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Canada: Des universités défient Québec en planifiant une rentrée en présence pour février

janvier 15, 2022

Le ministère les appelle à observer ses directives, qui commandent un retour en classe d’ici le 31 janvier.

Le pavillon Henry-F.-Hall de l'Université Concordia, à Montréal.

L’Université Concordia fait partie des établissements d’enseignement ayant décidé de repousser la rentrée en présence au-delà du 31 janvier. Photo: Radio-Canada/Martin Thibault

Des établissements d’enseignement postsecondaire visiblement inquiets de la déferlante du variant Omicron du coronavirus ont décidé unilatéralement d’outrepasser la date limite fixée par le gouvernement Legault pour renouer avec les cours en classe.

En théorie, le retour en présence sur les campus devrait être réalisé d’ici le lundi 31 janvier. Or, certains établissements ont annoncé cette semaine qu’ils entendaient maintenir leurs cours à distance jusqu’en février.

C’est le cas de l’Université Concordia, à Montréal. L’établissement a annoncé sur son site web jeudi que la rentrée en présence n’aura lieu que le jeudi 3 février, soit trois jours après la date limite fixée par Québec.

De même, les étudiants et professeurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ne devraient pas retourner en classe avant la mi-février. Sur son site web, l’Université du Québec en Abitibi-TémiscamingueUQAT écrit même que l’enseignement à distance sera privilégié tant que 75 % des étudiants n’auront pas reçu leur dose de rappel contre la COVID-19.L'entrée principale de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.

Le campus de Rouyn-Noranda de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Photo: Radio-Canada/Andrei Audet

En outre, au moins un établissement d’enseignement collégial, soit le Cégep régional de Lanaudière, a confirmé dans les derniers jours qu’il entendait reporter sa rentrée. Ainsi, les cours reprendront le 7 février, en présence. D’ici là, il n’y aura pas de cours à distance; le calendrier a simplement été décalé.

Québec demande aux établissements de se conformer

Le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, avait pourtant prévu une « période de transition » de deux semaines pour permettre aux cégeps et aux universités de renouer avec les cours en classe au-delà du lundi 17 janvier – date initialement fixée par le premier ministre Legault, le 30 décembre dernier.

Ce sursis avait été décrété le 7 janvier après l’annonce par certains établissements, comme l’Université de Montréal et l’UQAM, d’une rentrée en présence le lundi 24 janvier, voire le lundi suivant, le 31 janvier.

Le gouvernement Legault a tenu à rappeler les règles du jeu vendredi soir. Dans une communication transmise à Radio-Canada, le cabinet de la ministre McCann a appelé les établissements rétifs à se conformer aux directives qui leur ont été communiquées dès le 30 décembre dernier.Gros plan de Danielle McCann en conférence de presse.

La ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann Photo: Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Le retour en présence sur les campus devra s’effectuer dès le 17 janvier, a-t-il rappelé, soulignant qu’il avait déjà fait preuve de flexibilité en donnant aux cégeps et aux universités la possibilité de compléter ce retour d’ici le 31 janvier.

En entrevue à l’émission Midi info, sur ICI Première, la ministre McCann avait elle-même rappelé plus tôt dans la journée que le 31 janvier représentait la date ultime pour renouer avec le retour en classe des étudiants dans les établissements d’enseignement postsecondaire.

Des étudiants veulent retourner en classe

Le report de semaine en semaine de la rentrée en présence au cégep et à l’université ne plaît pas à tout le monde.

En Abitibi, par exemple, une lettre ouverte a commencé à circuler vendredi pour demander à l’Université du Québec en Abitibi-TémiscamingueUQAT de faire marche arrière et d’amorcer un retour en présentiel entre le 17 et le 31 janvier, car de nombreux étudiants préféreraient largement vivre un retour en classe comme les mesures gouvernementales le permettent.

Concrètement, la mesure exigée par l’Université du Québec en Abitibi-TémiscamingueUQAT ciblant une couverture vaccinale de 75 % pour la troisième dose […] empêcherait des cohortes complètes d’avoir un enseignement en présentiel, et ce, pour encore plusieurs semaines, écrivent ses auteurs, ajoutant que Québec n’a jamais fait mention d’une mesure aussi extrême.

Sans compter qu’il est évident, selon eux, que la qualité de l’enseignement reçu en ligne n’équivaut pas à celle des cours en présentiel.

« Pour certains étudiants, le parcours universitaire tire à sa fin. Malheureusement, pendant les trois dernières années de celui-ci, ils n’ont eu que deux sessions complètes en présentiel, ce qui nuit beaucoup à la qualité de la formation qu’ils ont reçue. Il est assez navrant de sortir avec un diplôme et un titre, mais sans l’intégralité des compétences qui auraient dû être développées pendant cette formation. »— Une citation de  Extrait de la lettre ouverte à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

La lettre avait été signée vendredi soir par plus de 70 étudiants, selon ses auteurs. Ceux-ci font front commun contre la position officielle de l’Association générale étudiante de l’UQATAGEUQAT, l’association étudiante locale, qui a déclaré sur Facebook cette semaine que cette mesure lui semblait satisfaisante.

L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue UQAT et Concordia s’expliquent

L’Université du Québec en Abitibi-TémiscamingueUQAT s’est justifiée par courriel vendredi soir en soulignant que plusieurs de ses activités de recherche […] se sont poursuivies en présentiel sans interruption aucune et que le retour de l’enseignement en présentiel sera amorcé dès le 24 janvier en commençant par les cours comprenant une composante pratique ou expérientielle.

De plus, l’accès aux campus et centres est possible en suivant les mesures sanitaires et les services aux étudiants, dont le soutien psychosocial, l’aide à la réussite et le soutien technopédagogique, sont disponibles en présence ou à distance, a fait valoir la directrice des communications de l’université, Stéphanie Duchesne.

Celle-ci a également rappelé que des représentants de l’Association générale étudiante de l’UQATAGEUQAT et des quatre syndicats de l’université avaient été consultés. En outre, le ministère est au courant des orientations qui ont été prises par l’Université du Québec en Abitibi-TémiscamingueUQAT, assure Mme Duchesne.

L’Université Concordia, pour sa part, a précisé vendredi soir par courriel que sa session d’hiver [avait] commencé le 6 janvier, soit un jeudi, et que, pour des raisons de planification, il [était] plus cohérent de reprendre les cours en personne un jeudi afin de faciliter la structure des cours.

Le retour en personne est donc prévu dans la semaine du 31 janvier, a fait valoir sa porte-parole, Vannina Maestracci.

Avec Radio-Canada par

Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Congo-Pollution de l’air à Mvindoulou: le collectif des riverains de Metssa-Congo lance un cri d’alarme au gouvernement

janvier 12, 2022

La population du quartier Mvindoulou/bloc 351, dans la sous-préfecture de Loango, département du Kouilou, riveraine de l’usine de recyclage de batteries au plomb usagées et de métaux non ferreux,  Metssa-Congo, victime de la pollution de l’air, demande l’intervention de l’Etat.

1-Une fumée non maîtrisée /DR

Depuis dix ans, la société Metssa-Congo, située à proximité des maisons d’habitation et d’une école à Mvindoulou, opère sans études d’impact environnemental, sans certificat de conformité et sans autorisation d’ouverture, polluant l’air et l’environnement par les émissions des fumées non maîtrisées et les enfuis d’huile.

Face à ce désastre qui met à mal la population, un collectif des riverains a été mis en place depuis plus deux ans. Présidé par Cyrille Traoré Ndembi, il œuvre pour la prise en compte de leurs doléances par les autorités départementales mais en vain. « Depuis plus de deux ans, nous avons adressé des plaintes et des requêtes à l’administration publique sans suite, nous nous sommes rapprochés du Centre d’action juridique citoyen qui accompagne les citoyens dans l’élaboration des plaintes, notamment sur les cas de corruption. Par conséquent, cet organe juridique a écrit à l’autorité de tutelle mais sans obtenir gain de cause », s’est-il indigné.

« Au contraire les abus persistent et nous nous rendons compte que nous sommes désabusés et abandonnés à nous mêmes. Pourtant les autorités sanitaires et environnementales savent que le plomb est une substance toxique parfaitement identifiée aux conséquences sanitaires désastreuses. Il agit par effet cumulatif dans l’organisme humain, Il endommage le cerveau, le foie, les reins, le sang…», a-t-il poursuivi.

Il a souligné que l’administration a même envoyé les experts pour une enquête sanitaire suivie des examens cliniques sur un échantillon de la population, malheureusement les résultats n’ont jamais été rendus disponibles.

Des taches pulmonaires chez les bébés

2-De l’huile de vidange et des déchets déversés à l’extérieur de l’usine/DR

Des pathologies respiratoires liées à l’intoxication au plomb sont enregistrées, plusieurs enfants se plaignent des coliques abdominaux, des diarrhées. Certains nourrissons, a dit Cyrille Traoré Ndembi, ont été retrouvés avec des taches pulmonaires après quelques mois de naissance, des insomnies… « Nous nous rendons compte que nous sommes abandonnés à nous-mêmes », s’est-il indigné.

Par ailleurs, il a souligné un cas patent qui fait jurisprudence. Une personne est en procès avec ledit exploitant. Le tribunal a établi, après les examens cliniques, que le lien de cause à effet est clair et formel, que ce monsieur est tombé malade du fait des fumées de cette société. « C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle nous nous tournons vers le gouvernement de la République afin de nous faire justice », a-t-il signifié.

D’après le président du collectif, cette entreprise avait repris ses activités le 11 novembre 2020 après une mise en demeure de trois mois faisant suite à la descente du préfet en date du 7 août de la même année sur la base d’une décision ministérielle, sans ampliation à la Direction générale de l’environnement, à la Direction départementale de l’Environnement au Kouilou ni au préfet de ce département. 

Avec Adiac-Congo par La Rédaction

Canada-Québec: Gestion de la pandémie : le Collège des médecins critique le gouvernement Legault

janvier 8, 2022
Des personnes entrent dans un centre de vaccination contre la COVID-19 à Montréal.

L’élargissement annoncé du passeport vaccinal doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège des médecins du Québec (archives). Photo : The Canadian Press/Ryan Remiorz

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) demande au gouvernement Legault de mettre en place plus rapidement d’autres restrictions visant les personnes non vaccinées. Il insiste aussi sur le besoin d’une communication plus efficace de la part des autorités.

Nous enjoignons aujourd’hui au gouvernement d’accélérer la cadence pour mettre en place les mesures permettant de limiter le nombre de contacts avec les personnes non vaccinées, peut-on lire dans la dernière infolettre du Collège des médecins du QuébecCMQ, publiée vendredi(Nouvelle fenêtre).

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé l’élargissement du passeport vaccinal aux succursales de la Société des alcools du QuébecSAQ et de la Société québécoise du cannabisSQDC à partir du 18 janvier. D’autres commerces et services jugés non essentiels seront bientôt ajoutés, a-t-il avancé.

Mais l’élargissement annoncé du passeport vaccinal doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège.

Restreindre l’accès aux non-vaccinés

C’est paradoxal qu’on vive en couvre-feu, que les hôpitaux soient sous pression, parfois au stade 4 de délestage, et que les non-vaccinés puissent se rendre librement dans les magasins grandes surfaces ou d’autres lieux publics tels que la Grande Bibliothèque ou le Musée des Beaux-Arts, ajoute le président du Collège des médecins du QuébecCMQ, le Dr Mauril Gaudreault, par courriel.

Il me semble évident que les gens qui n’ont pas encore été chercher leur première dose, leur deuxième dose et leur troisième dose de vaccin ne devraient pas pouvoir aller dans les lieux publics, autres que les lieux essentiels, soutient également la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (Centre hospitalier de l’Université de MontréalCHUM).

Tout ce qu’on va faire pour étendre les restrictions à l’accès public aux gens qui ne sont pas vaccinés va aller dans la bonne direction, a-t-elle précisé en entrevue à ICI RDI samedi, réagissant aux propos tenus vendredi par le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, qui a affirmé que la vaccination obligatoire sera la seule manière de ramener le Canada vers une situation et une vie normales.

Le Collège des médecins du QuébecCMQ voit en des restrictions ciblées une mesure d’équité, puisque la population vaccinée ne peut plus souffrir en silence les contraintes des mesures sanitaires pendant que les personnes non vaccinées occupent un lit sur deux en courte durée et la majorité des lits aux soins intensifs.

Les non-vaccinés sont surreprésentés parmi les hospitalisations et les décès depuis le début de la campagne de vaccination. Dans des données transmises à Radio-Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux a indiqué vendredi que 75 des 234 personnes décédées de la COVID-19 dans les 28 jours précédents – soit près de 33 % – n’étaient pas adéquatement vaccinées, alors qu’ils ne forment que 18 % de la population admissible.

De plus, la surcharge des hospitalisations et le délestage privent des milliers et des milliers de patients d’une intervention chirurgicale sans cesse repoussée, détériorant davantage dans certains cas leur état de santé, souligne le Collège.

Une communication plus efficace

Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM

Imposer la vaccination au Canada ? Photo: Radio-Canada

La communication du gouvernement du Québec doit être plus transparente et cohérente auprès de la population, selon le Collège des médecins du QuébecCMQ. Les messages portant sur le dépistage, les tests rapides ou l’isolement sèment actuellement la confusion.

L’ordre professionnel souhaite notamment que toutes les mesures touchant directement la population soient annoncées lors des conférences de presse gouvernementales. À la fin du mois dernier, de nouvelles directives concernant les Centre de la petite enfanceCPE n’avaient pas été communiquées lors d’un point de presse, suscitant la confusion, avant d’être révisées cette semaine.

Cette façon de faire nuit actuellement à la cohésion et à la confiance, peut-on lire dans l’infolettre signée par le Dr Gaudreault.

Actuellement, c’est vrai qu’il y a un flou, en particulier sur les conditions de confinement, sur à qui s’applique le dépistage, opine le Dr Vincent Oliva, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (Fédération des médecins spécialistes du QuébecFMSQ), en entrevue samedi. Puis ça, je pense que ça mériterait d’être précisé très rapidement.

Le cabinet du ministre Christian Dubé réplique que le gouvernement tient plusieurs points de presse chaque semaine, en plus de breffages techniques pour les journalistes.

Nous sommes transparents envers les Québécois, conclut-il.

Radio-Canada par Frédérik-Xavier Duhamel avec des informations de Jean-Philippe Hughes et de La Presse canadienne

Soudan : Abdallah Hamdock jette l’éponge

janvier 3, 2022
Abdallah Hamdok à Khartoum, au Soudan, le 24 août 2019. © MOHAMED NURELDIN ABDALLAH/REUTERS

Moins de deux mois après être revenu au pouvoir, le Premier ministre a annoncé sa démission. Il a dit avoir « tout tenté » pour son pays, mais a reconnu avoir échoué. Depuis le putsch d’octobre, la répression des manifestations a fait près de 60 morts.

Ce dimanche 2 janvier, alors qu’il était revenu au pouvoir dans le cadre d’un accord politique conclu avec les militaires moins de deux mois plus tôt, Abdallah Hamdok a annoncé qu’il quittait ses fonctions de Premier ministre.

Ces derniers jours, la rumeur n’avait cessé d’enfler, la presse locale assurant même qu’il ne se présentait plus à son bureau. Lors d’une longue intervention sur les ondes de la télévision d’État, il a dit avoir tout tenté mais échoué à mener à bien sa mission.

Tournant dangereux

« J’ai essayé d’empêcher [le Soudan] de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie […] au vu de la fragmentation des forces politiques et des conflits entre les composantes de la transition, a-t-il argué. Malgré tout ce qui a été fait pour parvenir à un consensus, […] cela ne s’est pas produit. »

Les positions des civils et des militaires sont trop irréconciliables pour qu’un « consensus » vienne « mettre fin à l’effusion de sang », a-t-il encore ajouté.

Cet ancien économiste onusien, qui avait obtenu l’effacement de la dette du Soudan et la fin de son isolement sur la scène internationale, n’a pas connu de répit depuis le coup d’État du 25 octobre 2021. 

Ce jour-là, son principal partenaire, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, l’avait fait placer en résidence surveillée. Et avec lui, la quasi-totalité des civils des autorités de transition, rompant brutalement l’attelage baroque constitué en 2019, au lendemain de la chute du président Omar el-Béchir.

À l’époque, généraux et civils s’étaient entendus sur un calendrier de transition qui prévoyait une remise de la totalité du pouvoir aux civils et l’organisation d’élections libres en 2023. Mais le 25 octobre dernier, le général Burhane a rebattu les cartes : il a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, puis réinstallé un mois plus tard Abdallah Hamdok dans ses fonctions, non sans avoir préalablement écarté nombre de responsables qui comptaient parmi les partisans les plus actifs d’un pouvoir civil, notamment au sein du Conseil de souveraineté.

« Traître »

Abdallah Hamdok était depuis perçu par la rue comme le « traître » qui aidait les militaires à « faciliter le retour de l’ancien régime ».

Depuis le putsch, 57 manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessés. Ce dimanche, dans un ballet désormais rodé, les autorités ont une nouvelle fois tenté d’étouffer la mobilisation. Des milliers de Soudanais étaient sortis dans les rues et les forces de sécurité ont tué deux personnes.

La ville de Khartoum est depuis plusieurs jours coupée de ses banlieues par des containers placés en travers des ponts situés sur le Nil. Sur les principaux axes, les forces de sécurité, juchées sur des blindés armés de mitrailleuses lourdes, surveillent les passants.

LES MANIFESTANTS APPELLENT À FAIRE DE 2022 « L’ANNÉE DE LA POURSUITE DE LA RÉSISTANCE »

Toute l’après-midi ce dimanche, les partisans d’un pouvoir civil ont scandé des slogans hostiles aux militaires (« Les militaires à la caserne », « Le pouvoir au peuple »), tandis que des jeunes à motos sillonnaient la foule en évacuant les blessés, puisqu’à chaque mobilisation les ambulances sont bloquées par les forces de sécurité.

Les manifestants appellent à faire de 2022 « l’année de la poursuite de la résistance », réclamant justice pour ceux qui ont été tués depuis le putsch, mais aussi pour les plus de 250 civils abattus lors de la « révolution » de 2019.

Internet coupé

Outre les morts et la coupure du téléphone et d’internet, les forces de sécurité sont également accusées d’avoir eu recours en décembre à un nouvel outil de répression : le viol. Au moins 13 manifestantes ont été agressées, selon l’ONU.

Chaque jour et dans chaque quartier, des comités de résistance, petits groupes qui organisent les manifestations, annoncent par ailleurs de nouvelles arrestations ou disparitions dans leurs rangs.

LES MANIFESTATIONS NE SONT QU’UNE PERTE D’ÉNERGIE ET DE TEMPS

Les militaires paraissent pour l’instant sourds à la contestation. Un conseiller du général Burhane a affirmé vendredi que « les manifestations ne sont qu’une perte d’énergie et de temps » qui ne mènera « à aucune solution politique ».

Les Européens ont déjà exprimé leur indignation, de même que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et les Nations unies. Tous plaident pour un retour au dialogue comme préalable à la reprise de l’aide internationale, coupée après le dernier putsch.

Antony Blinken a prévenu que les États-Unis étaient « prêts à répondre à tous ceux qui cherchent à empêcher les Soudanais de poursuivre leur quête d’un gouvernement civil et démocratique ».

Par Jeune Afrique avec AFP

France-Passe vaccinal : le gouvernement espère une entrée en vigueur fin janvier

décembre 19, 2021

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, s’est félicité d’une « augmentation des rendez-vous pris pour une première injection » après les annonces de Jean Castex vendredi.

Contrôle du passe sanitaire sur le marché de Noël de Strasbourg, le 3 décembre 2021.
Contrôle du passe sanitaire sur le marché de Noël de Strasbourg, le 3 décembre 2021. JEAN-FRANCOIS BADIAS / AP

Le gouvernement espère une adoption du passe vaccinal d’ici fin janvier pour une entrée en vigueur « dans la foulée », a affirmé son porte-parole, Gabriel Attal, dimanche 19 décembre.

L’exécutif souhaite que le projet de loi visant à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal, « un quasi-confinement » pour les non-vaccinés, soit « définitivement adopté et promulgué avant la fin du mois de janvier pour qu’il puisse entrer en vigueur dans la foulée »a déclaré M. Attal sur LCI.

Face à la cinquième vague du Covid-19 et l’arrivée du variant Omicron en France, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé vendredi plusieurs nouvelles mesures, dont la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal. Concrètement, pour entrer dans les lieux soumis à ce passe (restaurants, lieux de culture, de loisirs…), un test négatif ne suffira plus : il faudra forcément avoir été vacciné (ou guéri du Covid-19) et avoir reçu une dose de rappel.

« Ce week-end », soit depuis cette annonce, « on a vu une augmentation des rendez-vous pris pour une première injection », s’est félicité M. Attal, évoquant le chiffre de 16 000 rendez-vous de primo-vaccination pris samedi. Il reste autour de 5 millions de Français non-vaccinés, a-t-il indiqué. « C’est eux qu’il faut aller convaincre encore une fois, en prenant des mesures, comme on le fait avec le passe vaccinal mais aussi en utilisant la pédagogie », a-t-il ajouté.

Par Le Monde avec AFP

Canada-Réfugiés afghans : des ONG attendent encore une stratégie claire du gouvernement

décembre 13, 2021
Sahil et Wendy, dans une cuisine, discutant.

Ehsanullah Sahil, un réfugié afghan, a été parrainé par un groupe de Canadiens, dont Wendy Long (à droite). Il est arrivé en décembre et s’installe maintenant dans la région du Niagara, en Ontario. Photo: Radio-Canada/Michael Aitkens

Des organismes et individus qui œuvrent à faire venir des réfugiés afghans au pays lancent un cri du cœur : le gouvernement, disent-ils, doit passer à la vitesse supérieure. Un message qui s’accompagne d’idées pour accélérer le processus.

Un peu plus de 4000 Afghans ont rejoint le Canada sur les 40 000 que le gouvernement Trudeau s’est engagé à accueillir.

Parmi ceux qui sont récemment arrivés, un groupe d’environ 250 Afghans parrainés par le privé a atterri à l’aéroport Pearson de Toronto début décembre. Ehsanullah Sahil, nouvellement résident de Niagara Falls en Ontario, était dans cet avion.

Dans son cas, le périple aura duré huit ans. Le jeune homme de 33 ans a travaillé comme interprète pour les Canadiens et les Américains, jusqu’à ce qu’il soit contraint de fuir l’Afghanistan pour sa sécurité.

Arrivé en Indonésie en 2014, il a passé plusieurs années dans un camp de détention – un bâtiment conçu pour accueillir 150 personnes, mais où le double s’entassait, confie-t-il, et d’où il n’avait le droit de sortir qu’une à deux fois par année. Beaucoup de mes amis ont eu des problèmes mentaux, sont tombés malades.

C’est à travers les médias sociaux qu’il entre en contact avec des Canadiens qui deviendront ses parrains. Parmi eux, Wendy Long, fondatrice du groupe Afghan-Canadian Interpreters qui, depuis 2017 déjà, avant la création des programmes d’immigration et humanitaire spéciaux, travaillait à relocaliser des Afghans.

Sahil est un des premiers interprètes pour qui j’ai pu faire quelque chose de concret, dit-elle.

Sahil, assis dans le salon d'une maison.

Ehsanullah Sahil est arrivé au Canada début décembre, parmi un groupe d’environ 250 Afghans parrainés par le privé. Photo: Radio-Canada/Michael Aitkens

L’ex-interprète a appris le mois dernier seulement, dans un mélange de joie et de confusion qu’il peine à décrire, qu’il s’envolerait enfin pour le Canada. Après huit ans à être sans emploi, à ne plus être traité comme un être humain, à ne pas pouvoir voyager, j’étais vraiment heureux.

Mais aujourd’hui, alors qu’il commence une nouvelle vie, il pense aussi à tous ses compatriotes restés derrière.

Je demande humblement au gouvernement canadien d’aider les gens qui sont en danger en Afghanistan le plus vite possible.

« Il n’y a plus le temps pour remplir les papiers, les formulaires, attendre. Parce que si on vous attrape, votre vie est finie. » – Une citation de  Ehsanullah Sahil

Mission inachevée

Même si nous avons réussi à déplacer certaines personnes, il y a des milliers de demandeurs qui sont bloqués en Afghanistan et que nous avons l’obligation d’aider, martèle Eleanor Taylor, vétérane et directrice de programmes pour l’ONG canadienne Aman Lara.

Aman Lara travaille de concert avec un réseau d’organismes et d’individus. Ensemble, ils partagent une base de données des gens à aider. Il y a 13 000 personnes dans notre système. Et parmi ceux qui ont tenté de faire une demande pour venir au Canada, 60 % de ceux qui ont engagé la procédure par courriel n’ont toujours pas été invités à remplir les formulaires, n’ont toujours pas reçu de réponse, fait remarquer Mme Taylor.

Eleanor Taylor portant un casque d'écoute, dans un bureau, en vidéoconférence.

Eleanor Taylor, de l’organisme canadien Aman Lara, mis sur pied pour protéger et évacuer des Afghans vulnérables Photo: Zoom

Et le défi, poursuit-elle, c’est que parmi ceux qui ont réussi à faire une demande, environ 40 % ont un passeport. Or ce document se révèle essentiel pour sortir du pays actuellement, notamment par la voie principale du Pakistan, qui l’exige.

Dans ce contexte le Canada doit trouver d’autres méthodes pour ces gens, estime Wendy Long, qui pense que l’affrètement de vols sur place doit à nouveau être considéré. La France vient de sortir quelques centaines de gens d’Afghanistan. J’espère que le Canada pourrait prendre des leçons.

Un réseau d’ONG

Le parcours reste aussi semé d’embûches pour ceux qui ont réussi à rejoindre un pays tiers. L’ONG Journalistes pour les droits humains a, de son côté, une liste de quelque 500 journalistes afghans vulnérables, dont environ 300 ont été évacués vers un autre État.

Pour l’instant, nous avons décidé de mettre une pause sur nos mouvements parce que ce n’est pas du tout clair ce qui va se passer avec ces gens quand ils seront dans un pays tiers, lance la directrice générale, Rachel Pulfer.

C’est là que la participation d’organismes comme le sien pourrait davantage être mise à profit, selon elle.

Elle explique qu’en vertu du système actuel, les personnes qui ont trouvé abri en dehors de l’Afghanistan doivent être recommandés, principalement par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, pour être réinstallés au Canada, ce qui prend plusieurs années.

Or, elle propose que les ONG qui sont déjà en lien avec des Afghans sur le terrain puissent elles aussi être considérées comme des agences de recommandation et ainsi valider rapidement leur statut.

Rachel Pulfer, assise devant un bureau.

Rachel Pulfer, Journaliste pour les droits humains (JDH). Photo: Radio-Canada/PierreI-Olivier Bernatchez

Il y a les ONG comme Rainbow Railroad, qui travaille avec les communautés LGBTQ, comme Afghan Women’s Organization, qui travaille avec les leaders qui sont des femmes, il y a les anciens combattants. C’est toutes des parties de la population qui sont les priorités du gouvernement. Donc, pourquoi ne pas utiliser leur savoir-faire pour faire avancer les Afghans qui sont encore dans une situation de danger.

« Les listes que nous avons sont toutes créées par des Canadiens qui ont travaillé avec [les gens] là-bas. »-Une citation de  Rachel Pulfer

Corey Levine, spécialiste des droits de la personne qui a notamment travaillé avec des groupes de femmes en Afghanistan, va jusqu’à suggérer que tous les Afghans soient déclarés comme des réfugiés prima facie, ce qui leur permettrait de bénéficier d’une protection internationale sans se soumettre au processus de détermination individuelle du statut, selon le Haut Commissariat des Nations Unies sur les réfugiésHCR.

Dans tous les cas, il s’agit d’envoyer le signal aux pays tiers que le Canada est sérieux, ajoute Wendy Long. Donner des garanties à ces gouvernements (comme le Pakistan) que les gens qui sont invités par le Canada, qui passent par ces pays, vont venir au Canada assez vite. Et c’est ça, la diplomatie.

Contacté par Radio-Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté CanadaIRCC souligne que l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se concentre actuellement sur la protection humanitaire dans la régionEt nous prévoyons que les recommandations commenceront en 2022.

Il est important de se rappeler que le HCR a besoin de temps pour identifier et contrôler les réfugiés avant de recommander leurs cas au gouvernement du Canada pour réinstallation. C’est ainsi que le HCR travaille avec tous les pays d’accueil des réfugiés, note une porte-parole.

Le rôle du parrainage privé

Le modèle proposé par les organismes comme Journalistes pour les droits humainsJDH impliquerait aussi davantage le parrainage privé.

Le système de parrainage est une fabrique canadienne depuis plus de 40 ans, rappelle Corey Levine, qui pourrait être encore plus efficace avec certaines adaptations, selon elle, pour le rendre moins onéreux, moins long et moins bureaucratique.

C’est une méthode qui a été utilisée avec les Syriens alors pourquoi pas les Afghans, renchérit Wendy Long.

Wendy Long, portant des lunettes, assise à l'intérieur d'une maison.

Wendy Long, fondatrice du groupe Afghan-Canadian Interpreters. Photo: Radio-Canada/Michael Aitkens

En faisant un parrainage, vous avez une relation avec la personne qui vient ici au Canada avant qu’elle vienne. Non seulement ça, mais par exemple Sahil est venu avec sa résidence permanente. La journée d’après on a pu prendre son numéro d’assurance sociale, il peut travailler, on a ouvert un compte de banque. Au lieu d’avoir quelqu’un dans nos hôtels pendant 4 mois où ils ne peuvent rien faire.

Collaboration et volonté

Selon ces intervenants, tous ces éléments – régler les enjeux administratifs, entretenir des liens diplomatiques, noliser des vols, collaborer avec les ONG, moderniser le système de parrainage – sont à la portée d’Ottawa.

Vendredi, près d’une vingtaine d’organisations afghanes-canadiennes ont aussi écrit une lettre ouverte au gouvernement qui contient une série de recommandations face à cette crise, entre autres la nomination d’un ambassadeur extraordinaire pour l’Afghanistan.

On a vu le gouvernement avancer de façon beaucoup plus adroite pendant la crise syrienne de 2015. Des milliers de Syriens ont été amenés au Canada en 100 jours, souligne Corey Levine.

Corey Levine, dans un bureau, en vidéoconférence.

Corey Levine, spécialiste en droits de la personne. Photo: Zoom

Nos partenaires du gouvernement travaillent très fort, mais de façon compartimentée. Il n’y a pas une agence qui repose au-dessus de ce projet. Il nous faut une construction organisationnelle qui permet d’appliquer tout le poids du gouvernement à ce problème, évalue Eleanor Taylor.

Je pense qu’il y a des choses qu’on peut faire s’il y a une volonté. Ça, c’est la chose qui est importante maintenant, conclut Rachel Pulfer, qui se dit par ailleurs inspirée par l’implication de la société civile jusqu’ici.

Le gouvernement, lui, assure qu’il reste déterminé à remplir ses engagements. Le pays accueillera un mélange de réfugiés pris en charge par le gouvernement, de réfugiés parrainés par le secteur privé et de personnes qui viennent au Canada par l’entremise de programmes de réunification familiale, rappelle une porte-parole d’IRCC.

Le Canada dit aussi qu’il continue de travailler avec toutes sortes de partenaires, y compris les pays voisins et alliés de la région, et qu’il s’engage à appuyer les Nations unies dans la coordination d’une intervention humanitaire internationale.

Avec Radio-Canada

Interculturalité : des Afro descendants attendus au Congo

décembre 12, 2021

Cinquante-huit Afro descendants arrivent à Brazzaville la soirée du 11 décembre, en précédant plus de huit cents attendus. L’annonce a été faite à la presse par la chargée de mission spéciale auprès des religions, messagère du créateur suprême auprès de la race noire, Howshea-Havah Myriam Bokoseko Elikyamoyi, à l’issue d’une séance de travail avec le président délégué du collège exécutif de l’église kimbanguiste en République du Congo, le révérend Benjamin Abialo.

Plus de huit cents personnes se sont enregistrées pour s’installer définitivement au Congo. Dans un premier temps, cinquante-huit d’entre elles sont en train de venir pour les négociations afin de s’imprégner de leur spiritualité d’abord. Comme ce sont des croyants, ils ont besoin de se connecter d’abord à l’envoyé spécial du créateur suprême du Yahvé Elohim, Simon Kimbangu, puis aux chefs coutumiers, et enfin, l’église et les chefs coutumiers manageront pour que ces Afro descendants entrent en contact avec le gouvernement afin de préparer leur retour définitif.

« Je me retrouve ici pour ramener les Afro descendants à leur source parce que la prophétie qui m’a été mandatée de préparer le peuple africain au retour des Afro descendants est accomplie. Il faut donc retourner la prophétie à sa source, et la source de cette prophétie dans le Bassin du Congo c’est Simon Kimbangu. Ils seront dans un premier temps pris en charge par leur famille, les Kimbanguistes », a déclaré Howshea-Havah Myriam Bokoseko Elikyamoyi.

Elle a annoncé qu’un congrès prophétique se prépare et aura lieu au Centre d’accueil kimbanguiste de Kasavubu, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). Après, se tiendra une convention panafricaine qui regroupera les rois d’Afrique et le corps prophétique. Par la suite, ils iront à Nkamba, en RDC, avant de revenir à Brazzaville, et enfin se rendre à la Baie de Loango, dans le département du Kouilou, où ils avaient été déportés pour d’autres cieux.

Les chefferies étant impliquées dans cette démarche, le royaume Loango a envoyé son émissaire, Batota Kissala, qui a participé à la séance de travail. « J’ai été commis par le royaume Loango, précisément par le régent Tchicaya (intérimaire du roi), qui assure les affaires courantes après le décès du roi et du Premier ministre. C’est lui qui est à la tête de ce projet pour accueillir les Afro descendants. Le royaume a déjà réservé cent terrains qu’il va offrir aux Afro descendants qui voudraient bien s’installer définitivement à Loango », a-t-il fait savoir.

Pour Batota Kissala, la particularité de cette démarche, c’est que cette fois-ci le régent qui est le représentant du royaume Loango a donné sa parole pour procéder à l’approche du pardon. Car dans ce drame, beaucoup de gens veulent demander seulement les comptes aux Blancs. « Avant de demander les comptes aux Blancs, nous-mêmes Africains devons faire l’autoréparation en procédant par un pardon mutuel, parce que nous devons le reconnaître, des rois s’étaient opposés à l’esclavage, mais il y en a qui ont eu cette faiblesse de céder et des royaumes ont prospéré dans ce commerce hideux, parce que les courtiers qui allaient prendre les esclaves à l’intérieur c’étaient bel et bien des noirs. Et pour cela, le roi s’est engagé à demander pardon au nom du royaume et a aussi sollicité le pardon des Afro descendants pour tout le mal que nous avions fait… », a-t-il expliqué.

Il a souligné que la particularité de cette cérémonie sera le côté pardon qui rejoint la philosophie et même la doctrine des Kimbanguistes.

Avec Sacer-Infos par Stany Frank

Burkina Faso : le scientifique Lassina Zerbo nommé Premier ministre

décembre 11, 2021
Lassina Zerbo (ici en 2015) a été nommé Premier ministre du Burkina Faso le 10 décembre 2021. © Creative Commons / Wikimedia / Simonis

Ce géophysicien de 58 ans, évoluant à la lisière entre la science et la diplomatie, a été nommé vendredi 10 décembre en remplacement de Christophe Dabiré. Peu connu du grand public, il a de nombreux réseaux politiques.

Quelques minutes après l’allocution du président Roch Marc Christian Kaboré à la télévision publique appelant à célébrer le 61è anniversaire du pays dans la sobriété, le nom du nouveau Premier ministre a été dévoilé, vendredi 10 décembre. Au lendemain de la démission de Christophe Marie Dabiré, c’est Lassina Zerbo qui a été nommé. Un choix surprise : celui d’un fonctionnaire international de 58 ans, spécialisé en sciences mais ni en économie ni dans les questions militaires.

Ce diplômé de géophysique à l’université de Paris XI en France travaillait jusqu’ici à la Commission Préparatoire du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), un poste à la lisière entre sciences et diplomatie. Basé à Vienne, il résidait d’ailleurs depuis plusieurs semaines à Ouagadougou pour y organiser une vaste conférence internationale, finalement reportée sine die.

Bons réseaux politiques

Peu connu par grand public, il l’est en revanche du milieu politique, au sein duquel il n’hésitait pas à dévoiler ses ambitions. Soutenu par Djibrill Bassolé, ministre des affaires étrangères sous Blaise Compaoré, le nouveau Premier ministre possède de bons réseaux qui transcendent les clivages politiques, selon un observateur avisé. Il était reçu par le président burkinabè à chacun de ses séjours à Ouagadougou.

« Nous souhaitions que le Premier ministre ne soit pas un membre de la diaspora, mais il a été difficile de trouver la personnalité adéquate. Il nous fallait un Premier ministre avec de l’envergure pour gérer les égos. Donc le chef de l’État a tranché en faveur de Lassina Zerbo », glisse sous couvert de l’anonymat un cadre du parti présidentiel.

Crise politique et sécuritaire

La tâche du nouveau locataire de la Primature s’annonce ardue. Outre la composition de son équipe, il va devoir faire face à une crise sécuritaire, politique et sociale. Après l’attaque d’Inata lors de laquelle 53 gendarmes ont été tués, dimanche 14 novembre, des manifestations d’ampleur ont eu lieu contre le pouvoir, accusé d’être impuissant face aux terroristes. Des protestations qui ont sans doute précipité la démission de Christophe Dabiré.

Confronté depuis cinq ans à la violence des groupes terroristes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique et à l’État islamique, le Burkina Faso connaît une grave dégradation de sa situation sécuritaire. Alors que le Nord et l’Est du pays étaient déjà fragilisés, un nouveau front s’est ouvert au Sud-ouest, dans la région frontalière de la Côte d’Ivoire. 

Depuis 2015, les exactions causées par les groupes jihadistes ont fait plus de 2 000 morts (dont 400 soldats) et contraint plus d’1,4 million de personnes à fuir de chez elles. « Nos concitoyens se posent des questions. Nous devons les rassurer et leur montrer que nous sommes capables de défendre notre pays », a déclaré le président Kaboré le 10 décembre.

Enfin, le gouvernement Zerbo devra également relancer l’économie. À commencer par convaincre la communauté des investisseurs d’aider au financement du méga-plan de développement 2021-2025.

Ce nouveau référentiel de développement doit être financé à 63 % via la mobilisation de ressources propres, les 37 % restants devant venir de financements extérieurs et/ou innovants. Un quart de ces financements extérieurs (environ 2,1 milliards d’euros) ont déjà fait l’objet d’accords avec les partenaires du développement. Il reste encore 6,4 milliards d’euros à trouver.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

France: Condamné pour déclaration incomplète de son patrimoine, le ministre Alain Griset démissionne du gouvernement

décembre 8, 2021

Au gouvernement depuis juillet 2020, M. Griset était le premier des ministres en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel, pour avoir omis de déclarer, en août 2020, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Alain Griset devant l’Assemblée, le 15 septembre 2020.
Alain Griset devant l’Assemblée, le 15 septembre 2020. MARTIN BUREAU / AFP

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, a annoncé mercredi 8 décembre dans un communiqué sa démission du gouvernement. Cette décision intervient moins de deux heures après sa condamnation à six mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité de trois ans avec sursis pour la « déclaration incomplète ou mensongère » de sa situation patrimoniale.

L’avocat du ministre, absent à l’audience, MPatrick Maisonneuve, a annoncé qu’il allait faire appel. Au gouvernement depuis juillet 2020, M. Griset était le premier des ministres en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel, pour avoir omis de déclarer, en août 2020, après sa nomination, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Il était soupçonné d’avoir intentionnellement caché à cette instance la détention d’un plan d’épargne en actions (PEA) de 171 000 euros, ainsi que des « participations directes » dans plusieurs sociétés, comme la Française des jeux ou Natixis.

Egalement en cause, une somme de 130 000 euros placée sur son PEA, laquelle appartenait à la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (Cnams) du Nord, une organisation interprofessionnelle que M. Griset dirigeait depuis 1991. En prononçant son jugement, le tribunal a retenu que M. Griset « avait fait le choix de dissimuler une partie substantielle de son patrimoine » et relevé deux éléments aggravants : les fonds en cause étaient hébergés dans une banque française et il a « fait preuve d’une réelle volonté de dissimulation ».

« Mal conseillé » par des « sachants »

Devant le tribunal, M. Griset a soutenu qu’il avait reçu en août 2019 « mandat » de la Cnams pour « faire fructifier cette somme sur une courte durée afin d’acheter un bien immobilier ». Il s’était, au passage, félicité de la plus-value de 19 000 euros réalisée en onze mois. « Mon mandat, c’était de gérer cet argent en tant que président du Cnams. N’étant plus président, ce mandat s’arrêtait. Cet argent ne m’appartenait pas. Il ne m’a jamais appartenu avant d’être ministre, et encore moins après », a-t-il soutenu.

La HATVP avait saisi la justice en novembre 2020 après avoir constaté l’omission de M. Griset. Pour l’institution, l’omission de déclaration avait essentiellement pour but « d’empêcher la révélation de faits susceptibles de recevoir la qualification pénale d’abus de confiance ».

Le procureur a rappelé que la Cnams, en tant que personne morale, n’avait pas le droit d’ouvrir un PEA réservé aux personnes physiques. « J’ai été mal conseillé », a expliqué M. Griset à l’audience, rejetant « la maladresse » sur son banquier, les comptables et autres « sachants qui ne me disaient rien ». Lors de son procès, M. Griset, 68 ans, un ancien artisan taxi du nord de la France, avait plaidé la « maladresse » et rejeté toute « malhonnêteté ».

Son avocat avait plaidé la relaxe, soulignant que son client n’avait « pas de compte à l’étranger, de société écran et qu’il n’y a pas eu de fraude fiscale massive ». En cas de condamnation, « je continuerai tant que le président [Emmanuel Macron] me [fera] confiance », avait affirmé le ministre à la mi-septembre.

Par Le Monde avec AFP

Variant Omicron : Gabriel Attal confirme « 13 cas suspects » en France

décembre 1, 2021

Le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il y aurait des « cas avérés » de variant Omicron en France dans les prochains jours. Il y en a déjà 13 suspects.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirme la presence du variant Omicron sur le territoire francais.
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirmé la présence du variant Omicron sur le territoire français.© Sébastien Muylaert / MAXPPP

Olivier Véran avait averti : le variant Omicron circule déjà en France. Gabriel Attal a fait une déclaration en ce sens mercredi 1er décembre, à l’issue du conseil des ministres. « À l’heure à laquelle je vous parle, il y a 13 cas suspects du variant Omicron sur notre territoire, ce sont des cas suspects, c’est-à-dire pour lesquels un criblage a laissé penser qu’il y avait une possibilité de variant Omicron. Tous ces cas sont en train d’être séquencés », a expliqué le secrétaire d’État à la sortie du conseil des ministres. « Ne soyons donc ni dupes ni naïfs, il y aura très probablement des cas sur notre territoire dans les prochaines heures ou les prochains jours », a-t-il ajouté. Précisant qu’« aucune donnée consolidée ne nous permet de conclure que ce variant serait plus dangereux ou plus résistant aux vaccins », il a souligné qu’il « n’y a pas de panique, mais une vigilance maximale » sur ce sujet.

Concernant l’actuelle vague de contaminations, « la situation sanitaire s’aggrave très nettement, et très rapidement sur notre territoire », a souligné Gabriel Attal, constatant une « reprise massive de l’épidémie » avec mardi 47 177 nouveaux cas, « un niveau jamais atteint depuis le printemps ».

« La tension hospitalière augmente nettement », a-t-il aussi relevé, et, même si « elle reste heureusement plus mesurée que lors des précédentes vagues grâce au vaccin, elle pourrait rapidement devenir une contrainte forte pour l’hôpital ». « Les admissions ont augmenté de 40 % cette dernière semaine, il y a aujourd’hui 20 % de patients hospitalisés, 25 % de patients en réanimation de plus que la semaine dernière. Le nombre d’hospitalisations vient de franchir la barre des 10 000 pour la première fois depuis le mois d’août », a-t-il ajouté.

Les vols avec l’Afrique australe reprennent, sous condition

« Toutes les régions à l’exception de la Normandie sont au-dessus du seuil d’alerte maximale de 200 pour 100 000 habitants. Dans 15 départements, dont Paris, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le taux d’incidence dépasse 400. En Ardèche, il frôle même les 600 » dans « l’un des départements où la couverture vaccinale est nettement en dessous de la moyenne nationale », a-t-il encore détaillé.

Gabriel Attal a aussi annoncé mercredi que les vols avec dix pays de l’Afrique australe reprendront à partir de samedi avec un encadrement « drastique » qui ne permettra de voyager qu’aux Français, aux ressortissants de l’UE, aux diplomates et aux navigants. Ces voyageurs subiront en outre un test Covid à leur arrivée en France, suivi d’un isolement de sept jours en cas de résultat négatif et de dix jours si le résultat est positif. Par ailleurs, tous les voyageurs provenant d’un pays hors de l’UE, même vaccinés, devront présenter un test négatif de moins de 48 heures.

Par Le Point avec AFP