Posts Tagged ‘Goodluck Jonathan’

Côte d’Ivoire : Goodluck Guillaume Soro !

avril 25, 2017

Guillaume Soro quitte le palais présidentiel après une rencontre avec Alassane Ouattara le 13 mars 2012. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

L’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, en visite à Abidjan a rencontré Guillaume Soro, le président du Parlement ivoirien, dont l’avenir politique fait couler de l’encre.

L’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, visiteur fréquent d’Abidjan, où il entretient d’excellentes relations avec Alassane Ouattara, a séjourné en Côte d’Ivoire pendant la semaine du 18 avril, multipliant les contacts avec les autorités locales. Il a notamment dîné chez Guillaume Soro, le président du Parlement ivoirien, le 20 avril, dans le quartier résidentiel de Marcory.

La présidentielle 2020 dans le viseur

Les deux hommes ont été présentés l’un à l’autre durant la décennie 2000 par l’ancien chef de l’État Olusegun Obasanjo. Les questions relatives à l’avenir politique de Guillaume Soro ont été abordées, en particulier son positionnement pour la présidentielle de 2020, alors que les spéculations sur sa possible candidature vont bon train dans la capitale ivoirienne.

Jeuneafrique.com

Nigeria: arrestation d’un ancien porte-parole du président Jonathan soupçonné de corruption

octobre 25, 2016

Lagos – Un ancien porte-parole du président nigérian Goodluck Jonathan a été interpellé et était interrogé dans le cadre d’une enquête sur le détournement présumé de fonds destinés à la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram, a déclaré mardi la brigade anti-corruption.

Nous avons arrêté Reuben Abati et il est interrogé en relation avec des questions à la limite de la corruption, a déclaré le porte-parole de la Commission pour les crimes économiques et financiers (EFCC), Wilson Uwuajaren.

Il a précisé que l’ancien porte-parole qui fut un éditorialiste populaire et patron de la rédaction du quotidien indépendant Guardian avant de servir le président Jonathan avait été arrêté lundi et était toujours en détention.

Une source au sein de l’EFCC a précisé que l’enquête portait sur le détournement de fonds destinés à l’achat d’armes pour combattre Boko Haram.

M. Abati est soupçonné d’avoir reçu de l’argent de l’ancien conseiller à la sécurité nationale Sambo Dasuki.

Le colonel Dasuki, 60 ans, est poursuivi pour trois affaires différentes, dans un scandale portant sur un détournement de plus de deux milliards de dollars de fonds qui auraient dû être alloués à la Défense mais ont servi à payer la campagne électorale de M. Jonathan, en 2015, alors que le pays souffrait de l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram.

Cette insurrection a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009 et a atteint son pic en 2013 sous la présidence de M. Jonathan.

L’ancien président a été battu l’an dernier par son rival Muhammadu Buhari qui a depuis lancé une vaste campagne anti-corruption visant les proches du gouvernement précédent.

Un deuxième responsable, selon une autre source au sein de l’EFCC, l’ancien ministre du territoire de la capitale fédérale, Abuja, Bala Mohammed, a également été arrêté lundi.

Il est interrogé en relation avec des millions de dollars qu’il aurait détournés quand il était en fonction, selon cette source.

Il est également soupçonné d’avoir alloué de manière contestable des terrains de la capitale à ses fils et à des copains, a ajouté la source.

Dans une déclaration mise en ligne mardi par le groupe PRNigeria, l’ex président Jonathan affirme ne pas croire que quelqu’un ait pu voler 2,2 milliards de dollars, en référence à son ancien conseiller à la sécurité nationale, le colonel Dasuki.

Nous avons acheté des bateaux de guerre, nous avons acheté des avions, nous avons acheté un tas d’armes pour l’armée, etc, et vous me dites 2,2 milliards, eh bien où avons-nous trouvé l’argent pour acheter tout cela, a-t-il dit après une conférence donnée à Londres.

L’ancien dirigeant estime exagérées les accusations de corruption sous son mandat.

Oui, il y a eu quelques histoires. Oui, il y encore des problèmes de corruption mais en partie exagérés, a-t-il expliqué, jugeant que cela donnait une très mauvaise impression de notre nation.

Vous ne pouvez pas dire que le conseiller à la sécurité nationale a volé 2,2 milliards de dollars. Ce n’est tout simplement pas possible, a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 25 octobre 2016 13h27)

Nigeria: le président sortant laisse un pays sinistré, dénonce l’opposition

mai 24, 2015

Abuja – Le président sortant du Nigeria, Goodluck Jonathan, va passer la main à son successeur vendredi en laissant un pays plus sinistré que jamais, plombé par des pénuries de carburant et le marasme économique, a déclaré dimanche le principal parti d’opposition.

Jamais dans l’histoire de notre pays un gouvernement quelconque n’a transmis à un autre gouvernement un pays aussi sinistré, a estimé dimanche Lai Mohammed, le porte-parole du Congrès progressiste (APC), dans un communiqué.

Pas d’électricité, pas de carburant, des travailleurs en grève, des milliards dûs aux fonctionnaires régionaux et fédéraux, 60 milliards de dollars de dette nationale, et l’économie est virtuellement à terre, a-t-il énuméré.

Muhammadu Buhari, de l’APC, sera investi vendredi président du pays le plus peuplé d’Afrique (près de 180 millions d’habitants), également plus grosse économie et premier producteur de pétrole du continent, après avoir battu Goodluck Jonathan à la présidentielle du 28 mars.

Mais à quelques jours de son entrée en fonction, le pays est virtuellement à l’arrêt après des semaines de crise des carburants.

Les stations-service sont à sec, des avions sont cloués au sol dans les aéroports, et le premier opérateur mobile vient de prévenir qu’il va avoir du mal à maintenir son réseau sans approvisionnement rapide en carburant.

L’APC, qui a fait campagne sur le combat contre la corruption endémique et l’insécurité (en référence aux islamistes de Boko Haram, dont les attaques ensanglantent le Nord depuis des années), a durement critiqué M. Jonathan et son parti, le PDP, pour leur silence sur cette crise.

Lai Mohammed a accusé le PDP de n’être pas intéressé par la résolution de la crise, qui laisse des millions de Nigérians sans électricité depuis des semaines à cause du manque de carburant pour leurs générateurs – le réseau électrique public ne fonctionne que quelques heures par jour.

Le gouvernement a annoncé vendredi que le pays ne produisait que 1.327 mégawatts d’électricité – un plus-bas quasi historique.

La première économie d’Afrique extrait deux millions de barils de pétrole brut par jour mais doit importer l’essentiel de ses carburants à cause de ses faibles capacités de raffinage – une situation que les observateurs imputent à la corruption et la mauvaise gestion.

Selon les syndicats du secteur pétrolier, la crise a éclaté parce que le gouvernement, qui subventionne les carburants pour les maintenir sous les prix du marché mais est à court de liquidités depuis l’effondrement des cours du pétrole, doit 200 milliards de nairas (environ 904 millions d’euros) d’impayés aux importateurs de carburant, qui ont du coup cessé leur activité.

Pour l’APC, le Nigeria est sur pilotage automatique depuis plusieurs semaines, car l’administration sortante n’a montré ni la capacité, ni la volonté de résoudre les crises qu’elle a créées et imposées à la nation.

Le Parti démocratique populaire (PDP) de M. Jonathan a accusé l’opposition de tenter de ternir l’image du gouvernement sortant.

Nous jugeons curieux et (voyons) plus qu’une coïncidence dans le fait que le pays subit de graves pénuries de carburant et d’électricité précisément à ce moment-là, alors que ce n’était pas le cas sous le gouvernement dirigé par le PDP, a déclaré le porte-parole du parti Olisa Metuh.

Nous nous demandons s’il n’y a pas des forces qui sabotent le système pour donner l’impression que l’APC hérite d’infrastructures défaillantes et d’un effondrement complet du système, a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2015 23h46)

Muhammadu Buhari élu président du Nigeria, selon les résultats officiels pour qauetre ans

mars 31, 2015

Goodluck Jonathan et Muhammadu Buhari.
Goodluck Jonathan et Muhammadu Buhari. © Montage J.A/AFP

Les résultats de l’élection présidentielle nigériane ont été publiés mardi après-midi par la commission électorale indépendante. Ils placent le candidat de l’opposition Muhammadu Buhari en tête avec 15,4 millions de voix face au président sortant Goodluck Jonathan qui obtient 13,3 millions de suffrages et concède sa défaite.

« C’est la première fois que l’opposition chasse un gouvernement par la voie des urnes dans l’histoire du Nigeria », s’est réjoui Lai Mohammed, porte-parole du Congrès progressiste (APC), le mouvement de M. Buhari, revendiquant la victoire après l’annonce des résultats dans une ambiance de joie parmi les leaders du parti réunis à Abuja, la capitale fédérale du pays le plus peuplé d’Afrique avec 177 millions d’habitants.

Selon Lai Mohammed, le président sortant Goodluck Jonathan aurait téléphoné à son adversaire pour le féliciter. Une information qui, si elle est exacte, marquerait un important tournant dans la jeune démocratie nigériane, permettant peut-être d’éviter ou d’atténuer les violences postélectorales meurtrières dont le pays est coutumier.

Pour gagner l’élection sans second tour, Buhari avait besoin de remporter plus de 50 % du total des voix à l’échelle nationale – et de prendre au moins 25 % des voix dans les deux tiers des États, soit 24 sur 36. Selon le décompte global des résultats, Buhari remplit ces deux conditions, remportant le scrutin avec 15,4 millions de voix contre 13,3 millions pour le Jonathan.

Cinq choses à savoir sur le nouveau président Muhammadu Buhari

La commission électorale nigériane a annoncé mardi que le succcesseur du président sortant Goodluck Jonathan serait le principal candidat de l’opposition, Muhammadu Buhari. Retour en cinq points sur le parcours de celui qui aura désormais les rênes du plus peuplé des pays d’Afrique entre les mains durant quatre ans.

  • Un musulman originaire du Nord

Muhammadu Buhari est né le 17 décembre 1942 à Daura, dans l’État de Katsina situé au nord du Nigeria à la frontière avec le Tchad. Issu d’une famille nombreuse (il est le dernier d’une fratrie de 23 enfants), le candidat du All Nigeria Peoples Party (APC) s’est marié deux fois et a eu dix enfants.

En 2011, Muhammadu Buhari s’est exprimé publiquement lors d’un séminaire en faveur d’une application totale de la loi islamique dans tout le pays. « Si Dieu le veut, nous n’arrêterons pas l’agitation pour la mise en œuvre totale de la charia dans le pays », avait-il déclaré. Mais en janvier 2015, en pleine campagne électorale, il avait rectifié le tir en défendant la liberté de culte, rappelant au passage n’avoir jamais imposé la charia lorsqu’il était au pouvoir entre 1983 et 1985.

  • Militaire et chef de junte pendant vingt mois

À l’âge de 19 ans, Muhammadu Buhari rejoint l’armée. Suivent plusieurs années de perfectionnement en Grande Bretagne, puis il gravit les échelons pour devenir en 1980 officier général des forces armées nigérianes. Une carrière qui a notamment été accélérée par sa participation en 1966 au coup d’État mené par le lieutenant-colonel Murtala Muhammed pour renverser le régime d’Aguiyi Ironsi.

Quelques années plus tard, en décembre 1983, le général Buhari prendra les rênes du pouvoir après avoir renversé le président Shehu Shagari élu en 1979. Ce passage à la tête de l’État durera jusqu’en août 1985, date à laquelle il est renversé par le général Ibrahim Babangida. Ses vingt mois de gestion du pays ont conduit de nombreuses personnes en prison, dont Fela Kuti, inventeur légendaire de la musique nigériane « afrobeat » et éminent activiste des droits de l’homme.

L’affaire Umaru Dikko est l’un des épisodes les plus célèbres de la présidence Buhara. Dikko, ministre dans le gouvernement renversé, avait alors été kidnappé à Londres par les agents secrets nigérians. Un agent des douanes de l’aéroport de Stansted découvre alors dans une « valise diplomatique » à destination de Lagos, l’ex-ministre inconscient. L’incident avait provoqué une crise diplomatique majeure avec la Grande-Bretagne et quatre hommes avaient été emprisonnés pour enlèvement.

La « méthode Buhari » était donc rude, dans de nombreux domaines. Le quotidien britannique The Telegraph indique par exemple que la tricherie lors d’examens universitaires pouvait conduire à une peine d’emprisonnement de vingt ans et que les fonctionnaires étaient soumis à des punitions physiques en cas de retard au travail.

En 1984 et en 1985 alors que l’Afrique de l’ouest traversait une grave crise alimentaire, Buhari avait fait expulser plusieurs centaines de milliers de Nigériens vivant alors au Nigeria. Aujourd’hui encore l’épisode de cette famine est surnommée « El-Buhari » à l’est du Niger.

  • Trois fois candidat malheureux à la présidentielle

Muhammadu Buhari a été désigné candidat en décembre 2014 par le principal parti d’opposition, le Congrès progressiste (APC), avec 3 430 voix, loin devant l’ancien vice-président Atiku Abubakar qui n’a obtenu que 954 voix.

Il avait effectué son retour en politique en 2003 lors de l’élection présidentielle perdue contre l’ancien général Olusegun Obasanjo, qui l’a aujourd’hui rallié. En 2007 et en 2011, il n’avait pas connu un sort plus heureux face à Umaru Yar’Adua puis Goodluck Jonathan. Sa défaite en 2011 a entraîné des violences au cours desquelles un millier de Nigérians au moins ont trouvé la mort.

  • Un ticket avec le sudiste Yemi Osinbajo

Pour équilibrer la candidature de son parti face au président sortant, Muhammadu Buhari a désigné le 17 décembre 2014 pour la vice-présidence Yemi Osinbajo, issu de l’ethnie yoruba du sud du pays. Ce dernier, responsable du département de droit public de l’Université de Lagos, a une riche carrière professionnelle. Il fut notamment conseiller spécial du procureur général du Nigeria, membre de la mission des Nations unies en Somalie… Chrétien évangéliste, Yemi Osinbajo a fait partie du comité chargé de rédiger le manifeste du All Progressives Congress (APC) en 2013.

  • Une alliance avec l’ancien président Olusegun Obasanjo

Si Muhammadu Buhari a été battu à la présidentielle de 2003 par Olusegun Obasanjo, tous les deux sont d’anciens généraux de l’armée nigériane et leurs rapports sont très bons, au moins depuis que l’ancien président a publiquement déchiré sa carte de membre du Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir), en février dernier.

Obasanjo avait nommé en 1976 Buhari au poste très stratégique de ministre du Pétrole et des Ressources naturelles. Les relations exécrables entre Goodluck Jonathan et Olusegun Obasanjo ont fortement profité à Buhari dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.

Jeuneafrique.com par Edmond d’Almeida

Elections au Nigeria: carton plein pour le président Jonathan dans deux Etats du sud

mars 31, 2015

Lagos – Le président sortant du Nigeria Goodluck Jonathan a réalisé un carton plein à l’élection présidentielle dans deux de ses fiefs du sud du pays d’où il est originaire, remportant la quasi totalité des suffrages dans les Etats de Bayelsa et de Rivers, a annoncé mardi la commission électorale.

Dans son Etat natal de Bayelsa, M. Jonathan a rassemblé 361.209 voix sur 367.067 suffrages exprimés, soit 98,4 des voix, contre seulement 5.194 au principal candidat de l’opposition Muhammadu Buhari.

Dans l’Etat voisin pétrolier de Rivers, le chef de l’Etat sortant l’a emporté avec 94,9% des votes, rassemblant 1.487.075 voix contre 69.238 pour M. Buhari.

Des troubles avaient éclaté dès dimanche dans cet Etat pétrolier, où le Congrès progressiste (APC) de M. Buhari accuse la commission électorale (Inec) et le parti au pouvoir (Parti démocratique populaire, PDP) de fraudes électorales. Des marches de protestations se sont poursuivies lundi jusqu’à l’instauration d’un couvre-feu pour la nuit.

A l’échelon national, c’est cependant l’ex-général Buhari qui mène, avec près de deux millions de voix d’avance, d’après le décompte partiel des résultats sur 24 des 36 Etats du pays. M. Buhari, un musulman du nord, l’a notamment emporté dans la capitale économique Lagos (sud).

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2015 14h42)

Le Nigeria attend de connaître son prochain président, le candidat de l’opposition plébiscité dans le nord

mars 30, 2015

Abuja – Le candidat de l’opposition nigériane, Muhammadu Buhari, a été largement plébiscité dans le nord, sa région d’origine, selon les premiers résultats partiels de la présidentielle la plus serrée de l’histoire du Nigeria, qui l’oppose au président sortant, Goodluck Jonathan.

Selon les premiers résultats officiels dans 15 des 36 Etats nigérians et dans la capitale fédérale, annoncés par des délégués de la Commission électorale indépendante (Inec), l’ancien général Buhari, 72 ans, est pour l’instant donné vainqueur dans 10 Etats, le président Jonathan, 57 ans, remportant le scrutin dans cinq autres et dans la capitale fédérale.

M. Buhari a notamment devancé M. Jonathan de 1,7 million de voix dans l’Etat de Kano, le plus peuplé du nord musulman, qui a été la cible de nombreux attentats du groupe islamiste Booko Haram.

Mais s’il bénéficie pour l’instant d’une avance de 3,5 millions de suffrages exprimés, M. Jonathan pourrait le rattraper en marquant à son tour des points dans ses fiefs du sud chrétien, dans un pays aux fractures religieuses et ethniques très marquées.

Des violences ont commencé à éclater dès dimanche, dans l’Etat pétrolier de Rivers (sud), où le Congrès progressiste (APC) de M. Buhari accuse l’Inec et le Parti démocratique populaire (PDP) de M. Jonathan de fraudes électorales.

Suite à une manifestation de plusieurs milliers de personnes dimanche, 2.000 militantes de l’APC, réunies lundi matin devant l’Inec à Port-Harcourt, la capitale de Rivers, pour réclamer la tenue de nouvelles élections, ont été dispersées à coup de gaz lacrymogène.

Les marches de protestations se sont poursuivies tout au long de la journée de lundi, jusqu’à l’instauration d’un couvre-feu pour la nuit.

Le président de l’Inec, Attahiru Jega a promis qu’il examinerait toutes les plaintes, poursuivant son objectif de mener à son terme un scrutin libre, juste et crédible, dans le calme.

– Inquiétudes de Washington et Londres –

Des violences sont redoutées à l’annonce des résultats, comme lors de la présidentielle de 2011 où près d’un millier de personnes avaient été tuées.

A Kaduna, grande ville du centre du Nigeria submergée par les violences entre chrétiens et musulmans en 2011, les gens ont peur, confie une commerçante, Elizabeth Anthony. A l’époque, plusieurs centaines de chrétiens avaient été tués après que le candidat musulman, l’ex-général Muhammadu Buhari, avait été déclaré perdant face au chrétien Goodluck Jonathan.

Si le président Jonathan est déclaré vainqueur, et non le général Buhari (…) je peux vous dire que Kaduna va s’embraser, a prévenu lundi Awwal Abdullahi Aliyu, le président de l’Union pour l’unité du peuple du Nord et la réconciliation.

Washington et Londres ont fait part de leur inquiétude au sujet de possibles interférences politiques dans le décompte des voix au niveau régional.

En marge des négociations sur le programme nucléaire iranien à Lausanne, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le secrétaire au Foreign Office britannique Philip Hammond ont estimé qu’il n’y a pas eu pour le moment de manipulation systématique du processus électoral, mais ont fait état d’indications inquiétantes que le processus de rassemblement des votes – pour être comptés – peut être sujet à des interférences politiques délibérées.

Ces craintes sont sans fondement et il n’y aucune preuve d’interférence politique, a rétorqué très rapidement la Commission électorale indépendante nigériane (Inec).

Le porte-parole de campagne de M. Jonathan, Femi Fani-Kayode, a qualifié ces propos de balivernes absolues et demandé à MM. Kerry et Hammond d’apporter les preuves de ce qu’ils avancent.

Il n’y a aucune indication (d’interférence) au quartier-général (de l’Inec). Mais à un niveau régional dans les centres de dépouillement, a précisé de son côté la secrétaire d’Etat adjointe américaine pour l’Afrique, Linda Thomas-Greenfield.

Au Nigeria, le vainqueur doit obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats de la fédération auxquels s’ajoute le territoire de la capitale fédérale, Abuja.

Face aux risques de violences postélectorales, l’Union africaine (UA) a appelé à recourir aux moyens légaux existants au cas où il y aurait contestation des résultats de ces élections, qui ont, selon elle, respecté les principes continentaux des élections démocratiques.

Le Nigeria, première économie du continent, qui compte 69 millions d’électeurs inscrits sur 173 millions d’habitants, a voté ce week-end pour élire, outre le président, les 109 sénateurs et les 360 députés du pays que compte le Parlement.

Pour la première fois, les électeurs étaient identifiés par des lecteurs d’empreintes digitales, censés prévenir les fraudes des scrutins précédents. Les Nigérians se sont mobilisés massivement pour voter samedi. Mais 348 bureaux, sur 150.000, ont dû rouvrir dimanche à cause de problèmes de machines biométriques ou d’acheminement du matériel électoral, selon l’Inec.

Pour l’UA, les processus d’accréditation (identification biométrique des électeurs), de vote et de comptage (des bulletins) ont généralement été transparents.

Un satisfecit également exprimé par l’ONG nigériane Transition Monitoring Group (TMG), ainsi que par l’Institut démocratique national (NDI), basé à Washington.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, qui avait menacé de perturber le scrutin, n’est pas parvenu à empêcher les élections, malgré quelques attaques isolées dans le nord-est. Le groupe islamiste semble affaibli par l’offensive militaire régionale lancée contre lui depuis février, avec l’appui du Tchad notamment.

Romandie.com avec(©AFP / 30 mars 2015 23h45)

Nigeria : ouverture des bureaux de vote pour la présidentielle

mars 28, 2015

File d'attente le 28 mars 2015 devant un bureau de vote à Maiduguri.
File d’attente le 28 mars 2015 devant un bureau de vote à Maiduguri. © AFP

Les Nigérians commençaient samedi à se rendre aux urnes pour élire leur prochain président, au cours du scrutin le plus serré de l’histoire de ce pays le plus peuplé d’Afrique, marqué par les violences islamistes, la chute des cours du pétrole et la corruption endémique.

Du hub pétrolier de Port Harcourt, en plein sud chrétien, à Kano, la deuxième plus grande ville musulmane du continent, en passant par la mégalopole de Lagos, 68,8 millions d’électeurs – sur 173 millions d’habitants – sont appelés aux urnes, pour des élections présidentielle et législatives.

Les bureaux de vote devaient ouvrir officiellement à 08H00 locales (07H00 GMT), mais une demi-heure plus tard, des journalistes de l’AFP à Kano (nord), Lagos et Abuja ont cependant constaté que dans de nombreux bureaux, des responsables de la commission électorale indépendante (Inec) n’avaient toujours pas été déployés et le matériel électoral n’avait pas encore été distribué.

Le scrutin doit se dérouler en deux temps. Dans la matinée, les assesseurs procèdent à la vérification des inscriptions sur les listes. Dans un second temps, à partir de 13h30 (12H30 GMT), les électeurs devront revenir voter.

Le président sortant, Goodluck Jonathan (57 ans), brigue un second mandat, face à l’ancien général Muhammadu Buhari (72 ans), son principal adversaire et le candidat d’une opposition plus unie que jamais. Des élections législatives ont également lieu samedi. Samedi matin, de longues files d’attente se sont formées devant les bureaux de vote, un peu partout dans le pays. Certains électeurs ont même raconté avoir passé la nuit sur place.

La sécurité assurée par des milices privées

A Kano, la plus grande ville du nord du pays, frappée à plusieurs reprises par des attentats meurtriers commis par les islamistes de Boko Haram, la plupart des votants sont arrivés dès 06H00, juste après la prière du matin.

« Les élections c’est vraiment quelque chose d’important, au Nigeria », témoigne l’un d’entre eux, Dahiru Badamasi. « Le pays a besoin d’être secouru du chaos dans lequel on se trouve actuellement. L’insécurité, le manque de soins médicaux, d’éducation… Partout, c’est la pagaille. Voilà où on en est ».

Pour déjouer les attentats, des membres de milices privées étaient chargés de fouiller les électeurs à l’aide de détecteurs de métaux, comme à l’intérieur d’une école primaire, bondée de monde.

De part et d’autre du pays, les électeurs s’apprêtaient à soutenir leur candidat. Ainsi, à Daura, le fief du leader de l’opposition, Muhammadu Buhari, Moustapha Osman était totalement investi : « Nous sommes 100% prêts à voter, et nous allons voter pour le candidat qui protègera nos vies et l’intégrité de ce pays. »

A l’inverse, à Utuoke, dans le village du candidat chrétien, où Goodluck Jonathan doit voter dans la journée, Laurence Banigo, un ingénieur de 42 ans soutenait le président sortant: « Les Nigérians qui ont pu apprécier son bon boulot devraient lui donner la chance de continuer encore pour quatre ans. »

Margaret Nwoyi, femme au foyer de 34 ans, se montrait tout aussi enthousiaste « pour le fils » du pays. Il a permis à notre communauté de se développer. (…) Nous devons le récompenser en votant massivement pour lui aujourd’hui ».

Rues désertes à Lagos

Dans la mégalopole de Lagos, d’habitude embouteillée jour et nuit, les rues étaient désertes à cause d’une interdiction pour les véhicules de circuler pendant toute la durée du vote. Des barrages de police et de soldats étaient érigés sur les grandes artères de la ville. Seuls, quelques piétons étaient visibles dans les rues.

Dans un pays où les dissensions politiques attisent souvent les tensions religieuses, le duel entre le chef de l’Etat sortant, un chrétien du Sud, et M. Buhari, un musulman du Nord, fait redouter des violences politiques.

Une myriade d’observateurs internationaux ont été déployés dans le pays pour s’assurer du bon déroulement du scrutin. L’Inec espère pouvoir éviter les fraudes électorales, un problème récurrent lors des précédentes élections, grâce à un nouveau système de lecteurs de cartes électorales électroniques, expérimenté pour la première fois. Les résultats sont attendus dans les 48 heures suivant la fermeture des bureaux de vote.

Sur le plan sécuritaire, l’armée nigériane, qui a annoncé vendredi avoir repris le fief islamiste de Gwoza, se targue d’avoir démantelé le « califat » proclamé par Boko Haram, dans le cadre d’une offensive militaire régionale, ces deux derniers mois.

Mais les victoires récentes de l’armée nigériane contre Boko Haram, avec l’aide de ses alliés régionaux, le Tchad en tête, ne permettront sans doute pas d’effacer, dans l’esprit des électeurs, le manque de réactivité du président face à la montée en puissance du groupe islamiste, dont l’insurrection, et sa répression, ont fait en six ans plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés.

Même si Boko Haram est en perte de vitesse, le groupe islamiste, désormais allié à l’organisation Etat islamique, a menacé de perturber l’élection et a prouvé ces dernières semaines avoir encore la capacité de mener des attentats-suicides meurtriers.

Jeuneafrique.com

Lutte contre Boko Haram : les couacs de la coopération entre le Tchad et le Nigeria

mars 27, 2015

Les présidents nigérian et tchadiens.
Les présidents nigérian et tchadiens. © Montage J.A/AFP

Le Tchad est le pays le plus impliqué dans la lutte contre Boko Haram. Son armée est la seule à s’être autant aventurée en territoire nigérian. Mais sa coopération avec Abuja laisse à désirer. Explications.

Comme il en a l’habitude, lorsqu’il veut faire passer un message, Idriss Déby Itno ne s’embarrasse pas avec les formes. Interrogé par l’hebdomadaire français Le Point sur la coopération entre son pays et le Nigeria dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, le président tchadien est allé droit au but : « Le constat que je peux faire, deux mois après le début de cette guerre, c’est que nous n’avons pas pu avoir un contact direct, sur le terrain, avec des unités de l’armée nigériane. C’est ce qui a, plus d’une fois, obligé les forces tchadiennes à reprendre des villes et à ressortir », a-t-il déclaré.

« Vous comprendrez la difficulté pour nous de rester, même si c’est un pays voisin et frère, car notre armée peut être qualifiée d’armée d’occupation s’il n’y a pas une armée ou une administration nigériane à ses côtés. L’armée tchadienne mène seule ses combats à l’intérieur du Nigeria, ce qui est un problème, a poursuivi Déby. Nous aurions souhaité qu’il y ait au moins une unité nigériane avec elle. C’était même une demande expresse auprès du gouvernement nigérian, mais pour des raisons que nous ignorons, jusque-là nous n’avons pas pu travailler ensemble. »

Dans la guerre que mènent le Nigeria et ses pays voisins contre Boko Haram, les relations entre le géant anglophone et le Tchad ont d’abord paru bonnes au regard des tensions existantes avec le Cameroun ou le Niger. Mais le départ, le 10 mars, des soldats tchadiens de la localité de Dikwa et de ses environs a mis en avant le manque de coopération entre Abuja et N’Djamena.

Comment tenir les villes reprises ?

« Cette situation est le résultat d’erreurs opérationnelles et d’une absence de communication », analyse Nnamdi Anekwe-Chive, nigérian spécialiste des questions sécuritaires. Les autorités tchadiennes ont d’abord affirmé que leur deux régiments, soit environ 2 500 soldats, s’étaient retirés de Dikwa à la demande d’Abuja. « Après nous être emparés des villes de Gamboru, Dikwa et d’autres villages, nous avons dû faire marche arrière parce que le Nigeria ne nous a pas autorisé à continuer », a déclaré  le colonel Azem Bermandoa, porte-parole de l’armée tchadienne.

Côté nigérian, on assure que le Tchad s’est retiré de son plein gré pour sécuriser ses lignes d’approvisionnement le long de la frontière. Le Nigeria affirme également que l’armée tchadienne ne reprend aucune ville, mais qu’elle y mène seulement des incursions.

Pour une source diplomatique française, « le problème un peu général est celui de pouvoir tenir les localités qui ont été récupérées, dit une source diplomatique française. Sur ce point, la participation des Nigérians est primordiale ».

« Il est vrai que des problèmes logistiques et opérationnels retardent le déploiement des unités de l’armée nigériane le long de la frontière avec le Tchad et le Niger », concède toutefois une source sécuritaire nigériane.

Coopération opaque

Plus globalement, le rôle de l’armée tchadienne, et ce à quoi elle est autorisée par le Nigeria, n’est pas clair. La coopération entre les deux pays est définie par deux documents, appelés Memorandum of understanding (MOU) et Conception of Operations (Conops), signés les gouvernements. Leur contenu demeure confidentiel.

« Sur le terrain, l’armée tchadienne semble principalement mener ses opérations dans le nord de l’État de Borno près de la région du lac Tchad alors que les Nigérians se concentrent sur le sud de Borno et Adamawa », analyse Ryan Cummings, spécialiste des questions de sécurité sur le continent africain.

La coopération entre les deux pays semble s’effectuer en dehors du cadre de la stratégie mise en place au niveau régional. En effet, les Nigérians sont les seuls à ne pas avoir envoyé d’officiers de liaisons à la cellule de coopération et de liaison créée à N’Djamena où Français, Américains, Nigériens et Camerounais partagent leurs informations. « Le feu vert politique a pourtant été donné », précise un diplomate français.

Rivalités

Idriss Déby et Goodluck Jonathan se mènent une guerre de leadership. Le président nigérian, qui doit faire face à la réticence de certains hauts gradés à travailler avec le Tchad qu’ils accusent de complicité avec Boko Haram, a ainsi très mal pris que la base de la force multinationale soit délocalisée de Baga à Ndjamena.

« Les différends territoriaux autour des ressources du lac Tchad, qui a déjà entrainé des conflits entre le Nigeria et ses voisins dans les années 1970 et 1980, n’arrangent pas la coopération », explique Ryan Cummings. « Avec l’asséchement du lac, de plus en plus de terres émergent. Cela va créer un zone de non-droit », poursuit une source sécuritaire française.

Entre avril et juin 1983, de sérieux incidents frontaliers éclatèrent entre le Tchad et le Nigeria. À cette époque, Abuja s’était fortement impliquée dans la résolution de la crise tchadienne en fournissant notamment la principale composante de la force interafricaine envoyée sous l’égide de l’OUA. L’échec de cette force, impuissante face à l’offensive d’Hissène Habré en 1982, et les difficultés économiques du Nigeria, avaient incité l’administration du président Shehu Shagari à une politique de repli.

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Nigeria: explosion à la sortie d’un meeting du président Jonathan dans le nord-est

février 2, 2015

Kano (Nigeria) – Une bombe a explosé lundi à la sortie d’un meeting électoral que venait de tenir le président Goodluck Jonathan dans un stade de Gombe, dans le nord-est du Nigeria, quelques minutes après son départ, selon des témoins.

L’explosion est survenue à 15h10 (locales, 14h10 GMT) dans le parking devant le stade, juste trois minutes après le départ du convoi de M. Jonathan a déclaré Mohammed Bolari, un témoin.

Le président venait de sortir du parking et nous suivions son convoi quand l’explosion a retenti, à 100 m du bus dans lequel nous nous trouvions a rapporté un journaliste qui couvrait l’événement.

Le bilan des victimes de l’explosion de lundi reste pour l’instant inconnu.

Il est difficile de dire combien de personnes ont été atteintes, à cause de la panique engendrée par la foule immense qui tentait de quitter les lieux, de peur qu’une seconde explosion ne survienne, a déclaré M. Bolari.

Selon le journaliste sur place, qui a requis l’anonymat, des centaines de jeunes ont provoqué des émeutes dans la ville, suite à l’explosion.

Les jeunes criaient et ils dénonçaient la venue du président, car, selon eux, c’est à cause de lui qu’il y a eu une attaque, a-t-il ajouté.

Nous avons eu du mal à traverser la foule. A un moment, la foule a jeté des cailloux sur notre véhicule et des journalistes ont été coupés par les débris des vitres des fenêtres, a poursuivi le journaliste.

M. Jonathan, candidat à sa réélection le 14 février, était à Gombe, la capitale de l’Etat du même nom, pour y rencontrer les militants du parti démocratique populaire (PDP), au pouvoir.

Gombe a déjà été ciblée dimanche par un double attentat à la bombe contre un poste de contrôle militaire qui a fait au moins cinq morts.

L’attentat de dimanche n’a pas été revendiqué mais le groupe islamiste Boko Haram, qui multiplie les attaques en plusieurs endroits du nord-est ces derniers jours, a souvent pris pour cible les symboles des forces de l’ordre.

Romandie.com avec(©AFP / 02 février 2015 16h45)

Goodluck, IBK, Kabila… Les grands absents du sommet de l’UA

janvier 29, 2015

Goodluck Jonathan (g), Ibrahim Boubacar Keïta (c), et Joseph Kabila (d).
Goodluck Jonathan (g), Ibrahim Boubacar Keïta (c), et Joseph Kabila (d). © Montage Jeune Afrique/AFP

Ils sont restés chez eux, trop occupés par leurs affaires internes. Plusieurs poids lourds du continent ne seront pas sur la photo de famille du 24e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui s’ouvre vendredi matin à Addis-Abeba.

Goodluck Jonathan – Nigeria

Le doute a longtemps plané sur la présence du président nigérian à Addis-Abeba. Il ne sera finalement pas de la partie. En pleine campagne pour sa réelection, Goodluck Jonathan a préféré rester au Nigeria. À deux semaines de la présidentielle, prévue le samedi 14 février, il fait face à une sérieuse concurrence de son rival Muhammadu Buhari et risque de perdre son fauteuil.

Cette absence est très remarquée, alors que la lutte contre Boko Haram, qui ne cesse d’étendre sa toile dans le bassin du lac Tchad, est une des priorités de ce sommet de l’Union africaine (UA). Un des objectifs annoncé est d’ailleurs la mise en place d’une force multinationale – probablement alimentée par les pays de la région et sous mandat des Nations unies – pour défaire le groupe terroriste nigérian.

Paul Biya – Cameroun

Cela fait longtemps que Paul Biya, 81 ans, snobe les sommets de l’UA à Addis-Abeba. Ce sera une fois de plus le cas cette année – alors qu’il n’avait pas manqué le sommet États-Unis-Afrique, à Washington, au mois d’août dernier.

Comme Goodluck Jonathan, sa présence était pourtant vivement souhaitée. Le Cameroun est en effet en première ligne dans la lutte contre Boko Haram. Subissant les assauts meurtriers et réguliers du groupe terroriste depuis des mois dans le nord du pays, Yaoundé a même fini, mi-janvier, par appeler l’armée tchadienne à l’aide pour assurer la sécurité sur son territoire.

Ibrahim Boubacar Keïta – Mali

IBK devait se rendre à Addis-Abeba mais l’actualité en a décidé autrement. Le président malien a préféré se rendre ce jeudi à Gao, dans le Nord – pour la première fois depuis son élection -, afin de marquer son soutien à la Minusma (la force de l’ONU au Mali) et apaiser les tensions qui y règnent depuis une semaine.

Mardi 27 janvier, trois civils avaient été tués au cours d’une violente manifestation contre la mission onusienne à Gao. À l’origine de leur colère : la publication d’un document de travail visant à mettre en place une « zone temporaire de sécurité » à Tabankort, localité de la région de Kidal, où des hélicoptères de la Minusma ont tué entre 4 et 7 membres de groupes rebelles le 20 janvier. Les manifestants, qui dénonçaient un accord favorisant les rebelles, avaient finalement obtenu le retrait du texte une semaine plus tard.

Joseph Kabila – RDC

Joseph Kabila est, lui aussi, retenu par les affaires internes. Le président de la République démocratique du Congo (RDC) traverse actuellement une zone de turbulences à Kinshasa. En cause : son projet de loi électorale controversée et, derrière, sa volontée supposée de rester au pouvoir après 2016 malgré la limitation constitutionnelle des mandats.

Après plusieurs jours de violentes manifestations à Kinshasa et Goma, le texte initial a finalement été modifié, ne liant plus l’organisation d’un recensement à celle des élections présidentielle et législatives de 2016.

Abdelaziz Bouteflika – Algérie

Âgé de 77 ans, le président algérien, sévèrement affaibli par une série de problèmes de santé, ne voyage plus que pour aller se faire soigner en France. Son absence au sommet de l’UA n’est donc pas vraiment une surprise. Son pays est pourtant directement impliqué dans plusieurs dossiers chauds, au premier rang desquels les négociations de paix maliennes et la crise libyenne.

Si le chef d’État n’est pas là, l’Algérie est un des seuls pays représenté par plusieurs ministres. Outre le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, arrivé mercredi soir, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et celui en charge des Affaires africaines, Abdelkader Messahel, sont présents à Addis-Abeba.

Macky Sall – Sénégal

Il est venu… mais est très vite reparti. Le président sénégalais Macky Sall a passé à peine 24 heures à Addis-Abeba. Arrivé mercredi après-midi, il a repris l’avion pour Dakar ce jeudi, après avoir dirigé le comité d’orientation des chefs d’État et de gouvernement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad).

La raison de ce départ express, avant même le début du sommet avec ses homologues de l’UA ? La réception, dans la soirée, à Dakar, de Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), de passage au Sénégal après une visite au Rwanda.

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Jeuneafrique.com par Anne Kappès-Grangé et Benjamin Roger, envoyés spéciaux à Addis-Abeba