profondeur, vers un no man’s land de débris, de douleurs et de terre retournée. Trois cents morts, au moins, des centaines de blessés, des milliers de sans-abris et au moins autant de folles rumeurs relayées à travers tout Brazzaville : l’histoire passée nourrit le regard présent et donne à l’imagination un pouvoir de terreur. Junior regarde à droite, à gauche, vaguement inquiet. Lorsque nous dépassons quelqu’un ou lorsqu’un autre arrive derrière nous, il change de conversation, évoquant soudain telle ou telle conférence à laquelle il a assisté au cours du festival littéraire Étonnant voyageurs qui rassemble, en ville, quelque 80 écrivains ayant un lien avec l’Afrique.

Pour rendre la reconstruction possible, plusieurs équipes de démineurs ont dû, pendant un an, fouiller les décombres à la recherche de ces morceaux de mort métalliques (…)

Sur les murs des propriétés bordant la ruelle boueuse encombrée de gravats, l’inscription « OK DEM » tracée à la bombe revient en un refrain saccadé. La première explosion, le 4 mars 2012 au matin, fut suivie de plusieurs autres, au moins trois, d’une extrême violence. Le souffle des déflagrations, outre réduire une bonne partie du quartier à néant, projeta débris et munitions – notamment des obus destinés à des orgues de Staline – en tous sens et à plusieurs centaines de mètres de la caserne des blindés de Mpila, pulvérisée. Pour rendre la reconstruction possible, plusieurs équipes de démineurs ont dû, pendant un an, fouiller les décombres à la recherche de ces morceaux de mort métalliques susceptibles de tuer sans crier gare.

Au fur et à mesure que, côte à côte, nous avançons dans la ruelle, les stigmates de l’accident sont de plus en plus visibles. Tôles tordues, portes et fenêtres arrachées, murs fissurés. Sur de nombreuses parcelles, un numéro de téléphone mobile assorti d’un nom a été bombé. Le propriétaire n’habite plus là, mais il est possible de le joindre en cas de besoin. Qu’a-t-il perdu ? Combien de membres de sa famille n’ont pas survécu ? Par respect, par pudeur, on ne note pas ces numéros offerts à tous et qui disent en eux-mêmes une tragédie qui dure. Junior raconte qu’après la première explosion, beaucoup d’habitants de Mpila crurent à un crash d’avion et se précipitèrent pour aller voir, poussés par cette curiosité morbide qui nous pousse à regarder en face la mort des autres. La seconde explosion fut fatale à nombre d’entre eux, avant que le mouvement de fuite n’emporte tout le monde dans le sens opposé, certains même nus, surpris qu’ils avaient été en train de se laver.

Autour de nous, les maisons n’ont plus de toit. Les tôles ondulées ont disparu et les gonds arrachés ont laissé dans les murs colorés des cicatrices de ciment. Junior ne sait pas si la déflagration est entièrement responsable de la disparition des portes et des fenêtres, mais il est certain que les pillages qui ont suivi expliquent qu’on n’en trouve presque plus, même en pièces détachées.

Au lendemain du drame, le bilan officiel a fait état de presque 300 morts.

© Nicolas Michel/J.A.

Ici, là, des familles vaquent à leurs occupations. Rires d’enfants s’aspergeant d’eau savonneuse, poêle huileuse posée sur un réchaud, linge étendu dans une cour, groupes d’hommes discutant, assis sur un muret et observant avec curiosité le « mundele » qui n’a rien à faire là. Junior me traduit leurs remarques, qui s’adressent principalement à lui : Tu vas faire de l’argent avec le Blanc ! Tu ne devrais pas l’emmener ici, ce n’est pas une bonne image du pays que tu donnes ! Pour les calmer, il a inventé un mensonge : j’avais des amis dans le quartier 753, juste à côté, qui ont été touchés par l’explosion, et je suis là pour leur rendre visite. Culpabilité de l’entorse à la vérité, culpabilité de la curiosité mi-professionnelle mi-morbide, culpabilité de l’enfant bien nourri et protégé, culpabilité enfouie de l’Occident colonial et de ses avatars plus contemporains. Avant de parler, Junior vérifie que personne ne se trouve derrière lui, puis explique que nombre de familles qui vivaient ici ont quitté le quartier et, en leur absence, louent les ruines de leurs maisons à des familles plus pauvres qui peuvent y trouver un refuge provisoire.

Ruines. Maintenant, c’est le mot. Des deux côtés de la ruelle, il n’y a plus que des murs, et rarement quatre. Des murs laqués de bleu, de jaune, de vert d’eau, de ces couleurs communes parce que bon marché, qui racontent qu’avant, il y avait là une pièce que l’on voulait confortable, accueillante, quand bien même souffrît-on de moyens financiers réduits. Mais aussi des murs couchés, des murs effondrés, des murs traversés de longues lézardes, des murs qui ont pu écraser des corps ou en protéger d’autres, des murs qui n’étaient pas fait pour résister à une explosion dont le panache de fumée fut visible jusqu’à Kinshasa, de l’autre côté.

Arrivés presque au bout de la ruelle, Junior me demande d’attendre. Il avance seul afin d’évaluer la  présence policière. Nous approchons de la zone interdite qui entoure le lieu de l’explosion. Malgré ses conseils, je sors mon appareil photo pour prendre quelques images de murs vides et de rambardes ouvragées bizarrement épargnées, seuls vestiges d’un balcon surplombant une mer de toits désormais disparus. Enfin, invité par mon guide, j’avance jusqu’à l’avenue. Junior m’indique du menton la tente où les militaires sont installés, un peu plus loin. En face, il n’y a plus de maisons. Seulement un grand mur penché et beaucoup de vert : la végétation a repris ses droits et de nombreuses pousses de papayers s’élèvent entre les gravats. Au loin, de gros manguiers semblent n’avoir rien ressenti du feu des explosions. Junior me détrompe : il y a un an, ils étaient aussi nus que des fossiles, mais moins fragiles que les pauvres vertébrés que nous sommes, ils ont survécu. À pas comptés, nous passons devant un ancien lycée, puis une école. Dans ce qui fut la cour, ou bien dans ce qui fut une salle de classe, impossible à dire, des pupitres sont entassés les uns sur les autres. L’image est un nœud coulant autour de la gorge qui ne se desserrera pas avant longtemps : nous nous taisons, avalés par le silence. Puis, quelques minutes plus tard, Junior pose un sparadrap sur la blessure brûlante : le 4 mars 2012 était un dimanche et il n’y avait pas d’enfants dans les classes.

Dans le quartier de Mpila, en février 2013. Il n’y a plus de maisons, plus de murs… L’accès au cratère est, quant à lui, en zone interdite.

© Nicolas Michel/J.A.

Nous entrons dans une ruelle afin de ne pas trop nous approcher des barrages policiers et décidons de contourner le quartier par la gauche. Partout, la désolation est la même : gravats, murs effondrés, tôles tordues, parcelles numérotées et marquées OK DEM, vie qui continue. La pluie remplit de boue les nids de poules, nos chaussures sont sales et le bas de nos pantalons imbibés. Posée contre un mur, dans un tas de gravats, une pancarte sur laquelle est dessinée une voiture de luxe : voilà tout ce qu’il reste d’une agence de locations de véhicules. Un peu plus loin, une longue palissade de tôle neuve cache au passant l’étendue du désastre. En voyant les grands immeubles jaunes qui se dressent là, imperturbables au milieu du champ de ruine, les paroles de l’écrivain congolais Henri Lopes résonnent d’une autre manière : « Les pauvres constructeurs Chinois sont souvent des têtes de turcs, mais voyez, les bâtiments qu’ils ont construits sont les seuls à avoir résisté aux explosions du 4 mars. » Junior précise de son côté que nul ne saurait dire comment il en va de leurs fondations et que plusieurs d’entre eux ont en fait poussé, depuis, sur des parcelles détruites.

Un 4X4 de la police ralentit à notre niveau, continue sa course, fait demi-tour, repasse devant nous. Junior, qui semble inquiet, propose de prendre un taxi pour retourner vers le centre-ville. Voyant que le 4X4 poursuit sa route avec indifférence, il m’entraîne finalement vers une petite butte que nous gravissons péniblement, en prenant garde de ne pas glisser. En haut, c’est aussi le vert qui domine. Seul un poteau de métal courbe indique le sens dans lequel souffla de vent de l’explosion. Des maisons qu’il y avait là, rien ne reste. Ou seulement, parfois, le carrelage qui couvrait le sol. Les murs ? Effacés.

Malgré tout, la vie reprend son cours.

© Nicolas Michel/J.A.

Deux hommes se tiennent assis côte à côte sous une toile cirée. Derrière eux, une grande tente grise offerte par le Rotary Club. Ce sont eux qui nous parlent, s’inquiètent de notre présence ici, se plaignent de la petitesse de leur logement, affirme qu’il faut absolument aller s’inscrire pour recevoir l’aide de l’État, sous-entendent que l’argent promis à certains sinistrés est parti dans les poches de non-sinistrés. Leurs visages disent un fatalisme résigné. Tout le contraire de cette femme qui, au même moment, passe à côté, élégante, coiffée avec soin, posant sans hésiter ses talons entre les flaques et les décombres.

Au loin, le Congo coule vers l’Océan. Junior me laisse le temps de regarder, puis m’assène qu’avant, d’ici, on ne voyait pas le fleuve. Et il raconte l’histoire de cette femme, une connaissance, qui a passé quelque dix heures, avec d’autres habitants, tapie dans un fossé pestilentiel à attendre que les explosions cessent. Tout près d’ici. Nous ne sommes qu’à une centaine de mètres du cratère et nous savons que si la végétation recouvre paysage et décombres d’un voile de printemps, il faudra encore du temps, beaucoup de temps, pour que la vie humaine reprenne ses droits à Mpila.

La pluie n’a pas cessé et il est l’heure de repartir, Junior vers Pointe-Noire et moi, dans un bourdonnement de kérosène brûlé, vers un Occident qui a oublié l’explosion du 4 mars 2012, il y a un an, une éternité.

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Jeuneafrique.com par Nicolas Michel, envoyé spécial à Brazzaville