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Grande-Bretagne: Contre vents et marées, Boris Johnson entend s’accrocher au pouvoir

juillet 6, 2022

Après le départ fracassant de deux ténors du Cabinet, plus de 25 autres membres du gouvernement ont remis leur démission mercredi.

Boris Johnson, debout à la Chambre des communes.

Le premier ministre britannique Boris Johnson répond à ses détracteurs pendant la période des questions à la Chambre des communes. Photo : La Presse Canadienne/AP/Chambre des Communes

De nouveau en lutte pour sa survie politique, après la démission de plusieurs ministres ébranlés par le plus récent scandale à secouer son gouvernement, le premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré sans détour mercredi qu’il entend rester au pouvoir.

Le travail d’un premier ministre dans des circonstances difficiles, quand un mandat colossal lui a été confié, est de continuer, et c’est ce que je vais faire, a-t-il lancé lors d’une période de questions à la Chambre des communes.

Soulignant la fragilité de l’économie britannique et la guerre en Ukraine, le chef du gouvernement conservateur a également plaidé que c’est exactement le moment dans lequel on attend d’un gouvernement qu’il continue son travail, qu’il n’abandonne pas […] et qu’il se concentre sur ce qui compte pour les citoyens de ce pays.

Dans un témoignage ultérieur devant un comité parlementaire, M. Johnson a laissé tomber qu’il ne croyait pas que les électeurs britanniques étaient en faveur d’élections anticipées.

Devant le Parlement, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a fustigé un spectacle pathétique et s’est attaqué à son équipe, qu’il a assimilée à une liste de catégorie Z de chiens obéissants. Le leader du Parti nationaliste écossais (SNP), Ian Blackford, a exigé la tenue d’élections anticipées.

Un homme installe un chevalet sur lequel on peut lire des cotes devant le parlement britannique.

Un homme installe un chevalet sur lequel on peut lire des cotes pour le maintien au pouvoir de Boris Johnson au cours des prochaines années, et pour les chances de différents conservateurs de lui succéder. Photo: La Presse Canadienne/PA/AP/Stefan Rousseau

Deux députés conservateurs ont ouvertement demandé à Boris Johnson de démissionner lors de la séance, mais la charge la plus sentie est venue de Sajid Javid, dont la démission mardi à titre de ministre de la Santé, présentée en même temps que celle du ministre des Finances, Rishi Sunak, a mis le feu aux poudres.

M. Javid s’est plaint d’avoir été berné lorsque l’entourage du premier ministre lui a dit qu’il n’y avait pas eu de fêtes à la résidence officielle de M. Johnson alors que le public devait s’astreindre à respecter des mesures anti-COVID, ce qui s’est révélé inexact.

L’ex-ministre de la Santé a expliqué avoir voulu donner une dernière chance au premier ministre, avant d’apprendre qu’il avait à nouveau été trompé lorsque M. Johnson a affirmé ne pas avoir été informé d’allégations d’inconduite sexuelle visant Chris Pincher, nommé whip adjoint du gouvernement conservateur en février.

M. Johnson a finalement admis qu’il avait été informé d’anciennes accusations contre lui dès 2019, soit bien avant de le nommer. Il a affirmé qu’il les avait oubliées et s’est excusé pour cette erreurLe controversé whip adjoint a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d’attouchements sur deux hommes.

Assez, c’est assez!, a-t-il lancé, lors d’une tirade où il fait valoir l’importance de l’intégrité. Le problème commence au sommet, et ça ne changera pas, a déclaré M. Javid, en invitant ses collègues conservateurs à réfléchir à la situation. Soyons clairs, ne rien faire est une décision, leur a-t-il lancé.

« Je crains que le bouton de réinitialisation ne puisse fonctionner qu’à un nombre limité d’occasions. Il y a une limite au nombre de fois qu’on peut redémarrer la machine sans réaliser qu’il se passe quelque chose de fondamentalement inacceptable. »— Une citation de  Sajid Javid, ex-ministre de la Santé

Sajid Javid, souriant, devant des maisons.

Sajid Javid, à sa sortie de sa maison de Londres, mercredi, avant la période de questions aux Communes. Photo : Reuters/Maja Smiejkowska

Marcher sur la fine ligne entre la loyauté et l’intégrité est devenu impossible au cours des derniers mois. Et je ne vais jamais risquer de perdre mon intégrité, a encore dit M. Javid pour justifier sa décision de claquer la porte du gouvernement.

Plus de 25 autres ministres et membres du personnel gouvernemental ont démissionné mercredi en mettant en cause la politique de leur chef, dont Stuart Andrews (Logement), Will Quince (Enfance et Familles), Robin Walker (Écoles), John Glen (Services financiers), Victoria Atkins (Accueil des réfugiés afghans) et Jo Churchill (Agro-Innovation et Adaptation).

M. Andrews a accusé le controversé premier ministre de défendre l’indéfendable, M. Glen a évoqué son total manque de confiance envers le premier ministre, et Mme Atkins a fait valoir l’importance des valeurs d’intégrité, de décence, de respect et de professionnalisme.

Certaines de ces démissions ont été annoncées avant que M. Johnson ne se défende au Parlement, mais plusieurs autres sont survenues après, amplifiant la crise. Cinq secrétaires d’État ont notamment annoncé leur départ dans une lettre conjointe en fin d’après-midi. Nous devons demander que, pour le bien du parti et du pays, vous vous retiriez, ont-ils écrit dans leur lettre à M. Johnson.

Trois manifestants près du Parlement, dont deux tiennent des pancartes.

Quelques manifestants ont réclamé la démission du premier ministre Johnson, mercredi, à proximité du parlement britannique. Photo: Reuters/Henry Nicholls

Boris Johnson a rapidement remplacé MM. Sunak et Javid en nommant son ministre de l’Éducation Nadhim Zahawi aux Finances et Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale, à la Santé. Des ministres loyaux lui ont en outre réaffirmé leur soutien, comme Nadine Dorries, responsable de la Culture.

Déjà considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street pendant la pandémie, M. Johnson a survécu il y a quelques semaines à un vote de défiance de son propre camp.

Les règles internes du parti spécifient qu’un autre vote du genre ne peut avoir lieu avant un an, mais des opposants au premier ministre font pression pour qu’elles soient modifiées. Les responsables du Comité 1922, compétent pour trancher la question, doit se réunir dans l’après-midi.

Outre la situation de M. Pincher, plusieurs autres affaires à caractère sexuel ont éclaté au Parlement britannique ces dernières semaines : un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie au Parlement sur son téléphone portable et un ancien député a été condamné en mai à 18 mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent de 15 ans.

Le départ de ces deux derniers députés a provoqué des élections législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs. Le parti avait en outre encaissé de très mauvais résultats aux élections locales de mai, qui ont soulevé des doutes sur la capacité de M. Johnson à diriger ses troupes.

Selon un sondage Savanta ComRes publié mercredi, 72 % des Britanniques estiment que le premier ministre devrait démissionner.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de The Guardian, Reuters et AFP

Equateur: le gouvernement fustige la « violence » des manifestants, la mobilisation continue

juin 24, 2022
Equateur: le gouvernement fustige la "violence" des manifestants, la mobilisation continue
Equateur: le gouvernement fustige la « violence » des manifestants, la mobilisation continue© AFP/MARTIN BERNETTI

Au douzième jour de la mobilisation indigène dans la rue, le gouvernement équatorien a accusé vendredi les manifestants de ne vouloir « que la violence », tandis que le leader du mouvement a appelé à sa poursuite « indéfinie ».

« Ils ne veulent pas dialoguer. (…) Ils ne veulent pas la paix. Jusqu’à présent, la seule chose qu’ils ont montrée, c’est qu’ils veulent la violence », a déclaré le ministre des Affaires gouvernementales, Francisco Jimenez, sur une radio locale.

Le ministre s’exprimait au lendemain d’une tentative d’invasion du Parlement, signe d’un durcissement des manifestations qui ont fait un total de six morts, selon un dernier bilan.

Trois personnes ont péri au cours des dernières 24 heures, selon l’Alliance des organisations de défense des droits humains, qui avait fait état de trois premiers décès survenus entre lundi et mercredi.

Jeudi, la police avait évacué en signe de bonne volonté, « dans l’intérêt du dialogue et de la paix », un centre culturel, lieu de rencontre des indigènes dans la capitale.

« Nous avons cédé (…) dans le but de rétablir la paix dans la ville et dans le pays. Cependant, c’est le contraire qui s’est produit. Ils en ont profité pour générer plus de désordre », a déploré M. Jimenez.

« C’est une mobilisation indéfinie jusqu’à ce que nous ayons les résultats » escomptés, a déclaré de son côté à l’AFP le leader du mouvement, Leonidas Iza, chef de la Confédération des nationalités indigènes d’Equateur (Conaie).

« Nous ne pouvons plus retenir la colère du peuple. L’indignation échappe à notre contrôle et au contrôle de nos organisations », a-t-il affirmé, jugeant que les indigènes « se sont sentis trompés » par des mois des discussions sans résultat avec le gouvernement sur la hausse du coût de la vie.

« Carabines »

Plusieurs contre-manifestations avec des drapeaux blancs et appelant à la fin des violences ont été signalées jeudi dans la capitale de trois millions d’habitants.

L’armée a de son côté indiqué que des soldats qui assuraient la sécurité d’un convoi routier ont été « agressés par un groupe violent » jeudi à Caspigasí, en banlieue de Quito, et que 17 militaires ont été gravement blessés.

Le commandant de la première division de l’armée, Ewdin Adatty, a dénoncé des faits d’une « extrême violence », avec trois véhicules incendiés par des « délinquants armés », certains avec « des carabines et même d’autres types d’armes ».

L’objectif de ce convoi, venu du nord-ouest de Quito, « était de permettre le flux logistique de plus de 1.000 camions qui sont bloqués sur cette route », ce qui affecte sérieusement l’approvisionnement de la capitale, a expliqué l’officier supérieur, alors que certains quartiers commencent à souffrir de pénuries.

L’attaque du Parlement a également été marquée par un niveau élevé de violences, avec canon à eau, grenades lacrymogène et assourdissantes en riposte aux jets de pierres, tirs de mortiers feux d’artifice et cocktails molotov des protestataires.

La crise a fait 92 blessés selon l’Alliance des organisations de défense des droits humains. La police a de son côté annoncé que 169 de ses membres avaient été blessés, et 121 personnes arrêtées, tandis que cinq stations de police ont été détruites ainsi qu’une vingtaine de véhicules.

Lors des manifestations de 2019, des manifestants avaient pris d’assaut le siège du gouvernement et brièvement envahi le Parlement, incendié le bâtiment de l’Inspection des finances et attaqué les locaux de deux médias. Les indigènes avaient alors rejeté la responsabilité sur des « infiltrés ».

Près de 14.000 manifestants sont mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants d’après la police, qui estime leur nombre à près de 10.000 dans la capitale Quito.

« Les petits producteurs sont en mauvaise posture, les pris sont élevés, nous nous battons pour survivre », criait Carlos Pilla, un indigène originaire de Tungurahua (sud). « Si nous avons une réponse positive aujourd’hui, nous partirons aujourd’hui même, en paix et la tête haute ».

Le gouvernement assure que les demandes des manifestants, juste sur les carburants, coûteraient à l’Etat plus d’un milliard de dollars par an.

Pour compliquer la donne, et d’éventuelles discussions, le chef de l’Etat Guillermo Lasso, diagnostiqué positif au Covid-19, est depuis mercredi contraint à l’isolement.

Le président conservateur au pouvoir depuis un an, voit dans cette révolte une tentative de le renverser. Entre 1997 et 2005, trois présidents équatoriens ont dû quitter le pouvoir sous la pression des autochtones.

Il peut toutefois compter sur le soutien des militaires qui ont mis en garde les manifestants, les accusant de représenter un « grave danger » pour la démocratie.

Avec Le Point avec AFP

Canada-Québec: Simon Jolin-Barrette pilotera le nouveau ministère de la Langue française

juin 1, 2022
Simon Jolin-Barrette, debout, à l'Assemblée nationale.

Le ministre de la Langue française, Simon Jolin-Barrette. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Déjà ministre de la Justice et ministre responsable de la Laïcité et de la réforme parlementaire, Simon Jolin-Barrette accède au nouveau poste de ministre de la Langue française.

Dans un communiqué publié mercredi, le cabinet du premier ministre François Legault explique qu’à la suite de l’adoption de la réforme de la loi 101 – qui prévoit la création du premier ministère de la Langue française au Québec – c’est à Simon Jolin-Barrette qu’il a choisi de confier ce nouveau portefeuille.

Il s’agit d’une formalité dans la mesure où M. Jolin-Barrette assurait déjà, en plus de ses autres tâches, la responsabilité du dossier de la langue au sein du cabinet.

En plus de superviser la mise sur pied de son nouveau ministère qui nécessitera l’embauche d’une centaine de fonctionnaires à l’Office de la langue française (OQLF), Simon Jolin-Barrette aura également pour mission de doter le gouvernement d’une politique linguistique et d’un Commissaire à la langue française.

Avec Simon Jolin-Barrette comme ministre de la Langue française, j’ai confiance que notre gouvernement continuera de poser les gestes qui s’imposent pour protéger notre langue et renverser la tendance lourde des dernières années qui a mené malheureusement au déclin du français au Québec, explique François Legault dans la missive de son cabinet.

Quant à Simon Jolin-Barrette, qui cumule déjà les fonctions de ministre de la Justice, de ministre responsable de la Laïcité et de la Réforme parlementaire, de ministre responsable de la Montérégie en plus d’agir à titre de leader parlementaire du gouvernement en Chambre, il a remercié le premier ministre pour sa confiance.

La protection et la valorisation de la langue française sont des responsabilités historiques du gouvernement du Québec, explique-t-il.

« L’adoption de la loi 96 représente le premier pas d’une relance linguistique nécessaire. L’avenir du Québec s’écrira en français. »— Une citation de  Simon Jolin-Barrette, ministre responsable de la Langue française

Tout juste assermenté, M. Jolin-Barrette a rebondi sur les déclarations de son chef lors du congrès de la CAQ du week-end dernier en expliquant qu’il faut faire en sorte que les immigrants qui s’installent au Québec adoptent le français comme langue de travail. Que le français devienne la langue de la réussite à défaut de quoi le français est condamné à disparaître.

Vous avez pu constater la perte du français en Louisiane. Vous avez pu le constater sur la côte est américaine. Il y a eu 500 000 Québécois qui y sont allés dans l’histoire; ils ont perdu également la maîtrise de la langue française. Comme seul État-nation en Amérique du Nord de langue française, il faut avoir les outils et les balises pour éviter qu’une telle situation se produise, a-t-il déclaré à la suite de son assermentation.

Il y a urgence d’agir, martèle François Legault

Questionné par les journalistes en mêlée de presse mercredi, François Legault a réitéré qu’en dépit de toutes les mesures d’intégration en place, on constate actuellement un déclin du français au Québec.

Critiqué pour avoir comparé la situation du français au Québec à celle de la Louisiane lors du congrès de son parti, le premier ministre a expliqué que les statistiques ne mentent pas et qu’elles indiquent bel et bien un recul de l’usage du français à la maison et comme langue au travail.

Si rien n’est fait dès maintenant, a soutenu le premier ministre, le français est appelé à disparaître au Québec à commencer par l’île de Montréal où la proportion de travailleurs qui utilisent le français comme principale langue de travail est passée de 59,5 % à 56,8 %.

Ça devient une question de temps, a-t-il prévenu.

« C’est ma responsabilité, comme seul premier ministre en Amérique du Nord qui représente une majorité de francophones, de prendre des mesures pour stopper ce déclin. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Souvent raillé par ses adversaires qui lui reprochent de ne faire confiance qu’à une poignée de super-ministres pour gouverner, François Legault fait de nouveau appel à Simon Jolin-Barrette qui cumule sans sourciller les dossiers les plus épineux depuis son arrivée au cabinet, il y a quatre ans.

C’est notamment lui qui a hérité de la réforme de la Charte de la langue française, de la loi sur la laïcité de l’État, sans oublier la réforme du droit de la famille, de la loi visant à améliorer l’accès à la justice ou encore de la création de tribunaux spécialisés en matière de violence sexuelle et conjugale, pour ne nommer que ceux-là.

Rappelons que c’est aussi à lui qui a écopé de la réforme de l’Immigration et des 18 000 dossiers d’immigration non traités qui s’empilaient sur les bureaux de son ministère.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

France : la Franco-Libanaise Rima Abdul-Malak nommée ministre de la Culture

mai 20, 2022

Passée par la mairie de Paris et l’ambassade de France aux États-Unis, la nouvelle ministre connaît bien le Moyen-Orient pour y être née et y avoir travaillé.

Rima Abdul-Malak lorsqu’elle était administratrice de Clowns sans frontières. © Frédéric Dugit/Le Parisien/MaxPPP

Elle est l’une des surprises du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne. Peu connue du grand public, la Franco-Libanaise Rima Abdul-Malak a été nommée ministre de la Culture ce 20 mai. Née en 1979 au Liban, elle prend la succession de Roselyne Bachelot.

Elle quitte le Liban pour la ville de Lyon en pleine guerre civile, à l’âge de 10 ans. Elle intègre le Lycée international de la ville, puis rejoint Sciences-Po, toujours à Lyon. Elle obtient également un DESS en développement et coopération internationale à l’université Panthéon-Sorbonne, en 2000.

Après ses études, elle s’implique dans l’humanitaire, d’abord au sein du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) en Israël et dans les Territoires occupés, avant de prendre la tête de l’ONG Clowns sans frontières en 2001.

Premiers pas en politique

C’est en 2008 qu’elle pose un premier pied dans le monde politique, en rejoignant la Mairie de Paris. Elle y grimpe les échelons, de conseillère spectacle vivant à conseillère culture du maire d’alors, Bertrand Delanoë, en passant par la direction du cabinet de Christophe Girard, adjoint à la culture de l’édile.

Durant ces années, elle a notamment travaillé à l’ouverture ou à la reconversion de lieux culturels emblématiques de la capitale française, comme Le Centquatre, la Gaîté lyrique ou encore le Louxor.

En 2014, elle devient attachée culturelle de l’ambassade de France à Washington, une affectation réputée « politique » dans le milieu diplomatique.

Elle rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron en décembre 2019 et remplace Claudia Ferrazzi au poste de conseillère culture et communication de l’Élysée.

Par Jeune Afrique

France-Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales

mai 20, 2022
Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales
Nouveau gouvernement: la surprise Pap Ndiaye et un jeu de chaises musicales© AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

L’historien Pap Ndiaye à l’Education et un vaste jeu de chaises musicales: un mois après la réélection d’Emmanuel Macron, et à trois semaines des législatives, la France s’est dotée vendredi d’un nouveau gouvernement qui oscille entre renouvellement et recyclage.

Comprenant 14 hommes et 14 femmes, « c’est un gouvernement paritaire, équilibré entre certains qui étaient déjà ministres ces dernières années et puis des nouvelles figures » avec « des personnalités qui viennent de la gauche, du centre de la droite », a assuré la Première ministre Elisabeth Borne sur le plateau du 20 heures de TF1.

Parmi les surprises égrénées sur le perron de l’Elysée par le secrétaire général Alexis Kohler figurent l’attribution du porte-feuille de ministre des Affaires étrangères à la diplomate Catherine Colonna ou encore l’arrivée à la Culture de Rima Abdul Malak, jusque-là conseillère d’Emmanuel Macron.

Mais le centre d’attraction est l’arrivée au ministère de l’Education de Pap Ndiaye, âgé de 56 ans, qui dirigeait jusqu’à présent le Palais de la Porte Dorée, et donc le musée de l’Histoire de l’immigration. Cet intellectuel reconnu, spécialiste d’histoire sociale des Etats-Unis et des minorités, aura la charge de succéder à Jean-Michel Blanquer à la tête d’un ministère à vif, traversé par des tensions sociales.

L’extrême droite a immédiatement concentré ses critiques sur ce choix. « La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’Education nationale est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir », a dénoncé Marine Le Pen.

Eric Zemmour a assuré que « c’est toute l’histoire de France qui va être revisitée à l’aune de l’indigénisme, de l’idéologie woke et de l’islamogauchisme ». Elisabeth Borne a dénoncé des critiques « parfaitement caricaturales ».

Mme Colonna, elle, est déjà rompue aux rouages de l’Etat, ayant été ministre des Affaires européennes de 2005 à 2007 et porte-parole de l’Elysée sous Jacques Chirac. La nouvelle cheffe de la diplomatie française, qui prend ses fonctions en pleine guerre en Ukraine, était ambassadrice au Royaume-Uni depuis septembre 2019.

Le Maire N.2

A l’image de la nomination lundi à Matignon d’Elisabeth Borne, ancienne ministre du Travail, le premier gouvernement du deuxième quinquennat Macron est aussi marqué par la reconduction de plusieurs figures de l’acte I.

Certains conservent leurs portefeuilles: c’est le cas des poids-lourds Bruno Le Maire (Economie, finances et souveraineté industrielle et numérique), qui obtient le statut de N.2 du gouvernement, Gérald Darmanin (Intérieur) et surtout Eric Dupond-Moretti (Justice), malgré des relations conflictuelles avec les syndicats de magistrats. Clément Beaune reste pour sa part le M. Europe de l’exécutif, et Franck Riester au Commerce extérieur.

L’essentiel du mouvement s’apparente à un jeu de chaises musicales, ce qui fait dire à l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon que « sous les apparences ternes et grises, sans audace, on y retrouve les principales figures de la maltraitance sociale et de l’irresponsabilité écologique du précédent gouvernement ».

« Un gouvernement de droite qui se moque complètement de l’écologie et du social », a abondé Julien Bayou, secrétaire national d’EELV.

C’est ainsi qu’Amélie de Montchalin (ex-Fonction publique) devient ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires et qu’Agnès Pannier-Runacher (ex-Industrie) obtient le porte-feuille de ministre de la Transition énergétique. Les deux femmes formeront avec Elisabeth Borne, directement chargée de la planification écologique et énergétique, le triumvirat « écolo » du gouvernement.

« Une organisation inédite dans ce domaine », a souligné Mme Borne, qui plaide pour « décliner » la transition écologique « dans toutes les politiques publiques ».

Sébastien Lecornu (ex-Outre-mer) décroche pour sa part les Armées en remplacement de Florence Parly. Marc Fesneau (ex-Relations avec le Parlement) ira à l’Agriculture, son prédécesseur Julien Denormandie ayant indiqué vouloir désormais se consacrer à sa famille.

Brigitte Bourguigon (ex-Autonomie) prend du galon en allant à la Santé, tandis que le ministère du Travail échoit à Olivier Dussopt (ex-Budget), avec la réforme des retraites en toile de fond.

Figure de la gestion de la crise Covid, Olivier Véran prend en charge les Relations avec le Parlement, tandis que Gabriel Attal est envoyé aux Comptes publics. Olivia Grégoire lui succède au porte-parolat.

Parmi les entrants politiques, l’arrivée de Damien Abad traduit la poursuite de la fracturation de la droite par Emmanuel Macron. Ancien patron des députés LR, qui a claqué cette semaine la porte de son parti, obtient un ministère des Solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Proche d’Edouard Philippe, le maire d’Angers Christophe Béchu est nommé ministre délégué en charge des collectivités territoriales.

Ministres en réserve

Et quelques marcheurs historiques sont récompensés, au premier rang desquels le patron du parti Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la fonction publiques, la présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, promue aux Outre-mers, ou encore Amélie Oudéa-Castera, ancienne DG de la Fédération de tennis (FFT), qui accède aux Sports.

La présidente de l’Université Paris-Saclay Sylvie Retailleau prend la tête de l’Enseignement supérieur et la Recherche, et la magistrate Isabelle Rome sera chargée de l’égalité femmes-hommes.

Ce nouveau gouvernement, qui doit se réunir en Conseil des ministres lundi, mènera la bataille des législatives des 12 et 19 juin, qui pourrait donner lieu à une autre vague de nominations.

Il devra aussi rapidement monter au front sur le sujet du pouvoir d’achat, dans un contexte inflationniste. « On a bien entendu le message des inquiétudes des Français », a assuré Mme Borne, rappelant que le premier projet de loi de son mandat comprendra un paquet de mesures sur la question.

Mais les ministres devront aussi se faire discrets sur leurs champs, la période de réserve débutant… lundi.

Par Le Point avec AFP

France : pourquoi Le Drian et Parly ont été remplacés

mai 20, 2022

Catherine Colonna, ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes de Jacques Chirac, et Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer du dernier gouvernement, ont été respectivement nommés ministre des Affaires étrangères et ministre des Armées dans le nouveau gouvernement français.

Catherine Colonna quitte le palais de l’Élysée, le 29 août 2017. © REUTERS/Philippe Wojazer.

C’étaient deux ministères particulièrement scrutés par l’Afrique. Après plusieurs jours d’attente, la composition du nouveau gouvernement, dirigé par Elisabeth Borne, a été dévoilé ce 20 mai à Paris par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée et fidèle bras droit du président Emmanuel Macron. Avec du changement à la tête des Affaires étrangères et des Armées.

Habitué des palais africains

Au Quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian cède sa place à Catherine Colonna. Une page se tourne donc pour le Breton de 74 ans, figure bien connue sur le continent, habitué des palais présidentiels, et à tu et à toi avec nombre de chefs d’État francophones… D’abord ministre de la Défense de François Hollande de 2012 à 2017, période durant laquelle il a géré l’opération Serval au Mali, il avait ensuite été choisi par Emmanuel Macron pour diriger la diplomatie française. Ce poids lourd de l’ancien gouvernement aurait émis le souhait de rester en poste, mais Emmanuel Macron, après avoir un temps hésité, aura finalement décidé de le remplacer par Catherine Colonna.

Actuelle ambassadrice de France à Londres, cette diplomate de carrière s’est fait connaître comme porte-parole de la présidence sous Jacques Chirac, entre 1995 et 2004. À ce poste, elle avait notamment accompagné l’ancien chef de l’État dans la plupart de ses déplacements sur le continent. Entre 2005 et 2007, elle est promue ministre déléguée aux Affaires européennes, puis enchaine plusieurs postes de représentante permanente (à l’Unesco et à l’OCDE) et d’ambassadrice (en Italie et au Royaume-Uni).

Si elle aura pour dossier prioritaire la guerre en Ukraine, la nouvelle ministre ne manquera pas non plus de travail sur le continent. En particulier en Afrique de l’Ouest, où les vives tensions avec le Mali, les transitions en Guinée et au Burkina Faso, la poussée russe et la montée du sentiment anti-français sont autant de sujets de préoccupation pour Paris.

Contexte instable

Des changements sont aussi annoncés à l’hôtel de Brienne. Florence Parly, en poste depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, n’a pas été reconduite comme ministre des Armées. Nommée pour succéder à Le Drian, elle avait progressivement réussi à s’y faire une place, gardant la confiance du chef de l’État durant tout le premier mandat de celui-ci. Elle a notamment eu à gérer la réadaptation du dispositif militaire français au Sahel et la fin de l’opération Barkhane. Son successeur, Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer depuis 2020, héritera de ce dossier sensible, dans un contexte sahélien instable, où l’armée française est de plus en plus critiquée.

Pour travailler sur ces dossiers complexes, les deux nouveaux ministres seront épaulés par la cellule Afrique de l’Élysée. Franck Paris, l’actuel conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, et Marie Audouard, son adjointe, ont tous deux été prolongés jusqu’au 15 juillet.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

France : Pap Ndiaye, la surprise d’Emmanuel Macron à l’Éducation

mai 20, 2022

Ce spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités succède à Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale, a annoncé Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée.

Pap Ndiaye devant le palais de la Porte Dorée, à Paris, en mars 2021 © DMITRY KOSTYUKOV/The New York Times-REDUX-REA

C’est la grosse surprise de ce nouveau gouvernement, dont la composition a finalement été annoncée ce vendredi 20 mai et dont les têtes d’affiche demeurent globalement inchangées : l’historien Pap Ndiaye, 56 ans, succède à Jean-Michel Blanquer à la tête de l’Éducation nationale, l’un des ministères les plus difficiles à gérer. Il se voit également confier le portefeuille de la Jeunesse.

Black studies

Né de père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye est titulaire d’un doctorat obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et a été maître de conférences, puis professeur à Sciences Po. Il est avant tout un spécialiste reconnu de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités, qu’il a régulièrement chroniquée dans Jeune Afrique. Il a également été l’un des premiers chercheurs français à s’intéresser aux black studiesLa Condition noire : essai sur une minorité française, publiée en 2009 aux éditions Gallimard, en est l’un des ouvrages fondateurs en France.

Personnalité engagée à gauche, il assumait par exemple avoir appelé à voter pour François Hollande en 2012. Il revendique aussi un engagement antiraciste. Il s’était notamment montré critique à l’égard de la suppression en 2018 du mot « race » de la Constitution française, redoutant que cela n’affaiblisse ce combat. « Même s’il est évident que la “race” n’existe pas d’un point de vue biologique, force est de constater qu’elle n’a pas disparu dans les mentalités : elle a survécu en tant que catégorie imaginaire historiquement construite, avec de puissants effets sociaux », s’était-il justifié dans une interview au quotidien Le Monde.

Frère de la romancière, lauréate du prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes, Marie NDiaye, il avait été nommé directeur général du palais de la Porte-Dorée, à Paris en mars 2021, et avait pris la tête du Musée de l’histoire de l’immigration, devenant ainsi la première personne ayant des origines africaines à diriger un grand musée national français.

Le voici donc propulsé à la tête du ministère de l’Éducation nationale, un défi de taille tant la crise du Covid-19 et la réforme du baccalauréat ont alimenté le mécontentement des élèves, des enseignants et des syndicats.

Avec Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : un nouveau gouvernement, mais peu de changements

avril 21, 2022

Au lendemain de sa reconduction à la primature, Patrick Achi a dévoilé la composition de son équipe. Le nombre de ministres est resserré, comme le souhaitait Alassane Ouattara, mais les titulaires des portefeuilles changent peu.

Patrick Achi au palais présidentiel, à Abidjan, le 10 juillet 2018.

Au lendemain de l’annonce de sa reconduction par Alassane Ouattara devant le Congrès réuni à Yamoussoukro, Patrick Achi a dévoilé, ce mercredi 20 avril, la composition de sa nouvelle équipe. Selon la déclaration lue par le secrétaire général de la présidence, Abdourahmane Cissé, celle-ci compte 32 ministres contre 37 dans le gouvernement précédent.

Resserrer l’exécutif était une priorité du président Ouattara, qui souhaite que le nouveau gouvernement mette l’accent sur les questions sociales et sécuritaires. Mais si le nombre de ministres a été revu à la baisse, les titulaires des portefeuilles sont, eux, bien connus.

De nombreux fidèles du chef de l’État ont en effet conservé un maroquin. Kandia Camara reste ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora. Téné Birahima Ouattara demeure à la Défense et le général Vagondo Diomandé à l’Intérieur et à la Sécurité. Kobenan Kouassi Ajoumani, nommé fin février porte-parole du parti au pouvoir, le RHDP, reste ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement durable.

Autres figures qui conservent leurs postes : Amadou Coulibaly, le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, par ailleurs porte-parole du gouvernement, et Mamadou Touré, chargé de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique (il est aussi porte-parole adjoint du gouvernement).

Un Conseil des ministres dès ce jeudi

Parmi les changements à noter, Laurent Tchagba, ancien ministre de l’Hydraulique, remplace Alain Richard Donwahi aux Eaux et Forêts. Françoise Remarck remplace Arlette Badou N’Guessan Kouamé à la Culture. Mamadou Sangafowa Coulibaly fait quant à lui son entrée dans le gouvernement en tant que ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie.

Le secrétaire général de la présidence a fait savoir que le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement se tiendrait ce jeudi 21 avril. Cette annonce intervient une semaine après l’annonce de la démission du gouvernement, le 13 avril dernier.


La liste des Membres du Gouvernement :

1. Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora, Madame Kandia Kamissoko Camara

2. Ministre d’Etat, ministre de la Défense, Monsieur Téné Birahima Ouattara

3. Ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Monsieur Kobenan Kouassi Adjoumani

4. Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Monsieur Jean Sansan Kambilé

5. Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, général Vagondo Diomandé

6. Ministre du Plan et du Développement, Madame Kaba Nialé

7. Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Monsieur Mamadou Sangafowa Coulibaly

8. Ministre de la Fonction publique, Madame Anne Désirée Ouloto

9. Ministre des Transports, Monsieur Amadou Koné

10. Ministre de l’Economie et des Finances, Monsieur Adama Coulibaly

11. Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Monsieur Bruno Nabagné Koné

12. Ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, Monsieur Moussa Sanogo

13. Ministre des Eaux et Forêts, Monsieur Laurent Chagba

14. Ministre de l’Equipement et de l’Entretien routier, Monsieur Amédé Koffi Kouakou

15. Ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Madame Mariatou Koné

16. Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, Monsieur Souleymane Diarrassouba

17. Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion nationale, Monsieur Bertin Konan Kouadio

18. Ministre des Sports, Monsieur Paulin Claude Danho

19. Ministre des Ressources animales et halieutiques, Monsieur Sidy Tiémoko Touré

20. Ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Porte-parole du gouvernement, Monsieur Amadou Coulibaly

21. Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Porte-parole adjoint du gouvernement, Monsieur Mamadou Touré

22. Ministre du Tourisme, Monsieur Siandou Fofana

23. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Monsieur Adama Diawara

24. Ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie universelle, Monsieur Pierre Dimba

25. Ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Monsieur Bouaké Fofana

26. Ministre de la Promotion de la bonne Gouvernance et de la Lutte contre la Corruption, Monsieur Épiphane Zoro Ballo

27. Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Madame Myss Belmonde Dogo

28. Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Monsieur Adama Kamara

29. Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Madame Nasseneba Touré

30. Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Monsieur Koffi N’Guessan

31. Ministre de la Culture et de la Francophonie, Madame Françoise Remarck

32. Ministre de l’Environnement et du Développement durable, Monsieur Jean-Luc Assi

Avec Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : Patrick Achi reconduit à la primature, Tiémoko Meyliet Koné nommé vice-président

avril 19, 2022

Devant le Congrès réuni ce mardi à Yamoussoukro, Alassane Ouattara a annoncé la reconduction de Patrick Achi à la tête du gouvernement ivoirien et proposé la nomination de Tiémoko Meyliet Koné à la vice-présidence.

Alassane Ouattara et Patrick Achi, au palais présidentiel, le 7 avril 2021. © LEGNAN KOULA/EPA/MaxPPP

La dernière fois que le chef de l’État s’était exprimé devant le Congrès, c’était il y a deux ans. Devant les parlementaires, il avait alors annoncé qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2020 et s’était engagé à transférer le pouvoir à une nouvelle génération. C’est dire si son discours sur l’état de la nation de ce mardi 19 avril était attendu.

L’adresse a duré environ une demi-heure et elle n’a pas déçu. Moins d’une semaine après avoir accepté la démission de Patrick Achi, Alassane Ouattara a d’abord annoncé qu’il le reconduisait dans ses fonctions de Premier ministre. L’homme sera chargé de conduire une équipe resserrée, d’une trentaine de membres – contre 41 dans le précédent gouvernement – et il n’aura pas le droit à l’erreur. Alassane Ouattara le lui a répété ce mardi devant le Congrès : « Monsieur le Premier ministre, vous avez reçu mes instructions en ce sens. »

Un technocrate fidèle à la vice-présidence

Ce ne sera donc pas la vice-présidence pour Achi, comme certaines rumeurs le disaient ces derniers temps à Yamoussoukro. Un autre fidèle d’Alassane Ouattara lui a été préféré à ce poste : Tiémoko Meyliet Koné. « Un technocrate hors pair, un brillant économiste et un homme compétent », a décrit le chef de l’État. Né en 1949 et originaire de Tafiré, ce Sénoufo a fait une grande partie de sa carrière au sein de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), où il a connu Alassane Ouattara. Depuis 2011, il en était le gouverneur.

Ancien directeur de cabinet de Guillaume Soro, alors Premier ministre, le gouverneur Koné a aussi un passé politique. Ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat, il devient brièvement, de décembre 2010 à mai 2011, le conseiller spécial du président ivoirien, chargé des questions économiques et financières, avant de prendre les commandes de l’institution monétaire ouest-africaine.

Avec Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : après la primature, Patrick Achi à la vice-présidence ?

avril 15, 2022

Alors que le Premier ministre vient de démissionner, les spéculations vont bon train sur son avenir et sur les contours du futur gouvernement ivoirien. Le politologue Geoffroy Julien Kouao analyse les enjeux de ce remaniement.

Patrick Achi au palais présidentiel, à Abidjan, le 10 juillet 2018. Patrick Achi, the secretary general of the presidency, arrives for the announcement of the new government at the presidential palace in Abidjan, Ivory Coast July 10, 2018 © REUTERS/Luc Gnago

Le Premier ministre Patrick Achi a annoncé ce mercredi 13 avril sa démission ainsi que celle de son gouvernement, après plusieurs mois de suspense entretenu par le président Alassane Ouattara. Nommé Premier ministre il y a un an, ce technocrate a su imprimer sa marque dans un contexte de pandémie et de crise sécuritaireCet ex-cadre du PDCI a également su trouver sa place au sein du parti présidentiel et dans le premier cercle du président.

En attendant l’annonce la semaine prochaine d’un gouvernement plus resserré voulu par le président ivoirien, Geoffroy Julien Kouao, politologue et auteur de l’essai Côte d’Ivoire : une démocratie sans démocrates. La ploutocratie n’est pas la démocratie, revient sur les enjeux de ce remaniement.

Jeune Afrique : Pourquoi Alassane Ouattara procède-t-il à un remaniement maintenant ?

Geoffroy Julien Kouao : Dans son discours prononcé au moment où le Premier ministre a remis sa démission, Alassane Ouattara a dit vouloir que l’action gouvernementale soit plus efficace sur les volets sociaux et sécuritaires. Pour y parvenir, il lui faut certainement une nouvelle équipe gouvernementale.

Par ailleurs, il est possible que le président veuille pourvoir le poste de vice-président resté vacant après le départ de Daniel Kablan Duncan il y a deux ans. On peut penser qu’il souhaite nommer Patrick Achi à cette fonction.

Ce remaniement ne serait pas un signe de défiance envers Patrick Achi ? 

Je ne pense pas que ce soit le cas. Alassane Ouattara est en train de s’organiser dans la perspective de la présidentielle de 2025 pour laquelle Henri Konan Bédié du PDCI-RDA et Laurent Gbagbo du PPA-CI montrent déjà des velléités de candidature.

Concernant Patrick Achi, s’il est effectivement nommé vice-président, il deviendra la deuxième personnalité de l’État et sera vu comme le dauphin du président ivoirien. Le vice-président remplace le président de la République en cas de vacance du pouvoir et peut se voir déléguer un certain nombre de prérogatives. Lorsqu’on regarde la Constitution ivoirienne, le Premier ministre n’a qu’un simple pouvoir administratif qui consiste à animer et coordonner l’action gouvernementale. Si Patrick Achi parvenait à être nommé vice-président, il gagnerait en grade politique.

En le désignant comme deuxième personnalité de l’État, le président ferait aussi de la géopolitique, en contrant Laurent Gbagbo dans le sud-est du pays. D’autre part, cela permettrait de nommer une nouvelle personnalité à la primature, qui pourrait lui succéder aussi en cas de besoin.

On parle de lui à la vice-présidence mais Patrick Achi ne pourrait-il pas être tout simplement reconduit comme Premier ministre ?

Il peut l’être mais dans la pratique politique ivoirienne, cette hypothèse est peu plausible. Dans l’usage, lorsqu’un Premier ministre qui démissionne est reconduit, il l’est immédiatement. Là, ça n’a pas été le cas.

Quel pourrait être le profil du nouveau chef du gouvernement ivoirien ?

Il y a deux hypothèses. Si Alassane Ouattara veut un technocrate, il va certainement penser à trois personnalités : le secrétaire général de la présidence, Abdourahmane Cissé (qui a succédé à Patrick Achi en mars 2021), son directeur de cabinet, Fidèle Sarassoro ou encore la ministre du Plan et du Développement, Kaba Nialé. Il pourrait même faire appel à monsieur Jean Claude Kassi Brou, actuel président de la Commission de la Cedeao.

S’il veut donner une touche plus politique au gouvernement, il pourrait plutôt nommer un homme politique. Dans ce cas, il pensera à des cadres du RHDP comme Gilbert Kafana Koné, Adama Bictogo ou encore Kandia Camara.

Tout cela se fait dans la perspective des élections locales de 2023 et présidentielle de 2025. Le président essaie de choisir les meilleurs chevaux sur lesquels son parti et lui-même peuvent miser pour ces consultations locales et générales.

Le président doit s’adresser au congrès le 19 avril. Doit-on s’attendre à une annonce sur la nomination du futur vice-président ?

Souvenez-vous que c’est devant l’Assemblée nationale, lorsque nous n’avions qu’une seule chambre, que le président avait annoncé officiellement aux députés et à la nation la nomination de Daniel Kablan Duncan au poste de vice-président de la République. En réunissant le congrès, c’est-à-dire l’Assemblée nationale et le Sénat, à Yamoussoukro le mardi 19 avril pour se prononcer sur l’état de la nation, c’est l’occasion idéale pour le président de nommer le vice-président en accord avec le parlement, comme le stipule la constitution. C’est donc une hypothèse très plausible.

Avec Jeune Afrique par Aïssatou Diallo – à Abidjan