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RDC : un avion petit porteur s’écrase sur un quartier de Goma, au moins 23 morts

novembre 24, 2019

Des habitants après la chute d'un petit avion sur Goma, dans l'est de la RDC, le 24 novembre 2019.

Des habitants après la chute d’un petit avion sur Goma, dans l’est de la RDC, le 24 novembre 2019. © AFP / PAMELA TULIZO

 

Un avion petit porteur de la compagnie privée congolaise Busy Bee s’est écrasé au décollage dans la matinée sur un quartier populaire de Goma, dans l’est de la RDC, faisant au moins 23 morts dimanche 24 novembre.

« Il y a trois corps qui viennent d’arriver à la morgue. Nous sommes à 23 corps maintenant », a déclaré le coordonnateur de la protection civile à Goma, Joseph Makundi.

L’avion de la compagnie privée Busy Bee transportait 19 personnes, d’après la compagnie. « Il y avait 17 passagers et deux membres d’équipage », a précisé Héritier Said Mamadou, chargé des réservations.

Outre les passagers, des habitants de Goma figurent donc sans doute parmi les victimes de la chute de l’avion de type Dornier-228. Les secours ne parvenaient pas à donner un bilan pour les passagers et les habitants.

Enquête en cours

L’appareil s’est écrasé sur une maison du quartier Mapendo/Birere de Goma, à côté de l’aéroport construit près de la frontière avec le Rwanda au milieu de zones densément peuplées.

L’appareil devait assurer une rotation vers Beni et Butembo à 350 km au nord de Goma. Le pilote a « raté son décollage », a rapporté le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, dans un communiqué. Depuis Beni, il a présenté ses condoléances aux familles des victimes.

« A priori, c’est un problème technique », a déclaré un technicien de la compagnie sur le lieu du crash, cité par le site d’informations actualité.cd. La direction est réunie dans l’attente des résultats de l’enquête technique menée par une équipe sur le terrain.

Une compagnie récente

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a envoyé deux camions de pompiers en renfort des équipes congolaises.

Busy Bee est une compagnie récente qui dispose au total de trois appareils du même type pour desservir les zones enclavées de la province du Nord-Kivu de Beni et Butembo.

La piste de l’aéroport de Goma avait été rénovée et prolongée en 2015 après avoir été endommagée en 2002 par l’éruption du volcan Nyiragongo. L’aéroport est utilisé pour des vols réguliers (Ethiopian Airlines, Congo Airways, CAA, Busy Bee) mais surtout des appareils des Nations unies et d’organisations humanitaires.

Pra jeuneafrique.com avec AFP

Ebola en RDC : 15 personnes mises en quarantaine au Sud-Kivu

juillet 31, 2019

 

Quinze personnes, dont sept en provenance de Goma, où un troisième malade d’Ebola est décédé, ont été mises en quarantaine dans une localité riveraine du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a indiqué ce mercredi un responsable administratif local.

«Nous venons de mettre 15 personnes en quarantaine ici à Birava : une maman et ses six enfants en provenance de Goma ainsi que d’autres membres de la famille qu’ils venaient de rencontrer sur place», a déclaré Christian Birhinjira, responsable administratif de Birava. «La maman et ses six enfants venus de Goma étaient dans une famille dont le responsable avait fui un centre de traitement d’Ebola», a-t-il expliqué. Birava est situé au bord du lac Kivu, à environ 30 km au nord de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu (est).

Interrogé par l’AFP, le médecin directeur de l’hôpital de Birava a confirmé les cas suspects. «Nous avons effectivement eu l’alerte de ces cas suspects d’Ebola venus de Goma. Nous avons recherché la dame et ses enfants et d’autres personnes qu’elle avait déjà contactées, ils sont au total 15 chez nous en quarantaine», a dit le Dr Ciza Nuru.

«L’équipe des spécialistes, dont l’OMS, venue de Bukavu est rentrée pour revenir demain avec les matériels pour s’occuper correctement de la situation», a-t-il assuré. Déclarée le 1er août 2018, la dixième épidémie d’Ebola en RDC a jusqu’à présent été relativement circonscrite dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Mais l’apparition de cas dans une ville comme Goma renforce la menace d’une propagation de l’épidémie déjà responsable de 1803 morts, selon les derniers chiffres publiés mercredi par les autorités.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC/Goma: ils ont carrément demandé l’invalidation de Félix Tshisekedi par la Cour constitutionnelle

juin 16, 2019

 

Publiée le 16 juin 2019 par Congo Live TV

RDC: conférence de presse de la Lucha interdite à Goma, libération de 40 militants à Kinshasa

juillet 31, 2018

Kinshasa – Un point-presse du mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha), qui voulait dénoncer « l’assassinat » d’un de ses membres mort dans un incendie, a été interdit par la police mardi à Goma dans l’est de la République démocratique du Congo.

Une quarantaine de manifestants arrêtés la veille dans la capitale Kinshasa, ont été libérés mardi, en début d’après midi.

La police a interdit l’accès au point-presse de la Lucha dans son fief de Goma (est), a constaté l’AFP. « Il ne pouvait pas tenir leur conférence de presse sans l’autorisation de la mairie », a justifié le maire Timothée Muissa Kiesse.

Un militant de la Lucha a lu dans la rue un communiqué qui dénonce les conclusions d’une enquête judiciaire sur la mort de Luc Nkulula, 33 ans, mi-juin dans l’incendie de sa maison à Goma. « Pour l’instant, il n’y a aucun prévenu à poursuivre. C’est tout simplement un incident malheureux », a déclaré vendredi le procureur.

« Nous sommes plus que jamais convaincus que notre camarade a été assassiné », dit le communiqué de la Lucha, mouvement des jeunes indignés qui demande le départ du président Joseph Kabila dont le mandat à la tête du pays s’est achevé en décembre 2016.

Lundi, quarante militants des mouvements citoyens congolais dont sept de la Lucha avaient été arrêtés « lors d’une marche silencieuse ».

« Ils marchaient pour aller déposer un mémorandum au bureau de la représentante spéciale du chef de l’État en charge de la lutte contre les violences sexuelles afin d’exiger l’implication du président de la République pour la libération des filles et femmes esclaves sexuelles au Kasaï », avait déclaré plus tôt à l’AFP Nera Kanyinda, chargé de communication d’un autre mouvement citoyen (Engagement citoyen pour le changement, Eccha), organisatrice de la marche.

« On vient de libérer les 40 militants, aucune charge n’a été retenue contre eux », a affirmé M. Kanyinda.

M. Kanyinda a cependant ajouté qu' »un autre militant du mouvement Eccha a été interpellé » par la police alors qu’il assistait à la libération de ses camarades.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2018 13h19)

RDC: Luc Nkulula, brûlé dans un incendie criminel

juin 10, 2018

 

Le grand militant de la LUCHA, Luc Nkulula,  a été cerné par un incendie criminel à Goma.

 

RDC: un activiste anti-Kabila tué dans un incendie de sa maison à Goma (mouvement prodémocratique)

juin 10, 2018

Goma (RD Congo) – Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a annoncé dimanche la mort d’un de ses fondateurs dans l’incendie « suspect » de sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Notre camarade Luc Nkulula est décédé dans un incendie suspect dans sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche », a déclaré à l’AFP Ghislain Muhiwa, l’un des responsables de ce mouvement des jeunes indignés basé à Goma (Nord-Kivu).

« Nous soupçonnons les ennemis de la démocratie et de la paix d’être responsables de cet acte lâche sur la personne de notre camarade, même si jusque-là, nous ignorons l’origine du feu », a ajouté M. Muhiwa.

Luc Nkulula est l’un des fondateurs de la Lucha, un mouvement pro-démocratie farouchement opposé au maintien au pouvoir du président congolais Joseph Kabila, au-delà de la fin de son mandat, qui a expiré le 20 décembre 2016.

Mi-aout 2016, il était le porte-parole de Lucha lors d’une audience à Goma avec le président Kabila.

La fin du mandat officiel de Joseph Kabila a été marquée par des violences qui ont causé la mort de plus d’une cinquantaine de personnes les 19 et 20 décembre 2016, lors des manifestations organisées par l’opposition et des mouvements citoyens dont la Lucha.

La présidentielle qui doit désigner un successeur au président Kabila est prévue le 23 décembre 2018.

La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016, de se représenter. Ses détracteurs l’accusent de chercher à rester au pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 15h33)                                                        

RDC: deux soldats rwandais interpellés près l’aéroport de Goma

avril 17, 2018

 

Un soldat des Forces armées (FARDC), près de Goma en 2013, lors des combats contre le M23. © REUTERS/Kenny Katombe

Les autorités congolaises ont arrêté deux militaires rwandais dans la nuit de dimanche à lundi. Les deux hommes s’étaient aventurés près de l’aéroport de Goma, dans la province du Nord-Kivu.

« Nous allons remettre les deux militaires rwandais arrêtés sur notre sol au mécanisme conjoint de vérification des frontières qui les remettra à leur tour au Rwanda », a déclaré à l’AFP le major Guillaume Ndjike, l’un des porte-parole de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu.

« Ces soldats rwandais portaient sur eux deux armes, du matériel de transmission et de communication » au moment de leur arrestation dans le principal cimetière de Goma, à environ 500 mètres de l’aéroport, non loin de la frontière entre la RDC et le Rwanda, a ajouté l’officier.

Nous demandons au Rwanda d’agir de la même manière quand il s’agit des soldats congolais

« Nous avons agi ainsi pour montrer à la communauté internationale que nous sommes respectueux du droit humanitaire international et nous demandons au Rwanda d’agir de la même manière quand il s’agit des soldats congolais qui se retrouvent sur le sol rwandais », a-t-il ajouté.

Cet incident survient deux mois après des affrontements entre forces congolaises et rwandaises, qui se sont soldés par la mort de six militaires congolais. En cause : des divergences sur la limitation de la frontière entre les deux pays.

Autorités congolaises, Nations unies et ONG accusent régulièrement Kigali de soutenir les groupes armés locaux et étrangers qui se disputent le contrôle des matières premières dans l’est de la RDC.

Jeuneafrique.com avec AFP

30 novembre 2017: journée sous tension en RDC

novembre 30, 2017

 

A Kinshasa, deux leaders du Rassemblement et quelques militants de l’opposition ont été brièvement  interpellés à la mi-journée par la police alors qu’ils se rendaient à une manifestation.

« La manifestation s’est finalement  transformée en une ville partiellement morte »

Les personnes brièvement interpellées se préparaient à rejoindre la « marche de la colère » contre le maintien au pouvoir du président Kabila et le nouveau projet de loi électorale, examiné actuellement au parlement. La résidence de Felix Tshisekedi, président du RASSOP, était également encerclée par la police. A Kinshasa, la manifestation s’est finalement  transformée en une ville partiellement morte.

Jean Marc-Kabund, secrétaire général de l’UDPS, et Martin Fayulu, président de l’ECIDE, tous deux membres du Rassemblement, ont été interpellés à quelques mètres du siège de l’UDPS dans le quartier de Limite alors qu’ils  se préparaient à rejoindre la « marche de la colère » à laquelle l’opposition avait appelé, mais interdite par le maire de la ville. Ils ont été conduits à un poste de police avant d’être relâchés  en fin d’après – midi.La police a interpellé aussi certains militants de l’opposition à Goma, Beni, Mbujimayi, Kananga, Matadi , Kalemie et Lubumbashi.

La résidence de Felix Tshisekedi, président du RASSOP a été encerclée par la police

Journée ville morte à l’Est

La circulation a été timide dans plusieurs points de la ville de Kinshasa. La marche s’est transformée en journée ville morte, presque tous les magasins, écoles et boutiques étaient fermés. Contrairement à l’accoutumée, la place victoire Matonge  était très peu fréquentée. Sur le boulevard Lumumba, principale artère de la ville, la circulation était très fluidee.  A Limete, fief de l’UDPS, comme dans d’autres points chauds de la ville, on a remarqué une forte présence de la police. Le centre-ville et le quartier d’affaires ressemblaient à un dimanche. A l’appel du président du Rassemblement, la population était invitée à marcher ce jeudi contre le calendrier électoral et pour le départ du président Kabila. Le maire de la ville de Kinshasa, informé de cette manifestation avait déclaré ne pas en prendre acte. Mercredi soir déjà, les forces de l’ordre ont été déployées pour empêcher toute tentative de rassemblement avec plus de cinq personnes.

Goma a tourné au rythme d’une journée «ville morte»

La manifestation de l’opposition prévue jeudi 30 novembre n’a pas eu lieu à Goma au Nord-Kivu. Le dispositif policier déployé dans presque tous les quartiers chauds de la ville aurait dissuadé les organisateurs de cette manifestation. Tout l’avant midi la ville a ressemblé à une journée «ville morte».   Des mouvements spontanés des jeunes ont été observés dans certains coins, notamment sur la route ULGL et devant l’Université « Campus du Lac » dit Kinyumba. Des jeunes barricadaient la route avec des pierres ou des pneus brulés. Quelques coups de feu ont été entendus dans ces endroits. Un jeune étudiant a été arrêté par la police congolaise et il a été amené au cachot PP près de la prison Munzenze.   Les parents n’ont pas laissé leurs enfants se rendre à l’école. Les activités ont tourné au ralenti dans certains quartiers de Goma. Le marché central de Virunga par exemple a été quasi désert. A Birere, au centre commercial de Goma, seuls quelques vendeurs se trouvaient devant leurs magasins et boutiques fermés.   Certaines organisations internationales voire les banques n’ont pas ouvert leurs portes. Le porte-parole du Rassemblement au Nord-Kivu, Jean Baptiste Kasekwa, indique qu’il reste difficile à leurs militants de manifester selon l’itinéraire arrêté.   «Le peuple manifeste dans les quartiers et dans les rues. Nous continuons à organiser la résistance jusqu’à ce qu’un moment donné nous allons vous dire quelle est la stratégie ultime choisie, parce que nous avons annoncé que nous avons un message à livrer au peuple à travers le meeting. Mais si vous arrivez à la tribune de l’ONC, elle est occupée par les militaires qui pourtant devraient nous encadrer», a déploré Jean Baptiste Kasekwa.   Aucun incident majeur n’a été signalé sur toute l’étendue de la ville.

Dw.com avec radiookapi.net et congoactuel.com

RDC: quatre civils et un policier tués Goma lors d’une manifestation appelant au départ de Kabila

octobre 30, 2017

L’artère principale de la ville de Goma, le 25 février 2015. © Trésor Kibangula/J.A.

Quatre civils et un policier ont été tués dimanche à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, en marge d’une manifestation de la société civile qui appelait au départ du président Joseph Kabila d’ici fin 2017.

Ce dimanche 30 octobre, les corps de quatre civils gisaient dans leur sang dans le quartier Majengo, au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu. Dans le quartier voisin Mabanga, le corps d’un policier lapidé était étalé sur le sol. Les circonstances précises de ces décès n’étaient pas établies dans l’immédiat.

Une manifestation avait été organisée à Goma par le Collectif d’actions de la société civile (Casc), dont le mouvement Lutte pour le changement (Lucha), pour réclamer le départ du président Joseph Kabila avant la fin de l’année. « La résistance contre le régime sanguinaire et prédateur de Kabila a bel et bien commencé », écrit ce mouvement de jeunes indignés sur son compte Twitter.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Flucha.rdcongo%2Fposts%2F1394288670699535&width=500

« Élections 2017 ou transition sans Kabila »

La République démocratique du Congo (RDC) est rongée par une grave crise politique liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré depuis fin décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter mais la justice l’a autorisé à rester à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur.

En vertu d’un accord entre la majorité et l’opposition signé fin 2016 sous l’égide de l’Église catholique, les élections auraient dû se tenir avant fin 2017, mais la Commission électorale chargée de l’organiser table désormais sur 2019.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a appelé le 27 octobre à Kinshasa à l’organisation du scrutin en 2018. « On n’est pas dans la logique des élections en 2018. Cela doit être clair pour tout le monde ! Élections 2017 ou transition sans Kabila ! », écrit de son côté Fred Bauma, un des dirigeants de la Lucha.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC: de Juba à Goma, l’exode sans issue des soldats de Riek Machar

octobre 21, 2017

Des anciens combattants sud-soudanais fidèles à l’ex-vice-président Riek Machar, jouent au football, le 19 octobre 2017 dans le camp de Munigi, près de Goma, en RDC / © AFP / GRIFF TAPPER

« Nous sommes enfermés »: Le « général » rebelle du Soudan du Sud, Dhiling Keah, commande une armée de plusieurs centaines de soldats démobilisés qui tournent en rond loin de chez eux, dans un camp à l’écart de Goma, dans l’est de la RDC.

En juillet 2016, le « général » et ses troupes combattaient à Juba avec l’ex-vice-président Riek Machar contre les forces gouvernementales du président Salva Kiir, avant de battre en retraite à pied sur des centaines de kilomètres jusqu’en République démocratique du Congo.

Quinze mois plus tard, cet homme de 37 ans, qui serait un cousin de Riek Machar, exerce son autorité sur des rebelles désarmés et désoeuvrés.

Les anciens combattants sont nourris et vêtus par la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), dans ce camp de Munigi, à une dizaine de kilomètres de Goma, sur les hauteurs qui surplombent le lac Kivu.

Assis sur un talus, derrière des grilles, une dizaine de Sud-Soudanais emmitouflés dans des anoraks et des blousons regardent passer les véhicules qui montent vers le parc national des Virunga, le volcan Nyiragongo, voire les territoires de Masisi et Rutshuru, fiefs de groupes armés congolais, bien actifs ceux-là.

A l’intérieur, d’autres tuent le temps comme ils peuvent: parties de cartes, dominos, football, minuscule salle de télévision installée dans un conteneur.

Au total, plus de 400 Sud-Soudanais vivent sous une trentaine de tentes. Des ex-combattants mais aussi des civils et des mineurs. Des Noer en majorité mais aussi d’autres ethnies.

Deux églises ont été improvisées sous des tentes, l’une pour les chrétiens (70% du camp), et l’autre pour les fidèles du prophète noer Ngundeng Bong.

Dans sa propre tente qu’il partage avec une demi-douzaine de ses compagnons d’armes, le « général » Dhiling Keah a disposé des chaises au pied des lits de camp pour recevoir la première équipe de journalistes qu’il autorise à visiter l’endroit.

De taille moyenne, ce doyen des rebelles raconte l’enfer de la fuite avec Riek Machar et ses hommes.

La chaleur puis la pluie, les maladies, le manque d’eau et de nourriture, les bombardements…: au total, 70 à 80 combattants sont morts pendant cet exode vers la RDC, affirme-t-il.

– ‘Je pesais 42 kilos’ –

Les survivants ont été secourus in extremis par la Monusco. Riek Machar lui-même aurait été retrouvé à moitié mourant.

« Je pesais 42 kilos », sourit un proche du « général », John, 27 ans, facilement reconnaissable avec son mètre 90 -pour 66 kilos désormais-, ses dreadlocks et son anglais limpide.

Alors que Riek Machar a pris le chemin de l’Afrique du Sud, ses frères d’armes ont été transférés à Goma sur choix de la Monusco, à qui des experts ont pu reprocher d’agir seule et en marge du droit international.

L’arrivée à Goma des Sud-Soudanais a suscité l’hostilité, voire la psychose, auprès des habitants, traumatisés par le souvenir des camps de réfugiés hutus qui ont propagé l’onde de choc du génocide rwandais dans l’ex-Zaïre il y a 20 ans.

« Nous leur demandons de rester confinés en échange du soutien humanitaire que nous leur apportons. Nous appelons cela une restriction volontaire de liberté », avance le numéro deux de l’ONU en RDC, David Gressly, précédemment en poste au Soudan du Sud.

« Ils ont convenu d’être désarmés et démobilisés », poursuit M. Gressly. L’ONU s’est chargé de stocker les armes des rebelles – en fait, « des vieilles pétoires », d’après un expert.

« Cela fait un an que nous n’avons plus d’armes. Nous sommes prêts pour la vie civile », assure le « général » Dhiling Keah.

Très politique, pesant ses réponses, il sait gré aux Nations unies d’avoir sauvé la vie de ses hommes, de les nourrir, de les vêtir, de les protéger.

Mais la situation ne peut plus durer, estime-t-il, à quelques jours d’une visite en RDC et au Soudan du Sud de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Nikki Haley.

L’isolement, la nourriture pas assez variée, le manque d’espace…: les signes de lassitude se multiplient dans le camp d’environ 500 m de long sur 200 de large.

Privés de liberté sans être prisonniers, survivant dans un camp de l’ONU sans avoir le statut de réfugié, les soldats perdus de Riek Machar demandent leur transfert vers des pays tiers pour retrouver leurs proches: Ouganda, Ethiopie, Kenya, Soudan, voire dans un camp de réfugiés à la frontière RDC/Soudan du Sud.

Plusieurs centaines d’ex-combattants ont d’ailleurs pu quitter le camp de Goma parce qu’ils avaient des documents de voyage valides.

Mais ce n’est pas le cas du « général » Dhiling Keah ni de John ni de beaucoup de ces rebelles isolés à Goma, dans un camp de l’ONU et une sorte de vide juridique.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2017 16h20)