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Congo: Après les explosions du 4 mars, les familles des victimes veulent ester l’État en justice

août 29, 2014

Des vies brisées par les explosions meurtrières de la poudrière de l’ex-camp militaire de Mpila, à Brazzaville! Près de deux ans et demi après, des familles entières sont toujours dans la précarité, en dépit des mesures urgentes prises par le gouvernement (allocations d’urgence, relogement des familles à Kintelé, reconstruction des maisons dans certains quartiers, etc).

Certaines promesses faites par le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, ne sont pas mises en œuvre par le gouvernement qui, cependant, semble avoir un agenda propre pour régler les conséquences de ce drame, en lançant un programme immobilier, objet d’une campagne de publicité dans les médias, sans concertation avec les comités des sinistrés. Face au mur d’incompréhension, le collectif des comités de suivi des propriétaires sinistrés appelle le gouvernement au dialogue. Autrement, il se réserve la possibilité de s’en remettre à la justice contre l’État congolais.

La décision du collectif des comités de suivi des propriétaires sinistrés des quartiers 54, 59, 61, 62 et 64 des arrondissements 5 Ouenzé et 6 Talangaï a été prise, lors d’une réunion extraordinaire de ses membres, le 22 août 2014, au quartier Mpila (Talangaï), sous le patronage de son président, Aimé Bokino, et comme secrétaire de séance, Jean-Baptiste Makabi. «Dans son mot de bienvenue, le président Aimé Bokino a circonscrit le contexte dans lequel se tient la présente séance. La non-tenue des promesses par le gouvernement de la République, et quelques rencontres infructueuses avec le ministre Jean-Jacques Bouya, nous ont poussés à nous retrouver, afin de faire le bilan de l’exécution des mesures prises par le président de la République», souligne le compte-rendu.

Concernant le bilan de l’exécution des mesures prises par le président de la République, à la suite du drame de Mpila, «le président de séance a rappelé les engagements pris par le président de la République, lors de son adresse sur l’Etat de la nation, le 13 août 2013, devant le parlement réuni en congrès, à savoir:
– la tenue d’un dialogue citoyen avec les propriétaires des parcelles, prélude à toute opération de reconstruction dans les zones du sinistre;
– le relogement des propriétaires des maisons détruites dans les logements sociaux de Mpila, en attendant qu’ils regagnent leurs habitations après la reconstruction;
– le dédommagement des opérateurs économiques ayant perdu leurs biens à usage commercial».

«Faisant le bilan, un an après le message sur l’Etat de la nation du président de la République, le 13 août 2013, devant le parlement réuni en congrès, les membres des bureaux des comités de suivi des deux arrondissements constatent, avec regret et amertume:
1- la non-tenue des engagements pris par le président de la République, par le gouvernement qui ne matérialise pas lesdits engagements;
2- la diffusion des spots publicitaires sur le prototype des maisons à construire (R+1, R+2 et R+3), avant la tenue des assemblées générales souhaitées par le ministre Bouya, le 3 juillet 2014, dans les locaux de la Délégation générale des grands travaux;
3- la non-affectation des entreprises dans les zones non reconstruites, tout en déplorant que la majorité des propriétaires sinistrés des deux arrondissements demeurent sans abris et exposés aux intempéries, depuis le 4 mars 2012;
4- la non-prise en compte des doléances contenues dans les cahiers des charges des comités de suivi.

Devant ce bilan négatif, les membres des bureaux des comités de suivi des deux arrondissements exigent du gouvernement:
– la tenue dans le délai d’un mois, du dialogue citoyen promis par le président de la République, condition sine qua non, avant la réalisation de tous travaux d’aménagement et de reconstruction dans la zone dite rouge.

Toutefois, le collectif des comités de suivi des deux arrondissements se réserve le droit d’ester en justice l’Etat congolais et d’informer l’opinion nationale et internationale, à travers les médias du calvaire qu’endurent les populations sinistrées».

Signalons que le rapport, signé par une quinzaine de participants, a été déposé auprès de plusieurs structures de l’Etat. Le collectif, qui s’en tient aux promesses du chef de l’Etat, espère que le gouvernement sera, enfin, réceptif à ses doléances et engagera le dialogue citoyen promis par le chef de l’Etat, pour une démarche consensuelle dans la réalisation des projets qui les concernent.

Jeuneafrique.com par Joël NSONI

Dans l’est de la RDC, reddition d’une centaine de rebelles hutu rwandais

mai 30, 2014
Dans l'est de la RDC, reddition d'une centaine de rebelles hutu rwandais © AFP

Dans l’est de la RDC, reddition d’une centaine de rebelles hutu rwandais © AFP

Une centaine de rebelles hutu rwandais des FDLR se sont rendus avec leurs armes vendredi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), un premier geste censé initier un processus de reddition attendu depuis 20 ans.

Réfugiés dans l’est de la RDC depuis 1994, les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi, qui a fait au moins 800. 000 morts selon l’ONU.

La prudence reste toutefois de mise: de précédentes initiatives pour régler la question des FDLR sont restées sans suite.

La cérémonie s’est déroulée dans la cour d’une école primaire de Kateku, petite localité agricole à environ 220 kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

En majorité jeunes, et apparemment en bonne forme dans leurs joggings et T-shirts, les 105 hommes qui se sont rendus vendredi, présentés comme rwandais par le « général-major » Victor Biringiro, président par intérim des FDLR, ont remis 100 armes, dont 12 armes lourdes.

Alors que les ex-combattants demandaient à être cantonnés avec femmes et enfants, ils ont été emmenés seuls vers la localité de Kanyabahonga, au sud de Kateku, à bord de camions de la mission de l’ONU, la Monusco. Mais ils doivent y être rejoints par leurs familles « dans 48 heures », a déclaré à l’AFP le général Delphin Kahimbi, qui supervise la reddition pour le compte de l’armée congolaise.

Fin 2013, les FDLR avaient annoncé qu’elles déposeraient les armes après l’ouverture de négociations avec le Rwanda. Mais Kigali, en pleine commémoration des 20 ans du génocide, a refusé de dialoguer avec la rébellion, dont le chef Sylvestre Mudacumura, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, court toujours.

Le 18 avril, les FDLR, qui comptent dans leurs rangs des Congolais, ont finalement annoncé vouloir rendre des armes et remettre des « ex-combattants importants » à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), afin de « se consacrer à la lutte politique ».

– « 22 jours » pour réussir? –

« La communauté internationale est interpellée » afin que se mettent en place « un espace libre et sécurisé et l’organisation d’un dialogue franc, sincère pour un règlement pacifique et définitif du problème rwandais », a plaidé le « général-major » Biringiro durant la cérémonie.

Y assistaient le vice-gouverneur provincial Feller Lutaichirwa, le lieutenant-colonel Omari Majani de la SADC et Tom Young, représentant de l’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson.

« Nous considérons que ces hommes ayant lâché les armes méritent d’être sécurisés. (. . . ) Le gouvernement de la République vous offre la sécurité », a lancé M. Lutaichirwa, dont la province est déchirée depuis presque 20 ans par des conflits chroniques.

Les FDLR, très affaiblies ces dernières années, comptent environ 1. 500 rebelles selon l’ONU, Kigali avançant le chiffre de 4. 000. Elles sont surtout disséminées dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où elles sont accusées de graves exactions (viols, meurtres, pillages, enrôlements d’enfants. . . ) contre les civils.

Joint par téléphone à Goma, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a affirmé que la cérémonie de vendredi doit être la « première vague » d’un processus de reddition censé être bouclé « d’ici 22 jours ».

Selon lui, l’objectif est d’obtenir la reddition de « 800 combattants » au Nord-Kivu et de « 600 » au Sud-Kivu, de les regrouper à Walikale, à l’ouest de Goma, puis de les transférer dans un site de « relocalisation provisoire » à Irebu, dans la province de l’Équateur (ouest de la RDC), où ils pourront choisir de « retourner au Rwanda ou demander asile ».

Pourquoi les éloigner autant de l’est de la RDC? Il s’agit de ne pas donner un « prétexte » à Kigali, qui pourrait accuser la RDC d' »entraîner » ces éléments FDLR « pour mener une éventuelle attaque » s’ils restaient dans la zone, a expliqué le gouverneur.

Depuis des années, la RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement d’instrumentaliser les FDLR.

Présent à la cérémonie, Me Dellyco Mbambu, responsable de l’association Cercle international pour la défense des droits de l’Homme et la paix (CIDDHOP), a appelé à assurer de bonnes conditions de cantonnement aux ex-rebelles, pour qu’ils ne s’enfuient pas comme par le passé. « Si le gouvernement veut bien pacifier la zone, avoir une paix durable, il faut qu’il les place dans de bonne conditions ».

Mais les autorités espèrent que le processus est bel et bien lancé, alors que l’armée et les Casques bleus promettent depuis plusieurs mois de « neutraliser » les FDLR.

« Avec la remise des armes vous offrez à la RDC la paix. Le gouvernement de la République vous offre la sécurité », a lancé aux ex-combattants le vice-gouverneur provincial Feller Lutaichirwa.

Jeuneafrique.com