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Goodluck, IBK, Kabila… Les grands absents du sommet de l’UA

janvier 29, 2015

Goodluck Jonathan (g), Ibrahim Boubacar Keïta (c), et Joseph Kabila (d).
Goodluck Jonathan (g), Ibrahim Boubacar Keïta (c), et Joseph Kabila (d). © Montage Jeune Afrique/AFP

Ils sont restés chez eux, trop occupés par leurs affaires internes. Plusieurs poids lourds du continent ne seront pas sur la photo de famille du 24e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui s’ouvre vendredi matin à Addis-Abeba.

Goodluck Jonathan – Nigeria

Le doute a longtemps plané sur la présence du président nigérian à Addis-Abeba. Il ne sera finalement pas de la partie. En pleine campagne pour sa réelection, Goodluck Jonathan a préféré rester au Nigeria. À deux semaines de la présidentielle, prévue le samedi 14 février, il fait face à une sérieuse concurrence de son rival Muhammadu Buhari et risque de perdre son fauteuil.

Cette absence est très remarquée, alors que la lutte contre Boko Haram, qui ne cesse d’étendre sa toile dans le bassin du lac Tchad, est une des priorités de ce sommet de l’Union africaine (UA). Un des objectifs annoncé est d’ailleurs la mise en place d’une force multinationale – probablement alimentée par les pays de la région et sous mandat des Nations unies – pour défaire le groupe terroriste nigérian.

Paul Biya – Cameroun

Cela fait longtemps que Paul Biya, 81 ans, snobe les sommets de l’UA à Addis-Abeba. Ce sera une fois de plus le cas cette année – alors qu’il n’avait pas manqué le sommet États-Unis-Afrique, à Washington, au mois d’août dernier.

Comme Goodluck Jonathan, sa présence était pourtant vivement souhaitée. Le Cameroun est en effet en première ligne dans la lutte contre Boko Haram. Subissant les assauts meurtriers et réguliers du groupe terroriste depuis des mois dans le nord du pays, Yaoundé a même fini, mi-janvier, par appeler l’armée tchadienne à l’aide pour assurer la sécurité sur son territoire.

Ibrahim Boubacar Keïta – Mali

IBK devait se rendre à Addis-Abeba mais l’actualité en a décidé autrement. Le président malien a préféré se rendre ce jeudi à Gao, dans le Nord – pour la première fois depuis son élection -, afin de marquer son soutien à la Minusma (la force de l’ONU au Mali) et apaiser les tensions qui y règnent depuis une semaine.

Mardi 27 janvier, trois civils avaient été tués au cours d’une violente manifestation contre la mission onusienne à Gao. À l’origine de leur colère : la publication d’un document de travail visant à mettre en place une « zone temporaire de sécurité » à Tabankort, localité de la région de Kidal, où des hélicoptères de la Minusma ont tué entre 4 et 7 membres de groupes rebelles le 20 janvier. Les manifestants, qui dénonçaient un accord favorisant les rebelles, avaient finalement obtenu le retrait du texte une semaine plus tard.

Joseph Kabila – RDC

Joseph Kabila est, lui aussi, retenu par les affaires internes. Le président de la République démocratique du Congo (RDC) traverse actuellement une zone de turbulences à Kinshasa. En cause : son projet de loi électorale controversée et, derrière, sa volontée supposée de rester au pouvoir après 2016 malgré la limitation constitutionnelle des mandats.

Après plusieurs jours de violentes manifestations à Kinshasa et Goma, le texte initial a finalement été modifié, ne liant plus l’organisation d’un recensement à celle des élections présidentielle et législatives de 2016.

Abdelaziz Bouteflika – Algérie

Âgé de 77 ans, le président algérien, sévèrement affaibli par une série de problèmes de santé, ne voyage plus que pour aller se faire soigner en France. Son absence au sommet de l’UA n’est donc pas vraiment une surprise. Son pays est pourtant directement impliqué dans plusieurs dossiers chauds, au premier rang desquels les négociations de paix maliennes et la crise libyenne.

Si le chef d’État n’est pas là, l’Algérie est un des seuls pays représenté par plusieurs ministres. Outre le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, arrivé mercredi soir, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et celui en charge des Affaires africaines, Abdelkader Messahel, sont présents à Addis-Abeba.

Macky Sall – Sénégal

Il est venu… mais est très vite reparti. Le président sénégalais Macky Sall a passé à peine 24 heures à Addis-Abeba. Arrivé mercredi après-midi, il a repris l’avion pour Dakar ce jeudi, après avoir dirigé le comité d’orientation des chefs d’État et de gouvernement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad).

La raison de ce départ express, avant même le début du sommet avec ses homologues de l’UA ? La réception, dans la soirée, à Dakar, de Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), de passage au Sénégal après une visite au Rwanda.

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Jeuneafrique.com par Anne Kappès-Grangé et Benjamin Roger, envoyés spéciaux à Addis-Abeba

Boko Haram liquide quinze villageois dans le nord-est du Nigeria

janvier 24, 2015

Des combattants du groupe islamiste armé Boko Haram ont abattu vendredi 15 personnes dans un village proche de leur fief historique de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris auprès d’un témoin et des forces de sécurité. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est attendu dimanche au Nigeria.

« Les terroristes ont attaqué le village de Kambari, qui est situé à moins de 5 km de Maiduguri. Ils ont tué 15 personnes et ont mis le feu à tout le hameau », a indiqué une source sécuritaire. « Après de vaines tentatives pour pénétrer à Maiduguri via Konduga, les terroristes ont emprunté un chemin différent et attaqué Kambari », a poursuivi cette source.

Une villageoise, qui s’est réfugiée à Maiduguri après l’attaque, a affirmé que quatre de ses enfants faisaient partie des victimes. « Ils ont tué quatre de mes aînés quand ils ont attaqué le village à l’heure de la prière du matin », a-t-elle témoigné. « Ils ont tiré sur eux alors qu’ils n’avaient rien fait. J’ai dû quitter le village avec mes petits-enfants parce que nous n’avons plus de maison ».

« Les rebelles ont aussi tué le chef de notre village. Au total, j’ai compté 15 cadavres », a-t-elle ajouté.

Visite présidentielle
Maiduguri et ses environs sont régulièrement la cible d’attaques de Boko Haram depuis le début en 2009 de leur sanglante rébellion, afin de créer un califat dans le nord du Nigeria à majorité musulmane.

Le président Goodluck Jonathan devait lancer samedi à Maiduguri la campagne pour sa réélection à la présidentielle du 14 février. Un gros déploiement de force a été mis en place pour sécuriser ce déplacement. Chrétien du sud nigérian, Goodluck Jonathan sera confronté à un ex-général, le musulman Mohammadu Buhari, auquel de nombreux habitants du nord, d’où il est originaire, vouent un culte.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en visite vendredi au Forum économique de Davos (WEF), a aussi indiqué qu’il se rendrait prochainement au Nigeria. Un de ses porte-parole a précisé qu’il pourrait s’y rendre dimanche déjà et qu’il rencontrera M. Jonathan.

Romandie.com

Présidentielle nigériane : Muhammadu Buhari affrontera Goodluck Jonathan

décembre 11, 2014

Muhammadu Buhari affrontera Goodluck Jonathan lors de la présidentielle nigériane.
Muhammadu Buhari affrontera Goodluck Jonathan lors de la présidentielle nigériane. © AFP

Ils étaient cinq candidats à espérer s’opposer à Goodluck Jonathan en février prochain, lors de la prochaine élection présidentielle au Nigeria. C’est finalement Muhammadu Buhari, ancien militaire, qui a obtenu l’investiture de l’APC, principal parti d’opposition, jeudi.

L’ancien général Muhammadu Buhari, âgé de 71 ans, a remporté les élections primaires du Congrès progressiste (APC) avec 3 430 voix, loin devant l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 68 ans, donné comme l’autre favori parmi les cinq prétendants, et qui n’a obtenu que 954 voix.

Les 7 214 délégués du parti ont voté par ordre alphabétique jusqu’à 03H00 du matin (02H00 GMT) dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 décembre dans un stade de Lagos, la capitale économique, où les bulletins ont ensuite été dépouillés en public jeudi après-midi.

Au même moment, le Parti démocratique populaire (PDP) du chef de l’État Goodluck Jonathan tenait un congrès à Abuja pour ratifier la candidature du président sortant, son unique prétendant.

Quatrième tentative

Soutenu par l’ancien président Olusegun Obasanjo, Muhammadu Buhari a déjà été candidat lors des trois dernières présidentielles pour deux différents partis d’opposition aujourd’hui réunis au sein de l’APC, dont il est l’un des fondateurs. Général à la retraite, célèbre pour avoir mené une « guerre contre l’indiscipline » lors de son court passage au pouvoir, entre 1983 et 1985, il a fait de la corruption et de l’insécurité ses deux priorités de campagne.

En 2007, il avait terminé à la seconde place de la présidentielle, derrière Umaru Yar’Adua, alors qu’il était candidat du ANPP (All Nigeria People’s Party). Le 16 avril 2011, Buhari se présente contre Goodluck Jonathan, mais il est une nouvelle fois battu dès le premier tour avec 31 % des voix contre 57 % à l’actuel président.

Buhari est également connu pour sa gestion de la crise alimentaire de 1984-1985, où, pour des raisons populistes, il avait expulsé le million de Nigériens vivant alors au Nigeria. Cet épisode de famine est appelé « El-Buhari » à l’est du Niger…

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Jeuneafrique.com par Mathieu OLIVIER

Nigeria: l’ex-président Obasanjo poursuivi pour son brûlot contre le pouvoir

décembre 11, 2014

Nigeria: l'ex-président Obasanjo poursuivi pour son brûlot contre le pouvoir
Nigeria: l’ex-président Obasanjo poursuivi pour son brûlot contre le pouvoir © AFP

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo va être poursuivi pour avoir publié une autobiographie critique envers le pouvoir qui faisait l’objet d’une plainte devant les tribunaux, a déclaré une juge de la Haute Cour d’Abuja.

L’autobiographie en trois tomes de M. Obasanjo, dont les bonnes feuilles ont fait la une de la presse cette semaine, est très critique envers l’actuel président Goodluck Jonathan, candidat à sa propre succession à l’élection de février 2015, et plusieurs autres personnalités politiques.

La juge Valentine Ashi, de la Haute Cour du territoire de la capitale fédérale, a considéré mercredi que M. Obasanjo avait enfreint une décision de justice qui empêchait la publication du livre tant qu’une plainte visant son contenu n’avait pas encore été traitée.

« Tant que cette affaire n’a pas été jugée, aucune partie n’est autorisée à publier ou à commenter » le contenu du livre, a déclaré la juge.

M. Obasanjo doit démontrer pourquoi il ne devrait pas être puni pour le contenu de son livre et « réparer ce qu’il a abusivement fait », a-t-elle poursuivi.

M. Obasanjo et ses avocats ont 21 jours pour faire appel et d’ici là, les livres doivent être retirés de la circulation, a décidé la juge.

L’avocat de M. Obasanjo, Realwon Okpanach, a déclaré que son client allait faire appel et fait valoir que le livre était sorti en novembre, avant la plainte qui n’a été déposée qu’en décembre.

M. Obasanjo a dirigé la junte militaire qui a contrôlé le Nigeria entre 1976 et 1979, avant de devenir en 1999 le premier président démocratiquement élu à la fin des dictatures militaires.

Dans son livre, il s’en prend très violemment à M. Jonathan, son ancien poulain, qu’il a soutenu comme candidat à la présidence après la mort de l’ex-chef de l’Etat Umaru Musa Yar’Adua en 2010.

Dans des extraits publiés dans la presse nigériane cette semaine, M. Obasanjo estime que Muhammadu Buhari, lui aussi un ex-dictateur militaire, possible candidat de l’opposition face à Goodluck Jonathan en février, ferait « un dirigeant fort, quasi inflexible, courageux et déterminé ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria : le premier parti d’opposition accuse le pouvoir d’avoir fait saccager ses bureaux à Lagos

novembre 23, 2014

Goodluck Jonathan, le président nigérian.
Goodluck Jonathan, le président nigérian. © AFP

Le principal parti d’opposition du Nigeria a accusé dimanche le pouvoir d’avoir fait saccager ses bureaux à Lagos par des agents de sécurité, à quelques mois d’une présidentielle à haut risque en février 2015.

Une cinquantaine d’agents de sécurité venus d’Abuja (la capitale fédérale, ndlr) ont bloqué les portes de notre centre de données puis l’ont saccagé pendant deux heures, tôt samedi matin, a déclaré le porte-parole de Congrès progressiste (APC), Lai Mohammed. Une douzaine d’ordinateurs ont été détruits ainsi que le serveur informatique, a-t-il ajouté.

L’attaque de samedi est la dernière d’une série d’attaques et d’actions illégales menées par l’administration dirigée par le PDP, le parti du président Goodluck Jonathan, a accusé Lai Mohammed, comparant cette affaire au scandale du Watergate américain et réclamant une enquête indépendante.

Gaz lacrymogène contre les députés de l’APC

Cette nouvelle affaire intervient après un sérieux incident au Parlement à Abuja jeudi: les forces de l’ordre avaient tiré des gaz lacrymogènes contre des députés de l’APC, dont le président de la Chambre des représentants.

Le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) a mis en garde vendredi contre les risques d’instabilité engendrés par un climat politique de plus en plus violent au Nigeria à l’approche des élections présidentielle et législatives de février 2015.

Les violences politiques sont récurrentes au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec 170 millions d’habitants. Près d’un millier de personnes avaient péri lors de violences après les élections de 2011, pourtant considérées comme les plus régulières depuis la fin des dictatures militaires en 1999.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigéria: le président, candidat à sa propre succession, sur fond de violences islamistes

novembre 11, 2014

Nigéria: le président, candidat à sa propre succession, sur fond de violences islamistes
Nigéria: le président, candidat à sa propre succession, sur fond de violences islamistes © AFP

Sans surprise, le président nigérian Goodluck Jonathan devrait annoncer mardi sa candidature à sa succession pour la présidentielle de février 2015, dans un contexte sécuritaire critique dans le Nord-Est, où Boko Haram contrôle plus d’une vingtaine de localités et multiplie les tueries.

M. Jonathan doit s’exprimer à « Eagle square », une vaste étendue bétonnée au c?ur de la capitale, Abuja, lors d’un grand meeting organisé par le Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir) sous haute sécurité, avec toutes les routes d’accès bloquées depuis les petites heures du matin et un déploiement très important de forces de l’ordre.

Ses partisans se sont offert lundi quatre pages de publicité dans la presse, dans lesquelles ils appellent les Nigérians à être « des témoins de l’histoire » en soutenant le président sortant et en optant pour « la continuité ».

Mais Goodluck Jonathan, qui avait promis de faire des questions de sécurité une de ses priorités, aura du mal à défendre son bilan au lendemain d’une nouvelle tuerie qui a fait une cinquantaine de morts parmi les élèves d’un lycée du Nord-Est. Dans cette région, les violences du groupe islamiste armé Boko Haram sont quotidiennes et l’armée,dépassée, est accusée d’exécutions sommaires.

M. Jonathan, âgé de 56 ans, dirige le pays depuis mai 2010, date à laquelle, alors vice-président, il avait succédé à Umaru Yar’Adua, à la mort de celui-ci. Il avait ensuite remporté la présidentielle de 2011.

L’insurrection islamiste, qui a débuté en 2009, a depuis coûté la vie à plus de 10. 000 personnes, principalement dans le Nord-Est. Et malgré l’instauration de la loi martiale dans les trois Etats (Borno, Yobe et Adamawa) les plus touchés de cette région il y a un an et demi, M. Jonathan n’a pas réussi à mettre un terme aux violences.

Depuis plusieurs semaines, la situation y a encore empiré: plus d’une vingtaine de villes et villages sont tombés au mains de Boko Haram, qui y a proclamé un califat islamique.

– Fortes chances de réélection –

L’attaque qui a le plus ému la communauté internationale – paradoxalement la moins meurtrière – est celle du lycée public pour filles de Chibok, dans l’Etat de Borno, fief historique des islamistes, lors de laquelle 276 adolescentes avaient été enlevées en avril. Plus de six mois plus tard, 219 d’entre elles sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

Les autorités nigérianes avaient affirmé mi-octobre avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant notamment la libération des captives de Chibok.

Mais dans une vidéo obtenue dimanche par l’AFP, Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, dément une nouvelle fois avoir passé un tel accord et va même jusqu’à menacer de tuer l’homme qui s’était présenté comme le négociateur du groupe avec les autorités d’Abuja.

La candidature à la présidentielle de M. Jonathan, révélée par un de ses proches collaborateurs aux médias le mois dernier, n’est une surprise pour personne.

Après avoir reçu le soutien unanime des cadres dirigeants de son parti, il a lui-même révélé avoir retiré un formulaire de candidature et réglé les 132. 000 dollars de frais d’inscription au PDP.

Ces derniers mois, cette candidature avait pourtant provoqué une crise majeure au sein du parti présidentiel, dont de nombreux gouverneurs et députés ont claqué la porte au profit du Congrès progressiste (APC), principal parti d’opposition.

Au coeur des polémiques, une règle tacite du PDP voulant qu’après M. Jonathan, un chrétien du Sud, ce soit au tour d’un musulman du Nord de se porter candidat, pour deux mandats maximum.

La religion est un facteur de division au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, dont les 170 millions d’habitants se partagent à peu près pour moitié entre chrétiens et musulmans.

Aujourd’hui, le PDP semble avoir réglé ses différends et soutenir son chef en ordre rangé.

Et si M. Jonathan n’a pas réussi à juguler l’insurrection islamiste ni à combattre la corruption – un mal endémique dans la première puissance pétrolière et économique du continent -, les experts pensent cependant qu’il a de fortes chances de remporter le scrutin, le 14 février 2015, le parti au pouvoir ayant pour habitude de mobiliser d’importants fonds publics pour la réélection de ses élus.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria : le gouvernement annonce un accord avec Boko Haram sur la libération des lycéennes

octobre 17, 2014

Les lycéennes enlevées à Chibok.
Les lycéennes enlevées à Chibok. © DR

Le gouvernement nigérian a annoncé vendredi avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant la libération des 219 lycéennes enlevées le 14 avril dernier à Chibok, dans le nord-est du pays.

« Un accord de cessez-le-feu a été conclu entre le gouvernement fédéral du Nigeria et Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad [groupe pour la prédication et le jihad, plus connu sous le nom de Boko Haram] », a déclaré le chef d’État-major de l’armée nigériane, Alex Badeh.

En parallèle, le premier secrétaire de la présidence, Hassan Tukur, a affirmé qu’un accord avait été conclu avec le groupe islamiste mettant fin aux violences et prévoyant la libération de 219 jeunes filles toujours portées disparues. « Boko Haram a déclaré un cessez-le-feu, à la suite des discussions que nous avons menées avec eux », a-t-il déclaré, précisant que l’annonce a été faite hier soir, jeudi.

Les lycéennes avaient été enlevées le 14 avril dernier, dans le nord-est du pays. L’événement avait engendré le lancement de la campagne « Bring back our girls », en faveur de leur libération.

Doutes autour de l’accord

Voice of America avait rapporté plus tôt cette semaine que le gouvernement nigérian était en pourparlers avec Boko Haram au sujet de cette libération et cherchait à négocier un cessez-le-feu avec le groupe islamiste. Un conseiller du président Goodluck Jonathan avait déclaré « que des discussions [étaient] en cours en Arabie Saoudite, aidés par le président tchadien Idriss Deby et des hauts fonctionnaires du Cameroun. »

Certains ont émis des doutes quant à un tel accord, survenant juste au moment où le président nigérian Goodluck Jonathan est censé annoncer sa candidature à sa propre succession, en février prochain, et où les questions de sécurité sont au coeur du débat politique. On ignore notamment qui est Danladi Ahmadu, celui que Hassan Tukur présente comme son interlocuteur au sein de Boko Haram, et qui a donné une interview à la radio vendredi matin. « Je n’ai jamais entendu parler de ce Monsieur, et si Boko Haram voulait déclarer un cessez-le-feu, cela viendrait de leur chef, Abubakar Shekau », a estimé Shehu Sani, un spécialiste de Boko Haram qui a négocié à plusieurs reprises avec le groupe islamiste aux côtés du gouvernement nigérian.

Jeuneafrique.com avec AFP

 

Nigeria : face à l’insécurité, l’opposition brandit le spectre de la guerre civile

juin 14, 2014

Le principal parti d’opposition du Nigeria s’en est vivement pris au gouvernement du président Goodluck Jonathan pour son incapacité à faire face à l’insécurité dans le pays « qui se trouve au pire moment » depuis la guerre civile du Biafra.

« Notre pays se trouve être au pire moment depuis la malheureuse guerre civile de 1970 », a déclaré Bisi Akande, ancien président par interim du Congrès progressiste (All Progressive Congress, APC), le mouvement d’opposition qui doit affronter le parti au pouvoir du président Jonathan aux élections législatives et présidentielle de 2015.

S’adressant vendredi soir à des milliers de partisans réunis à la convention de l’APC, M. Akande faisait allusion aux violences de la « guerre du Biafra », à la suite de la tentative de sécession du sud-est du Nigeria.

Stigmatisant l’incapacité du gouvernement à soumettre l’insurrection du groupe islamiste Boko Haram dans le nord du pays – qui a fait 3.000 morts depuis le début de l’année – le responsable a déploré le fait que le Nigeria soit devenu dépendant de l’assistance militaire étrangère, après avoir échoué à relever les défis posés à sa sécurité, notamment après l’enlèvement de quelque 200 lycéennes par les insurgés.

Division entre Nord et Sud

Des élections législatives et présidentielle sont prévues en février 2015 au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et première économie du continent, confronté depuis cinq ans à une insurrection qui a fait plusieurs milliers de morts. Le pays est divisé entre un Nord, majoritairement musulman, et un Sud, riche en pétrole, à majorité chrétienne.

« Nigérians, vous avez aujourd’hui l’opportunité de changer ce gouvernement corrompu, faible et sans idée. Ce gouvernement n’a pas de rôle à jouer après 2015 », a pour sa part déclaré lors de cette convention l’ancien vice-président Atiku Abubakar, battu face à Goodluck Jonathan aux élections de 2011.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le président nigérian promet une guerre totale contre Boko Haram

mai 29, 2014

Abuja – Le président nigérian Goodluck Jonathan a promis jeudi une guerre totale contre le groupe islamiste armé Boko Haram, contre lequel l’armée intensifie ses efforts pour libérer les plus de 200 adolescentes enlevées il y a plus d’un mois.

Je suis déterminé à protéger notre démocratie, notre unité nationale et notre stabilité politique en faisant une guerre totale au terrorisme, a déclaré le président dans un discours commémorant les 15 ans de la fin de la dictature militaire, dans le pays le plus peuplé d’Afrique et la plus puissante économie du continent.

L’unité et la stabilité de notre pays et la protection des vies et des biens ne sont pas négociables, a-t-il poursuivi.

Les élections du 29 mai 1999 avaient mis fin à 16 ans de dictature militaire. Mais à mesure que l’insurrection islamiste est montée en puissance depuis 2009 dans le Nord, faisant des milliers de morts (plus de 2.000 depuis le début de 2014), les droits de l’Homme ont reculé, à cause de la répression souvent aveugle des forces de sécurité.

Le rapt de plus de 200 lycéennes le 14 avril à Chibok, dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a provoqué un scandale mondial et donné un écho sans précédent à l’insurrection de Boko Haram.

Cet enlèvement a également conduit plusieurs pays – États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Israël – à fournir une aide militaire et de renseignement.

J’ai donné ordre à nos forces de sécurité de lancer une opération à grande échelle pour mettre fin à l’impunité des terroristes sur notre sol, a indiqué M. Jonathan.

J’ai aussi autorisé les forces de sécurité à utiliser tous les moyens légaux nécessaires pour s’assurer que ce but sera atteint. Je vous garantis que le Nigeria redeviendra un pays sûr et que ces voyous seront chassés, a-t-il ajouté.

M. Jonathan a réaffirmé que le groupe islamiste Boko Haram était lié à des organisations terroristes étrangères comme Al-Qaïda.

Pour nos concitoyens qui se sont alliés à Al-Qaïda et aux groupes terroristes internationaux en croyant à tort que la violence pouvait résoudre leurs problèmes, nos portes restent ouvertes pour le dialogue et la réconciliation, s’ils renoncent au terrorisme et s’engagent pour la paix, a affirmé le président.

Le pouvoir nigérian tend de plus en plus à rejeter sur des forces extérieures les responsabilités de la violence de Boko Haram. Mais les experts disent que c’est faux, la violence plongeant ses racines dans la situation politique intérieure.

Selon eux, le Nigeria n’arrivera pas à mettre fin à l’insurrection tant que l’extrême pauvreté, l’illettrisme, le sous-développement et la corruption continueront de régner dans le Nord, où ils alimentent l’insurrection.

C’est un triste constat que je vous adresse aujourd’hui. Toutes les avancées de ces 15 années de gouvernement démocratique sont menacées par la présence du terrorisme international, a déclaré M. Jonathan.

Il a appelé les islamiste à renoncer à la violence.

Mon gouvernement, tout en poursuivant les opérations de sécurité, explorera toutes les options, y compris la possibilité accordée aux insurgés de renoncer inconditionnellement à la violence et d’assurer leur dé-radicalisation, leur réhabilitation et leur réintégration dans la société, a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2014 14h00)

Sommet à Paris sur Boko Haram, quelques heures après une nouvelle attaque au Cameroun

mai 17, 2014

Paris – Paris accueillait samedi un mini sommet africain autour du président nigérian, Goodluck Jonathan, pour établir une stratégie commune contre Boko Haram, un mois après l’enlèvement de plus de 200 lycéennes et après une attaque dans la nuit contre un camp de Chinois au Cameroun, attribuée au groupe islamiste.

Un Chinois a été tué et dix autres ont probablement été kidnappés dans la nuit de vendredi à samedi dans cette attaque contre un camp de travailleurs du secteur routier perpétrée dans l’extrême-nord du Cameroun et attribuée par la police camerounaise aux islamistes nigérians.

Les Boko Haram étaient lourdement armés. Ils sont venus avec cinq véhicules, a affirmé un responsable administratif de Waza, localité proche du site de travailleurs chinois.

Cette nouvelle opération attribuée au groupe islamiste accroît encore un peu plus la pression sur le sommet de Paris au moment où la stratégie de Goodluck Jonathan pour le combattre est de plus en plus contestée.

M. Jonathan est arrivé le premier à l’Élysée peu avant midi (10H00 GMT) et il a accueilli ensuite, avec le président français, François Hollande, les chefs d’État du Cameroun, du Niger, du Tchad et du Bénin, ainsi que des représentants des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne.

Boko Haram est apparu en 2002 dans le nord-est défavorisé du Nigeria et s’est radicalisé à partir de 2009. Le groupe menace de plus en plus les voisins du géant anglophone d’Afrique de l’ouest.

L’enlèvement massif le 14 avril de 223 lycéennes à Chibok, dans l’Etat de Borno (nord-est du Nigeria), et les vidéos terrifiantes du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, menaçant de marier de force les jeunes femmes ou d’en faire des esclaves, ont suscité un mouvement d’indignation mondial et braqué les projecteurs sur une violence jusqu’alors peu médiatisée.

Violence d’un groupe islamiste armé dont les attaques sanglantes ont fait des milliers de morts, mais aussi violence de l’armée nigériane et incurie gouvernementale, pointées du doigt par les plus proches alliés du Nigeria, Américains en tête.

– Contre-terrorisme au niveau régional –

Washington, qui a classé en novembre 2013 Boko Haram sur la liste des organisations terroristes étrangères, et qui a mobilisé hommes et équipements pour aider à retrouver les lycéennes, a fustigé jeudi la lenteur tragique et inacceptable de la réponse du gouvernement nigérian face à la crise.

De fait, Goodluck Jonathan ne s’est ému du sort des jeunes filles que plus de 15 jours après leur enlèvement. Et la veille de sa venue à Paris, s’exposant à de nouvelles critiques internationales, il a annulé une visite annoncée à Chibok.

Paris, qui de son côté n’a pas formulé publiquement de critiques à l’encontre de son nouvel allié anglophone, première puissance économique du continent, va tenter avec ce sommet de coordonner la lutte au niveau régional.

Les diplomates soulignent l’excellence des relations entre Paris et Abuja depuis l’arrivée de François Hollande, très investi sur le continent africain.

S’il n’est pas question d’une intervention militaire occidentale contre Boko Haram, répète l’Elysée, la France se prévaut d’une réelle expertise pour impulser cette lutte: elle intervient militairement au Mali et en Centrafrique, dispose de troupes au Tchad et au Niger et plusieurs de ses ressortissants ont été pris en otage dans la région.

La France a des avions de combat Rafale à N’Djamena qui peuvent effectuer des missions de reconnaissance et deux drones au Niger, rappelle une source militaire.

Ce sommet intervient alors que Paris est en train de réorganiser son dispositif militaire en Afrique, pour une conception régionale du contre-terrorisme, selon le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, qui devrait détailler prochainement le dispositif mobilisant 3.000 soldats français dans la bande sahélo-saharienne.

Au plan régional, Paris attend que les pays concernés élaborent un plan avec des mesures communes, comme le partage de renseignements, et un soutien des partenaires occidentaux à ce plan, explique une source diplomatique.

Le début d’une coopération entre le Nigeria et le Cameroun, un des pays les plus menacés par Boko Haram, comme en témoigne l’attaque de la nuit, est à cet égard très attendu. Les deux voisins, longtemps brouillés au sujet d’un différend territorial, ont amorcé une timide normalisation de leurs relations.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mai 2014 13h38)