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Mali : à Gossi, les populations s’inquiètent du départ de Barkhane

avril 20, 2022
Un soldat français de la force Barkhane dans la commune de Gossi, le 14 avril 2022. © Tanguy Vabatte

L’heure est aux derniers contrôles techniques. Il n’est pas encore trois heures du matin dans le camp militaire de Gao et une flotte de camions civils, dont les conducteurs font les derniers pleins d’huile et d’essence, s’apprête à prendre la route. Une fois passée la dernière chicane de la base, le convoi d’une centaine de véhicules – soixante camions pour quarante blindés militaires environ – s’élancera à travers les 160 kilomètres qui séparent les bases françaises de Gao de celle de Gossi. Une fois arrivé à destination, il reprendra la route en sens inverse, chargé des derniers conteneurs de matériels de cette base opérationnelle avancée, avant le départ de la force Barkhane, ce mardi 19 avril.

Ouverte en 2019 sur le site d’un ancien camp de la mission de la paix de l’ONU au Mali (Minusma), Gossi est la petite dernière des emprises françaises au Mali. Après trois ans d’opérations de la force Barkhane aux alentours de cette ville du Gourma malien, le camp a été transféré à l’armée malienne ce 19 avril. Succédant à celles de Kidal, Tessalit et Tombouctou à la fin de l’année 2021, Gossi est la quatrième emprise fermée par les Français.

Zone d’influence du GSIM

Le cap mis sur la « réarticulation de la force Barkhane », telle qu’annoncée en février dernier par Emmanuel Macron dans un contexte de rupture politique avec Bamako, n’a pas empêché les opérations de se poursuivre sur le terrain. Comme en cette matinée d’avril, quelques jours avant le transfert de la base. Ce jour-là, une colonne de blindés contourne la mare de Gossi, tarie en cette saison, sous le regard indifférent d’un troupeau de bovins. Dans les ruelles sableuses de la ville, les habitants, qui exploitent chaque mètre carré d’ombre pour se protéger de la touffeur ambiante, ne semblent pas s’étonner de la patrouille des militaires français en armes.

ICI, LE TAUX DE CHÔMAGE EST TRÈS ÉLEVÉ, SURTOUT CHEZ LES JEUNES

« Au contraire, c’est une présence rassurante pour beaucoup », assure un élu local pour qui le départ de Barkhane est source d’inquiétude. Sur le plan économique d’abord : « Des habitants font du commerce, du travail de maintenance ou de réparation pour les militaires français. Ici, le taux de chômage est très élevé, surtout chez les jeunes. Il n’y a pas de travail. Et la précarité les pousse à se tourner vers toute proposition, quels qu’en soient les risques », met-il en garde, de crainte de voir les rangs jihadistes s’étoffer.

Il faut dire que le Gourma malien est une zone stratégique pour le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), très actif sur ce territoire. Reliant le nord du pays à son centre, elle est un carrefour entre l’essentiel des régions du Mali. «Il y a beaucoup de jihadistes dans la zone. Et, chaque jour, les gens me demandent qui pourra remplacer Barkhane », raconte un habitant de Gossi. « Je ne sais pas quoi leur répondre », admet-il.

Faiblesse des Fama ?

Pourtant, la nouvelle a été communiquée : déjà présentes dans la zone, les Forces armées maliennes doivent renforcer leurs effectifs locaux d’au moins 150 hommes, lesquels prendront leurs quartiers dans l’ancienne base française.

« Cela ne suffit pas à rassurer la population. Ici, le souvenir de 2012 est encore bien présent : quand les jihadistes sont arrivés à Gossi, les Fama n’ont pas su les contenir », tranche l’élu. « Les soldats maliens sont tout à fait en capacité de prendre le relais », répond le capitaine Jérôme, qui a mené plusieurs patrouilles conjointes et séances d’entraînement avec les Fama.

Ce mardi, après trois ans de présence française dans la zone, lui et ses hommes ont laissé derrière eux Gossi, ses habitants et leurs préoccupations. Bientôt, ce sera au tour de l’emprise de Ménaka, qui abrite des soldats de la force Barkhane mais aussi des forces spéciales européennes regroupées au sein de la task force Takuba, de fermer ses portes. Viendra alors le tour de Gao, la plus grande base tricolore restant au Mali. Ses quelque 3 000 soldats seront les derniers éléments français à quitter le pays, après une quasi-décennie d’opérations extérieures.

Avec Jeune Afrique par Manon Laplace – à Bamako

Mali: arrestation d’un des organisateurs présumés de l’attentat en Côte d’Ivoire en mars 2016

janvier 12, 2017

Bamako – Un des organisateurs présumés de l’attentat jihadiste contre la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam en mars 2016 a été arrêté dans le nord du Mali par des militaires de la force française Barkhane, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes.

Cette information a été rendue publique à la veille de l’ouverture du sommet Afrique-France à Bamako, qui portera notamment sur la coopération dans le domaine militaire et de la sécurité.

« Les militaires français ont arrêté mercredi le cerveau de l’attaque de la localité de Grand-Bassam », a déclaré à l’AFP une source de sécurité malienne, précisant que l’arrestation avait eu lieu dans la localité de Gossi, à l’ouest de Gao, principale ville du nord du Mali.

L’information a été confirmée par une autre source de sécurité malienne, qui a identifié le suspect comme « Mimi Ould Baba Ould Cheikh, un jeune connu dans le nord du Mali ».

Plus d’une dizaine de suspects ont été arrêtés dans cette enquête, dont plusieurs au Mali, mais l’homme présenté comme le principal cerveau de l’attentat, identifié comme Kounta Dallah, de nationalité malienne, est toujours recherché.

L’armée française a confirmé l’arrestation d’un suspect, mais précisant qu’elle avait eu lieu lundi et sans se prononcer sur son importance dans l’enquête.

« Je vous confirme la capture de quatre individus dans la région de Gossi lundi dernier, dont l’un pourrait être lié aux attentats de Grand-Bassam. Les quatre personnes seront remises aux autorités maliennes », a déclaré jeudi à la presse à Paris le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.

« La nature exacte du lien reste à confirmer », a dit le porte-parole, interrogé sur le rôle du suspect dans l’attentat.

Selon la seconde source de sécurité malienne, Ould Baba était suivi « depuis quelques mois. Il est allé un moment en Algérie. Il est revenu à Gao avant de prendre ses quartiers à Gossi. C’est lui qui a mobilisé les hommes, les moyens, le plan pour attaquer Grand-Bassam ».

« Les militaires français sont en train de l’interroger. Nous attendons de le récupérer », a ajouté cette source, qui a dit attendre l’arrivée d’enquêteurs ivoiriens.

– Organigramme du groupe –

L’arrestation a été confirmée dans un communiqué par le ministère ivoirien de l’Intérieur, soulignant que « les éléments collectés par les services ivoiriens, la collaboration avec les services maliens, l’expérience et l’équipement des forces françaises ont permis d’opérer cette grosse prise ».

Les investigations « ont permis d’établir l’organigramme du groupe terroriste qui a planifié et perpétré l’attentat de Grand-Bassam », selon le ministère, qui précise que « Ould Baba, recherché depuis lors, apparaît dans la hiérarchie supérieure de ce groupe comme l’un des cerveaux impliqué à un très haut niveau ».

En avril 2016, un homme considéré comme le logisticien du groupe avait été appréhendé à Bamako, après deux autres arrestations dans le nord du Mali le mois précédent, à Goundam et à Gossi.

Le dimanche 13 mars 2016, trois assaillants avaient remonté la plage de Grand-Bassam, proche d’Abidjan et très prisée des Ivoiriens et des étrangers, tirant au hasard et attaquant plusieurs restaurants. Ils avaient tué 19 personnes, dont quatre Français, et en avaient blessé une vingtaine d’autres.

L’attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), affirmant agir en représailles à l’opération antijihadiste au Sahel menée par la France et ses alliés. La Côte d’Ivoire a aussi été visée pour avoir livré quatre membres d’Aqmi aux autorités maliennes, avait précisé le groupe dans un communiqué.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, et dont l’application tarde à venir.

Romandie.com avec(©AFP / 12 janvier 2017 13h36)

Attaque jihadiste en Côte d’Ivoire: deux Maliens arrêtés dans le nord du Mali

mars 27, 2016

Bamako – Deux Maliens ayant activement participé à l’attaque jihadiste du 13 mars contre la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam qui avait fait 19 morts ont été arrêtés dans le nord du Mali, a-t-on appris dimanche de sources de sécurité maliennes.

Nos services ont arrêté vendredi et samedi dans le nord du Mali deux personnes dont des indices prouvent qu’elles ont activement participé à l’attaque de Grand-Bassam, a déclaré à l’AFP une source de sécurité dans le nord du Mali. Cette information a ensuite été confirmée par plusieurs sources de sécurité.

Nous confirmons les arrestations à Gossi et Goundam, localités maliennes où ont été interpellés les deux suspects, a déclaré à l’AFP une source de sécurité malienne, jointe dimanche par l’AFP à Bamako.

L’un des deux suspects a été arrêté samedi à Gossi, à 185 km au sud de Gao, la plus grande ville du nord du Mali. Il a reconnu avoir hébergé certains membres du commando à Abidjan et leur avoir fourni une aide logistique avant l’attaque, ont précisé des sources à la gendarmerie de Gossi.

Le deuxième a été arrêté dans la nuit de vendredi à Goundam, localité située à 80 km de kilomètres de Tombouctou (nord-ouest), selon des sources sécuritaires contactées par l’AFP. Il a été identifié comme le chauffeur et bras droit du cerveau de l’attaque de Grand-Bassam, Kounta Dallah, lui-même visé par un avis de recherche des autorités ivoiriennes.

Le 13 mars, trois assaillants avaient remonté la plage dans la cité balnéaire de Grand-Bassam, puis attaqué plusieurs restaurants en tirant au hasard, tuant 19 personnes.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’attaque perpétrée en réponse à l’opération antijihadiste au Sahel menée par la France et ses alliés. La Côte d’Ivoire a aussi été visée pour avoir livré quatre membres d’Aqmi aux autorités maliennes.

Quinze personnes ont été arrêtées alors que le principal suspect, Kounta Dallah, est toujours en fuite.

Les autorités ivoiriennes ont drastiquement renforcé les contrôles à leurs frontières.

Le nord du Mali avait été transformé en sanctuaire par les groupes liés à Al-Qaïda en mars-avril 2012, jusqu’au lancement d’une intervention militaire à l’initiative de la France en janvier 2013. Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés de ces territoires mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2016 15h33)