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RDC : des manifestations contre la Monusco à Goma tournent au pillage

juillet 26, 2022

Des centaines de manifestants en colère ont saccagé et pillé ce lundi 25 juillet à Goma les installations de la mission onusienne, accusée d’inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés de l’est de la RDC. Le 18 juillet, la Monusco alertait déjà sur le risque d’actes hostiles contre son personnel et ses installations.

Des manifestants devant le siège de la Monusco à Goma le 25 juillet 2022. © Glody Murhabazi/AFP

Après avoir barricadé les grandes artères de Goma, chef lieu de la province du Nord-Kivu, les manifestants, scindés en deux groupes, ont pris d’assaut le siège local de la mission onusienne ainsi que sa base logistique située hors du centre-ville. Au quartier général de la Monusco, les manifestants en colère ont brûlé des pneus et du plastique devant le portail avant d’escalader et de vandaliser l’enceinte. Ils ont ensuite cassé des vitres, des murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur. Des agents de la Monusco présents sur le site ont été évacués à bord de deux hélicoptères.

De l’autre côté de la ville, des scènes similaires se sont produites sur la base logistique de la Monusco, où un élève en uniforme a été atteint à la jambe par une balle tirée de l’intérieur du site. La police onusienne a usé de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants avant l’intervention des militaires des Forces armées congolaises. Plusieurs manifestants ont été interpellés. La manifestation avait été organisée à l’appel des organisations de la société civile et du parti du président Félix Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

« La Monusco dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma », écrit la mission dans un communiqué. « La Mission est très préoccupée par ce très grave incident qui intervient au lendemain de propos hostiles et de menaces non voilées émis de la part d’individus et de groupes à l’encontre des Nations Unies », ajoute ce communiqué. L’ambassade des États-Unis en RDC a également réagi sur Twitter pour appeler le gouvernement congolais à faire en sorte « que les responsables de ces actes soient traduits en justice »

« Plier bagages »

De son côté, le gouvernement a assuré suivre de près la situation.  Patrick Muyaya, porte-parole de l’exécutif a « condamné fermement toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations Unies ». « Les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés », a-t-il promis le 25 juillet sur Twitter, avant  de préciser, le lendemain, que le gouvernement « a instruit les FARDC et la police congolaise à prendre toutes les dispositions pour assurer un retour au calme et la reprise normale des activités ».

Si ce n’est pas la première fois que la mission onusienne est la cible de telles manifestations, ces violences interviennent dans un contexte particulier. Le 15 juillet à Goma, le président du Sénat congolais, Modeste Bahati, avait demandé à la Monusco de « plier bagages ».  Présente depuis 1999 au Congo – d’abord sous le nom de Monuc –, cette mission a longtemps été l’une des plus coûteuses de l’ONU avec un budget annuel avoisinant 1 milliard de dollars. La mission compte actuellement plus de 14 000 soldats de la paix mais elle est régulièrement accusée d’inaction face à l’insécurité.

Trois jours après les propos du président du Sénat, la Monusco avait adressé une note verbale au ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula. Dans ce courrier, la mission évoquait son « inquiétude » face à la recrudescence de « discours hostiles émanant de représentants de l’État ou de ses institutions, de personnalités et de figures publiques, de groupes d’influence ou de personnes présentées comme membres influents de la société civile ». Elle alertait aussi sur « le risque d’actes hostiles contre le personnel et les installations de la Monusco ».

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : le pape François annule sa visite à Kinshasa et Goma

juin 10, 2022

Ce devait être une première après trente-sept ans. Pour des raisons de santé, le souverain pontife vient d’annuler sa venue en RDC, prévue du 2 au 5 juillet. L’hypothèse de sa démission est évoquée avec de plus en plus de sérieux.

La bannière annonçant la venue du pape François, à Goma, est devenue caduque ce vendredi 10 juin. © Moses Sawasawa/AP/SIPA

« Je suis triste », confie Mgr Donatien Nshole, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quelques heures après avoir appris que le pape François annulait sa visite en RDC, qui devait se dérouler du 2 au 5 juillet. Peu avant que la nouvelle soit rendue publique, l’épiscopat congolais avait été averti par le Saint-Siège.

Dans un communiqué, le directeur du service de presse du Vatican annonce qu’à « la demande de ses médecins et afin de ne pas compromettre les résultats des thérapies du genou encore en cours, le Saint-Père, à son grand regret, est contraint de reporter son voyage ». Des termes repris par le gouvernement congolais.

Problèmes de santé

Le pape souffre de douleurs au genou droit et se déplace dans un fauteuil roulant depuis un mois. « Cela fait un moment que je suis dans cet état, je n’arrive plus à marcher », avait-il confié en mai dans une interview au quotidien italien Il Corriere della sera. Il a également des douleurs à la hanche et a dû être opéré du colon en juillet 2021.

En juin, il avait déjà annulé sa visite au Liban, et ne se rendra pas non plus à Juba, au Soudan du Sud, où il devait aller juste après avoir quitté la RDC.

La visite du pape François devait être un évènement. C’était la première fois depuis trente-sept ans et la venue de Jean-Paul II que le patron de l’Église catholique faisait le déplacement dans ce pays. Le souverain pontife devait célébrer des offices à Kinshasa mais aussi à Goma, dans l’est, chef-lieu d’une région meurtrie par la guerre et au cœur d’une récente recrudescence des tensions entre la RDC et son voisin rwandais.

« Nous attendons énormément de cette visite. Nous voulons qu’elle nous permette de nous regarder en face et de nous réconcilier, notamment avec notre voisin, confiait il y a encore quelques jours à Jeune Afrique le cardinal Fridolin Ambongo, chef de l’Église catholique dans le pays. Qui sait si l’Église ne peut pas réussir là où la politique échoue ? »

Malgré la déception, Mgr Nshole reste optimiste. « Ce n’est qu’un report. Si cela permet que le pape vienne dans des conditions meilleures, alors cela nous sera bénéfique », affirme-t-il.

Une démission prochaine ?

François en aura-t-il le temps ? Parmi les spécialistes du Vatican, l’hypothèse d’une démission du pape argentin, âgé de 85 ans, est évoquée avec de plus en plus de vigueur. Certains pronostiquent même un abandon de ses charges dès la fin août. Il suivrait alors l’exemple de son prédécesseur, Benoît XVI, qui avait annoncé sa démission en 2013, alors qu’il avait lui aussi 85 ans. Il était le premier souverain pontife à le faire depuis 600 ans.

Si jamais le pape François démissionne, les 133 cardinaux électeurs participeraient à un conclave pour choisir son successeur. Parmi eux siègerait Fridolin Ambongo, régulièrement cité comme l’un des prétendants sérieux à la tête de l’Église catholique.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

Congo-RDC/Nord-Kivu: le président Denis Sassou N’Guesso octroie 84 tonnes de vivres aux sinistrés de Goma

juin 21, 2021

Après le Kenya, c’est au tour du Congo Brazzaville de voler au secours des sinistrés  de l’éruption volcanique de Goma. La ministre des Affaires sociales, Irène Marie-Cécile Mboukou, a fait, le 20 juin, le déplacement de Goma en République démocratique du Congo (RDC) pour porter assistance aux sinistrés de l’éruption volcanique.

Le 20 juin dans la soirée, le directeur de cabinet adjoint du chef  de l’Etat, Olivier Mondonge, et le conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la couverture maladie universelle, Dr Roger Kamba, ont accueilli à Goma Mme Irène Marie-Cécile Mboukou, ministre des Affaires sociales et actions humanitaires du Congo Brazzaville qui a accompagné la deuxième cargaison des vivres, révèle un bulletin de la cellule de communication de la Présidence RD-congolaise publié le même jour.

Dépêchée par le gouvernement  pour accompagner la deuxième cargaison de vivres, Irène Marie-Cécile Mboukou a été accueillie par le directeur de Cabinet adjoint du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Olivier Mondonge et le Conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la Couverture maladie universelle, Roger Kamba.

Après le Kenya, le Congo vole au secours des sinistrés de l’éruption volcanique de Goma. « La République du Congo et la RD Congo sont des frères, ce qui touche à l’un, affecte l’autre », a souligné la ministre des Affaires sociales, porteuse d’un message personnel du président à son homologue.

L’avion-cargo affrété par le gouvernement de la République du Congo a atterri en fin de journée à l’aéroport de Goma. Après la remise symbolique de ce don aux autorités congolaises, Mme Mboukou  a déclaré : « La République  du Congo  et la République Démocratique  du Congo sont des pays frères, ce qui touche à l’un affecte l’autre ». Et d’ajouter : «  Par ce geste, le président Denis Sassou N’Guesso a voulu manifester sa solidarité envers le peuple frère de la RDC  et soutenir son homologue et frère, Félix-Antoine Tshisekedi ».

Présent à Goma dans le cadre de sa tournée humanitaire et sécuritaire, le président Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a dépêché Olivier Mondonge et Dr Roger Kamba. Ce dernier a exprimé toute sa gratitude au président Denis Sassou N’Guesso pour sa sollicitude paternelle. La ministre Irène Marie-Cécile a été aussi porteuse d’un message personnel du président Sassou N’Guesso à son frère et homologue, le président Félix Tshisekedi.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC: Félix Tshisekedi et son épouse à Goma après l’irruption du volcan Nyiragongo

juin 13, 2021

Avec Congo Bwanya TV

RDC/Nyiragongo: le gouvernement critiqué, situation « sous contrôle » assure Tshisekedi

mai 29, 2021
Nyiragongo: le gouvernement critique, situation "sous controle" assure Tshisekedi
Nyiragongo: le gouvernement critiqué, situation « sous contrôle » assure Tshisekedi© AFP/ALEXIS HUGUET

La situation est « grave » mais « sous contrôle » après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation de plusieurs centaines de milliers d’habitants de la ville de Goma, a assuré samedi le président congolais Félix Tshisekedi, en réponse aux critiques croissantes sur la gestion de la crise par le gouvernement.

« La situation est certes grave, mais elle est contrôlée », a déclaré au cours d’une conférence de presse le président, qui a jugé qu’il « fallait absolument évacuer la ville », en référence à l’évacuation soudaine et chaotique de jeudi dernier, alors « qu’on ne sait toujours pas ce qu’il peut se passer ».

« Il y a une coulée souterraine de lave qui peut surgir à tout moment n’importe où dans la ville », a-t-il rappelé, « déconseillant vivement de rentrer à Goma ».

« Nous avons un problème de déplacés, mais au moins sont-ils en vie, les faire revenir (dans les circonstances actuelles) serait très dangereux », a souligné le chef de l’Etat.

Ces déplacés, estimés à environ 400.000 par le gouvernement, « ont fui dans plusieurs directions », et « il est difficile d’avoir leur nombre exact pour organiser une prise en charge efficace, voilà pourquoi il y a eu un temps qui s’est passé », a-t-il expliqué, alors que les critiques enflent dans le pays sur la gestion de l’éruption soudaine du 22 mai, et surtout l’évacuation de jeudi ordonnée sans aucune organisation apparente ou soutien logistique, malgré les promesses des autorités.

« Pifomètre »

Beaucoup avaient déjà vu dans l’éruption du 22 mai une illustration des « faillites de l’Etat », « aucun dispositif d’alerte n’ayant fonctionné « , faute de budget notamment, et « d’une gestion au pifomètre », avait ainsi estimé le journal EcoNews, jugeant que « la population a eu l’impression d’avoir été abandonnée à son triste sort ».

Après l’éruption, le gouvernement a dépêché, à grands renforts de déclarations rassurantes, une grosse délégation ministérielle à Goma, lançant travaux, enchaînant promesses d’aide et visites de « réconfort » aux sinistrés.

Mais les conditions de l’évacuation de jeudi ont ravivé les critique. « L’Etat a décidé l’évacuation de la population de #Goma et #Nyiragongo sans AUCUNE aide apportée », a ainsi fustigé sur twitter le collectif d’activistes Lucha.

« Mettre des véhicules à disposition lors de l’évacuation, c’est très difficile », a reconnu à ce propos le président Tshisekedi.

« Aujourd’hui nous sommes en voie de pouvoir commencer à déployer de l’eau potable ainsi que des vivres » sur les sites où ils ont trouvé refuge, a-t-il néanmoins affirmé.

« Ces déplacés ne le sont que pour quelques temps, le plus grand travail sera à Goma, où il y a 5.000 maisons détruites » par les coulées de lave, a-t-il anticipé, tout en promettant d’organiser des convois de retour.

Il a par ailleurs lancé un « appel aux dons, même si « un budget sera dégagé », dont la gestion sera « transparente ». Et de promettre également « de se rendre sur place, dès la réouverture des aéroports, « pour apporter réconfort et soutien » à ses compatriotes.

Ces déclarations interviennent quelques heures après une grosse bourde du gouvernement, qui a annoncé par erreur l’éruption d’un petit volcan voisin du Nyiragongo, faisant croire à une nouvelle catastrophe.

Du magma sous Goma

Le Nyiragongo était entré en éruption sans aucun signe précurseur le 22 mai. Deux immenses coulées de lave s’étaient échappées des flancs du volcan. Au moins 34 personnes ont trouvé la mort, et entre 900 et 2.500 habitations ont été détruites.

Selon un dernier rapport samedi de l’OVG, 61 tremblements de terre se sont produits au cours des dernières 24H, des séismes « cohérents avec la poursuite du mouvement du magma dans le système des fissures du Nyiragongo vers le lac Kivu ».

Ces séismes ont nettement ralenti depuis 48H.

L’OVG liste désormais trois scénarios principaux pour les jours à venir: « le magma reste sous terre sans éruption », avec ou sans la poursuite des secousses; ou les tremblements de terre se poursuivent et la lave réapparaît sur la terre ferme, possiblement dans les fissures qui fracturent le sol de la cité.

Une quatrième hypothèse catastrophe, celle d’un « glissement de terrain ou un grand tremblement de terre destabilisant les eaux profondes du lac et provoquant l’émergence de gaz dissous », est désormais jugée « beaucoup moins probable », mais « ne peut être exclue ».

Samedi, la capitale du Nord-Kivu, en grande partie vidée, a retrouvé néanmoins un semblant de calme et de normalité.

Le gouvernement fait désormais face à une crise humanitaire d’ampleur, une de plus dans une région déjà meurtrie depuis trois décennies par les violences des groupes armés. Parmi les multiples urgences, la question de l’accès à l’eau consommable, avec les risques d’épidémie liés, s’avère particulièrement aigüe, selon l’ONU, le CICR et les ONG.

Par Le Point avec AFP

RDC: La population fuit la ville Goma à cause du volcan Nyiragongo

mai 26, 2021

Avec TV5Monde

RDC/Eruption volcanique de Nyiragongo : François-Xavier Beltchika évoque la nécessité d’envisager la délocalisation de Goma

mai 26, 2021

Le président du Congrès des démocrates pour le progrès social (CDPS) estime que l’étendue de l’espace territorial vers Sake serait le site convenable.

Au lendemain de l’éruption volcanique du Nyiragongo, le parti CDPS et le regroupement politique Coalition des patriotes pour la République (Copr) ont adressé à la population de Goma un message de compassion, de solidarité et d’exhortation. Ils ont invité, le 25 mai, le gouvernement à réfléchir sur la nécessité d’envisager le déplacement du chef lieu de la province du Nord-Kivu dans un environnement qui la soustrait des menaces du volcan et de la hantise permanente des populations de Goma.

A en croire le président national du CDPS et président du bureau exécutif de la Copr, Francois-Xavier Beltchika,  le gouvernement congolais devrait se pencher sur la question de la délocalisation de la ville de Goma, à travers le ministère de l’aménagement des territoires pour l’option à lever et les aménagements nécessaires avec le concours d’autres ministères sectoriels. Il a estimé, à cet effet, que l’étendue de l’espace territorial vers Sake pourrait, éventuellement répondre aux critères d’un site convenable qui épargnerait un jour la population de Goma d’un cataclysme irréversible éventuel.

« Le contexte actuel de la situation à l’est du pays, la connaissance de l’histoire de Nyiragongo et la dangerosité qu’elle présente, permettraient la matérialisation d’une telle initiative, avec l’appui de la coopération bilatérale et multilatérales », a expliqué le président du CDPS. Ce message du CDPS coïncide avec les séismes les plus violents enregistrés aux environs de la ville de Goma depuis la fin de l’éruption volcanique de Nyiragongo et qui font craindre le pire aux scientifiques. « Nous les (nos sœurs et frères atteints par cette catastrophe naturelle) exhortons, par ailleurs, à plus de prise de conscience collective nationale indispensable pour triompher de divers et multiples défis à relever pour l’avènement d’une paix réelle qui assure directement le vrai développement de la zone est du pays, et indirectement l’ensemble de la nation », a déclaré François-Xavier Beltchika.

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

RDC – Éruption du Nyiragongo : les secousses sismiques à Goma inquiètent la population

mai 24, 2021
Des personnes se rassemblent sur une coulée de lave froide suite à l’éruption nocturne du Mont Nyiragongo à Goma, en RDC, le 23 mai 2021.

L’éruption volcanique dans la ville de Goma et ses environs, survenue samedi soir, a déjà fait au moins 15 morts, selon un bilan provisoire.

La ville de Goma, au pied du volcan Nyiragongo entré en éruption samedi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), était toujours secouée lundi matin par de nombreuses et fortes secousses telluriques, suscitant la peur des populations locales. « Ça se multiplie et ça vient à tout moment », a déclaré à l’AFP un habitant, jugeant cela « très inquiétant ».

Déjà très nombreux dimanche, ces séismes se sont poursuivis toute la nuit et lundi matin, sur un rythme soutenu, parfois avec une forte intensité. Dans la ville de Goma, la population, en partie de retour après avoir fui en masse l’éruption samedi soir du Nyiragongo, était très angoissée de ces secousses, sortant parfois des immeubles à étages et des maisons à chaque séisme.

L’éruption a déjà fait au moins 15 morts, selon le bilan provisoire avancé par le les autorités congolaises, dimanche soir. Au total, 17 villages ont été touchés, la principale route de la région, reliant Goma au Nord de la province, et une ligne à haute tension ont été coupées, selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui déploré « beaucoup de pertes de biens et de marchandises ».

« Les sinistrés ont tout perdu »

Après avoir fui par milliers l’éruption dans la nuit, « la majorité des gens sont rentrés ou sont en train de rentrer chez eux », a raconté un habitant. « Mais il reste les sinistrés qui n’ont plus de maisons. Ils ont tout perdu, ils restent là, par familles, coincés devant les boutiques le long des routes, ils sont très nombreux, des centaines de personnes… », selon ce témoin.

À la tombée de la nuit, samedi, ils étaient des centaines à s’apprêter à passer la nuit dans la rue, sur des matelas emportés dans leur fuite, regroupés par endroits par famille, village ou affinités. Apparemment sans avoir reçu d’aide humanitaire. Le gouvernement provincial a également décidé de suspendre les cours jusqu’à nouvel ordre.

Après deux réunions d’urgence du gouvernement, qui « suit avec attention la situation », Patrick Muyaya a promis une « action plus énergique ». « L’urgence pour le moment est d’apporter l’assistance aux populations déplacées », a-t-il affirmé à la presse dimanche soir, annonçant au passage le retour à Kinshasa du président Félix Tshisekedi, qui a interrompu une tournée européenne.

Habitations englouties

Samedi soir, le volcan Nyiragongo, dont les sombres pentes majestueuses dominent Goma et le lac Kivu, est entré soudainement en éruption, provoquant la peur et la fuite des populations. Deux coulées de lave se sont échappées de ses flancs, dont une est arrivée jusqu’à la lisière de Goma, où elle s’est immobilisée dimanche.

De nombreuses habitations ont été englouties par cette langue de lave rocheuse et noirâtre s’étendant sur des centaines de mètres.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : un avion petit porteur s’écrase sur un quartier de Goma, au moins 23 morts

novembre 24, 2019

Des habitants après la chute d'un petit avion sur Goma, dans l'est de la RDC, le 24 novembre 2019.

Des habitants après la chute d’un petit avion sur Goma, dans l’est de la RDC, le 24 novembre 2019. © AFP / PAMELA TULIZO

 

Un avion petit porteur de la compagnie privée congolaise Busy Bee s’est écrasé au décollage dans la matinée sur un quartier populaire de Goma, dans l’est de la RDC, faisant au moins 23 morts dimanche 24 novembre.

« Il y a trois corps qui viennent d’arriver à la morgue. Nous sommes à 23 corps maintenant », a déclaré le coordonnateur de la protection civile à Goma, Joseph Makundi.

L’avion de la compagnie privée Busy Bee transportait 19 personnes, d’après la compagnie. « Il y avait 17 passagers et deux membres d’équipage », a précisé Héritier Said Mamadou, chargé des réservations.

Outre les passagers, des habitants de Goma figurent donc sans doute parmi les victimes de la chute de l’avion de type Dornier-228. Les secours ne parvenaient pas à donner un bilan pour les passagers et les habitants.

Enquête en cours

L’appareil s’est écrasé sur une maison du quartier Mapendo/Birere de Goma, à côté de l’aéroport construit près de la frontière avec le Rwanda au milieu de zones densément peuplées.

L’appareil devait assurer une rotation vers Beni et Butembo à 350 km au nord de Goma. Le pilote a « raté son décollage », a rapporté le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, dans un communiqué. Depuis Beni, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes.

« A priori, c’est un problème technique », a déclaré un technicien de la compagnie sur le lieu du crash, cité par le site d’informations actualité.cd. La direction est réunie dans l’attente des résultats de l’enquête technique menée par une équipe sur le terrain.

Une compagnie récente

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a envoyé deux camions de pompiers en renfort des équipes congolaises.

Busy Bee est une compagnie récente qui dispose au total de trois appareils du même type pour desservir les zones enclavées de la province du Nord-Kivu de Beni et Butembo.

La piste de l’aéroport de Goma avait été rénovée et prolongée en 2015 après avoir été endommagée en 2002 par l’éruption du volcan Nyiragongo. L’aéroport est utilisé pour des vols réguliers (Ethiopian Airlines, Congo Airways, CAA, Busy Bee) mais surtout des appareils des Nations unies et d’organisations humanitaires.

Pra jeuneafrique.com avec AFP

Ebola en RDC : 15 personnes mises en quarantaine au Sud-Kivu

juillet 31, 2019

 

Quinze personnes, dont sept en provenance de Goma, où un troisième malade d’Ebola est décédé, ont été mises en quarantaine dans une localité riveraine du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a indiqué ce mercredi un responsable administratif local.

«Nous venons de mettre 15 personnes en quarantaine ici à Birava : une maman et ses six enfants en provenance de Goma ainsi que d’autres membres de la famille qu’ils venaient de rencontrer sur place», a déclaré Christian Birhinjira, responsable administratif de Birava. «La maman et ses six enfants venus de Goma étaient dans une famille dont le responsable avait fui un centre de traitement d’Ebola», a-t-il expliqué. Birava est situé au bord du lac Kivu, à environ 30 km au nord de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu (est).

Interrogé par l’AFP, le médecin directeur de l’hôpital de Birava a confirmé les cas suspects. «Nous avons effectivement eu l’alerte de ces cas suspects d’Ebola venus de Goma. Nous avons recherché la dame et ses enfants et d’autres personnes qu’elle avait déjà contactées, ils sont au total 15 chez nous en quarantaine», a dit le Dr Ciza Nuru.

«L’équipe des spécialistes, dont l’OMS, venue de Bukavu est rentrée pour revenir demain avec les matériels pour s’occuper correctement de la situation», a-t-il assuré. Déclarée le 1er août 2018, la dixième épidémie d’Ebola en RDC a jusqu’à présent été relativement circonscrite dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Mais l’apparition de cas dans une ville comme Goma renforce la menace d’une propagation de l’épidémie déjà responsable de 1803 morts, selon les derniers chiffres publiés mercredi par les autorités.

Par Le Figaro.fr avec AFP