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La justice française accorde un redressement fiscal à Google

juillet 12, 2017

Le Tribunal administratif de Paris a donné raison mercredi au géant américain Google qui contestait un redressement fiscal de 1,115 milliard d’euros, estimant que sa filiale irlandaise, responsable de ses opérations européennes, n’était pas imposable en France. / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

La justice française a donné raison mercredi au géant américain Google qui contestait un redressement fiscal de 1,115 milliard d’euros, estimant que sa filiale irlandaise, responsable de ses opérations européennes, n’était pas imposable en France.

Sommé par le fisc de payer 1,6 milliard d’euros –un montant réduit depuis–, Google avait contre-attaqué en justice. Le groupe californien affirme qu’il n’a pas à déclarer ses bénéfices en France puisqu’il vend de la publicité sur le marché français via sa filiale irlandaise Google Ireland Limited (GIL).

Le tribunal administratif de Paris lui a donné raison, jugeant notamment que Google France n’avait pas les moyens de mettre en ligne les publicités vendues aux annonceurs français, et ne faisait qu’assister GIL.

« La société irlandaise Google Ireland Limited (GIL) n’est pas imposable en France sur la période de 2005 à 2010 », période sur laquelle portait le contentieux, a-t-il résumé.

Il a notamment estimé que GIL ne disposait pas en France d’un « établissement stable ». Pour satisfaire cette condition nécessaire pour qu’une société soit taxable dans l’Hexagone, il aurait fallu que la filiale française l’engage juridiquement, ce qui n’était pas le cas car la mise en ligne des annonces commandées par des clients français était validée en Irlande.

L’administration fiscale estimait au contraire que les employés français jouent un rôle déterminant dans la vente d’espaces publicitaires sur le célèbre moteur de recherche ou le site de vidéos Youtube, même si les contrats sont formellement établis et signés par la filiale irlandaise GIL.

Le représentant de l’administration fiscale Philippe Cahanin a même évoqué à l’audience en juin « une activité occulte » de la multinationale. Celle-ci abusant, pour Bercy, des taux d’imposition irlandais bas.

L’Etat français a signalé dès mercredi soir qu’il envisageait de faire appel de la décision.

« L’administration a deux mois pour faire appel de ces jugements et travaille d’ores et déjà en ce sens », a indiqué le ministère des Comptes publics dans un communiqué.

– Optimisation fiscale –

« Le tribunal administratif de Paris a confirmé que Google respecte les règles fiscales françaises et les normes internationales. Notre investissement en France demeure, ainsi que notre engagement au service de sa croissance numérique », a réagi le groupe américain, dans un mail à l’AFP.

S’il lui a donné raison sur le fond, le tribunal a en revanche rejeté mercredi sa demande de remboursement des frais de justice par l’Etat français.

Google, qui emploie actuellement 700 personnes en France, est dans le collimateur de Bercy depuis plusieurs années.

Peu bavard quand il s’agit de ses comptes, le groupe avait indiqué l’an dernier avoir payé 6,7 millions d’euros en France au titre de l’impôt sur les sociétés en 2015, soit 30% de plus que l’année précédente. Il dit n’avoir pas encore arrêté ses comptes pour 2016.

Faisant l’objet de poursuite dans plusieurs pays, Google est notamment parvenu à des accords avec les autorités fiscales au Royaume-Uni et en Italie leur reversant quelques centaines de millions d’euros.

Google, mais aussi Apple, Facebook et Amazon –l’ensemble étant souvent présenté sous l’acronyme GAFA–, sont régulièrement critiqués pour leurs pratiques d’optimisation fiscale.

Dans son programme électoral, le président français Emmanuel Macron avait promis d' »imposer les grands groupes internet sur leur chiffre d’affaires réalisé en France » et « la création d’un marché unique du numérique en Europe ».

Le secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, avait pour sa part appelé à la mi-mai les grandes plates-formes de l’internet à payer un impôt « juste et équilibré » en Europe, qui les mette au même niveau que les acteurs nationaux.

Pas plus tard que dimanche, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a pressé l’Europe de « faire payer » aux géants américains du net leurs impôts sur le continent.

« Il temps que l’Europe se ressaisisse, qu’elle défende ses intérêts, qu’elle fasse payer à Google, Amazon et Facebook les impôts qu’elles doivent aux contribuables européens », a-t-il déclaré.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2017 21h35)

Face à Facebook et Google, les médias américains veulent s’unir

juillet 10, 2017

New York – Négocier d’une même voix face au « duopole » que forment Google et Facebook, voilà ce que demandent les éditeurs de presse américains, qui ont publié lundi une lettre ouverte au Congrès afin qu’il légifère en ce sens.

Représentant près de 2.000 organismes de presse, l’Alliance des médias d’informations (News Media Alliance) demande aux élus un aménagement de la loi antitrust, qui prohibe, en l’état, toute forme d’entente entre plusieurs entreprises d’un même secteur.

Pour l’heure, les éditeurs de presse pâtissent d’un rapport de force déséquilibré, estiment-ils, en faveur des deux géants d’internet.

« Google et Facebook dominent la circulation de l’information en ligne et consomment l’essentiel des revenus publicitaires », fait valoir la News Media Alliance.

« Du fait de ce duopole numérique », regrette l’organisation professionnelle, « les éditeurs sont contraints de livrer leurs contenus et de respecter les règles (établies par le +duopole+, NDLR) relatives à la manière dont l’information est publiée, hiérarchisée et monétisée ».

« Ces règles ont fait de l’information une marchandise et permis la montée des fausses informations (fake news, NDLR), qu’il est souvent difficile de différencier des informations vérifiées », regrette l’Alliance.

Selon une étude de l’organisation indépendante Pew Research Center, publiée en juillet 2016, 38% des adultes américains s’informent régulièrement en ligne, une proportion qui passe à 50% pour les 18-29 ans.

Une autre étude du Pew Research Center, publiée en mai 2016, avait révélé que 44% des adultes américains s’informaient sur Facebook, de très loin le premier réseau social cité par les personnes sondées (Twitter deuxième avec 9%).

« Nous avons besoin d’une juste répartition des revenus publicitaires », a plaidé lundi le PDG de l’organisation, David Chavern, lors d’un entretien à la chaîne d’information financière CNBC.

La part des revenus publicitaires tirés du numérique ne cesse de progresser pour les journaux quotidiens américains, et atteint désormais 29%, selon des chiffres publiés début juin par le Pew Research Center, mais elle ne compense pas le repli continu des recettes venues des éditions imprimées.

« Le journalisme de qualité est essentiel à une société démocratique et central dans la société civile », explique David Chavern, cité dans le communiqué publié lundi.

« Pour s’assurer que ce journalisme a un avenir », ajoute-t-il, « les organisations qui le financent doivent être en mesure de négocier collectivement avec les plateformes numériques qui contrôlent la distribution et l’accès à l’audience dans l’ère numérique ».

L’Agence France-Presse a publié jeudi un communiqué en faveur de la création d’un droit voisin pour les agences de presse. Le droit voisin permet l’extension de la protection des droits d’auteurs.

Il prendrait en compte le rôle d’intermédiaire joué par les géants d’internet, notamment les moteurs de recherche, entre les agences de presse et les lecteurs, et ouvrirait la voie à une rémunération des agences.

Une proposition de loi en ce sens avait été déposée en juin 2016 par le sénateur socialiste français David Assouline, mais elle n’a pas débouchée sur une loi.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juillet 2017 19h37)                                            

Mongolie : un ex-lutteur devient président

juillet 8, 2017

Un ex-lutteur, Khaltmaa Battulga, salue la foule le 8 juillet 2017 après avoir été élu la veille président de la Mongolie. / © AFP /

L’ex-lutteur devenu homme d’affaires, Khaltmaa Battulga, a remporté la présidentielle en Mongolie après que son adversaire eut condédé samedi sa défaite.

Arrivé en tête du premier tour fin juin, le magnat de l’immobilier, du Parti démocrate (PD), actuellement dans l’opposition, a obtenu vendredi au deuxième tour 50,6% des suffrages, a de son côté annoncé samedi la commission électorale sur la base de résultats quasi-définitifs.

L’autre candidat en lice, le président du Parlement Mieygombo Enkhbold, ex-Premier ministre et ancien maire de la capitale Oulan-Bator, dont le Parti du peuple mongol (PPM) est majoritaire parmi les députés, a quant à lui reconnu la victoire de M. Battulga, dans un discours diffusé sur Facebook.

Remerciant ses partisans, il a assuré qu’il « respecterait et accepterait les résultats de la présidentielle » et que le gouvernement (désormais de cohabitation) continuerait d' »oeuvrer à (…) surmonter la crise financière pour le bien-être de notre peuple ».

Coincée entre la Russie -dont elle était un satellite à l’époque de l’Union soviétique- et la Chine -qui absorbe 80% de ses exportations-, la Mongolie est un pays riche en ressources minières dont un gros tiers des trois millions d’habitants sont des éleveurs nomades.

Mais, victime de la chute des cours du cuivre et de l’essoufflement économique de son grand voisin chinois, elle a vu sa croissance économique s’effondrer à 1% l’an dernier, contre 17% en 2011.

Le chômage touche 9% de la population active et Oulan-Bator a accepté début 2017 un prêt de 5,5 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) du Fonds monétaire international (FMI).

« Je me mettrai tout de suite au travail en vue de régler les difficultés économiques et libérer les Mongols de la dette, comme je l’ai promis », avait pour sa part affirmé M. Battulga, 54 ans, peu après la fin du scrutin.

Mais de nombreux Mongols sont lassés de leurs hommes politiques, tant le nouveau chef de l’Etat que le président du Parlement ayant à cet égard été éclaboussés par des scandales.

Khaltmaa Battulga a ainsi été soupçonné de détenir des comptes à l’étranger. Et Mieygombo Enkhbold, qui se présentait comme un humble éleveur de chevaux, a été accusé d’avoir monnayé des emplois publics contre l’équivalent de 20 millions d’euros.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2017 18h39)                

RDC : Joseph Kabila face aux sanctions

juillet 3, 2017
Le président de la RDC Joseph Kabila, en 2011 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Les États-Unis et l’Union européenne ont pris des mesures drastiques à l’encontre de dix-sept personnalités proches du pouvoir afin de contraindre le président à organiser des élections. Face à la menace, Kinshasa appelle les Africains à la solidarité.

«Pour obliger Kabila à quitter le pouvoir, notre stratégie repose sur deux piliers : la mobilisation sur place et les pressions venues de l’extérieur. » Ce plan de bataille, c’est celui que l’opposant Félix Tshisekedi détaillait à Jeune Afrique, à Kinshasa, à la fin de 2016. Depuis, l’objectif n’a pas changé : obtenir le départ de Joseph Kabila, qui, malgré l’expiration de son ultime mandat constitutionnel, en décembre dernier, entend se maintenir jusqu’à la prochaine élection présidentielle –dont la date est encore incertaine. Mais au cours des derniers mois, le premier «pilier » –la mobilisation populaire – a montré ses limites. En l’absence d’Étienne Tshisekedi, décédé le 1er février, et de Moïse Katumbi, toujours en exil après des condamnations qualifiées de «mascarades » par l’Église catholique, les partisans de l’opposition sont réticents à risquer leur vie dans les artères de Kinshasa face à un appareil répressif impitoyable.

Restent les pressions extérieures. C’est donc sur ce terrain que le bras de fer s’est déplacé. Effrayés par le risque d’une désintégration du pays et excédés par l’immobilisme du chef de l’État, les États-Unis et l’Union européenne (UE) ont en effet prononcé des sanctions individuelles à l’encontre de responsables congolais. Avec quelles conséquences ?

Qui sont les personnalités visées ?

Depuis juin 2016, dix-sept personnalités au pouvoir (ou alliées à ces dernières) ont été progressivement inscrites sur la liste des sanctions individuelles édictées par l’UE et les États-Unis. Celles-ci se sont d’abord focalisées sur les principaux dignitaires de l’appareil sécuritaire. Cette logique se poursuit : le 1er juin, les Américains inscrivaient encore sur leur liste noire le général François Olenga, chef de la «maison militaire » du président Joseph Kabila.

Mais la dernière vague de sanctions prononcées par l’Union européenne, le 29 mai, à l’encontre de neuf nouveaux individus présente la particularité d’inclure plusieurs responsables politiques, comme le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Ce dernier est sanctionné au motif de sa «politique répressive envers les médias […], qui viole le droit à la liberté d’expression et d’information ». Pour les Européens, il ne s’agit plus seulement d’empêcher la répression, mais aussi d’impressionner tous ceux qui permettent à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.

Quelles conséquences pour elles ?

Elles sont importantes puisque les personnes visées ont l’interdiction de se rendre –y compris pour y transiter – aux États-Unis ou dans les pays de l’UE (parfois les deux, comme pour l’ancien ministre de l’Intérieur Évariste Boshab). Par ailleurs, elles ne peuvent plus disposer de leurs «avoirs » dans ces pays, autrement dit les fonds qu’elles y détiennent. Toutefois, des listes recensant les individus susceptibles de faire l’objet de sanctions avaient préalablement fuité à Kinshasa. De nombreux responsables avaient donc pris leurs dispositions, du moins en ce qui concerne leurs placements les plus liquides, avant que le couperet ne tombe.

D’autres, anticipant une nouvelle vague, sont en train de suivre leur exemple. Car les fonds détenus en Afrique, en Asie ou dans les pays du Golfe ne sont pas concernés… à moins qu’ils soient libellés en dollars. Les sanctions américaines ont en effet pour conséquence d’empêcher tout transfert dans cette devise. Un handicap bien réel dans un pays où l’économie est fortement «dollarisée ». En pratique, cela contraint les banques congolaises à clôturer les comptes en dollars que détiennent les intéressés.

Par ailleurs, les sociétés américaines (dont Visa ou Western Union) n’ont plus le droit de travailler avec eux. «Il est évident que ces mesures perturbent le fonctionnement normal des affaires des personnes concernées », reconnaît le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Quel est l’objectif recherché ?

Les Occidentaux ont conscience que cette stratégie n’est pas de nature à intimider Joseph Kabila. Lui-même a peu d’attaches en Europe et aux États-Unis, où il ne voyage que rarement. Il en va en revanche autrement de son entourage, qui entretient souvent des liens étroits avec l’Occident. Les Européens pensent ainsi pouvoir diviser les proches du chef de l’État.

Ce risque, le conseiller diplomatique du président, Barnabé Kikaya Bin Karubi, l’a bien identifié. «Mais les Occidentaux se trompent d’époque, réagit-il. Ils n’ont plus ce monopole. Pour voyager ou faire du shopping, aujourd’hui, on peut tout aussi bien aller en Afrique du Sud, au Maroc, à Dubaï ou en Chine ! »

Quelle stratégie de riposte pour Kinshasa ?

Après les différents «accords » signés avec certaines franges de l’opposition en octobre puis en décembre 2016, et à la suite de l’élection de Donald Trump, Kinshasa a d’abord cru pouvoir enrayer la machine à sanctions. Nommé en décembre, le très diplomate ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, Léonard She Okitundu, a aussitôt effectué de fréquents voyages en Europe et aux États-Unis afin de renouer le dialogue.

En synchronisant la dernière vague de leurs sanctions (le 29 mai pour les Européens ; le 1er juin pour les Américains), les Occidentaux ont voulu montrer que, en dépit des alternances survenues récemment au sommet de l’État à Washington comme à Paris, ils demeuraient unis sur une ligne intransigeante vis-à-vis de Kinshasa.

Le gouvernement congolais vient donc de changer de ton, annonçant des mesures de «réciprocité » qui restent à définir. Il cible en particulier la Belgique, ancienne puissance coloniale : c’est l’unique pays avec lequel la RD Congo a, en avril, pris l’initiative de rompre sa coopération militaire. Avec une double arrière-pensée : tenter de diviser le front occidental –notamment en jouant Paris contre Bruxelles – et raviver le sentiment anticolonial. Évoquant son inscription sur la liste noire, Lambert Mende s’est ainsi présenté en «martyr » de «l’intérêt national » face au «néocolonialisme ». Un message également –et peut-être surtout – destiné aux pays africains, devenus la nouvelle priorité de la diplomatie congolaise.

De quel côté pencheront les Africains ?

Joseph Kabila, qui d’ordinaire voyage peu, s’est ainsi rendu le 22 avril en Égypte, un pays actuellement membre du Conseil de sécurité de l’ONU, avant de s’arrêter au Gabon, à Franceville, chez Ali Bongo, le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac). Et il était annoncé à Pretoria pour ce 25 juin.

Par ailleurs, avant le sommet de l’Union africaine (UA) qui doit se tenir les 3 et 4 juillet à Addis-Abeba, son ministre Léonard She Okitundu a rendu visite à chacun des neuf voisins de la RD Congo, ainsi qu’à Alassane Ouattara, à Abidjan, au président sénégalais, Macky Sall, dont le pays siège lui aussi au Conseil de sécurité, et au Guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’UA. Faut-il y voir une conséquence de cet activisme diplomatique ? En tout cas, le ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Chikoti, s’est dit «choqué », au lendemain des dernières sanctions européennes, et a annoncé que l’UA se réunirait prochainement «pour analyser et adopter une position allant dans le sens de soutenir la RD Congo et de s’opposer à ces sanctions ».

De leur côté, les Occidentaux ne désespèrent pas de voir les pairs de Joseph Kabila exercer des pressions sur lui. Selon eux, certains chefs d’État du continent sont en effet adeptes d’un «double discours » : solidaires de Kinshasa en public, mais fermes vis-à-vis de Kabila au sein du cénacle africain.


5 vagues de sanctions successives 17 dignitaires visés

Juin, septembre, décembre 2016 ; mai, juin 2017

• 3 ministres ou ex-ministres (Ramazani Shadari, Lambert Mende, Évariste Boshab)

• 2 gouverneurs de province (Alex Kande Mupompa, Jean-Claude Kazembe)

• 11 responsables de la police, de l’armée ou des services de renseignements

• 1 chef milicien progouvernemental

 

Jeuneafrique.com par

 

Coup de froid entre Havas et Google en Grande-Bretagne

mars 18, 2017

PARIS (Reuters) – La filiale britannique d’Havas a annoncé vendredi le retrait de ses publicités de Google et YouTube à la suite d’une polémique, une initiative locale et temporaire qui n’a pas vocation à s’appliquer aux autres marchés du groupe publicitaire, a précisé dans la soirée sa direction.

La division britannique du sixième groupe publicitaire mondial a pris cette initiative à la suite d’un débat provoqué par l’affichage de publicités aux côtés de contenus haineux et extrémistes.

Le gouvernement britannique a convoqué dans la journée le géant américain de la recherche, un acteur clef de la publicité en ligne, après une enquête du Times montrant que des messages publicitaires relatifs à des services publics étaient accollés à des vidéos contenant des messages homophobes et antisémites.

« Notre position restera inchangée tant que nous n’aurons pas confiance dans la capacité de la plateforme YouTube et de Google Display Network d’offrir des standards que nous et nos clients sommes en droit d’attendre », a dit Paul Frampton, responsable d’Havas au Royaume-Unis dans une interview au quotidien britannique The Guardian.

Le PDG d’Havas Yannick Bolloré a déclaré sur son compte Twitter ne pas avoir été informé de la décision de sa division britannique.

« La décision de notre équipe britannique de faire une pause dans les activités avec notre partenaire Google est une initiative temporaire prise par notre équipe locale pour le compte de nos clients britanniques et de leurs besoins spécifiques », a précisé dans la soirée le groupe dans une déclaration transmise à Reuters.

« Le groupe Havas ne prendra pas de telles mesures à une échelle globale », précise-t-il, ajoutant que le groupe travaille avec Google pour reprendre leur collaboration.

Google a pour sa part déclaré dans un communiqué qu’il s’efforçait d’empêcher que des contenus publicitaires apparaissent sur des pages ou des vidéos avec des « discours haineux, des contenus sordides ou offensants », ajoutant avoir engagé une revue pour permettre aux marques d’avoir davantage de contrôle sur l’environnement où apparaissent leurs publicités.

Romandie.com avec Reuters.com(Gwénaëlle Barzic, édité par Benoît Van Overstraeten)

Au Cameroun, un petit génie du code primé par Google et privé d’Internet par Yaoundé

mars 13, 2017

Collins Nji est le premier Africain lauréat du concours Google Code. Mais la crise perdure, et avec elle la coupure du réseau et la fermeture des écoles.

Collins Nji, tout juste 18 ans, premier Africain lauréat du concours Google Code et son mentor Wisdom, qui lui a appris à coder. Crédits : Josiane Kouagheu
Les yeux rivés sur l’écran d’un ordinateur portable posé sur ses genoux, les doigts volant sur les touches du clavier, Collins Nji Gbah code. Durant de longues minutes, le jeune garçon au visage encore poupin ignore le monde extérieur. Seul Wisdom ose s’approcher de lui et parvient à le distraire. Ils se comprennent. Les deux jeunes Camerounais désignent les lettres et les chiffres qui s’accumulent sur l’écran et éclatent de rire. Wisdom est le mentor de Collins Nji Gbah, tout juste 18 ans et, depuis le 30 janvier 2017, premier Africain lauréat du concours Google Code.

« Je suis tellement heureux ! J’ai connu Collins à ses débuts. Il aime coder. Il a une motivation d’enfer, jubile le responsable du Google Developpers Group Bambili de Bamenda, venu rendre visite à son “champion”. C’est une très grande fierté pour moi. Son intérêt pour le code était exceptionnel. Je n’avais jamais vu un jeune garçon de son âge si passionné. »

Dessins animés et graphisme

Wisdom Nji – sans lien de parenté avec Collins –, jeune homme de 21 ans à la mine réjouie, a développé le « talent codeur » de Collins. C’est lui qui lui a appris à « ordonner, approfondir et appliquer » ses connaissances pour mieux programmer. La rencontre s’est faite grâce à Tracy, la sœur aînée de Collins et camarade de classe de Wisdom. Elle aidait avec des rudiments d’informatique son petit frère qui passait des « heures et des heures » sur l’ordinateur paternel : soir, week-ends et vacances. Au début, Collins se passionne pour la programmation de dessins animés et de graphisme. Mais la sœur sera vite dépassée. Elle arrange un rendez-vous avec Wisdom. Le coup de foudre amical est immédiat.

Collins, tout juste 18 ans, avec le vieux Lenovo B515 que son père a fini par lui confier et qui lui a permis d’être l’un des lauréats du concours Google Code 2016.

Collins, tout juste 18 ans, avec le vieux Lenovo B515 que son père a fini par lui confier et qui lui a permis d’être l’un des lauréats du concours Google Code 2016. Crédits : Josiane Kouagheu

« J’ai commencé à lui enseigner la meilleure manière de pratiquer le code, parce qu’il savait déjà coder. Parfois, il me disait “je veux faire telle chose” et je lui donnais tel conseil, ou lui montrais telle voie », se souvient Wisdom. En 2015, un an après leur rencontre, Wisdom et d’autres membres du réseau Google Developpers Group sillonnent des écoles de Bamenda, dans le Nord-Ouest, l’une des deux régions anglophones du Cameroun, pour encourager les élèves de 13 à 17 ans à participer au concours du géant américain.

« Il est passé au lycée bilingue de Bamenda où je suis inscrit. J’ai décidé de participer, dit Collins Nji, aujourd’hui en classe de terminale de ce lycée désormais fermé en raison de la crise qui secoue la partie anglophone du Cameroun depuis trois mois. Lors des résultats 2015, j’étais parmi les finalistes. J’ai refait le concours en 2016 et je suis parmi les gagnants. Je suis très content ! »

Débuts sur le vieil ordinateur Lenovo B515 de papa

Plus de 1 300 jeunes candidats de 62 pays à travers le monde ont pris part à cette compétition. Au final, 34 gagnants ont été récompensés lors de la publication des résultats le 30 janvier. Près d’un mois et demi après son sacre, Collins Nji n’y croit toujours pas. Son père, couturier, « opposé » au début à la passion de son fils qu’il trouvait « étrange », ne regrette plus de lui avoir finalement cédé son vieux portable Lenovo B515 que lui avait envoyé un ami installé aux Etats-Unis afin qu’il puisse télécharger des modèles de vêtements.

Patrick Nji, 54 ans, le père de Collins, dans son atelier de couture.

Patrick Nji, 54 ans, le père de Collins, dans son atelier de couture. Crédits : Josiane Kouagheu

« C’est vrai qu’au début, je pensais que cet amour qu’avait mon fils pour l’ordinateur n’était pas sain. Je ne comprenais pas ce qu’il faisait », lâche Patrick Nji, 54 ans, assis derrière sa machine à coudre dans son atelier en plein centre de Bamenda. Lorsque, en 2015, parce qu’il a été finaliste, Collins reçoit des gadgets estampillés Google, Patrick trouve ces cadeaux dérisoires et préfère que son fils se consacre à nouveau à ses études.

« Collins passait trop de temps sur son ordinateur. Il se réveillait tard le matin. Cela retardait son départ pour l’école. Alors je me suis rangée aux côtés de mon mari, avoue Eleanor Nji, la mère du lauréat. Mais Collins en a été si malheureux que j’ai fini par convaincre son père de lui permettre de travailler à nouveau sur l’ordinateur. » Près d’elle, Jonathan Ngeh hoche la tête. L’oncle de Collins, qui a fait des études aux Etats-Unis, ne comprend rien au code informatique. C’est pourtant lui qui, vaincu par la détermination du garçon, lui a donné de l’argent pour acheter sans cesse du crédit Internet.

Pas d’école, pas de Google

Mais l’oncle Jonathan n’est pas le seul financement de Collins. « Je peignais aussi beaucoup, raconte le jeune homme. Avec l’argent de la vente de mes tableaux, je payais une partie de ma connexion. Mes parents, mon oncle et mon mentor m’ont donné le reste et surtout des conseils pour le concours 2016. »

Durant les sept semaines que dure l’épreuve, Collins produit vingt travaux de codage et termine le 16 janvier, la veille de la coupure d’Internet dans les régions anglophones. Cette mesure de rétorsion du gouvernement sanctionne les manifestations des Camerounais anglophones qui estiment leurs droits bafoués par la capitale, ainsi que la grève des enseignants. La coupure d’Internet est toujours en vigueur et a causé des dégâts considérables aux deux régions concernées, bloquant notamment tous les transferts d’argent.

« Pour voir les résultats du concours et vérifier mes mails, j’ai dû faire des allers-retours à Mbouda [50 km au sud, à une heure et demie de route] pour me connecter », soupire-t-il. Plus grave : depuis la fin du mois de novembre 2016, les écoles sont fermées. Collins comme de nombreux élèves anglophones, se demande comment il va réussir à passer son baccalauréat, étape indispensable s’il veut un jour travailler à la Sillicon Valley, en Californie.

En juin, il effectuera un voyage de quatre jours à San Franscisco avec les autres lauréats du concours. Collins Nji Gbah espère y rencontrer ses idoles de Mountain View, le siège de Google, et aussi Mark Zuckeberg, le patron de Facebook. « Il faut que l’école recommence pour que je puisse mieux préparer mon baccalauréat », lâche-t-il, levant enfin les yeux de l’écran de son ordinateur.

En attendant, école ou pas, Collins est devenu la star de Bamenda. A la gare routière, à quelques centaines de mètres de là, Jordan, 14 ans, en classe de 3e, et son frère William, 12 ans, veulent tous deux « vraiment devenir comme Collins ». Depuis que les cours ont cessé pour cause de grève, les deux frères donnent un coup de main à leur mère, qui tient une échoppe. « On a vu Collins à la CRTV [télévision d’Etat]. Il a gagné un grand prix en Amérique. Il est dans le même lycée que moi ! s’exclame Jordan. Il ira chez Barack Obama. Je veux aussi apprendre l’informatique. » Avant, il lui faudra retourner à l’école. Ce que ses parents, comme de nombreux autres, refusent tant que les leaders, militants et journalistes anglophones incarcérés par le gouvernement du président Paul Biya ne sont pas relâchés.

« Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible »

mars 11, 2017

Le chercheur Antonio Casilli explique comment, derrière des services en apparence gratuits, Facebook, Amazon, Google… ont créé une « économie du clic ».
 
Quel est le point commun entre le moment ou vous remontez votre fil Facebook, celui où vous regardez des vidéos sur YouTube et lorsque vous cherchez des photos de chatons sur Google ? Dans les trois cas, vous l’ignorez sans doute, vous êtes en train de travailler. Sur Internet, les grandes plates-formes numériques américaines font tout pour capter notre attention et notre temps, nous offrant des services toujours plus sophistiqués pour communiquer, voyager, nous informer, ou tout simplement consommer.

Des outils gratuits, du moins en apparence. Car derrière nos loisirs numériques se cache un bouleversement majeur, mondial, de la façon dont nous produisons de la valeur. De manière plus ou moins invisible, plus ou moins insidieuse, la Silicon Valley nous a tous mis au travail.

Antonio Casilli est enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur, avec le sociologue Dominique Cardon, de Qu’est-ce que le Digital Labor ? (INA éditions, 2015).

Dans votre ouvrage, vous expliquez que dès l’instant où quelqu’un se connecte à Facebook, voire à Internet en général, il est mis au travail. De quelle manière ?

Antonio Casilli : C’est un concept que la communauté scientifique appelle le digital labor, c’est-à-dire un travail du clic, composé de plusieurs petites tâches, réalisé sur des plates-formes, qui ne demande pas de qualification et dont le principal intérêt est de produire des données. C’est un travail éminemment social. Sur les réseaux sociaux, par exemple, vous êtes toujours en train de coopérer avec quelqu’un – vous partagez son contenu, likez sa photo, et ainsi de suite –, mais également de travailler pour quelqu’un – le réseau social, qui exploite vos données. C’est ainsi que les grandes plates-formes numériques auxquelles nous avons accès produisent de la valeur.

Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

Il en existe quatre types. Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.

Du côté des chauffeurs du VTC, à lire :   Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »

Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.

Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

Est-ce vraiment un problème de travailler indirectement et gratuitement pour Facebook ou pour Uber ? Après tout, ils fournissent aussi des services qui sont utiles et pour lesquels nous ne payons pas…

Les personnes qui ne voient pas le souci dans le digital labor sont des privilégiés. Ce sont les gens qui ont le temps et le capital social et culturel nécessaires pour profiter à l’extrême de ce qu’offre le Net. Internet a été conçu pour plaire à ces personnes-là, et celles-ci y trouvent un plaisir fou.

Mais dans le même temps, lorsque nous laissons parler notre privilège, nous faisons l’impasse sur des dizaines de millions de personnes en Inde, en Chine ou ailleurs qui nous permettent de profiter d’Internet pour un salaire de la faim. Une plate-forme comme Upwork affiche 12 millions de travailleurs enregistrés, autant pour les Chinois de Witmart. Les microtâches réalisées sur ces plates-formes servent à améliorer les intelligences artificielles et les algorithmes des services que nous utilisons, à filtrer les contenus que nous ne voulons pas voir. Un travail invisible, une économie du clic, faite de travailleurs exploités à l’autre bout du monde.

Comment se fait-il que cet aspect de l’activité sur Internet soit méconnu des utilisateurs du réseau ?

Parce que ces entreprises font appel à des ruses pour nous convaincre de travailler pour elles. Pour commencer, la production de données est la plus simple possible. En 2011, Mark Zuckerberg affirmait qu’un partage sur Facebook devait se faire « sans aucune résistance ». On cherche à fluidifier la production de données.

La seconde ruse, qui rend le travail invisible à nos yeux, c’est la « ludification » ; on fait de la production un jeu, ce qui permet aux gens de tirer un plaisir du fait de passer des heures et des heures connectés à des systèmes qui, pourtant, ne cessent de leur adresser des injonctions : clique ici, « like » cette vidéo, commente ton expérience, etc.

Sur les plates-formes de microtravail, c’est la même chose. L’interface d’Amazon Mechanical Turk est assez sympa : des icônes partout, un effet d’émulation entre travailleurs, une valorisation de la réactivité, des scores qui débloquent d’autres jobs à accomplir, etc.

En somme, la ludification permet de pousser les gens à constamment interagir…

Pas seulement. En faisant de la production un jeu, et donc en la sortant de la transaction économique, on minimise le risque que les gens s’organisent, prennent conscience qu’ils sont en train de travailler et, finalement, demandent de l’argent. C’est pour cette raison qu’il est très difficile d’organiser une prise de conscience collective : tout est fait pour que l’utilisateur soit mis en dehors de la logique contractuelle ou salariale.

« Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs. On a délocalisé la pénibilité »

Dans ce cas, le « digital labor » n’est-il pas un travail heureux ?

La vraie question n’est pas celle du bonheur ou du plaisir, mais celle de la pénibilité du travail, qui devient invisible. D’autres que nous se tapent les tâches pénibles, les visionnages de contenus méprisables, affreux, terribles, et font marcher le trafic organique dans Facebook. Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs. On a délocalisé la pénibilité.

Comment peut-on faire pour prendre en compte ces nouvelles formes de production qui échappent aux cadres habituels du temps de travail, des contrats, du salaire ?

Il y a un problème d’organisation au niveau international, un problème urgent, sérieux, pour lequel il n’y a pour l’instant pas de réponse. Aujourd’hui, si quelqu’un fait grève aux Philippines, un Indonésien va récupérer le travail. Mais ce n’est pas qu’une question de concurrence entre différents pays. Comment donner à tout le monde des droits, la possibilité de contester des conditions de travail ?

En revanche, dans les contextes nationaux, les choses bougent rapidement. Les syndicats, en France, en Allemagne, en Scandinavie, en Autriche, lancent des réflexions sur les travailleurs des plates-formes, de toutes les plates-formes, celles à la demande, bien sûr, comme Uber, mais aussi les plates-formes de microtâches. Le syndicat allemand IGmetall, par exemple, a lancé Fair Crowd Work, un outil qui doit permettre à ceux qui accomplissent un microtravail de dénoncer les mauvaises pratiques, d’évaluer leurs employeurs, etc.

Si cette régulation ne vient pas, que se passera-t-il ?

Un syndicat, aujourd’hui, ne peut pas se permettre de continuer à avoir les mêmes logiques de dialogue social ou de financement, car les scénarios qui se préparent sont des scénarios de conflictualité. Elle est déjà là : Uber et tant d’autres font face à des grèves, les modérateurs et les filtreurs s’organisent. Mais en face, les entreprises traditionnelles se « plateformisent » à mesure qu’elles se tournent vers l’exploitation de données, la mise en place d’algorithmes, etc. Cette polarisation demande que les corps intermédiaires sachent de quoi il est question, et quelles sont leurs responsabilités sociales et politiques.

Lemonde.fr  propos recueillis par Grégoire Orain

Apple, Microsoft, Facebook et Google s’opposent au décret Trump devant la justice

février 6, 2017

Parmi les signataires, on retrouve Apple, Facebook, Google, Microsoft, Netflix, Pinterest, Spotify, Twitter ou Uber.

Parmi les signataires, on retrouve Apple, Facebook, Google, Microsoft, Netflix, Pinterest, Spotify, Twitter ou Uber. Crédits photo : KYLE GRILLOT/AFP

97 entreprises du Web et des nouvelles technologies ont signé un document légal pour soutenir une action en justice contre le décret anti-immigration de Donald Trump.

La Silicon Valley prend la parole à 97 voix. Les plus grandes entreprises du Web et des nouvelles technologies ont exprimé dimanche leur opposition au décret anti-immigration de Donald Trump devant la justice américaine. Elles ont déposé un amicus curiae, un document exprimant l’opinion de personnalités extérieures à une affaire judiciaire, en soutien des États de Washington et du Minnesota, qui ont porté plainte contre l’interdiction temporaire pour les ressortissants de sept pays de pénétrer sur le territoire américain. Parmi les 97 signataires, on retrouve Apple, Dropbox, Facebook, Google, Kickstarter, Microsoft, Netflix, Pinterest, Spotify, Twitter, Uber ou la fondation Wikimedia. On y note aussi quelques absents de taille, comme HP ou Yahoo. Amazon, qui n’a pas non plus signé l’amicus brief, est déjà impliqué dans la plainte déposée par l’État de Washington.

«Les immigrants sont à l’origine des plus grandes découvertes de notre nation, et ont créé les entreprises les plus iconiques et innovantes de notre paysé, peut-on lire dans le document. «L’Amérique reconnaît depuis longtemps l’important de se protéger contre ceux qui veulent nous attaquer. Mais elle l’a toujours fait en respectant son engagement fondamental à accueillir les immigrants, grâce à des contrôles plus poussés sur les personnes qui souhaitent entrer dans notre pays.»

Volte-face du PDG d’Uber

Après plusieurs semaines de flottement, le décret anti-immigration a forcé les entreprises du Web à se positionner publiquement vis-à-vis de Donald Trump. L’exercice est difficile. En surface, beaucoup de géants des nouvelles technologies affichent des valeurs d’ouverture plutôt en adéquation avec le parti démocrate. On a vu des PDG défiler à la gay pride, affirmer leur attachement au droit des femmes et prôner le multiculturalisme. En coulisses, tous savent combien il est important d’avoir une bonne entente avec le pouvoir, quel que soit le bord politique du président. Plusieurs PDG du secteur conseillent déjà Donald Trump sur les questions économiques, dont Peter Thiel (cofondateur de Paypal et président du conseil d’administration de Palantir), Elon Musk (Tesla), Ginny Rometty (IBM), Michael Dell (Dell) ou Safra Catz (Oracle). Travis Kalanick, PDG d’Uber, a annoncé jeudi dernier qu’il abandonnait son poste de conseiller, à la suite d’une campagne de boycott de ses utilisateurs. Elon Musk, lui, a précisé qu’il n’avait pas l’intention de renoncer, mais a tenu à justifier sa décision. «Mon rôle est de conseiller, et d’assister à ces réunions ne signifie pas que j’approuve les actions de l’administration [Trump]», a précisé le PDG de Tesla Motors. Plusieurs observateurs ont néanmoins pointé que l’autre entreprise d’Elon Musk, SpaceX, dépend de contrats passés avec la NASA, l’agence nationale américaine de l’aéronautique et de l’espace.

Le décret anti-immigration de Donald Trump touche justement aux intérêts des entreprises de nouvelles technologies. La Silicon Valley, plus que d’autres industries, emploie beaucoup d’immigrés. Les étrangers représentent 37% des habitants de San Francisco et de sa région, contre 13,3% pour la moyenne des États-Unis, d’après une estimation l’organisation Join Venture Silicon Valley. Donald Trump souhaiterait désormais modifier les programmes de visa qui permettent aujourd’hui aux entreprises américaines de recruter des étrangers et de les faire venir aux Etats-Unis. Cette réforme les forcerait à embaucher en priorité des employés américains.

Crainte d’un «fichier musulman»

Face à la menace, la Silicon Valley s’organise. Des employés de Google et de Comcast ont organisé des manifestations spontanées. Quelques entreprises ont mis la main au porte-monnaie. Le moteur de recherche a annoncé la création d’un fonds de 4 millions de dollars à destination de quatre organisations de défense des droits des immigrants. Airbnb fournit des logements gratuits aux personnes ne parvenant pas à rentrer aux États-Unis et va verser 4 millions de dollars à une ONG qui aide les réfugiés dans le monde. Lyft, une application de transports rivale d’Uber, a déclaré qu’elle verserait 1 million de dollars durant les quatre prochaines années à l’ACLU, une association pour les libertés civiles. Outre ces initiatives, certains PDG se sont publiquement opposés au décret (Mark Zuckerberg, Jack Dorsey, Satya Nadella, Reed Hastings). D’autres ont préféré passer par des mémos internes ou des communiqués de presse très calibrés pour exprimer leur désaccord (Tim Cook, Jeff Bezos).

Il y a enfin ceux qui ont jusqu’ici gardé le silence, comme Oracle, Palantir ou IBM, dont les dirigeants sont conseillers auprès de Donald Trump. Les PDG de Palantir et IBM se sont contentés de promettre qu’ils ne mettraient pas au point un fichier répertoriant tous les musulmans des États-Unis, un projet flou de Donald Trump mais qui inquiète ses opposants. Oracle a refusé à plusieurs reprises de répondre aux questions des journalistes américains à ce sujet.

Lefigaro.fr par Lucie Ronfaut

Google doit remettre à la justice US des courriels étrangers

février 5, 2017

(Reuters) – Un juge américain a ordonné à Google de remettre les courriels étrangers stockés en dehors des Etats-Unis, divergeant ainsi d’une cour d’appel fédérale qui avait rendu le jugement inverse dans un dossier similaire impliquant Microsoft.

Le juge de Philadelphie Thomas Rueter a estimé vendredi que transférer des courriels à partir d’un serveur étranger, permettant ainsi au FBI de les examiner localement dans le cadre d’une enquête sur des malversations aux Etats-Unis, ne revenait pas à une saisie.

Selon le juge, cette recherche de données n’implique pas dans ce cas-là « d’ingérence significative » dans le droit de propriété du titulaire du compte de messagerie.

« Même si la récupération de données électroniques par Google à partir de ses multiples centres de données à l’étranger peut en soi représenter un risque d’atteinte à la vie privée, la véritable atteinte intervient au moment de la divulgation aux Etats-Unis », écrit le juge Rueter.

Google, filiale d’Alphabet, a déclaré samedi qu’elle ferait appel de cette décision.

Une cour d’appel de New York avait jugé en juillet qu’on ne pouvait obliger Microsoft – ou toute autre société américaine – à remettre à la justice américaine des courriels stockés dans un serveur basé à l’étranger, en l’occurence Dublin.

Le même cour, qui compte huit magistrats, a confirmé sa décision le 24 janvier dernier mais quatre juges en désaccord avec ces conclusions ont demandé à la Cour Suprême et au Congrès de l’invalider, estimant qu’elle empêchait la justice de faire son travail et qu’elle portait atteinte à la sécurité publique.

Les deux affaires touchent à des mandats de perquisition émis dans le cadre du Stored Communications Act, une loi de 1986 que bon nombre de sociétés high tech et de groupes de défense de la vie privée considèrent comme étant dépassée.

Google explique par exemple qu’il lui arrive de décomposer les courriels en plusieurs parties pour améliorer la performance de ses réseaux et qu’il ne sait pas forcément où peuvent être stockés tels ou tels courriels.

S’appuyant sur le précédent Microsoft, Google ajoute qu’il estime avoir répondu correctement aux demandes formulées dans les mandats qu’il a reçus en remettant des données dont il savait qu’elles étaient stockées aux Etats-Unis.

Reuters.com par (Jonathan Stempel, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

Google reste l’employeur préféré des jeunes diplômés suisses

juin 24, 2015

Google reste l’employeur préféré en Suisse, aussi des étudiants en sciences économiques. Le géant de l’Internet devance UBS qui reprend le deuxième rang à Nestlé dans le sondage réalisé par la société de conseils suédoise Universum.

Le géant informatique californien, qui dispose de bureaux à Zurich, doit cependant se contenter du 2e rang parmi les futurs ingénieurs, devancé par le spécialiste de l’électrotechnique ABB, ressort-il du classement mondial 2015 des employeurs les plus attractifs publié mercredi par Universum. La 3e place revient à Siemens, suivi du CERN et des CFF, lesquels ont perdu deux rangs.

Du côté des étudiants en sciences humaines, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) apparaît comme l’employeur le plus prisé. L’institution genevoise prend le meilleur sur l’administration fédérale, qui perd son 1er rang pour se retrouver sur la 2e marche du podium, devant Google, qui a lui dépassé Suisse Tourisme.

Au niveau mondial, Google continue de dominer, se positionnant pour la 7e année consécutive comme l’employeur considéré le plus attrayant. Chez les étudiants en économie, le numéro un mondial de la recherche sur Internet précède les spécialistes de l’audit comptable et du conseil PricewaterhouseCoopers (pwC) et EY (précédemment Ernst & Young).

Trois sociétés suisses au « top 50 »

La banque d’affaires américaine Goldman Sachs échoue elle au pied du podium, devant deux autres cabinets de conseils aux entreprises, à savoir KPMG et Deloitte. Apple gagne deux rangs et pointe désormais en 7e position, précédant son ancien rival historique Microsoft. La banque américaine J.P. Morgan occupe la 9e place et le géant des produits de consommation Procter & Gamble la 10e.

Également plébiscité par les futurs ingénieurs et informaticiens, Google se classe devant Microsoft, sans changement par rapport à la dernière édition du classement. Apple se place 3e, précédant le constructeur automobile allemand BMW – premier employeur hors des Etats-Unis – puis General Electric, IBM, Intel, Siemens, Sony et Shell.

Trois entreprises suisses figurent au rang des 50 employeurs préférés des étudiants. Chez les futurs détenteurs d’un diplôme en économie, Nestlé se positionne au 20e rang, comme l’an passé. Credit Suisse gagne pour sa part une place, à la 31e, et UBS se maintient en 40e position.

Passant en l’espace d’un an du 31e au 27e rang, Nestlé représente le seul employeur suisse figurant parmi les 50 plus attrayants pour les futurs ingénieurs. Encore 48e en 2014, le groupe pharmaceutique bâlois Novartis est lui éjecté du classement.

Romandie.com