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Boko Haram revendique l’enlèvement des sept otages français

février 25, 2013
DAKAR (Reuters) – Le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué lundi l’enlèvement et la détention de sept otages français, trois adultes et quatre enfants d’une même famille, enlevés la semaine dernière dans le nord du Cameroun et conduits ensuite au Nigeria.

Une vidéo postée sur le site internet YouTube montre la famille, les quatre enfants assis par terre devant les adultes, et un militant masqué qui exige la libération des militants du mouvement emprisonnés au Cameroun et au Nigeria.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé lundi cette revendication, ajoutant que la famille française se trouvait selon lui « probablement au Nigeria ».

Le gouvernement français a « désormais l’information que le groupe Boko Haram revendique la détention de la famille française », a-t-il déclaré lors d’une visite au Centre de Planification et de Conduite des Opérations à Paris.

L’un des otages apparaissant dans la vidéo, qui précise que ses gardiens appartiennent au groupe Boko Haram, demande au nom des ravisseurs la libération de plusieurs islamistes détenus au Nigeria et au Cameroun, notamment des femmes.

Dans cette même vidéo, l’un des ravisseurs s’exprimant en arabe menace de tuer les otages français si les revendications du groupe ne sont pas satisfaites.

Il accuse le président français François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l’islam.

« Nous avons été arrêtés par Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad », dit l’otage qui s’exprime dans la vidéo, citant le nom en arabe du groupe Boko Haram. « Ils veulent la libération de leurs frères au Cameroun et ils veulent la libération de leurs femmes emprisonnées au Nigeria. »

A Paris, Jean-Marc Ayrault, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, Francis Delon, sont arrivés vers 17h00 à l’Elysée pour une réunion qui n’était pas prévue à l’agenda, a constaté Reuters.

Les services de la présidence n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat sur cette réunion et son possible lien avec la vidéo montrant les otages français.

« RELÂCHEZ NOS FRÈRES »

S’adressant au président nigérian Goodluck Jonathan, le ravisseur s’exprimant dans la vidéo déclare: « Si vous voulez que ces Français soient libérés, alors libérez nos femmes que vous avez capturées ».

Au président du Cameroun, il conseille: « Relâchez nos frères détenus dans vos prisons, tous sans exception ». « Laissez-les partir rapidement ou vous verrez que vous aurez affaire à nous, comme ces gens que nous détenons. »

« Le président français a déclaré la guerre à l’islam et nous le combattons partout », ajoute-t-il.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé ces images « terriblement choquantes ».

« Elles démontrent une cruauté sans limites. Nous procédons aux vérifications nécessaires dans ces circonstances. Tous les services de l’Etat sont mobilisés pour libérer nos compatriotes », a-t-il dit dans un communiqué.

Les ravisseurs des sept Français enlevés mardi dernier au Cameroun auraient été localisés dans l’Etat de Borno par les forces de sécurité nigérianes.

Les otages et leurs ravisseurs se trouveraient entre les localités de Dikwa et de Ngala, dans l’extrême nord-est du Nigeria, selon une source proche des services de sécurité nigérians.

Dikwa est distant de moins de 80 km de la frontière camerounaise, où les trois adultes et les quatre enfants français ont été enlevés le 19 février.

La région où les ravisseurs auraient été repérés est considérée comme appartenant à la sphère d’influence des mouvements islamistes Boko Haram et Ansaru, ce dernier ayant revendiqué dimanche l’enlèvement de sept étrangers qui travaillaient pour l’entreprise de construction libanaise Setraco dans l’Etat nigérian de Bauchi.

Reuters

Rwanda: la justice française donne son premier feu vert à une extradition

mars 30, 2012

La justice française a donné pour la première fois un avis  favorable à une extradition vers le Rwanda pour participation présumée au  génocide de 1994, a-t-on appris vendredi de sources judiciaire et diplomatique.

Cette décision de la cour d’appel de Rouen (nord-ouest) rendue jeudi fait  suite à un mandat d’arrêt international lancé en décembre dernier à l’encontre  de Claude Muhayimana, un Franco-Rwandais de 51 ans, pour des faits présumés de  génocide et de crimes contre l’humanité.

« Il s’agit du premier avis favorable à une extradition », a confirmé à l’AFP  l’ambassade du Rwanda à Paris.

Me Géraldine Boitieux, l’avocate de Claude Muhayimana qui est employé  municipal à Rouen, s’est immédiatement pourvue en cassation.

Si l’avis favorable à l’extradition était confirmé par la Cour de cassation,  dernier recours judiciaire, la décision d’extrader reviendrait en dernier  ressort au gouvernement français.

Claude Muhayimana nie « toute participation » au génocide et se déclare prêt à  être jugé par un tribunal français ou par le Tribunal pénal international pour  le Rwanda, selon son avocate.

« Mon client estime ne pas avoir la garantie d’être jugé par un tribunal  impartial dans ce pays (le Rwanda) compte tenu de la situation qui règne  là-bas », a-t-elle affirmé.

L’ambassadeur du Rwanda en France a accueilli vendredi avec « satisfaction »  cette décision, dans un communiqué.

La justice française « constate que les conditions légales de l’extradition  sont remplies, que les faits reprochés n’ont aucun caractère politique et sont  de nature criminelle (. . . ) et que les juridictions rwandaises sont en mesure  d’assurer les garanties fondamentales de procédure et de protection des droits  de la défense », relève Jacques Kabale, qui se félicite de « cette avancée de la  jurisprudence française ».

Jusqu’à présent, la justice française avait toujours rejeté les demandes  d’extradition vers Kigali, estimant précisément que les droits de la défense  pourraient ne pas être garantis au Rwanda, pays dirigé par Paul Kagame, issu de  la rébellion tutsi.

Jeuneafrique.com avec AFP