Posts Tagged ‘GNL’

Gaz : le Sénégal prêt à fournir l’Europe en GNL

mai 23, 2022

Macky Sall et son homologue allemand Olaf Scholz étudient la mise en place d’un partenariat permettant d’alimenter l’Europe en GNL.

Le chancelier allemand Olaf Scholz assiste à l’inauguration d’une centrale photovoltaïque à Diass aux côtés de Macky Sall et de Sophie Gladima, ministre de l’Énergie, le 22 mai 2022. © MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

L’Allemagne est en discussions « intensives » avec le Sénégal pour participer à des projets autour des ressources en gaz du pays ouest-africain, lui-même prêt à alimenter l’Europe, ont annoncé le 22 mai le chancelier allemand Olaf Scholz et le président sénégalais Macky Sall. Lors d’une conférence de presse conjointe, les deux dirigeants s’exprimaient sur les conséquences de la guerre en Ukraine et son impact sur les approvisionnements en énergie, en particulier pour l’Allemagne, très dépendante du gaz russe.

Le Sénégal, pays membre de la Cedeao, place beaucoup d’espoir dans l’exploitation future commune avec la Mauritanie des champs de gaz et de pétrole découverts dans l’Atlantique ces dernières années. Le président sénégalais a prévu le début de la production en décembre 2023, à raison de 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an dans un premier temps, et 10 millions en 2030.

Gas-to-power

« Nous sommes prêts, le Sénégal en tout cas, à travailler dans une perspective d’alimenter le marché européen en GNL », a déclaré Macky Sall. « J’ai demandé au chancelier de nous accompagner pour le développement de ces ressources de gaz, pour la production de GNL à partir de l’Afrique vers l’Europe, et aussi pour le gas-to-power« , c’est-à-dire la production de gaz destinée à alimenter les centrales électriques locales, a-t-il ajouté. L’Allemagne est déjà engagée dans des projets d’énergie renouvelable ou de stockage de l’énergie, et des discussions ont commencé au sujet du gaz, a répondu le chancelier allemand.

Financement des énergies fossiles

Des discussions qui devraient se poursuivre de « manière très intensive » au niveau des experts « parce que cela a du sens » et qu’il « est dans notre intérêt commun d’accomplir des progrès », a-t-il poursuivi. Le président sénégalais s’est à nouveau élevé contre un arrêt des financements de l’exploitation des énergies fossiles au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Une vingtaine de pays, dont les États-Unis et la France, se sont engagés lors de la conférence sur le climat COP26 en 2021 à mettre un terme d’ici à fin 2022 au financement à l’étranger de projets d’énergies fossiles sans techniques de capture du carbone.

« L’Afrique est un continent d’1,3 milliard d’habitants, dont 600 millions n’ont pas accès à l’électricité », a déclaré Macky Sall. « Il faut aussi soutenir l’industrialisation. Dans ce contexte, n’étant pas les plus grands pollueurs puisque n’étant pas industrialisés, il serait injuste dans la recherche de solution (au réchauffement climatique) qu’on veuille interdire à l’Afrique d’utiliser les ressources naturelles qui sont dans son sous-sol ».

Tournant

Interrogé sur le caractère éventuellement prématuré d’engagements pris contre le réchauffement, Olaf Scholz, faisant référence aux crises en cours, a répondu que « le fait que, de manière générale, nous devions regarder d’un nouvel œil la situation dans le monde résulte de ce que j’ai appelé un tournant entre deux époques ». « Nous ne pouvons pas accepter qu’on empêche quelques pays dans le monde d’exploiter leurs possibilités » parce qu’ils n’avaient pas les capacités financières de le faire ou parce qu’ils n’en avaient pas encore eu l’occasion, a-t-il dit.

Par Jeune Afrique avec AFP

Gaz : Eni booste sa production de GNL au Congo-Brazzaville

avril 22, 2022

En quête accélérée de diversification de ses sources d’approvisionnement en gaz depuis le début du conflit russo-ukrainien, l’Italie signe un nouvel accord avec le Congo pour la production et l’exploitation de trois millions de tonnes de GNL par an.

Le géant italien ENI est présent au Congo depuis 1968. Ici en 2009, l’ex-PDG de ENI Paolo Scaroni (au centre)et Denis Sassou-Ngesso, président de la République du Congo. © EnI/ITH/REA

Une signature d’accord entre la République du Congo et Eni Congo a été finalisée le 21 avril à Brazzaville, pour augmenter la production et l’exportation de gaz de la société italienne. Une adoption d’engagement qui s’est tenue en présence du ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, du ministre des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, de son homologue italien, Luigi Di Maio, de son confrère pour la Transition écologique, Roberto Cingolani, et du PDG d’Eni, Claudio Descalzi. Après la signature de cet accord, une rencontre a eu lieu avec le président de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso.

Dans le détail, l’accord prévoit l’accélération et l’augmentation de la production de gaz au Congo, principalement par le développement d’un projet de gaz naturel liquéfié (GNL), avec un démarrage prévu en 2023 et une capacité estimée à plus de 3 millions de tonnes/an (plus de 4,5 milliards de mètres cubes/an).

Les volumes estimés dépassant largement les besoins du marché congolais, Eni Congo entend valoriser cet excédent en l’exportant.

Objectifs de décarbonation

Brazzaville et Eni Congo se sont également accordés sur la définition « d’initiatives de décarbonation pour la promotion de la transition énergétique durable au Congo », notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture avec le développement d’une filière agricole (non concurrente à la filière alimentaire) affectée à la production de matières premières nécessaires au bioraffinage.  Les initiatives porteront également sur  la conservation et la gestion durable des forêts, la promotion de systèmes de cuisson propres ainsi que sur la capture, l’utilisation et le stockage du CO2.

Une décision qui fait suite à la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties en octobre 2021 sur le développement conjoint du secteur des biocarburants dans le pays, qui établit le cadre de la production industrielle d’huile de ricin permettant de fournir une matière première au système de bioraffinerie d’Eni.

En 2020, la production annuelle de pétrole d’Eni Congo s’élevait à 18 millions de barils, 1,35 milliard de m³ de gaz et 27 millions de barils équivalent pétrole selon des chiffres de la société. Présent au Congo depuis plus de cinquante ans, à ce jour, Eni Congo fournit du gaz à la Centrale électrique du Congo, qui garantit 70 % de la production d’électricité du pays avec sa capacité de production de 484 mégawatts.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne