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Pretoria a accordé l’immunité diplomatique à Grace Mugabe

août 20, 2017

 

Robert Mugabe et son épouse, Grace, à Chinhoyi, le 29 juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, soupçonnée d’agression à Johannesburg, a obtenu l’immunité diplomatique auprès des autorités sud-africaines et pu rentrer dimanche à Harare.

Grace Mugabe, qui figure parmi les favoris pour succéder à son mari âgé de 93 ans, est sous le coup d’une plainte pour coups et blessures contre une mannequin.

Gabriella Engels, 20 ans, affirme avoir été agressée violemment, avec un câble et une prise, par la première dame dans un hôtel d’un quartier huppé de Johannesburg le 13 août. Selon les médias sud-africains, deux fils de Grace Mugabe se trouvaient dans le même établissement.

A la suite de cet incident, les autorités zimbabwéennes ont demandé mercredi à Pretoria l’immunité diplomatique pour Grace Mugabe, un privilège qui lui a finalement été accordé.

La chef de la diplomatie sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane « a décidé que l’immunité diplomatique était justifiée dans ce cas particulier », a annoncé son ministère dans un communiqué dimanche.

La décision a été prise samedi et, quelques heures plus tard, Grace Mugabe quittait l’Afrique du Sud pour le Zimbabwe. « Le président Robert Mugabe, qui était accompagné de la première dame, (…) est arrivé à bord d’un vol Air Zimbabwe dimanche très tôt » à Harare, a annoncé la radio zimbabwéenne nationale.

L’affaire Grace Mugabe s’est dénouée en marge d’un sommet des chefs d’Etat de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), à Pretoria ce week-end, auquel participaient le président zimbabwéen et son homologue sud-africain Jacob Zuma.

L’organisation sud-africaine qui défend la top model Gabriella Engels, AfriForum, a dénoncé le départ « en secret » de Grace Mugabe et la « culture de l’impunité » de la part de « dirigeants corrompus qui se protègent mutuellement ».

AfriForum entend désormais saisir la justice pour obtenir une annulation de la décision d’accorder l’immunité diplomatique à la première dame du Zimbabwe. « Dans le cas où notre requête serait acceptée, la balle sera dans le camp du parquet pour poursuivre Mme Mugabe », a expliqué AfriForum dans un communiqué.

Le principal parti de l’opposition sud-africaine, l’Alliance démocratique (DA), a lui dénoncé « la complicité du gouvernement qui a permis » à Grace Mugabe « de fuir le pays, en pleine nuit, pour éviter des poursuites ».

« Voleuse »

Au Zimbabwe, la principale formation d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a demandé que tout soit fait pour que Grace Mugabe réponde de ses actes devant la justice.

« Il ne devrait pas y avoir d’impunité » pour la première dame, « une voleuse et une femme violente qui a agressé de façon abominable une jeune personne innocente », a déclaré à l’AFP le porte-parole du MDC, Obert Gutu.

« Elle est une honte et elle nous doit des excuses pour avoir sali l’image de notre pays », a-t-il ajouté.

Le gouvernement zimbabwéen n’a fait aucun commentaire sur les derniers déboires de Grace Mugabe, 52 ans, connue pour ses accès de colère. Mais pour la première fois dimanche, la presse d’État a mentionné l’incident, dénonçant « l’emballement des médias locaux et étrangers » qui « n’ont rien d’important à dire ».

« Les propos du ministre sud-africain de la Police Fikile Mbalula (NDLR, qui avait notamment affirmé que la police était en « alerte rouge » pour éviter le départ de Grace Mugabe) ne sont que spéculation et désinformation », a affirmé le Sunday Mail dans un éditorial.

L’affaire Grace Mugabe a testé les relations entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, qui entretiennent des liens diplomatiques et économiques étroits.

Concomitamment à ce mini scandale, un conflit a opposé les compagnies aériennes des deux pays, Air Zimbabwe et South African Airways (SAA), au sujet d’un permis de vol.

Un avion d’Air Zimbabwe s’est vu refuser l’autorisation de décoller de Johannesburg vendredi soir faute d’avoir produit le document, et tous les vols de SAA entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont été annulés samedi.

Dans la soirée de samedi, le conflit a toutefois été réglé, selon le ministère sud-africain des Transports. Quelques heures plus tard, Robert Mugabe rentrait avec son épouse à Harare, à bord d’un vol Air Zimbabwe. Et SAA a repris dimanche ses liaisons entre les deux pays.

Jeuneafrique.com

Sommet régional à Pretoria éclipsé par les déboires de Grace Mugabe, absente

août 19, 2017

Robert Mugabe embrasse sa femme, Grace, le 18 avril 2017 à Harare. © AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a participé samedi à Pretoria à un sommet régional, mais son épouse Grace, qui y était attendue après avoir requis l’immunité diplomatique à l’Afrique du Sud pour échapper à des poursuites dans une affaire d’agression, n’était pas visible.

Plusieurs premières dames ont assisté samedi à l’ouverture du sommet des chefs d’Etat de la Communauté de développement économique d’Afrique australe (SADC). Des fauteuils leur étaient réservés au pied de l’estrade où se sont exprimés plusieurs chefs d’Etat.

Grace Mugabe ne s’est cependant pas présentée, tandis que son mari siégeait, en costume sombre relevé d’une écharpe beige, parmi les huit dirigeants des 15 pays de la SADC qui avaient fait le déplacement au sommet, a constaté une journaliste de l’AFP.

La très influente épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe n’a pas été vue en public depuis qu’elle est soupçonnée de s’en être violemment prise à une jeune mannequin, le 13 août, dans un hôtel de Johannesburg.

La police sud-africaine avait indiqué que Grace Mugabe était attendue au sommet, qui se tient samedi et dimanche au centre de conférence du ministère des Affaires étrangères à Pretoria.

Mais ni le ministère ni la police n’était en mesure d’indiquer où se trouvait Grace Mugabe samedi.

« L’enquête policière est terminée. Nous attendons désormais de savoir si sa demande d’immunité diplomatique lui a été accordée ou non », a simplement déclaré un porte-parole de la police, Vishnu Naidoo, interrogé par l’AFP.

Grace Mugabe a requis ce privilège après avoir été visée par une plainte pour coups et blessures. Une top model de 20 ans, Gabriella Engels, l’accuse de l’avoir violentée dans des circonstances encore floues.

Vols annulés

Cette affaire représente un casse-tête pour le gouvernement sud-africain, qui entretient des liens politiques et économiques étroits avec son voisin zimbabwéen.

Les avocats de Gabriella Engels ont d’ores et déjà prévenu qu’ils envisageraient de saisir la justice, dans le cadre d’une procédure d’urgence, si jamais l’immunité diplomatique était accordée à la première dame.

La police sud-africaine est « en alerte rouge » pour éviter qu’elle ne quitte le pays, a assuré le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula.

Parallèlement à cette affaire, deux avions – l’un appartenant à Air Zimbabwe, la compagnie qu’utilise régulièrement le président Mugabe, et l’autre de South African Airways (SAA) – se sont vu interdire de voler au départ de Johannesburg et Harare.

Le premier vol n’a pas pu décoller vendredi soir de l’aéroport international de Johannesburg, pour des raisons administratives. Il ne possédait pas de « permis international pour opérer », selon l’aviation civile sud-africaine contactée par l’AFP.

Le même argument a été avancé auprès de SAA: son vol SA025, censé quitter Harare samedi à 07H00 (05H00 GMT), a été retenu au sol, avant d’être annulé.

« En plus de 20 ans d’opérations au Zimbabwe, c’est la première fois qu’on nous demande ce document », a affirmé à l’AFP le porte-parole de SAA, Tlali Tlali.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de faire un lien éventuel entre ces problèmes de vols et les déboires de Grace Mugabe.

Harare n’a fait jusqu’à présent aucun commentaire sur le mini scandale visant la première dame, mais Robert Mugabe est arrivé dès mercredi en Afrique du Sud, soit trois jours avant le début du sommet. Mardi, son épouse devait se présenter au commissariat à Johannesburg, avant finalement d’y renoncer.

Cette affaire entache un peu plus l’image déjà très controversée de Grace Mugabe, présidente de la Ligue des femmes du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et pressentie pour éventuellement succéder à son mari, âgé de 93 ans.

Mariée au président zimbabwéen depuis 1996, elle est régulièrement épinglée pour son goût du luxe – qui lui vaut le surnom de « Gucci Grace » – mais aussi pour ses coups de colère.

En 2009, un photographe britannique l’avait accusée de l’avoir frappé à plusieurs reprises au visage à Hong Kong. Elle avait pu rentrer au Zimbabwe sans être inquiétée par la justice.

Jeuneafrique.com avec AFP

Plainte contre l’épouse de Robert Mugabe après une altercation en Afrique du Sud

août 15, 2017

Robert Mugabe et son épouse, Grace, à Chinhoyi, le 29 juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, est visée par une plainte pour agression en Afrique du Sud, où elle est soupçonnée d’avoir frappé deux femmes dans un hôtel de Johannesburg, ont indiqué mardi les autorités sud-africaines.

« Une plainte pour agression a été ouverte par deux femmes » contre Grace Mugabe, a déclaré Sizakele Nkosi Malobane, ministre de la Sécurité pour la province sud-africaine du Gauteng, qui englobe Johannesburg.

« Je veux condamner ses actions et j’espère que justice sera rendue », a-t-elle ajouté sur la radio Jacaranda FM, précisant qu’une des deux jeunes femmes souffrait de « graves blessures ».

Grace Mugabe « peut être arrêtée » malgré son passeport diplomatique, a déclaré pour sa part le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, sur les ondes de radio 702, ajoutant que ses services étaient « en train de travailler sur l’affaire ».

Une des victimes présumées, âgée de 20 ans, assure qu’elle se trouvait avec les fils de Mme Mugabe et deux amis lorsque la première dame zimbabwéenne qui se trouvait dans une chambre voisine est venue les agresser dimanche soir.

« On était tranquillement dans notre chambre et elle est arrivée pour nous frapper. J’ai le front ouvert. Je suis mannequin et je gagne de l’argent grâce à mon look », a raconté Gabriella Engels au quotidien sud-africain The Times.

« Une plainte a été déposée à la police lundi, mais je ne peux pas en dire plus sur l’identité des personnes impliquées », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Vish Naidoo.

Le gouvernement zimbabwéen n’avait pas réagi mardi matin au dépôt de plainte.

Grace Mugabe se trouvait en Afrique du Sud pour soigner une blessure au pied, selon les médias zimbabwéens.

A 52 ans, elle fait partie des favorites pour succéder à son mari à la tête du Zimbabwe.

Mais pour l’heure, Robert Mugabe, âgé de 93 ans, n’a pas l’intention de céder sa place : il est d’ores et déjà candidat à sa propre succession pour les élections de 2018.

Jeuneafrique.com

Zimbabwe: La première dame, Grace Mugabe, perd son procès devant un tribunal de Harare

décembre 26, 2016

Grace Mugabe, la première dame du Zimbabwe, « a commandé un diamant auprès de ma fille à Dubaï, précisant que son époux voulait lui offrir pour leur anniversaire de mariage », selon des documents remis par l’homme d’affaires, Jamal Ahmed, au tribunal. Grace et Robert Mugabe sont mariés depuis 1996, après avoir été l’une de ses secrétaires du vivant de la première épouse de Robert Mugabe.

Mais, après paiement du bijou, l’épouse du président a « refusé de prendre la bague et demandé à être remboursée intégralement », selon la même source. Furieuse, elle a, alors, fait saisir trois propriétés immobilières appartenant à l’homme d’affaires, Jamal Ahmed au Zimbabwe.

Mercredi, 21 décembre, un tribunal d’Harare a tranché en faveur de l’homme d’affaires, ordonnant à Grace Mugabe (sur notre photo avec le président de la République) de « libérer les trois propriétés », a expliqué Beatrice Mtwetwa, l’avocate de Jamal Ahmed, dans un communiqué.

L’homme d’affaires assure avoir proposé de rembourser la somme en plusieurs fois. Dans les documents remis à la Cour, il affirme, cependant, avoir été « menacé » par les services secrets zimbabwéens, mais aussi, par Grace Mugabe et son fils, Russell, issu d’un premier mariage.

Ils « ont commencé un règne de terreur et d’harcèlement » et « on m’a dit que je ne pouvais rien faire contre eux puisqu’ils sont de fait le +Zimbabwe+ », a-t-il ajouté.
La présidence n’a pas, encore, réagi dans l’immédiat à la décision de justice.

Grace Mugabe, personnalité controversée, est, régulièrement, épinglée pour son goût pour les vêtements de luxe, les voyages et son implication dans des affaires de corruption.

A 51 ans, elle est pressentie comme un possible successeur de son époux, qui est, à 92 ans, le plus vieux dirigeant au monde. Camarade Bob a sollicité le Seigneur Dieu pour pouvoir diriger le Zimbabwe à 100 ans. Ce serait un record.

La première dame nie, cependant, toute ambition présidentielle, même si elle s’investit, de plus en plus, sur la scène politique. Elle dirige, actuellement, la puissante ligue des femmes du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a, lui, été investi, la semaine dernière, par la Zanu-PF candidat à la présidentielle de 2018, alors que le pays traverse une grave crise économique.

Afriqueeducation.com

Zimbabwe : Robert Mugabe est autorisé à voyager en Europe en tant que président de l’UA

février 3, 2015

Robert Mugabe, président du Zimbabwe.
Robert Mugabe, président du Zimbabwe. © AFP

L’Union européenne (UE) a annoncé mardi que le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, sera autorisé à se rendre dans l’UE malgré les sanctions qui le lui interdisent, à condition cependant qu’il voyage pour représenter l’Union africaine dont il vient de prendre la présidence tournante pour un an.

La présidence de l’UA, à laquelle il a accédé le 30 janvier, ouvre les portes de l’Europe au président du Zimbabwe. « En effet, Robert Mugabe est visé par une interdiction de voyager. Mais cette interdiction sera levée quand il se déplacera en sa qualité de président de l’Union africaine », a déclaré mardi 2 février Catherine Ray, porte-parole du service diplomatique de l’UE, lors d’un point de presse.

Le président zimbabwéen pourra ainsi représenter l’UA lors du G8 ou du G20.

L’UE a commencé en 2013 à normaliser ses relations avec le Zimbabwe, levant la plupart des sanctions qui étaient imposées depuis 2002 pour protester contre la violence politique et les atteintes aux droits de l’Homme dont elle accusait le régime de Mugabe.

Mais les Européens ont maintenu l’inscription de chef de l’État et de son épouse sur une liste noire de personnalités interdites de visa pour l’UE et dont les avoirs sont gelés en Europe.

En avril 2014, Mugabe avait boycotté un sommet UE-Afrique à Bruxelles, malgré une invitation européenne spéciale, car un visa avait été refusé à son épouse, Grace Mugabe.

Interrogée sur le statut de celle-ci lors des futurs déplacements de Robert Mugabe en tant que président de l’UA, Mme Ray a indiqué que « la levée temporaire de l’interdiction de voyager s’applique à M. Mugabe (…) lorsqu’il effectue des missions internationales ». Exit donc Grace, la « reine du shopping »…

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: Mugabe nomme vice-président le ministre de la Justice Mnangagwa

décembre 10, 2014

Harare – L’actuel ministre de la Justice du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, qui, auparavant a été en charge de la police secrète et de l’armée, a été nommé mercredi vice-président du parti au pouvoir, et donc automatiquement de l’Etat, a annoncé le président Robert Mugabe.

S’exprimant au siège du parti au pouvoir, la ZANU-PF, avec lequel il gouverne depuis l’indépendance en 1980, M. Mugabe a annoncé: Il y a deux vice-présidents. Pour l’ancienne ZANU (l’une des deux composantes historiques du parti), nous avons Emmerson Mnangagwa, recueillant un tonnerre d’applaudissements.

Nous le félicitons, a-t-il ajouté, annonçant que M. Phelekezela Mphoko avait été choisi pour l’autre poste de vice-président. Cette annonce constitue le point d’orgue de plusieurs de semaines de débats dans les rangs du parti, qui tenait son congrès annuel la semaine dernière.

Grace Mugabe, 49 ans, l’épouse du président, est l’autre grande gagnante, avec M. Mnangagwa, de cette séquence politique qui pourrait s’avérer cruciale pour la succession du vieux chef d’Etat de 90 ans: Elle préside officiellement depuis samedi la puissante Ligue des femmes du parti.

Mardi, M. Mugabe avait limogé sa vice-présidence Joice Mujuru, un temps considérée comme son héritière, ainsi que huit ministres proches d’elle. Ce limogeage est intervenu après une campagne pour isoler politiquement Mme Mujuru, veuve d’un général respecté, décédé dans un mystérieux incendie en 2011.

Romandie.com avec(©AFP / 10 décembre 2014 15h23)

Zimbabwe : le président Mugabe place son épouse dans la course à sa succession

décembre 7, 2014

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et sa femme Grace.
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et sa femme Grace. © AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a officiellement placé samedi son épouse Grace dans la course à sa succession bien que la première dame soit relativement novice en politique.

« Je suis heureux de réaliser et officialiser votre souhait en la déclarant secrétaire aux Affaires féminines de la Zanu-PF », a déclaré le plus vieux chef d’Etat africain, 91 ans en février, au dernier jour du congrès de son parti réuni cette semaine à Harare. En devenant présidente de la puissante Ligue féminine, Mme Mugabe, 49 ans, fait automatiquement son entrée au bureau politique du mouvement dont elle était jusqu’à présent simple membre.

« Nous avons besoin de plus d’applaudissements », a lancé aux milliers de délégués un des dirigeants de la Zanu-PF, Simon Khaya Moyo, et l’assistance a repris en choeur « Amai! Amai! » (Maman, Maman). Mme Mugabe a longtemps hérité de surnoms moins flatteurs, « Première acheteuse » ou « Gucci Grace », pour sa réputation d’acheteuse compulsive.

Sans surprise, M. Mugabe a aussi été reconduit chef du parti. Il a en revanche entretenu le suspens concernant la composition très attendue du bureau politique et le choix de ses vice-présidents qui ne seront connus que « mercredi ou jeudi », a-t-il dit. Autre prétendant à la succession, le ministre de la Justice, Emmerson Mnangagwa, a été nommé au comité central et garde ses chances.  « Je veux vous dire ma profonde gratitude, une fois encore, pour m’avoir choisi pour vous diriger », a déclaré M. Mugabe, ovationné par des milliers de supporters.

L’issue ne faisait pas de doute. Personne ne se présentait contre le leader historique qui a également été désigné candidat du parti à la prochaine élection présidentielle prévue en 2018. Il aura alors 94 ans.

La fulgurante ascension de Grace Mugabe

Concernant le bureau politique, M. Mugabe a, contre toute attente, choisi de ne pas choisir: « Je ne veux pas me précipiter (…) Je vais regarder les gens qui sont entrés au comité central (…) Il y aura beaucoup d’adieux. Certains ont déjà choisi par des actions illégales de nous dire au revoir ». « On ne les chasse pas, sauf pour ceux que nous avons exclus… et qui vont redevenir membres ordinaires du parti. Ils auront plus temps pour s’occuper de leur ferme », a-t-il ironisé.

Grace Mugabe, relativement nouvelle dans l’arène politique, avait été à la surprise générale désignée en août pour briguer la direction de la ligue féminine du parti. Elle a ensuite laissé entendre qu’elle pourrait avoir envie de parvenir un jour à la tête du pays et fait campagne contre sa rivale la vice-présidente Joice Mujuru, 59 ans, accusée de corruption et complot contre M. Mugabe.

Tombée en disgrâce, Mme Mujuru ne participait pas cette semaine au congrès, ayant par avance perdu son poste au comité central. Jeudi, elle avait été publiquement désavouée par M. Mugabe devant les délégués. Le président avait dénoncé une cabale et menacé Mme Mujuru de poursuites pénales, regrettant de l’avoir choisie comme vice-présidente du parti dix ans plus tôt. « S’il y a des preuves dans les affaires qui leur sont reprochées, ils seront inculpés », a-t-il lancé jeudi.

Selon le Pr Lovemore Madhuku, spécialiste de droit constitutionnel à l’université du Zimbabwe, Mme Mujuru a la possibilité légalement de conserver son poste comme vice-présidente de l’Etat même si elle perd, comme c’est prévu, la vice-présidence du parti. Il y a peu de chance qu’elle le fasse. « Elle reste vice-présidente (de l’Etat) après le congrès sauf si elle est limogée, démissionne ou meurt », a-t-il dit à l’AFP. Mais « la règle non écrite est que le vice-président du parti devienne vice-président de l’Etat ».

« Le président ne peut plus faire confiance à Mme Mujuru et travailler avec elle. Elle ne peut pas s’appuyer sur la loi pour rester à son poste », a-t-il ajouté. M. Mugabe n’a jamais désigné de successeur et, en coulisses, c’est le règne de l’intrigue depuis des années. En 2008, ces divisions qui rongent la ZANU-PF avaient coûté cher au parti, arrivé en deuxième place au premier tour de la présidentielle, avant que l’opposition ne déclare forfait, victime d’un déferlement de violences qui avait fait 200 morts.

Le congrès avait été largement préparé par une purge jusqu’au plus haut niveau: suspensions, exclusions, l’ex-chef de file des vétérans de la guerre d’indépendance Jabulani Sibanda a même comparu devant un juge. Poursuivi pour atteinte à l’autorité du chef de l’Etat, il a été remis en liberté sous caution.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: Mugabe réélu chef du parti au pouvoir, son épouse à la Ligue féminine

décembre 6, 2014

Zimbabwe: Mugabe réélu chef du parti au pouvoir, son épouse à la Ligue féminine
Zimbabwe: Mugabe réélu chef du parti au pouvoir, son épouse à la Ligue féminine © AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, reconduit samedi à la tête du parti au pouvoir depuis 1980, a intronisé son épouse Grace, 49 ans, à la présidence de sa puissante ligue féminine, au dernier jour d’un congrès clé pour la succession du vieux chef de l’Etat.

« Je suis heureux de réaliser et officialiser votre souhait en la (Grace) déclarant secrétaire aux Affaires féminines de la Zanu-PF », a déclaré le président Mugabe, 90 ans, aux délégués de son parti.

Mme Mugabe, 49 ans, fait automatiquement son entrée au bureau politique du mouvement dont elle était jusqu’à présent simple membre sans responsabilités.

Des milliers de supporters ont ovationné le vieux chef d’Etat, chantant et dansant, après la décision des représentants provinciaux de la Zanu-PF de le reconduire à son poste.

L’issue ne faisait pas de doute. Personne ne se présentait contre le président qui a également été désigné candidat du parti au pouvoir depuis l’indépendance de 1980 à la prochaine élection présidentielle prévue en 2018.

« Je veux vous dire ma profonde gratitude, une fois encore, pour m’avoir choisi pour vous diriger », a déclaré M. Mugabe, après qu’Emmerson Mnangagwa, secrétaire juridique du parti eut annoncé qu’il était reconduit.

« Je sais d’où je viens. Je ne suis pas plus grand que les gens qui m’ont donné le jour », a-t-il dit.

Grace Mugabe, relativement nouvelle dans l’arène politique, avait été à la surprise générale désignée en août pour briguer la direction de la puissante ligue féminine du parti.

Grace Mugage n’a fait aucun mystère de son envie de parvenir un jour à la tête du pays et s’est mise en campagne contre sa rivale la vice-présidente Joice Mujuru, 59 ans, accusée d’intriguer, de corruption et comploter pour prendre la place de M. Mugabe.

Tombée en disgrâce, Mme Mujuru ne participait pas au congrès, ayant par avance perdu son poste au comité central. Jeudi, elle avait été publiquement désavouée par M. Mugabe devant les délégués.

Les divisions qui rongent la ZANU-PF depuis des années avaient coûté cher au parti en 2008, arrivé en deuxième place au premier tour de la présidentielle, avant que l’opposition du MDC ne déclare forfait, victime de violences.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: le parti de Mugabe en congrès sur fond de guerre de succession

décembre 2, 2014

Zimbabwe: le parti de Mugabe en congrès sur fond de guerre de succession
Zimbabwe: le parti de Mugabe en congrès sur fond de guerre de succession © AFP

Plus divisé que jamais, le parti de Robert Mugabe, au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, tient cette semaine un congrès crucial pour l’avenir du pays, quelques jours après une spectaculaire purge qui a vu l’éviction de plusieurs poids lourds.

Les 12. 000 délégués de la Zanu-PF, le parti qui a mené la lutte pour l’indépendance contre les Britanniques, vont reconduire sans rechigner leur chef charismatique à la tête du parti.

Mugabe n’a jamais désigné de successeur, mais les ténors du parti, conscient que leur président a désormais 90 ans, jouent en coulisse une partie serrée pour préparer sa succession, qui mènera inévitablement le vainqueur au poste de chef de l’Etat.

Plusieurs d’entre eux viennent d’être évincés, pour avoir été trop proches de la vice-présidente Joice Mujuru, qui semble avoir perdu une bataille d’influence contre la première Dame Grace Mugabe, âgée de 49 ans.

« C’est un tournant majeur dans le destin de la Zanu-PF », a commenté pour l’AFP le politologue Ibbo Mandaza. « Nous ne savons même pas à quoi ressemblera la Zanu-PF à la fin du congrès. Les règles du jeu ont complètement changé ».

Les délégués pourraient approuver des amendements au règlement du parti autorisant Robert Mugabe à désigner lui-même ses vices-présidents. Ce qui enlèverait tout caractère électif au congrès.

« Le travail du congrès est déjà fait en grande partie, puisque Mugabe aura le pouvoir de choisir ceux avec qui il veut travailler », note pour sa part Rushweat Mukunduof, analyste à l’Institut du Zimbabwe pour la Démocratie.

– ‘Lèche-bottes’ –

« S’il reste une compétition, ce sera entre les lèche-bottes qui vont tenter de s’attirer les faveurs du président », ajoute-t-il.

Rugare Gumbo, ex-porte-parole du parti, victime de la purge et actuellement suspendu, ne mâche pas ses mots: « Tout ce congrès est un non-événement, parce que la constitution (du parti) a été manipulée et violée. Où est la démocratie? Ce n’est plus un congrès. C’est une parodie! ».

Longtemps considérée comme favorite pour succéder au vieux chef en cas de décès, Joice Mujuru semble pour l’instant hors-jeu, évincée du comité central de la Zanu-PF.

L’épouse du président a accusé sa rivale de corruption, et la presse gouvernementale est allée jusqu’à la soupçonner d’avoir comploter pour attenter à la vie de Mugabe. Sans preuve.

La seule chance de Mme Mujuru serait désormais d’être personnellement nommée par Mugabe à une vice-présidence du parti. Ce qui paraît improbable, vu la pression exercée par Grace Mugabe. Cette dernière a réussi à se faire élire en août à la tête de la ligue des femmes du parti, et ne cache pas son ambition de tirer les ficelles pour organiser la succession de son mari à la tête de l’Etat.

Le favori, pour l’instant, est donc l’autre vice-président de la Zanu-PF, l’influent ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa, 68 ans. L’homme était déjà un dirigeant durant la guerre d’indépendance des années 70, et avait été nommé ministre de la Sécurité nationale dans le premier gouvernement post-colonial, en 1980.

C’est lui qui tenait les manettes des forces de l’ordre lors d’une vague de répression sanglante contre les opposants dans les années 1980, qui a fait environ 20. 000 morts, selon un bilan qui n’a jamais été confirmé par le pouvoir.

Sous Mugabe, M. Mnangagwa a notamment été ministre de la Défense, puis des Finances.

Le Congrès débute mardi pour deux jours de travaux à huis-clos. Robert Mugabe doit prononcer jeudi le discours d’ouverture, avant les séances publiques prévues jusqu’à samedi.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: l’épouse du Président Mugabe menace la vice-présidente

octobre 17, 2014

Zimbabwe: l'épouse du Président Mugabe menace la vice-présidente
Zimbabwe: l’épouse du Président Mugabe menace la vice-présidente © AFP

Grace Mugabe, épouse de plus en plus influente du président du Zimbabwe, a menacé vendredi d’exclure du parti au pouvoir la vice-présidente du pays, dévoilant au grand jour une guerre de succession qui s’annonce acharnée.

« J’ai dit au Président que s’il ne renvoyait pas cette chef de faction, nous le ferions nous-mêmes », a déclaré Grace Mugabe, en référence à la vice-présidente Joyce Mujuru, jusqu’ici présentée comme l’héritière probable du président Robert Mugabe.

En coulisses, des factions rivales anticipent un décès du vieux chef, âgé de 90 ans et au pouvoir depuis 1980. Deux clans s’opposent depuis plusieurs années, le clan de la vice-présidente Joyce Mujuru et celui du ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa.

La récente entrée fracassante sur la scène politique de Grace Mugabe, sa montée en puissance au sein du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et ses attaques féroces contre Joyce Mujuru laissent toutefois à penser que les chances de cette dernières sont compromises.

Cette promotion subite de l’épouse du président, une ancienne dactylo de 49 ans sans autre expérience politique que la longue fréquentation de son époux, fait courir la rumeur qu’elle pourrait avoir été choisie par Robert Mugabe pour lui succéder.

« Nous avons fait campagne pour vous l’an dernier mais aussi toutes les années précédentes, mais maintenant c’est la guerre, parce que j’ai été nommée », a déclaré à l’adresse de la vice-présidente Grace Mugabe, qui a récemment été désignée pour prendre la tête de la puissante ligue féminine du parti à partir de décembre.

« Je pense qu’il ne se passera rien de bon si je fais descendre les foules dans la rue pour vous exclure », a-t-elle ajouté, selon la presse locale de vendredi.

Mme Mugabe a accusé Joyce Mujuru – veuve d’un ancien homme fort du pays, le général Solomon Mujuru – d’être à la tête d’une faction convoitant le pouvoir.

« Vous ne pouvez continuer à nier tous les jours que vous dirigez une faction. Où que vous soyez, vous et vos partisans, dépêchez-vous d’aller vous excuser auprès du Président, avant qu’il ne soit trop tard, car il est fatigué de tous ces problèmes », a lancé Grace Mugabe, lors d’un meeting à Bindura, au nord-est de la capitale Harare.

Un congrès décisif de la ZANU-PF doit se tenir en décembre. Si Robert Mugabe devrait être confirmé à la tête du parti, une lutte féroce est à prévoir pour la désignation des membres du puissant bureau politique.

Grace Mugabe a aussi accusé Joyce Mujuru de répandre des rumeurs sur son implication supposée dans le très lucratif commerce du diamant et contre-attaqué sur ce sujet.

« Cette personne, qui dirige une faction, est la même personne qui m’accuse d’être impliquée dans les affaires de diamant, alors qu’elle même possède une mine de diamant », a souligné Grace Mugabe.

Le Zimbabwe possède des gisements de diamant parmi les plus importants au monde, mais son économie est en lambeaux. La plupart des revenus du secteur du diamant ne profiteraient qu’aux proches du président Mugabe, selon les observateurs.

Jeuneafrique.com avec AFP