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(Mauricie et du Centre-du-Québec)/Primes aux infirmières à temps plein: «c’est le début de quelque chose»

septembre 23, 2021

L’annonce de plusieurs mesures visant à embaucher et inciter des milliers d’infirmières à travailler à temps plein est bien reçue par le Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPSMCQ-FIQ). Mais si elle reconnaît qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, la présidente du syndicat demeure très inquiète pour les semaines et les mois à venir.

Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

© FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE Nathalie Perron, présidente du SPSMCQ-FIQ.

«Je pense que cet argent, c’est une belle façon de ‘’prendre soin des infirmières’’, comme l’a mentionné le premier ministre. C’est bien, on ne peut pas être contre ça. C’est le début de quelque chose», convient Nathalie Perron.

Cette dernière estime toutefois qu’il faudra davantage de mesures «pour garder les gens et arrêter de les faire fuir». Elle salue donc la volonté exprimée par le gouvernement de changer la culture de gestion au sein des CISSS et des CIUSSS, puisqu’il s’agit selon elle du nœud du problème.

«Ça va prendre un gros coup de barre. À court terme, je n’ai pas de grosses attentes: avec la pandémie, les effets ne se feront pas sentir dans les prochains mois. Mais je pense que si la volonté (de changement) est là, les gens seront plus heureux, il y aura moins de départs et un équilibre va se créer. Il y aura moins d’arrêts de travail», avance-t-elle.

Mme Perron abonde dans le même sens que le premier ministre, le ministre de la Santé et la présidente du Conseil du trésor lorsque ceux-ci disent miser sur la nouvelle convention collective des infirmières, «pierre angulaire» de leur «révolution» du réseau public de la santé et des services sociaux.

«Il y a d’excellentes mesures dans la convention, comme la possibilité d’auto confectionner ses horaires. Encore faut-il que ce soit mis en application par les gens qui gouvernent, mais à moyen terme, ça va donner des résultats», estime-t-elle.

Mme Perron déplore toutefois que le gouvernement n’ait pas pensé aux infirmières qui ne peuvent travailler à temps plein, pour diverses raisons. La présidente du syndicat dit également espérer que les primes ne seront pas assorties de conditions aussi strictes que d’autres incitatifs instaurés en raison de la pandémie, ce qui fait en sorte qu’un faible nombre d’infirmières peuvent en bénéficier.

«Difficile d’être positive»

Si les mesures annoncées jeudi devraient avoir un impact positif à moyen terme, Mme Perron demeure extrêmement préoccupée quant aux semaines à venir. Elle redoute particulièrement les conséquences de l’obligation d’être vacciné pour travailler dans le réseau de la santé, mesure qui entrera en vigueur dans trois semaines.

«On sait que dans certains départements, jusqu’à une dizaine de personnes vont partir. C’est inquiétant pour celles qui restent et ça peut faire en sorte que d’autres vont partir parce qu’elles n’arriveront plus à gérer la pression et à concilier travail et famille. Il faut se rappeler que parmi nos membres, la grande majorité sont des femmes. On sait que ce sont les femmes qui assurent la plus grande charge familiale et certaines sont monoparentales. C’est très inquiétant», souligne-t-elle.

Québec estime en effet qu’à partir du 15 octobre, le réseau devra se priver de 7500 membres de son personnel soignant refusant de se faire vacciner. Il n’a pas été possible d’obtenir des données régionales auprès du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, jeudi.

«C’est un non ferme»

Pour certaines infirmières, manifestement, ces incitatifs ne suffisent pas pour qu’elles acceptent d’allonger leur semaine de travail.

«C’est un non ferme. Je changerais de profession avant d’accepter de faire du temps plein», répond d’emblée Amélie (nom fictif), qui a préféré garder l’anonymat.

Cette dernière précise qu’il y a quelques années encore, la prime offerte par Québec l’aurait peut-être intéressée, mais plus maintenant.

«Ça fait 12 ans que je suis dans le milieu et ça se dégrade vraiment d’année en année, estime-t-elle. Les valeurs (dans le réseau) ne sont plus les mêmes qu’il y a une dizaine d’années.»

Selon Amélie, il y a par ailleurs peu de chances pour que la prime offerte incite des infirmières travaillant dans des agences de placement à retourner dans le réseau public.

«J’ai un ami qui m’a dit: ‘’ce ne sera jamais assez payant pour que je revienne. Je travaille aussi avec des infirmières d’agences et je sais très bien qu’elles ne reviendront pas non plus, parce qu’elles gagnent le triple de mon salaire», évoque-t-elle.

«Le raisonnement n’est pas mauvais»

Émilie Ricard, une infirmière qui a dénoncé à plusieurs reprises au cours des dernières années les conditions de travail éprouvantes du personnel soignant de la santé, est plus nuancée dans ses propos.

«Le raisonnement n’est pas mauvais. Si tout ce que le gouvernement a imaginé fonctionne, ça va avoir un effet positif», croit-elle.Émilie Ricard, infirmière.© TIRÉE DE FACEBOOK Émilie Ricard, infirmière.

L’infirmière craint toutefois qu’une fois la prime empochée, un an plus tard, plusieurs infirmières retournent à leur ancien mode de travail. Elle aurait plutôt espéré une bonification du salaire de toutes les infirmières, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel.

«Dans un an, nos salaires vont encore être, excusez le mot, médiocres. On nous dit: oui, mais on va appliquer la nouvelle convention collective. Mais à ce que je sache, elle n’est pas encore signée, le gouvernement travaille encore sur le texte. On attendait de nouvelles conditions, une façon de les améliorer. Mais on n’a pas mis fin au temps supplémentaire obligatoire et tout repose encore sur nous», critique-t-elle.

Même si elle dit vouloir demeurer optimiste, Mme Ricard ne peut s’empêcher de demeurer sceptique quant à l’efficacité des mesures annoncées.

«Au début de l’annonce, je n’étais pas déçue, le discours était très bien. Mais là, la poussière retombe, je fais le calcul et je me dis que c’est peut-être de la poudre aux yeux», avance-t-elle.

La jeune femme craint par ailleurs de ne pas pouvoir bénéficier de la prime. En effet, même si elle occupe un poste à temps plein, elle est considérée à temps partiel, puisqu’elle va à l’université une journée par semaine.

«Il va falloir vérifier que ce n’est pas comme la prime de 1000 $ qu’on perd dès qu’on prend une journée maladie ou qu’on demande une journée de congé. Il va falloir surveiller les petits caractères, les exceptions», prévient Mme Ricard.

«C’est tout le réseau qui s’effondre»

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (APTS-MCQ) a pour sa part crié à l’injustice après l’annonce de Québec.

«Pour le gouvernement, il n’y a que des infirmières dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Le gouvernement semble ne pas comprendre que c’est tout le réseau qui s’effondre. Il ne propose aucune solution pour le personnel professionnel et technique qu’il identifie lui-même comme des secteurs prioritaires», déplore Véronique Neth, présidente de l’APTS-MCQ.

Mme Neth indique par ailleurs que son syndicat exige «la parité avec les infirmières pour l’ensemble de nos membres qui vivent les mêmes conditions».

Avec Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste

Guinée : les putschistes annoncent des rencontres pour former un gouvernement

septembre 12, 2021

Mamady Doumbouya, le 10 septembre 2021 à Conakry, après une rencontre avec la mission dépêchée en Guinée par la Cedeao.

Les putschistes au pouvoir en Guinée ont annoncé l’ouverture à partir de mardi 14 septembre d’une série de rencontres pour préparer la formation d’un gouvernement.

Ces rencontres, annoncées samedi soir par les militaires à la télévision nationale, s’inscrivent dans le cadre de la « concertation » promise pour fixer les lignes d’une transition politique et former un gouvernement.

Les militaires, menés par le colonel Mamady Doumbouya, recevront mardi les chefs des partis politiques, puis ceux des confessions religieuses ; mercredi les organisations de la société civile, puis les représentations diplomatiques ; jeudi les patrons des compagnies minières implantées en Guinée, puis les organisations patronales ; vendredi les banques et les syndicats, indiquent les communiqués lus à la télévision.

Mission de la Cedeao

Le coup d’État a fait monter le prix de l’aluminium à son plus haut niveau depuis des années sur les marchés – la Guinée est l’un des premiers producteurs mondiaux de bauxite, principal minerai pour la production d’aluminium – et la junte s’est employée à rassurer les partenaires du pays de la poursuite des activités et du respect des engagements pris.

Les militaires qui ont déposé le président Alpha Condé le 5 septembre ouvriront cette concertation alors que la Cedeao doit à nouveau se prononcer sur les suites à donner au putsch. L’organisation ouest-africaine exige un « retour immédiat à l’ordre constitutionnel » et a suspendu la Guinée de ses organes de décision. Elle doit à présent examiner le rapport d’une mission dépêchée dans ce pays vendredi, avant de décider d’éventuelles nouvelles mesures.

« Toute manifestation de joie » interdite

Si la chute d’Alpha Condé a été saluée par des scènes de liesse, le comité militaire désormais à la tête du pays a cependant annoncé samedi soir l’interdiction de toute manifestation de soutien. Le colonel Doumbouya remercie les Guinéens de leur « adhésion massive à sa vision exprimée à travers des scènes de joie dans l’ensemble du pays. Toutefois le président (du comité) interdit toute manifestation de joie de quelque nature que ce soit », selon les termes d’un autre communiqué lu à la télévision.

La junte a aussi annoncé la mise à disposition d’un numéro vert pour dénoncer tout abus des forces de sécurité. Les abus de ces dernières sont constamment dénoncés par les défenseurs des droits humains.

Par Jeune Afrique avec AFP

Afghanistan : les ministres talibans nommés et sourds aux manifestations

septembre 7, 2021

Les principaux ministres talibans – tous des hommes – ont été nommés et annoncés mardi. Leur chef suprême leur a demandé de respecter la charia.

Les visages des nouveaux leaders talibans, dont Mullah Abdul Ghani Baradar et Amir Khan Muttaqi, ont ete affiches dans les rues de Kaboul.
Les visages des nouveaux leaders talibans, dont Mullah Abdul Ghani Baradar et Amir Khan Muttaqi, ont été affichés dans les rues de Kaboul. © AAMIR QURESHI / AFP

Ils avaient promis un gouvernement « inclusif ». Les talibans ont annoncé mardi 7 septembre les premiers ministres qui font désormais partie leur gouvernement, dirigé par Mohammad Hassan Akhund. Un gouvernement exclusivement composé… d’hommes. Les islamistes ont nommé Abdul Ghani Baradar, le cofondateur de leur mouvement, en tant que numéro 2 de leur régime. Le mollah Yaqoub, fils du mollah Omar, sera ministre de la Défense. Sirajuddin Haqqani, le leader du réseau qui porte son nom et numéro deux des talibans, obtient le portefeuille de l’intérieur. « Le cabinet n’est pas complet », a précisé leur principal porte-parole, Zabihullah Mujahid lors d’une conférence de presse. « Nous essayerons de prendre des gens venant d’autres régions du pays », a-t-il ajouté.

Le chef suprême des talibans Hibatullah Akhundzada, dont les interventions publiques sont très rares, a aussi demandé au nouveau gouvernement afghan de faire respecter la charia, dans son premier message depuis la prise de pouvoir des islamistes il y a plus de trois semaines. « J’assure tous nos concitoyens que les gouvernants travailleront durement à faire respecter les règles islamiques et la charia dans le pays », a affirmé Hibatullah Akhundzada dans un communiqué en anglais.

Deux morts et huit blessés dans une manifestation antitalibans

Ces nominations sont intervenues après que des coups de feu en l’air ont été tirés mardi à Kaboul pour disperser une manifestation dénonçant notamment la violente répression des talibans dans le Panjshir, où un mouvement de résistance s’est dressé contre les nouveaux maîtres du pays. « Ces manifestations sont illégales tant que les bureaux du gouvernement n’ont pas ouvert et les lois pas proclamées », a commenté Zabihullah Mujahid, qui a « demandé aux médias de ne pas couvrir » ces protestations. Deux personnes ont été tuées et huit blessées par balles mardi lors d’une manifestation contre le régime taliban à Hérat, la grande ville de l’Ouest afghan.

Des centaines d’Afghans ont défilé dans la matinée dans au moins deux quartiers de Kaboul, dénonçant, outre la situation dans le Panjshir, l’ingérence du Pakistan, accusé de vouloir contrôler le pays à travers les talibans dont il est très proche. Près d’une centaine de manifestants, en majorité des femmes, se sont rassemblés devant l’ambassade du Pakistan, chantant : « Nous ne voulons pas d’un gouvernement soutenu par le Pakistan » et « Pakistan, dégage d’Afghanistan ».

Zabihullah Mudjahid a nié tout lien de son gouvernement avec le Pakistan, pourtant dénoncé de longue date par la communauté internationale et l’ancien gouvernement afghan. « Dire que le Pakistan aide les talibans, c’est de la propagande », a-t-il affirmé. « Nous ne permettons à aucun pays d’interférer » dans les affaires afghanes, a-t-il poursuivi.

Les journalistes couvrant les manifestations violentés

Le chef des puissants services de renseignements militaires pakistanais, Faiz Hameed, était ce week-end à Kaboul, où il s’est très probablement entretenu avec des responsables talibans. Plusieurs journalistes qui couvraient les manifestations ont indiqué avoir été arrêtés, molestés ou avoir eu leur matériel confisqué par ces combattants. L’Association afghane des journalistes indépendants (AIJA) a indiqué dans un communiqué que 14 journalistes, afghans et étrangers, avaient brièvement été détenus par les talibans avant d’être relâchés, ce qu’elle a « dénoncé ». Parmi les manifestants figuraient nombre de femmes, qui craignent de voir les talibans les exclure de la vie publique comme lors de leur précédent régime, entre 1996 et 2001.

« Les femmes afghanes veulent que leur pays soit libre, qu’il soit reconstruit. Nous (les Afghans) sommes fatigués », a déclaré à l’Agence France-Presse une manifestante, Sarah Fahim, originaire de Kapisa, une province du nord-est de Kaboul anciennement sous contrôle de l’armée française et voisine de celle du Panjshir. « Combien de temps cela va-t-il durer, quand nos voix seront-elles entendues ? Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle silencieuse en voyant tant de gens se faire tuer ? » a-t-elle interrogé.

La rébellion dans le Panjshir, bastion antitalibans de longue date, est menée par le Front national de résistance (FNR) et son chef Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné par Al-Qaïda en 2001. Après la proclamation de la victoire dans le Panjshir, Zabihullah Mujahid, avait lancé lundi un ferme avertissement : « Quiconque tentera de créer une rébellion sera durement réprimé. Nous ne le permettrons pas. » Le FNR a toutefois affirmé tenir des « positions stratégiques » dans la vallée et « continuer » la lutte, et Ahmad Massoud, dont on ne sait s’il s’y trouve encore, a appelé chaque Afghan à « se soulever pour la dignité, la liberté et la prospérité » du pays.

Revenus au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition menée par les États-Unis, les islamistes sont attendus au tournant par la communauté internationale. Ils se sont aussi engagés à respecter les droits des femmes, bafoués lors de leur premier passage au pouvoir. Mais ces promesses peinent à convaincre.

Au cours d’une visite officielle au Qatar, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a indiqué mardi que les talibans s’étaient à nouveau engagés à laisser les Afghans « avec des documents de voyage partir librement » vers l’étranger. « Nous les attendrons sur cette question », a-t-il ajouté. « La communauté internationale tout entière attend que les talibans respectent cet engagement ». L’administration du président Joe Biden est sous pression face à des informations évoquant plusieurs centaines de personnes, dont des Américains, bloquées à l’aéroport de Mazar-i-Sharif, dans le nord de l’Afghanistan.

Avec Le Point avec AFP

Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée

septembre 4, 2021
Afghanistan: combats dans le Panchir, l'annonce du gouvernement taliban encore differee
Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée© AFP/WAKIL KOHSA

Les talibans ont à nouveau différé samedi l’annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panchir.

Près de trois semaines après le retour au pouvoir du mouvement islamiste, la fumée blanche se fait toujours attendre à Kaboul, où la population reste dans l’expectative, tout comme la communauté internationale.

Deux sources talibanes ont prévenu l’AFP qu’il n’y aurait aucune annonce faite samedi sur le futur gouvernement.

La situation dans le Panchir, l’un des derniers foyers d’opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi.

Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d’accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi et le départ des dernières troupes américaines du pays de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panchir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n’ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l’AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

« La résistance continue »

Selon les services d’urgence de la capitale, deux personnes ont été tuées et 20 autres blessées dans ces tirs de joie.

Réfugié dans la vallée du Panchir, l’ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une « situation très difficile » dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la « résistance continu(ait) et continue(rait) ».

Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont « choisi le chemin de la guerre ».

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans se sont efforcés de montrer un visage modéré et ont multiplié les gestes d’ouverture.

Ils ont notamment promis un gouvernement « inclusif » et noué des contacts ces dernières semaines avec des personnalités afghanes qui leur sont opposées.

Mais rien n’a filtré à ce stade sur leurs véritables intentions, ni sur la place qu’ils entendent accorder à des représentants de l’opposition ou des minorités. La composition de leur exécutif fera donc figure de test sur leur réelle volonté de changement.

Plusieurs pays ont répété vendredi que le nouveau régime serait jugé sur ses actes.

« Réellement inclusif »

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui sera de lundi à mercredi au Qatar, a espéré que le gouvernement mis en place par les talibans serait « réellement inclusif », avec « des non-talibans qui seraient « représentatifs des différentes communautés et des différents intérêts en Afghanistan ».

Le chef du renseignement militaire pakistanais, Faiz Hameed, a été vu samedi à Kaboul, où il devrait probablement rencontrer des hauts responsables talibans, avec qui Islamabad entretient des liens étroits.

Très attendus sur la question du droit des femmes – la communauté internationale gardant en mémoire la brutalité à leur égard lors du premier régime taliban (1996-2001)-, les nouveaux maîtres du pays ont assuré que ces droits seraient respectés.

Mais ils ont dans le même temps laissé entendre qu’il pourrait n’y avoir aucune femme ministre, leur présence relevant plutôt des échelons inférieurs. Après une première manifestation de militantes jeudi à Hérat (ouest), des dizaines d’autres ont battu le pavé samedi à Kaboul.

Présents sur place, des combattants talibans ont tenté de disperser le rassemblement et d’empêcher les personnes sur les lieux de filmer la scène avec leur téléphone portable, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Au-delà des questions sécuritaires, qu’elles soient liées à la vallée du Panchir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l’urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique.

Ravagée par quatre décennies de conflit, l’économie afghane est en lambeaux, privée d’une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée.

« L’Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente », a prévenu vendredi l’ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d’accroître l’aide humanitaire au pays.

Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d’aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre « dans les jours qui viennent ».

Des « vols internationaux » seront « bientôt opérés », a assuré à la chaîne d’informations Al-Jazeera l’ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l’aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

France-Violences conjugales: autant de bracelets et de « téléphones grave danger » que nécessaire dit Castex

septembre 3, 2021
Violences conjugales: autant de bracelets et de "telephones grave danger" que necessaire dit Castex
Violences conjugales: autant de bracelets et de « téléphones grave danger » que nécessaire dit Castex© AFP/JEAN-FRANCOIS MONIER

Le gouvernement déploiera autant de bracelets anti-rapprochement et de « téléphones grave danger » que nécessaire pour protéger les femmes de la violence de leurs ex-conjoints, a annoncé vendredi le Premier ministre Jean Castex.

« Il n’y a pas de problème de moyens » pour financer ces équipements, a souligné le chef du gouvernement lors d’un déplacement à Saint-Lô à l’occasion du deuxième anniversaire du lancement du Grenelle contre les violences conjugales.

Un millier de bracelets anti-rapprochement, imposés par la justice aux hommes violents pour les contraindre à rester à distance de leur victime, sont à disposition des magistrats et 245 sont « actifs », a précisé M. Castex, mais « nous en achèterons autant que nécessaire », a-t-il insisté.

De même, 2.310 « téléphones grave danger », qui permettent aux femmes d’appeler les secours en urgence et d’être géolocalisées, sont déployés, dont 1.652 « actifs ». L’objectif de 3.000 téléphones déployés d’ici novembre sera tenu, et « si fin novembre les besoins continuent d’augmenter, nous en mettrons autant que nécessaire à disposition des juridictions », a encore souligné le chef du gouvernement.

Accompagné de trois de ses ministres, Eric Dupond-Moretti (Justice), Elisabeth Moreno (Egalité femmes/hommes) et Marlène Schiappa (Citoyenneté), M. Castex était venu dans la Manche pour s’assurer de la bonne application sur le terrain des 46 mesures décidées à l’issue du Grenelle.

Les ministres ont visité un « centre d’hébergement et de réinsertion sociale » pour femmes victimes de violence, à Saint-Lô, où M. Castex s’est entretenu en privé avec deux des résidentes.

Les femmes victimes de ce « fléau » ne doivent pas attendre « le 2e, 3e ou 4e épisode de violences » pour être mises à l’abri, a insisté M. Castex, qui a signé une circulaire visant à améliorer la coordination et l’échange d’informations entre policiers, magistrats, associations…

« Bouts de ficelle »

Pour « améliorer la détection des signaux faibles », le gouvernement a prévu de créer un fichier des auteurs de violences conjugales, mais la création de ce nouvel outil prend du retard, a-t-il reconnu.

La conformité du projet avec la loi « informatique et libertés » doit être vérifiée, « et cela prend du temps, un peu trop à mon goût, puisqu’on nous dit que ça prendra 18 mois », a regretté M. Castex, qui « serait heureux » si « on pouvait accélérer ces délais ».

Depuis le début de l’année, 76 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon le Premier ministre. L’an dernier, le bilan avait atteint 102 victimes, après 146 en 2019.

Pour la Fondation des femmes, la « persistance des violences » montre qu’il faut compléter l’arsenal des mesures, et que les moyens financiers dédiés à cette cause sont toujours « largement insuffisants ».

« J’aimerais entendre le gouvernement dire qu’il met les moyens +quoi qu’il en coûte+ pour défendre les femmes », a dit à l’AFP Anne-Cécile Mailfert, la présidente de cette fondation. Annoncée comme une priorité du quinquennat, cette lutte est menée « avec des bouts de ficelle », a-t-elle regretté.

Selon elle, il faudrait par ailleurs multiplier par 10 le nombre d’ordonnances de protection accordées aux femmes qui se disent en danger, en attendant qu’elles réunissent les éléments pour étayer leur plainte. Mais les magistrats sont encore trop « réticents » à utiliser cet outil, a-t-elle estimé.

Enfin, plaide la fondation, il faudrait développer des « stages de responsabilisation » des agresseurs, et améliorer leur suivi par les services de probation et d’insertion pénitentiaires.

Avec Le Point par clc-mas-ab-cac/cel/cal

« Nous n’avons pas peur : à Hérat, des Afghanes manifestent pour leurs droits

septembre 2, 2021

Une cinquantaine de femmes ont bravé la peur ce jeudi pour faire valoir auprès des talibans leur droit à travailler, à étudier et à être protégées.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits et nous n’avons pas peur. » Une cinquantaine de femmes ont manifesté jeudi 2 septembre 2021 à Hérat, en Afghanistan, maintenant la pression sur le nouveau régime taliban avant la présentation très attendue du gouvernement. « C’est notre droit d’avoir une éducation, du travail et la sécurité », ont chanté à l’unisson ces manifestantes, dont certaines brandissaient des pancartes appelant au respect des droits des femmes. « Nous n’avons pas peur, nous sommes unies », ont-elles également crié, sans que les islamistes, qui s’efforcent de montrer un autre visage depuis leur reconquête du pouvoir, ne les rudoient. Durant leurs cinq premières années de règne (1996-2001), toute contestation de leur régime était sévèrement punie.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits », a expliqué Fareshta Taheri, l’une des protestataires, jointe par l’Agence France-Presse. La manifestation se tenait à Hérat, capitale de l’Ouest afghan proche de la frontière iranienne, une ville connue pour être plutôt libérale selon les critères afghans. Au moins une manifestante avait revêtu une burqa, quand les autres arboraient un simple voile masquant leurs cheveux, leurs oreilles et leur cou.

« Peur et incertitude »

« Nous sommes même prêtes à porter des burqas s’ils nous disent de le faire, mais nous voulons que les femmes puissent aller à l’école et travailler », explique Fareshta Taheri, une artiste et photographe. « Pour l’instant, la plupart des femmes qui travaillent à Hérat sont à la maison, dans la peur et l’incertitude. » Durant le premier gouvernement taliban en Afghanistan, la très grande majorité des femmes et des jeunes filles avaient été privées d’accès à l’éducation et à l’emploi. Les burqas étaient devenues obligatoires dans la rue et les femmes ne pouvaient pas se déplacer sans un chaperon, généralement un homme de leur famille.

Depuis leur reconquête du pouvoir et la prise de Kaboul le 15 août dernier, les talibans affirment avoir changé. Ils ont assuré à maintes reprises vouloir mettre en place un gouvernement « inclusif ». Mais leurs promesses ont été contredites mercredi par les déclarations, sur la BBC, du chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar. Interrogé sur le gouvernement à venir, qui pourrait être dévoilé vendredi, Sher Mohammad Abbas Stanekzai a notamment laissé entendre qu’il « pourrait ne pas y avoir » de femmes nommées ministres ou à des postes à responsabilité, mais uniquement à des échelons inférieurs. Une perspective inacceptable aux yeux des manifestantes à Hérat. « Nous regardons les informations, on ne voit aucune femme dans les réunions et les rencontres organisées par les talibans », pointe Mariam Ebram, une des manifestantes.

Moqueries talibanes

« Des pourparlers sont en cours pour former un gouvernement, mais ils ne parlent pas de la participation des femmes », renchérit Basira Taheri, une des organisatrices de la marche. « Nous voulons que les talibans tiennent des consultations avec nous. » Si les filles sont retournées à l’école à Hérat fin août, quelques jours seulement après l’effondrement des forces gouvernementales et des milices locales, la situation s’est dégradée avec la prise de Kaboul. De nombreuses femmes restent cloîtrées chez elles et n’osent plus s’aventurer dans la rue. « Même dans la ville, on ne voit pas beaucoup de femmes », rapporte Mariam Ebram. « Des médecins ou des infirmières qui ont osé retourner au travail se plaignent que les talibans se moquent d’elles. »

Pour l’ancienne ministre Nehan Nargis, réfugiée en Norvège, l’Afghanistan de 2021 n’a plus rien à voir avec l’Afghanistan de 2001, lorsque les talibans ont quitté le pouvoir, chassés par une coalition menée par les États-Unis. « Les gens sont beaucoup plus conscients, ils ont maintenant des aspirations différentes pour l’Afghanistan, et ils ont des attentes vis-à-vis du gouvernement », a-t-elle déclaré sur la BBC mercredi soir, pointant l’importance des réseaux sociaux, un « outil très puissant » de mobilisation. À Hérat, les manifestantes promettent de continuer à battre le pavé jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. « Nous continuerons nos manifestations, assure Basira Taheri. Elles ont commencé à Hérat, elles s’étendront bientôt à d’autres provinces. »

Par Le Point avec AFP

Madagascar-Le ministre Brice en accusation : Toujours suspendu de ses fonctions

août 20, 2021

Au nom de la raison d’Etat et pour des tas de raisons, les rumeurs sur son passé  ont provoqué des tourbillons de commentaires sur les réseaux sociaux. Dans un premier temps, Brice Randrianasolo, ce membre du gouvernement nommé officiellement le dimanche 15 août 2021, avait tenté de se défendre sans succès apparemment pour se blanchir de toutes les accusations vraies ou fausses portées sur ses activités passées. La situation aurait pu évoluer jusqu’à la publication des décisions officielles émanant du Conseil des ministres d’hier. Silence total sur son cas… Certaines rédactions prétendent avoir reçu des indiscrétions de sources non officielles faisant état d’abord d’une «démission» du nouveau responsable du département des Mines et des Ressources Stratégiques.

Brice Randrianasolo

La série de passations de fonction entre les ministres a continué toute la journée d’hier. Jusque très tard dans la nuit, une confirmation ou un démenti sur le largage de l’intéressé occupait les conversations des salons et même des trottoirs… Tout le monde attendait une décision du Président de la République en personne pour statuer sur le sort de celui qui a été «suspendu» par le Premier ministre Christian Ntsay. Selon Actu de Tana, «Brice Randrianasolo est attendu de pied ferme par la Justice française » à propos de quatre accusations. Si à Madagascar, la poursuite judiciaire le concernant fait l’objet d’une «relaxe», la menace de ces procédures qui l’attendent à l’étranger aurait-elle suffi pour l’obliger à démissionner ?

Déjà, lors de son discours de présentation de cette nouvelle équipe gouvernementale, le Président a eu des mots très durs allant jusqu’à confirmer que «chaque personne peut être remplacée à son poste» sera désormais la règle. Et ce n’est pas pour tel ou tel prétexte qu’il va faire du sentiment. Peut-être bien que pour servir d’exemple aux candidats à des déviations et autres dérives qui risqueraient de porter atteinte à l’image du pouvoir, pour le dossier Brice Randrianasolo, Andry Rajoelina ne fera pas preuve de faiblesse. Pour tous, le message est lancé : nul ne pourra tenir le Président de la République «en laisse»… encore moins sous pression.

Par La Gazette de La Grande Ile avec Noël Razafilahy

Madagascar : un gouvernement remanié en profondeur

août 18, 2021

Le président malgache, Andry Rajoelina, à Antananarivo, le 26 juin 2021.

Andry Rajoelina s’est entouré, le 15 août, d’une équipe « de combat ». Objectif : donner un nouveau souffle à son quinquennat, dans la perspective de la présidentielle de 2023.

Plus que la simple refonte sur laquelle avaient parié les observateurs politiques malgaches, le gouvernement a fait l’objet d’un véritable chambardement, dans la soirée du 15 août. L’événement apparaît rétrospectivement comme la confirmation du coup de sang d’Andry Rajoelina, une semaine plus tôt, devant les caméras.

Entraîneur de foot

Le président avait en effet profité de son allocution télévisée quinzomadaire du 8 août, normalement consacrée à la situation sanitaire du pays, pour distribuer les bons et mauvais points à ses ministres. « Certains membres du gouvernement n’assurent pas la tâche qui leur a été confiée », avait lancé le chef de l’État, excédé contre les « défaillances » de certains, même si, ajoutait-il, « aucune faute ne [pouvait] leur être reprochée ».

« C’est la règle, avait insisté Rajoelina qui, pour l’occasion, s’était comparé à un entraîneur de foot. Tout le monde peut être remplacé. »

SEULS DIX MINISTRES SUR VINGT-QUATRE ONT CONSERVÉ LEUR MAROQUIN.

Aux commandes du pays depuis janvier 2019, le président ne s’est pas privé de le rappeler au moment de nommer sa troisième équipe gouvernementale. Seuls dix ministres, sur les 24 que comptait la formation précédente, ont conservé leur maroquin.

Parmi eux, Léon Richard Rakotonirina (Défense), Rodellys Randrianarison (Sécurité publique) et Lalatiana Rakotondrazafy (Communication et de la Culture), considérés comme très proches du chef de l’État.

Adversaire potentiel

Ce « gouvernement d’action » – comme l’a qualifié le président – a été élargi, puisqu’il compte 32 membres. Christian Ntsay conserve son poste de Premier ministre, qu’il occupe depuis juin 2018 – époque où il avait pris les rênes de la dernière équipe d’Hery Rajaonarimampianina, le prédécesseur de Rajoelina.

Désireux de donner un « nouveau souffle » à son quinquennat, ce dernier a profité de ce large remaniement pour resserrer les liens avec ses alliés. Ainsi, Hajo Andrianainarivelo, leader du parti MMM (membre de la plateforme Armada qui soutient le président), a conservé l’Aménagement du territoire.

Potentiel adversaire d’Andry Rajoelina à l’élection présidentielle de 2023, il s’est néanmoins vu rogner ses prérogatives, puisqu’il a perdu le portefeuille des Travaux publics, confié à Jerry Hatrefindrazana, membre de l’IRD, le parti présidentiel.

DANS LA NOUVELLE ÉQUIPE, LA FILLE ET L’EX-DIRECTEUR DE CABINET DU DÉFUNT PRÉSIDENT RATSIRAKA.

Le Parti vert fait par ailleurs son entrée au gouvernement, en la personne d’Hortencia Antoinesie, désormais vice-ministre chargée de la Reforestation auprès du ministère de l’Environnement et du Développement durable, ce dernier étant confié à Vahinala Raharinirina, une nouvelle venue, issue de la diaspora.

On remarque l’arrivée de Sophie Ratsiraka, la fille de l’ancien président, qui prend en charge l’Artisanat, dans une sorte de gage donné à l’Arema, le parti historique de Didier Ratsiraka.

Une sorte de vice-Premier ministre

Autre fidèle du défunt chef de l’État, Pierre Houlder, qui fut son directeur de cabinet, se voit attribuer l’Intérieur et de la Décentralisation. Il côtoie dans l’ordre protocolaire le ministre du Développement de l’industrie, du commerce et de la consommation, Edgard Razafindravahy. Chef de file du parti ADM, ce dernier fait figure de vice-Premier ministre compte tenu de l’étendue de ses prérogatives.

En dehors de la Défense, tous les ministères régaliens ont été renouvelés. Patrick Rajoelina, conseiller du président, reprend en main la diplomatie, avec pour mission de lui donner davantage d’éclat.

IL N’Y AURA PAS DE DROIT À L’ÉCHEC », A AVERTI LE CHEF DE L’ÉTAT.

Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison succède, à l’Économie et aux Finances, à Richard Randriamandrato, dont le départ avait déjà été annoncé par la presse locale lors du précédent remaniement de janvier 2020.

Garde des Sceaux, Imbiki Herilaza reprend le poste qu’avait occupé son père sous Didier Ratsiraka : une promotion-éclair puisqu’il était administrateur de l’École nationale des magistrats depuis deux ans.

Hausse du coût de la vie

Andry Rajoelina attend maintenant de ses ministres « qu’ils relèvent leurs manches ». Ils disposent de deux ans pour répondre aux attentes des Malgaches, en particulier en matière de hausse du coût de la vie et de gestion de la crise sanitaire. Le président a déjà prévenu son équipe : « Il n’y aura pas de droit à l’échec ». Surtout s’il veut préparer sereinement les échéances électorales de 2023…

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Canada: Québec envisage d’implanter le passeport vaccinal à Trois-Rivières

août 4, 2021

Le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, affirme que le gouvernement provincial est prêt à instaurer le passeport vaccinal si la situation épidémiologique le requiert à Trois-Rivières.

Pour retrouver une certaine normalité, certains pays ont recours au passeport vaccinal.

© Onfokus/Getty Images Pour retrouver une certaine normalité, certains pays ont recours au passeport vaccinal.

On est prêt à le faire comme alternative à un confinement ou à un changement de palier de la Mauricie», précise le ministre. Il estime cependant que la situation ne le requiert pas pour le moment et il appelle à la mobilisation de la population pour endiguer la hausse des cas.

Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) met en place de nouvelles mesures au cours des prochains jours pour freiner la forte hausse de nouveaux cas de COVID-19 dans la région, particulièrement à Trois-Rivières, où 22 cas ont été détectés dans les dernières 24 heures.

Des équipes de la santé publique vont sillonner les rues du centre-ville, aller dans les restaurants, les bars et les commerces pour sensibiliser les gens à l’importance des mesures sanitaires jeudi et vendredi», a indiqué Gilles Hudon, PDG adjoint du CIUSSS MCQ.

La clinique mobile de vaccination sera dépêchée sur la rue des Forges de mercredi à samedi. La proximité de notre offre de services peut faire toute la différence, principalement pour nos jeunes de 18 à 30 ans», a souligné Gilles Hudon.

Des intervenants psychosociaux iront aussi à la rencontre des gens au centre-ville pour les encourager à se faire vacciner et à subir un test de dépistage s’ils présentent des symptômes liés à la COVID-19.

Nouveau bilan à la hausse

La santé publique a annoncé mardi 30 nouveaux cas dans la région. À l’heure actuelle, il y a 152 cas actifs de la COVID-19 en Mauricie et au Centre-du-Québec, dont 133 uniquement en Mauricie. À Trois-Rivières seulement, on compte actuellement 97 personnes infectées.

Les personnes de 18 à 29 ans sont les plus touchées, particulièrement celles qui ne sont pas adéquatement vaccinées, indique la santé publique.

Cela représente un taux de cas actifs de 67,4 par 100 000 habitants, loin devant Laval, qui a un taux de 36,5 cas actifs par 100 000 habitants.

La Dre Danièle Samson, médecin-conseil à la Direction de santé publique et responsabilité populationnelle au CIUSSS MCQ, a précisé que c’est le variant Alpha qui cause la recrudescence de cas, surtout dans les restaurants et les bars de Trois-Rivières.

En général [le registre des clients] est bien fait, mais il y a d’autres commerces où il pourrait y avoir amélioration parce que les gens marquent un peu n’importe quoi», précise la Dre Samson.

Hier, trois établissements du centre-ville ont volontairement fermé de façon préventive en raison de cas parmi leurs clients et employés. De plus, trois employés du service de transport en commun de Trois-Rivières, dont un chauffeur, ont contracté le virus.

Hausse du dépistage

La santé publique régionale indique travailler à augmenter la capacité de dépistage à Trois-Rivières. Au cours des dernières semaines, les équipes y effectuaient un maximum de 150 dépistages par jour. Ce nombre a toutefois presque doublé lundi pour totaliser 282 dépistages. La capacité de dépistage a aussi été rehaussée à Shawinigan et à Drummondville.

Par ailleurs, le CIUSSS MCQ cherche un local pour ouvrir une clinique temporaire de dépistage sur la rue des Forges d’ici quelques jours. Les autorités sanitaires souhaitent arriver à une capacité de dépistage de 500 à 750 tests par jour. La santé publique discute avec la Ville de Trois-Rivières à ce sujet.

GP3R et COVID-19 : des Trifluviens demandent une intervention immédiate

Une vingtaine de personnes exigent des actions immédiates du CIUSSS MCQ tandis que la région sociosanitaire de la Mauricie et du Centre-du-Québec observe une flambée de cas de COVID-19. Elles ont exprimé leurs inquiétudes dans une lettre ouverte mardi matin à l’approche du Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R).

Je leur demande de considérer que nous sommes l’épicentre actuellement, en plein début du mois d’août dans tout le Québec, où se trouve un variant très dangereux qui se transmet extrêmement rapidement, et de considérer qu’avec l’événement de la taille du Grand Prix de Trois-Rivières, il faut prendre des mesures adéquates», a soutenu Marc Benoit, instigateur de la lettre ouverte. Il réclame un resserrement des mesures sanitaires au GP3R.

Le GP3R prêt à changer de vitesse

Le Grand Prix de Trois-Rivières dit être prêt à tout revirement de situation. L’organisation a prévu de multiples scénarios en fonction de la couleur de la zone.

Si les règles changent, on va être certains de s’adapter. Pour l’instant, jusqu’en zone orange, notre plan tient la route, mais à partir de la zone rouge, le gouvernement, dans le décret actuel, se garde la liberté de modifier les règles. Pour l’instant, à moins qu’il y ait des changements, on sait que jaune et orange, ça devrait aller», indique Dominic Fugère, qui suit la situation épidémiologique de très près.

Dominic Fugère rappelle que la vaccination va se poursuivre pendant le Grand Prix. Le CIUSSS MCQ doit toujours confirmer l’emplacement de la clinique de vaccination temporaire, qui sera aménagée à l’extérieur du circuit du 13 au 16 août.

Par  Marc-Antoine Bélanger avec les informations d’Amélie Desmarais

Après le coup de force du président, la Tunisie dans l’attente d’un gouvernement

juillet 28, 2021
Apres le coup de force du president, la Tunisie dans l'attente d'un gouvernement
Après le coup de force du président, la Tunisie dans l’attente d’un gouvernement© AFP/FETHI BELAID

Trois jours après le coup de force du président tunisien Kais Saied, qui s’est octroyé le pouvoir exécutif et a suspendu le Parlement pour 30 jours, les appels se multiplient en faveur d’une feuille de route et pour la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Le président a argué des « périls imminents » auxquels était confrontée la Tunisie, plongée depuis des mois dans une profonde crise politique, pour justifier sa prise de pouvoir dimanche.

Il a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, très critiqué pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19 qui a laissé la Tunisie à court d’oxygène et débordée par un pic d’hospitalisations, indiquant qu’il exercerait le pouvoir exécutif avec « l’aide d’un gouvernement » dont il devait nommer le chef.

D’influentes ONG tunisiennes ont mis en garde contre tout prolongement « illégitime » de la suspension du Parlement tandis que Paris a appelé mercredi à la « nomination rapide » d’un Premier ministre.

« Le président Saied est devant un grand défi: montrer aux Tunisiens et au monde qu’il a pris les bonnes décisions », souligne le politologue Slaheddine Jourchi.

M. Saied a présidé mercredi une réunion des cadres de l’armée et de la police, sans qu’aucune décision ne soit annoncée.

Calendrier détaillé

Depuis dimanche, le président tunisien a démis de leurs fonctions une série de conseillers gouvernementaux et chargés de missions auprès du Premier ministre, puis écarté le procureur général de la justice militaire ainsi que les ministres de la Défense et de la Justice après s’être attribué le pouvoir judiciaire dans le cadre des mesures exceptionnelles.

S’il a été salué par de nombreux Tunisiens exaspérés par les luttes de pouvoir au Parlement en pleine crise sociale et sanitaire, ce coup de force suscite également de l’inquiétude en Tunisie comme à l’étranger.

Plusieurs organisations de la société civile, influentes dans le seul pays à poursuivre sa démocratisation après la vague de soulèvement des Printemps arabes en 2011, ont plaidé en faveur d’une feuille de route avec un calendrier détaillé.

Elles ont mis en garde dans un texte commun contre tout prolongement « illégitime » de la suspension du Parlement, soulignant la nécessité de respecter le délai de 30 jours mentionné dans l’article 80 de la Constitution sur lequel s’est appuyé Kais Saied.

A Paris, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a souligné lors d’un entretien téléphonique avec son homologue Othman Jarandi « l’importance de la nomination rapide d’un Premier ministre et de la formation d’un gouvernement qui soit à même de répondre aux attentes des Tunisiens ».

La décision dimanche de suspendre le Parlement et de démettre le Premier ministre faisait suite à des manifestations ayant éclaté le jour même à travers la Tunisie contre le gouvernement, principalement contre sa gestion de la crise sanitaire après une nouvelle flambée des cas.

Les milliers de protestataires réclamaient notamment « la dissolution du Parlement ».

Le principal parti au Parlement, Ennahdha, formation d’inspiration islamiste, a dénoncé les mesures prises par le président tunisien comme un « coup d’Etat » et appelé M. Saied à revenir sur ses décisions.

Enquête

M. Saied avait notamment indiqué qu’il présiderait les services du procureur général « pour qu’ils agissent dans le cadre de la loi et qu’ils ne se taisent pas face à des crimes commis contre la Tunisie et dont les dossiers disparaissent ».

Mercredi, le parquet a annoncé avoir ouvert le 14 juillet une enquête contre Ennahdha, son allié Qalb Tounes et la formation Aïch Tounsi, pour une affaire de financement étranger de leur campagne électorale en 2019.

Dix ans après la chute de Zine el Abidine ben Ali, les problème du chômage, profondément enraciné, et de la dégradation des infrastructures publiques et du pouvoir d’achat, à l’origine du soulèvement contre son régime autoritaire, n’ont jamais été résolus. Et la Tunisie fait face à un mur de dettes.

En outre, depuis les élections d’octobre 2019 ayant débouché sur un Parlement très fragmenté, le pays a connu trois chefs de gouvernements et vu s’accentuer les luttes de pouvoir en pleine crise sociale et sanitaire.

Ennahdha s’est dit prêt « à la tenue d’élections législatives et présidentielle anticipées simultanées » pour « éviter que tout retard ne serve de prétexte au maintien d’un régime autocratique ».

Mais avant de telles élections, il faudrait selon un dirigeant d’Ennahdha interrogé par l’AFP, Noureddine B’hiri, « que le Parlement reprenne ses activités et que soit mis fin à son contrôle militaire ».

Par Le Point avec AFP