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Les conservateurs britanniques choisissent Liz Truss pour succéder à Boris Johnson

septembre 5, 2022
Liz Truss sourit après son élection.

Liz Truss deviendra la troisième femme première ministre du Royaume-Uni, après Margaret Thatcher et Theresa May. Photo : La Presse Canadienne/AP/Vctoria Jones

Liz Truss a remporté lundi la course pour succéder à Boris Johnson et devenir première ministre britannique, avec pour défi immédiat de s’attaquer à la crise historique du pouvoir d’achat qui frappe le Royaume-Uni.

Mme Truss, qui a mené une campagne très à droite, axée sur les baisses d’impôt, deviendra mardi la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher et Theresa May.

Sans surprise, la ministre des Affaires étrangères âgée de 47 ans s’est imposée (57 %) devant son ancien collègue des Finances Rishi Sunak (43 %), selon les résultats annoncés par Graham Brady, responsable de l’organisation du scrutin interne déclenché par la démission de Boris Johnson au début juillet.

La sélection de Mme Truss a été annoncée lundi à Londres, après une course à la direction de deux mois, au terme de laquelle seuls les 180 000 membres cotisants du Parti conservateur étaient autorisés à voter. Elle accédera automatiquement au poste de première ministre en raison de la majorité dont bénéficient les tories à la Chambre des communes.

La reine Élisabeth II devrait nommer formellement Mme Truss mardi. La cérémonie aura lieu en Écosse, où la monarque est en vacances, plutôt qu’au palais de Buckingham à Londres. Durant ses 70 ans de règne, la reine a vu se succéder 15 chefs gouvernement, en incluant Liz Truss.

Sitôt élue, Mme Truss a livré un discours devant les membres du Parti conservateur.

« Je proposerai un plan audacieux pour réduire les impôts et développer notre économie. Je m’attaquerai à la crise de l’énergie, en m’occupant des factures d’énergie des contribuables […] mais aussi aux problèmes d’approvisionnement à long terme que nous avons. »— Une citation de  Liz Truss, nouvelle cheffe des conservateurs britanniques

Restée fidèle jusqu’au bout à Boris Johnson, qu’elle a fait applaudir en énumérant le Brexit, sa victoire face aux travaillistes et son soutien à l’Ukraine, Liz Truss va s’installer au 10 Downing Street dans un contexte économique et social explosif, marqué par une inflation qui dépasse les 10 %, une hausse exorbitante des factures d’énergie prévue à l’automne et des grèves qui s’éternisent.

Dans une campagne très à droite, parfois au point de sembler déconnectée de l’aggravation dramatique de la crise économique pendant l’été, Mme Truss – tardivement convertie au conservatisme comme au Brexit – a séduit les membres du Parti conservateur en promettant des baisses d’impôt massives et en adoptant un ton très dur contre les syndicats.

Elle a cependant refusé de dire comment elle résoudrait la crise du coût de la vie.

Appels à la solidarité

Le premier ministre sortant Boris Johnson s’est exprimé sur Twitter à l’issue du vote pour lancer un appel l’unité.

« Félicitations à Liz Truss pour sa victoire décisive. Je sais qu’elle a le bon plan pour s’attaquer à la crise du coût de la vie, unir notre parti et poursuivre le grand travail d’unification de notre pays. Il est maintenant temps pour tous les conservateurs de la soutenir à 100 %. »— Une citation de  Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni

Similairement, l’ancienne première ministre conservatrice Theresa May a appelé les membres de son parti à travailler ensemble pour relever les défis auxquels notre pays est confronté, tout en garantissant son soutien à la nouvelle dirigeante.

À deux ans d’élections où l’opposition travailliste, qui dispose d’une nette avance dans les sondages, espère déloger les conservateurs au pouvoir depuis 2010, le chef du Labour Party, Keir Starmer, a d’abord félicité Mme Truss pour sa victoire avant d’imputer aux précédents mandats conservateurs des salaires bas, des prix élevés et une crise du coût de la vie.

Le premier ministre irlandais Micheal Martin a fait part de son impatience alors que les relations entre les deux pays ont été affaiblies par les conséquences du Brexit.

Premier dirigeant étranger à réagir après l’annonce officielle, le chancelier allemand Olaf Scholz a fait part de sa hâte de travailler avec la nouvelle dirigeante britannique, tandis que le premier ministre indien Narendra Modi s’est dit confiant quant à un renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré espérer le respect intégral des accords entre le Royaume-Uni et l’UE.

Alors que des voix se sont élevées pour demander des élections anticipées, Liz Truss a semblé exclure ce scénario, en soulignant qu’elle mènerait son parti vers une large victoire en 2024.

Les prochaines élections générales devraient avoir lieu en décembre 2024 ou en janvier 2025 au plus tard, soit cinq ans après celles qui ont conduit Boris Johnson au pouvoir.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, Agence France-Presse et Associated Press

Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa résidence écossaise, une première

août 31, 2022
Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa residence ecossaise, une premiere
Elizabeth II recevra le nouveau Premier ministre dans sa résidence écossaise, une première© AFP/ANDY BUCHANAN

C’est une première pour Elizabeth II : la reine de 96 ans restera dans sa résidence écossaise de Balmoral, où elle se trouve actuellement, pour y recevoir le nouveau Premier ministre britannique au lieu de rentrer à Londres, bousculant la transition.

Vu ses difficultés croissantes à se déplacer, la presse s’interrogeait sur un retour de la monarque pour officialiser au palais de Buckingham, comme le veut la tradition, l’entrée dans ses fonctions du 15e chef de gouvernement en 70 ans de règne.

La cheffe de la diplomatie Liz Truss est considérée comme la grande favorite face à l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak pour remporter l’élection interne au Parti conservateur et remplacer Boris Johnson au 10, Downing Street.

Le palais a confirmé mercredi que le ballet très codifié qui entoure le changement de Premier ministre serait modifié. Après la fin du vote vendredi et la proclamation du résultat lundi, Boris Johnson se rendra mardi à Balmoral, où la reine passe habituellement la fin de l’été, pour officiellement présenter sa démission.

Il sera suivi de son remplaçant, a précisé un porte-parole.

Cette décision a été présentée comme une manière de faciliter l’organisation de la passation de pouvoir pour l’agenda du Premier ministre, en évitant des modifications de dernière minute. Elle va cependant quelque peu compliquer la transition : le trajet de quelques centaines de mètres pour rallier Downing Street au palais de Buckingham sera remplacé par un voyage de 800 kilomètres, retardant potentiellement les discours d’adieu et de prise de fonctions et le processus laborieux de formation du nouveau gouvernement.

Climat social explosif

« Je ne parle pas de mes conversations avec la reine, aucun Premier ministre ne le fait jamais », a déclaré Boris Johnson, interrogé sur ce changement de protocole. « Mais ce que je peux vous dire, c’est que nous ferons certainement en sorte que la passation de pouvoir soit arrangée d’une manière qui lui convienne parfaitement, quoi qu’elle veuille ».

L’audience de Balmoral constituera le premier contact officiel entre la reine, la cheffe de l’Etat, et le Premier ministre qui prendra ses fonctions après une série de scandales qui ont poussé Boris Johnson vers la sortie. Et ce dans un contexte explosif pour le Royaume-Uni, confronté à une grave crise liée à l’augmentation du coût de la vie qui provoque des grèves inédites depuis les années 1980.

Liz Truss, dont la victoire est quasi assurée au vu des sondages réalisés parmi les quelque 200.000 adhérents appelés à voter, a promis des baisses d’impôts massives et s’est montrée réticente quant à des aides directes. Mais l’aggravation de la crise ces dernières semaines, avec une inflation à plus de 10 % et même attendue à 22 % dans le scénario du pire de la banque Goldman Sachs, crée une pression considérable pour une intervention rapide après un été de quasi-vacuité du pouvoir.

Outre ce premier rendez-vous, Elizabeth II a une audience hebdomadaire avec le chef du « gouvernement de Sa Majesté », qui a eu lieu essentiellement au téléphone depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020. A compter de cette date, elle s’est retirée essentiellement au château de Windsor, en périphérie ouest de Londres, où est mort son époux Philip en avril 2021 peu avant ses 100 ans.

Depuis une nuit à l’hôpital il y a près d’un an pour des examens jamais précisés, la reine se montre de plus en plus rarement en raison de problèmes pour se déplacer. Elle délègue une part croissante de ses fonctions à son fils Charles, qui avait notamment prononcé en mai à sa place pour la première fois le discours du trône au Parlement, l’une de ses prérogatives protocolaires essentielles.

Début juin, les Britanniques avaient célébré pendant quatre jours les 70 ans de règne d’Elizabeth II, qui est le monarque le plus âgé du monde en exercice. Pendant ce jubilé de platine, elle n’est apparue qu’à deux brèves reprises au balcon du palais de Buckingham devant des dizaines de milliers de personnes.

Fin juin, elle a effectué plusieurs apparitions publiques en Ecosse, souriante et munie d’une canne au cours d’un défilé des forces armées à Edimbourg.

Par Le Point avec AFP

Royaume-Uni : le geste offensant d’une nouvelle ministre fait des vagues 

juillet 9, 2022

L’actuelle ministre de l’Éducation britannique a été filmée adressant un doigt d’honneur à la foule, rapporte « Courrier international »

Andrea Jenkyns, ministre de l'Education britannique, a ete filmee adressant un doigt d'honneur a la foule
Andrea Jenkyns, ministre de l’Éducation britannique, a été filmée adressant un doigt d’honneur à la foule© PAUL ELLIS / AFP

Ce petit geste, relayé en masse sur les réseaux sociaux, est à l’origine d’une nouvelle polémique autour du gouvernement de Boris Johnson. Le jeudi 7 juillet, peu avant sa nomination au ministère de l’Éducation, Andrea Jenkyns a été filmée en train d’adresser un doigt d’honneur à une foule de manifestants venue réclamer la démission de Boris Johnson devant le 10, Downing Street, rapporte le Courrier international. L’opposition n’a pas tardé à réagir à ces images soulignant le mépris de la nouvelle ministre.

Dans ce même extrait, on l’entend crier « rira bien qui rira le dernier », révèle le Times, qui précise que « l’extrait aurait été filmé peu de temps avant l’annonce de la démission de Boris Johnson à la tête du parti conservateur, et avant qu’elle soit nommée ministre ». Qualifiée comme « une fidèle inconditionnelle de Boris Johnson » par le tabloïd Metro, ce doigt d’honneur adressé à la foule s’inscrivent dans la lignée des scandales qui ont suivi l’élection du Premier Ministre.

Une succession de scandales au gouvernement

The Guardian évoque même un « héritage scandaleux ». Évoquant le « Wallpapergate », une polémique autour du prix des rénovations du 10, Downing Street, le quotidien britannique rappelle que « plusieurs interrogations sur les événements survenus durant son règne chaotique pourraient rester en suspens ». Sans oublier le « Partygate », ce scandale relatif aux fêtes organisées par des membres du gouvernement sans le moindre respect des règles sanitaires en vigueur. 

Par Le Point avec AFP

La Russie convoque l’ambassadrice britannique après les propos de Johnson

juin 30, 2022

Moscou a décidé de répliquer après des propos considérés comme « ouvertement grossiers » du Premier ministre britannique envers Vladimir Poutine.

Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passes a Moscou.
Les propos de Boris Johnson sur Vladimir Poutine ne sont pas passés à Moscou.© MIKHAIL KLIMENTYEV / Sputnik / Sputnik via AFP

La réponse de la Russie n’a pas tardé. L’ambassadrice du Royaume-Uni à Moscou, Deborah Bronnert, a été convoquée, jeudi 30 juin, au ministère russe des Affaires étrangères. La raison ? Les propos jugés « grossiers » du Premier ministre Boris Johnson sur le président Vladimir Poutine. Cette décision de la diplomatie russe vise à protester « fermement » contre « les propos ouvertement grossiers des autorités britanniques à l’égard de la Russie, de son dirigeant, de ses responsables, ainsi que du peuple russe », indique le Kremlin.

« Dans une société polie, il est de coutume de s’excuser pour des propos de ce genre », a souligné la diplomatie russe en dénonçant une « rhétorique insultante inacceptable ».

Poutine, un « exemple parfait de toxicité masculine »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré mardi soir à la chaîne de télévision allemande ZDF que Vladimir Poutine n’aurait pas déclenché l’offensive en Ukraine s’il avait été une femme. Il a ensuite dénoncé cette opération militaire russe comme « un exemple parfait de toxicité masculine », en clôture du sommet du G7 en Allemagne.

Pour sa part, Ben Wallace, ministre britannique de la Défense, a déclaré mercredi soir à LBC Radio que « la vision que le président Poutine a de lui-même et du monde est un syndrome du petit homme, une vision macho ». Ben Wallace s’est également emporté contre la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, en l’accusant de « menacer tout le monde avec des armes nucléaires » chaque semaine.

En convoquant l’ambassadrice britannique, le ministère russe des Affaires étrangères a également souligné qu’il était « inacceptable » pour les responsables britanniques de « faire la propagande des informations délibérément fausses, notamment sur les menaces présumées de la partie russe de recourir aux armes nucléaires », selon le communiqué de la diplomatie russe.

Par Le Point avec AFP

Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue

mars 10, 2022
Abramovitch sanctionne par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue
Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue© AFP/Ben STANSALL

La vente du club anglais de football de Chelsea se trouve suspendue par les sanctions annoncées jeudi par le gouvernement britannique contre son propriétaire russe Roman Abramovitch, en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine.

Le propriétaire du club de Premier League (1e division anglaise) figure parmi sept riches et influents Russes proches du Kremlin ciblés jeudi par Londres.

Roman Abramovitch, 55 ans, avait jusqu’à présent été épargné par la vague de sanctions prises par le Royaume-Uni.

Il subit désormais un gel de ses avoirs, une interdiction de transactions avec des particuliers et des entreprises britanniques et une interdiction de voyager.

Première conséquence: la vente du club de Chelsea qu’il avait annoncée la semaine dernière anticipant de possibles sanctions, est en suspens.

Pour tempérer l’impact, le gouvernement a publié « une licence autorisant la poursuite d’un certain nombre d’activités » pour Chelsea qui pourra continuer à jouer des matchs et payer ses joueurs.

Cette licence n’autorise pas la vente du club mais le gouvernement pourra examiner une demande en ce sens, à une condition: « En aucun cas Roman Abramovitch ne pourrait tirer profit de cette vente », a déclaré un porte-parole du gouvernement. L’exécutif « est ouvert à la vente du club, mais cela nécessiterait une autre licence et des discussions avec le Trésor et d’autres ministères », a-t-il ajouté.

Chelsea a déclaré vouloir demander au gouvernement britannique de modifier la licence pour que le club puisse « fonctionner aussi normalement que possible ».

L’opérateur de téléphonie mobile Three a quant à lui annoncé la suspension de son partenariat avec le club, à qui il a notamment demandé la suppression « jusqu’à nouvel ordre » de son logo des maillots des joueurs et des abords du stade.

Le match prévu jeudi soir contre Norwich City se déroulera comme prévu, a annoncé la Premier League.

« Sang sur les mains »

Les autres oligarques sanctionnés jeudi sont le milliardaire et fondateur du géant de l’aluminium Rusal Oleg Deripaska, le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft Igor Setchine, le président de la banque VTB – la deuxième plus grosse banque de Russie – Andreï Kostin, le PDG de la société énergétique Gazprom, Alexeï Miller, le président du poids lourd du pétrole et du gaz Transneft, Nikolai Tokarev et le président du conseil d’administration de Bank Rossiya Dmitri Lebedev.

« Les sanctions d’aujourd’hui montrent une fois de plus que les oligarques et les kleptocrates n’ont pas leur place dans notre économie ou notre société. Avec leurs liens étroits avec (le président russe Vladimir) Poutine, ils sont complices de son agression », a déclaré dans un communiqué la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss. « Ils ont le sang du peuple ukrainien sur les mains. Ils devraient baisser la tête de honte. »

Roman Abramovitch a acheté Chelsea en 2003 pour 140 millions de livres (168 millions d’euros). Plusieurs acquéreurs potentiels se sont récemment manifestés, même si le prix de 3 milliards de livres (3,6 mds d’euros) que semblait espérer Abramovitch aurait été difficile à atteindre.

Avant de se résoudre à vendre, il avait essayé de sauver ce qui pouvait l’être en confiant fin février la gestion au quotidien du club aux six administrateurs de sa fondation caritative.

Il avait aussi promis que le « produit net » de la vente serait versé à une fondation au profit de « toutes les victimes de la guerre en Ukraine ».

Le gouvernement britannique a estimé la richesse de Roman Abramovitch à 9,4 milliards de livres sterling (10,7 milliards d’euros).

Hormis Chelsea, M. Abramovitch détient des participations dans le géant de l’acier Evraz – dont le cours de l’action a chuté jeudi à Londres avant d’être suspendu par l’autorité des marchés. Il détient aussi des parts dans la société russe Norilsk Nickel, spécialisée dans l’exploitation et la transformation du nickel et du palladium.

Un des autres oligarques sanctionnés, Oleg Deripaska, dont la fortune est estimée à deux milliards de livres, possède un portefeuille immobilier de plusieurs millions de livres au Royaume-Uni.

Ces sanctions s’inscrivent dans une série de mesures de représailles prises par le gouvernement britannique pour toucher l’économie russe, le Premier ministre Boris Johnson promettant d’être « impitoyable dans la poursuite de ceux qui permettent le meurtre de civils, la destruction d’hôpitaux et l’occupation illégale d’alliés souverains ».

Londres a déjà sanctionné plus de 200 des personnes, entités et filiales les plus importantes de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Par Le Point avec AFP

Grande-Bretagne: Démissions en série dans l’entourage de Boris Johnson dans la foulée du « partygate »

février 4, 2022

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet

Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022.
Boris Johnson sortant de Downing Street, à Londres, le 2 février 2022. HENRY NICHOLLS / REUTERS

Les noms de trois d’entre eux avaient été cités dans l’enquête sur les fêtes à Downing Street en plein confinement de la population britannique pendant la pandémie de Covid-19. Le directeur de cabinet de Boris Johnson, le premier ministre britannique, Dan Rosenfield, son principal secrétaire privé, Martin Reynolds, son directeur de la communication, Jack Doyle, et sa conseillère politique Munira Mirza ont tous démissionné, jeudi 3 février. Martin Reynolds est celui qui avait envoyé un courriel à une centaine de personnes pour les inviter à un pot en mai 2020.

Après avoir présenté platement ses excuses devant la Chambre des communes à la suite de la publication d’un rapport accablant de la haute fonctionnaire Sue Gray en début de semaine, Boris Johnson avait annoncé qu’il allait réorganiser ses services, sans que cela calme les critiques dont il fait l’objet.

Le premier ministre a remercié Martin Reynolds et Dan Rosenfield pour leur « importante contribution au gouvernement », notamment pour leur travail sur la pandémie et la reprise économique, a déclaré un porte-parole dans un communiqué. « Ils resteront en place jusqu’à ce que leurs successeurs soient désignés », a-t-il ajouté.

Accusations erronées contre le chef du Labour

Munira Mirza a reproché à Boris Johnson d’avoir lancé une accusation « trompeuse » contre le chef de l’opposition lorsqu’il se défendait au Parlement après la publication d’un rapport interne accablant sur ces rencontres à Downing Street, qui lui imputait des « erreurs de leadership ».

Le premier ministre avait accusé le chef du parti travailliste, Keir Starmer, d’avoir permis au pédophile Jimmy Savile, feue ex-star de la BBC, d’échapper à la justice quand il dirigeait le parquet britannique.

Le recours à cette accusation, répandue dans les milieux complotistes et d’extrême droite, a provoqué un tollé. Keir Starmer a lui-même accusé Boris Johnson de répéter « les théories du complot de fascistes pour marquer des points politiques pour pas cher »« Il n’y avait aucune base raisonnable ou juste à cette assertion », a écrit Munira Mirza, responsable des politiques à Downing Street, dans sa lettre de démission publiée sur le site du magazine The Spectator.

Il s’agissait d’une « référence partisane et déplacée à une affaire épouvantable d’abus sexuels sur des enfants », a-t-elle déclaré. Malgré son appel en ce sens, « vous n’avez pas présenté d’excuses pour l’impression trompeuse que vous avez donnée », a-t-elle poursuivi.

Ancienne membre du défunt Parti communiste révolutionnaire, Munira Mirza a travaillé avec Boris Johnson quand il était maire de Londres, entre 2008 et 2016.

Selon le tabloïd Daily Mail, Jack Doyle, le directeur de la communication de Boris Johnson, a dit à ses équipes qu’il avait toujours été dans son intention de partir deux ans après son arrivée à Downing Street en 2020, d’abord dans un rôle subalterne, et que sa vie familiale avait fortement souffert de ce scandale ces dernières semaines.

Downing Steet a souligné la « gratitude » de Boris Johnson à ces deux anciens conseillers pour leur « contribution au gouvernement ».

Par Le Monde avec AFP

Grande-Bretagne: Boris Johnson défend son poste malgré le polémique « partygate »

janvier 26, 2022

Le gouvernement britannique est pendu aux conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur les différentes garden-parties.

Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.
Boris Johnson devant le parlement britannique, le mardi 25 janvier 2022.© JESSICA TAYLOR / AFP

Boris Johnson n’a pas fini d’entendre parler du « partygate ». Le Premier ministre britannique, dans la tourmente à cause de fêtes organisées à Downing Street quand le pays était soumis à de lourdes restrictions (notamment une interdiction de rassemblement), fait tout pour défendre son poste. Mercredi 26 janvier, il a fait face aux critiques de l’opposition, alors que sa place de Premier ministre était suspendue à la publication d’un rapport potentiellement explosif sur ces fameuses fêtes qui ont eu lieu pendant les confinements.

Westminster est en proie à une véritable guerre des nerfs en attendant les conclusions d’une enquête interne de la haute fonctionnaire Sue Gray sur différentes garden-parties, pots de départ ou fêtes d’anniversaire dans les cercles du pouvoir. Ces rassemblements ont choqué les Britanniques, contraints par la loi, à l’époque, de restreindre drastiquement leurs contacts.

Après une journée de spéculations et informations contradictoires sur le moment où sera publié ce rapport, la presse britannique estime que cela pourrait arriver dès mercredi ou jeudi, sans aucune assurance.

Boris Johnson traité de « menteur »

Accusé de mensonges et appelé à la démission lors de sa séance hebdomadaire d’explications devant les députés, le dirigeant conservateur de 57 ans a refusé de commenter l’enquête en cours et a rejeté tout départ. Il a assuré se concentrer sur la reprise économique ou encore la crise en Ukraine, haussant la voix dans une ambiance houleuse.

Le leader du Labour, Keir Starmer, l’a accusé de « mépriser » le pays et le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a dû intervenir à plusieurs reprises pour maintenir le calme, réprimandant au passage un député travailliste qui avait qualifié Boris Johnson de « menteur ».

Ajoutant à la tension, la police s’est aussi saisie de l’affaire, annonçant mardi enquêter sur plusieurs « événements » afin d’établir s’il y a eu des « violations potentielles des règles liées au Covid-19 », passibles d’amendes. Même au sein de la majorité conservatrice de Boris Johnson, la colère gronde. S’il a jusqu’à présent échappé à un vote de défiance, qui peut être déclenché à la demande de 54 (sur 359) députés de son camp, Boris Johnson reste en position très délicate.

Certains ont déjà demandé publiquement son départ. D’autres frondeurs attendent la publication du rapport de Sue Gray pour décider de tenter ou non d’évincer leur leader. Reste à savoir s’il sera publié en totalité, photos, messages et témoignages à la clé, ou dans une version allégée.

« Erreurs commises »

Devant les députés, Boris Johnson a salué mardi l’ouverture de l’enquête policière espérant qu’elle « donnera au public la clarté dont il a besoin et aidera à mettre ces questions derrière nous ». Selon son porte-parole, il « coopérera pleinement » à ces investigations. Elles le plongent dans une tourmente jamais vue depuis son accession triomphale au pouvoir à l’été 2019, avec une popularité en chute libre et des députés de sa majorité ouvertement hostiles. Espérant rebondir, le Premier ministre a annoncé la levée des dernières restrictions liées au Covid à partir de jeudi, espérant regagner la faveur de l’opinion dans un pays soumis à de longs confinements et fortement endeuillé par la pandémie, qui y a fait plus de 154 000 morts.

Mais régulièrement, de nouvelles révélations viennent accabler le dirigeant. Dernière en date : une fête organisée par sa future épouse Carrie dans la salle du conseil des ministres à l’occasion de son anniversaire le 19 juin 2020 après-midi, lors du premier confinement. Selon ITV, jusqu’à 30 personnes y auraient participé. Une nouvelle difficile à digérer pour les Britanniques, qui s’étaient pliés aux règles. La reine Elizabeth II elle-même avait fêté son 94e anniversaire dans la discrétion, le 21 avril 2020, sans sa famille. « Le Premier ministre a présenté ses excuses pour ce qui s’est passé. Il a dit que des erreurs avaient été commises », l’a défendu mercredi sur SkyNews sa ministre des Affaires étrangères, Liz Truss. La cheffe de la diplomatie a ajouté qu’il ne faudrait plus attendre longtemps pour connaître les conclusions du rapport de Sue Gray.

Par Le Point avec AFP

Grande-Bretagne: Boris Johnson en position précaire après une défaite lors d’une élection partielle

décembre 17, 2021
Helen Morgan s'apprête à crever un ballon sur lequel est écrit : « Boris Bubble ».

La libérale-démocrate Helen Morgan, au lendemain de sa victoire dans le North Shropshire, avec 47 % des suffrages PHOTO : GETTY IMAGES / CHRISTOPHER FURLONG

Accusé d’avoir participé à des fêtes en plein confinement, défié par son propre camp au Parlement et maintenant fragilisé par une défaite électorale de son Parti conservateur, le premier ministre britannique Boris Johnson se retrouve vendredi en position précaire.

La fin de l’année tourne au cauchemar pour le dirigeant conservateur, deux ans après sa victoire électorale historique sur la promesse de réaliser le Brexit. Il voit désormais les scandales s’accumuler, l’inflation s’envoler et les contaminations au coronavirus s’emballer de manière spectaculaire, chamboulant les plans de Noël des Britanniques.

Jeudi, une élection partielle dans le North Shropshire, circonscription très rurale du centre de l’Angleterre acquise de longue date aux conservateurs, a été remportée par les libéraux-démocrates avec 47 % des suffrages.

Les électeurs ont exprimé clairement à Boris Johnson que la fête est finie, a lancé la gagnante Helen Morgan, après l’annonce de sa victoire. Votre gouvernement, dirigé par des mensonges et des fanfaronnades, devra rendre des comptes, a-t-elle prévenu.

Ce camouflet pour le dirigeant de 57 ans reflète, de l’aveu même des conservateurs, une exaspération populaire.

« Les électeurs du North Shropshire en ont eu marre. Je pense qu’ils voulaient nous envoyer un message et […] nous l’avons bien entendu. »— Une citation de  Oliver Dowden, président du Parti conservateur, en entrevue à SkyNews

Pour le quotidien conservateur The Telegraph, la défaite du Parti conservateur dans une circonscription qu’il tenait depuis près de 200 ans est une humiliation pour le premier ministre.

L’effondrement calamiteux du soutien aux conservateurs […] va effrayer de nombreux députés conservateurs et risque de susciter des questions à propos de l’avenir de Johnson, note le quotidien de gauche The Guardian.

L’hypothèse d’un vote de défiance contre lui au sein du parti, qui aboutirait à le remplacer à la tête de l’exécutif, n’est plus taboue, même si peu d’élus ont pour l’instant indiqué soutenir une telle démarche.

Les noms des ministres des Affaires étrangères Liz Truss et des Finances Rishi Sunak circulent déjà pour le remplacer. Car ce revers électoral s’ajoute à une série de scandales.Boris Johnson sort de Downing Street par l'arrière de la bâtisse.

Le premier ministre Boris Johnson, qui quitte Downing Street par une porte arrière, s’est fait discret vendredi, au lendemain de la défaite dans le North Shropshire. Photo: Reuters/Toby Melville

Scandales, fronde et crise de confiance

La révélation d’événements festifs à Downing Street à l’hiver 2020, alors que les Britanniques étaient soumis à de fortes restrictions pour lutter contre la pandémie, a fait chuter sa popularité.

Même l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, s’est dit déçu, appelant chacun à respecter les règles.

S’y est ajoutée jeudi la révélation par les journaux The Guardian et The Independant d’une apparition de Boris Johnson à un pot à Downing Street le 15 mai 2020, malgré les restrictions sanitaires.

Oliver Dowden a déclaré vendredi qu’il s’agissait d’une réunion qui s’était tenue dans un jardin, pour limiter les risques de transmission de la COVID-19. Je pense que c’était parfaitement approprié et raisonnable, a-t-il affirmé.

Ces affaires tombent au plus mal pour M. Johnson, au moment où le Royaume-Uni est soumis, selon ses termes, à un raz-de-marée de contaminations dues au variant Omicron du coronavirus dans un pays qui déplore près de 147 000 morts.

Sa crédibilité fragilisée, il a peiné mardi au Parlement à faire accepter de nouvelles restrictions contre la COVID-19 : 99 députés de son camp ont voté contre l’instauration d’un passeport sanitaire pour les grands événements, jugée liberticide, mesure finalement adoptée grâce aux voix de l’opposition travailliste.

À l’échelle du parti, seule l’ancienne première ministre Theresa May avait connu pire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour le Daily Mail, Boris Johnson vit un cauchemar avant Noël et la défaite révèle le niveau élevé de fureur publique contre le premier ministre.

Le député conservateur Roger Gale a estimé que Boris Johnson doit prouver qu’il est à même de diriger le pays s’il veut garder son poste.

Le Parti conservateur a la réputation de ne pas faire de prisonniers. Si le premier ministre échoue, le premier ministre s’en va, a-t-il déclaré vendredi sur la BBC. Et de rappeler que Boris Johnson est lui-même arrivé au pouvoir après que Theresa May en a été chassée par son camp.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Grande-Bretagne: Il y a 74 ans, la future reine Elizabeth II épousait Philip Mountbatten

novembre 26, 2021

LE MONDE D’AVANT. Mais oui, la reine d’Angleterre a été jeune et romantique. Elle rencontre sa moitié royale à 13 ans et en tombe follement amoureuse.

Elle a 13 ans, il en a 18. Ils se rencontrent lors d’une visite de la famille royale britannique au Royal Naval College, où Philippe est jeune cadet de la marine. Il a été chargé de guider ses deux cousines (issues de germains) Elizabeth et Margaret. Elle est trognon comme un chou de Bruxelles, lui est fin et élancé comme une asperge du Kent. C’est le début d’un amour royal. Nous sommes en 1939.

La reine d'Angleterre, Elizabeth II.

SDF royal

Les deux tourtereaux patientent pendant toute la guerre, échangeant des mots doux. En 1946, Philip demande la main de sa belle à son père George VI. L’auguste paternel se fait légèrement prier. Pour commencer, trouvant sa fille trop jeune, il lui impose d’attendre ses 21 ans pour se marier. Mais, surtout, il hésite à la laisser s’unir avec ce SDF royal. En effet, Philip Mountbatten appartient à la famille royale de Grèce exilée à plusieurs reprises. Prince de Grèce et du Danemark, il a sillonné l’Europe avant de s’engager dans la Royal Navy, à l’âge de 18 ans.

Heureusement, l’amour triomphe, le mariage est programmé le 20 novembre 1947, à l’abbaye de Westminster. La future reine d’Angleterre porte une robe en satin blanc composée d’un corsage ajusté à la taille et d’une jupe évasée, avec des milliers de perles et de fleurs de cristal. Elle porte un diadème, une paire de colliers de perles ayant appartenu à la reine Anne (XVIIIe siècle) et des boucles d’oreille en grappes de diamants. Son époux, ayant reçu le matin même le titre d’Édimbourg, a revêtu son uniforme de lieutenant de la marine britannique.

Certaines personnes écartées

Les arrivées à Westminster se font dans des calèches. La mariée partage celle de son père le roi tandis que Philip est accompagné de son témoin. Pour ne pas jeter une ombre sur le mariage, ses trois sœurs, mariées avec des Allemands ayant fricoté avec les nazis, ne sont pas invitées.

La cérémonie se déroule en grande pompe en présence de 2 500 invités. Elle est présidée par les archevêques de Canterbury et d’York. L’alliance d’Elizabeth a été forgée dans une pépite d’or gallois, qui servira de nouveau pour fondre celle de Lady Di.

Le gâteau des 10 000 miles

Après la cérémonie, la duchesse et le duc d’Édimbourg se rendent au palais de Buckingham, où le petit déjeuner du mariage se déroule. Pour réaliser le gâteau durant cette période d’après-guerre soumise au rationnement, il a fallu faire venir des ingrédients du monde entier. D’où le surnom de « gâteau des 10 000 miles ». Pas d’info sur la nuit de noces.

Pas de bébés au parlement: les députés britanniques sont outrés

novembre 24, 2021

LONDRES — Plusieurs politiciens britanniques ont réclamé des modifications aux règles parlementaires mercredi, après qu’une députée eut été informée que son bébé de trois mois n’était pas le bienvenu à la Chambre des communes.

© Fournis par La Presse Canadienne

La parlementaire travailliste Stella Creasy a dit avoir reçu une lettre de la part des responsables de la Chambre des communes après avoir été accompagnée de son fils Pip lors d’un débat.

Elle a ajouté avoir précédemment emmené Pip et sa fille aînée au parlement sans problème, mais les règles auraient été modifiées en septembre. Les membres du Parlement sont maintenant informés qu’ils ne devraient pas «prendre votre siège dans la chambre lorsque vous êtes accompagné(e) par votre enfant».

Mme Creasy estime que ce règlement nuit à la conciliation entre la vie familiale et la carrière politique.

«Il y a des obstacles qui empêchent les mamans de s’impliquer en politique, et je pense que ça nuit à notre débat politique», a-t-elle dit à la BBC.

Le vice-premier ministre, le conservateur Dominic Raab, a déclaré avoir «beaucoup de sympathie» pour Mme Creasy, mais que la décision revient aux responsables de la Chambre des communes.

«Je pense que nous devons nous assurer que notre profession correspond au monde moderne, au 21e siècle, et qu’il est possible pour les parents de combiner leur travail avec le temps en famille dont ils ont besoin», a dit M. Raab.

La parlementaire Caroline Lucas, du Parti vert, a estimé que l’interdiction des bébés est «absurde». Elle a ajouté que les bébés sont «beaucoup moins dérangeants que les braiments de certains députés d’arrière-ban».

By The Associated Press