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Tunisie: le président favorable à un gouvernement d’union nationale

juin 2, 2016

Tunis – Le président Béji Caïd Essebsi s’est dit favorable jeudi à un gouvernement d’union nationale face aux critiques persistantes, mais à condition qu’il inclue le syndicat UGTT et le patronat Utica, deux des Prix Nobel tunisiens de 2015.

Dans cette hypothèse, M. Essebsi n’a pas écarté l’idée d’un changement de Premier ministre, un an et demi après l’entrée en fonctions de Habib Essid, un indépendant dont le départ a été évoqué par des médias ces dernières semaines.

Dans l’ordre, la mise en œuvre d’un tel projet nécessiterait la démission de l’actuel gouvernement, puis des négociations entre les diverses parties concernées –partis politiques, syndicat et patronat–.

Intervenant jeudi sur la radio Mosaïque FM, quelques heures avant la prise de parole du chef de l’Etat, le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a toutefois paru écarter l’idée d’une participation de son puissant syndicat à un gouvernement d’union.

Nous ne pourrons pas (en faire) partie, l’UGTT restant la force qui unit toutes les institutions et le lieu de refuge de toutes les sensibilités, a-t-il fait valoir.

Dans un entretien diffusé en soirée par la chaîne publique Wataniya 1, le président Béji Caïd Essebsi s’est lui dit séduit par la perspective.

D’après ce que j’ai vu (sur le gouvernement actuel), les critiques sont plus (nombreuses) que les appréciations (positives), ce qui m’a poussé à (…) accepter d’examiner la proposition pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, a déclaré le chef de l’Etat.

Mais un tel gouvernement devra nécessairement enregistrer la participation de l’UGTT et de l’Union tunisienne de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), faute de quoi il ne va pas réussir, a-t-il souligné.

– ‘Loi de l’Etat’ –

Ce cabinet, dont les priorités resteraient la lutte contre le terrorisme, la corruption, le chômage et les disparités régionales, pourrait être dirigé par M. Essid ou une autre personnalité, a encore fait valoir le président.

Selon la constitution tunisienne de 2014, le Premier ministre est choisi par le parti majoritaire à l’Assemblée puis chargé par le président de la République de former le gouvernement.

L’actuelle coalition est composée de quatre formations, dont Nidaa Tounes –le parti fondé par M. Essebsi en 2012– et les islamistes d’Ennahda.

Revenant durant l’entretien sur le rendement du cabinet Essid, Béji Caïd Essebsi l’a qualifié d’acceptable.

Il pourrait être meilleur si nous imposions la loi de l’Etat pour dépasser la situation actuelle marquée par des conflits sociaux qui ont, selon lui, entraîné des pertes de cinq milliard de dollars entre 2010 et 2015.

Le défaut du gouvernement de M. Essid c’est qu’il n’a pas avoué au peuple la situation dans laquelle il avait trouvé le pays, a encore avancé M. Essebsi.

Premier ministre depuis février 2015, Habib Essid a déjà été contraint de procéder à un large remaniement en janvier dernier, face aux nombreuses critiques sur la gestion économique et sécuritaire du pays.

La Tunisie a réussi la transition démocratique née de sa révolution de 2011, en particulier grâce au dialogue national mené en 2013 par un quartette dont faisaient partie le puissant syndicat UGTT et le patronat Utica, lauréats du prix Nobel 2015.

Mais le pays ne parvient toujours pas à relancer son économie et a connu en janvier sa pire contestation sociale depuis 2011, à la suite du décès d’un jeune durant une manifestation pour l’emploi à Kasserine, dans le centre défavorisé.

La Tunisie a en outre été frappée depuis l’an dernier par une série d’attaques jihadistes sanglantes. L’état d’urgence, décrété le 24 novembre après un attentat suicide en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués), demeure en vigueur.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juin 2016 23h26)

RDC : Kabila nomme un gouvernement de « cohésion nationale » avec 7 opposants pour 47 portefeuilles

décembre 8, 2014

Le président congolais, Joseph Kabila.
Le président congolais, Joseph Kabila. © Reuters

Le président congolais Joseph Kabila a nommé ce week-end le gouvernement d’union nationale attendu depuis plus d’un an par ses compatriotes. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo est maintenu à la tête de cette équipe de 47 membres, parmis lesquels figurent 7 opposants et 3 vice-Premiers ministres.

Recommandé par les concertations nationales d’octobre 2013, le gouvernement d’union nationale a – après un an d’attente – été nommé ce week-end en RDC. Composée de 47 membres – 48 avec le Premier ministre (3 vice-Premier ministres et ministres, 2 ministres d’État et ministres, 32 ministres et 10 vice-ministres) -, cette nouvelle équipe gouvernementale ne réserve pas de grande surprise. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, réputé pour sa rigueur, a été maintenu à son poste.

Sept opposants au président Joseph Kabila font leur entrée dans ce gouvernement. Thomas Luhaka et Germain Kambinga, deux leaders du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, ont été respectivement nommés vice-Premier ministre et ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT), pour le premier, et ministre de l’Industrie pour le second.

Michel Bongongo, représentant de l’opposition dite républicaine et proche du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a lui été désigné ministre d’État en charge du Budget. Et Daniel Madimba Kalonji, député de l’UDPS, parti d’Étienne Tshisekedi, opposant le plus radical à Kabila, a été nommé ministre de la Recherche scientifique.

Parmi les nominations importantes figurent celle du professeur Evariste Boshab, secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti présidentiel), vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur. La Défense revient à un ancien gouverneur du Katanga proche de Kabila, Aimé Ngoi Mukena, et les Finances à l’ancien directeur de cabinet adjoint de la présidence de la République, Henri Yav Mulang. Modeste Bahati Lukwebo, un fidèle d’Augustin Matata Ponyo, a été désigné au ministère de l’Économie. Le troisième vice-Premier ministre, Willy Makiashi, en charge de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, est quant à lui issu du Parti lumumbiste unifié (Palu, majorité présidentielle).

Les Congolais ne seront pas totalement déboussolés par la nouvelle équipe, notamment avec le maintien aux affaires d’une dizaine de ministres de l’ancien gouvernement, dont des poids lourds tels Lambert Mende à l’Information, Martin Kabwelulu aux Mines, Raymond Tshibanda aux Affaires étrangères ou Félix Kabange Numbi à la Santé. Tryphon Kin-kiey Mulumba, qui milite ouvertement pour un troisième mandat de kabila en 2016 malgré le verrou constitutionnel, passe quant à lui des Postes et Télécommunications aux Relations avec le Parlement.

Parmi les nouveaux venus, on compte Aimé Ngoy Mukena à la Défense nationale, Alexis Thambwe Mwamba (ancien ministre des Affaires étrangères de 2008 à 2012) à la Justice, Olivier Kamitatu au Plan (l’ancien bras droit de Bemba avait déjà occupé ce poste entre 2007 et 2012), Théophile Mbemba Fundu à l’Enseignement supérieur, Omer Egbwake à l’Aménagement du Territoire. Enfin, le nouveau gouvernement d’union nationale ne brille pas par sa parité, avec moins de dix femmes nommées.

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La liste complète du nouveau gouvernement :

– Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité : M. Evariste Boshab Mabudj

– Vice-Premier ministre, ministre des PT-NTIC : M. Thomas Luhaka Losenjola

– Vice-Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale : M. Willy Makiashi

– Ministre d’Etat, ministre du Budget : M. Michel Bongongo

– Ministre d’Etat, ministre de la Décentralisation et Affaires coutumières : M. Salomon Banamuhere

>> Ministres

– Affaires étrangères et Coopération internationale : M. Raymond Tshibanda

– Défense nationale, Anciens combattants et Réinsertion : M. Aimé Ngoy Mukena

– Justice, Garde des sceaux et Droits humains : M. Alexis Thambwe Mwamba

– Portefeuille : Mme Louise Munga Mesozi

– Relation avec le Parlement : M. Tryphon Kin-Kiey Mulumba

– Communication et Médias : M. Lambert Mende Omalanga

– Enseignement primaire, secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté : M. Maker Mwangu Famba

– Plan et Révolution de la Modernité : M. Olivier Kamitatu

– Fonction publique : M. Jean-Claude Kibala

– Infrastructures et Travaux publics : M. Fridolin Kasweshi

– Finances : M. Henry Yav Mulang

– Economie Nationale : M. Modeste Bahati Lukwebo

– Environnement et développement durable : M. Bienvenu Liyota Ndjoli

– Commerce : Mme Kudianga Bayokisa

– Industrie : M. Germain Kambinga

– Agriculture, Pêche et Elevage : M. Kabwe Mwewu

– Affaires foncières : M. Bolengetenge Balela

– Mines : M. Martin Kabwelulu

– Hydrocarbures : M. Crispin Atama Thabe

– Energie et Ressources hydrauliques : M. Jeannot Matadi Nenga Ngamanda

– Culture et Arts : Banza Mukalay Nsungu

– Tourisme : Elvis Mutiri wa Bashala

– Santé publique : M. Félix Kabange Numbi

– Enseignement supérieur et universitaire : M. Théophile Mbemba Fundu

– Enseignement technique et professionnel : M. Jean Nengbangba Tshibanga

– Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat : M. Omer Egbake

– Transports et voies de communication : M. Justin Kalumba Mwana Ngongo

– Recherche scientifique et Technologie : M. Daniel Madimba Kalonji

– Genre, Famille et Enfant : Mme Bijou Kat

– Petites et Moyennes entreprises et classe moyenne : M. Bohongo Nkoy

– Développement rural : M. Eugène Serufuli

– Jeunesse, Sports et loisirs : M. Sama Lukonde Kyenge

>> Vice-Ministres :

– Intérieur : Mme Martine Bukasa Ntumba

– Défense nationale : M. René Sigu

– Justice et Droits humains : M. Mboso Kodia Pwanga

– Budget : Mme Ernestine Nyoka

– Coopération internationale et intégration régionale : M. Franck Mwindi Malila

– Congolais de l’étranger : M. Antoine Muyamba Okombo

– Energie : Mme Maguy Rwakabuba

– Finances : M. Albert Mpeti Biyombo

– Plan : Mme Lisette Bisangana Ngalamulume

– Poste et télécommunication : M. Enoch Sebineza

Jeuneafrique.com

Congo: Modeste Boukadia condamné par contumace à 30 ans de travaux forcés

avril 15, 2014

Président du C.d.r.c (Cercle des démocrates républicains du Congo), Modeste Boukadia faisait l’objet d’un jugement devant la cour criminelle de Pointe-Noire. Il avait organisé, le 17 août 2013, à l’esplanade de la gare de Tié-Tié, un meeting au cours duquel il dénonçait le non-respect de l’accord politique qu’il aurait signé le 20 octobre 1997 avec le P.c.t (Parti congolais du travail). S’attendant à un gouvernement d’union nationale dont il serait le premier ministre. Le 21 août 2013, le vice-président de son parti, Sylvain Miakamona-Nzingoula, organise une marche de protestation partie tôt le matin, de Mpaka, jusqu’au siège de l’arrondissement 3 Tié-Tié. Tout au long de la marche, les militants et sympathisants du C.r.d.c chantaient des chansons hostiles au pouvoir et demandaient la démission du chef de l’Etat et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. La gendarmerie avait dispersé la marche vers Ngoyo et arrêté une trentaine de manifestants. Ils avaient été présentés à la justice pour trouble à l’ordre public.

Le jugement est tombé: Modeste Boukadia, qui avait quitté Pointe-Noire, est condamné par contumace à 30 ans de travaux forcés et une vingtaine de militants à des peines d’emprisonnement allant de 5 à 7 ans. Une dizaine a été acquittée.

Lasemaineafricaine.net